07 novembre 2009
Madagascar : accord au forceps sur le partage du pouvoir
Jeune Afrique 07 novembre 2009
Les principaux dirigeants politiques malgaches ont signé samedi matin à Addis Abeba un accord sur le partage du pouvoir pendant la transition qui doit conduire à des élections fin 2010, au terme de plusieurs heures de négociations dans la nuit sur la répartition des ministères.
L'actuel homme fort de Madagascar, Andry Rajoelina, le président déchu Marc Ravalomanana, et les anciens présidents Didier Ratsiraka et Albert Zafy, ont paraphé l'un après l'autre "l'acte additionnel" aux accords de Maputo signés le 9 août sous l'égide de la médiation.
Jeudi, la médiation africaine avait décidé de prolonger de 24 heures les pourparlers entamés le 3 novembre et jusqu'alors complètement bloqués.
"Les chefs de file des mouvances sont parvenus à un accord pour la mise en oeuvre de la charte de la transition malgache" définie à Maputo le 9 août, avait annoncé Tiébilé Dramé, représentant de l'Onu, à l'AFP dans la nuit de vendredi à samedi.
"Ils se sont entendus sur la direction des institutions de transition, y compris la présidence, et sur une clé de répartition au sein du gouvernement et des autres institutions", avait-il précisé, indiquant qu'il "y a un président consensuel, deux co-présidents consensuels, un Premier ministre de consensus et un gouvernement d'union nationale".
Rajoelina reste président de la transition
Les négociations ont cependant repris pendant plus de quatre heures suite à un blocage sur l'attribution des ministères, a constaté l'AFP, avant que finalement les quatre chefs de file ne signent l'accord.
Sur les 31 postes ministériels, un désaccord subsite sur celui de la Justice, réclamé par la mouvance Ravalomanana et par M. Rajoelina, ont indiqué des participants.
"L'attribution du ministère de la justice à une mouvance, sera décidé au niveau du conseil présidentiel", a expliqué à l'AFP un membre de la médiation.
Andry Rajoelina est confirmé comme président de la Transition, les deux co-présidences reviennent aux mouvances de MM. Ravalomanana et Zafy. La mouvance de M. Ratsiraka conserve le poste de Premier ministre.
Le président et les deux co-présidents "doivent se réunir en conseil une fois par semaine pour examiner l'état de la nation, faire prendre par le Conseil des ministres les décisions nécessaires pour gérer la Transition. Les co-présidents doivent contresigner les actes pris par le président", a précisé M. Dramé.
"C'est un bon accord, inespéré"
"Il y a un accord sur l'exercice solidaire du pouvoir exécutif", a confirmé à l'AFP le Commissaire paix et sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra, jugeant que l'accord "symbolise l'esprit de consensus, la volonté des parties malgaches de travailler ensemble pendant la transition".
"Cette acceptation a marqué le tournant dans les négociations pour dépasser le blocage", a déclaré M. Lamamra, notant que "même une monstruosité juridique peut représenter une solution, une sortie de crise".
Satisfait de cet accord qui correspond à ses attentes, M. Ravalomanana a souligné que M. Rajoelina "n'est pas le chef, il y a les co-présidents (. . . ) Donc il n'a pas le pouvoir total par exemple de signer des actes ou des contrats".
M. Rajoelina, plus tôt, avait cependant estimé qu'il ne s'agissait que d'une question de terminologie.
"Il y avait normalement (selon les accords de Maputo) un vice-président, maintenant au lieu d'un vice-président, il y aura deux co-présidents. C'est juste l'appellation qui change", a-t-il estimé.
M. Ratsiraka a estimé que "c'est un bon accord, inespéré (. . . ) Les mouvances ont finies par se résigner à accepter que les intérêts supérieurs de la Nation passent au-dessus des intérêts personnels et partisans".
09:46 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : madagascar, andry rajoelina, marc ravalomanana
Affaire Segura : manifestation pour exiger le départ de Wade
Jeune Afrique 07 novembre 2009
Plusieurs milliers de Sénégalais ont manifesté, vendredi à Dakar, à l'appel de l'opposition, pour "demander la démission" du chef de l'Etat Abdoulaye Wade, présenté comme "le président corrupteur" depuis l'affaire des 133. 000 euros offerts à un agent du FMI, a constaté l'AFP.
Wade est vivement critiqué depuis l'affaire des 133. 000 euros offerts à un agent du FMI© AFP
En tête du défilé, un manifestant portait sur la tête une valise estampillée "Alex Segura", du nom du représentant du Fonds monétaire international (FMI) auquel la présidence avait remis "100. 000 euros et 50. 000 dollars", selon le FMI.
Le chef de l'Etat avait expliqué que son aide de camp s'était "trompé sur la somme" à donner au fonctionnaire en guise de traditionnel "cadeau" d'adieu.
"Na dem" ("qu'il parte", en langue ouolof) était le nouveau slogan de cette manifestation organisée par la coalition d'opposition Benno Siggil Senegaal ("S'unir pour un Sénégal debout"), qui avait remporté les élections locales de mars dans plusieurs grandes villes, dont la capitale, Dakar.
Pétition pour la démission de Wade
Portant des vêtements ou des brassards rouges, couleur de la contestation, des militants faisaient signer "une pétition pour la démission" du président. Dans son texte intitulé "10 raisons pour faire partir Wade", l'opposition avait placé en premier "mal gouvernance au quotidien : un président corrupteur".
Sur une pancarte, un manifestant demandait "des éclaircissements sur l'Anoci", agence nationale présidée par le fils du président, Karim Wade, dont la gestion avait été très contestée dans un récent livre d'enquête.
Mais les mères de familles, venues en nombre, se plaignaient surtout que "tout soit si cher", "qu'on ne puisse plus faire trois repas par jour" ou "qu'autant de jeunes soient au chômage".
Deux jours plus tôt, le président Wade, âgé de 83 ans et au pouvoir depuis 2000, s'était déclaré sûr d'être réélu en 2012, sans même avoir besoin de faire campagne.
"Le Sénégal n'est pas une république bananière"
L'opposant Abdoulaye Bathily (Ligue démocratique) a au contraire estimé que cette manifestation marquait "le début de la fin" pour le régime, en déclarant : "ces mêmes jeunes qui avaient porté Wade au pouvoir en 2000 sont aujourd'hui dans la rue pour exiger sa démission".
"Wade veut instituer un régime monarchique, il veut installer son fils à la tête du pays, mais le Sénégal n'est pas une république bananière", a protesté M. Bathily devant la presse.
Le maire de Dakar, Khalifa Sall (Parti socialiste), a assuré que "10. 000 à 15. 000 personnes" étaient dans la rue, tout en appelant à amplifier la mobilisation. "Depuis longtemps, on n'avait pas bougé. Ce coup d'essai est un coup de maître", a-t-il néanmoins estimé.
Des femmes brandissaient le portrait d'un dirigeant de l'opposition absent, l'ex-Premier ministre (2004-2007) Macky Sall. Le secrétaire général du PS, Ousmane Tanor Dieng, ne participait pas non plus au rassemblement.
09:40 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sénégal, abdoulaye wade, affaire segura
Bombardement de Bouaké : Michèle Alliot-Marie entendue ?
Ce n'est qu'une question de temps avant l'audition de l'ex-ministre de la défense, affirme l'avocat des familles des soldats français morts dans le bombardement de la base de Bouaké en 2004.
L'avocat des familles des victimes du bombardement en 2004 du camp militaire français de Bouaké, en Côte d'Ivoire, espère que la juge d'instruction chargée de l'enquête pourra entendre prochainement Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense à l'époque.
"Elle va sûrement l'être, c'est une question de calendrier", a dit vendredi Me Jean Balan, avocat de plusieurs familles de victimes.
10 morts
Neuf militaires français et un civil américain ont été tués le 6 novembre 2004, lors d'un bombardement du camp de l'armée française par deux Sukhoï 25 des forces loyalistes ivoiriennes.
La juge d'instruction du tribunal aux armées de Paris, Florence Michon, est chargée de l'information judiciaire ouverte en 2005 pour "assassinats, tentatives d'assassinats, destructions de biens".
"Cinq ans après, l'enquête n'est pas enterrée. Nous avons espoir de voir de nouveaux éléments apparaître", a dit Me Balan à l'AFP.
Fin 2005-début 2006, les investigations de la justice française s'étaient orientées vers le Togo, pays où réside le négociant d'armes français Robert Montoya, susceptible d'avoir fait livrer à la Côte d'Ivoire les deux Sukhoï 25 qui ont servi au bombardement. Il est également soupçonné d'avoir permis l'exfiltration des pilotes biélorusses qui étaient aux commandes.
Le lendemain du bombardement, 15 mercenaires russes, biélorusses et ukrainiens avaient été arrêtés à Abidjan par l'armée française et relâchés quatre jours plus tard.
09:30 Publié dans AFRIQUE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06 novembre 2009
Ouverture du procès de Bemba le 27 avril 2010
jeune Afrique 06 novembre 2009
Le procès pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité de l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba s'ouvrira le 27 avril 2010 devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, a annoncé jeudi celle-ci.
"La Chambre de première instance III de la Cour pénale internationale (CPI) a fixé la date d'ouverture du procès dans l'affaire Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo au mardi 27 avril 2010", a indiqué la CPI dans un communiqué.
Jean-Pierre Bemba, 47 ans, est accusé notamment de meurtres, viols et pillages commis par sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), entre octobre 2002 et mars 2003 en Centrafrique. La milice était venue y appuyer le président centrafricain de l'époque, Ange-Félix Patassé, pour contrer un coup d'Etat.
Une juge de la CPI avait ordonné le 14 août la libération provisoire de M. Bemba dans l'attente de son procès mais ordonné son maintien en détention à La Haye tant que la Cour n'aurait pas décidé quel Etat l'accueillerait.
Le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo avait immédiatement interjeté appel de cette décision. Le 3 septembre, la remise en liberté provisoire de M. Bemba a été suspendue par la chambre d'appel, dans l'attente d'une décision sur le fond.
Marathon judiciaire
Des audiences destinées à recueillir les "observations" de six Etats (Belgique, France, Portugal, Italie, Allemagne et Afrique du sud) proposés par M. Bemba pour l'accueillir, et à déterminer les conditions de son séjour sur leur territoire, ont été reportées.
Jean-Pierre Bemba, qui a fui la RDC en avril 2007 après avoir perdu la présidentielle de 2006 face au président actuel Joseph Kabila, avait été arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles par les autorités belges en exécution d'un mandat d'arrêt délivré par la CPI. Il avait été remis à la Cour et transféré à son siège à La Haye le 3 juillet 2008.
Au cours des audiences de confirmation des charges du 12 au 15 janvier, ses avocats avaient exclu toute responsabilité de l'ancien vice-président congolais dans les crimes commis par sa milice. Ils avaient mis en cause l'ex-président centrafricain Ange-Félix Patassé.
Le procès de Jean-Pierre Bemba devrait être le troisième procès de la CPI, le premier tribunal international permanent chargé de juger les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocides.
10:06 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean pierre bemba, cpi
MUGABE – TSVANGIRAI : Au bord de la rupture
Le Zimbabwe fait à nouveau la une de l’actualité africaine. Comme un remake, les dissensions entre le chef de l’Etat Robert Gabriel Mugabe et son Premier ministre Morgan Tsvangirai replacent à nouveau le pays sous les projecteurs.
Après une accalmie de huit mois, suite à la formation du gouvernement d’union nationale, c’est reparti pour les querelles byzantines. La cohabitation est mise à mal et chacun ne jure que par la perte de l’autre, preuve que les poignées de main, les embrassades au moment de la signature de l’accord en début d’année, n’étaient que de la pure hypocrisie. Les héros, qui étaient sans doute fatigués, ont visiblement mis à profit cette trêve pour se refaire des forces afin de repartir de plus belle dans la guerre.
Depuis la mi-octobre 2009, les deux têtes de l’Exécutif ne filent plus le parfait amour, ne veulent plus se voir même en peinture. La haine qu’ils se vouent cordialement a repris le dessus surtout après la réincarcération du trésorier du parti du Premier ministre (MDC), Roy Benett, poursuivi par la justice pour « terrorisme ». Tsvangirai en a pris prétexte pour rompre tout contact avec le camp présidentiel, allant même jusqu’à snober le conseil des ministres.
La situation est devenue inquiétante à tel point que cinq chefs d’Etat de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se sont retrouvés hier 5 novembre, à Maputo, au Mozambique en un mini-sommet extraordinaire sur l’ancienne Rhodésie du Sud. Objectif : sauver l’accord de partage du pouvoir qui a permis la constitution d’un gouvernement d’union nationale en février dernier et dont les rênes ont été confiées à l’opposant historique de Robert Mugabe alias Papy Bob.
Comme le soldat Ryan, cet accord mérite d’être sauvé pour avoir, d’une part, été âprement négocié et, d’autre part, permis d’éviter le chaos total dans lequel sombrait le pays du fait des violences liées à la réélection contestée de Mugabe. Pour avoir été l’artisan de la confection de l’attelage entre le vieux Bob et son opposant historique, la SADC est à nouveau appelée à la rescousse. Il s’agira de rétablir la confiance entre deux hommes à couteaux tirés qui s’observent en chiens de faïence. Et c’est là toute la difficulté, la délicatesse de la mission de la SADC.
Le souhait le plus ardent des Zimbabwéens est que les protagonistes fument à nouveau le calumet de la paix pour éviter au pays de basculer une nouvelle fois. Leur bras de fer est redouté en ce qu’il rappelle des souvenirs douloureux, ceux des violences post-électorales dont les militants de l’opposant historique ont surtout fait les frais.
Au-delà de la SADC, c’est la communauté internationale qui est interpellée dans son ensemble. Elle doit s’impliquer pour trouver rapidement une solution à la nouvelle crise entre les deux têtes de l’Exécutif qui prennent en otage, à eux seuls, le destin de millions de Zimbabawéens.
Par Séni DABO
08:53 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : zimbabwe, robert mugabe, morgan tsvangirai
Guinée : Difficile sera la tâche du facilitateur
l'observateur paalga 06 novembre 2009
Après deux jours de concertations, les forces vives de Guinée ont remis mercredi dernier leurs propositions de sortie de crise à leur hôte, Blaise Compaoré. Ces revendications, jugées « à la fois constructives et intéressantes » par le facilitateur, portent sur la mise en place d’un organe de transition, la libération des détenus en rapport avec la répression du 28 septembre 2009, la restauration de toutes les libertés publiques et, surtout, la dissolution du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), suivie du départ de la junte.
Une exigence qui n’est pas pour plaire au capitaine Dadis Camara, lequel
caressait encore l’espoir de conserver la mainmise sur la transition, voire de se présenter à la prochaine présidentielle. Si la remise de ce document au facilitateur constitue le point de départ d’un hypothétique dialogue entre la junte militaire et ses opposants, son contenu démontre que les positions n’ont pas varié et que, bien au contraire, elles se sont durcies au fil des semaines : en effet, si avant la tuerie du 28 septembre dernier les forces vives demandaient seulement que Moussa Dadis Camara ne se présente pas à la présidentielle de 2010, aujourd’hui on ne parle que de démission, exigeant même qu’il débarrasse purement et simplement le plancher avec son CNDD et le reste de la junte.
Il faut dire que depuis cette journée sanglante, la Guinée, mise au ban de la communauté internationale, traverse des heures sombres, marquées par une insécurité croissante et un inquiétant déficit démocratique. En demandant à ses interlocuteurs de coucher par écrit leurs propositions, nul doute que le facilitateur entendait se donner un peu de temps et, pourquoi pas, un peu d’air pour examiner avec toute l’attention qu’il sied le mémorandum des Forces vives.
« On ne peut encore parler de chronogramme pour la transition, car ce n’est qu’une partie des acteurs de la crise qui a été entendue », a souligné mercredi soir le facilitateur. Tout le travail de conciliation reste donc à faire. Et du pain sur la planche, Blaise Compaoré en a, lui qui, dès la semaine prochaine, reçoit les émissaires de la junte afin de recueillir leurs propositions de sortie de crise.
Pas besoin d’être devin pour savoir que l’homme fort de Conakry, bien qu’acculé par les sanctions internationales, est bien parti pour vendre très cher sa reddition ainsi que l’éviction du CNDD du processus de transition. Un premier round qui s’annonce des plus délicats, tant les points de vue des deux parties diffèrent. Rarement, le docteur ès facilitation aura eu à concilier des positions aussi antagoniques. Espérons seulement qu’à l’issue de cette première phase, les protagonistes de la crise trouveront le moyen de s’asseoir enfin à la même table pour poser les problèmes et en débattre.
H. Marie Ouédraogo
lobservateur
08:47 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, blaise compaoré
05 novembre 2009
Guinée : L'opposition accepte le dialogue avec la junte
Jeune Afrique 05 novembre 2009
Le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise en Guinée, a reçu mercredi les propositions de l'opposition guinéenne, qui demande la dissolution de la junte et la mise en place d'une autorité de transition pour six mois, selon différents opposants.
Les opposants guinéens estiment que la transition devrait durer six mois© AFP
A la demande de M. Compaoré, les leaders de l'opposition guinéenne ont finalement accepté de renouer le dialogue avec les membres de la junte et le président autoproclamé de la Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, un mois après le massacre d'opposants par l'armée.
Les propositions des "forces vives" de la Guinée (partis d'opposition, syndicats, société civile), contenues dans un document de 8 pages, ont été remises mercredi soir à M. Compaoré.
"Sur le fond, on a bien entendu parler de la dissolution du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte) et du départ du chef de la junte, afin que soit mise en place une autorité de transition consensuellement identifiée", a déclaré l'ancien Premier ministre (2004-2006) Cellou Dalein Diallo.
Six mois de transition
"On a proposé un calendrier. On pense que la transition pourrait durer six mois, à partir de la mise en place de la nouvelle autorité de la transition", a précisé M. Diallo.
Le médiateur a ensuite déclaré: "Je pense que ce sont des propositions à la fois constructives et intéressantes pour la suite de ma mission".
Le porte-parole des "forces vives", Jean-Marie Doré a par ailleurs assuré que des discussions directes pourraient s'engager avec les militaires putschistes au pouvoir depuis dix mois: "Oui, à travers la médiation du président Blaise Compaoré, nous avons accepté de dialoguer avec la junte, dans le but de sortir de la situation d'aujourd'hui".
"Comme le but du dialogue, c'est d'instaurer une nouvelle autorité de transition, alors nous acceptons le dialogue, mais pour que très rapidement, la Guinée se trouve dans un autre contexte de gestion politique", a poursuivi M. Doré.
Au tour de la junte de faire des propositions
M. Compaoré devrait ensuite recevoir une délégation de la junte guinéenne, à Ouagadougou "mardi prochain", selon un de ses proches.
"Nous n'avons écouté qu'une partie. Nous allons bientôt recevoir les points de vue et les suggestions de l'autre camp, notamment du CNDD, et c'est à partir de là que nous allons pouvoir définir à la fois un programme de travail mais aussi un chronogramme électoral", a indiqué M. Compaoré.
La médiation a débuté après le massacre de manifestants de l'opposition, perpétré le 28 septembre dans le plus grand stade de Conakry, sous le commandement d'officiers de la garde présidentielle, selon de nombreux témoins.
La junte a été internationalement condamnée après cette répression sanglante d'une manifestation d'opposants qui disaient "non à la dictature" et "non" à l'éventuelle candidature de Dadis à la présidentielle.
Le pouvoir affirme que 56 civils ont été tués et 934 blessés le 28 septembre, mais des ONG estiment qu'au moins "150 à 200" personnes sont mortes.
10:40 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, moussa dadis camara, blaise compaoré
RECONCILIATION FAURE-KPATCHA / Au nom du lien de sang
Le 12 avril 2009, les Togolais se sont réveillés avec une tentative de coup d’Etat bien singulière. Le frère cadet du président de la République, Kpatcha Gnassingbé, est délogé de chez lui par les forces spéciales de l’armée. Il est rattrapé dans sa fuite, à l’ambassade des Etats-Unis. C’était le summum de la guerre fratricide que se livraient en sourdine les enfants de feu Eyadema pour le contrôle du pouvoir.

Poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’Etat, Kpatcha croupit actuellement en prison dans l’attente d’un probable jugement. Mais depuis quelques semaines, le dossier, qui semblait traîner dans les couloirs de la Cour d’appel, rebondit de façon inattendue avec l’intervention de deux célèbres avocats français, Mes Stasi et Bournazel. L’éventualité d’un procès est en train de s’éloigner au profit d’un arrangement familial.
Kpatcha, d’après ses avocats, souhaite une solution non judiciaire à son problème. Si on peut y voir un aveu de culpabilité, cette proposition surprenante à la vue des charges qui pèsent sur l’inculpé n’en est pas moins une main tendue à son président de frère. La question est de savoir comment ce différend familial, devenu une affaire d’Etat, va se dénouer en dehors des institutions républicaines. Considérée comme étant une affaire de politique intérieure, aucune capitale africaine n’a voulu intervenir officiellement dans cette crise. Reste à savoir si le président Faure accordera son pardon à son demi-frère. Du coup, les avocats qui se sont constitués dans son dossier, ont ôté leur robe pour se mettre dans la peau de médiateurs. Il est possible que ce soit sur leurs propositions que Kpatcha a opté pour cette stratégie. Et si c’est effectivement le cas, ne sont –ils pas payés pour sauver la tête de leur client, par tous les moyens légaux ?
Ce règlement à l’amiable a l’avantage d’éviter la déchirure entre les deux frères. Toute chose que les adversaires politiques de Faure ne manqueraient pas d’utiliser aux fins de le déstabiliser. Une réconciliation, sous l’arbre à palabres, éviterait aussi le grand étalage d’un procès relentissant duquel personne ne sortirait indemme. Au moment où le pays se prépare à l’organisaiton des élections, une cohésion plus forte dans les rangs de la famille donnerait plus d’assurance au jeune président dont le défi majeur est de se faire réélire, afin d’effacer cette image de président mal élu suite à une élection bâclée, qui a plongé le pays dans une crise de légitimité du pouvoir exécutif. Pour réussir ce pari, il faut bien commencer par ratisser au sein de son propre clan où l’image du père doit rester l’élément fédérateur.
Par Abdoulaye TAO
10:25 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : togo, faure gnassingbé, kpatcha gnassingbé
04 novembre 2009
OBAMA AN I : L’Afrique entre espoirs et regrets
Un an déjà, depuis que Barak Obama a été élu. Comme le temps passe vite. On se rappelle tout l’engouement dont le continent noir a fait montre tout le temps de la longue campagne présidentielle et la liesse populaire qui éclata lors de la nuit historique de l’élection du 44e président américain. L’Afrique avait voté pour Obama et elle avait gagné. Elle avait de quoi pavoiser et nourrir de légitimes espoirs. Cela fait un an déjà.

A l’intérieur du pays où il a été élu, en cette semaine même où il fête le premier anniversaire de son élection, Obama semble avoir perdu en popularité. Il y a un an, presque jour pour jour, le candidat démocrate rassemblait 70% d’opinions favorables. Aujourd’hui il en compte 50. En Afrique, on ne peut pas dire la même chose. S’il est vrai que la fièvre Obama qui s’était transformée en hystérie dans certaines capitales africaines a dû forcément baisser, on ne peut cependant pas dire que le président américain a perdu la cote. Et ce que l’on peut considérer comme des regrets exprimés par les Africains aujourd’hui n’est en fait qu’une forme d’impatience de voir arriver très vite ce que Barak Obama, par sa nouvelle vision des choses, peut réaliser pour l’ensemble du continent africain.
Les Africains ont foi en lui et ils espèrent, confiants. Les marchés des capitales africaines pullulent de gadgets et d’articles à l’effigie d’Obama : porte-clés, lampes torches, motos, salons de coiffure. Un signe des temps sans doute. Vu d’Afrique, l’homme Obama, en plus d’être un Noir (ce qui ne gâte rien) est le président américain qui aura réussi le tour de force d’instaurer un nouveau climat dans un monde en ébullition. Ce qui revient à dire qu’il l’aura sécurisé. Il aura fait de cette planète un monde plus apaisé et cet aspect des choses, déjà, importe énormément. On se rappellera toujours son discours à l’université du Caire qui a sonné comme un discours de rassemblement autour d’une main tendue et qui avait pour vocation de réunir autour d’un même idéal chrétiens et musulmans : celui de la victoire de la paix. De même, on se souvient de sa visite historique au Ghana. En Afrique, on aura noté et apprécié le symbole. Pour une première visite en Afrique noire en tant que président des Etats-Unis, c’est ce pays que choisit l’hôte de la Maison Blanche, principalement grâce à son bilan démocratique et sa stabilité politique.
La jeunesse africaine en particulier aura vibré lorsque dans le discours qu’il prononça au Parlement d’Accra, Barak Obama s’engageait à « mettre fin aux pratiques antidémocratiques et à la corruption » et lorsqu’il affirma que le « développement dépend de la bonne gouvernance ». Et jusqu’à présent, elle reconnaît fort justement que le président américain a raison lorsqu’il déclare que « l’avenir de l’Afrique appartient aux Africains eux-mêmes ». En Afrique, l’engouement pour Obama n’est pas un mythe. Le locataire de la Maison Blanche bénéficie d’une aura certaine. Un peu à l’excès, dira-t-on. Car, après tout, il ne faudra tout de même pas oublier que le 44e président des Etats-Unis a été élu par les Américains et pour les Américains. Mais si les populations africaines des villes et des campagnes, en dépit de la kyrielle de dirigeants bien présents sur le continent, n’ont d’yeux et d’oreilles que pour le cousin africain élu en Amérique, cela est sans doute la preuve manifeste qu’elles en attendent ce petit « quelque chose » qu’elles ont de longues années durant, vainement rêvé de posséder un jour. La presque totalité des chefs d’Etat qui les gouvernent n’arrivant pas à assouvir leur soif de liberté, de justice et de démocratie, les anciens colonisateurs soufflant tantôt le chaud et tantôt le froid et bien souvent évaluant ces aspirations à l’aune de la contrepartie économique et financière en jeu, les Africains placent volontiers leur confiance, leurs espoirs et leurs attentes en leur cousin qui incarne à leurs yeux fermeté, courage et honnêteté. Et comme il se trouve qu’il est par ailleurs l’homme le plus puissant de la planète, cela ne devrait qu’arranger les choses.
Ils regrettent seulement que cette crise mondiale qui a accueilli Obama à peine installé dans son bureau de commandement, ne lui ait pas vraiment laissé le temps de réaliser les promesses faites au continent noir. On ne pouvait tout de même pas lui demander de laisser les Américains se débrouiller seuls face au cyclone qui s’apprêtait à ravager leur économie, au seul motif qu’il devrait exaucer les vœux de ses cousins noirs d’Afrique. Mais les jalons que Barak Obama a posés sont des prémices sûres qui permettent de croire qu’il est en route pour « sauver » le continent.
Les Etats-Unis, sous sa direction, n’entretiennent de relations privilégiées qu’en contrepartie de l’instauration d’une saine démocratie. En cela ils administrent une excellente leçon de bonne tenue politique à des Chinois qui ne se font pas vraiment de scrupule en la matière, mais aussi à d’anciens colonisateurs dont la mainmise sur certains pays phares du continent, empêche certains rêves de s’accomplir. Le dernier exemple en date est sans doute la divergence de points de vue qui a opposé l’Amérique d’Obama à la France de Sarkozy, à l’issue de la réélection du président Ben Ali de Tunisie. Alors que l’ancienne métropole applaudissait, la Maison Blanche réprimandait. Ce sont là de bons présages. Et tant pis si des dictateurs à la petite semaine se retrouvent à la soupe à la grimace. Obama doit voler au secours des populations africaines. Yes, he can !
"Le Pays"
11:45 Publié dans AFRIQUE, DIASPORA AFRICAINE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama
Pouvoir malgache : Un gâteau difficile à partager
L'observateur paalga 04 novembre 2009
« Je ne sais plus de quoi on va discuter là-bas. J’ai comme l’impression qu’on tourne en rond », disait en se lamentant un membre de la délégation malgache dans l’avion de Kenya Airways qui devait l’amener à Addis-Abeba, la capitale de l’Ethiopie, où devrait se tenir le sommet qualifié de dernière chance par beaucoup et dont la vocation est de résoudre la crise dans laquelle s’est engluée Madagascar depuis la prise du pouvoir par Andry Rajoelina, cet ancien disc-jockey au parcours exceptionnel.
Depuis hier soir donc, et ce, jusqu’au 5 novembre, les différents protagonistes malgaches sont en conclave. L’objectif du rendez-vous d’Addis est de finaliser le schéma de fin de crise qui permettra d’aboutir à des élections en 2010. Cependant, le risque est que, pendant ces trois jours, concernant le partage des postes, les tendances Rajoelina, Ravalomanana, Zafy et Ratsiraka ne finissent par s’observer en chiens de faïence.
Dure sera donc la tâche de l’Union africaine avec son Groupe international de contact (GIC), dont le principal point focal est notre compatriote Ablassé Ouédraogo et qui arbitrera le découpage du gâteau en des tranches équitables qui pourraient contenter les responsables des quatre principales mouvances. Pour aller au bout de l’image, les parties les plus charnues et, par conséquent, les plus disputées restent toujours les postes de souveraineté que sont la Présidence, la Défense, la Justice et les Affaires étrangères.
A ce niveau, les enragés ne manquent pas. En effet, s’il y a quelqu’un qui ne manque pas d’ambitions malgré sa grande désillusion, c’est le président déchu Marc Ravalomanana, qui ne veut surtout pas entendre parler de son tombeur comme étant le prochain président de la transition. Il rame perpétuellement à contre-courant du programme de sortie de crise élaboré par le GIC. « Le leader d’un coup d’Etat ne peut pas être légitimé », tempête-t-il. Non content de la fâcheuse situation dans laquelle il se trouve, ce président déchu, qui est nourri, blanchi et logé par l’Afrique du Sud depuis sa chute, a récemment ouvert un autre front, puisqu’il ne veut plus voir, même en image, l’émissaire du GIC, Ablassé Ouédraogo.
Selon l’ancien président malgache, notre ancien ministre des Affaires étrangères aurait, lors d’une conférence de presse, annoncé que le poste de président va échoir à l’actuel maître d’Antananarivo et que cette question n’est plus négociable. Conséquence, presque à tue-tête, le « petit laitier » demande… sa tête. Il n’y a d’ailleurs pas que Ravalomanana qui rende la tâche difficile à l’Union africaine : le Pr Albert Zafy et Didier Ratsiraka ne sont guère modérés, même s’ils ont visiblement leur avenir politique derrière eux.
Le dernier cité, par exemple, bien que très diminué par l’âge et la maladie - il est non voyant - et porté à bout de bras pas une de ses filles à chacune de ses apparitions publiques, excelle très bien dans le rôle du trouble-fête. Amiral qu’il est, Ratsiraka sait toujours poser des torpilles là où ça peut faire mal. D’ailleurs il ne fait pas mystère de sa menace d’appliquer le principe selon lequel il ne peut plus traire de vache mais peut renverser la calebasse de lait.
Il est loisible de constater qu’à l’instar des réunions qui ont eu lieu à l’époque pour résoudre la crise ivoirienne, celles censées régler le problème malgache se multiplient également. On se rappelle qu’avant l’application réussie du concept de « Dialogue direct » en Côte d’Ivoire, il y a eu, entre autres, Marcoussi 1, Marcoussi 2, Lomé, Accra et Pretoria.
Pour la thérapie du problème malgache, il y a déjà beaucoup de prescriptions et de prescripteurs : missions de bons offices du Conseil œcuménique des Eglises chrétiennes (FFKM) malgaches menées avec les Nations unies, Maputo1, Maputo2, les différentes tentatives de rapprochement entreprises par l’Union africaine et le Groupe international de contact (GIC), sans compter les missions non officielles.
Aujourd’hui, voici venue l’heure des retrouvailles au siège même de l’Union africaine. Le nouveau round des négociations qui a débuté hier mardi sera-t-il porteur de résultats ? Certes, les accords précédents poussent à l’afro-pessimisme. En effet, l’encre ayant servi à rédiger les documents qui les sanctionnent a à peine séché qu’ils ont été aussitôt déchirés en mille morceaux. Aujourd’hui, il est pourtant urgent que tous les acteurs concernés mettent balle à terre, au nom de la paix et du décollage économique de Madagascar.
Touchons donc du bois pour qu’un autre son de cloche soit entendu depuis l’ancienne capitale de cette contrée considérée comme le berceau de l’humanité après la découverte de Lucy.
Issa K. Barry
lobservateur
11:37 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : madagascar, andry rajoelina, marc ravalomanana