09 janvier 2009
Investiture de John Atta-Mills : Un contrat de performance avec le peuple ghanéen
Dossier signé Sita Tarbagdo (source: www.sidwaya.bf)
John Evans Atta-Mills est investi président du Ghana. C’était mercredi 7 janvier 2009 à l’Indépendance Square d’Accra, en présence du président du Faso, Blaise Compaoré, d’autres chefs d’Etat et des délégations des pays de la sous-région. La cérémonie d’investiture a été l’occasion pour le nouveau président de prêter serment, un rituel juridique qui a valeur de profession de foi. John Evans Atta-Mills remplace le président John Kufuor qui vient de remplir deux mandats de quatre ans.
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| Le Président John Atta-Mills, nouvellement investi, salue son peuple. | Une vue des chefs d'Etat et de délégations ainsi que des personnalités à la cérémonie d'investiture (au 1er plan de droite à gauche on reconnaît le Président du Faso à la 4e place). | ||
Le titre de président du Ghana a été officiellement attribué à John Evans Atta-Mills, mercredi 7 janvier 2009, au cours d’une imposante cérémonie à l’Indépendance Square d’Accra. Chef de l’opposition, le nouveau locataire de stade House, le palais présidentiel ghanéen, avait remporté au deuxième tour la présidentielle du 3 janvier 2009, sous la bannière du Congrès national démocratique (NDC). Avec le score très serré de 50,23% des suffrages, contre 49,77% pour son challenger Akufo Addo, candidat du Nouveau parti patriotique (NPP), la formation politique du président sortant John Kufuor.
La cérémonie d’investiture a été dirigée par la plus haute juridiction du pays, avec à sa tête Georgina Theodora Wood. C’est devant cette juridiction et sur la bible que John Evans Atta-Mills a prêté serment de “préserver, de respecter, de faire respecter et de défendre la constitution et les lois, de tout mettre en œuvre pour garantir la justice à tous les habitants du Ghana”. Juste après cette profession de foi, le nouveau président du Ghana dans une adresse à la nation s’est engagé devant le peuple ghanéen et sur son honneur à œuvrer pour l’avènement “d’un Ghana meilleur”. Lourde est la responsabilité de l’engagement. Car sur les épaules de John Evans Atta-Mills, repose désormais un contrat de devoirs, d’obligations et de droits envers la nation ghanéenne tout entière. L’ère du changement qu’il prône requiert de sa part, labeur, ardeur, dévouement, loyauté, maturité, don de soi et sacrifices. Conscient que la charge n’est pas de tout repos, John Evans Atta-Mills s’est voulu rassembleur : “Je serai le président de tous les Ghanéens, indépendamment de leur vote et de leur origine”.
C’est donc pour essentiellement l’intérêt de la démocratie, l’intérêt des populations, leurs attentes et préoccupations que le nouveau président entend inscrire ses actions. Loin des intérêts partisans et des égoïsmes politiques, il a promis exécuter sa mission dans “un esprit de sagesse, de notoriété, de perspicacité et de clairvoyance”. Ce faisant, le président Atta-Mills appelle à l’entrain collectif sur les différents chantiers de la construction nationale et sollicite une participation active et fructueuse des populations.
C’est dans se sens de sauvegarde de l’unité nationale et de convergence des énergies qu’il convient d’inscrire “la main tendue” de John Atta-Mills à son adversaire et candidat malheureux aux élections, Akufo Addo. Avec lui, il espère pouvoir travailler pour le bonheur du peuple ghanéen. Il compte également pouvoir bénéficier de “la sagesse et de l’expérience des anciens chefs d’Etat ghanéens” pour parfaire sa gestion du pouvoir.
En la matière, le président John Atta-Mills n’est pas un nouveau venu. En effet, il a été de 1997 à 2000 vice-président de l’ex-président Jerry John Rawlings, homme toujours populaire et respecté au Ghana. Pour preuve, son entrée à l’Indépendance Square a été vivement saluée par un tonnerre d’applaudissements et d’acclamations. De son ancien patron, le nouveau président hérite, selon le témoignage de ses nombreux partisans “du bon sens, de l’esprit d’endurance et de combativité, d’une hauteur de vue et d’une lecture éclairée des actions à entreprendre”.
Marquer la différence
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| Des militants du NDC acquis à la cause du nouveau président. | Au milieu, le Président du Ghana après sa prestation de serment. |
John Evans Atta-Mills réussira-t-il sa mission, selon les attentes et les espoirs ? Difficile de répondre. Une chose est certaine, le désormais président du Ghana dans la dynamique de surcroît de prospérité, de progrès, de développement et de bonheur tant souhaités a choisi d’investir dans le renforcement des capacités, dans la création d’emplois, dans la construction d’infrastructures... Il instruira de ce fait son gouvernement à “marquer la différence” en termes d’initiatives et d’actions débarrassées des insuffisances d’hier. Au plan africain, la vision du président ghanéen s’inscrit dans le sens de l’intégration socio-économique des ensembles régionaux, de la résolution des conflits, du renforcement de l’Union africaine et de la recherche de la paix.
John Atta-Mills préside aux destinées d’un Ghana où les attentes sont nombreuses, les exigences immenses, les épreuves multiples et multiformes et les défis à relever très nombreux.
Grand producteur d’or et de cacao, le pays devrait fin 2010, commencer à extraire du pétrole découvert au large de ses côtes.
Les huit années de présidence du prédécesseur de John Atta-Mills (à savoir le président Kufuor) ont été marquées par une forte croissance économique qui a eu le mérite d’attirer de nombreux investisseurs.
Cet héritage, le nouveau président se doit de le renforcer au bonheur du peuple ghanéen, pour construire “son Ghana meilleur pour tous”. Puisse-t-il alors tirer son inspiration quotidienne des grandes actions qui font les grands hommes de l’histoire. Et son serment aura véritablement un sens, toutes ses lettres de noblesse.
Sita TARBAGDO
| Un soutien massif La cérémonie d’investiture du président John Atta-Mills a été rehaussée par la présence de huit chefs d’Etat et de délégations venus surtout des pays voisins du Ghana. Le président du Faso, Blaise Compaoré, accompagné de son ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale a fait le déplacement du Ghana pour apporter à John Atta-Mills, le nouveau locataire du palais présidentiel ghanéen ses félicitations, ses encouragements et lui témoigner son soutien et celui du peuple burkinabè. Pour atteindre l’Independance Square d’Accra, où s’est déroulée la cérémonie d’investiture, c’était la croix et la bannière. En effet, les cortèges présidentiels, malgré la présence des motards, ont été maintes fois interrompus par une foule de militants acquis à la cause du nouveau président. Ce qui n’a pas manqué de compliquer un tant soit peu le travail de la sécurité des présidents et chefs de délégations. L’affluence au lieu de la cérémonie était telle que les forces de l’ordre ont eu du mal à contenir le monde. D’où des bousculades interminables, une ambiance de pagaille. Même les journalistes n’ont pas échappé aux bousculades, empêchant plusieurs d’entre eux de faire convenablement leur travail. Malgré tout, la cérémonie s’est déroulée normalement. Toute la journée du mercredi 7 janvier 2009, jour de l’investiture, les partisans de John Atta-Mills ont fêté dans les rues d’Accra, qui en voiture “surchargée”, qui à moto, qui à pied, brandissant des écharpes et des drapeaux à l’effigie du Congrès national démocratique. “Au nom de Dieu”, John Atta-Mills lui, a assuré qu’il sera “le président de tous, sans discrimination. Il sera un père pour tous”. Sita Tarbagdo | ||
| Qui est John Atta-Mills ? John Evans Atta-Mills est né en 1945. Il est d’origine Akan d’Ekum Fiotum, dans le centre du Ghana. Le Prof, comme on l’appelle affectueusement, a étudié le droit à l’Ecole d’études orientales et africaines de Londres et à la Faculté de droit de Stanford aux Etats-Unis. Pour ses études, il a bénéficié d’une bourse du Programme Fulbright. Aujourd’hui, l’homme est titulaire d’un diplôme en droit à l’Université du Ghana et d’un Doctorat en études orientales et africaines de l’Université de Londres. Le Prof a enseigné à l’Université Standford et à l’Université du Ghana pendant 25 ans. Grand sportif, il est adepte de la natation et du hockey. Dans le domaine politique, John Atta-Mills a fait ses pas à l’ombre de l’ex-président Jerry John Rawlings dont il a été l’adjoint trois ans durant. Aujourd’hui, le voilà accédé au titre suprême, après deux candidatures infructueuses en 2000 et en 2004. Il se décrit comme un social-démocrate et s’appuie largement sur les idées du bien-être social du leader de l’indépendance, Kwamé N’Krumah. Durant sa campagne pour la troisième fois, il a appelé à la mise en place d’une plate-forme politique “plus inclusive mais moins polarisante”. “Un homme meilleur pour un Ghana meilleur” a été le slogan de campagne présidentielle de John Evans Atta-Mills. Très jeune, il rêvait déjà de “servir surtout les plus démunis”. Selon ses proches et partisans, il apparaît comme “un politique honnête et transparent qui accepte ses erreurs et en tire des leçons... Il a les pieds sur terre”. L’occasion lui est aujourd’hui donnée “de défendre les pauvres, de servir et d’aider à améliorer les conditions de vie des populations”. On attend donc le maçon au pied du mur. John Atta-Mills a à son actif la publication d’une dizaine d’ouvrages spécialisés, notamment sur les impôts. Marié à Ernestina Naadu, le couple Atta-Mills a un fils de 19 ans. Le colistier du président John Atta-Mills est John Mahama, député originaire du Nord qui a été ministre de la Communication du gouvernement Rawlings. La première passation de pouvoir entre deux présidents démocratiquement élus au Ghana s’était déroulée aussi dans le calme en janvier 2001, lorsque John Jerry Rawlings après aussi deux mandats de quatre ans avait transmis les rênes à l’opposant John Kufuor. A la tête de l’Etat ghanéen, John Atta-Mills promet de “sauvegarder l’unité nationale, d’être le président de tous les Ghanéens et de faire en sorte que le Ghana continue d’être un modèle de démocratie en Afrique”. En effet, cette nation ouest-africaine de 23,5 millions d’habitants est régulièrement citée en exemple pour ses avancées en matière de démocratie, surtout dans ce continent africain où fraudes électorales et violences sont très fréquentes. Le cas du Kenya est de triste illustration. La récente élection qui a porté John Evans Atta-Mills est la cinquième au Ghana depuis le retour du multipartisme en 1992. Sita Tarbagdo | ||
| Quatre questions à l’ambassadeur du Burkina au Ghana L’ambassadeur du Burkina au Ghana, Son Excellence Sini Pierre Sanou a été un témoin avisé de la transition démocratique au Ghana. Il nous éclaire sur quelques aspects.
élections. S. : Le nouveau président a promis de travailler dans l’unité de la nation. Pensez-vous que cela soit possible dans le contexte du Ghana ? S.P.S. : Les fondements de la démocratie ghanéenne sont à saluer. Il y a dans ce pays deux grands partis qui sont pratiquement de force égale. Et ça c’est bon pour la démocratie. Après les élections, le candidat qui a perdu a salué et félicité le vainqueur. C’est du fair-play qui participe du renforcement du jeu démocratique. Je pense qu’ils vont accepter travailler ensemble pour le développement du Ghana. S. : Une femme a été élue à la tête du parlement ghanéen. Quelle appréciation en faites-vous ? S.P.S. : L’élection d’une femme à la présidence du parlement est à saluer à sa juste valeur. C’est une première et pour le Ghana et pour la sous-région. Tout cela mérite des félicitations à l’endroit du peuple ghanéen qui s’est mobilisé pour que les élections se déroulent dans le calme. La Commission électorale a été fantastique dans l’organisation et très courageuse dans la publication des résultats du scrutin. S. : Les Burkinabè résidant au Ghana ont-ils participé aux votes? S.P.S. : Les Burkinabè du Ghana sont bien intégrés. Certains ont pris part aux votes. Il s’agit de ceux qui ont longtemps séjourné au Ghana et qui disposent de papiers délivrés par les autorités ghanéennes. Ils se sentent pleinement burkinabè mais ont le droit de participer aux échéances électorales. Cela fait partie de l’intégration au niveau de notre communauté dans le processus électoral. Mais je ne saurai vous dire pour qui ils ont voté ! Sita Tarbagdo |
11:40 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ghana





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