07 novembre 2009

Bombardement de Bouaké : Michèle Alliot-Marie entendue ?

Jeune Afrique         07 novembre 2009

Ce n'est qu'une question de temps avant l'audition de l'ex-ministre de la défense, affirme l'avocat des familles des soldats français morts dans le bombardement de la base de Bouaké en 2004.

 

FRANC.jpgL'avocat des familles des victimes du bombardement en 2004 du camp militaire français de Bouaké, en Côte d'Ivoire, espère que la juge d'instruction chargée de l'enquête pourra entendre prochainement Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense à l'époque.

 

"Elle va sûrement l'être, c'est une question de calendrier", a dit vendredi Me Jean Balan, avocat de plusieurs familles de victimes.

 

10 morts


Neuf militaires français et un civil américain ont été tués le 6 novembre 2004, lors d'un bombardement du camp de l'armée française par deux Sukhoï 25 des forces loyalistes ivoiriennes.

 

La juge d'instruction du tribunal aux armées de Paris, Florence Michon, est chargée de l'information judiciaire ouverte en 2005 pour "assassinats, tentatives d'assassinats, destructions de biens".

 

"Cinq ans après, l'enquête n'est pas enterrée. Nous avons espoir de voir de nouveaux éléments apparaître", a dit Me Balan à l'AFP.

 

Fin 2005-début 2006, les investigations de la justice française s'étaient orientées vers le Togo, pays où réside le négociant d'armes français Robert Montoya, susceptible d'avoir fait livrer à la Côte d'Ivoire les deux Sukhoï 25 qui ont servi au bombardement. Il est également soupçonné d'avoir permis l'exfiltration des pilotes biélorusses qui étaient aux commandes.

 

Le lendemain du bombardement, 15 mercenaires russes, biélorusses et ukrainiens avaient été arrêtés à Abidjan par l'armée française et relâchés quatre jours plus tard.

04 novembre 2009

OBAMA AN I : L’Afrique entre espoirs et regrets

Le pays          04 novembre 2009


Un an déjà, depuis que Barak Obama a été élu. Comme le temps passe vite. On se rappelle tout l’engouement dont le continent noir a fait montre tout le temps de la longue campagne présidentielle et la liesse populaire qui éclata lors de la nuit historique de l’élection du 44e président américain. L’Afrique avait voté pour Obama et elle avait gagné. Elle avait de quoi pavoiser et nourrir de légitimes espoirs. Cela fait un an déjà.

 

 

A l’intérieur du pays où il a été élu, en cette semaine même où il fête le premier anniversaire de son élection, Obama semble avoir perdu en popularité. Il y a un an, presque jour pour jour, le candidat démocrate rassemblait 70% d’opinions favorables. Aujourd’hui il en compte 50. En Afrique, on ne peut pas dire la même chose. S’il est vrai que la fièvre Obama qui s’était transformée en hystérie dans certaines capitales africaines a dû forcément baisser, on ne peut cependant pas dire que le président américain a perdu la cote. Et ce que l’on peut considérer comme des regrets exprimés par les Africains aujourd’hui n’est en fait qu’une forme d’impatience de voir arriver très vite ce que Barak Obama, par sa nouvelle vision des choses, peut réaliser pour l’ensemble du continent africain.

 

Les Africains ont foi en lui et ils espèrent, confiants. Les marchés des capitales africaines pullulent de gadgets et d’articles à l’effigie d’Obama : porte-clés, lampes torches, motos, salons de coiffure. Un signe des temps sans doute. Vu d’Afrique, l’homme Obama, en plus d’être un Noir (ce qui ne gâte rien) est le président américain qui aura réussi le tour de force d’instaurer un nouveau climat dans un monde en ébullition. Ce qui revient à dire qu’il l’aura sécurisé. Il aura fait de cette planète un monde plus apaisé et cet aspect des choses, déjà, importe énormément. On se rappellera toujours son discours à l’université du Caire qui a sonné comme un discours de rassemblement autour d’une main tendue et qui avait pour vocation de réunir autour d’un même idéal chrétiens et musulmans : celui de la victoire de la paix. De même, on se souvient de sa visite historique au Ghana. En Afrique, on aura noté et apprécié le symbole. Pour une première visite en Afrique noire en tant que président des Etats-Unis, c’est ce pays que choisit l’hôte de la Maison Blanche, principalement grâce à son bilan démocratique et sa stabilité politique.

 

La jeunesse africaine en particulier aura vibré lorsque dans le discours qu’il prononça au Parlement d’Accra, Barak Obama s’engageait à « mettre fin aux pratiques antidémocratiques et à la corruption » et lorsqu’il affirma que le « développement dépend de la bonne gouvernance ». Et jusqu’à présent, elle reconnaît fort justement que le président américain a raison lorsqu’il déclare que « l’avenir de l’Afrique appartient aux Africains eux-mêmes ». En Afrique, l’engouement pour Obama n’est pas un mythe. Le locataire de la Maison Blanche bénéficie d’une aura certaine. Un peu à l’excès, dira-t-on. Car, après tout, il ne faudra tout de même pas oublier que le 44e président des Etats-Unis a été élu par les Américains et pour les Américains. Mais si les populations africaines des villes et des campagnes, en dépit de la kyrielle de dirigeants bien présents sur le continent, n’ont d’yeux et d’oreilles que pour le cousin africain élu en Amérique, cela est sans doute la preuve manifeste qu’elles en attendent ce petit « quelque chose » qu’elles ont de longues années durant, vainement rêvé de posséder un jour. La presque totalité des chefs d’Etat qui les gouvernent n’arrivant pas à assouvir leur soif de liberté, de justice et de démocratie, les anciens colonisateurs soufflant tantôt le chaud et tantôt le froid et bien souvent évaluant ces aspirations à l’aune de la contrepartie économique et financière en jeu, les Africains placent volontiers leur confiance, leurs espoirs et leurs attentes en leur cousin qui incarne à leurs yeux fermeté, courage et honnêteté. Et comme il se trouve qu’il est par ailleurs l’homme le plus puissant de la planète, cela ne devrait qu’arranger les choses.

 

Ils regrettent seulement que cette crise mondiale qui a accueilli Obama à peine installé dans son bureau de commandement, ne lui ait pas vraiment laissé le temps de réaliser les promesses faites au continent noir. On ne pouvait tout de même pas lui demander de laisser les Américains se débrouiller seuls face au cyclone qui s’apprêtait à ravager leur économie, au seul motif qu’il devrait exaucer les vœux de ses cousins noirs d’Afrique. Mais les jalons que Barak Obama a posés sont des prémices sûres qui permettent de croire qu’il est en route pour « sauver » le continent.

 

Les Etats-Unis, sous sa direction, n’entretiennent de relations privilégiées qu’en contrepartie de l’instauration d’une saine démocratie. En cela ils administrent une excellente leçon de bonne tenue politique à des Chinois qui ne se font pas vraiment de scrupule en la matière, mais aussi à d’anciens colonisateurs dont la mainmise sur certains pays phares du continent, empêche certains rêves de s’accomplir. Le dernier exemple en date est sans doute la divergence de points de vue qui a opposé l’Amérique d’Obama à la France de Sarkozy, à l’issue de la réélection du président Ben Ali de Tunisie. Alors que l’ancienne métropole applaudissait, la Maison Blanche réprimandait. Ce sont là de bons présages. Et tant pis si des dictateurs à la petite semaine se retrouvent à la soupe à la grimace. Obama doit voler au secours des populations africaines. Yes, he can !

 

"Le Pays"

01 novembre 2009

Etats-Unis : Les malades du sida peuvent bientôt entrer aux Etats-Unis


Washington prendra lundi les dernières dispositions pour lever l'interdiction imposée aux porteurs du virus du sida d'entrer aux Etats-Unis. L'entrée des malades du sida sur le sol américain était interdite depuis 22 ans, leur liberté de voyager sera restaurée début 2010.


Signature du renouvellement de la loi Ryan White à la Maison Blanche, le 30 octobre 2009.(Photo : Reuters/Jim Young )
Signature du renouvellement de la loi Ryan White à la Maison Blanche, le 30 octobre 2009. (Photo : Reuters/Jim Young )


Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet


A partir de janvier prochain, les étrangers contaminés par le virus VIH pourront de nouveau venir ou émigrer aux Etats-Unis, sans avoir à demander une dispense au ministère de la Sécurité intérieure.

 

Dans les années 90, le gouvernement américain avait décidé de fermer la porte aux séropositifs : le sida était alors considéré comme la maladie des gays et ne soulevait guère de sympathie. « Si nous voulons être des leaders dans la lutte contre le virus VIH/sida, nous devons agir comme tels », a déclaré le président Obama en annonçant la levée de l’interdiction.

 

Le président américain a donné au passage un rare petit coup de chapeau à son prédécesseur, George Bush, qui avait commencé à prendre les mesures nécessaires pour abroger l’ordre discriminatoire.

 

Barack Obama a annoncé ce changement de politique alors qu’il signait le renouvellement de la loi Ryan White, un adolescent séropositif chassé de son école en 1984, après avoir été contaminé lors d’une transfusion sanguine. Après un combat courageux qui avait attiré l’attention des médias et ému l’Amérique, Ryan était mort. La loi qui porte son nom met en œuvre des programmes pour aider les Américains affectés par le mal. Ils sont plus d’un million, a rappelé le président, avec chaque année, 56 000 nouveaux contaminés.

31 octobre 2009

Chirac renvoyé en correctionnelle pour détournement de fonds publics

france 24          31 octobre 2009

 

Jacques Chirac est renvoyé devant la justice pour détournement de fonds publics dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris. C'est la première fois en France qu'un ancien chef de l’État devra affronter un procès.

 

 

chirac1.jpg

Jacques Chirac est renvoyé en correctionnelle pour détournement de fonds publics dans l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris. C'est la première fois qu'un chef de l’État est poursuivi dans une affaire judiciaire en France. Selon le service de presse de l'ancien chef de l'Etat, Jacques Chirac est renvoyé devant la justice pour "21 supposés emplois fictifs" à la mairie de Paris.

 

La juge d'instruction Xavière Simeoni a donc décidé de ne pas suivre les réquisitions de non-lieu général du parquet, jugeant que les charges étaient suffisantes pour un procès. Le procureur a, de son côté, la possibilité de faire appel.

 

"Cela n’aurait pas été naturel qu’il ait bénéficié d’une mesure exceptionnelle en raison de sa carrière, explique avec détachement Jean-François Probst, ancien conseiller de Jacques Chirac. Pour Marc Perelman, spécialiste politique à FRANCE 24, le clan Chirac, qui a annoncé la nouvelle, a essayé "de déminer l’information en la fuitant, mais cela sonne comme un véritable coup de tonnerre".

 

"Aucun des emplois constitue un emploi fictif"

 

chirac2.jpgProtégé pendant 12 ans par sa fonction à la tête de l'Etat (1995-2007), Jacques Chirac a été mis en examen le 21 novembre 2007 pour détournement de fonds publics dans ce dossier d'emplois de complaisance présumés payés par le cabinet du maire de Paris - fauteuil qu’il a occupé de 1977 à 1995.

 

L’affaire remonte à la période courant de 1983 à 1998, soit du début du deuxième mandat de maire de Jacques Chirac aux trois premières années de son successeur, Jean Tiberi.

 

Jacques Chirac va devoir s'expliquer devant le tribunal correctionnel de Paris pour ces emplois qui auraient profité à des militants ou élus de son parti le RPR, ou encore à des proches. Il se dit "décidé à établir qu'aucun des emplois en débat constitue un emploi fictif", selon son bureau.

 

 

"Ce sera un procès difficile pour Jacques Chirac"


chirac3.jpgLe camp Chirac tient à afficher une totale quiétude. "Il y a tout lieu d’être serein", affirme Jean-François Probst. Pour le chiraquien François Baroin, l’instruction a permis de révéler qu’il n’existait pas de système entre le RPR et la Ville de Paris. "Ce que certains présentaient comme 500 contrats délictueux se résume en fait à une vingtaine de contrats", souligne-t-il.

 

Laurent Valdiguié, rédacteur en chef du "Journal du dimanche", estime pour sa part que "ce genre de procès, concernant des affaire d’emplois fictifs, est assez simple à prouver". Et de poursuivre : "Ce sera un procès difficile pour Jacques Chirac."

 

Neuf autres personnes sont également renvoyées en correctionnelle dans cette affaire: deux anciens directeurs de cabinet de Jacques Chirac, Michel Roussin et Rémy Chardon, ainsi que sept bénéficiaires d'emplois présumés fictifs, dont François Debré, l'ancien patron du syndicat Force ouvrière Marc Blondel et Jean de Gaulle.

 

Capital sympathie

 

Jacques Chirac, âgé de 76 ans, laisse un bilan politique mitigé mais bénéficie d’un capital sympathie inébranlable depuis son départ de l’Élysée. En août dernier, l’ancien chef de l’Etat figurait au 29e rang des personnalités préférées des Français, selon "le Journal du dimanche".

 

Mais sa carrière reste entachée par plusieurs affaires politico-judiciaires auxquelles son nom reste lié. Il a été entendu en 2007 sous le statut de témoin assisté - à mi-chemin entre celui de simple témoin et celui de mis en examen - dans une autre enquête sur les emplois présumés fictifs du RPR, dont l'instruction à Nanterre se poursuit.

29 octobre 2009

ANGOLAGATE : Les agneaux du sacrifice

 

Le pays          29 octobre 2009

 

L’Angolagate est cette histoire obscure de vente d’armes entre la France et l’Angola de 1993 à 1998. Les deux principaux accusés, l’homme d’affaires français, Pierre Falcone, et l’Israélien, Arcadi Gaydamak, n’ont pas nié avoir fourni à la République lusophone du matériel militaire comprenant des chars, des navires de guerre, des hélicoptères militaires, des obus, etc. Pour cela, ils ont été condamnés chacun à 6 ans de prison ferme. L’Israélien sentant venir le roussi, avait préféré prendre la poudre d’escampette et se réfugier dans l’Etat hébreux.

 

photo_1256557206513-2-0_w350.jpgIls sont nombreux qui estiment que les têtes tombées à la suite du verdict du procès de l’Affaire ressemblent à celles de moutons sacrifiés. Certains des condamnés ne veulent pas pour autant se laisser conduire sans résistance à l’abattoir. Ils ne sont pas de simples quidams à qui il faut faire porter le chapeau. A l’époque des faits, certains des prévenus étaient de hautes personnalités de la France : Charles Pasqua, aujourd’hui Sénateur, était ministre de l’Intérieur. Il doit donc savoir beaucoup de choses. Jean-Christophe Mitterand, fils aîné du défunt président François Mitterrand, était le Conseiller Afrique de son père. Une si grosse affaire de 790 millions de dollars ne pouvait donc pas passer inaperçue.

 

Après le prononcé du verdict, l’ancien ministre de l’Intérieur commence à délier la langue et porte de graves accusations, peut-être un peu tardivement. ’’Le président de la République de l’époque était au courant de l’affaire de vente d’armes à l’Angola ; le Premier ministre était au courant ; la plupart des ministres aussi. Le moment est venu de mettre les choses au clair’’, crie haut et fort Charles Pasqua, qui clame son innocence et demande au Président Nicolas Sarkozy de lever le secret défense sur cette affaire qui paraît avoir touché le sommet de l’exécutif français.

 

L’ancien ministre de l’Intérieur vient ainsi de donner un grand coup de pied dans la fourmilière. Si Nicolas Sarkozy accède à sa requête, il faudrait faire attention aux scorpions qui en sortiront.

 

Même si ce procès paraît être, d’une certaine façon, celui de la vieille époque, celle des Mitterrandiens et des Chiraquiens, Sarkozy ne peut se permettre de lever ainsi le secret défense sans affaiblir ou fragiliser la France. L’Etat est une continuité. Aujourd’hui, et ce malgré lui, il est le dépositaire et l’héritier du dossier qu’il doit gérer avec délicatesse, s’il ne veut pas que la France soit la risée de la communauté internationale. N’est-ce pas, du reste, déjà trop tard avec ces propos de Charles Pasqua ? La France n’est-elle pas déjà éclaboussée par l’Affaire ? A l’époque des faits, l’Angola était en guerre civile et surtout sous embargo de l’Organisation des Nations unies. José Eduardo Dos Santos, Président angolais, avait demandé à la France de l’aider à acquérir des armes. Paris avait officiellement refusé. Officieusement cependant, l’Hexagone avait favorisé les contacts avec l’Israélien, Gaydamak, et l’homme d’affaires, Falcone. Le résultat de tout cela se retrouve aujourd’hui versé sur la place publique.

 

Cette sordide histoire vient encore une fois mettre à nu l’hypocrisie et le cynisme des puissances occidentales. Comment peut-on en effet comprendre que la France qui est membre du Conseil de sécurité de l’ONU et n’a pas opposé son véto à la décision de l’embargo, ait ainsi violé cette interdiction de commercer avec l’Angola sur les armes ?

 

L’embargo avait sans doute été décrété pour mettre un terme à la guerre civile extrêmement meurtrière. L’objectif recherché était à l’instauration de la paix et à la préservation des vies humaines. On se rend compte aujourd’hui que cela était le cadet des soucis des dirigeants français de l’époque. Cette affaire révèle ce que certaines puissances occidentales paraissent être et ce qu’elles sont réellement. La corruption et autres pratiques mafieuses collent aussi à la peau de leurs dirigeants. Les guerres, comme on s’en rend compte avec cette affaire, sont des opportunités de renforcement de leur puissance et d’accumulation d’énormes richesses.

 

La République d’Angola, contre qui était décrété l’embargo, est un pays riche de son pétrole et de ses autres ressources naturelles. C’est le cas de nombreux pays, africains notamment, sous sanctions décrétées par la communauté internationale. Rien ne prouve que de nos jours, des violations de sanctions ne sont pas opérées à l’insu de tous. Il faudrait alors attendre une vingtaine d’années environ, avant que le pot aux roses ne soit découvert si d’aventure le gâteau n’était pas équitablement partagé. Avec ce genre d’affaires, les dirigeants occidentaux n’ont vraiment pas de leçons de morale à donner à leurs homologues des pays pauvres en matière de lutte contre la corruption.

 

Nicolas Sarkozy ne lèvera, peut-être pas le secret défense comme le demande Charles Pasqua pour se faire blanchir. Ce serait tout simplement suicidaire. Certaines informations, on le devine bien, ne peuvent nullement être livrées sur la place publique. Pour cela, la raison d’Etat sera toujours invoquée. Les affaires secrètes doivent le rester. La France ne voudrait certainement pas ternir ses relations avec l’Angola, à la suite de l’embellie que l’on observe aujourd’hui suite aux efforts diplomatiques du Président Sarkozy. Elle ne peut pas prendre le risque de perdre un partenaire si important de par sa position géographique et ses richesses. Avec le procès en appel sollicité par Pasqua, une formule pourrait être trouvée pour satisfaire tout le monde. Pierre Falcone, qui jouit de l’immunité diplomatique angolaise, pourrait être expulsé de France et l’ancien ministre de l’Intérieur grâcié. L’honneur de la République sera alors sauf. Finalement, ce procès de l’Angolagate, à travers lequel l’indépendance de la justice française s’est manifestée, devrait aussi servir de leçon à tous les Africains. Nos dirigeans doivent plus que jamais promouvoir la démocratie, l’intégration et travailler à la paix et au développement humain durable.

 

"Le Pays"

28 octobre 2009

COUT DE LA CORRUPTION DANS LE MONDE : Des faits et des chiffres

Le pays          28 octobre 2009

 

Le développement de la corruption dans un pays porte atteinte aux droits des citoyens parce que les ressources nationales destinées aux services essentiels et fondamentaux comme l’eau, l’éducation et la santé sont détournées. Il est plus que nécessaire d’accentuer cette lutte anticorruption. Pour mieux orienter cette lutte, il est nécessaire de quantifier avec précision l’ampleur du phénomène.


 

corruption2.gif

 

Le coût de la corruption est difficile à évaluer parce que l’acte de corruption se passe entre des individus dans le plus grand secret. Mais il existe dans le monde, différentes études qui fournissent des informations et des chiffres sur les manifestations du fléau.

 

Des études ont montré que la corruption dont se rendent coupables les citoyens des pays développés compromettent le développement des pays pauvres. L’Institut de la Banque mondiale estime : « la corruption sous forme de pots-de-vin à 1 000 milliards de dollars ». Mais elle affecte plus les Etats africains qui y perdent 25% de leur PIB chaque année selon U4 (Anti-corruption Resource Centre, 2007). Ce pourcentage correspond à la somme de 148 milliards de dollars au niveau mondial. En appliquant le taux de 25% au PIB du Burkina Faso qui était de 3 646 900 000 F CFA en 2008, le pays aurait perdu environ 911 755 000 F CFA en 2008.

 

Les citoyens des pays développés ne sont pas les seuls à s’adonner à la corruption. Le rapport de la Banque mondiale (Star report, 2007) dénonce l’attitude corruptrice des fonctionnaires des pays en développement qui détournent par an entre 20 et 40 milliards de dollars, soit l’équivalent de 20 à 40 % de l’aide publique au développement. Le rapport précise que les pays qui s’attaqueraient sérieusement à la corruption pourraient avoir une augmentation de 400% de leur PIB. En termes de chiffres pour le Burkina Faso, ce pourcentage correspondrait à la somme de 14 587 600 000 F CFA de manque à gagner.

 

Transparency International (TI) dans son rapport mondial 2006 sur la corruption estime que 50% des fonds alloués aux services de la santé du Ghana ne parvenaient pas aux destinataires. Ces détournements sont l’œuvre de fonctionnaires.

 

Il est reconnu que la corruption accélère l’épuisement des ressources naturelles pourtant indispensables à la subsistance de nombreuses communautés. Selon un rapport du PNUD (UNDP, Accelerating Human Development in Asia and the Pacific, 2008), le gouvernement de l’Indonésie a estimé que la déforestation coûte 4 milliards de dollars par an à la nation soit environ cinq fois le budget annuel du département indonésien de la Santé. Les effets néfastes de la corruption empêcheront certainement plusieurs pays de réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Selon le rapport mondial 2008 de TI sur la corruption, celle-ci augmenterait jusqu’à 30% le prix des raccordements aux réseaux d’eau potable, ce qui accroîtrait de plus de 48 milliards de dollars le coût de la réalisation des OMD en ce qui concerne l’eau et l’assainissement. Cette somme équivaut à la moitié de l’aide globale annuelle.

 

La corruption n’affecte pas seulement les pays pauvres. Par exemple, les entreprises allemandes perdent plus de 6 milliards d’euros par an à cause de la corruption, des détournements et de la fraude (German Martin Luther University of Halle-Wittenberg, Price Water House Coopers and Germany’s TNS-Emnid, 2007). Aussi, environ 50 milliards de dollars issus de la corruption sont déposés chaque année dans les comptes bancaires et dans les paradis fiscaux en Occident (Raymond Baker). Pour cet auteur, 250 milliards de dollars blanchis en provenance des pays en voie de développement sont transférés tous les ans vers les banques américaines.

 

"Primes et indemnités généreuses"


corruption.jpegLa corruption serait une des causes de la crise financière amorcée en 2007. En effet, la crise financière a révélé l’ampleur de l’incapacité des conseils d’administration des entreprises à imposer des contrôles plus stricts, même en période de crise. Des dirigeants ont continué à recevoir des primes et des indemnités généreuses, alors que l’on savait déjà que leurs stratégies d’investissement risquées avaient entraîné leurs entreprises au bord de la faillite et que cette situation allait nécessiter l’injection d’argent public. Cette situation est due au fait que dans de nombreux pays, les PDG (Présidents Directeurs Généraux) siègent au sein de multiples conseils d’administration, créant ainsi un vaste réseau de postes de direction entrecroisés. Les avantages mutuels n’encouragent pas encore la prise de décision critique. Dans la mesure où les PDG se retrouvent au conseil d’administration des entreprises, ils ont le pouvoir de récompenser les dirigeants de ces entreprises. Un directeur « insoumis » pourrait compromettre ses chances d’être reconduit dans ses fonctions lucratives dans ce conseil d’administration.

 

Dans le cadre d’une enquête menée en 2008 par Transparency International auprès de plus de 2 700 cadres dirigeants dans 26 pays, près de 2 personnes interrogées sur 5 ont déclaré avoir été invitées l’année précédente à verser des pots-de-vin au cours de leurs relations avec diverses institutions fournissant des prestations essentielles aux entreprises, comme les douanes et les services fiscaux, la justice, la police, les services d’enregistrement des actes et de délivrance des permis, ainsi que d’autres prestataires de services de base.

 

Dans le cadre d’une autre enquête menée auprès de plus de 1 000 dirigeants, près d’un sur cinq a affirmé avoir perdu un contrat en raison des pots-de-vin versés par un concurrent, et plus du tiers a estimé que le phénomène de corruption empirait. Ces résultats révèlent le degré d’usage de la corruption dans l’accès aux services et dans les marchés publics, ce qui joue sur la qualité des services et des marchés parce que ceux-ci sont attribués aux moins méritants.

 

Les recherches de TI ont permis de découvrir l’existence de 283 cartels internationaux privés entre 1990 et 2005 ayant contribué à faire perdre aux consommateurs à travers la surfacturation environ 300 milliards de dollars. Dans la seule année de 1997, les pays en développement ont importé 54,7 milliards de dollars de marchandises issues d’un échantillon de 19 industries ayant pris part à des activités d’entente sur les prix. Selon les estimations, les pertes économiques directes dues à la surfacturation liée aux cartels internationaux pourraient, à elles seules, égaler, voire dépasser, le volume total de l’aide au développement attribuée aux pays en développement. Ces pratiques faussent non seulement les règles de la concurrence mais aussi elles contribuent à appauvrir les pays pauvres au profit de vastes réseaux.

 

"Burkina : rectifier le tir"


Renlac-logo-df4fe.jpgSelon le rapport 2007 sur l’état de la corruption au Burkina Faso publié par le Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC), la corruption est répandue ou même très répandue au Burkina. 99,5% des 1700 personnes enquêtées à travers tout le pays sont de cet avis. Ils sont 68,8% à penser que la corruption est en progression. Ces fortes proportions traduisent une certaine « normalisation » de la corruption dans tous les secteurs d’activités au Burkina. L’enquête a révélé que près de la moitié (45%) des enquêtés ont expérimenté personnellement la corruption ou ont été témoins d’actes de corruption en 2007. Les plus fortes proportions ont été observées à Bobo-Dioulasso (54%) et à Ouagadougou (44%), les deux plus grandes villes du Burkina.

 

Le même rapport précise que l’Administration publique présente une mauvaise image auprès des populations puisque pour 55% et 27% des enquêtés, ce sont respectivement les agents d’exécution et les cadres supérieurs de l’Etat qui sont responsables des actes et faits de corruption dans le pays, exprimant ainsi les deux dimensions de la corruption, à savoir la grande corruption par les premiers et la petite corruption par les seconds. Quant aux secteurs d’activités les plus corrompus, on trouve en tête la douane, le couple police/gendarmerie, et le secteur des impôts. Le rang de ces services est conforme aux enquêtes précédentes du REN-LAC. Ils peuvent être considérés comme les services où se pratiquent le plus la corruption. Il y a des raisons objectives d’inquiétudes. Les services de la douane et des impôts sont les principaux collecteurs de fonds pour l’Etat. S’ils sont corrompus, leur travail ne peut se faire qu’au détriment de l’intérêt de la Nation. Il est donc temps de rectifier le tir.

 

Le Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC) lance un appel sur la nécessité pour les structures de veille et de contrôle du Burkina Faso de renforcer les enquêtes sur les cas de corruption. Ce qui permettrait de documenter l’ampleur des pratiques corruptrices, chiffres à l’appui et d’orienter les actions de lutte.

 

Le Réseau National de Lutte Anticorruption (REN-LAC)

27 octobre 2009

Verdict attendu de l'affaire Angolagate

Jeune Afrique          27 octobre 2009

 

La justice française doit se prononcer mardi sur l'Angolagate, une vaste affaire de commerce d'armes vers l'Angola remontant au milieu des années 1990, et dont le jugement risque de peser sur les relations entre Paris et Luanda.


Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak figurent parmi les accusésPierre Falcone et Arcadi Gaydamak figurent parmi les accusés © AFP


Clos en mars 2009, le procès s'était déroulé dans une "ambiance de plomb", de l'avis même du procureur, Romain Victor.

 

42 personnes étaient accusées d'avoir, soit participé à l'organisation d'un "trafic" de 790 millions de dollars, soit bénéficié de "pots-de-vin" distribués par les deux associés ayant mis ce commerce sur pied, les hommes d'affaires français Pierre Falcone et israélien Arcadi Gaydamak.

 

Six ans de prison ont été requis contre les deux hommes. Il y a quatre mois, la cour d'appel de Paris a déjà condamné Pierre Falcone à un an de prison ferme dans une affaire de détournements de fonds au détriment de la Sofrem, une société de vente de matériel de sécurité à l'étranger.

 

Parmi les prévenus de l'Angolagate, des personnalités comme l'ancien ministre Charles Pasqua, l'écrivain Paul-Loup Sulitzer, l'ex-préfet Jean-Charles Marchiani ou Jean-Christophe Mitterrand, fils du président défunt, auraient bénéficié des largesses des deux associés. Tous ont plaidé l'innocence, mais l'accusation a demandé la relaxe du seul Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand.

 

Aucun responsable angolais devant la justice


Une trentaine de responsables angolais auraient également été arrosés, selon les enquêteurs, mais aucun n'a été renvoyé devant la justice.

 

Dès l'ouverture du procès en octobre 2008, la République angolaise avait demandé le retrait des pièces incriminantes, au nom du "respect du secret défense d'un pays étranger". Si ses droits étaient "violés", l'Angola pourrait porter l'affaire en justice, avait menacé l'avocat de Luanda, Me Francis Teitgen.

 

Une lettre envoyée en juillet 2008 par le ministre français de la Défense, Hervé Morin, à la défense de Pierre Falcone, avait par ailleurs été interprétée dans les milieux judiciaires comme une pression du gouvernement français, alors que Paris tentait d'effacer des années de brouille entre la France et ce pays riche en pétrole.

 

Le ministre affirmait dans ce courrier que ces ventes d'armes de guerre, provenant de l'ancien bloc communiste, n'avaient pas besoin d'autorisation de l'Etat puisqu'elles ne transitaient pas par la France.

 

En pleine guerre civile, le président angolais José Eduardo Dos Santos cherchait en 1993 à se procurer des armes pour lutter contre les rebelles de l'Unita, mais la France avait refusé. Des contacts officieux l'avaient amené à Pierre Falcone, lequel s'était associé à l'Israélien d'origine russe Arcadi Gaydamak qui, lui, avait des contacts dans l'ancien bloc soviétique.

 

Arsenal


420 chars, 150. 000 obus, 12 hélicoptères, six navires de guerre recensés par les enquêteurs : les deux associés ne contestent pas avoir livré du matériel militaire, mais ils nient avoir livré 170. 000 mines antipersonnel.

 

Lettre d'Hervé Morin à l'appui, ils affirment que Paris n'avait pas à donner son feu vert, puisque cet arsenal ne passait pas par la France et que la société courtière, ZTS Osos, était basée en Slovaquie.

 

Mais pour l'accusation, cette entreprise slovaque ne faisait que cacher la société parisienne de Pierre Falcone, Brenco.

 

La défense a martelé pendant le procès que "l'Etat savait", le procureur ayant estimé pour sa part que les autorités avaient choisi le "laisser-faire".

 

Rien de vraiment neuf n'a émergé des cinq mois d'audience. Arcadi Gaydamak, réfugié en Israël puis à Moscou, n'est pas apparu au procès, tandis que Pierre Falcone s'est retranché derrière le secret-défense de ses "mandants" angolais.

25 octobre 2009

France : plainte collective contre la vaccination anti-grippe A

Jeune Afrique          24 octobre 2009

 

Levée de boucliers en France contre le vaccin censé immuniser de la grippe H1N1. Une plainte collective vient d'être déposée en Isère, et d'autres devraient suivre. Partout, ons'interroge sur cette campagne de vaccination précipitée qui inquiète jusqu'à certains professionnels de santé.


.le vaccin inquiète la populationEn Isère (France), un groupe de neuf personnes a porté plainte contre X en dénonçant le vaccin contre le grippe A qui selon eux, est « une véritable tentative d’empoisonnement de la population ». Leur avocat, Me Jean-Pierre Joseph, affirme que cette plainte risque d’être bientôt suivie par d’autres.

 

Cette plainte avec constitution de partie civile, également déposée pour "tentative d'administration de substances (...) de nature à entraîner la mort", a été remise au doyen des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Grenoble. Ce dépôt de plainte a été confirmé de source judiciaire.

 

Parmi les plaignants, tous habitants de la vallée du Grésivaudan, une professionnelle de santé, une animatrice de radio et une enseignante, qui se sont rencontrées dans des réunions publiques consacrées aux risques supposés du vaccin contre la grippe H1N1.

 

Une arnaque


"Le but est d'arrêter ce que nous considérons comme un empoisonnement", a souligné Me Joseph. "L'intérêt de cette action est que des gens en France aient une attitude citoyenne et disent publiquement: 'nous avons compris que la campagne de vaccination est une arnaque'", a ajouté l'avocat.

 

La recevabilité de la plainte sera analysée avant un examen sur le fond, a souligné une source proche du dossier, se disant sceptique sur l'aboutissement de cette action, la tentative d'empoisonnement et la mise en danger supposant la nécessité de prouver un lien direct entre un décès et une vaccination.

 

Effets secondaires méconnus


Des centaines de personnes, farouchement opposées au vaccin contre la grippe A, habitant différentes régions de France et se contactant via l'Internet, ont l'intention de se regrouper en collectif, selon l'avocat. Pour les autorités de santé, les vaccins arrivant sur le marché sont des produits nouveaux pouvant provoquer des effets secondaires inattendus, qui devront faire l'objet d'une surveillance, mais elles estiment que les avantages d'une vaccination l'emportent sur les risques éventuels.

 

Plus des deux tiers de la population française n’ont pas l’intention de se faire vacciner, et la tendance se confirme ailleurs dans le monde. Aux Etats-Unis, certains dénoncent la campagne de « vaccination forcée ».

 

En France, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, appelle les personnels soignants à montrer l’exemple et à se faire vacciner rapidement. Le directeur du centre de référence contre la grippe Sud-Est insiste, lui, sur le fait que « l’ennemi n’est pas le vaccin mais le virus ».    (avec AFP)

13 octobre 2009

POLLUEURS PAYEURS : Sont-ils prêts à casquer pour l’Afrique ?

Le pays          13 octobre 2009

 

 

Le Forum mondial sur le développement durable tenu à Ouagadougou a accouché d’une déclaration commune africaine pour faire face aux défis des changements climatiques. L’Afrique voudrait donner ainsi l’image d’un continent uni et qui voudrait faire entendre sa voix dans le concert des batailles d’intérêts entre pays pollueurs et pays victimes. Le continent noir est d’office dans le second camp. Ses émissions de gaz à effet de serre sont marginales. Il n’est donc pas responsable du trou de la couche d’ozone. Pourtant, les conséquences du réchauffement climatique, il les vit et les subit. Mal préparée et à court de ressources pour financer son propre développement, l’Afrique se trouve désarmée face au péril climatique qui risque de l’enfoncer encore dans les profondeurs du sous- développement et de la pauvreté. Pour une fois, sa responsabilité n’est pas engagée dans cette catastrophe annoncée si rien n’est fait.

 

usine2.jpgLes dommages et les préjudices écologiques, c’est comme dans un constat d’accident. Le fautif assume les charges de la réparation. La comparaison s’arrête là cependant, à cause de la carte d’identité des fautifs. Ces derniers sont pour la plupart des pays occidentaux ou autres pays émergents et ils n’ont pas montré beaucoup d’empressement jusque-là à jouer correctement leur partition dans l’application du principe du pollueur payeur que réclame à cor et à cri, le président de la commission de l’Union africaine, Jean Ping. Comment les nations riches et émergentes vont-elles accepter de mettre en œuvre le fameux principe du pollueur payeur alors qu’elles n’arrivent pas à tenir leurs promesses de soutenir l’aide publique au développement des pays pauvres ? Sont-elles vraiment prêtes à casquer, même si moralement leur responsabilité est plus grande dans le désastre écologique que couvent les changements climatiques, si rien n’est fait.

 

A Ouagadougou, on a parlé de mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques. Tout cela a un coût. Du financement du transfert des technologies, au renforcement des capacités humaines en passant par la mise en œuvre des programmes, il faut de l‘argent et surtout de l’argent frais. Mais où le trouver en pleine crise financière ? "That is the question", diront les anglophones.

 

C’est ici que se trouve tout l’intérêt des financements innovants via les taxes sur certains produits tels les billets d’avion. Une sorte de prélèvement indolore qui alimenterait de façon pérenne des fonds. Pour autant, cela résoudra-t-il le problème de certains pays africains en proie à plusieurs phénomènes en même temps, mal gouvernance, pauvreté et maintenant le péril climatique ?

 

Blaise Compaoré aura la lourde mission de défendre les positions africaines en décembre à Copenhague. Tel un avocat de la partie civile, il a certainement les chiffres précis du dédommagement attendu. L’argent ne fera pas tout. Il permettra, certes, de mettre en œuvre des actions d’adaptation ou d’atténuation. Mais, qu’il provienne des fonds de la taxe carbone, de celui du développement propre ou de tout autre mécanisme de financement du préjudice écologique, dont les conditionnalités restent à définir, l’argent n’y pourra rien si dans nos têtes et dans nos actes quotidiens, l’on n’intègre pas la donne climatique. On ne demande à personne d’être "écolo", mais d’être plutôt économe dans l’énergie. La vraie chaîne de valeur et de solidarité se trouve dans le changement de comportement.

 

Par Abdoulaye TAO

12 octobre 2009

Sommet mondial sur le climat : L’Afrique chauffée à blanc pour Copenhague

 

 

Le 7e forum mondial sur le développement durable, ouvert à Ouagadougou le vendredi 9 octobre 2009, s’est achevé hier, dimanche, par l’adoption d’une position commune de l’Afrique pour le prochain sommet prévu en décembre à Copenhague. Sous la coupole du nouveau palais des Sports sis à Ouaga 2000, plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, à travers une déclaration dite « déclaration de Ouagadougou », plaident pour des compensations pour un continent qui “souffre” le plus des changements climatiques.

 

 

12048232481995090.pngEn rangs serrés, détermination affichée et voix unifiées, les Africains se préparent pour le grand sommet sur les changements climatiques prévu en décembre à Copenhague.

 

Débuté dans la capitale burkinabé le vendredi 9 octobre 2009 sous le thème : « Changements climatiques : quelles opportunités pour un développement durable », le 7e forum mondial sur le développement durable a révélé une Afrique unie, comme rarement elle l’a été.

 

Outre l’objectif de consolidation d’une position commune africaine pour les négociations en vue de la prochaine rencontre dans la capitale danoise, la réunion de Ouagadougou visait, entre autres, l’élargissement de la prise de conscience des enjeux climatiques pour le développement ; l’élaboration d’un inventaire et d’une évaluation des nouvelles opportunités de développement que pourraient offrir les changements climatiques au plan financier ; la formulation de résolution, d’orientation et de recommandation pour une exploitation effective de ces nouvelles opportunités.

 

Après la session des experts, le jour de l’ouverture des travaux, suivie, le lendemain, du raout des ministres en charge de l’Environnement dont le Français, Jean Louis Borloo, place à la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement et de personnalités d’institutions régionales et internationales.

 

Avec en guest star, l’ancien locataire de l’Elysée, Chirac « l’Africain », dont la fondation, qui porte son non, intervient dans la préservation de la nature. Ce segment de haut niveau, ainsi qu’on a nommé la rencontre des dirigeants, au nombre de six (1) au lieu de la quinzaine comme annoncée, a été une véritable tribune pour afficher la position commune d’un continent face à une menace collective.

 

L’appel du ministre burkinabé de l’Environnement et du Cadre de vie, Salifou Sawadogo, sur la nécessité de saisir toutes les occasions pour « approfondir et harmoniser les points de vue africains » avant l’échéance de Copenhague, trouve prolongement dans cette mise en garde du directeur général du Forum, Emile Mallet, fondateur de la revue « Passages » : « Il n’y aura pas de développement durable tant qu’un seul pays manquera à l’appel.

 

Les pays pauvres et spoliés doivent participer au banquet des grands ». Impressionné par l’importance numérique des engins à deux roues à Ouaga, il a invité les autres villes à expérimenter l’usage massif de ce moyen de locomotion à faible émission de gaz à effet de serre. Applaudissements dans la salle.

 

La rencontre s’est surtout penchée sur l’impérieuse nécessité pour l’Afrique de s’adapter aux changements climatiques. Un aggiornamento qui passe par l’intégration de la nouvelle donne écologique dans les politiques, programmes et stratégies de développement au niveau local, national et régional (lire déclaration de Ouagadougou).

 

Toutefois, sous le rapport causes-conséquences, la problématique de l’environnement soulève, aux yeux de bien de décideurs présents au forum, une question d’iniquité : « Il y a une injustice flagrante. Tout en étant le continent qui participe le moins au rejet de gaz à effet de serre, environ 3,8%, l’Afrique est paradoxalement la plus vulnérable, la moins armée face aux changements climatiques », s’est indigné, en substance, le président de la commission de l’Union africaine, le Gabonais Jean Ping. Il a alors prôné l’application de « la responsabilité partagée et différenciée », formule qui rappelle, à bien des égards, une autre toujours au stade de vœu pieux : le principe du pollueur payeur.

 

Jacques Chirac, qui n’a jamais fait mystère de son attachement sentimental pour le Berceau de l’humanité, a, devant ses ex-pairs, mais toujours ses « amis », réitéré sa foi inébranlable en la culture africaine comme moteur du développement : « Je suis contre les dédommagements pour que l’Afrique ne touche plus à ses forêts, à ses ressources naturelles.

 

Rêvons d’une Afrique industrialisée selon sa culture, selon son modèle ». Puis d’exhorter de sa voix à la vigueur intacte même si ses capacités physiques le sont moins : « Le continent n’aborde pas, démuni, la conférence de Copenhague. Il peut faire inscrire ses priorités dans l’agenda.

 

Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi et Blaise Compaoré [NDLR : les deux ont été désignés comme porte-flambeaux de la cause africaine lors de la prochaine rencontre au pays des vikings] sont des voix qui comptent dans le monde ».

 

Pour le chef de l’Etat burkinabé, Blaise Compaoré, la préservation du système climatique exige la réduction des gaz à effet de serre par rapport à leur niveau de 1990. Sur ce point, il a cité les préoccupations toujours objet de négociation : le maintien des acquis de la convention et du protocole de Kyoto sur les engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés ; le soutien des pays en développement pour l’adaptation, l’accès à l’énergie, le transfert de technologies, le renforcement des capacités et l’obtention de financements conséquents ; la négociation d’un nouvel ordre permettant d’impliquer d’autres parties non signataires du protocole de Kyoto.

 

Pour la concrétisation des actions d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques, l’hôte du sommet dévoile son mode opératoire : « Le Burkina Faso envisage en 2010, et dans l’accompagnement du forum mondial du développement durable, la convocation d’assises financières africaines, à même de faire émerger les régulations économiques et les compensations indispensables à un développement durable du continent ». A la clôture du forum, une pluie inattendue mais bienfaisante est tombée sur la capitale. Signe avant-coureur du changement climatique dont il a été tant question trois jours durant à Ouagadougou.

 

(1) Le Béninois Thomas Yayi Boni, le Congolais Dénis Sassou-N’Gesso, le Centrafricain François Bozizé, le Malien Amadou Toumani Touré, le Togolais Faure Gnassingbé et l’hôte du sommet, le Burkinabé Blaise Compaoré. Etaient aussi présents, les Premiers ministres ivoirien, Guillaume Soro, et guinéen, Kabiné Komara.

 

Alain Saint Robespierre

 

lobservateur

Toutes les notes