05 juillet 2009

Iran/Union européenne : Le ton monte entre Bruxelles et Téhéran

Source : rfi.fr (Article publié le 03 juillet 2009)


L'Union européenne durcit sa position vis-à-vis de l'Iran. Les 27 ont décidé de convoquer les ambassadeurs ou chargés d'affaires iraniens basés dans les capitales européennes. Le gouvernement britannique est inquiet concernant le sort de deux de ses employés locaux de son ambassade à Téhéran. Les Iraniens accusent ces derniers d'avoir participé aux troubles qui ont suivi la réélection de Mahmoud Ahmadinejad.

 

Avec notre bureau de Bruxelles


David Miliband a souligné que la Grande-Bretagne restait « <em>très préoccupée par les deux employés qui restaient en détention en Iran </em>».(Photo: Reuters)

David Miliband a souligné que la Grande-Bretagne restait « très préoccupée par les deux employés qui restaient en détention en Iran ». (Photo: Reuters)

 

Montrer un front uni de l’Union européenne, voilà l’objectif de ces convocations des ambassadeurs iraniens dans l’ensemble des Etats membres. Les 27 protestent ainsi contre le maintien en détention de deux employés iraniens de l’ambassade du Royaume-Uni à Téhéran.

Interpellés la semaine dernière avec sept de leurs collègues, ils sont accusés d’être impliqués dans les troubles qui ont suivi l’élection présidentielle du 12 juin dernier.

Ce geste diplomatique a le double avantage pour les Européens de montrer leur solidarité mais aussi de se donner du temps ; les Etats membres ne sont pas en effet tous d’accord sur la position à adopter à l’avenir. Certains pays ne veulent pas durcir davantage le ton avec l’Iran. Ils craignent que des sanctions supplémentaires servent de prétexte à une nouvelle vague de répression contre les contestataires.

L’Union se donne aussi une plus grande marge de manœuvre vis-à-vis de Téhéran, puisque d’autres options diplomatiques restent ouvertes. Les 27 peuvent à l’avenir décider d’interdire la remise de visas à certaines personnalités iraniennes. Ils ont encore la possibilité de rappeler leurs ambassadeurs en poste à Téhéran. Autant d’outils qui permettront aux Européens d’apporter une réponse graduée à l’évolution de la situation en Iran.

Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

L'ayatollah Ahmad Jannati laisse entendre que les employés iraniens de l'ambassade de Grande-Bretagne encore détenus à Téhéran seraient jugés. (Photo: Reuters)

L'ayatollah Ahmad Jannati laisse entendre que les employés iraniens de l'ambassade de Grande-Bretagne encore détenus à Téhéran seraient jugés.
(Photo: Reuters)

 

C’est une nouvelle escalade dans les relations entre Téhéran et Londres. Le chef du Conseil des gardiens de la Constitution, l’ayatollah Ahmad Jannati, un religieux conservateur, a affirmé que des employés locaux de l’ambassade britannique seront traduits en justice. Il a également ajouté que les personnes arrêtées ont fait des aveux.

Neuf employés locaux de l’ambassade britannique avaient été arrêtés le 28 juin, après les manifestations contre la réélection de l’ultraconservateur, Mahmoud Ahmadinejad, à la présidentielle du 12 juin. Deux d’entre eux restent toujours en prison.

 

Les autorités iraniennes ont accusé l’ambassade britannique d’avoir dépêché des employés dans les manifestations de l’opposition pour fomenter des troubles. L’Iran a déjà expulsé deux diplomates britanniques ainsi que le correspondant de la BBC.

 

La décision de traduire en justice des employés locaux de l’ambassade britannique est un pas de plus dans la dégradation des relations entre l’Iran et la Grande-Bretagne. Elle peut également prendre une ampleur plus importante avec une réaction des pays européens et une dégradation des relations entre Téhéran et les capitales européennes.

Honduras : La crise politique s'accentue



Au Honduras, malgré le vote à l'unanimité de l'OEA (Organisation des Etats américains) et de l'ONU demandant le retour de l'ordre constitutionnel, malgré les pressions des Etats-Unis, qui ont suspendu 300 millions de dollars de prêts (215 millions d'euros), et les pressions diplomatiques de pratiquement tous les pays qui ont rappelé leur ambassadeur, le secrétaire général de l'OEA Jose Miguel Insulza estime qu'il sera difficile de changer les choses en quelques jours. Jose Miguel Insulza affirme par ailleurs que la destitution du président du Honduras, Manuel Zelaya, est « un coup d'Etat militaire ». De son côté, la Cour suprême a déclaré auparavant que la destitution de M. Zelaya était « irréversible ».


Jose Miguel Insulza, le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), à l'aéroport international de Tegucigalpa, le 3 juillet 2009. ( Photo : Dennis Montenegro/ Reuters )

Jose Miguel Insulza, le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), à l'aéroport international de Tegucigalpa, le 3 juillet 2009. ( Photo : Dennis Montenegro/ Reuters )

 

Les deux présidents du Honduras campent sur leurs positions. Manuel Zelaya, depuis son exil au Salvador, a annoncé qu’il planifiait son retour au Honduras dès que Jose Miguel Inzulsa, le secrétaire général de l’OEA, aura terminé sa visite à Tegucigalpa. Il espère que les négociations permettront de convaincre les putschistes de céder le pouvoir.

 

Jose Miguel Inzulsa a prévu des réunions avec les autorités de la Cour suprême, du ministère public et du Congrès. Il devrait également se réunir avec les membres de l’opposition qui soutiennent Manuel Zelaya.

 

L’autre président, Roberto Micheletti, a proposé pour sortir de la crise politique d’avancer les élections de novembre prochain, et a réaffirmé qu’il n’était pas question d’accepter l’ultimatum de l’OEA qui exige la restauration de l’ordre constitutionnel. Soutenu par des milliers de manifestants qui sont descendus dans la rue, Roberto Micheletti a prévenu que si Miguel Zelaya rentrait au Honduras, il serait arrêté et mis en prison.

 

Par Patrice Gouy

04 juillet 2009

France / Algérie : Cheb Mami condamné à cinq ans de prison ferme

Source : rfi.fr (Article publié le 03 juillet 2009)

 

La star franco-algérienne du raï Cheb Mami, 42 ans, a été condamnée à cinq ans de prison ferme en France pour tentative d'avortement forcé sur une ex-compagne en 2005. Ecroué depuis lundi à la prison de la Santé à Paris après deux années de fuite en Algérie, Cheb Mami, de son vrai nom Mohamed Khelifati, a vu son maintien en prison également prolongé.



Cheb Mami.(Photo : Reuters / archives)

Cheb Mami (Photo : Reuters / archives)

 

Lorsque le président du tribunal prononce le jugement, Cheb Mami se prend la tête dans les mains et fond en larmes. Le signe évident, selon son avocate Claire Doubliez, qu'il y a chez le chanteur une véritable dimension de regret : « Le simple fait qu’il soit présent, c’est la preuve qu’il a compris. Il est évident que les années qu’il vient de passer sont des années qui l’ont fait réfléchir. Le fait qu’il ne puisse pas verbaliser un certain nombre de choses ne signifie pas qu’il les ressent ou qu’il ne les ressent pas. »


Cheb Mami aura attendu la toute fin de l'audience pour demander pardon. Le tribunal a retenu qu'il était le principal instigateur et organisateur de l'avortement sauvage infligé à son ex-compagne. Et pour la victime, c'est là l'essentiel, d'après son avocate Marie Dosé : « Elle voulait que l’on reconnaisse la violence inouïe de ce qu’elle a vécu. Elle n’est pas du tout dans la vengeance. Elle constate simplement qu’avec une décision comme celle-là, on a considéré que c’était un acte extrêmement grave.»


Michel Lévy, l'impresario, qualifié par le tribunal d'« organisateur » et d'« instigateur » de ces actes de violence, écope de quatre ans de prison. Il a été immédiatement écroué. Quant aux deux hommes de main de Cheb Mami, les exécutants, des peines de trois et six ans ont été prononcées à leur encontre. Tous deux, en fuite en Algérie, sont sous le coup de mandats d'arrêt internationaux.