28 novembre 2008
SUPPRESSION DES PARADIS FISCAUX : Une question de souveraineté
Les paradis fiscaux. Faut-il les entretenir ou plutaôt les supprimer? Au moment où se débat passionne les milieux d'affaires au Burkina comme France, M. Amadou YARO, fiscaliste et Directeur Général du Centre d’Enseignement à Distance de Ouagadougou (CEDO). Donne son point de vue dans un article ublié dans le journal le pays, dans sa livraison n° 4954 du jeudi 28 novembre 2008.
A la faveur de la présente crise financière dont les solutions sont encore à trouver, les paradis fiscaux (pudiquement appelés par certains « centres non contrôlés ») sont revenus au devant de l’actualité comme étant de possibles sources de cette situation difficile au plan international. On se souvient encore de la passe d’arme il y a quelques semaines entre le président en exercice de l’union européenne, le président français et le premier ministre luxembourgeois, le premier accusant le second de créer un refuge pour les fraudeurs et de mettre ainsi à mal la cohésion des solutions de sorties de la crise financière.
1- Les paradis fiscaux et leurs conséquences
Les systèmes fiscaux internationaux ont généré depuis longtemps des situations de plus en plus complexes dans leur volonté de trouver des ressources aux Etats modernes pour le financement de leur développement. L’impôt, on le sait, est la principale source de recettes des Etats modernes, et à ce titre est manipulé dans le but premier de fournir les moyens aux pouvoirs publics de remplir leurs obligations vis-à-vis de leurs populations. Ainsi dit, les autorités de tous les pays créent les conditions pour que leurs systèmes fiscaux soient les plus performants. C’est dans ce sens que les lois et règlements sont adoptés et sont différents d’un pays à un autre, c’es-à-dire que chaque pays adopte des législations en fonction de ses besoins propres. Les systèmes de taxation varient d’un pays à un autre, c’est-à-dire que la pression fiscale sera traitée selon les avantages que chaque pays peut retirer. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre le concept de paradis fiscal. Pour définir les paradis fiscaux et pour être simple, il faut se référer aux modes, à l’intensité, mais aussi aux matières ou aux personnes qui pourraient faire l’objet de taxation. Dans la plupart de nos législations, du moins celles qui sont héritées du système français, l’impôt doit toucher toute matière imposable, tout revenu. Autrement, tout bien, voire toute personne est susceptible d’être frappé par le prélèvement fiscal. C’est un choix qui est essentiellement dicté par l’importance ou la diversification des activités imposables. Il peut y avoir aussi un autre choix, qui est celui de créer des conditions pour emmener les entreprises ou les personnes physiques à s’installer dans leurs pays en misant sur le moins de charges possibles et en jouant sur le secret des informations. Un adage africain dit bien que « l’argent n’aime pas le bruit ». Les paradis fiscaux sont donc des espaces territoriaux dont les systèmes de taxation se fondent sur de nombreuses exemptions fiscales et sur le respect d’un strict secret relativement aux informations financières. Il faut savoir qu’un des principes qui guident la finance internationale (aussi bien publique que privée) est la transparence. Une entreprise ne peut pas être cotée en bourse si ses comptes ne sont pas transparents, si ses comptes ne sont pas publiés et connus de tous les intervenants. Ce qui n’est pas le cas des paradis fiscaux. Comme leurs noms l’indiquent, ce sont des paradis, c’est-à-dire des territoires où les opérateurs se sentent bien, en référence à des lieux paradisiaques. Ce sont des lieux où la charge fiscale est quasi inexistante, où le contribuable n’a pratiquement rien à payer. L’existence des paradis fiscaux est fondée d’une part sur les principes de souveraineté des Etats et d’autre part sur le développement d’autres activités sources de revenus pour les Etats. En effet, l’impôt est un des domaines par excellence dans lequel les Etats aiment à imprimer leur souveraineté, où les pouvoirs publics affirment leur mainmise. Dans la plupart des constitutions, le pouvoir fiscal de l’Etat est jalousement gardé, et même dans le cadre des unions d’intégration économiques, des vifs débats sont engagés entre les acteurs politiques, économiques et sociaux lorsque l’Etat est dépouillé de cette prérogative importante dans la prise de décision. De ce point de vue, il n’y a pas grand-chose à dire, sauf à remettre en cause le sacro- saint principe de cette souveraineté. Par ailleurs, les paradis fiscaux font référence aux sources de revenus des Etats pour leur développement. Des Etats ont mis l’accent sur d’autres sources de financement de leurs activités. Ceci pose la question de savoir comment vivent les pouvoirs publics dans ce cas, comment les pouvoirs publics dans un paradis fiscal financent leurs activités de développement ? La réponse à cette question se trouve dans les choix que peut faire un pays pour sa stratégie de développement, sur la nature des activités qu’il entend développer pour soutenir son économie. Nous parlons au Burkina d’impôts, de fiscalité, de taxations, d’obligation de payer l’impôt, etc. parce que tout simplement notre pays ne regorge pas suffisamment de biens ou de sources de revenus autre que des cotisations demandées aux personnes physiques et morales. Dans les pays pétroliers et dans ceux dont les sous- sols contiennent de nombreux gisements, la tâche dévolue aux administrations fiscales et douanières (si elles existent et fonctionnent correctement) n’est pas la même que dans les pays que la nature n’a pas favorisés sur ce plan. L’impôt n’est pas la seule source de recettes de l’Etat. Les conséquences des paradis fiscaux sont à trouver dans les rapports de ces pays avec leurs partenaires économiques et financiers. Pour commercer à faire des affaires, il faut partir sur les mêmes bases, sur les mêmes normes, afin que la concurrence soit loyale. Hors les paradis fiscaux, en proposant une fiscalité quasi inexistante, créent des dysfonctionnements dans les activités économiques. Les critères d’évaluation ou de performance ne sont pas les mêmes, ce qui a pour conséquences d’entraîner un basculement de la richesse d’un pays vers un autre pays. L’investissement productif, sur lequel compte un pays qui n’a pas les mêmes capacités de création de la richesse qu’un autre pays, risque d’être nul. Dans l’espace UEMOA, il y a les politiques de convergences dont un des objectifs est de mesurer les performances de chaque pays et de pouvoir ainsi trouver des solutions globales. Si les principes de taxation ne sont pas les mêmes, il y a des risques que les objectifs ne soient pas atteints.
2- Faut-il lutter contre les paradis fiscaux ?
La liste des paradis fiscaux est longue. Selon un récent rapport de l’OCDE, il en existe plus de mille, aussi disparates les uns que les autres, aussi grands les uns par rapport aux autres, et même que certains sont intégrés dans des structures économiques de grande importance dans le monde économique. Les plus connus sont la principauté de Monaco (même si elle s’en défend), le Linchtenstein, le Luxembourg. On en trouve également dans les Caraïbes et en Asie. La question est de savoir s’il faut lutter contre les paradis fiscaux. Cette question est récurrente et vient à propos de la crise financière actuelle. Le président français a récemment mis en cause le Luxembourg en sommant quasiment ses responsables politiques de changer leurs textes et ceci dans les meilleurs délais. Ce pays, membre actif de l’Union européenne, est vu par certains de ses partenaires comme une anomalie dans le système actuel. Mais on est souvent étonné de constater que la lutte contre les paradis fiscaux est une question qui apparaît en période de crise, comme si tout le monde s’en contentait en période plus calme. Et c’est à ce niveau que la lutte contre les paradis fiscaux trouve une certaine limite objective. En effet, lutter contre les paradis fiscaux entraîne la remise en cause des choix légitimes des pays concernés d’une part et d’autre part que les partenaires économiques gagnent dans cette revendication. La souveraineté des Etats est encore une fois posée dans ce débat. Chaque pays étant libre, il est difficile de demander à un pays de renoncer à ses choix économiques sans être accusé de s’immiscer dans les affaires internes de ce pays. De ce point de vue, on se rappelle que le 1er ministre luxembourgeois ne s’en était pas privé lorsqu’il a été attaqué sur ce point. Mais en même temps, les paradis fiscaux offrent des avantages certains à ceux qui les combattent aujourd’hui. Un des avantages reconnus est que les fonds qui y sont gelés sont parfois des réservoirs qui sont injectés dans les économies en cas de difficultés. Par ailleurs, les entreprises, en payant moins d’impôts, sauvegardent leurs outils de travail, donc de nombreux emplois dans leurs pays d’origines. A l’heure actuelle, les réponses à la crise financière sont nombreuses et leurs sources sont à trouver partout, y compris dans la remise en cause des paradis fiscaux. Encore que certains spécialistes font la différence entre les paradis fiscaux « acceptables » parce que jouant leurs rôles de refuge et les paradis fiscaux à bannir parce que insaisissables, incontrôlés, inaccessibles et dont les pouvoirs publics sont qualifiés de dictateurs. Les paradis fiscaux, dans un système de globalisation des économies, constituent une entorse aux grands principes de gestion qui sont enseignés et notamment véhiculés par les instances internationales de financement comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international. Mais, il ne faut pas s’y tromper car si les paradis fiscaux subsistent dans le paysage fiscal et économique mondial, c’est que les avantages sont bien compris. Il faut, pour ce faire, que toutes les parties soient dans une même logique, celle d’avoir les mêmes règles de fonctionnement.
Amadou YARO Directeur général du CEDO
09:41 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amadou yaro, paradis fiscaux
22 novembre 2008
LA CRISE FINANCIERE ACTUELLE : CAUSES ET CONSEQUENCES SUR LES PAYS AFRICAINS
Le 22 ocotobre 2008, nous publiions sur ce blog l'analyse d'un économiste burkinabè sur la crise financière internationale. Dans cet article, le Professeur Taladidia Thiombiano, puisque c'est de lui qu'il s'agit, avait "décortiqué" la crise actuelle en situant ses causes, notamment sur les plans théorique, militaire et financier, avant d'en donner les conséquences sur les économies des pays développés et émergeants. Dans l'article suivant, le Professeur, comme promis, situe les causes et conséquences de cette crise sur les pays africains. Très édifiant. Lisez plutôt!
_____________________________________
par Taladidia THIOMBIANO, professeur à l’Université de Ouagadougou
Dans les analyses précédentes, nous avons montré les incidences de cette crise née aux Etats-Unis, sur les pays européens et asiatiques, notamment le Japon et la Chine. Les effets de cette crise se situent à un niveau mondial, puisque nous avons situé précédemment les liens que la finance russe a avec les banques américaines actuellement en difficultés. L’interdépendance des économies nationales fait qu’aucune économie n’est à l’abri. Bien que les autorités monétaires africaines et notamment celles de la zone franc semblent être optimistes quant aux conséquences néfastes de cette crise financière sur les économies de la région, nous pensons que c’est d’un point de vue strictement financier et à court terme. Dans la mesure où cette crise financière est en train de se muer en crise économique, il va s’en dire que les conséquences seront assez dures pour les économies africaines très extraverties. Avant d’analyser les conséquences (2), nous allons examiner les caractéristiques de ces économies (1).
I- Les caractéristiques des économies africaines
C’est vrai qu’au plan financier, la plupart des banques africaines ne sont pas dans la haute finance internationale. Les titres ne sont pas cotés sur ces marchés car ces banques sont de petites unités caractérisées par un volume de transactions relativement faible. Ce sont essentiellement des banques de dépôts à court terme en provenance principalement des particuliers et surtout des salariés. C’est ce qui les met temporairement à l’abri de la présente crise financière internationale.
1.1.Situation économique d’ensemble
Il faut souligner d’entrée que la situation économique de l’Afrique au sud du Sahara n’est pas homogène. On distingue des pays à revenus intermédiaires ou émergents comme l’Afrique du Sud et le Nigéria, des pays à rentes pétrolières (Nigéria, Angola, RDC, Congo, Gabon, Cameroun), des pays à pluviométrie abondante et régulière (Afrique équatoriale), des pays sahéliens côtiers (Sénégal, Gambie, Guinée Bissao), des pays sahéliens non côtiers (Burkina Faso, Mali, Niger), des pays sahéliens non côtiers à rentes minières (Tchad, Niger) etc. On peut faire autant de croisements que l’on veut, tellement les diversités sont grandes.
En fonction de ces diversités, les incidences de la crise économique internationale qui se profile à l’horizon ne seront pas ressenties de la même façon dans les différents pays. Il y a ceux qui auront accumulé les rentes pétrolières suite à la hausse des prix de ce minéral et ceux qui n’ont que des produits agricoles à l’exportation dont la hausse des cours a été plus modérée et partant, les réserves de devises sont plus faibles.
De façon générale, au cours des trois dernières années, le taux de croissance du PIB de l’Afrique est resté autour de 5,8%. Ce taux a placé le continent comme ayant eu la croissance la plus élevée à l’exception de l’Asie est et sud, de l’Inde et de la Chine. Dans l’ensemble, le taux a été légèrement supérieur à ceux de l’Asie occidentale (5,6%) et de l’Amérique latine et Caraïbe (5,2%) selon le Rapport de la Commission Economique pour l’Afrique 2008. Quant aux taux de croissance des pays développés, ils ont été inférieurs à 3%.
1.2.Caractéristiques des exportations
Dans nos analyses passées, nous avons expliqué que de façon générale, une crise financière conduit le plus souvent à une crise économique. Si tel était le cas, et il est fort probable qu’il en soit ainsi, les conséquences peuvent être désastreuses sur les économies africaines. La plupart de ces économies exportent des matière premières : produits minéraux (pétrole, gaz), produits miniers (cuivre, aluminium, or), produits agricoles (café, cacao, coton), et importent du matériel industriel, technologique et des produits alimentaires (produits finis, produits agricoles : riz, blé etc.)
En 2007, tout comme au premier trimestre 2008, il y a eu une appréciation des cours des produits de base. La demande de pétrole a augmenté en 2007, cela étant en partie dû à la Chine. Mais la hausse des prix n’est pas due seulement à l’accroissement de cette demande chinoise mais aussi à certains conflits et catastrophes naturelles (Irak, Nigéria, tempêtes sur le Texas), et enfin aux spéculateurs. Les analyses de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA 2008) montrent que les prix des minéraux (pétrole, gaz), des minerais (aluminium, cuivre) et métaux précieux (or, diamant) ont augmenté de 178% entre 2000 et 2006. Les hausses les plus importantes ayant été pour le cuivre (261%), mais aussi pour l’aluminium et l’or (Afrique du Sud, Burkina Faso, Mali). Notons que pour l’or, l’indice est passé sur base 2000, de 97,1 à 216,6 entre 2001 et 2006, soit un coefficient multiplicateur de 2,23. En d’autres termes, les prix de l’or ont plus que doublé durant cette période. Ceci a constitué des profits inattendus pour tous les producteurs d’or et notamment un pays comme le Burkina Faso.
Pour les matières premières agricoles, la hausse des prix est restée beaucoup plus modérée que celle des produits du sous-sol. Le prix du coton qui concerne le Burkina Faso a été très faible, passant de l’indice (base 100 en 2000) 81 en 2001 à 111,5 en 2008 avec de fortes fluctuations, notamment en 2002 où il a été de 78,1. Compte tenu de cette situation, quelles sont les capacités de résistance des économies africaines ?
II- Forces, faiblesses des économies africaines et conséquences de la crise
2.1.Forces
La plupart des économies africaines sont faiblement liées au système financier international en dehors d’un pays comme l’Afrique du Sud. Les mécanismes de financement mis en place sont souvent très rigides, en particulier dans l’espace de la zone franc. Le continent a surtout comme atout majeur, la grande disponibilité de matières premières (pétrole, cuivre, uranium, or, etc.) et de ressources énergiques non polluantes (soleil, chutes d’eau).
2.2. Faiblesses
Ce sont des économies qui exportent essentiellement des matières premières ; de ce fait, elles sont très fortement exposées aux fluctuations des cours de celles-ci. La transformation permettant une plus grande valeur ajoutée est quasi inexistante. Il y a peu de diversification des produits exportés. Par ailleurs, le commerce intra africain reste encore relativement peu développé avec une trop grande dépendance vis-à-vis des biens alimentaires, des financements et de la technologie venant des pays développés et émergents. Enfin, ces économies sont fortement liées au plan du secteur primaire, et notamment agricole aux aléas climatiques. Ainsi, les capacités de réponses des agriculteurs à une pénurie alimentaire sont réduites au regard de leur faible équipement et du bas niveau de productivité.
Un facteur très important est la faible disponibilité en qualité et en quantité des ressources humaines dans les secteurs de pointe pour impulser une dynamique économique. Cette situation pourrait s’aggraver avec la politique de l’immigration choisie chère au président français, N. Sarkozy.
Tous ces facteurs montrent la trop grande vulnérabilité des pays africains et la nécessité d’avoir des réflexions plus approfondies. Quoi qu’il en soit, ce sont ces maux qui exposent le continent à un certain nombre de conséquences susceptibles d’accélérer les répercussions de ce qu’il convient présentement d’appeler la crise économique.
2.3. Conséquences sur les économies africaines
A la lumière de ces forces et faiblesses, il apparaît très clairement que si la crise financière prenait des proportions plus importantes, au point d’être une crise économique généralisée comme la tendance se dessine, les conséquences sur les économies africaines seront multiples. Nous ne partageons pas le point de vue de certains financiers qui considèrent principalement la partie financière de la question pour conclure que les effets négatifs sur les économies africaines seront limités au regard de la situation des banques africaines.
En effet, malgré une injection massive de monnaie de la part des pays développés dans leurs économies, la consommation des ménages ne sera pas relancée rapidement, ensuite les entreprises qui sont déjà dans de mauvais états ne vont pas prendre le risque d’effectuer de nouveaux investissements, ce qui serait contraire à la contraction de la demande de la consommation. Les injections massives actuelles de monnaie par ces états vont augmenter les déficits budgétaires et probablement l’inflation. Enfin, il se profile à l’horizon un accroissement du taux de chômage. En conclusion, les perspectives de relance de la production sont faibles à court terme. De là, il en résultera les conséquences ci après :
. Les premiers secteurs qui connaîtront des difficultés seront les transports (industrie aéronautique, constructeurs d’automobiles). Les incertitudes des lendemains vont également amener les ménages à réduire leur consommation. Le résultat final de toute cette situation sera les licenciements massifs et l’aggravation de la crise financière au point de la conduire à une crise économique. La réduction de la production dans ces pays développés peut avoir comme conséquence un ralentissement de la demande des matières premières et une baisse de leurs prix. Il en résultera pour les pays africains:
a) une réduction des exportations et un accroissement des déficits des balances commerciales. Il y aura deux effets sous jacents :
* la baisse des prix des matières premières ;
* l’aggravation des déficits budgétaires ;
b) une réduction de l’aide au développement des pays industrialisés afin de faire face à leurs propres sans emplois et autres ;
c) dans les pays les plus ouverts au marché international comme l’Afrique du Sud et le Nigéria, on pourrait voir des désinvestissements s’opérer. Toutefois, cela peut être compensé par la venue des pays émergents (Chine, Inde) ;
d) la baisse des taux d’intérêt pourra rendre plus disponible le loyer de l’argent, mais encore faudra t-il qu’il soit disponible pour les pays les plus pauvres comme le Burkina Faso ;
e) une réduction des tensions inflationnistes consécutive à la baisse du prix du baril de pétrole et à une bonne pluviométrie, tout au moins pour ce qui est de l’année 2008-2009.
En somme, malgré quelques résultats positifs qui pourront se dégager, les plans de lutte contre la pauvreté vont en souffrir. Le taux de chômage va augmenter. La croissance économique pourra être maintenue dans certains pays si la pluviométrie est au rendez-vous comme c’est le cas cette année. Toutefois, pour l’ensemble de l’Afrique et notamment pour les pays pétroliers, il est fort possible que l’on observe un ralentissement de cette croissance.
III- Les alternatives
Cette crise peut être un facteur très favorable pour les pays africains au sud du Sahara pour initier de nouvelles stratégies de développement et de coopération.
3.1.Au plan de la stratégie de développement
Depuis les indépendances, la stratégie de développement de l’Afrique a consisté à commercialiser ses productions à l’état brut : produits de l’agriculture (coton, café, cacao, arachide), gisements minéraux et miniers (pétrole, gaz, uranium, fer, or, etc.). De plus, elle a maintenu des relations économiques et politiques privilégiées avec l’ancien colonisateur, toutes ayant contribué à l’empêcher de diversifier ses partenaires commerciaux et technologiques. Le résultat a été un développement faible, une politique de main tendue perpétuelle, un système éducatif désuet ne sachant produire que des chômeurs et des révoltés ; et la crise actuelle risque d’aggraver cet état de fait si les nouvelles opportunités ne sont pas saisies. C’est le moment pour un pays comme le Burkina Faso de revenir avec beaucoup d’humilité sur le slogan « consommons burkinabè ». Ce que nous avons appelé dans l’hebdomadaire burkinabè, L’Opinon « adorer ce que l’on a brûlé hier ».
3.2.Les stratégies de coopération
Avec la bipolarisation du monde au temps de la guerre froide, l’Afrique avait à choisir entre l’Est et l’Ouest. Dans les deux cas, cela a été un échec. Les anciens pays (Europe, Etats-Unis) sont essoufflés. Aujourd’hui, de nouveaux choix sont donnés au continent africain, notamment avec l’avènement de ceux que l’on appelle, les pays émergents : Chine, Inde, Brésil, Corée du sud, Taïwan, sans oublier la piste russe. Ces pays offrent de nouvelles perspectives avec des investissements massifs et de nouvelles technologiques assez variées. Ils ont la capacité de résister plus à la crise en développant des stratégies de consommation intérieure au regard de leur forte population. Ils ont aussi suffisamment accumulé des réserves de devises au cours de ces dernières années pour continuer à investir massivement dans les gisements miniers en Afrique. Les pays du Golfe ont aussi d’importantes réserves de devises, et la situation de faible rentabilité des capitaux dans les pays du nord peut les amener à chercher à investir en Afrique. Il s’agit là de quelques pistes que l’Afrique devra explorer et notamment un pays comme le Burkina Faso qui devra compter davantage sur la dynamique de sa diplomatie, les facilités garanties aux investisseurs et les réformes politiques fondamentales qu’il offre.
Mais, c’est surtout le génie créateur de sa population qui fera la différence et pour ce faire, des activités comme le FRSIT, le SIAO, le FESPACO, le CITO sont des cadres idéals pour l’attraction de ces investisseurs. Ces activités ne doivent pas être seulement de simples répétitions périodiques, voire des foires, mais des activités d’innovation, de promotion de l’invention que l’Etat devra encourager à travers des soutiens financiers importants. De leur côté, les banques devraient cesser d’être de simples caissiers pour participer effectivement au financement du développement national en accordant certaines facilités de crédit tout en tirant les leçons de la crise financière que certaines d’entre elles ont connue dans les années 80, et plus près de nous, des subprimes aux Etats-Unis.
Conclusion
A travers cet article, notre objectif a été surtout d’informer l’opinion des causes et conséquences de la présente crise et de situer les responsabilités des économistes et des politiques. Ce sont quelques réflexions qu’a suscité en nous la présente crise financière. Nous ne prétendons pas avoir abordé tous les aspects du problème, nous avons essayé de montrer les incidences sur les économies africaines. Au-delà de ces conséquences qui peuvent être dramatiques, nous avons indiqué qu’une mauvaise chose pouvait se transformer en une bonne chose, et c’est le cas de la présente crise que l’Afrique devra analyser et exploiter pour un véritable décollage économique. Il n’y a pas de place pour des hésitations et des lamentations incessantes, il faut chercher les niches qui vont propulser le continent dans le concert des nations émergentes.
Les réflexions sont ouvertes, quoi qu’il en soit, la politique économique est trop complexe pour être laissée entre les mains des simples politiques.
Par Taladidia THIOMBIANO,
Economiste,
Professeur à l’Université de Ouagadougou.
09:48 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pr taladidia thiombiano, crise financière internationale
17 novembre 2008
Burkina Faso : la route fait 66 morts
La route a encore tué. Le samedi 15 novembre, au petit matin, un tragique accident de la circulation routière s'est produit à 10 kilomètres de Boromo, localité située sur la Nationale 1 à mi-chemin entre les deux plus grandes villes du Burkina (Ouagadougou et Bobo-Dioulasso). Un camion remorque transportant du sucre a violemment heurté un car de transport, faisant 66 morts dont 55 calcinés. En attendant que les circonstances exactes de ce drame soient élucidées, je vous fais partager cet article de l'obervateur paalga, paru ce lundi 17 novembre 2008.
Vous trouverez également deux communiqués des plus hautes autorités exprimant leur compassion sur ce drame national.
__________________________
66 morts sur la Nationale 1
L’HORREUR !
Un car de transport de personnes, parti de Koudougou à destination de San Pedro en Côte d’Ivoire dans la nuit du vendredi 14 au samedi 15 novembre 2008 et ayant 92 passagers à son bord, est entré en collision avec un camion "10 tonnes", en partance pour Ouagadougou.
L’accident, d’une rare violence, qui s’est déroulé à une dizaine de km après Boromo, a provoqué la mort de 66 personnes dont (55 entièrement calcinées) et fait une trentaine de blessés. L’horreur.
Ce qu’il faut dire tout de suite, c’est que, dans ce genre de situation, on éprouve souvent des difficultés à savoir les circonstances exactes du drame. En attendant donc que les enquêtes policières viennent faire la lumière et permettre de situer les responsabilités et toutes les implications, on ne peut que se fier à ce que nous ont conté des témoins oculaires et quelques rescapés, qui étaient toujours sous le choc, certains se demandant comment ils ont pu sortir indemnes de cette catastrophe.
Ce qui est sûr par contre, c’est que le car a été affrété par quatre groupes de transporteurs. Chacun dispose à Koudougou de sa propre organisation pour rabattre les passagers. C’est ainsi qu’ensemble, ils louent le véhicule pour le convoyage. Ce samedi fatidique, il y avait au total huit (08) convoyeurs, soit deux par gare. Selon toute vraisemblance, et si on se fie aux dires d’Issouf Naré, ressortissant de Thiou, qui a pris le car à partir de Sabou avec un certain Nébié François, un des convoyeurs, ils ont démarré à Sabou vers une heure du matin. Puis ils ont fait un arrêt à Boromo, 90 km plus loin, pour embarquer un passager avant de poursuivre la route.
C’est au petit matin que l’autobus est entré en collision avec un camion de type "10 tonnes", immatriculé 11 JJ 1151, transportant du sucre, et qui avait quitté Banfora pour Ouagadougou. Notre miraculé a été projeté hors de l’habitacle et a pu se traîner un peu à l’écart alors que le car s’embrasait, piégeant dans les flammes ceux qui y sont restés bloqués.
Le chauffeur doit s’être assoupi
La patache, destinée au transport des personnes, était malheureusement chargée de tout : petits ruminants, volaille, sacs d’amandes de karité, des céréales, des pièces détachées, des liqueurs et des bagages de toutes sortes.
On y a même trouvé une cartouche de fusil de chasse.
Des circonstances du drame, un autre rescapé, Koffi Kiono, dit : "Il m’a semblé que le chauffeur de la remorque s’est assoupi sur son volant et a quitté son axe pour se rendre du côté de notre véhicule. Notre conducteur a klaxonné et tenté vainement d’éviter le camion, qui fonçait à toute allure sur nous, mais il n’a pas pu éviter l’accident. Je ne sais pas comment je me suis retrouvé dehors. Un passant m’a secouru avec d’autres blessés, nous à transportés à Ouahabou, d’où on nous a amenés à Boromo". Apparemment, le car ne roulait pas à vive allure, puisqu’il venait de redémarrer après un arrêt pour permettre aux usagers de se soulager. Du reste, sur place on n’a pas remarqué de trace de freinage.
Quand nous sommes arrivés samedi sur les lieux du drame, il était 14 h 25. Plus tard arriva une délégation de transporteurs de Koudougou, qui avait été précédée beaucoup plus tôt de la députée Irène Yaméogo ainsi que d’un groupe de conseillers municipaux, conduits par le premier adjoint au maire. Des lieux, il se dégageait une fumée chargée d’une forte odeur âcre de plastique et de corps brûlés, rendant la respiration difficile. Le chef de la brigade de gendarmerie de Boromo, l’un des premiers arrivés sur place, a dit avoir trouvé le véhicule en proie aux flammes et qu’il était impossible de s’en approcher à moins d’une quarantaine de mètres.
Il a aussitôt appelé les sapeurs-pompiers de Koudougou et de Bobo. Après quoi, il a attendu leur arrivée, impuissant devant le feu, qui réduisait en cendres les pauvres victimes. Il faut dire que sous le choc, le car a été littéralement pulvérisé, avec des débris projetés tout autour. Selon certains témoignages, le chauffeur, qui en est sorti sain et sauf, devant le bolide qui fonçait tout droit sur lui et voyant que ses tentatives pour éviter le choc étaient vaines, aurait immobilisé le car avant de sauter hors.
66 morts dont 55 calcinés
A notre arrivée, les secouristes, constitués des sapeurs- pompiers, des gendarmes, des gardiens de la sécurité pénitentiaire de la prison de Baporo, ainsi que de la population environnante, fouillaient toujours les décombres pour extraire les corps des cendres et des braises. Parmi les cadavres alignés sur le bas-côté, on distinguait des corps d’enfants et de nourrissons, morts certes, mais curieusement pas brûlés.
Ce qui porte à croire que devant le feu qui gagnait en intensité, leurs mères les ont, peut-être, projetés à l’extérieur dans l’infime espoir qu’ils puissent survivre. Selon le bilan partiel fait peu avant 17 h par le responsable des sapeurs-pompiers aux membres du gouvernement qui venaient d’arriver, au total 66 personnes (dont tous les quatre occupants du camion) ont péri dans l’accident, parmi lesquels 55 entièrement calcinées. Une autre est décédée quelque temps après à l’hôpital de Boromo.
Cette dernière se prénommait Félix Zoma, mécanicien de profession, selon sa CIB, ressortissant du secteur 10 de Koudougou. Ces parents venus sur les lieux faisaient des démarches afin de pouvoir amener le corps pour l’inhumer à Koudougou. Quand nous quittions Boromo à 18h10, ce bilan n’avait pas évolué. Une véritable hécatombe, l’horreur même et il fallait avoir le cœur bien accroché pour ne pas succomber à son tour. Des images tellement insoutenables que nous ne pouvions décemment pas proposer les plus horribles à nos lecteurs.
A l’hôpital de Boromo où nous nous sommes rendus, le personnel était visiblement débordé par l’arrivée massive des rescapés. Le médecin-chef du district sanitaire de cette ville, le docteur Seydou Ouattara, nous a informé que son service a reçu 39 blessés dont 18 dans un état assez grave. Un est décédé par suite de ses blessures (le nommé Félix Zoma dont il est question plus haut). Il a indiqué que tous ont reçu des soins d’urgence et certains, dont la situation était critique, ont été évacués à Koudougou et à Bobo.
Au nombre de trois, les membres du gouvernement dépêchés à Boromo étaient : Gilbert Ouédraogo (Transports), Clément Sawadogo (Administration territoriale et Décentralisation) et Emile Ouédraogo (Sécurité). Gilbert Ouédraogo s’est dit choqué et a présenté les condoléances du gouvernement à tous ceux qui ont été endeuillés par ce drame. Il a remercié les autorités locales, les organisations de transporteurs, les forces de sécurité, les sapeurs-pompiers et les populations qui se sont mobilisés pour apporter aide et secours aux rescapés, creuser des tombes pour les morts inhumés sur place comme c’est le cas en pareilles circonstances. Concernant les responsabilités et les implications, il a estimé qu’il faut attendre que le procureur et les services de sécurité établissent les circonstances exactes de l’accident.
Un air de désolation enveloppait la ville
De son côté, le procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Boromo a déploré ce qu’il a qualifié de catastrophe tout en faisant remarquer que le car était soumis à un transport mixte de personnes et de marchandises. La députée Irène Yaméogo, qui a assisté aux retraits des corps des décombres, était tout aussi choquée et peinée et n’a pas trouvé de mot pour qualifier cette hécatombe. Elle dit juste n’avoir jamais rien vu de pareil.
Elle a loué le courage des prisonniers, de la population locale et de la délégation des transporteurs, qui se sont mobilisés pour trouver une ultime demeure à ces suppliciés. Sur ce plan, il faut signaler que les victimes qui n’ont pas pu être identifiées l’ont été ensevelies dans deux fosses communes pendant que les autres l’ont été dans des tombes individuelles. Cette opération a débuté aux alentours de 18 heures.
Quand nous quittions Boromo à 18h10, un air de tristesse et de désolation enveloppait la ville et ses environs. La gorge nouée, on se disait qu’il aurait suffi d’un rien, d’un minimum de précaution, de prévision, de rigueur et de responsabilité pour que ce drame n’eût pas lieu. Transport mixte, surcharge, véhicule en piteux état, prise d’excitants ou de substance censés maintenir le conducteur éveillé, fatigue et somnolence au volant, et nous en oublions, sont observés sur nos voies, au vu et au su des agents de sécurité, qui font souvent montre, disons-le courageusement, de laxisme et d’une complicité coupable devant de tels manquements aux règles élémentaires du code de la route.
Le ministre des Transports, interrogé à ce sujet, a indiqué qu’une étude est en cours sur l’état du parc automobile au Burkina Faso pour voir comment empêcher les véhicules de plus de 10 ans d’entrer dans notre pays. Autre mesure : il a parlé de la mise en place prochaine, sur l’ensemble du territoire, de l’office national de sécurité routière pour aider à réglementer ce secteur, pour mettre hors d’état de nuire les caissons potentiellement dangereux. Il s’agit aussi, par là, de surveiller les différents axes, surtout internationaux, de manière à réduire les accidents de la circulation et à éviter de tels drames à l’avenir.
S’il faut se réjouir de la prise de telles mesures, il faut cependant regretter qu’elles ne soient professées que devant des situations semblables. De plus, ces mesures peuvent voir le jour et leur application faire défaut ou avoir peu d’effets. On sait que dans le domaine du transport, et ailleurs d’ailleurs, certains n’en font qu’à leur tête, jouant les irréductibles et les intouchables. Les images de nos sinistres véhicules transportant le bois, les fameux ‘’Wanbraado’’ sans feux ni freins, sont là pour nous convaincre qu’on a vraiment du chemin à faire. L’Etat doit nous démontrer que nul n’est au-dessus de la loi et que force reste à celle-ci et à celle-ci seule.
Par Cyrille Zoma et Sabouna Ouédraogo (l'observateur paalga)
La compassion du président Blaise Compaoré
C’est à Strasbourg, où il se trouve dans le cadre de la troisième édition des journées européennes du développement, que le président Blaise Compaoré a appris la nouvelle du tragique accident survenu le 15 novembre 2008 sur la route Ouagadougou-Bobo-Dioulasso. En ce moment de douleur et de deuil, le Président du Faso exprime, au nom du peuple burkinabè et en son nom personnel, sa profonde compassion aux familles des personnes décédées, et ses vœux de prompt rétablissement au blessés. Le Président Blaise Compaoré adresse ses vives félicitations et ses encouragements aux services de sécurité et de santé, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont porté secours et assistance aux victimes.
Direction de la Communication de la Présidence du Faso
L’identification des victimes en cours
Un accident tragique de la circulation est intervenu le samedi 15 novembre 2008 au petit matin sur l’axe Ouagadougou-Bobo-Dioulasso aux environs de Boromo. Cette catastrophe routière a fait soixante-six (66) morts et trente (30) blessés dénombrés sur les lieux de la collision frontale, qui s’est produite entre un bus de transports voyageurs et un camion remorque de marchandises générales.
Les secours intervenus dès les premiers moments du drame se poursuivent avec abnégation et ont déjà permis l’évacuation des blessés vers les hôpitaux de Bobo-Dioulasso, de Ouagadougou et les centres médicaux les plus proches. Ce drame, qui vient allonger, hélas, la liste des victimes de la route, interpelle chacun d’entre nous sur le respect du code de la route. Une délégation gouvernementale a été dépêchée sur les lieux pour une évaluation de la situation et le renforcement des secours. D’ores et déjà, l’identification des victimes et la recherche de leurs familles sont en cours. Le gouvernement présente aux familles des victimes ses condoléances les plus attristées et toute sa compassion.
Ouagadougou, le 15 novembre 2008
Le Service d’information du gouvernement
16 novembre 2008
RDC : Rencontre Obasanjo-Nkunda sur fond de violents combats
Source : rfi.fr (Article publié le 16 novembre 2008)
Le représentant de l'ONU, Olusegun Obasanjo (G) et le chef des rebelles congolais Laurent Nkunda, marchant main dans la main lors de leur rencontre à Jomba, le 16 novembre 2008.
(Photo : Reuters)
Ce n'est pas en treillis vert kaki, mais en costume gris clair et cravate rouge que Laurent Nkunda a accueilli l'émissaire des Nations unies ce dimanche matin à Jomba, dans l'est de la République démocratique du Congo. Cette rencontre avec Olusegun Obasandjo a lieu alors que l'ONU affirme que d'importants combats opposent l'armée congolaise aux rebelles, à une soixantaine de kilomètres de là. La Monuc a envoyé une patrouille équipée de véhicules blindés près de la ville de Kanyabayonga.
Olusegun Obasanjo est arrivé à la paroisse de Jomba aux environs de 9h30, heure locale, en provenance de Goma. Dans cette petite localité de la province du Rutshuru, la population a été mobilisée pour accueillir l’émissaire des Nations unies.
Mais lors de son arrivée, les applaudissements étaient bien timides. Ses premiers mots ont été pour les soldats de Laurent Nkunda. L’ancien général nigérian, qui lui aussi a connu la disgrâce, leur a fait part de son étonnement pour leur discipline et leur a également signifié que leur place est dans l’armée congolaise et non dans la rébellion.
Olusegun Obasanjo a ensuite donné l’accolade au général rebelle qui, pour l’occasion, a troqué son treillis pour un costume gris anthracite. Les deux hommes, accompagnés de diplomates des Nations unies, se sont ensuite engouffrés dans un petit local, où s'est tenu leur conclave.
C’est un Laurent Nkunda tout sourire, qui est sorti deux heures et demie plus tard de son entretien avec Olusegun Obasanjo. Le chef du CNDP a même esquissé quelques pas de danse avec des enfants mobilisés pour l’occasion. Le général rebelle n’a pas caché son plaisir d’être enfin écouté par la communauté internationale. Olusegun Obasanjo est en effet davantage venu dans ce bastion du CNDP pour entendre les demandes de la rébellion plutôt que pour proposer des solutions.
Trois points d'accord
La rencontre a, cependant, permis aux deux hommes de se mettre d’accord sur trois points : tout d’abord, la nécessité d’instaurer immédiatement un cessez-le-feu qui doit être respecté par toutes les parties. Cessez-le-feu qui, pour le CNDP, ne doit pas être surveillé par la Monuc, accusée de partialité pro-gouvernementale, mais peut-être par l’Union africaine.
Ensuite, Laurent Nkunda et Olusegun Obasanjo ont convenu de la nécessité d’ouvrir un corridor humanitaire dans les zones rebelles, pour subvenir aux besoins de la population.
Enfin, le dernier point sur lequel les deux hommes se sont accordés est le besoin de poursuivre le processus de discussions entamé aujourd’hui.
Cette rencontre, qualifiée de « très positive » par le général rebelle et par l’ancien président nigérian, est cela dit assombrie par les violents combats qui se déroulaient dans la matinée, près de la localité stratégique de Kanyabayonga. Une preuve que les discours pacificateurs ne sont pas encore suivis d’effet sur le terrain.
| Les combats continuent |
| Les affrontements ont débuté dès l'aube, dimanche matin, autour du village clé de Kanyabayonga. Selon l'un des porte-parole de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc), les troupes rebelles du général Nkunda seraient entrées dans le village de Ndeko, une commune située à quelques kilomètres du verrou stratégique de Kanyabayonga qui ouvre la voie vers le nord de la province. Ces premiers combats ont duré une heure et demie, toujours selon la Monuc. Puis il se sont interrompus avant de reprendre dans la matinée. Selon des témoins sur place, des tirs de mortiers et de roquettes ont été entendus toute la journée dans cette zone. Difficile d'en connaître l'origine exacte, mais le CNDP de Laurent Nkunda accuse les forces gouvernementales d'avoir tenté d'avancer sur ses positions. Dans l'après-midi, d'autres affrontements ont eu lieu à une quinzaine de kilomètres au sud de Kanyabayonga. Une patrouille de l'Onu a été prise sous les tirs croisés des belligérants, mais en est sortie indemne. Un casque bleu a en revanche été blessé par un éclat d'obus alors que des combats se déroulaient près d'une base des Nations unies à Rwindi. |
12:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15 novembre 2008
Savez-vous pourquoi les mois successifs de Juillet et Août comportent 31 jours ?
Source : http://www.mapausecafe.com

Pendant longtemps, j’ai pensé naïvement qu’on s’était contenté d’alterner 30 et 31 jours pour chacun des mois selon les bosses de nos mains. En effet, ça tombe pile poil ! Juillet et Août ont tous deux 31 jours car ils sont situés en haut de la bosse, et non dans le creux…
Et puis, je me suis posé [innocemment] la question suivante : pourquoi février ne comporte que 28 jours alors que Juillet et Août ont tous deux 31 jours? Bizarre, bizarre… ni une, ni deux, je décide de mener mon enquête…
Cela commença par de longues nuits blanches passées dans les bibliothèques poussiéreuses du vieux Lyon, à fouiller de vieux grimoires manuscrits du Xe siècle avant N.S. Jusqu’au jour où je tombai sur une note écrite d’un moine nommé Wikipedeus. A ce moment là, tout s’éclaira !
Notre calendrier actuel est grégorien qui apparut en réforme du calendrier julien, qui lui-même est une réforme du calendrier romain… Vous connaissez la suite.
Le calendrier romain, en vigueur jusqu’à 45 av JC, était composé comme suit :
- I - Martius, (mars) : 31 jours, nommé ainsi en l'honneur du dieu romain Mars
- II - Aprilis (avril) : 30 jours, dédiés à la déesse grecque Aphrodite, et désignant l’ouverture de l'année
- III - Maius (mai) : 31 jours, en l'honneur de Maia, une très ancienne déesse romaine, souvent désignée comme la compagne de Vulcain
- IV - Iunius (juin) : 30 jours, en l'honneur de la déesse romaine Junon
- V - Quintilis (juillet) : 31 jours, de « quintus» comme le cinquième mois
- VI - Sextilis (août) : 30 jours, « sexitilis » car il s’agit du sixième mois
- VII - September (septembre, le septième) : 30 jours
- VIII - October (octobre, le huitième) : 31 jours
- IX - November (novembre, le neuvième) : 30 jours
- X - December (décembre, le dixième) : 30 jours
Comme vous pouvez le voir, il manque 2 mois soit environs 61 jours… Pas très fufute Romulus. Mais cela s’explique quand même un peu : sans rentrer dans les détails, ces jours « de marges » permettaient de réajuster le calendrier selon les lunaisons (car ce calendrier était basé sur la lune). Et en Hiver, on arrêtait de compter les jours (d’un côté, ce n’est pas bête !).
Mais arriva Jules César… Afin d’éviter un décalage des saisons, il indexa le calendrier sur le soleil sur le conseil d’un astronome grec, Sosigène d’Alexandrie. Ils décidèrent que l’année civile comporterait 365 jours. Or, l’année solaire durent 365,25 jours (pensaient-ils à l’époque – en réalité, il s’agit de 365,2422 jours). Il fallait donc palier ce retard sur ce calendrier solaire (365 contre 365,25). Ainsi, il fut décidé que « les années dont le millésime serait divisible par quatre compteraient 366 jours au lieu de 365. Dès lors, tous les quatre ans, on répéterait le sixième jour avant les calendes de mars, appelé sextus ante Kalendas Martias. Le jour ajouté fut alors baptisé bis sextus ante Kalendas. C'est de là que provient le terme année bissextile.»
Concrètement pour Jules César, une année comporterait 12 mois alternant successivement 31 et 30 jours. On retire 1 jour à février pour obtenir un compte de 365 jours (sauf année bissextile).
On avait ainsi le mois Quintilis qui comportait 31 jours, et le mois Sextilis 30 jours.
Or, tout le monde connait l’égo démesuré de l’empereur. Ainsi, en s’en honneur, on décida de donner le nom de Jules César à un mois de l’année. Mais il était totalement impossible de toucher à Januarius, Februarius, Martius, Aprilis, Mayus et Iunuis qui portaient déjà le nom de divinité. Ainsi, ce fut le mois juste après ceux des dieux, Quintilis, que l’on baptisa Julius comme Jules César, qui deviendra plus tard le Juillet que l’on connait.
Jusque là, nous avons toujours des mois qui alternent régulièrement 31 et 30 jours (Julius en comportant 31 et, celui d’après, Sextilis 30).
Cependant, la réforme des années bissextiles imposée par César fut mal appliquée. En effet, on rajoutait un 366ème jour tout les 3 ans, au lieu de 4. Il fallu donc une nouvelle réforme pour rectifier ce calendrier décalé.
Ce fut l’un des successeurs de Jules César à la tête de l’Empire Romain qui fut à l’origine d’une réforme du calendrier Julien : Auguste. En son honneur, le sénat décida de donner le nom d’Auguste à l’un des mois de l’année, comme ce fut le cas pour Jules.
Ces sénateurs décidèrent donc de renommer le mois juste après Julius (celui de Jules). Ainsi, Sextilis devint Augustus (que nous connaissons aujourd’hui sous le nom d’Août).
Mais cela posa un gros problème d’égo à Auguste ! En effet, Augustus ne comportait que 30 jours ! Rendez-vous compte, un jour de moins que le mois de Jules César !! Sans attendre, les sénateurs rajoutèrent un jour à Augustus et en retirèrent un au dernier mois d’hivers.
Maintenant, vous savez pourquoi Juillet et Août ont tous deux 31 jours alors qu’ils se suivent dans le calendrier. Et également, vous savez pourquoi il n’y a plus que 28 jours au pauvre mois de février qui n’avait rien demandé à personne !
Le mystère est donc levé !
17:12 Publié dans HUMOUR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : calendrier julien, calendrier grégorien, juillet, août, 31 jours
13 novembre 2008
France : Ségolène Royal : être ou ne pas être, là est la question
Le suspense continue avec le « ni oui, ni non » de Ségolène Royal concernant sa candidature à la tête du Parti socialiste. Alors que le congrés national du PS s'ouvrira ce samedi, elle reconnaît avoir envie de le diriger mais se garde toujours d'annoncer sa candidature. Quant à Benoît Hamon qui représente l'aile gauche du parti, il dit aujourd'hui être proche d'un accord avec Martine Aubry. Lui, par contre, déclare clairement qu'il est candidat au poste de premier secrétaire.
C'est un ni-ni. La posture rappelle un peu François Mitterrand. Ni oui, ni non. Ni candidate au poste de premier secrétaire, ni pas candidate. C'est à condition... A condition de pouvoir rassembler car l'envie est là. Envie d'être « rassembleuse » pour un, pour deux, pour trois et même pour quatre. Bref, si Ségolène Royal a reconnu qu'elle n'était pas une femme d'appareil et qu’elle préférait le contact direct avec les « gens », elle a aussi montré hier soir qu'elle savait être politique au point de différer son choix afin que vive la négociation qui a lieu depuis quelques jours avec les représentants des autres motions.
C'est assez habile. Cela permet de fermer provisoirement le chemin de la coalition contre elle. Cela oblige ses adversaires à plus de modération. Et cela pourrait même durer le temps du congrès « si nécessaire », a dit Ségolène Royal...
Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon lui ont posé des questions. Ségolène Royal leur a fait des réponses. A eux de dire désormais si elles leurs conviennent. Autrement dit à eux de se prononcer sur l'unité autour de la motion qui est arrivée en tête au risque, s'ils refusent de tenir compte des propositions qui leur sont faites, de passer pour des diviseurs et de renforcer le sentiment qu'il s'agit bien d'un combat de personnes auquel nous assistons, combat dont l'objectif premier serait d'empêcher l'émergence de nouveaux leaders. Là encore c'est habile.
Finalement, Ségolène Royal a relancé tout simplement, sans le formuler explicitement, le débat sur ce que l'on appelle le vieux PS face à la rénovation. Elle prend ainsi les militants socialistes à témoin. Et si elle adopte cette position, c'est en partie parce qu'elle sait qu'ils seront une nouvelle fois consultés, après le congrès de Reims. Et que c'est eux qui détiennent la foudre qui frappera le 20 novembre jour de l’élection du premier secrétaire.
Les questions qui font débat ?
Les questions qui ont été posées à Ségolène Royal sont de trois ordres. Pas plus tard qu'hier soir Pierre Moscovici qui soutient Bertrand Delanoë les a rappelées.
Tout d'abord le parti et son fonctionnement. Accusée de s’être volontairement tenue éloignée de lui, les adversaires de Ségolène Royal cherchent à persuader les Français qu’elle n’est pas faite pour le poste de premier secrétaire. Ils lui font deux reproches : elle serait incapable de produire du consensus, incapable de faire émerger des convergences. Et elle ne se soucierait que de l’investiture à l’investiture pour 2012. Voilà qui ne manque pas de sel venant de ceux qui ont la même ambition qu’elle sans avoir plus de moyens et plutôt moins de légitimité.
Ensuite, et c’est la seconde question qui lui est posée : considère-t-elle véritablement que la social-démocratie est périmée comme elle l'a déjà dit ? Pour certains qui désirent s’inscrire dans le vaste mouvement social-démocrate européen, cette opinion constitue un véritable déni : il faut qu’elle s’explique et se prononce, jugent-ils. Et enfin, confirme-t-elle ou non sa volonté d’alliance avec le MoDem ? Ségolène Royal a déjà répondu sur ce dernier point. Le sujet n’est pas d’actualité a-t-elle dit. « Réunir la gauche et s'ouvrir aux autres, c'est là toute ma démarche ».
L’avenir du PS est donc suspendu à un congrès qui s’annonce très politique et très dur. Les socialistes savent pourtant qu’ils ont besoin d’un bon accord. Car, comme le disait Pierre Moscovici, « si ça ne sort pas, nous serons dans la merde ».
18:01 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal
11 novembre 2008
Etats-Unis : Bush-Obama : premier tête-à-tête
Soure: rfi.fr (Article publié le 11/11/2008 Dernière mise à jour le 11/11/2008 à 03:28 TU)
Barack Obama a effectué ses premiers pas dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, où le président sortant George W. Bush l'a reçu.
(Photo: Reuters)
Il y a eu des images fortes, mais très peu de son. Lorsque Barack et Michelle Obama sont arrivés à la Maison Blanche, à 14 heures, heure locale, le couple présidentiel les attendait sur le pas de la porte et leurs échanges de salutations ont été noyés sous le bruit des appareils photo.
Les dames portaient toutes les deux une robe rouge. Elles se sont embrassées. Les hommes se sont passés la main dans le dos et très rapidement les deux couples ont disparu en bavardant à l'intérieur de la Maison Blanche.
Quelques minutes plus tard, George Bush et Barack Obama ont resurgi pour une autre image historique, marchant côte à côte, dans cette très jolie partie de la Maison Blanche, appelée la colonnade. Un passage ouvert sur le jardin, sur lequel donnent les portes-fenêtres du Bureau ovale.
Ce sont ces portes que représentait le décor devant lequel Barack Obama a prononcé son discours d'investiture à la Convention de Denver. Il les a franchies pour la première fois dans la réalité. S'il avait déjà été reçu plusieurs fois à la Maison Blanche, il n'était jamais entré dans le fameux bureau qu'il occupera à partir du 20 janvier.
George Bush et son successeur s'y sont entretenus en tête-à-tête pendant une heure, avant de passer une autre heure dans les appartements privés, où ils ont été rejoints par leurs épouses. Vers 16 heures, le couple Obama est reparti, sans qu'il y ait eu de déclaration à la presse.
Transition
La transition est l’une des grandes images de la démocratie américaine. Même si Barack Obama a pendant des mois déchiré la politique de George Bush et suscité des hués de ses partisans à chaque fois qu’il prononçait son nom, les deux hommes se sont retrouvés dans la situation unique de partager le pouvoir de la plus grande puissance du monde.
Nul ne sait ce qu’ils se sont dits pendant près de deux heures passées en tête-à-tête car sous une façade d’extrême courtoisie, leurs divergences sont nombreuses. Les collaborateurs de Barack Obama ont déjà annoncé que le futur président pourrait, dès son entrée en fonction, annuler par décret, certaines initiatives de George Bush, comme la restriction du financement public pour les recherches sur les cellules souches ou l’autorisation d’effectuer des forages dans certaines zones des Rocheuses.
Le nouveau président pourrait également presser le Congrès de voter un plan de relance économique destiné aux classes moyennes et renflouer les trois grandes entreprises d'automobiles de Détroit, un plan que l’actuelle Maison Blanche ne semble pas pour l’instant endosser.
Selon son porte-parole, le président Bush a voulu accélérer les étapes de cette transition en raison de la crise économique et de la crainte qu’un apparent flottement du pouvoir favorise des attaques terroristes.
15:52 Publié dans DIASPORA AFRICAINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, george bush
Côte d'Ivoire : L'élection présidentielle est reportée
Article publié le 10 novembre 2008 par rfi.fr (Dernière mise à jour le 11/11/2008 à 14:36 TU)
L'élection présidentielle n'aura pas lieu le 30 novembre. Les dirigeants ivoiriens réunis autour du président Blaise Compaoré, à Ouagadougou, ont constaté l'impossibilité d'organiser le scrutin à la date prévue. Initialement prévue pour octobre 2005, l'élection a déjà été plusieurs fois repoussée, officiellement en raison d'un important retard dans les préparatifs.
Avec notre correspondant à Ouagadougou, Alpha Barry
Le président burkinabè Blaise Compaoré (c), en compagnie du Premier ministre ivoirien Guillaume Soro (2ème d), de Henri Konan Bédié (d) leader du Parti démocrate de Côte d'Ivoire, de Alassane Ouattara (g) leader du Rassemblement des républicains, et du président ivoirien Laurent Gbagbo, le 10 novembre 2008 à Ouagadougou.
(Photo: AFP)
L’élection présidentielle en Côte d'Ivoire, prévue le 30 novembre, a été reportée lundi, à la demande de la Commission électorale indépendante (CEI). Une nouvelle date devrait être fixée avant le 31 décembre. Le Comité permanent de consultation (CPC) - formé par le président ivoirien Laurent Gbagbo, son premier ministre Guillaume Soro et des dirigeants de l'oppostion - a demandé au ministre des Finances de mettre des moyens financiers à la disposition des structures nationales, chargées des différentes opérations.
Sur les 144 milliards de francs CFA à la charge de l’Etat ivoirien, celui-ci doit encore débourser 52 milliards. « Nous allons tout payer d’ici à fin décembre », a confié à RFI le ministre des Finances, Charles Diby Koffi. Une partie de cet argent revient à l’opérateur technique Sagem. Le reste est prévu pour financer le Centre de commandement intégré (CCI), chargé de sécuriser le processus, le financement aussi de la réinsertion communautaire des ex-combattants.
L'impatience des Nations unies
Du coté des bailleurs de fonds, les réactions ont été assez fermes. « La persistance incontrôlée d'obstacles techniques, logistiques et financiers sur le chemin des élections va finir par déboucher sur une crise de confiance, estime un diplomate, et une crise de confiance peut conduire à une nouvelle crise politique », ajoute-t-il.
Vendredi, le Conseil de sécurité des Nations unies avait marqué son impatience face aux retards à répétition dans la préparation des élections et sa préoccupation face au report. Le président burkinabè, « facilitateur » dans la crise inter-ivoirienne, a donc été vivement encouragé, par la communauté internationale, à mettre la pression sur les acteurs politiques ivoiriens pour qu’ils se mobilisent davantage qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent en faveur des élections.
15:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, report de l'élection présidentielle
10 novembre 2008
Disparition : La voix légendaire de Miriam Makeba s’est éteinte
Article publié le 10 novembre 2008
L'un des symboles de la lutte contre l'apartheid, Miriam Makeba, est morte hier soir à l’âge de 76 ans, d'une crise cardiaque, près de Naples, en Italie. La chanteuse sud-africaine, connue également sous le nom de Mama Africa, venait de participer à un concert de soutien à l'écrivain Roberto Saviano, menacé par la mafia. Elle s'est effondrée en coulisses, juste après avoir chanté. Sa biographie détaillée sur le site RFI musique.
Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir
La célèbre chanteuse sud-africaine donnait ce concert dans le cadre d’un spectacle contre la Camorra et le racisme, et pour soutenir l’écrivain napolitain Roberto Saviano, âgé de 29 ans, qui depuis le succès mondial de son livre-enquête Gomorra est menacé de mort par la mafia.
Hier soir, Miriam Makeba était la dernière artiste à monter sur scène vers 21h30, après le passage d’autres chanteurs. Devant un public restreint mais très enthousiaste, elle a chanté pendant une demi-heure, accompagnée de sept musiciens, donnant toute son énergie pour ce concert auquel elle n’a pas voulu renoncer malgré son état fiévreux.
| Mama Africa, chanteuse engagée |
| Avec notre correspondante à Johannesburg, Miriam Makeba nous a quittés la nuit dernière et l'Afrique du Sud pleure déjà celle que l'on appelait ici « Mama Africa » et qui était reconnue, au-delà du continent, comme une des plus grandes chanteuses au monde. Née à Johannesburg en 1932, cette grande dame de la musique a embrassé à 20 ans une carrière de chanteuse qu'elle ne quittera plus. Sa chanson « Pata Pata », écrite en 1956 a, par exemple, fait le tour du monde. Elle paiera son engagement politique et sa dénonciation du régime raciste de l'apartheid au prix d'un exil de 31 ans aux Etats-Unis et ne retrouvera son pays natal qu'en 1990, à la libération de Nelson Mandela. Après une tournée d'adieu en 2005, Miriam Makeba s'était depuis engagée dans différentes causes humanitaires, notamment dans la lutte contre le sida, sans pour autant s'arrêter de chanter. |
17:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 novembre 2008
Barack Obama réalise le rêve de Martin Luther King!

Le démocrate Barack Obama a remporté mardi une victoire écrasante sur son adversaire républicain John McCain, devenant, à seulement 47 ans, le 44e Président des États-Unis.
Pour être élu, il fallait obtenir 270 grands électeurs. Selon les premiers chiffres CNN, Barack Obama en a remporté 338 grâce à ses victoires dans les états-clés de Pennsylvanie, de l'Ohio et de la Floride. Son adversaire républicain John Mc Cain est largement battu avec 158 élus.
Participation record !
Le résultat de cette élection présidentielle américaine est lié en partie à la participation qui s'est révélée très importante, nettement supérieure à 65%. Selon, les experts, entre 130 et 135 millions d'Américains se sont rendus aux urnes, soit plus de 70% de participation. Ce serait dix millions de votants de plus qu'en 2004 où ils avaient été 126 millions à s'exprimer, un chiffre déjà record. Et ce pourrait être 25 millions de plus qu'en l'an 2000. «La participation est phénoménale», a ainsi déclaré Jean Jensen, la responsable des opérations électorales pour l'état de Virginie, «plus de 40% des électeurs avaient déjà déposé leur bulletin dans l'urne à 10 heures du matin».
Cette forte participation a joué en faveur de Barack Obama, notamment la forte mobilisation des jeunes et des nouveaux inscrits, en grande majorité issus des classes populaires.
Yes, We Can !
À l'occasion de son premier discours, Obama a rendu hommage aux pères fondateurs des États-Unis, à Abraham Lincoln l'abolitionniste et à Martin Luther King. Il a déclaré : «Il a fallu longtemps. Mais ce soir, grâce à ce que nous avons fait aujourd'hui et pendant cette élection, en ce moment historique, le changement est arrivé en Amérique. Si jamais quelqu'un doute encore que l'Amérique est un endroit où tout est possible, qui se demande si le rêve de nos pères fondateurs est toujours vivant, qui doute encore du pouvoir de notre démocratie, ce soir est la réponse».
L'adversaire républicain, John McCain, a salué la victoire d'Obama : «Le peuple américain a parlé, et il a parlé clairement», a ajouté le sénateur âgé de 72 ans.
Réactions en france :
Le Président Nicolas Sarkozy a salué la "victoire brillante" de M. Obama. "En vous choisissant, c'est le choix du changement, de l'ouverture et de l'optimisme qu'a fait le peuple américain", a estimé M. Sarkozy. "Au moment où nous devons faire face tous ensemble à d'immenses défis, votre élection soulève en France, en Europe et au-delà dans le monde un immense espoir. Celui d'une Amérique ouverte, solidaire et forte qui montrera à nouveau la voie, avec ses partenaires, par la force de l'exemple et l'adhésion à ses principes", a affirmé le président français. "La France et l'Europe, qui sont unies depuis toujours aux États-Unis par les liens de l'histoire, des valeurs et de l'amitié, y puiseront une énergie nouvelle pour travailler avec l'Amérique à préserver la paix et la prospérité du monde", a ajouté M. Sarkozy.
Réaction du webmaster de Métis Of Colors.net :
Enfin, le temps du changement est peut être arrivé pour les états unis, espérons que cela apportera la paix dans le monde, mais également que son élection permettra de mieux lutter contre ce racisme idiot dont la race noire est actuellement encore victime aux USA et dans le monde.
Nous félicitons le Président Obama et lui souhaitons la pleine réussite dans ces nouvelles fonctions... 
Source: http://metisofcolours.net
17:42 Publié dans DIASPORA AFRICAINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, présidentielle américaine

