28 décembre 2008

Ghana : Second tour de l’élection présidentielle

Source : rfi.fr (Article publié le 28 décembre 2008)

Le candidat du NPP, Nana Dankwa Akufo-Addo (g) et son rival du NDC, John Evans Atta-Mills.(Photos : Reuters & Wikipedia)

Le candidat du NPP, Nana Dankwa Akufo-Addo (g) et son rival du NDC, John Evans Atta-Mills.
(Photos : Reuters & Wikipedia)

Près de 13 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour départager les deux candidats qui se sont qualifiés lors du premier tour, le 7 décembre dernier. Nana Akufo-Addo du Nouveau parti patriotique (NPP, au pouvoir), et John Atta Mills du Congrès national démocratique (NDC, opposition). Lors du premier tour, le candidat du NPP, était arrivé en tête avec 49,13% des suffrages, contre 47,92% pour le candidat du NDC. Le deuxième tour s'annonce serré et l'ambiance est assez tendue dans le pays. Les deux partis en lice s'accusent mutuellement de préparer des fraudes. Le président sortant John Kufuor appelle au calme.

Avec notre envoyé spécial à Accra, Raphaël Reynes

C’est la seconde fois depuis l’avènement du multipartisme en 1992 que le Ghana se retrouve dans une telle situation. En l’an 2000 déjà, le président sortant ne pouvait pas se représenter, Jerry Rawlings avait quitté le pouvoir.

A l’époque son dauphin était un certain John Atta-Mills, un second tour avait eu lieu et c’est le candidat de l’opposition, l’actuel chef de l’Etat John Kuofor qui avait remporté le scrutin. Réélu en 2004, c’est à son tour cette fois de quitter le pouvoir, et le candidat de son parti se retrouve en situation de ballotage, face à un John Atta-Mills battu à deux reprises, et qui entend bien profiter de cette troisième chance.

Au premier tour, les deux hommes n'étaient séparés que par un peu plus de 100 000 voix, de quoi rendre l’issue du vote de ce dimanche plus qu’incertaine, d’autant qu’aucun des six candidats battus au premier tour n’a donné de consignes de vote et que plus de 200 000 bulletins avaient été déclarés nuls lors du scrutin du 7 décembre dernier.

Une chose est sûre en tout cas, si cette journée de vote se déroule sans incidents majeurs, comme cela avait été le cas pour le premier tour, la démocratie ghanéenne en sortira renforcée, et le pays aura montré un exemple dont l’Afrique a bien besoin après les crises électorales au Kenya et au Zimbabwe.

Changement ou continuité ?

L’un et l’autre ont eu 64 ans cette année et tous les deux sont juristes de formation, mais histoire et parcours politique des deux candidats sont différents.

Nana Akufo-Addo, est né dans une famille aisée. Fils d’un ancien ministre, avocat de formation, il est devenu diplomate avant d’occuper les fonctions de ministre des Affaires étrangères sous l’actuel président John Kufuor. Poste qu’il a quitté pour se consacrer à la campagne électorale.

John Atta-Mills, lui, est né dans une famille bien plus modeste. Professeur de droit à l’université, il a gravi les échelons de la vie politique aux côtés de Jerry Rawlings, l’ancien chef de l’Etat, dont il fut le vice-président jusqu’en l’an 2000. Battu cette année à l’élection présidentielle, puis à nouveau en 2004, c’est la troisième fois que « Prof », comme l’appellent ses militants, se présente au poste de chef de l’Etat.

Sa campagne électorale, John Atta-Mills se l’aura construite sur le thème du « changement », face à un Nana Akufo-Addo, dont le crédo aura était la « continuité ».

Vu le peu d’écart entre les deux candidats au premier tour, les analystes ne prennent pas le risque de faire des pronostics.

26 décembre 2008

Guinée : Le pays tourne la page Lansana Conté

Source: rfi.fr (Article publié le 26 décembre 2008)

Les funérailles nationales du général-président Lansana Conté se dérouleront ce vendredi à Conakry, alors que les militaires, dirigés par le capitaine Moussa Dadis Camara, confortent leur toute-puissance, après le ralliement du Premier ministre et du gouvernement.

Avec notre envoyé spécial à Conakry, Laurent Correau

Le président Lansana Conté, en juillet 1999. Le chef de l'Etat guinéen est mort le 22 décembre des suites d'une longue maladie après 24 ans de pouvoir.(Photo : Reuters)

Le président Lansana Conté, en juillet 1999. Le chef de l'Etat guinéen est mort le 22 décembre des suites d'une longue maladie après 24 ans de pouvoir.
(Photo : Reuters)

Quand le cortège funèbre quittera le camp Samory Touré aujourd’hui en début de matinée, quand les Guinéens conduiront le corps de Lansana Conté jusqu’au Palais du Peuple, au stade, et à la mosquée Fayçal (la grande mosquée de Conakry), la Guinée tournera une page importante de son histoire. Vingt-quatre ans de pouvoir qui n’ont pas permis le développement du pays.

Le vieux paysan soldat n’est pourtant pas seul en cause. Des analystes guinéens expliquent que différents groupes avaient fini par se constituer autour du président malade et à s’accaparer la réalité du pouvoir : des groupes d’hommes d’affaires, de politiques, de militaires et de fonctionnaires.

Fin du « système Conté »

En proclamant la dissolution des institutions et en prenant le contrôle du pays dès mardi matin, le CNDD, le Conseil national pour la démocratie et le développement, a fait naître dans la population l’espoir d’un changement. L’espoir d’une fin de ce « système Conté », qui permettait à quelques-uns de s’enrichir.

En portant l’homme, Lansana Conté dans sa dernière demeure aujourd’hui, les Guinéens penseront probablement à ce changement de régime qui leur est promis par les nouveaux maîtres de la Guinée.

23 décembre 2008

Guinée : un coup de force en cours


Quelques heures après l'annonce de la mort du général-président Lansana Conté, des militaires ont annoncé la dissolution des institutions. La confusion règne à Conakry.
(Carte : H.Maurel/RFI)
Les évènements se sont précipités à Conakry. Après l'annonce du décès du président Lansana Conté, chacun s'attendait à ce que la constitution soit appliquée. Mais vers 7H30 en temps universel, une centaine de militaires, selon certains témoins sur place, se sont rendus au siège de la radio nationale.

Quelques minutes plus tard, le capitaine Moussa Dadis Camara, déclarait sur les ondes de Radio Conakry : « Le gouvernement et les institutions républicaines sont dissous », ajoutant qu'un « conseil consultatif » allait bientôt être mis en place, « composé de civils et militaires ».

Ce jeune militaire, qui était jusqu'à présent chef de la section carburant à l'intendance des armées, a également évoqué le « désespoir profond de la population » ainsi que la nécessité du « redressement économique et de la lutte contre la corruption ».

« La Guinée a fêté le cinquantenaire de son indépendance le 2 octobre avec un classement dans la catégorie des pays les plus pauvres de la planète. Avec les immenses ressources naturelles dont elle est dotée, la Guinée aurait pu être beaucoup plus prospère, mais l'histoire et les hommes en ont décidé autrement ».

« Les détournements de deniers publics, la corruption généralisée, l'impunité érigée en méthode de gouvernement, l'anarchie dans l'appareil de l'Etat ont fini par plonger notre pays dans une situation économique catastrophique, particulièrement dramatique pour la grande majorité des Guinéens ».

« Les membres de l'actuel gouvernement sont en grande partie responsables de ces crises sociales et économique sans précédent, de même les institutions républicaines ont brillé par leur incapacité à s'impliquer dans la résolution de cette crise ».

Ces annonces sont pourtant en contradiction avec la position que semblait avoir adoptée le chef de l’état-major de l’armée. Le général Diarra Camara était apparu cette nuit aux côtés du Premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré, et du président de l’Assemblée nationale qui avaient demandé l’application de la Constitution.

Celle-ci confie l’intérim au président de l’Assemblée, Aboubacar Somparé, et lui donne 2 mois pour organiser une élection présidentielle.

On ne sait pas à l’heure actuelle où sont le Premier ministre guinéen et le président de l’Assemblée nationale.

Guinée : Le président Lansana Conté est mort

Source : rfi.fr

Le président guinéen, Lansana Conté, est décédé lundi soir des suites d'une grave maladie. Les hauts responsables du pays se sont rassemblés dans la nuit, à Conakry, pour évoquer la succession de l'ex-chef d'Etat. Le président de l'Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, assure la gestion des affaires du pays, comme prévu par la constitution. Le Premier ministre a décrété un deuil national de quarante jours.
 Lansana Conté, le défunt président guinéen.(Photo : AFP)

Lansana Conté, le défunt président guinéen.
(Photo : AFP)

Avec nos correspondants à Dakar et à Conakry, Laurent Correau et Moktar Bah

La mort du président guinéen a été annoncée par le président de l’Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, sur la télévision d’Etat guinéenne. « Nous avons le regret d’annoncer au peuple de Guinée le décès du général Lansana Conté des suites d’une longue maladie, à 18h45 » a-t-il déclaré.

Le Premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré, a ensuite confirmé la nouvelle à la télévision, puis le chef d'état-major. Aboubacar Somparé a demandé officiellement au président de la Cour suprême de constater la vacance du pouvoir et de faire appliquer la constitution.

La procédure prévoit que le président de l’Assemblée nationale assure la gestion des affaires du pays et se charge d’organiser une élection présidentielle dans les soixante jours. En cas de vacances du pouvoir, le président de l’Assemblée nationale est en charge de la gestion des affaires du pays.

La succession

Au cours de la nuit, de hauts responsables du régime se sont réunis pour évoquer la succession du chef de l'Etat. Lansana Conté était resté pendant vingt-quatre ans au pouvoir. Le 3 avril 1984, juste après la mort du président Sékou Touré, un comité militaire de redressement national prenait le pouvoir en Guinée. Lansana Conté était alors porté à la tête de l'Etat par ses pairs. Il était alors un colonel plutôt discret.

Né en 1934 à Moussayah Loumbaya, il est d’ethnie Soussou. En 1955, il est incorporé dans l’armée française et affecté deux ans plus tard en Algérie, où il reste jusqu’à l’indépendance de la Guinée. Là, il rejoint la toute jeune armée nationale.

Le règne d'un « paysan-soldat »

Il aimait se décrire comme « un paysan-soldat, venu à la politique par accident ». Arrivé à la tête de l’Etat, il rompait, dans un premier temps, avec l’économie centralisée de Sékou Touré. En 1990, il faisait adopter une nouvelle constitution et en 1992, prononçait le multipartisme. Mais son régime prenait rapidement un visage plus radical.

Le colonel était élu président en 1993, puis réélu en 1998, à l’occasion d’un scrutin critiqué par l’opposition. Il était une nouvelle fois réélu fin 2003, à la faveur d’une modification de la Constitution qui lui permettait de briguer un nouveau mandat. Son état de santé avait causé de nombreuses rumeurs au cours des dernières années. Des rumeurs renforcées par sa très grande discrétion et son absence des réunions internationales. Mais le président guinéen laisse un pays frappé d’un fort retard en infrastructure, en dépit de ses ressources minières importantes, bauxite, or, fer et diamant.

Dans sa déclaration à la télévision, dans la nuit de lundi à mardi, le Premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré, a lancé un appel au calme et demandé aux forces de sécurité de rester mobilisées. « En cette douloureuse circonstance, j’invite les braves populations guinéennes au calme et à la retenue, j’appelle les forces de défense et de sécurité à assurer la sécurité à nos frontières et le calme à l’intérieur du territoire national en mémoire de l’illustre disparu »

 

Guinée : Un « paysan-soldat » devenu chef d'Etat


Le président guinéen, Lansana Conté, est décédé lundi soir à Conakry. Parvenu au pouvoir en 1984, le chef de l'Etat se décrivait lui même comme un « paysan soldat », et affirmait être entré en politique par hasard. Le général président a dirigé le pays d'une main de fer pendant vingt-quatre ans. Portrait.
Le défunt président guinéen Lansana Conté, à Conakry en 1998.( Photo : Seyllou/ AFP )Le défunt président guinéen Lansana Conté, à Conakry en 1998.

( Photo : Seyllou/ AFP )

Agé de 74 ans, Lansana Conté, qui se savait condamné, avait visiblement fait le choix de rester au pays, voyageant très peu et se montrant très peu aussi sur la scène politique de son pays. Son état de santé, qui n’était plus un mystère pour personne, alimentait périodiquement les rumeurs à Conakry. Ces voyages au Maroc ou à Cuba pour y subir des soins étaient interprétés comme d’ultimes soubresauts d’un corps malade.

Ces adversaires politiques en panne d’idées pour le faire partir du pouvoir s’en remettaient à la destinée et à la mort inéluctable de tout homme, pour espérer un jour connaître un véritable changement de régime en Guinée. Le diabète chronique dont souffrait le président aurait rendu une plaie au pied incurable, ce qui a considérablement réduit sa mobilité. Mais « j’ai mal au pied et non à la tête », s’amusait-il, en réponse à l’opposition politique qui pointait l’incapacité physique du président à gouverner.

Lors de l’élection présidentielle controversée du 21 décembre 2003, le président aurait voté depuis son véhicule 4x4 climatisé, confortablement installé, l’urne ayant été exceptionnellement déplacée jusqu’à lui. Les résultats de cette présidentielle ont donné, dès le premier tour, Lansana Conté vainqueur avec plus de 95% des suffrages. Le scrutin avait été boycotté par l’ensemble de la classe politique sauf Bhoye Barry, adversaire plutôt proche du pouvoir.

Conté a pris goût au pouvoir

Lansana Conté, qui dit lui-même être venu à la politique « par hasard », avait fini par prendre goût à la fonction en installant autour de lui un régime qui lui est tout dévoué. Pour ce faire, il a emprunté à son défunt prédécesseur et dictateur, Sékou Touré, certaines méthodes de gestion personnelle du pouvoir. Pour l’appuyer dans cette œuvre, il avait fondé le Parti de l’unité et du progrès (PUP), à la faveur de l’adoption d’une nouvelle constitution ( 23 décembre 1990) et qui instaurait le multipartisme en 1992.

Le PUP, le parti présidentiel devenu une machine à gouverner, avait soigneusement préparé le premier scrutin présidentiel libre du pays qui a vu la victoire du général Lansana Conté avec 50,93% des suffrages dès le premier tour, le 19 décembre 1993. L’opposition politique avait demandé en vain l’annulation de cette consultation qui s’était déroulée dans un contexte de violences et d’intimidations de toutes sortes.

Aux premières élections législatives qui ont suivi, en 1995, le PUP raflait la mise et devenait majoritaire dans la nouvelle Assemblée nationale. Au fil des ans, le président Conté installe un réel pouvoir politique qui manifeste ainsi sa volonté de rester aussi longtemps que possible au pouvoir. Malgré une hostilité de plus en plus forte à sa politique, le général Lansana Conté est resté imperturbable, consentant toutefois des plates-formes de discussion avec les leaders des partis d’opposition.

Sa réélection en décembre 1998, à 56,12% des voix est aussi entachée de protestations massives, mais le président qui supporte de moins en moins que sa politique soit brocardée, jette une figure de l’opposition, Alpha Condé, président du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), en prison. Il s’attire les remontrances des bailleurs de fonds, des institutions internationales et de l’Union européenne qui mettent en place des sanctions économiques contre la Guinée.

Alors que la Guinée s’enfonçait dans une crise économique majeure, une révision de la constitution est envisagée pour lever les limitations d’âge et de mandat qui auraient pu empêcher Lansana Conté de se présenter à nouveau à la présidentielle de 2003. Il fait descendre l’armée dans les rues pour empêcher l’opposition de faire campagne pour un « non » à la révision constitutionnelle, adoptée par référendum en novembre 2001 par 98,36% des voix.

La confiance n’exclut pas la méfiance

Le général Lansana Conté, même s’il se vante d’assises populaires avec son parti politique, le PUP, n’oublie pas cependant son appartenance à l’armée qu’il appelle souvent au secours pour mâter toute forme de contestation de son pouvoir. Depuis son installation dans le fauteuil présidentiel en 1984, Lansana Conté n’a jamais quitté son domicile du Camp militaire Samory Touré à Conakry.

Mais la confiance dans l’armée n’exclut pas la méfiance. Aussi, avait-t-il interdit, avant l’élection présidentielle de décembre 2003, à tous les soldats de la place de Conakry le port d’armes. Aucun véhicule militaire ne pouvait entrer ni sortir des casernes militaires si des autorisations spéciales n’étaient pas dûment exhibées. Mais l’agression tant redoutée contre sa personne allait plutôt venir des quartiers de la capitale le 19 mars 2005. Le cortège présidentiel avait essuyé ce jour des tirs entre Bambéto et la cité Enco 5, sur la route de Dubréka. Depuis plusieurs années, le président avait aussi fait de Dubréka, petite ville provinciale d’où il est originaire, un des hauts lieux de la République. Très attaché au terroir, il se disait « paysan et soldat ». En effet, fils de paysans, il possède également des exploitations agricoles dans sa région, à l’ouest de Conakry où l’ethnie Soussou, dont il est issu, est majoritaire.

De l’enfant de troupe au fauteuil présidentiel

Né en 1934 à Moussayah-Loumbaya, non loin de Conakry, c’est à l’âge de 16 ans que Lansana Conté entre à l’Ecole des enfants de troupes de Bingerville, en Côte d’Ivoire, et obtient le grade de sergent de l’armée française au moment où la Guinée accédait à l’indépendance en 1958. Il entame une formation à l’Ecole des officiers du Camp Alpha Yaya Diallo d’où il sortira en 1962 avec le grade de sous-lieutenant et rejoint son premier poste d’affectation au Centre d’instruction d’artillerie de Kindia.

De retour à Conakry en 1963, il devient Trésorier-payeur du Camp Samory Touré et accède au grade de capitaine au début des années 70. Promu commandant de la région militaire de Boké, il gravit rapidement les différents échelons de la hiérarchie militaire en devenant chef d’Etat-major adjoint de l’armée de terre. Le président Sékou Touré le félicitait ainsi pour sa participation active à la guerre de libération en Guinée-Bissau contre la colonisation portugaise, en tant qu’officier d’encadrement et devient colonel de l’armée guinéenne en 1982.

Une semaine après la mort du président Sékou Touré, le 3 avril 1984, il est à la tête d’un groupe d’officiers qui prend le pouvoir à Conakry en instaurant un Comité miliaire de redressement national. Il est alors désigné président de la République et élevé au grade de général un an plus tard. Père de cinq enfants, le génaral Conté était de confession musulmane. Polygame, il était divorcé d’une première épouse avant de prendre en seconde noces Henriette Conté, une chrétienne puis Kadiatou Camara une musulmane.

Par Didier Samson (rfi).

22 décembre 2008

Vers la dépénalisation de l'homosexualité!

Dans l'article ci-dessous reproduit, l'observateur paalga lance le débat sur la dépénalisation de l'homosexualité, en tititrant "dépénalisation de l'homosexualité - nous, c'est de délits de presse qu'il s'agit".

homosexuels.jpgCe titre, plus qu'évocateur, met au second plan le délit - voire le crime d'homosexualité - sous nos tropiques où la liberté d'expression est loin d'être acquise. Pour l'obs, le souci sous nos cieux est moins la dépénalisation de l'homosexualité que celle des délits de presse.

Loin toutefois de banaliser le phénomène de l'homosexualité, cet article de l'obs a au moins le mérite de poser le problème sur ce phénomène qui prend de plus en plus de l'ampleur. Quand allons-nous cesser de pratiquer la politique de l'autruche sur cette question et l'aborder en toute responsabilité?

Sans prendre position dans le débat, je pense qu'il va falloir, pour y répondre, croiser les droits individuels avec la nécessité sociale. En d'autres termes, s'il faut reconnaître à l'homme sa liberté, il ne faut pas occulter le fait que la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres... il ne faut pas non plus occulter que la particularité des nos sociétés est qu'elles ont des valeurs que la reconnaissance de droits individuels pourraient remettre en cause... Et si telle s'avère être le cas, nous sommes fichus, nous perdons alors notre identité culturelle... A bon entendeur... salut!

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Source: l'observateur paalga

Elle n’a pas encore arrêté l’hémorragie financière qui vire, depuis quelques semaines, à la récession économique pendant que se profile l’ombre de la crise sociale, que la communauté internationale, qui sait avoir le sens des priorités, enclenche une autre bataille planétaire dont l’importance et l’urgence se passent de commentaire :

rama_yade.jpgInspiré, entre autres personnalités, par Rama Yade, la secrétaire d’Etat française aux Droits de l’homme, issue de la diversité et sur le point d’être renvoyée par son mentor Sarkozy, un appel à la dépénalisation de l’homosexualité, signé par 66 des 192 Etats-membres de l’ONU, a été lancé le jeudi 18 décembre 2008 à New York.

Alors qu’en Europe et ailleurs dans le monde, les gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres peuvent souvent convoler en "justes noces" et adopter, au besoin, des enfants, dans 77 autres pays, l’homosexualité est interdite, et donc punie, de la peine capitale même dans 7 d’entre eux.

C’est notamment "le recours à la peine de mort, les exécutions extrajudiciaires, sommaires, la pratique de la torture, des traitements cruels ou inhumains" que dénonce la Déclaration, jugée historique, qui se fonde sur le principe de non-discrimination quelle que soit l’orientation sexuelle et sur le postulat selon lequel "tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droit".

Il est vrai que les réactions homophobes sont quelquefois extrêmes. Si au nom de sa liberté, quitte à ce que la jouissance de cette liberté le ravale au rang de l’animal, un homme prend du plaisir à se faire enc..., grand bien lui fasse quand bien même se tromper d’orifice, convenons-en, n’est pas dans l’ordre normal des choses. Il faut néanmoins se garder de pousser l’angélisme, comme c’est souvent le cas en Afrique, jusqu’à penser que ces comportements (qui prennent de l’importance dans nos villes quitte à tourner parfois en procès en sorcellerie où on suspecte sérieusement X ou Y d’être gay ou lesbo), ont été importées par les Blancs. Et que c’est le propre des sociétés repues.

En vérité, de tout temps, ce phénomène a existé, depuis la Grèce antique (quand on accusait Socrate de corrompre la jeunesse, était-ce seulement par son discours philosophique ?) et même dans l’Afrique ancienne. Mais il va de soi que ce penchant ne peut prospérer que dans les sociétés permissives. Or, dans nos contrées, l’œil de la société, telle un cerbère, veille au grain, au risque que les individus qui refoulent l’attirance du même sexe sombrent dans la folie. Même en Occident, il est, par exemple, plus facile pour un homo d’afficher sa particularité dans l’anonymat indifférencié de grandes villes comme Paris, Marseille ou Lyon que dans les petits recoins de la France profonde, "où tout le monde connaît tout le monde".

Cela dit, on ne voit pas en quoi ce phénomène est susceptible de faire avancer l’humanité au point qu’il y ait besoin de mener une croisade mondiale en sa faveur quand, dans le même temps, cette France si soucieuse de l’universalité des droits de l’homme tremble de toute sa carcasse à l’idée de représailles chinoises parce que son président a rencontré le dalaï-lama, fût-ce en catimini à Gdanks.

Dans tous les cas, liberté pour liberté, autant les bisexuels sont libres de rouler à la voile comme à la vapeur, autant les pays sont libres de couper leur tête, à défaut de leur queue, s’ils estiment que ce genre de rapports met en péril l’équilibre de la société. Après tout, la loi, votée en bonne république par l’Assemblée nationale, c’est-à-dire par les élus du peuple, est censée être l’expression de la volonté populaire. Quand donc un peuple estimera que ces choses font partie de ses valeurs, et qu’il peut les promouvoir, il légiférera en conséquence.

En attendant, dépénalisez chez vous. Pour le moment, chez nous, en Afrique, au Burkina en particulier, nous cherchons à dépénaliser les délits de presse, et ces partisans du tout libertaire feraient mieux de nous y aider. On ne va tout de même pas mettre sur un pied d’égalité la liberté de presse et celle de se faire sauter par une personne du même sexe !

L'observateur

19 décembre 2008

Négociations gouvernement/syndicats: des acquis indéniables ... mais jugés insuffisants!

Jérôme Bougouma, Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale : "Le gouvernement est satisfait des résultats".
Tolé Sagnon, porte-parole des organisations syndicales : "Nous allons poursuivre la lutte. Nous ne sommes pas satisfaits".

"Les vertus du dialogue social." Tel pourrait être le titre d'un livre qu'on pourrait écrire sur les négociations entre les acteurs sociaux au Burkina (Gouvrenement - Patronat - syndicats). Au mois de juillet dernier, les patrons ont concédé aux travailleurs, à travers les centrales syndicales des hausses de salaires allant de 4 à 8%. Cette fois-ci, c'est autour du Gouvernement d'emboucher la trompette du dialogue social en concédant aux travailleurs du secteur public une augmentation des salaires de 4%. A cela, il faut ajouter une baisse de l'impôt unique sur les traitements et salaires à travers le relèvement de l'abattement forfaitaire pour frais et charges de 15 à 20% pour les cadres supérieurs et à 25% pour les autres catégories de travailleurs, relevant aussi bien du secteur public que du secteur privé.

Le gouvernement a consenti par ailleurs une baisse du prix des hydrocarbures et pris d'autres engegements dans le sens de l'approfondissement des négociations.

Il s'agit là d'acquis indéniables qu'on pourrait mettre au titre des vertus du dialogue social. Cependant, les syndicats estiment que ces acquis sont loin d'être satisfaisants, ce qui augure d'une poursuite de la lutte entamée de longue date pour de meilleures conditions de vie et de travail. Mais, dit-on, "la culotte d'aujourd'hui vaut mieux que le pantalon de demain" et ça, Monsieur Tolé SAGNON et ses camarades l'ont compris. C'est tant mieux donc pour le panier de la ménagère qui ne s'en portera que mieux!

Je vous propose ci-dessus, et en intégralité, le communiqué final desdites négociations!

Communiqué final des négociations gouvernement/ syndicats

Du 4 au 17 décembre 2008, s'est tenue dans Ia saIIe du DiaIogue sociaI du ministère du TravaiI et de Ia Sécurité sociaIe, Ia rencontre annueIIe de négociations gouvernements/syndicats. La cérémonie d'ouverture a été présidée par Son ExceIIence monsieur Ie Premier ministre, chef du gouvernement.

ont participé à la rencontre :
Du côté du gouvernement,

- Monsieur Jérôme Bougouma, ministre du TravaiI et de la Sécurité sociaIe, chef de déIégation ;

- Monsieur Mamadou Sanou, ministre du Commerce, de la Promotion de I'Entreprise et de I'Artisanat ;

- Monsieur ZakaIia Koté, ministre de Ia Justice, Garde des sceaux ;

- Monsieur Abdoul Kader Cissé, ministre de I'Energie, des Mines et des Carrières ;

- Monsieur Lucien Marie NoëI Bembamba, ministre de I'Economie et des Finances ;

- Monsieur Soungalo Ouattara, ministre de la Fonction publique et de la Réforme de I'Etat.

Du côté des organisations syndicaIes,

- Monsieur Joseph Tiendrébéogo, secrétaire général de Force ouvrière/Union nationaIe des syndicats libres (FO/UNSL), président du mois des CentraIes syndicaIes ;

- Monsieur ToIé Sagnon, secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), porte-paroIe des organisations syndicales ;

- Monsieur Augustin Blaise Hien, secrétaire général de Ia Confédération nationaIe des travaiIIeurs burkinabè (CNTB) ;

- El Hadj Mamadou Nama, secrétaire général de l’Unionsyndicale des travaiIleurs du Burkina (USTB) ;

- Monsieur Jean Mathias Liliou, secrétaire généraI de Ia Confédération syndicaIe burkinabè (CSB) ;

- Monsieur Paul Kaboré, secrétaire généraI de I'Organisation nationaIe des syndicats libres (ONSL) ;

- Monsieur Etienne Ilboudo, secrétaire généraI du Syndicat nationaI des travaiIIeurs des douanes (SYNATRAD), président du mois des Syndicats autonomes.

Chaque délégation était accompagnée de ses techniciens et conseiIIers.
L'ordre du jour de la rencontre a porté sur :
- le biIan de la mise en œuvre des points d'accord issus de Ia rencontre gouvernements/syndicats de novembre 2007 ;
- I'examen des réponses du gouvernement à la plate-forme du 1er mai 2008 et la plate-forme d'action de la coalition nationaIe contre la vie chère.

Après Ie mot introductif du ministre du Travail et de la Sécurité sociaIe annonçant Ie programme, le directeur général du TravaiI a présenté Ie rapport du comité technique de suivi des résuItats de la rencontre
de concertation gouvernement/syndicats de novembre 2007 (Annexe 1).

Cette présentation a été suivie de Ia Iecture des réponses du gouvernement aux préoccupations des organisations syndicaIes par Ie chef de Ia déIégation gouvernementaIe (Annexe 2).
La rencontre a ensuite été suspendue et Ies organisations syndicales se sont retrouvées à huis cIos pour apprécier Ies réponses du gouvernement.
Les organisations syndicaIes ont transmis par lettre au ministre du TravaiI et de la Sécurité sociaIe dans Ia matinée du 5 décembre 2008 leurs appréciations sur Ies réponses du gouvernement (Annexe 3). Dans cette correspondance, eIIes ont insisté sur Ia nécessité de satisfaire Ies travaiIIeurs sur Ies points ci-après :

1. L'augmentation des saIaires et pensions de 25% pour compter du 1er janvier 2001 ;

2. La diminution des impôts et taxes (diminution de I'IUTS et exonération du SMIG, révision de Ia structure des hydrocarbures, exemption de Ia TVA sur Ies prêts bancaires...) ;

3. La baisse sensibIe des prix des hydrocarbures ;

4. La mise en œuvre des recommandations du comité paritaire sur Ies dossiers sociaux de travaiIIeurs relevant du gouvernement, traitement des dossiers sociaux de travaiIIeurs relevant du patronat privé ;

5. La constatation des avancements 2006, 2007 et 2008 avec Ieurs effets financiers ;

6. L'application effective de l'octroi d'une bourse de stage ou Ie maintien des indemnités au bénéfice des fonctionnaires admis en stage au Burkina Faso.

EIIes ont souligné qu'en I'absence de réponses appropriées aux préoccupations ci-dessus indiquées, eIIes se réservaient Ie droit de suspendre Ieur participation à Ia présente rencontre.

A la reprise des travaux Ie vendredi 5 décembre à 16 heures, le gouvernement a apporté des éléments de réponses aux préoccupations des travailleurs contenues dans leur correspondance du 5 décembre 2008. Les réponses du Gouvernement sur ces préoccupations figurent dans l'annexe 4.
Sur ces réponses, Ies organisations syndicaIes en ont pris acte et demandé une suspension de séance pour donner Ieurs appréciations.
Par lettre datée du 15 décembre 2008, Ies organisations syndicaIes ont fait parvenir au gouvernement Ieurs appréciations et contrepropositions (Annexe 5).
A I'issue des négociations reprises Ie mercredi 17 décembre 2008 à 17 heures et en réponse aux préoccupations des organisations syndicaIes, Ie gouvernement a pris Ies engagements suivants :

1. Augmentation de :

- 4% sur la valeur du point indiciaire ;

- 4% sur les pensions et retraites ;

- 4% sur Ies saIaires des agents qui ne sont pas payés sur la base du point indiciaire.

Prise d'effet : janvier 2009

2. Augmentation du taux d'abattement de I'IUTS pour Ies travaiIIeurs du pubIic et du privé de :

- 15 à 20% pour Ies cadres supérieurs ;

- 15 à 25% pour Ies autres catégories.

Prise d'effet : janvier 2009

3. Baisse des prix des hydrocarbures à concurrence de :
- 30 F sur I'essence super ;
- 20 F sur Ie gasoiI ;
- 20 F sur Ie pétroIe ;
-1 F sur I'essence méIange.

Prise d'effet : 1er janvier 2009

4. Convocation d'une session du comité mixte paritaire Ie mardi 6 janvier 2009 à 9 heures en vue de réactuaIiser Ies propositions de soIutions et rechercher de nouveIIes pistes de soIutions. Le directeur généraI du TravaiI convoquera Ia réunion.

5. RéaIisation d'une étude de faisabiIité sur I'octroi d'une bourse de stage ou de maintien des indemnités au bénéfice des fonctionnaires admis en stage au Burkina F aso.

DéIai de réaIisation de I'étude : juin 2009

6. L'examen de la revendication portant sur les avancements sera examinée dans Ie cadre des rencontres sectorielIes avec Ies syndicats de la fonction pubIique.
Les deux parties ont loué I'ambiance cordiaIe et sereine qui a caractérisé la rencontre. EIles ont convenu de renforcer Ies cadres et mécanismes de concertation pour un dialogue social fructueux dans notre pays.

Fait à Ouagadougou,
l e 17 décembre 2008
pour la déIégation gouvernementale

16 décembre 2008

L’escroquerie géante de Bernard Madoff

Source: www.la-croix.com (article publié le 15/12/2008)

La fraude « pyramidale » imaginée par ce courtier touche les grandes banques mondiales et ruine de riches particuliers américains


Bernard Madoff, à New Yor, en 1999 (photo Washington/AP).

Le château de cartes s’est écroulé. À l’ouverture des grandes places boursières lundi 15 décembre, des banques du monde entier, dont les françaises BNP et Natixis, ont dévoilé des pertes de plusieurs centaines de millions de dollars.

Toutes avaient prêté de l’argent à des fonds spéculatifs, institutions charitables voire de riches personnalités, lesquels l’avaient investi dans le fonds new-yorkais Bernard Madoff. Ce « self made man » inspirait confiance. Suffisamment pour que ses milliers de clients ne lui demandent pas d’explication sur ses capacités, même en période de crise, à pouvoir garantir des retours sur investissement, de l’ordre de 1 % par mois, soit 12 % par an.

En quoi constituait l’escroquerie ?

Les clients du fonds spéculatif de Bernard Madoff pensaient investir. En réalité, leur argent servait juste à rembourser les clients qui réclamaient leur mise. Aucune équation mathématique, aucune technique financière sophistiquée ne sous-tendait les faramineuses garanties de retours sur investissement annoncées.

Elles n’étaient que pures promesses. Cette technique, dite de la « pyramide de Ponzi », doit son nom à Charles Ponzi. En 1920, cet immigré italien aux États-Unis était devenu millionnaire en six mois, en promettant aux épargnants des intérêts de l’ordre de 40 % grâce à l’achat et à la revente de coupons postaux internationaux.

Des milliers de clients affluèrent. L’argent des nouveaux servait à rembourser les autres. Mais la presse révéla que Charles Ponzi n’investissait pas dans sa propre société et qu’il faudrait six fois plus de coupons en circulation pour couvrir la totalité des investissements. Les épargnants retirèrent alors massivement leur argent. Et tout s’effondra.

Un tel système fonctionne tant que les investisseurs n’ont pas besoin de retirer leur argent au même moment. Or, la crise financière a obligé les nombreux « hedge funds » (fonds spéculatifs), qui avaient investi dans celui de Bernard Madoff, à réclamer d’urgence leurs mises.

Les banques, auxquelles ces fonds avaient emprunté de l’argent, sont donc les victimes par ricochet de la faillite de ces institutions, peu régulées et peu transparentes. Par ailleurs, de riches Américains se sont déclarés ruinés.

« Ce qui est surprenant est que les montants aient été aussi élevés et que le système ait duré si longtemps, observe Philippe Weatcher, économiste chez Natixis Asset management. La promesse d’une rémunération stable et élevée a eu un rôle d’anesthésiant par rapport à tous les indicateurs qu’il faut évaluer quand on investit. »

Le Wall Street Journal a notamment expliqué comment ce gérant attirait ses victimes « avec une attitude de mystère et un sentiment que vous étiez exclusif ». N’était-il pas odieux de demander des comptes, alors que vous faisiez parti du petit club de privilégiés dont Madoff acceptait de gérer l’argent ?

Le contrôle a-t-il fait défaut ?

À Londres, Nicola Horlick, patronne d’une société d’investissements britannique cliente de Bernard Madoff, a dénoncé hier la « défaillance systémique » des autorités de régulation américaines. La Securities and Exchange Commission (SEC), l’autorité boursière, a enquêté plusieurs fois sur Bernard Madoff en 1992, 2005 et 2007 à la suite d’interrogations sur les rendements étonnement élevés de son fonds. Mais l’affaire était restée sans suite.

Par ailleurs, le contrôle s’avérait d’autant plus difficile que le fonds de Bernard Madoff était lui-même un « hedge fund ». « Ces fonds ont une réglementation plus légère car ils ne reçoivent pas de dépôts de clients », explique Nicolas Bouzou, directeur du cabinet Asterés. De surcroît, ils sont souvent hébergés dans des paradis fiscaux, par définition peu transparents. Les « hedge funds » sont relativement peu présents en Europe, mis à part au Royaume-Uni ou en Suisse. Une telle escroquerie est-elle pour autant inimaginable en Europe ? Nicolas Bouzou ne le parierait pas. « Il y a bien eu, en France, le scandale Kerviel, qui s’est passé dans un environnement pourtant régulé », souligne-t-il.

D’autres fraudes vont-elles apparaître?

Le mois dernier, le système dit des « pyramides » a déjà ruiné de nombreux Colombiens, qui avaient confié leur argent à des pseudo-banques promettant des intérêts mirobolants. « La crise est un révélateur pour ce type de fraudes, assure Nicolas Bouzou. C’est le moment propice pour les déceler. Lorsque la vague se retirera, on verra ce qu’il y a sur le sable. On risque de le constater dans les semaines à venir. » Les crises doivent servir, selon lui, à faire apparaître les défiances et à rectifier le système. Plus que les sommes abyssales que ces escroqueries font perdre aux établissements, le vrai problème, selon Philippe Waetcher, est celui de la confiance vis-à-vis des institutions et le sentiment qu’elles donnent d’avoir été aveuglées par le rendement. « C’est un facteur qui ne va pas inciter les investisseurs particuliers à revenir de sitôt. »

Par Aude CARASCO

15 décembre 2008

Tournée d'adieu de George Bush: le président américain évite de justesse une paire de chaussures en Iraq

Les adieux de George Bush à l'Afghanistan

Source: rfi.fr (Article publié le 15 décembre 2008)

Le président afghan Hamid Karzaï a accueilli le président américain George W. Bush ce 15 décembre 2008.(Photo : Musadeq Sadeq/Reuters)

Le président afghan Hamid Karzaï a accueilli le président américain George W. Bush ce 15 décembre 2008.
(Photo : Musadeq Sadeq/Reuters)

George Bush poursuit sa tournée surprise d'adieu. Le président des Etats-Unis est en Afghanistan, aujourd'hui. Il a rencontré des soldats américains engagés dans la lutte contre les talibans. Il s'est entretenu avec le président du pays, Hamid Karzaï. L'occasion, à chaque fois, de défendre les actions qu'il a menées au cours de son mandat, en Afghanistan. George Bush est arrivé à Kaboul, en provenance de Bagdad, où il venait de passer quelques heures.

Avec notre correspondante à Atlanta, Anne Toulouse

C’est l’adieu aux armes de George Bush, sur les fronts des deux guerres qui ont marqué sa présidence. Après une visite de quelques heures en Irak, il est arrivé sur la base Bagram en Afghanistan, où il s’est adressé aux troupes, avant de rencontrer le président Hamid Karzaï.

Ces visites ne sont jamais annoncées à l’avance pour des raisons de sécurité, mais il paraissait probable que le président se rendrait en Irak avant son départ de la Maison Blanche. C’est sa quatrième visite depuis 2003. En revanche on l’a vu moins souvent en Afghanistan, où il s’était rendu une seule fois, en 2006. Ce pays est considéré comme une étape à haut risque, lors de la visite de Dick Cheney, en 2007, un attentat-suicide avait visé la base de Bagram, où se trouvait le vice-président.

Pendant son passage à Bagdad, George Bush a été la cible d’une attaque d’un autre genre. Un homme qui participait à une conférence de presse, a lancé ses deux chaussures en direction du président. Le tir était bien ajusté, mais George bush l’a habilement esquivé. On se demande, néanmoins, ce qui se serait passé si le projectile avait été plus lourd et si le président avait eu de moins bons reflexes.
A Bagdad, le président a signé un accord cadre, qui prévoit deux étapes dans le retrait des troupes américaines. Les troupes de combat doivent quitter les villes irakiennes au mois de juin prochain et un retrait total doit intervenir en 2011, si la situation sur le terrain le permet.
Lors d'une conférence de presse à Bagdad, le 14 décembre 2008, un journaliste lance deux chaussures sur le président George W. Bush. ( Photo : AFP )

Lors d'une conférence de presse à Bagdad, le 14 décembre 2008, un journaliste lance deux chaussures sur le président George W. Bush.
( Photo : AFP )

Ce retrait intéresse directement l’Afghanistan, puisque c‘est là que seraient redéployées une partie des troupes. Le futur président en a fait le front prioritaire. George Bush ne sera plus là pour assumer ce transfert des forces, mais il laisse derrière lui son ministre de la défense, Robert Gates, à qui Barack Obama a demandé de conserver son poste. Robert Gates a d’ailleurs précédé de 24 heures, George Bush, à Bagdad et en Afghanistan.
Visite surprise en Afghanistan

Avec notre correspondant à Kaboul, Luc Mathieu

Depuis l'aube, le ciel de Kaboul est sillonné par des hélicoptères et des avions de surveillance. Le président américain est arrivé à 7 heures ce lundi matin dans la capitale afghane. Il avait atterri dans la nuit sur la base militaire de Bagram, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Kaboul.

A Bagram, il s'est félicité devant plusieurs centaines de militaires américains, d'avoir provoqué la chute du régime taliban. « Nous aurions pu remplacer ces voyous par un nouvel homme fort, mais l'Amérique s'est fixée un objectif ambitieux : aider la jeunesse afghane à grandir et à prospérer », a-t-il déclaré.

A Kaboul, George Bush a brièvement rencontré le président afghan Amid Karzaï. Il a reconnu que la guerre en Afghanistan durerait longtemps. L'administration américaine vient en effet de changer de stratégie. Sous l'impulsion d'Obama, elle a décidé d'envoyer des renforts massifs de troupes. Près de 10 000 hommes supplémentaires devraient arriver d'ici la fin du mois de juin.

Le président afghan, Amid Karzaï, semble approuver cette stratégie. Il estime que la mise en place d'un calendrier de retrait des forces étrangères est prématurée. « L'Afghanistan, a-t-il dit, ne laissera pas la communauté internationale l'abandonner tant qu'il ne sera pas assez fort pour se défendre ».

10 décembre 2008

La célébration de la fête nationale du Burkina endeuillée par un crash d'aéronef

L'édition internet de fasozine a publié le mercredi 10 décembre 2008 un article faisant état d'un accident d'avion à Fada N'Gourma, accident survenu suite à linauguration de l'aérogare de cette localité, en prélude aux activités commémoratives de la fête Nationale du Burkina Faso, délocalisée cette année dans ladite localité.

Cela ressemble un peu à la tache noire sur cette fête qui s'annonçait belle en couleurs! Nos condoléances les plus attristées aux familles éplorées!

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Source: fasozine.com
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Deux personnes sont mortes dans un accident d'avion, ce mercredi matin à Fada N'Gourma, ville située à 220 kilomètres  à l'Est de Ouagadougou. L'appareil appartenait à l'armée de l'air. Il effectuait des acrobaties aériennes dans le cadre de l'inauguration de l'aérogare de Fada, lorsqu'il s'est écrasé. Selon des témoins, l'avion n'a pas réussi à reprendre de l'altitude après une série de loopings, effectuée à quelques mètres du sol. L'un des pilotes, qui aurait réussi à s'éjecter, s'est tué en retombant, tandis que le second est resté coincé dans l'appareil, qui devait participer, demain, 11 décembre 2008, à la commémoration de la fête nationale du Burkina.

 

 

Les festivités marquant le 48e anniversaire de fête nationale ont, en effet, lieu, cette année, à Fada N'Gourma. Depuis quelques jours, cette ville, chef-lieu de la province du Gourma et de la région de l'Est du Burkina Faso, est au centre de toutes les attentions. Une série d'infrastructures a été réalisée pour donner un éclat particulier à Fada N'Gourma, dans le cadre de cette célébration. Au nombre de ces infrastructures, l'aérogare, qui venait d'être réhabilitée, et qui accueillait ce vol inaugural, finalement fatal.

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