25 novembre 2009
Crise guinéenne Les contre-propositions des Forces vives
l'observateur paalga 25 novembre 2009
Après le rejet par les Forces vives du projet d’accord interguinéen, proposé par le facilitateur, Blaise Compaoré, celles-ci ont été invitées à fournir leurs contre-propositions. C’est chose faite depuis hier, où Jean-Marie Doré et ses 11 compagnons ont remis leurs préoccupations au chef de l’Etat burkinabè : lesquelles portent sur le nombre des membres de la transition (75 au lieu de 150),le Conseil national de transition qui doit être l’organe législatif, son président qui doit être militaire... le départ et la non- candidature de Dadis sont maintenus...

Les Forces vives, qui, depuis le 20 novembre ont rencontré plusieurs fois le facilitateur pour échanger ont donc enfin remis leurs préoccupations, elles n’aiment pas le vocable « contre-propositions ». Rien que hier 24 novembre aux alentours de 11h 30, Jean-Marie Doré est retourné à Kosyam pour voir Blaise Compaoré.
« Fondamentalement, le projet présenté par le facilitateur a totalement ignoré les propositions prises par les Forces vives ... nous n’avons pas fait de contre-propositions, nous nous sommes tenus à nos préoccupations initiales, appuyées par la communauté internationale », vous répète-t-on à l’envi lorsqu’on évoque les contre-propositions des Forces vives avec certains des 12 officiels de ce groupe.
Le départ de Dadis ? On vous répond en substance qu’il en était question avant le 28 septembre et que cela est devenu impératif après, surtout avec l’oukase de la communauté internationale en date du 12 octobre 2009.
De la cacophonie autour des émissaires ? C’est à l’extérieur, pas au sein des envoyés officiels nous ne sommes pas responsables de ce que disent des gens qui prétendent être des forces vives.
Il est stipulé dans le préaccord à polémique que le président et le premier ministre de transition doivent être consensuels et civils. Où trouver ces oiseaux rares qui seront acceptés et par les forces vives et par le CNDD ? Avec 12 millions de Guinéens on peut en trouver,vous répond-t-on aussi. En fait les Forces vives ont un peu nuancé certaines de leurs revendications tout en en maintenant d’autres. Ainsi, même si rien n’a filtré officiellement, on apprend que :
au titre III concernant le Conseil national de transition(CNT), les forces vives proposent 75 membres au lieu de celui, pléthorique, de 150, proposé par Blaise. Il sera, selon l’esprit et la lettre des forces vives, l’organe législatif et devra être dirigé par un militaire qui ne peut être candidat à la prochaine présidentielle. Les syndicats et la société civile y seront représentés. Le total du Bureau de ce CNT est toujours de 20.
concernant la disposition IV, relative aux élections ,les opposants au CNDD proposent que la transition soit conduite par un exécutif civil : un président et un premier ministre civils ;
le président de la transition, le chef de l’Etat et le premier ministre nommeront le président de la Cour constitutionnelle et celui du conseil économique et social ;
Jean-Marie Doré et Cie maintiennent le départ et la non-candidature de Dadis à la magistrature suprême à venir ;
la durée de la transition parait aussi longue pour elles.
Bref, le casse-tête du « cas Dadis » semble demeurer pendant.
Et lorsqu’on évoque le fait que Dadis fait de la résistance parce qu’il ne sait pas s’il aura une vie tranquille après la présidence, les forces vives estiment qu’il n’a jamais été question de chasse aux sorcières. Du reste, pour elles, à l’intérieur de la Guinée et dans l’intérêt suprême du pays, on peut arriver à des compromis, mais la communauté internationale, qui est impliquée dans leur crise, est là aussi. Peut-on la dissuader, par exemple, de poursuivre des personnes si elle décide qu’il y a eu crimes contre l’humanité ? s’interroge-t-on chez les forces vives.
Et pourquoi pas la proposition d’Alpha Condé, vieille d’il y a plusieurs années, qui veut qu’on amnistie les chefs d’Etat pour leur permettre de quitter le pouvoir sans crainte ? Pour les forces vives, il faut d’abord que Dadis dise qu’il va partir, tout le reste pouvant être envisageable.
On retiendra en substance que pour les Forces vives, la Guinée a souffert durant 50 ans et elles estiment que soit avec ces pourparlers les Guinéens voient le bout du tunnel, ou il n’est « pas question de signer quoi que ce soit ». La balle est à présent dans le camp du facilitateur, qui doit, après avoir rencontré les envoyés du CNDD, dégager un nouveau projet d’accord. Ce sera pour après la fête de la Tabaski, apprend-on.
Coulisses des pourparlers
Golf maintient les 6 officieux dans leurs chambres. Samedi 21 novembre, les 6 membres non officiels des Forces vives avaient été enjoints par un membre du service du protocole d’Etat de quitter leurs chambres de l’hôtel Silmandé Mercure à midi au plus tard, sinon ce serait à leurs frais qu’ils logeraient désormais. Informé de cela grâce à l’écrit de la presse, le colonel Gilbert Dienderé aurait semble-t-il, managé la situation, et les intéressés sont finalement demeurés dans leurs gîtes.
Celloun et son cheik-up à Paris. Le fait que les pourparlers se sont étendus jusqu’au mardi 24 novembre entre Blaise et les Forces vives risque de faire rater à Celloun Dallein Diallo son cheik-up à Paris. Il devait y retourner pour son contrôle par suite du traumatisme qu’il a subi lors des massacres du 28-Septembre.
Reprise après la Tabaski ? C’est à un véritable chassé-croisé qu’on assiste à Ouaga : en principe, le CNDD devait y arriver hier soir et les forces en repartir. Mais, au finish, la plupart des délégués des forces vives repartiront aujourd’hui. On murmure que les pourparlers pourraient reprendre après la fête de la Tabaski.
100 partis en Guinée Il n’y a pas que le Burkina qui ait un grand nombre de partis politiques : en Guinée, ils sont une centaine. Beaucoup sont nés peu avant la fin du règne de Conté, notamment en 2008. Le défunt président avait mis en place un fonds d’un milliards de francs guinéens (150 millions CFA),si fait que certains, qui voulaient bénéficier de ces subsides, ont rapidement préféré être la tête d’un rat que la queue d’un lion. Pour ce qui est des syndicats, on en compte 8. Le CNT aura pour mission, entre autres, de forger des regroupements en mettant fin aux ethno-partis, véritables plaies dans le microcosme guinéen.
Quand Celloun jouait les arbitres entre Conté et Blaise. On sait que les relations entre Lansana Conté et Blaise étaient exécrables. Un homme tentait souvent d’arrondir les angles : Celloun Dalein Diallo Ainsi apprend-on qu’à l’investiture de Blaise en 2005, c’est le même Celloun qui est venu représenter « Péssè » (celui qui parle dru en langue soussou) à la cérémonie.
Lansana Conté n’était pas particulièrement enchanté que Dallein vienne, mais en a été convaincu par l’ex-PM. Blaise était d’ailleurs étonné, à l’époque, de le voir à Ouaga 2000.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
lobservateur
11:20 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, forces vives, blaise compaoré
AVION DU DESERT MALIEN : Mystère et boule de ... sable
"L’avion de la drogue", ainsi le surnomme-t-on. Parti du Venezuela en Amérique latine, ce Boeing de grande capacité, qui transportait de la cocaïne, a été retrouvé incendié dans le nord-est du Mali, à quelques kilomètres de Gao. Sur les lieux, pas la moindre trace des occupants. Evaporés, telle la goutte d’eau aussitôt grillée par le fond d’une marmite vide surchauffée.
Comment l’avion a-t-il pu se retrouver là, dans les confins du Mali, sans que la moindre attention des autorités maliennes ait été attirée ? Et puis, le Mali a-t-il aujourd’hui mal à ses radars ? Ses appareils de détection sont-ils à ce point défaillants, qu’ils ne soient plus en mesure de repérer un avion d’un tel gabarit ? Assurément, dire que le Mali a du mal à contrôler son espace aérien n’a rien de vraisemblable ! Si c’était le cas, il faudrait plutôt s’en émouvoir et s’en inquiéter. D’autant que, comme on le sait, les pays pauvres s’offrent eux aussi le luxe de consacrer une bonne part de leur budget national à l’armée, bien souvent au détriment même des secteurs sociaux. Il faut bien que force reste à la souveraineté nationale ! Une entrée sans autorisation dans l’espace aérien malien serait alors la preuve d’une faillite quelque part.
Alors, que s’est-il passé pour que ce Boeing en vienne à survoler allègrement le sol malien, à se poser par la suite, pour que ses passagers en descendent pour agir à leur guise ? Mystère et boule de… sable. De toute apparence, il y a forcément eu des complicités. Les narco-trafiquants ne se sont tout de même pas donné tout ce temps pour décharger leur cargaison, et poursuivre tranquillement leur route, en emportant avec eux leurs dangereux produits, sans que le manège ait été vu de personne. A moins qu’ils n’aient décidé d’enfouir leur chargement sur place dans le sable.
Trois Maliens ont été arrêtés alors qu’ils découpaient l’épave de l’avion. Leurs intentions pourraient avoir été de récupérer simplement les matériaux de l’avion. Mais, l’hypothèse qu’ils aient été en mission commandée pour faire disparaître des preuves n’est pas non plus à écarter. Rien n’est à exclure dans ce mystère qui garde encore bien des secrets. Des secrets parmi lesquels l’opacité qui entoure toujours le nom du président d’un riche pays pétrolier africain, qui aurait été propriétaire du Boeing. Une opacité entoure aussi les pays de la sous-région que l’avion aurait pu survoler avant d’atteindre le nord du Mali.
La Françafrique - encore elle ? - se serait-elle interposée pour éviter le grand déballage ? Autres interrogations ? Pourquoi les autorités libyennes suivent-elles de si près l’affaire ? Et pourquoi celles du Mali semblaient-elles avoir opté pour le profil bas à travers leur silence ? Juste pour les besoins de l’enquête ? C’est possible.
On sait que la carlingue a été retrouvée reposant dans une zone soumise à l’influence des djihadistes et de rebelles. Autant dire que l’affaire est loin d’avoir livré tous ses tenants et aboutissants.
Par Cheick Beldh’or SIGUE
11:10 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mali, drogue, narcotrafiquants
REFORMES AU GABON : Jusqu’où ira Bongo ?
Ali Bongo Ondimba a décidément pris le taureau gabonais par les cornes. Ses compatriotes ne peuvent pas dire qu’ils en sont vraiment étonnés. Toutes les mesures nouvelles en cours ont été annoncées, soit au cours de la campagne présidentielle, soit au cours du premier Conseil des ministres qu’a dirigé le fils de père.
Après avoir limité de manière drastique le nombre de portefeuilles ministériels et pris un décret interdisant aux Gabonais d’être à la fois fonctionnaires et dirigeants de syndicats, de partis politiques ou d’associations, le nouveau locataire du Palais de front de mer de Libreville vient encore de frapper un autre grand coup. Par l’intermédiaire du ministère chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, Ali Bongo Ondimba a fait mettre en oeuvre l’opération de recensement des agents de l’Administration en vue de l’audit de la Fonction publique gabonaise.
L’objectif officiel de la mesure vise à ’’maîtriser l’effectif, la masse salariale des agents publics, l’efficacité et l’efficience de la dépense publique’’. En réalité, il s’agit plutôt de traquer et de débusquer les fonctionnaires fantômes qui retardent le fonctionnement normal des institutions de l’Etat et partant, le développement du pays. En vérité, cette opération mériterait d’être menée dans toutes les administrations publiques africaines au Sud du Sahara. Les problèmes y sont presque les mêmes en la matière.
Les 40 années de règne de Feu El Hadj Omar Bongo Ondimba ont semé du désordre et du laxisme dans le champ gabonais. De mauvaises habitudes ont solidement implanté leurs racines. L’Administration gabonaise était devenue le lit de la malgouvernance. Pour marquer la rupture et la différence d’avec son père, ce passage en force était obligé pour Bongo fils. C’est pourquoi il faut saluer cette initiative du Président qui ose s’attaquer à des problèmes qui tirent son pays vers le fond de l’abîme. Ali Ben Bongo a donc le mérite d’essayer.
Le doute est cependant permis quant à la réussite de son ’’opération mains propres’’. De nombreuses questions taraudent les esprits : jusqu’où Ali Bongo peut-il aller ? Le laissera-t-on faire ? Ne reculera-t-il pas à l’épreuve du terrain ? Ali Bongo est bien conscient que la tâche à laquelle il s’attaque est titanesque. Il fera certainement beaucoup de mécontents car des intérêts privés, appartenant à de gros bonnets, seront menacés. Quelle sera alors la réaction de ceux à qui les mesures ne profitent pas ? A côté du Gabon, Paul Biya a entrepris au Cameroum l’opération ’’Epervier’’. On attend toujours de voir les conclusions.
Ali Bongo a bien envie de faire du Gabon un pays émergent. Il doit s’armer de patience. On ne détruit pas en un tour de main les tares d’un système qui a vécu pendant quarante ans. Les piliers en second de la Françafrique qui ont tourné autour du père pendant ce long régime attendent sans doute le fils au tournant. Il faut croire que la seule bonne volonté ne suffit pas dans ce pays face à l’ampleur des dégâts moraux et matériels. De fait Ali Bongo risque d’évoluer vers une rupture à la Sarkozy.
Par Boureima OUEDRAOGO SONRE
11:01 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24 novembre 2009
POURPARLERS INTERGUINEENS : Alain Yoda a reçu les contre-propositions des Forces vives
Les Forces vives ont remis leurs contrepropositions sur le projet d’accord du facilitateur au ministre des Affaires étrangères burkinabè, Alain Bedouma Yoda, le lundi 23 novembre 2009 aux environs de 17h.
Celui-ci devrait les transmettre au facilitateur du dialogue interguinéen, Blaise Compaoré, qui doit les recevoir en principe aujourd’hui. Quant aux membres du CNDD, ils seront présents à Ouagadougou, en principe, aux environs de la mi-journée, avec les observations du capitaine Moussa Dadis Camara sur le projet d’accord de sortie de crise en Guinée.
C’est aux environs de 16h que Jean Marie Doré, Baa Dicko et Yamodou Touré ont quitté l’hôtel Silmandé, où ils sont descendus, pour aller remettre leurs contrepropositions. A 17h 37, ils étaient de retour. Aussitôt la porte du hall franchie, ils prirent l’ascenseur pour, dirent-ils, rendre compte aux autres, lesquels sauront donc que le document qui contient leurs contrepropositions a été remis au ministre des Affaires étrangères et de la coopération régionale du Burkina, Alain Bedouma Yoda.
Il serait probable aussi qu’ils soient reçus aujourd’hui par le président du Faso, médiateur du dialogue interguinéen. La délégation du CNDD, quant à elle, sera de retour de la Guinée-Conakry avec les observations du Capitaine Dadis Camara sur le projet d’accord du facilitateur Blaise Compaoré.

Par Abdou ZOURE
10:40 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alain yoda, guinée, forces vives
Niger : L’opposition reste égale à elle-même
L'observateur paalga 24 novembre 2009
Que dire concernant un chef d’Etat qui a tout violé pour rester au pouvoir et qui reste de marbre face aux réprobations et de ses opposants et de la communauté internationale ? Rien, sinon que d’accentuer la pression contre lui pour qu’il daigne au moins songer à partager le pouvoir.
C’est le cas actuel de Mamadou Tandja, le chef de l’Etat du Niger, qui a renvoyé les députés puis a installé un Parlement totalement acquis à
sa cause, et en prenant soin de dissoudre la Cour constitutionnelle, dernier grand écueil à son dur désir de durer à la présidence.
Rien donc ne s’opposait à la pantalonnade de ce bon militaire qui, dans la foulée, a franchi allègrement le seuil de la VIe République et qui aura donc ses 3 si précieuses années pour parachever ses chantiers, auxquels il attache du prix. Rien vraiment ne l’empêche de gouverner tranquillement ?
Pas si sûr, puisqu’il y a, d’abord, la communauté internationale, CEDEAO en tête, qui lui rappelle régulièrement qu’il n’a plus la légalité avec lui, d’où la facilitation menée par Aboubacar Abdul Salami, mandaté par la CEDEAO pour concilier Tandja et ses opposants ; ensuite, le vrai empêcheur de régner en paix au Niger est l’opposition, qui est devenue, malgré le calme olympien qu’affiche Tandja, le poil à gratter du pouvoir nigérien.
Une opposition conséquente, composée de fortes personnalités dont la plupart ont déjà exercé de hautes fonctions au sommet de l’Etat et qui savent donc ce qu’est le pouvoir du même nom : on peut citer le défunt Moumouni Djermakoye, l’ancien Premier ministre Hama Amadou ou l’ex-président de l’Assemblée nationale Mahamane Ousmane, qui fut d’ailleurs, dans les années 90, président de la République.
Dès le départ, cette opposition a dit « niet » à ce qu’elle considère comme une forfaiture, et sa position n’a pas varié depuis : l’onction qu’il avait reçue du peuple pour diriger le Niger s’achève le 22 décembre 2009. A partir de cette date, Mamadou Tandja n’est donc plus, à ses yeux, le président de la République. Ces opposants viennent de rappeler bruyamment cette échéance à Tandja le 22 novembre dernier.
A un mois de l’expiration de ce mandat initial, plusieurs Nigériens ont battu le macadam pour signifier qu’en dépit du référendum du 4 août 2009 et de tous les « autres actes anticonstitutionnels », ils restent réfractaires à toute modification de la Constitution, à plus forte raison à un changement de Constitution.
Il s’agit, avec cette sortie de l’opposition, d’une réponse du berger à la bergère, car chacun se souvient encore des sorties des partisans du pouvoir pendant des jours pour apporter un soutien à leur champion, tout en fustigeant au passage la CEDEAO, qui avait osé suspendre le Niger.
A dire vrai, quoi qu’on puisse penser, au-delà de certains extrémismes, marginaux, il faut reconnaître que cette opposition est demeurée égale à elle-même, même si, au début, on avait craint qu’elle se lézarde comme cela est légion sur le continent.
C’est à son honneur, même si on sait que, malgré la médiation de l’ancien président nigérian et la pression de la communauté internationale, on ne sait pas à quoi la situation nigérienne va aboutir : Tandja ne peut plus faire marche arrière, cela est évident ; va-t-on reprendre des législatives, avec l’entrée éventuelles des opposants à l’Assemblée nationale ? Quel compromis, bancal, pour une situation alambiquée ? L’opposition tient bon, mais sur quoi va-t-elle déboucher ? Comme on le dit, elle est sûre de la bataille, mais l’est moins de la victoire.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
10:24 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : niger, mamadou tandja
Dirigeants africains : Qu’ils nous fassent l’économie de ces présidentielles !
L'observateur paalga 24 novembre 2009
Teodoro Obiang Nguema, le président équato-guinéen, est un très grand démocrate : tous les sept ans, il se donne beaucoup de peine pour organiser une élection, dans l’espoir de voir un de ses compatriotes prendre la relève. Malheureusement, faute de candidats pour lui faire ombrage, il la gagne toujours : ainsi, la dernière présidentielle, il l’a remportée avec un score de 97%. Excusez du peu.
Le combat était donc très serré, et il s’en est fallu de peu que quelqu’un d’autre le remplace, afin qu’il cultive désormais son propre jardin. Mais, comme les habitants du pays manquent d’ambition, autant continuer à faire leur bonheur malgré eux.
Tenez, cette année encore, il va leur donner une énième chance : une présidentielle aura lieu dimanche prochain. Le combat sera encore impitoyable, puisqu’il y a quatre autres candidats, dont Placido Mico Abogo, le seul opposant à siéger à l’Assemblée nationale, considéré comme le challenger.
Le vrai empêcheur de gouverner en rond, Severo Moto, en exil en Espagne, que l’homme fort de Malabo ne veut même pas voir en peinture, n’a pas fait acte de candidature. Certainement qu’il a le palu.
Cette fois-ci, si la « terreur » Placido Mico Abogo ne gagne pas, ce sera tant pis pour lui. Toujours est-t-il que celui qui préside aux destinées du pays depuis le coup d’Etat fait à son oncle en 1979 promet un score meilleur que celui de 2002.
Ce n’est tout de même pas sa faute s’il est adulé par le peuple ! Dans quelques années, quand il sera usé par l’âge ou lorsque ses sujets ne voudront plus de lui – ce qui est improbable -, il y aura une pièce de rechange, qui ressemble point par point à l’original, prête à l’emploi : il s’agit de son fils, Teodorin. Pour le moment, il n’est que ministre de l’Agriculture et de la Forêt. Pour la cause nationale, il gravira vite les échelons afin de parvenir à la magistrature suprême. Le bonheur, seuls les Obiang peuvent le partager. C’est génétique, et ils n’y peuvent rien.
Ainsi vit le nouvel Eldorado africain, depuis la découverte du pétrole en 1995 et son exploitation, qui a aussitôt suivi. Tout cela, grâce à Teodoro Obiang Nguema ! Dans cette contrée du continent, qui est la seule à parler espagnol si fait qu’elle s’est inscrite à la Francophonie, tout le monde ne vit et ne travaille que pour le roi : du maître d’hôtel au serveur en passant par le conducteur de taxi qui vient prendre le visiteur, à l’aéroport. Tout le monde a la carte des services secrets. Le désordre n’est donc pas permis.
Il n’y est pas rare qu’un directeur d’aéroport, qui a eu l’outrecuidance de laisser un aéronef voler dans l’espace aérien national pendant que celui du président décollait, soit conduit dans un lieu sûr et questionné avec un grand professionnalisme.
Et, rassurez-vous, la présence d’un représentant des droits humains n’est pas nécessaire, puisque l’interrogatoire sera fait dans les normes. Si le patron de l’aéroport en ressort ensanglanté, c’est qu’il aura raté une marche.
Dans ce pays, les prisons ne désemplissent pas. C’est la preuve que la Justice travaille. Et le peuple doit bien aimer ces méthodes, puisqu’à chaque fois il élit les Obiang ; mieux, la Guinée équatoriale bénéficie de la magnanimité des puissances occidentales, qui ferment les yeux sur cette gestion exemplaire du pouvoir.
Au Nord, il fait bien froid pendant l’hiver, et il ne faut surtout pas manquer de pétrole pour le chauffage. Alors, autant ne pas frustrer le fournisseur et baisser pudiquement les yeux lorsque les esprits chagrins parlent de certaines pratiques chez les Teodoro Obiang. Ne vaut-il pas mieux aller voir là où ça ne va pas, en tournant le regard vers les pays qui n’ont pas d’or noir par exemple ?
Les élections passent et Teodoro Obiang Nguema demeure. Et s’il gagne moins de 97,1% à l’issue de l’élection du 29 novembre 2009, ce sera un drame national. C’est d’ailleurs la norme presque partout en Afrique, où beaucoup de chefs d’Etat sont trop aimés du peuple : en Egypte, en Ethiopie, au Zimbabwe ou au Burkina par illustration. Et Dieu seul sait combien ça ne coûte pas, ces présidentielles qui confirment leur popularité ; en investissements humains, matériels et surtout financiers.
Mais, comme les bons dirigeants, on n’en trouve pas à tous les coins de rue, il faut bien faire des sacrifices pour que celui qui occupe le plus moelleux des fauteuils y reste. Car le coût des élections ne révulse personne.
A titre d’exemple, au Burkina, pour la présidentielle 2005, le logiciel Oracle, qui a permis l’informatisation du fichier électoral, n’a coûté que 98 millions de francs CFA. Le montant de l’ensemble de l’informatisation s’est élevé à 2 598 660 375 F CFA ; sans compter les autres grosses dépenses, dont les factures sont tout aussi insignifiantes. La démocratie n’a pas de prix, diront les têtes bien pensantes. Soit.
Mais ne serait-il pas plus sage d’investir cet argent, servant à élire toujours le même candidat, dans le développement local ? Puisque le bien-aimé dirigeant suprême est aimé à vie par les populations, ces dernières voudraient qu’il se tourne vers d’autres préoccupations : qu’il y ait plus de barrages, de fontaines ou de centres de santé. De toutes les façons, quand les sujets ne voudront plus du leader national, ils passeront par la rue pour le lui faire savoir et le remercier par la même occasion pour les énormes sacrifices qu’il a consentis pour eux.
Issa K. Barry
09:58 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée equatoriale, teodoro obiang nguema
Côte d'Ivoire : L'affichage de la liste électorale provisoire a commencé
Jeune Afrique 24 novembre 2009
L'affichage de la liste électorale provisoire a commencé dimanche, à Abidjian et Yamoussoukro notamment. Les électeurs classés en "cas litigieux" ont un mois et huit jours pour porter réclamation.
Des habitants d’Abidjan cherchent leur nom sur la liste électorale provisoire affichée le 22 nov © AFP
La liste électorale provisoire en vue du scrutin présidentiel en Côte d'Ivoire a commencé à être affichée dimanche à Abidjan et dans certaines villes de l'intérieur du pays, a-t-on appris auprès de la Commission électorale indépendante (CEI).
"La liste provisoire a commencé aujourd'hui (dimanche) à être affichée dans le district d'Abidjan et certaines villes de l'intérieur, notamment (la capitale politique) Yamoussoukro", a déclaré à l'AFP Bamba Yacouba, porte-parole adjoint de la CEI.
1 million de cas litigieux
L'affichage de la liste, annoncé pour le 16 novembre mais retardé par des difficultés notamment logistiques, devait se poursuivre en début de semaine, a-t-il ajouté.
Deux listes différentes sont en réalité présentées: celle des électeurs validés et celle des "cas litigieux" dont le dossier est incomplet et qui devront présenter une requête à leur commission électorale locale.
Initialement de 2,7 millions, le nombre total de cas problématiques a été porté, à l'issue de recherches complémentaires, à 1,033 million, contre 5,3 millions d'électeurs validés.
Fixée à un mois et huit jours, la période de contentieux doit s'ouvrir au lendemain de l'affichage des listes.
Période sensible
Dans un communiqué publié dimanche, la CEI a appelé "de façon solennelle l'ensemble des Ivoiriens à la sérénité et à la discipline", invitant autorités locales, partis politiques ou ONG "à veiller au maintien strict de l'ordre" dans cette période potentiellement sensible.
Reportée depuis 2005, la présidentielle censée mettre un terme à la crise née d'un coup d'Etat manqué en 2002 ne pourra se tenir à la date prévue du 29 novembre. Aucune nouvelle date n'a été annoncée pour l'heure.
A Abidjan, dans les quartiers de Koumassi (sud), du Plateau (centre), d'Adjamé et de Cocody (nord), des habitants se rendaient dans le calme dans les centres où ont été affichées les listes, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Dans un centre du quartier populaire d'Abobo (nord), Mamadou Soro Kignaman, docker de 35 ans, confiait son soulagement de trouver son nom parmi les électeurs validés: "j'étais inquiet", disait-il dans un sourire.
A l'inverse, dans le quartier chic de Cocody-Angré, Benjamin Nda Bilé, chauffeur de 32 ans, était dépité. Disant "ne pas comprendre" pourquoi il se trouve sur la liste des cas litigieux, il était résolu à se rendre dès lundi à la commission locale pour une réclamation.
09:48 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, présidentielle ivoirienne
23 novembre 2009
DIALOGUE INTERGUINEEN : Les Forces vives remettent leurs contre-propositions aujourd’hui
Le second round des négociations interguinéennes a commencé depuis le 18 novembre 2009. Si du côté du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), on se montre assez satisfait, ce n’est pas le cas chez les Forces vives guinéennes. En effet, elles ont rejeté la synthèse proposée par le facilitateur, Blaise Compaoré. Ce dernier les a rencontrées le samedi 20 novembre 2009 et leur a demandé de rédiger un document qui contiendra leurs contre-propositions. Ce document sera, en principe, remis au facilitateur aujourd’hui lundi.
Blaise Compaoré, facilitateur du dialogue interguinéen, a soumis à tour de rôle, le 19 novembre dernier, aux deux camps le projet d’accord politique interguinéen qui contenait la synthèse de leurs propositions recueillies lors du premier round. Des principaux points de cet accord, il ressort l’institution d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les évènements du 28 septembre 2009 ; celle du Conseil national de transition (CNT) présidé par le chef de l’Etat, le capitaine Dadis Camara, qui nommera un Premier ministre issu des Forces vives. Et la tenue d’élections d’ici octobre 2010 et auxquelles tous les membres du CNT peuvent se présenter à condition de démissionner de leur poste quatre mois plus tôt. Mais la rencontre qui devait mettre face à face le CNDD et l’opposition le lendemain 20 novembre pour décider de la signature ou non de l’accord, n’a pas eu lieu. En effet, le camp des Forces vives a envoyé une déclaration qui rejetait les propositions du projet d’accord. Cette déclaration, en plus du rejet, sous-tendait une éventuelle remise en cause de la médiation du facilitateur burkinabè. Mais quelques heures plus tard, à l’hôtel Silmandé, base des Forces vives, Sydia Touré, Louseny François Fall, Sy Mariama Diallo et Jean Marie Doré, diront : "C’est le document qui est rejeté et non le médiateur."
Le lendemain 21 novembre, une conférence de presse a été convoquée, mais arrivés sur les lieux, les journalistes ont été informés qu’elle a été décommandée. Mais il s’en est trouvé une personne qui a tenu à s’exprimer. ll s’agit de Cheick Tidiane Traoré, secrétaire permanent du parti GPT (Guinée pour tous). Pour lui, les Forces vives sont divisées car les jeunes leaders sont exclus des négociations. Parmi les 12 membres de la délégation officielle, il n’y avait aucun jeune leader. "Les jeunes ont formé leur mouvement et sont venus à Ouaga à leurs frais. Le protocole de la présidence du Faso est venu nous dire qu’à midi, les frais de l’hôtel seront à notre charge." Selon lui, tout ceci s’expliquerait par le fait que les jeunes leaders veulent que le Premier ministre de la transition soit un jeune. Par ailleurs, il ne rejetait pas l’accord du facilitateur et appelait les autres à rejoindre la table du dialogue. "Je suis actuellement seul mais j’irai jusqu’au bout pour cela."
Quoi qu’il en soit, les Forces vives ont été reçues quelques heures plus tard par Blaise Compaoré qui leur a demandé de ne pas perdre confiance en sa médiation. Il leur a ensuite demandé de produire un document où seront consignées leurs contre-propositions. Il s’agit entre autres, de la non-candidature du capitaine Dadis Camara et de tout autre membre du CNDD aux élections. De ne pas mettre à la tête du CNT un chef de l’Etat, car à leur avis, le CNT est un organe consultatif ou législatif. Et enfin, de revoir la composition du futur gouvernement d’union nationale, qui ne se composerait que d’un tiers des Forces vives. Ces contre-propositions seront remises, en principe, aujourd’hui lundi au facilitateur pour que celui-ci fasse une éventuelle révision du projet d’accord politique, pour une sortie de crise en Guinée-Conakry.
Les points de désaccord
Voici la déclaration n°13 portant rejet des Forces vives (l’article A.2 de l’annexe 1) du projet d’accord politique.
"A l’invitation de Son Excellence, Monsieur Blaise Compaoré, président du Faso et médiateur dans la crise guinéenne, une délégation du forum des Forces vives de Guinée s’est rendue à Ouagadougou (Burkina Faso) du 18 au 20 novembre 2009. A cette occasion, la délégation a reçu du médiateur un projet d’accord politique global interguinéen. Après un examen approfondi dudit projet, la délégation a relevé avec un grand étonnement que : 1 - Les préoccupations fondamentales des populations guinéennes par le forum des Forces vives exprimées dans le mémorandum remis au facilitateur, pour une transition apaisée en République de Guinée, n’ont pas été prises en compte dans le projet d’accord politique. 2 - Les recommandations, les résolutions et communiqués finaux de la CEDEAO, du Groupe international de contact sur la Guinée, de l’Union africaine, de l’Union européenne ainsi que le conseil de sécurité des Nations unies ont été purement et simplement ignorés : notamment, ceux relatifs à la non-candidature aux prochaines élections nationales des membres du CNDD, de son président, du Premier ministre et des membres du gouvernement, ainsi que la mise en place, sur la base du retrait du CNDD, des nouvelles autorités de transition. En conséquence, la délégation du forum des Forces vives a pris la décision de rejeter le projet d’accord politique, tel qu’il lui a été soumis. En outre, elle se réserve le droit, après consultation de sa base en Guinée, de se prononcer quant à sa position par rapport à la médiation. Au demeurant, le forum des Forces vives lance un appel solennel au peuple de Guinée pour qu’il reste mobilisé afin de défendre ses droits légitimes pour l’avènement de la démocratie, de la justice et du progrès économique et social.
Ouagadougou, le 20 novembre 2009 Depuis Ouaga, Forum des Forces vives de Guinée"
Quid du Conseil national de la transition
Le bureau exécutif du CNT est composé de vingt (20) membres répartis comme suit :
Président : le chef de l’Etat issu du CNDD ;
Vice-président : un représentant du forum des Forces vives de Guinée ;
Membres : représentants des Forces de défense et de sécurité (4) ; représentants des partis politiques (6) dont 4 issus du forum des Forces vives et 2 hors du forum des Forces vives ; représentant des organisations syndicales (2) ; représentantes des organisations féminines (2) ; représentant des organisations de la jeunesse (2) ; représentants des communautés religieuses (2).
Source : Projet d’accord politique global interguinéeen (Article A 2)
Ce que devrait être le gouvernement d’union
En application du paragraphe 3.3.2. de l’Accord politique global interguinéen, les postes ministériels au sein du gouvernement d’union nationale sont répartis ainsi qu’il suit :
10 issus du CNDD ;
10 issus du forum des Forces vives de la Guinée ;
10 venant d’horizons divers.
Source : Projet d’accord politique global interguinéeen (Article 2)
Par Abdou ZOURE
09:34 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, forces vives, blaise compaoré, moussa dadis camara
Ali Bongo à Paris : Séjour d’allégeance ou de rupture ?
L'observateur paalga 23 novembre 2009
Ali Bongo Ondimba a achevé sa visite en France. Il y a séjourné après un détour à Londres, où il a assisté à un colloque sur la préservation des forêts tropicales. Un sommet qui l’intéresse particulièrement, vu qu’il a décrété les exportations d’agrumes pour compter de 2010 afin de faire profiter ses compatriotes de la transformation du bois sur place.
Mais la présence d’un Ali Ben Bongo Ondimba dans la capitale française n’est pas comme celle de n’importe quel chef d’Etat africain. Il est le fils de... Bongo, un des dernies baobabs de la Françafrique.
Il a été élu dans des circonstances controversées, même que ses adversaires soutiennent mordicus que sans l’imprimatur de l’Hexagone, il n’aurait jamais été élu. CQFD, puisque cette opposition est mal placée pour réclamer cette victoire, elle qui, mise ensemble, aurait obtenu la majorité. Ayant opté d’y aller en rangs dispersés, elle a gagné la présidentielle mais perdu la présidence.
Les bouches fendues au mauvais endroit ont vite fait d’assimiler cette visite de Bongo fils donc à de l’allégeance. Mais n’est-ce pas porter des œillères que de confiner un tel séjour dans ce carcan ?
Son père ne cachait pas ses liens étroits avec les dirigeants français. Il était à tu et à toi avec la classe politique et les hommes qui comptent dans ce pays. Et courant 2008, un ministre français, Bockel pour ne pas le nommer, qui pensait que le lion de Libreville avait les dents élimées, s’étant piqué de vouloir signer l’acte de décès de la Françafrique, prenant au mot son patron, Sarkozy, a perdu son poste : Bongo père a demandé et obtenu sa tête.
Mais tel père en politique peut ne pas être tel fils, et, pour le moment, Ali tente de le prouver. D’ailleurs, le voudrait-il qu’il ne le pourrait pas : son père, c’est une autre époque, sa longévité au pouvoir est exceptionnelle, et le contexte international d’aujourd’hui ne s’y prête pas. Bref, Ali est contraint de se faire un prénom.
Au Gabon d’abord, où il a commencé à nettoyer les écuries du Bongoland, en congédiant tous ces profiteurs et ces centaines de conseillers officiels ou occultes qui arpentaient les couloirs du palais du bord de mer. Concernant sa présence à Paris, ne serait-ce que dans les formes, il a voulu se démarquer de l’ombre tutélaire du père : en lieu et place de l’éternel hôtel Meurice, il a posé ses valises au George V.
Pendant son audience avec Sarkozy, il a été certes officiellement question des relations bilatérales entre les deux pays, du prochain sommet de Copenhague, de la politique de « l’émergence », de l’entrée en 2010 du Gabon au Conseil de sécurité des Nations unies.
Mais tout tête-à-tête entre chefs d’Etat comporte des off, et cette rencontre Sarkozy/Bongo fils n’a pas dérogé à la règle. A l’évidence, les deux personnalités sont des hérauts de la « rupture ». Le président français la pratique depuis un peu plus de 2 ans.
Depuis quelques semaines, Ali aussi veut montrer qu’il a coupé le lien politique qui le liait au père, du moins que certaines pratiques, qui étaient à la limite encouragées, seront désormais sanctionnées ; même s’il est vrai qu’il ne faut pas oublier que l’actuel chef de l’Etat gabonais est le pur produit d’un système, en l’occurrence celui du PDG. Bongo a-t-il profité de ce séjour pour signifier à Sarkozy que des bouleversements salutaires, surtout pour les Gabonais, devaient s’opérer ?
S’agissait-il d’une visite pour dire que l’époque des relations étatiques marquée du sceau de la condescendance est révolue ? Visite d’allégeance ou de rupture ? Les prochains mois en donneront les réponses.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
lobservateur
09:29 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gabon, france, françafrique, ali bongo, nicolas sarkozy
21 novembre 2009
Présidentielle ivoirienne : Quatorze candidats dans la course
Le Conseil constitutionnel a publié la liste des candidats à la présidentielle dont la date n'est pas encore fixée. 14 candidats dont une femme sont en lice ainsi que les ténors du paysage politique. Au départ, ils étaient 20 à briguer la magistrature suprême, mais 6 candidatures ont été refusées pour non paiement de la caution nécessaire, qui s’élève à 20 millions de Francs CFA, soit 30 000 euros récupérables seulement si le candidat obtient 5% des voix.
La prochaine élection présidentielle en Côte d’Ivoire sera marquée par trois grandes premières. La première fois qu’une femme sera candidate à la magistrature suprême. Jacqueline Oble sera seule contre tous. Tous, c'est-à-dire 13 hommes dont les trois ténors de la vie politique ivoirienne : Laurent Gbagbo, président sortant, Henri Konan Bédié, ancien président et l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara.
Tous trois vont donc bien s’affronter dans les urnes, autrement dit le spectre de la dernière élection de l’an 2000 est écarté. Cette année-là, Henri Konan Bédié avait été éliminé de la présidentielle pour avoir passé sa visite médicale obligatoire de candidat en France et non en Côte d’Ivoire, et Alassane Ouattara avait été écarté pour cause de « nationalité douteuse ».
Deuxième nouveauté : ce sera, justement, le premier combat électoral d’Alassane Ouattara. Empêché de se présenter en 2000, il faut rappeler que l’ex-Premier Ministre cinq ans plus tôt, en 1995, avait choisi de ne pas se lancer dans la course.
Enfin troisième grande première : un naturalisé sera candidat. Il s’agit de l’humoriste Adama Dahico, qui est né malien, et qui bénéficie ainsi d’une dérogation, prévue par la loi, que lui a accordée le président Gbagbo, étant précisé que si un naturalisé peut bien être éligible, il doit auparavant avoir obtenu sa nationalité ivoirienne depuis au moins cinq ans, ce qui n’est pas encore son cas.
En résumé, un casting de haut vol pour cette joute tant attendue, avec une femme pour défier les hommes et un humoriste pour y incorporer un peu d’épice. Que le meilleur gagne, ou la meilleure !
22:34 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, présidentielle ivoirienne