28 septembre 2008
Présidentielle américaine : Un match équilibré, dominé par la situation économique
Article publié le 27 septembre 2008 (Source: rfi.fr)
Pour la première fois vendredi soir, John McCain et Barack Obama se sont retrouvés face à face, pour le premier débat de la campagne présidentielle. Sur le campus de l’université du Mississippi, dit « Ol’Miss », il se sont affrontés pendant une heure et demie, dans un format très ouvert, qui leur a permis, après avoir répondu pendant deux minutes à chaque question du modérateur, de se parler directement pendant 5 minutes. Le thème de ce débat devait être à l’origine la politique étrangère, mais la crise financière a bousculé les plans et les 40 premières minutes ont été consacrées à l’économie.
Les deux candidats ont évité ce que l’un et l’autre redoutaient le plus : commettre un impair.
( Photo : Reuters )
De notre correspondante à Atlanta, Anne Toulouse
A cause de la crise financière, ce débat a bien failli ne pas avoir lieu, puisque John McCain avait annoncé qu’il n’y participerait pas, si un accord sur un plan de sauvetage n’était pas conclu au Congrès. Il a changé d’avis vendredi en début d’après-midi, bien que cet accord soit encore en discussion, mais le sujet a largement rattrapé les candidats.
Plus du tiers de leurs échanges ont porté sur l’actuelle situation économique, ce qui a, en quelque sorte, équilibré les forces, Barack Obama étant plus à l’avantage sur ce terrain, alors que John McCain est plus à l’aise sur les questions internationales.
L’un et l’autre ont néanmoins prudemment esquivé la question essentielle : « A quelle partie de votre programme êtes vous prêts à renoncer face aux restrictions budgétaires imposées par la crise économique ? »
Ni impair, ni éclat
Lorsque la politique étrangère est enfin arrivée, elle a été sans surprise un catalogue des positions et des désaccords bien connus des deux candidats, en particulier sur l’Irak. John McCain a accusé son adversaire de n’avoir pas compris la stratégie du « surge », le renforcement des effectifs en Irak, Barak Obama a répliqué : « John McCain ne semble pas avoir compris cette guerre n’a pas commencé en 2007, mais en 2003 », il aurait fallu, a-t-il dit, ne pas la déclencher.
L’enjeu de ce débat était pour John McCain de mettre en évidence l’inexpérience de son adversaire, ce qu’il a tenté de faire en répétant à maintes reprises : « le sénateur Obama ne comprend pas », ou bien le « sénateur Obama a tort ».
Le candidat démocrate a maintenu fermement ses positions. Les deux candidats ont évité ce que l’un et l’autre redoutaient le plus : commettre un impair. Leurs échanges ont été argumentés, animés et polis. Ils ont pleinement rempli la fonction officielle de ces débats destinés à informer le grand public des positions de ceux qu’il s’apprête à élire. En revanche, il n’y a pas eu de ces coups d’éclat qui font basculer l’opinion publique, et aucune répartie ne restera dans les annales de ce genre d’exercice.
Le sheriff et le juriste
Les deux adversaires semblaient avoir retenu les leçons de ceux qui les ont préparés pendant plusieurs semaines. John McCain qui a un tempérament de pilote de chasse devait mettre son agressivité en veilleuse. Il a néanmoins rappelé avec un certain plaisir que ses collègues sénateurs l’ont surnommé « le sheriff ». Barack Obama, qui a un tempérament de juriste, devait lui simplifier son discours et ne pas donner des réponses verbeuses.
A première vue les candidats sortent ex aequo de cet échange, ce qui est, en fait, un avantage pour Barack Obama. Il a en un avantage de 4 à 9 points dans les sondages et il doit simplement maintenir le statu quo. L’actualité l’a servi en faisant que ce débat ne porte pas pendant 90 minutes sur les questions internationales, où John McCain avait plus de chance de marquer des points.
Il est cependant difficile de juger de l’impact de ces débats sur le résultat de l’élection, ni même de savoir, a priori, qui en est sorti vainqueur. John Kennedy ou Ronald Reagan ont réussi à retourner les électeurs en leur faveur en une soirée. En revanche, lors des deux précédentes élections présidentielles, face à George Bush, Al Gore et John Kerry n’ont pas concrétisé dans le grand public l’avantage que leur donnaient les analystes.
Ce débat pourrait en tout cas battre le record d’audience, enregistré en 1980, lors de l’affrontement entre Ronald Reagan et Jimmy Carter, qui avait été suivi par plus de 80 millions de téléspectateurs. 50 millions de personnes ont regardé mercredi soir la brève allocution de George Bush, ce qui donne la mesure de l’intérêt des Américains pour la politique en cette période de crise.
08:56 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité américaine, débat télévisé, obama-mccain, présidentielle américaine
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