07 novembre 2009

Madagascar : accord au forceps sur le partage du pouvoir

Jeune Afrique          07 novembre 2009

 

Les principaux dirigeants politiques malgaches ont signé samedi matin à Addis Abeba un accord sur le partage du pouvoir pendant la transition qui doit conduire à des élections fin 2010, au terme de plusieurs heures de négociations dans la nuit sur la répartition des ministères.

 

2009-10-08T100534Z_01_APAE5970S1B00_RTROPTP_3_OFRWR-MADAGASCAR-20091008.JPGL'actuel homme fort de Madagascar, Andry Rajoelina, le président déchu Marc Ravalomanana, et les anciens présidents Didier Ratsiraka et Albert Zafy, ont paraphé l'un après l'autre "l'acte additionnel" aux accords de Maputo signés le 9 août sous l'égide de la médiation.

 

Jeudi, la médiation africaine avait décidé de prolonger de 24 heures les pourparlers entamés le 3 novembre et jusqu'alors complètement bloqués.

 

"Les chefs de file des mouvances sont parvenus à un accord pour la mise en oeuvre de la charte de la transition malgache" définie à Maputo le 9 août, avait annoncé Tiébilé Dramé, représentant de l'Onu, à l'AFP dans la nuit de vendredi à samedi.

 

"Ils se sont entendus sur la direction des institutions de transition, y compris la présidence, et sur une clé de répartition au sein du gouvernement et des autres institutions", avait-il précisé, indiquant qu'il "y a un président consensuel, deux co-présidents consensuels, un Premier ministre de consensus et un gouvernement d'union nationale".

 

Rajoelina reste président de la transition


Les négociations ont cependant repris pendant plus de quatre heures suite à un blocage sur l'attribution des ministères, a constaté l'AFP, avant que finalement les quatre chefs de file ne signent l'accord.

 

Sur les 31 postes ministériels, un désaccord subsite sur celui de la Justice, réclamé par la mouvance Ravalomanana et par M. Rajoelina, ont indiqué des participants.

 

"L'attribution du ministère de la justice à une mouvance, sera décidé au niveau du conseil présidentiel", a expliqué à l'AFP un membre de la médiation.

 

Andry Rajoelina est confirmé comme président de la Transition, les deux co-présidences reviennent aux mouvances de MM. Ravalomanana et Zafy. La mouvance de M. Ratsiraka conserve le poste de Premier ministre.

 

Le président et les deux co-présidents "doivent se réunir en conseil une fois par semaine pour examiner l'état de la nation, faire prendre par le Conseil des ministres les décisions nécessaires pour gérer la Transition. Les co-présidents doivent contresigner les actes pris par le président", a précisé M. Dramé.

 

"C'est un bon accord, inespéré"


"Il y a un accord sur l'exercice solidaire du pouvoir exécutif", a confirmé à l'AFP le Commissaire paix et sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra, jugeant que l'accord "symbolise l'esprit de consensus, la volonté des parties malgaches de travailler ensemble pendant la transition".

 

"Cette acceptation a marqué le tournant dans les négociations pour dépasser le blocage", a déclaré M. Lamamra, notant que "même une monstruosité juridique peut représenter une solution, une sortie de crise".

 

Satisfait de cet accord qui correspond à ses attentes, M. Ravalomanana a souligné que M. Rajoelina "n'est pas le chef, il y a les co-présidents (. . . ) Donc il n'a pas le pouvoir total par exemple de signer des actes ou des contrats".

 

M. Rajoelina, plus tôt, avait cependant estimé qu'il ne s'agissait que d'une question de terminologie.

 

"Il y avait normalement (selon les accords de Maputo) un vice-président, maintenant au lieu d'un vice-président, il y aura deux co-présidents. C'est juste l'appellation qui change", a-t-il estimé.

 

M. Ratsiraka a estimé que "c'est un bon accord, inespéré (. . . ) Les mouvances ont finies par se résigner à accepter que les intérêts supérieurs de la Nation passent au-dessus des intérêts personnels et partisans".

Affaire Segura : manifestation pour exiger le départ de Wade

Jeune Afrique         07 novembre 2009

 

Plusieurs milliers de Sénégalais ont manifesté, vendredi à Dakar, à l'appel de l'opposition, pour "demander la démission" du chef de l'Etat Abdoulaye Wade, présenté comme "le président corrupteur" depuis l'affaire des 133. 000 euros offerts à un agent du FMI, a constaté l'AFP.


Wade est vivement critiqué depuis l'affaire des 133. 000 euros offerts à un agent du FMIWade est vivement critiqué depuis l'affaire des 133. 000 euros offerts à un agent du FMI© AFP

 

En tête du défilé, un manifestant portait sur la tête une valise estampillée "Alex Segura", du nom du représentant du Fonds monétaire international (FMI) auquel la présidence avait remis "100. 000 euros et 50. 000 dollars", selon le FMI.

 

Le chef de l'Etat avait expliqué que son aide de camp s'était "trompé sur la somme" à donner au fonctionnaire en guise de traditionnel "cadeau" d'adieu.

 

"Na dem" ("qu'il parte", en langue ouolof) était le nouveau slogan de cette manifestation organisée par la coalition d'opposition Benno Siggil Senegaal ("S'unir pour un Sénégal debout"), qui avait remporté les élections locales de mars dans plusieurs grandes villes, dont la capitale, Dakar.

 

Pétition pour la démission de Wade


Portant des vêtements ou des brassards rouges, couleur de la contestation, des militants faisaient signer "une pétition pour la démission" du président. Dans son texte intitulé "10 raisons pour faire partir Wade", l'opposition avait placé en premier "mal gouvernance au quotidien : un président corrupteur".

 

Sur une pancarte, un manifestant demandait "des éclaircissements sur l'Anoci", agence nationale présidée par le fils du président, Karim Wade, dont la gestion avait été très contestée dans un récent livre d'enquête.

 

Mais les mères de familles, venues en nombre, se plaignaient surtout que "tout soit si cher", "qu'on ne puisse plus faire trois repas par jour" ou "qu'autant de jeunes soient au chômage".

 

Deux jours plus tôt, le président Wade, âgé de 83 ans et au pouvoir depuis 2000, s'était déclaré sûr d'être réélu en 2012, sans même avoir besoin de faire campagne.

 

"Le Sénégal n'est pas une république bananière"


L'opposant Abdoulaye Bathily (Ligue démocratique) a au contraire estimé que cette manifestation marquait "le début de la fin" pour le régime, en déclarant : "ces mêmes jeunes qui avaient porté Wade au pouvoir en 2000 sont aujourd'hui dans la rue pour exiger sa démission".

 

"Wade veut instituer un régime monarchique, il veut installer son fils à la tête du pays, mais le Sénégal n'est pas une république bananière", a protesté M. Bathily devant la presse.

 

Le maire de Dakar, Khalifa Sall (Parti socialiste), a assuré que "10. 000 à 15. 000 personnes" étaient dans la rue, tout en appelant à amplifier la mobilisation. "Depuis longtemps, on n'avait pas bougé. Ce coup d'essai est un coup de maître", a-t-il néanmoins estimé.

 

Des femmes brandissaient le portrait d'un dirigeant de l'opposition absent, l'ex-Premier ministre (2004-2007) Macky Sall. Le secrétaire général du PS, Ousmane Tanor Dieng, ne participait pas non plus au rassemblement.

Bombardement de Bouaké : Michèle Alliot-Marie entendue ?

Jeune Afrique         07 novembre 2009

Ce n'est qu'une question de temps avant l'audition de l'ex-ministre de la défense, affirme l'avocat des familles des soldats français morts dans le bombardement de la base de Bouaké en 2004.

 

FRANC.jpgL'avocat des familles des victimes du bombardement en 2004 du camp militaire français de Bouaké, en Côte d'Ivoire, espère que la juge d'instruction chargée de l'enquête pourra entendre prochainement Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense à l'époque.

 

"Elle va sûrement l'être, c'est une question de calendrier", a dit vendredi Me Jean Balan, avocat de plusieurs familles de victimes.

 

10 morts


Neuf militaires français et un civil américain ont été tués le 6 novembre 2004, lors d'un bombardement du camp de l'armée française par deux Sukhoï 25 des forces loyalistes ivoiriennes.

 

La juge d'instruction du tribunal aux armées de Paris, Florence Michon, est chargée de l'information judiciaire ouverte en 2005 pour "assassinats, tentatives d'assassinats, destructions de biens".

 

"Cinq ans après, l'enquête n'est pas enterrée. Nous avons espoir de voir de nouveaux éléments apparaître", a dit Me Balan à l'AFP.

 

Fin 2005-début 2006, les investigations de la justice française s'étaient orientées vers le Togo, pays où réside le négociant d'armes français Robert Montoya, susceptible d'avoir fait livrer à la Côte d'Ivoire les deux Sukhoï 25 qui ont servi au bombardement. Il est également soupçonné d'avoir permis l'exfiltration des pilotes biélorusses qui étaient aux commandes.

 

Le lendemain du bombardement, 15 mercenaires russes, biélorusses et ukrainiens avaient été arrêtés à Abidjan par l'armée française et relâchés quatre jours plus tard.

06 novembre 2009

Ouverture du procès de Bemba le 27 avril 2010

jeune Afrique         06 novembre 2009

 

Le procès pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité de l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba s'ouvrira le 27 avril 2010 devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, a annoncé jeudi celle-ci.


Bemba_450.jpg"La Chambre de première instance III de la Cour pénale internationale (CPI) a fixé la date d'ouverture du procès dans l'affaire Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo au mardi 27 avril 2010", a indiqué la CPI dans un communiqué.

 

Jean-Pierre Bemba, 47 ans, est accusé notamment de meurtres, viols et pillages commis par sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), entre octobre 2002 et mars 2003 en Centrafrique. La milice était venue y appuyer le président centrafricain de l'époque, Ange-Félix Patassé, pour contrer un coup d'Etat.

 

Une juge de la CPI avait ordonné le 14 août la libération provisoire de M. Bemba dans l'attente de son procès mais ordonné son maintien en détention à La Haye tant que la Cour n'aurait pas décidé quel Etat l'accueillerait.

 

Le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo avait immédiatement interjeté appel de cette décision. Le 3 septembre, la remise en liberté provisoire de M. Bemba a été suspendue par la chambre d'appel, dans l'attente d'une décision sur le fond.

 

Marathon judiciaire


Des audiences destinées à recueillir les "observations" de six Etats (Belgique, France, Portugal, Italie, Allemagne et Afrique du sud) proposés par M. Bemba pour l'accueillir, et à déterminer les conditions de son séjour sur leur territoire, ont été reportées.

 

Jean-Pierre Bemba, qui a fui la RDC en avril 2007 après avoir perdu la présidentielle de 2006 face au président actuel Joseph Kabila, avait été arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles par les autorités belges en exécution d'un mandat d'arrêt délivré par la CPI. Il avait été remis à la Cour et transféré à son siège à La Haye le 3 juillet 2008.

 

Au cours des audiences de confirmation des charges du 12 au 15 janvier, ses avocats avaient exclu toute responsabilité de l'ancien vice-président congolais dans les crimes commis par sa milice. Ils avaient mis en cause l'ex-président centrafricain Ange-Félix Patassé.

 

Le procès de Jean-Pierre Bemba devrait être le troisième procès de la CPI, le premier tribunal international permanent chargé de juger les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocides.