30 septembre 2008
Etats-Unis / Finance : La grande incertitude après le rejet du plan de sauvetage
Article publié le 29 septembre 2008 (Source:rfi.fr)
George Bush promet de s'attaquer « de front » à la crise financière. Mais le président américain ne le cache pas : il est « très déçu » par le vote de la Chambre des représentants qui a rejeté lundi le plan de sauvetage des banques par 228 voix contre 205. Le plan n’est pas encore enterré, il peut y avoir un nouveau vote, mais ce ne sera pas avant jeudi : le Congrès est en effet fermé mardi et mercredi pour les fêtes du Nouvel an juif. Wall Street a accusé une chute historique : le Dow Jones a perdu 6,71%, soit une perte jamais vue de plus de 700 points, et le Nasdaq 9,14%.
Le leader de la majorité démocrate, Steny Hoyer (g) avec la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, lors de l'intervention du président de la commission des Finances, Barney Frank le 29 septembre.
(Photo : Reuters)
Avec notre correspondante à Atlanta, Anne Toulouse
A peine la stupeur du résultat dissipée, les deux partis n'ont pas perdu de temps pour s’accuser mutuellement de l’échec du passage du plan de sauvetage : les démocrates montrent du doigt les républicains, dont les deux tiers ont voté « non » ; les républicains accusent les dirigeants démocrates, qui avaient la maîtrise de la procédure et du reformatage du texte, d’avoir mal mené leur barque.
Le fait est que le texte rejeté a été proposé par un gouvernement républicain, ce qui en dit long sur le peu d’influence que George Bush garde sur son propre parti, dans les derniers mois de sa présidence. En tout cas aucun camp de la classe politique ne sort intact de cet épisode, que ce soient les dirigeants du Congrès, qui n’ont pas anticipé l’issue du vote, ou même les deux candidats à l’élection présidentielle, qui avaient participé aux négociations.
Après une grande séance de blâmes, les acteurs doivent maintenant ramasser les morceaux. Nancy Pelosi, speaker de la Chambre des représentants a expliqué qu’elle avait appelé le président et le ministre des Finances pour envisager de remettre le procédé sur les rails. « Toutes les lignes de communication sont ouvertes », a-t-elle dit.
Il est possible que le même plan soit à nouveau soumis au vote jeudi, ce qui laisserait trois jours aux dirigeants des deux partis pour rallier leurs troupes. La plongée du marché boursier dès l’annonce du passage à la Chambre sera sans doute un argument.
| Wall Street accuse le coup |
| Avec notre correspondant à Washington, Pierre-Yves Dugua 800 milliards de dollars de capitalisation se sont envolés après le rejet par la Chambre des représentants du plan Paulson. Wall Street redoute une série de faillites bancaires, une paralysie durable des marchés de crédits, qui déclencherait bien sûr une grave récession. |
09:53 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, etats-unis, plan de sauvetage des banques américaines
29 septembre 2008
Etats-Unis/Crise financière internationale: Accord à l'arraché sur un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars
Article publié le 29 septembre 2009 (source: rfi.fr)
Le Républicain Roy Blunt (C) s'adresse à la presse au sujet de l'accord conclu à Washington, sur le plan de sauvetage du système financier et bancaire de 700 milliards de dollars.
( Photo : Reuters )
Avec notre correspondante à Atlanta, Anne Toulouse
Accord du bout des lèvres
Les dirigeants des deux Chambres sont venus, en fin d'après midi, annoncer qu'une version finale de l'accord avait été rédigée et que le texte était publié sur internet. Il sera soumis au vote de la Chambre des représentants ce lundi, et le Sénat devrait se prononcer mercredi.
Aucun des négociateurs ne respirait l'enthousiasme: « c'est une chose que j'aurais préféré ne pas avoir à faire », a déclaré l'un d'entre eux. Cette intervention massive de l'Etat n'est pas bien perçue dans l'opinion publique et Nancy Pelosi, qui est à la tête de la Chambre des représentants, a rappelé que ce n'était pas un renflouement de Wall Street, mais un rachat de créances, donc que l''argent reviendrait, au bout du compte, à l'Etat.
Cette explication s'est poursuivie devant les commissions de parlementaires dans la soirée, afin que le vote soit le plus large possible chez les démocrates et les républicains. Les parlementaires des deux camps vont avoir à justifier eux mêmes leur prise de position, alors que la plupart d'entre eux sont à cinq semaines de devoir se présenter devant les électeurs.
John McCain et Barack Obama ont endossé cette intervention, tout en pesant pour que certains amendements soient apportés au texte du gouvernement.
Qu'ils briguent la présidence ou un siège parlementaire, les uns et les autres ont dû peser leur soutien à un texte impopulaire, contre le risque de porter la responsabilité d'un effondrement du marché et d'un gel du crédit s'ils ne faisaient rien.
Un plan qui pèse sur les échéances électorales
Mais ce plan de sauvetage des institutions financières américaines ne pouvait intervenir à un plus mauvais moment qu'à moins d'un mois et demi des élections. Il a, pour quelques jours, figé la vie politique : John McCain, qui s'est condamné à suspendre sa campagne tant qu'un accord n'était pas conclu, s'est retrouvé bloqué à Washington pendant quatre jours.
Si les républicains le créditent d'avoir stimulé la conclusion de l'accord, les démocrates affirment qu'il a, au contraire, compliqué les choses.
Barack Obama revendique lui aussi sa part dans la version finale du texte et a indiqué dimanche que, depuis deux semaines, il était tous les jours au téléphone avec le ministre des finances.
En fait, les deux candidats ont eu des positions proches sur la nature même du texte. L'un et l'autre ont poussé à un plus grand contrôle de l'utilisation des fonds et à une limitation des indemnités de départ des dirigeants des entreprises qui recevront de l'argent public.
Mais ils n'ont pas caché qu'ils acceptaient ce plan avec réticence, parce que, comme l'a dit John McCain, l'alternative n'est pas acceptable.
Les candidats aux élections présidentielle et parlementaires vont devoir, dans les semaines à venir, expliquer à une opinion publique déroutée par les mécanismes complexes des rachats de créances qu'il s'agit de sauver l'économie de l'asphyxie et non pas d'éponger les dettes de Wall Street.
17:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Bénélux : Etat d'urgence pour sauver la banque Fortis de la crise financière
Article publié le 29 septembre 2009 (source: rfi.fr)
Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Bénazet
La solution choisie par les autorités politiques et financières du Bénélux est une nationalisation partielle du groupe Fortis par les gouvernements des trois pays. Chacun des trois Etats acquerra 49% de la filiale bancaire de Fortis présente sur son territoire.
Cette opération coûtera 4,7 milliards d'euros à l'Etat belge, 4 milliards aux Pays Bas et 2 milliards et demi au Luxembourg.
Après 48h de réunions de crises et de tractations entre autorités politiques, autorités financières et même banques privées, les gouvernements du Bénélux ont tenu leur promesse du week end, à savoir trouver une solution pour restaurer la solvabilité de Fortis avant l'ouverture des marchés ce lundi.
Le rachat de la totalité du groupe financier par BNP Paribas a été très sérieusement envisagée au cours du week-end. Mais cette solution a finalement été écartée car BNP Baribas offrait un préjugé insuffisant, 1.60€ par action, comparés aux 5,20€ où le prix de l'action avait chuté, à la clôture des marchés.vendredi.
Deuxième décision prise par les dirigeants du Bénélux : Fortis devra vendre ses parts dans la banque néerlandaise ABM -Amro, banque dont le rachat il y a un an a marqué le début du déclin de Fortis.
Le premier ministre belge est monté au créneau pour rassurer les clients de Fortis : il a assuré que quiconque aurait confié un euro à cet établissement financier devait pouvoir être certain de le récupérer.
De son côté, Fortis ne s'est pas manifesté depuis la nomination d'un nouveau PDG, vendredi soir, le deuxième en deux mois. Cette mesure ne semble pas rassurer les Belges qui ont mis leur épargne chez Fortis.
17:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28 septembre 2008
Présidentielle américaine : Un match équilibré, dominé par la situation économique
Article publié le 27 septembre 2008 (Source: rfi.fr)
Pour la première fois vendredi soir, John McCain et Barack Obama se sont retrouvés face à face, pour le premier débat de la campagne présidentielle. Sur le campus de l’université du Mississippi, dit « Ol’Miss », il se sont affrontés pendant une heure et demie, dans un format très ouvert, qui leur a permis, après avoir répondu pendant deux minutes à chaque question du modérateur, de se parler directement pendant 5 minutes. Le thème de ce débat devait être à l’origine la politique étrangère, mais la crise financière a bousculé les plans et les 40 premières minutes ont été consacrées à l’économie.
Les deux candidats ont évité ce que l’un et l’autre redoutaient le plus : commettre un impair.
( Photo : Reuters )
De notre correspondante à Atlanta, Anne Toulouse
A cause de la crise financière, ce débat a bien failli ne pas avoir lieu, puisque John McCain avait annoncé qu’il n’y participerait pas, si un accord sur un plan de sauvetage n’était pas conclu au Congrès. Il a changé d’avis vendredi en début d’après-midi, bien que cet accord soit encore en discussion, mais le sujet a largement rattrapé les candidats.
Plus du tiers de leurs échanges ont porté sur l’actuelle situation économique, ce qui a, en quelque sorte, équilibré les forces, Barack Obama étant plus à l’avantage sur ce terrain, alors que John McCain est plus à l’aise sur les questions internationales.
L’un et l’autre ont néanmoins prudemment esquivé la question essentielle : « A quelle partie de votre programme êtes vous prêts à renoncer face aux restrictions budgétaires imposées par la crise économique ? »
Ni impair, ni éclat
Lorsque la politique étrangère est enfin arrivée, elle a été sans surprise un catalogue des positions et des désaccords bien connus des deux candidats, en particulier sur l’Irak. John McCain a accusé son adversaire de n’avoir pas compris la stratégie du « surge », le renforcement des effectifs en Irak, Barak Obama a répliqué : « John McCain ne semble pas avoir compris cette guerre n’a pas commencé en 2007, mais en 2003 », il aurait fallu, a-t-il dit, ne pas la déclencher.
L’enjeu de ce débat était pour John McCain de mettre en évidence l’inexpérience de son adversaire, ce qu’il a tenté de faire en répétant à maintes reprises : « le sénateur Obama ne comprend pas », ou bien le « sénateur Obama a tort ».
Le candidat démocrate a maintenu fermement ses positions. Les deux candidats ont évité ce que l’un et l’autre redoutaient le plus : commettre un impair. Leurs échanges ont été argumentés, animés et polis. Ils ont pleinement rempli la fonction officielle de ces débats destinés à informer le grand public des positions de ceux qu’il s’apprête à élire. En revanche, il n’y a pas eu de ces coups d’éclat qui font basculer l’opinion publique, et aucune répartie ne restera dans les annales de ce genre d’exercice.
Le sheriff et le juriste
Les deux adversaires semblaient avoir retenu les leçons de ceux qui les ont préparés pendant plusieurs semaines. John McCain qui a un tempérament de pilote de chasse devait mettre son agressivité en veilleuse. Il a néanmoins rappelé avec un certain plaisir que ses collègues sénateurs l’ont surnommé « le sheriff ». Barack Obama, qui a un tempérament de juriste, devait lui simplifier son discours et ne pas donner des réponses verbeuses.
A première vue les candidats sortent ex aequo de cet échange, ce qui est, en fait, un avantage pour Barack Obama. Il a en un avantage de 4 à 9 points dans les sondages et il doit simplement maintenir le statu quo. L’actualité l’a servi en faisant que ce débat ne porte pas pendant 90 minutes sur les questions internationales, où John McCain avait plus de chance de marquer des points.
Il est cependant difficile de juger de l’impact de ces débats sur le résultat de l’élection, ni même de savoir, a priori, qui en est sorti vainqueur. John Kennedy ou Ronald Reagan ont réussi à retourner les électeurs en leur faveur en une soirée. En revanche, lors des deux précédentes élections présidentielles, face à George Bush, Al Gore et John Kerry n’ont pas concrétisé dans le grand public l’avantage que leur donnaient les analystes.
Ce débat pourrait en tout cas battre le record d’audience, enregistré en 1980, lors de l’affrontement entre Ronald Reagan et Jimmy Carter, qui avait été suivi par plus de 80 millions de téléspectateurs. 50 millions de personnes ont regardé mercredi soir la brève allocution de George Bush, ce qui donne la mesure de l’intérêt des Américains pour la politique en cette période de crise.
08:56 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité américaine, débat télévisé, obama-mccain, présidentielle américaine
25 septembre 2008
Campagne présidentielle américaine :
Source: rfi.fr (Article publié le 25 septembre 2008)
John McCain et Barack Obama vont se joindre à George Bush pour essayer de trouver des solutions à la crise financière.
(Photo : Reuters)
« Notre économie tout entière est en danger »
Cette extraordinaire mobilisation survient quelques jours après que le président ait annoncé un plan de 700 milliards de dollars pour renflouer les institutions financières, mises à genoux par la crise du crédit. L’énormité de ce chiffre a provoqué une véritable fronde dans l’opinion publique, qui n’admet pas que les contribuables subventionnent les erreurs du monde de la finance. Mardi et mercredi, les deux auteurs de ce plan de sauvetage, le ministre des Finances, Henry Paulson, et le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, ont reçu de plein fouet la vague de ce mécontentement, lors d’auditions au Congrès. Les parlementaires, qui pour la plupart affronteront les lecteurs dans 40 jours, se sont fait l’écho des messages entendus dans leurs circonscriptions et ont laissé entendre qu’ils ne voteraient pas le texte sans apporter de sérieuses modifications, notamment pour resserrer le contrôle de l’Etat sur les établissements qui demanderont sa protection.
George Bush est apparu dans le cadre solennel d’un discours diffusé à une heure de grande écoute par toutes les chaines de télévision et a défendu son plan avec des accents dramatiques. « Notre économie tout entière est en danger », a-t-il dit, « nous pourrions faire face à une longue et douloureuse récession, des millions d’Américains pourraient perdre leur emploi… ». Il a longuement rappelé l’historique de cette situation, née de la crise du marché immobilier. Il a expliqué que seul le gouvernement avait les moyens de racheter les hypothèques en défaut de payement en attendant que le marché se redresse.
Le fait même que le George Bush soit obligé de venir une seconde fois, en moins d’une semaine, expliquer le bien fondé de sa décision est significatif de la situation d’un président qui a déjà un pied en dehors de la porte. La rébellion du Congrès a été alimentée par l’opposition des deux candidats à la présidence, dont celui du propre parti du président, John McCain. Bien que le vice-président soit allé personnellement essayer de les convaincre, les parlementaires républicains ont semblé plus empressés de se ranger derrière un éventuel futur président que derrière celui qui s’en va. C’est d’ailleurs John McCain qui a, le premier, proposé que le président le reçoive avec Barack Obama. Le candidat républicain a manifestement saisi l’occasion d’illustrer l’un de ses arguments de campagne : il est celui qui sait transcender les divergences partisanes, pour se mettre au service de l’intérêt national.
Barack Obama avait dû avoir la même pensée, puisqu’il a appelé mercredi matin de bonne heure son rival républicain, pour évoquer le rôle qu’ils peuvent avoir dans une situation dont l’un des deux héritera dans un futur proche. Dans l’immédiat, le fait qu’ils soient l’un et l’autre sénateur, les oblige à s’engager sur un texte qui peut peser lourd dans leur campagne. En votant ils avaliseront obligatoirement des éléments impopulaires, mais en ne votant pas, ils subiraient les conséquences d’un éventuel effondrement financier.
La crise économique favorise Barack Obama
Pendant les deux dernières semaines, la crise financière et les événements extraordinaires qui l’ont accompagnée, ont relégué au second plan la campagne présidentielle. A partir de ce constat, John McCain essaye de retourner à son profit une situation qui n’est pas à son avantage. Les sondages montrent que, pour plus de la moitié des électeurs, l’économie est devenue la priorité absolue et que dans ce domaine ils font davantage confiance à Barack Obama. Cet état de chose explique en grande partie la remontée du candidat démocrate, qui a pris un avantage de 5 à 9 points dans la moyenne nationale, et qui passe en tête dans les intentions de vote d’Etats clés comme le Michigan, le Colorado ou la Pennsylvanie.
Le pari de John McCain dépendra de la tournure des événements au cours de prochaines heures. Pendant que George Bush s’adressait à la nation, le Congrès était en train de mettre au point une version amendée du plan de sauvetage et espérait le soumettre au vote dans les 48 heures. Si tel est le cas et si le texte est acceptable pour le gouvernement, le candidat républicain aura l’air d’avoir volé au secours de la victoire. Si, au contraire, la situation n’est pas résolue d’ici la fin de la semaine, il pourrait se présenter comme l’homme capable d’arracher un compromis.
Reste l’affaire du débat présidentiel, qui pour l’instant est dans les limbes. Ce premier affrontement entre les deux candidats a pour thème la politique étrangère, ce qui sur le papier coïncidait avec l’actualité, en pleine session de l’Assemblée générale des Nations unies. Mais dans la réalité le sujet apparait, en effet, décalé. Ni la commission des débats présidentiels, ni Barack Obama n’ont souscrit à la proposition de John McCain de le reporter au 2 octobre. Si celui-ci s’obstinait, Barack Obama se retrouverait en situation de débattre avec lui-même. Ce serait un nouvel élément extraordinaire dans une campagne qui en a déjà connu beaucoup !
Anne Toulouse
12:22 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, mccain, crise financière internationale, présidentielle américaine
23 septembre 2008
Nations unies : Ouverture de la 63ème Assemblée générale
(Article publié le 23 septembre 2008)
Avec notre envoyée spéciale à New York, Anne Corpet
Les incidences de la crise alimentaire mondiale sur la pauvreté est le thème retenu pour cette 63ème Assemblée générale de l'ONU. Mais en coulisses, c'est le nouveau jeu d'influence entre grandes puissances qui occupera le cœur des débats.
Par deux fois déjà, cet été, Moscou a opposé son veto à des résolutions du Conseil de sécurité. La Chine et la Russie menacent maintenant d'empêcher toute résolution à l'encontre de la Birmanie, et Moscou pourrait refuser de soutenir de nouvelles sanctions contre l'Iran. «Les suites du conflit géorgien ont un impact sur les positions russes concernant d'autres sujets», a reconnu le représentant américain à l'ONU.
De leurs côtés, les pays émergeants, Brésil, Indonésie, Afrique du Sud en tête, dénoncent la main mise des Américains et des Européens sur les affaires du monde.
En ouverture de cette session annuelle, le président de l'Assemblée générale, un diplomate du Nicaragua, s'en est d'ailleurs vivement pris aux Etats-Unis (voir encadré). Moscou et Pékin récoltent les fruits de cette méfiance à l'égard de l'Occident.
Selon une étude réalisée par l'Institut européen de politique étrangère, les propositions russe et chinoise rallient désormais 74% des votes à l'ONU contre moins de 50% dans les années 90.
| Un vieil ennemi de Washington à la tête de l’Assemblée générale de l’ONU |
| Avec notre correspondant à New York, Philippe Bolopion Miguel d'Escoto se rappelle à Washington comme un mauvais souvenir. Ministre des Affaires étrangères du Nicaragua pendant onze ans, prêtre sandiniste, il préside cette année l'Assemblée générale des 192 pays membres de l'ONU. Il a été élu à ce poste par acclamation, sans que les Etats-Unis puissent faire grand-chose. Dès son discours inaugural, Miguel d'Escoto a accusé les Etats-Unis d'une « accoutumance à la guerre », et a jugé que le privilège du veto leur montait à la tête, au point de se croire tout permis. La remarque lui a valu une explication « franche » avec l'ambassadeur américain, Zalmay Khalilzad. Mais le passif reste lourd, entre Miguel d'Escoto et Washington. En 1983, le Nicaragua avait accusé la CIA d'avoir cherché à assassiner le prêtre, en lui envoyant une bouteille de Bénédictine empoisonnée au thallium, un métal toxique inodore. C'était l'époque où le président Reagan, « un boucher », selon Miguel d'Escoto, soutenait les contras, contre les sandinistes de Daniel Ortega. Opposé à la guerre en Irak et en Afghanistan, Miguel d'Escoto affirme vouloir tourner la page, pour remobiliser l'ONU contre la pauvreté. Mais ironie de l'histoire, c'est lui, le vieil ennemi de Washington, qui donnera la parole à George Bush ce mardi, pour son dernier discours devant l'ONU. |
14:06 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nations unies, onu, assemblée générale de l'onu
Lait contaminé: une affaire étouffée durant des mois en Chine
(Article publié le 23 septembre 2008)
Cet enfant de deux ans souffre de calculs rénaux après avoir bu du lait contaminé.
(Photo : Reuters)
Les autorités chinoises ont reconnu mardi que le scandale a été dissimulé pendant plusieurs mois par l’entreprise laitière mise en cause. Mais selon la presse officielle, le gouvernement n'a rien su de cette affaire avant le début du mois de septembre.
Avec notre correspondant à Pékin, Marc Lebeaupin
Encore une fois, c'est sur les dirigeants de la firme Sanlu que se portent tous les soupçons. Selon le Beijing News, un quotidien chinois proche du gouvernement, le drame du lait contaminé a commencé en décembre 2007. Déjà, à la fin de l'année dernière, des clients de l'entreprise chinoise s'étaient plaints du lait en poudre qui rendait malade les enfants.
Selon l'enquête menée depuis quelques jours, Sanlu aurait dissimulé ces plaintes et aurait attendu le mois de juin 2008 pour effectuer les premiers examens sur le lait en poudre, et découvrir la présence de mélamine. Cette découverte aurait encore été gardée secrète jusqu'au 2 août 2008, date à la quelle les autorités locales auraient été averties.
Sous les verrous
Mais l’information n’aurait pas été répercutée au niveau national. Rien n’aurait été fait pour stopper la contamination du lait. Enfin, le gouvernement n’aurait été prévenu que le 9 septembre, soit deux jours avant que le scandale n’éclate.
Un scénario qui met totalement hors de cause le gouvernement, et qui surtout écarte l’hypothèse selon la quelle la Chine aurait étouffé l'affaire pendant la durée des Jeux olympiques. Une version en partie contestée par le partenaire néo-zélandais du groupe Sanlu, selon lequel l’information était connue depuis le mois d’août.
Quand aux principaux accusés chinois, dirigeants de Sanlu ou responsables locaux du Parti communiste, ils sont sous les verrous et ne sont pas près de parler.
13:58 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, lait contaminé, scandale
20 septembre 2008
Présidentielle américaine: Et si les américains n’étaient pas prêts à se faire gouverner par un Noir!
Depuis l’enclenchement du processus électoral aux Etats-Unis avec les primaires dans les camps démocrate et républicain, la fièvre électorale américaine s’est exportée sur le reste du monde, tant le destin de ces six milliards de terriens semble aujourd’hui lié aux options politiques et mêmes aux caprices des occupants de la Maison Blanche. En Afrique particulièrement, les débats sur la présidentielle américaine font rage. Et pour cause, l’un des protagonistes de la présidentielle américaine en est originaire. Barack OBAMA, puisque c’est de lui qu’il s’agit, serait élu à une majorité à la soviétique si les élections se passaient en Afrique. Normal, la jeunesse africaine se projette en OBAMA qui incarne à suffisance le rêve américain. Mais, la réalité est là : les élections se passent aux Etats-Unis et je me pose la légitime question de savoir si les américains sont prêts aujourd’hui à se faire gouverner par un « Black ».
Par Ablo des AS

J’aimerais bien le croire, en tant qu’Africain de voir mon alter prendre les rênes du pays le puissant du monde mais la réalité du terrain semble toute autre : les américains ne seraient pas prêts à se laisser gouverner par un « noir », pas plus que les Français en 2007 n’étaient prêts à se laisser gouverner par une « femme ».
Comparaison n’est pas raison …
A l’époque, au plus fort de l’ascension dans les sondages de Ségolène ROYAL, certains analystes avaient relevé, entre autres atouts, le fait pour elle d’être du sexe féminin, belle de surcroît, et avec une aisance communicationnelle remarquable, tandis que d’autres n’ont pas manqué de relever que cet atout pourrait, en réalité être pour elle un handicap, du fait du « machisme légendaire des Français ». Cette raison subjective, si elle ne justifie pas la dégringolade brusque de Ségolène ROYAL dans les sondages, elle ne devait pas y être insignifiante. La suite, on la connaît : Ségolène ROYAL a perdu aux élections face à un Nicolas SARKOZY très controversé quant à ses options politiques, décevant ainsi l’espoir de tous ces assoiffés de changement pour une France si mal en point, l’espoir de tous ceux qui pensaient qu’une femme pouvait, en ce début de 21ème siècle, diriger la France.

Barack OBAMA n’est pas Ségolène ROYAL, mais tout comme celle-ci en son temps, la popularité soudaine de celui-là est due, je pense, beaucoup moins à sa maîtrise des enjeux de la politique américaine, qu’à sa couleur de peau et à sa volubilité, suscitant ainsi l’espoir chez les progressistes et les minorités. Du coup, la presse, en quête de sensationnel ou plutôt pour ne pas être taxée de raciste s’en mêle faisant donc d’OBAMA, sinon le messie, du moins une chance, un mythe… la personne idéale à même d’incarner le rêve américain, le changement. Mais, sur ces artifices créés par l’OBAMANIA, on en a fait plutôt une « rock star » dont la popularité semble s’émousser avec le temps, à l’approche de la présidentielle, à l’heure des débats sur des questions aussi délicates comme la crise économique et financière aux USA, la lutte contre le terrorisme, la crise dans le Caucase, etc.
Ce contexte, que d’aucuns estiment savamment orchestré par le camp républicain au pouvoir pour justifier une présidence forte durant le mandat à venir, tout comme « Bush aurait créé le 11 septembre pour justifier la guerre en Irak », semble être désavantageux à OBAMA au moment même où les USA viennent de commémorer le 7ème anniversaire de ce triste événement.

Aujourd’hui encore, soit plus d’un demi-siècle après l’affaire Rosa PARK, du nom de cette femme noire-américaine qui refusa, le 1er décembre 1955, de céder sa place à un homme blanc dans un autobus et qui se vit infliger une amende de 10 dollars (plus 4 dollars de frais de justice), les stigmates de la ségrégation raciale semblent subsister à cette apparente égalité entre Blancs et noirs au Etats Unis d’Amérique. J’ai bien peur que 40 ans après l’assassinat de Martin Luther KING, révélé alors par cette affaire, les USA ne me semblent pas prêts à se laisser gouverner par un « Noir ». On sait traditionnellement que pour être élu aux Etats Unis, il fallait être « Blanc, Anglo-Saxon et Protestant » (White Anglo-Saxon and Protestant : WASP). Aujourd’hui, les barrières semblent tomber mais ce n’est que de façade et OBAMA l’a appris à ses dépens lorsque, dans son propre camp politique, on avait fait ressortir ses origines musulmanes pour le mettre hors-jeu.
… mais Barack OBAMA semble sur la même trajectoire que Ségolène ROYAL.
C’est vrai qu’aux Etats Unis des outils de communication comme la télé, le cinéma, etc. ont tenté de faire briser les barrières des stéréotypes sur le « nègre » préparant l’opinion à une présidence black. Mais de là à croire que l’américain moyen, l’américain de base, celui-là qui « possède un calibre à la maison et qui apprend à son fils de 6 ans à tenir une arme… » serait prêt à se faire diriger par un « Black », c’est se laisser raconter un conte de fée.

Je ne veux pas passer pour un oiseau de mauvais augure. Je rêve aussi comme tous mes congénères qu’OBAMA accède au « bureau ovale », mais je crains fort que ce rêve prenne brutalement fin et laisse place à une désillusion, tout comme j’avais rêvé que Ségolène ROYAL remportât la présidentielle française. Hélas, les faits sont têtus et m’amènent à me rendre à l’évidence que les deux hommes politique, aux destins si divers, semblent sur la même trajectoire. Ségolène aurait perdu parce qu’elle est une femme, « un gadget électoral » comme l’avait caricaturée Jean Marie LE PEN, Président du Front National. Ma crainte est donc légitime quant à l’éventualité de l’échec de Barack OBAMA parce qu’il est un « Noir » et que les américains, si puritains, ne seraient pas prêts à « se souiller ». Excusez du peu.


De toutes façons, OBAMA ou MC CAIN, c’est bonnet blanc, blanc bonnet. Un américain reste un américain. A les entendre tous les deux sur certaines questions comme le conflit israélo-palestinienne je me demande vraiment si OBAMA est bien le messie qu’attend cette jeunesse africaine. D’ailleurs, que représente l’Afrique aux yeux de l’Amérique ? Pas grand-chose.

Par Ablo des AS
E-mail: ablodesas@gmail.com
10:23 Publié dans DIASPORA AFRICAINE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, présidentielle américaine
19 septembre 2008
Etats-Unis : Un plan pour assainir le système bancaireUn plan pour assainir le système bancaire
source: rfi.fr (Article publié le 19 septembre 2008)
L’annonce d'un vaste plan des autorités américaines pour reprendre les actifs « toxiques » des banques a eu ce jeudi soir un impact spectaculaire : le marché boursier américain a inscrit son gain en pourcentage le plus élevé en six ans. Les places asiatiques ont immédiatement embrayé sur leurs homologues américaines et les places européennes devraient également suivre.
A l'ouverture ce matin, la bourse de Hong Kong regagnait déjà plus de 6 %. Shanghai progressait également de 8 %.
( Photo : Reuters )
C’est à l’issue d’une nouvelle réunion d’urgence, convoquée en fin de journée, que le Trésor américain a confirmé travailler avec le Congrès à un vaste plan visant à assainir le système bancaire pour essayer de limiter les faillites en chaîne, et surtout de restaurer la confiance dans le secteur financier.
Il s’agirait pour l’Etat de racheter les actifs à risques accumulés par les banques pendant la bulle immobilière, et ce serait la réédition d’une opération lancée dans les années 80, au moment où des caisses d’épargne s’étaient mises à faire faillite les unes après les autres.
L’idée, ce serait donc de mettre en place une structure, et non plus se porter ponctuellement au secours d’organismes en difficulté.
Se pose évidemment la question du coût pour le contribuable américain d’une telle opération, lorsque l’on sait que le seul sauvetage d’AIG cette semaine a coûté 85 milliards de dollars.
Les négociations entre le congrès et le gouvernement fédéral vont donc se dérouler de façon intensive dans les heures et les jours à venir. De nombreux économistes s’accordent à dire que c’est la seule solution.
D’ailleurs, lorsque des informations sur ce projet ont commencé à circuler hier après midi, la bourse de New York est repartie à la hausse.
| Wall Street repart à la hausse |
| Wall Street a rebondi hier en apprenant que l’administration Bush étudie un plan qui permettrait à l’Oncle Sam de racheter les mauvaises créances du système bancaire, en particulier dans le secteur de l’immobilier, pour mieux les liquider par la suite. Cette assistance pourrait se faire en échange de participations dans le capital des banques. L’idée est d’assainir les bilans des banques pour restaurer la confiance de faire baisser les taux de crédit immobilier de permettre aux foyers solvables de refinancer leur crédit pour éviter la saisie de leur logement. Ce plan toutefois est controversé car il revient à nationaliser les pertes bancaires. En outre, les élus du Congrès sont sur le point de partir en campagne pour les législatives de début novembre. Il sera difficile de faire passer une telle loi pendant des semaines. Pour autant, l’espoir du Trésor américain est qu’un plan de cette inspiration se substitue aux interventions répétées de ces derniers jours, en vue de sauver les établissements financiers du dépôt de bilan. |
Les marchés asiatiques redémarrent en flèche
Après une semaine noire, c'est presque l'euphorie ce matin sur les marchés chinois. A l'ouverture ce matin, la bourse de Hong Kong regagnait déjà plus de 6 %. Shanghai progressait également de 8 %. La tendance était la même dans toute la région.
Un retournement de tendance très brutal, et qui s’explique pour commencer par les interventions massives des banques centrales, mais aussi les encouragements adressés aux investisseurs.
Comme toutes les grandes Banques centrales, la Banque de Chine a mis en œuvre un programme de refinancement des banques locales. Selon l’agence de presse officielle chinoise, un fonds d’investissement contrôlé par la Banque centrale chinoise a augmenté ses participations dans le capital des banques les plus menacées.
Parallèlement, le gouvernement a annoncé la suppression totale de la taxe sur les investissements boursiers, déjà fortement réduite au mois d'avril.
De bonnes affaires à saisir
Autre facteur de ce redressement : les bonnes affaires à saisir en période de crise. Les fonds d’investissement chinois ne sont pas à cours d’idées. La Banque de Chine va prendre 20 % du capital de la Compagnie financière de Rotschild, une banque d’affaire française, qui va en profiter pour s'installer en Chine.
Mais surtout, on soupçonne les fonds d'investissement chinois de mener une opération d'envergure destinée à prendre le contrôle de Morgan Stanley, la dernière banque d’affaire américaine encore indépendante. Des rumeurs qui contribuent aussi à relancer les marchés.
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08 septembre 2008
Pakistan : Les défis du nouveau président
Source: rfi.fr (article publié le 06 septembre 2008)
Le nouveau président pakistanais, Asif Ali Zardari a une réputation très controversée à l'étranger mais aussi dans son propre pays. Il reste un symbole de la corruption au sommet du pouvoir dans les années 1990, quand sa défunte épouse Benazir Bhutto était Premier ministre. Aujourd'hui, c'est un Pakistan fragile qu'Asif Ali Zardari va devoir diriger.
Asif Ali Zardari, le nouveau président du Pakistan en compagnie de ses deux filles, à Islamabad le 6 septembre 2008.
(Photo: Reuters)
Avec notre correspondante à Islamabad, Nadia Blétry
Ce samedi 6 septembre, le nouveau chef de l’Etat pakistanais va prendre les rênes d’un pays fragile.
Sur un plan intérieur, les difficultés sont nombreuses. La première d’entre elles est liée à la grave crise économique qui frappe le pays. Les analystes redoutent que le Pakistan ne soit au bord de la banqueroute.
Mais, il ne s’agit pas là du seul problème que connaît le pays. Il faut ajouter à cette précarité économique la crise de la justice et l’insécurité croissante. Depuis juillet 2007, les attentats se sont multipliés, causant la mort de plus de 1 200 personnes.
Sur un plan international, la question de la lutte contre le terrorisme va justement être l’un des principaux dossiers du chef de l’Etat. Islamabad est dans une situation délicate, car les autorités doivent faire face à la colère de la population civile des zones tribales qui se sent la première victime dans la lutte contre le terrorisme.
Mais, par ailleurs, les autorités pakistanaises doivent également répondre aux exigences de leur allié américain pour intensifier leurs efforts contre les militants extrémistes.
| Washington salue un allié de l'antiterrorisme, par Jean-Louis Pourtet |
| Dans un communiqué, la Maison Blanche a félicité le président Zardari et s’est dite prête à travailler avec son gouvernement, notamment dans le domaine du contre-terrorisme. Pour sa part, Condoleezza Rice, actuellement en déplacement en Afrique du Nord, a été impressionné par les déclarations du nouveau leader, qui reconnaît que le combat contre le terrorisme est celui du Pakistan. La secrétaire d’Etat a aussi apprécié les paroles amicales qu’il a eu à l’égard des Etats-Unis. Ali Zardari, considéré comme pro-occidental, prend les rênes à un moment où les Etats-Unis ne cachent plus leur impatience devant le peu de zèle de l’armée pakistanaise à chasser les Talibans. Les forces spéciales américaines, basées en Afghanistan, n’ont pas hésité, il y a quelques jours, à faire une incursion en territoire pakistanais pour poursuivre les terroristes. Un acte qui n’a fait qu’accroître l’anti-américanisme des Pakistanais. Les responsables américains s’inquiètent du pouvoir qu’aura Zardari sur les militaires. La réputation du nouveau président est aussi entachée par son emprisonnement pour corruption. Dans une tribune libre du Washington Post parue le 4 septembre, il qualifiait ces allégations de politiquement motivées et concluait : « J’espère que mon élection scellera la victoire de la démocratie sur la dictature et permettra enfin à mon pays de vaincre la menace terroriste et de répondre aux besoins du peuple ». |
10:03 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : asif ali zardari, pakistan

