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26 mai 2008

Liban: Michel Sleimane élu président

par  Diane Galliot, correspondante de rfi à Beyrouth

Le général Michel Sleimane a été élu dimanche président du Liban par les députés, première étape de la remise en marche du pays après 18 mois de crise politique et des violences meurtrières. Il a été élu par 118 députés, sur un total de 127. Six députés ont voté blanc, trois ont porté leur choix sur d'autres noms. Le chef de l’armée libanaise était présenté comme le « candidat de consensus » mais son élection avait été sans cesse repoussée, faute d’accord entre les partis politiques. Cette élection fait suite à l'accord de Doha, conclu mercredi entre l'opposition et la majorité libanaises au terme d'une conférence de dialogue qui avait duré six jours et s'était déroulée sous l'égide de la Ligue arabe. Qui est cet homme qui a dirigé l’armée libanaise durant 10 ans ? Et que signifie « candidat de consensus » ? Portrait du nouveau président de la République.

 

Le général Michel Sleimane, chef d'état-major de l'armée libanaise.(Photo : Reuters)

Le général Michel Sleimane, chef d'état-major de l'armée libanaise.
(Photo : Reuters)

Cet homme est celui qui a su préserver l’unité de l’armée à travers les multiples tempêtes qu’a traversé le pays. Cette qualité-là lui est reconnue par tous.

Sandra, étudiante : « Le président Sleimane, je sais qu’il était à la tête de l’armée, une armée qui a prouvé, peut-être pour la première fois dans l’histoire du Liban, dans les combats de Nahr el Bared, qu’elle était unie, du moins en apparence, contre un certain ennemi commun. Je pense que c’est la première démonstration véritable, historique, de cette union. Et je pense que c’est un bon signe dans le parcours de Sleimane. Maintenant, il y a pas mal de personnes qui disent qu’il est Syrien, ou qu’il n’est pas très… au milieu…entre deux camps. Mais je préfère justement être optimiste, concernant la situation en générale, et je pense qu’on n’aura pas pire président que Lahoud ».

Au Liban, depuis des mois, des années, pour qualifier le camp de l’un ou de l’autre, on dit souvent qu’il est pro-syrien, ou anti-syrien ce qui est un qualificatif un petit peu compliqué à comprendre. Le président Lahoud était qualifié de pro-syrien. Mais où est le général Sleimane pro-syrien ou anti-syrien ? Eh bien cela dépend des époques, et de ceux à qui vous posez la question. Du coup, c’est là peut-être que son parcours le conduit aujourd’hui, à la tête de l’Etat comme candidat de consensus.

Eclairage, avec Maurice : « Sur le plan personnel, je ne connaîs pas très bien le personnage. Il a été nommé général en chef de l’armée à l’époque de l’occupation syrienne, sous le président Lahoud, plutôt compétent dans la direction de l’armée, et il a su, je pense, gérer les tensions interconfessionnelles au sein de l’armée libanaise, qu’il a préservé de l’éclatement. C’était vraiment la dernière institution libanaise qui tenait encore, notamment pendant la dernière crise qui a secoué le pays, ces deux dernières années. Donc son rôle était plutôt positif au sein de l’armée ».

Voilà un argument qui fait l’unanimité, mais un bon commandant en chef de l’armée, fait-il un bon président ? Le militaire sera-t-il fin politique ? Ghassan est homme d’affaire, chiite : « Le général Sleimane, il a eu sa position… Vous savez, il est Syrien, c'est-à-dire quand il est devenu chef de l’armée, c’était un ordre syrien. Son but c’est de garantir sa place. Il veut être président à tout prix. Est-ce qu’il peut résoudre le problème ici ? Je ne pense pas, parce que le problème au Liban, s’il pouvait se résoudre, il pouvait se résoudre avant qu’on en arrive à ce point ».

Et aujourd’hui, au Liban, l’accord de Doha, l’élection du général Sleimane, sont une véritable respiration. Mais nul n’ose parier sur un consensus durable, même si, bien sûr, tous l’espèrent.

25 mai 2008

Justice internationale: Arrestation de Jean-Pierre Bemba en Belgique

Par Stéphanie Maupas, correspondante de rfi à La Haye,

Article publié le 25/05/2008

Jean-Pierre Bemba en juillet 2006.(Photo: AFP)

Jean-Pierre Bemba en juillet 2006.
(Photo: AFP)

La Cour pénale internationale a obtenu l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, président du Mouvement de libération du Congo (MLC), suspecté de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, pour viols, tortures et pillages commis en République centrafricaine en 2002 et 2003. Le MLC est le principal mouvement d’opposition au président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila. La Belgique a confirmé dimanche l'arrestation de l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo et son intention de le transférer d'ici « un à deux mois » à la Cour pénale internationale (CPI) qui a lancé un mandat d'arrêt contre lui.

Arrêté dans une banlieue de Bruxelles aux alentours de 22h00 (heure locale), Jean-Pierre Bemba, chef du principal mouvement d’opposition au président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, était depuis plusieurs semaines dans le viseur de la Cour pénale internationale (CPI). Suspecté de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, pour viols, tortures et pillages commis en République centrafricaine en 2002 et 2003, Jean-Pierre Bemba s’était réfugié au Portugal en juin 2007. Candidat malheureux à l’élection présidentielle d’octobre 2006, au terme de laquelle il avait cependant raflé 42% des voix au second tour, Jean-Pierre Bemba avait été inculpé pour haute trahison par le pouvoir et avait fui le pays pour l’Europe.

Dans le viseur de la CPI depuis mai 2007

Jean-Pierre Bemba n’est pas poursuivi pour les crimes qui auraient été perpétrés en République démocratique du Congo mais pour ceux commis en République centrafricaine. Du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003, les mercenaires du chef de guerre avaient soutenu le pouvoir de l’ancien président Ange Félix Patassé contre les rebelles de François Bozizé, qui s’emparait alors du pouvoir. Selon le mandat d’arrêt émis par la Cour, les hommes de Jean-Pierre Bemba « ont mené une attaque systématique ou généralisée contre la population civile et ont commis des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne et des pillages, notamment dans la localité dénommée PK12 et dans les villes de Bossangoa et Mongoumba ».

Jean-Pierre Bemba est accusé en qualité de supérieur hiérarchique et était « investi d’une autorité de jure et de facto (…) pour prendre toutes les décisions tant sur le plan politique que militaire ». Dans un communiqué, le procureur Luis Moreno Ocampo a rappelé avoir rencontré les victimes, « celles qui ont survécu à la violence, celles qui ont survécu au sida. Nous ne pouvons effacer leurs blessures. Mais nous pouvons leur rendre justice. Les témoignages des victimes seront autant de preuves. Les victimes viendront raconter leur histoire à la Cour. Elles auront ce pouvoir ».

Un destin politique contrarié

Alerté par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) au printemps 2003, le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, avait été saisi par Brazzaville en décembre 2004, mais n’avait ouvert son enquête qu’en mai 2007. Des poursuites initialement entamées par la République centrafricaine s’étaient soldées par un renvoi vers la juridiction internationale. Elles visaient non seulement Jean-Pierre Bemba, mais aussi le Français Paul Barril, ancien n°2 du GIGN, (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) qui était intervenu au Congo-Brazzaville à la tête d’une compagnie privée de sécurité.

Devant la Cour pénale internationale, le président du Mouvement de libération du Congo ne bénéficie pas de son immunité en qualité de sénateur. Un titre que Kinshasa contestait, depuis son départ du Congo, en juin 2007. L’homme d’affaires, licencié d’une école de commerce de Belgique, avait évolué dans le commerce comme son père, un proche de l’ancien président Mobutu Sese Seko.

En 2003, Jean-Pierre Bemba avait été accusé par les Nations unies d’avoir incité ses troupes au cannibalisme, mais les faits n’avaient jamais été étayés et en juin 2003, il devenait le vice-président du gouvernement de transition. A 45 ans, Jean-Pierre Bemba conservait son potentiel politique. Son arrestation dans une banlieue de Bruxelles intervient alors qu’une crise diplomatique a éclaté entre la Belgique et la République démocratique du Congo.

13 mai 2008

Grève de trois jours contre la vie chère

Article publié sur rfi.fr le 13/05/2008

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Le mouvement de grèves dans les secteurs public, parapublic et privé a commencé ce mardi à l'appel des syndicats burkinabés. Toutefois, la plupart des services bancaires, publics et administratifs avaient ouvert leurs portes dans la capitale, tout comme les commerces. L’activité demeurait au ralenti dans les principaux centres de santé, bureaux de poste et établissements scolaires. Le gouvernement de Ouagadougou avait demandé aux syndicats de ne pas cesser le travail, en attendant des négociations prévues pour se tenir en septembre. « Pas question ! », ont répondu les syndicats.  

La principale question qui divise le gouvernement et les syndicats burkinabés est celle des salaires. Les syndicats exigent une augmentation de 25% pour, disent-ils, « faire face à la baisse drastique du pouvoir d’achat ». Mais, dans un lettre adressée aux syndicats le 8 mai dernier, le ministre du Travail, Jérôme Bougouma, explique qu’actuellement le gouvernement ne peut augmenter les salaires. « Le gouvernement qui, explique encore le ministre, a renoncé à des taxes sur des produits de première nécessité. Le gouvernement qui subventionne aussi le prix des céréales et doit faire face à la hausse des produits pétroliers », a-t-il encore ajouté.

Mais dans leur réponse, dès le lendemain, les syndicats soulignent que, face à la flambée générale des prix, les augmentations des salaires étaient aujourd’hui incontournables. Les syndicats relèvent, par ailleurs, que les mesures adoptées par le gouvernement n’ont pas entraîné de baisse des prix. Et, de façon globale, les syndicats estiment que leurs revendications n’ont pas reçu de réponses satisfaisantes. Par conséquent, le mot d’ordre de grève est maintenu. Mercredi, deuxième jour de débrayage, il est prévu à Ouagadougou une marche suivie d’un meeting à la Bourse du travail. 

Au début du mois d'avril, les syndicats burkinabés avaient lancé une grève générale de deux jours contre la hausse des prix. Les syndicats estiment que les mesures prises alors par le gouvernement restent insuffisantes. Les syndicats dénoncent, tout particulièrement, la non-application par les commerçants des mesures décidées par le gouvernement destinées à faire baisser les prix des produits de première nécessité. 

12 mai 2008

Le pape et son chauffeur

Après avoir rangé les bagages du Pape dans le coffre de la limousine, le chauffeur réalise que le Pape reste sur le trottoir.

"Excusez-moi, Votre Sainteté " dit le chauffeur, voudriez-vous, je vous prie, vous asseoir pour que nous puissions partir?"

"... Pour vous dire la vérité, dit le Pape, ils ne veulent pas me laisser conduire au Vatican, et j'aimerais beaucoup pouvoir le faire aujourd'hui.

" Je suis désolé, mais je ne peux pas vous laisser faire cela. Je perdrais mon job! Et que faire s'il arrive quelque chose? ", proteste le chauffeur, qui aurait aimé être ailleurs ce matin là .

" Je ferai quelque chose de spécial pour vous.", dit le Pape.

De mauvaise grâce, le chauffeur passe à l'arrière et le Pape s'installe derrière le volant. Très vite, le chauffeur regrette sa décision, quand après avoir quitté l'aéroport, le souverain pontife met la pédale au plancher accélérant jusqu'à 170 Km/h.

" Je vous en supplie, votre Sainteté, ralentissez ! " implore le chauffeur très inquiet. Mais le Pape continue jusqu'a ce que les sirènes de police retentissent.

"Mon Dieu, je vais perdre mon permis", s'écrie le chauffeur. Le Pape se range sur le côté et baisse sa vitre quand le policier s'approche. Mais dès qu'il voit le Pape, il retourne à sa moto, ouvre sa radio et dit à son chef qu'il a arrêté une limousine roulant a 170.

" Où est le problème ? Bouclez-le !" dit le chef.

" Je ne pense pas qu'on puisse faire ça, c'est quelqu'un de très important." dit le policier.

Le chef s'exclame : " Il n'y a pas de raison ! "

" Non, je veux dire réellement important", dit le policier.

Le chef demande alors : " Qui avez-vous coincé? Le maire ? "

Le policier : " Plus gros. "

Le chef : " Un sénateur ? "

Le policier : " Beaucoup PLUS GROS. "

Le chef : " Bien ! Dites-moi qui c'est !"

Le policier : " Je pense que c'est Dieu lui-même ! "

Le chef : " Vous vous foutez de ma gueule ???? Qu'est-ce qui vous fait croire que c'est Dieu ????? "

"Il a le Pape comme chauffeur...."

 

09 mai 2008

Côte d’Ivoire: Blaise Compaoré veut calmer la situation

Source: http://www.rfi.fr

Article publié le 08/05/2008 Dernière mise à jour le 08/05/2008 à 20:27 TU

En se rendant, jeudi, dans la capitale politique ivoirienne, le président burkinabé Blaise Compaoré devrait essayer de calmer le jeu entre le président ivoirien Laurent Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Soro, après les divergences qui ont surgi récemment au sujet du désarmement des ex-rebelles. Le président burkinabé va donc participer à Yamoussoukro à la réunion de suivi de l'accord de paix inter-ivoirien, le CPC, Cadre permanent de concertation. Son contenu n'a pas encore été dévoilé. Présidé par Blaise Compaoré, le CPC comprend aussi Laurent Gbagbo, et ses deux principaux opposants : l'ancien président Henri Konan Bédié et l'ex-premier ministre Alassane Ouattara, ainsi que Guillaume Soro, l'actuel chef du gouvernement ivoirien.

Le président burkinabé Blaise Compaoré (d) accueilli à l'aéroport de Yamoussoukro par Laurent Gbagbo (g), le jeudi 8 mai 2008.(Photo : AFP)

Le président burkinabé Blaise Compaoré (d) accueilli à l'aéroport de Yamoussoukro par Laurent Gbagbo (g), le jeudi 8 mai 2008.
(Photo : AFP)


Le 24 avril dernier, l'essentiel des partis politiques ivoiriens avaient signé à Abidjan un « code dit de bonne conduite » dans la perspective de la présidentielle fixée au 30 novembre, un texte qui engage les signataires contre l’utilisation « de la violence sous toutes les formes ». Or, mardi dernier, les ex-rebelles des Forces nouvelles (FN), le mouvement auquel appartient le Premier ministre Guillaume Soro, ont demandé des explications au parti présidentiel, le Front populaire ivoirien (FPI), au sujet des « attaques inacceptables » de la part de l’épouse du chef de l’Etat. Simone Gbagbo avait demandé que le désarmement des ex-rebelles se fasse en un mois au lieu des cinq initialement prévus dans l’accord de paix, conclu le 4 mars 2007, entre le président Laurent Gbagbo et Guillaume Soro. Les Forces nouvelles ont estimé que ces attaques pourraient provoquer des « conséquences imprévisibles » sur le processus de paix en Côte d'Ivoire.

Selon des indiscrétions, le président burkinabé va s’atteler à calmer le jeu entre le président ivoirien et le chef des Forces nouvelles, après les récentes passes d’armes sur le désarmement qui risquent d’avoir des conséquences négatives sur la tenue des élections du 30 novembre 2008. À son arrivée à Yamoussoukro, jeudi après-midi, Blaise Compaoré a estimé que la présidentielle en Côte d'Ivoire pourra se tenir à cette date, se basant sur la « détermination » des protagonistes. Il a souligné que la rencontre de vendredi vise à « consolider les acquis d'aujourd'hui et à préparer l'avenir avec beaucoup de sérénité ».

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