30 janvier 2009

France : Mobilisation sociale : rendez-vous en février

Source: RFI (Article publié le 30 janvier 2009)

par Patrice Biancone

Jamais la France n'avait connu de manifestations d'une telle ampleur depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir. Ce jeudi, entre un et deux millions et demi de personnes ont défilé dans tout le pays sur des thèmes comme les salaires, la sauvegarde des services publics, et plus généralement la stratégie du pouvoir face à la crise. Dans la soirée, le président a assuré qu'il avait entendu le message de la rue. Et ce vendredi, Xavier Bertrand, le tout nouveau secrétaire général de l'UMP, a déclaré que la majorité « ne restait pas les bras ballants et n'était pas sourde », mais que le gouvernement devait « tenir le cap des réformes ».

Les principaux leaders syndicaux, Bernard Thibault (7e d), François Chérèque (4e g) et Jean-Claude Mailly (g), en tête du cortège de la manifestation du 29 janvier.(Photo : Bertrand Guay/AFP)

Les principaux leaders syndicaux, Bernard Thibault (7e d), François Chérèque (4e g) et Jean-Claude Mailly (g), en tête du cortège de la manifestation du 29 janvier.
(Photo : Bertrand Guay/AFP)

Un million ? Deux millions ? Ou deux millions et demi de manifestants ? Incontestablement, au-delà de l'habituelle bataille des chiffres que se livrent la police et les syndicats, cette journée de mobilisation nationale a pris une ampleur sans précédent depuis plusieurs années. C'est une réussite pour ses organisateurs. Il semble d'ailleurs que tout le monde en a pris la mesure et en tout premier lieu Nicolas Sarkozy qui après avoir joué les provocateurs a changé de ton. Il y a quelques mois le chef de l'Etat disait que depuis son élection, quand il y avait une grève on ne s'en apercevait pas, alors qu'hier soir, à l'issue des manifestations, il a aussitôt expliqué, dans un communiqué, qu'il jugeait légitimes les inquiétudes exprimées et qu'il réaffirmait sa volonté de dialogue avec les partenaires sociaux.

Une rencontre aura donc lieu en février. Elle était prévue. Mais cette confirmation du rendez-vous et de l'ordre du jour par l'Elysée ne semble pas satisfaire les syndicats qui attendent du concret et non pas l'examen, comme le propose le président, du simple programme des réformes à conduire en 2009 et des méthodes pour le mener à bien.

Deux visions de ce qu’il faut faire

Pour la CGT, la CFDT, FO et SUD notamment, il y a nécessité de réévaluer les sujets considérés comme prioritaires par l’Elysée. Ces organisations attendent des mesures immédiates pour l'emploi et pour le pouvoir d'achat. Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, après avoir mis l’accent sur la participation des salariés du privé, de petits artisans, de patrons et commerçants aux manifestations, est même allé au-delà en précisant qu’il fallait également réexaminer la nature des aides publiques, la situation économique, celle des banques, la politique industrielle, et les services publics. Bref l’ensemble de ce qui constitue la politique du gouvernement, ce qui a laissé sceptiques les ministres chargés de commenter la journée de mobilisation.

Relais de la parole présidentielle, nous pouvons résumer leur position en la nécessité de poursuivre les réformes, seule possibilité, affirment-ils, de limiter les dégâts et de traverser la crise économique que nous connaissons. Pas de triomphalisme de part et d’autre. Mais la certitude, pour les uns, qu’il faut maintenir la pression y compris dans la rue s’ils ne sont pas entendus comme ils le souhaitent. Et pour les seconds, l’urgence de remettre la concertation sur les rails afin de circonscrire les inquiétudes et faire baisser la pression, les syndicats se réservant la possibilité de donner une suite au mouvement si d’aventure aucune proposition n’allait dans le sens qu’ils ont indiqué.

Leçons à tirer...

La première concerne les organisations syndicales. Elles ont réalisé qu'elles pouvaient être efficaces dès lors qu'elles s'entendaient entre elles. Elles étaient huit à appeler à la grève, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.

Ensuite, on ne peut pas parler de journée noire. Parallèlement à la forte mobilisation, le service minimum a fonctionné, ce dont s'est réjoui le gouvernement en expliquant qu'il avait pu concilier liberté de circulation et droit de grève. C'est en quelque sorte sa part de victoire. Et c'est aussi son argument pour dire qu'il faut continuer les réformes, seules vraies réponses à la crise. Le chef de l'Etat campe sur cette position, même si pour certains c'est une vraie motion de censure contre sa politique qui s’est exprimée dans la rue avec ces grandes manifestations.

Enfin le gouvernement a un challenge difficile. Réduire le sentiment d'injustice, le sentiment que ce sont les plus faibles, les « petits » qui trinquent alors que les dirigeants économiques sont épargnés. Et pour cela convaincre que son action va dans ce sens, ce qui n'est pas gagné. On a pu l'entendre avec Bernard Thibault et François Chérèque respectivement responsables de la CGT et de la CFDT, alors que certains expliquent volontiers qu'il n'y a pas d'alternative à la politique menée actuellement. Pour ces derniers, membres de la majorité, manifester contre la crise, « c'est un peu comme manifester contre le mauvais temps ». Autrement dit, inutile et sans vrais résultats.

Etats-Unis : Le gouverneur Blagojevich destitué

Source: RFI (Article publié le 30 janvier 2009)

Le gouverneur Rod Blagojevich à Chicago, le 15 décembre 2008.( Photo : AFP )

Le gouverneur Rod Blagojevich à Chicago, le 15 décembre 2008.
( Photo : AFP )

Le gouverneur de l'Illinois a été destitué jeudi à l'unanimité par le Sénat local. Rod Blagojevich, soupçonné notamment d'avoir cherché à monnayer le siège de sénateur laissé vacant par Barack Obama, avait été arrêté le 9 décembre avant d'être remis en liberté sous caution. Il a également été déclaré inéligible à vie par les sénateurs de l'Illinois.

Juste après sa destitution, Rod Blagojevich a choisi d'aller faire un jogging sous la neige à Chicago. Un dernier acte de défiance de la part d'un gouverneur qui, six ans après sa première élection, sur un mot d'ordre de réforme et de changement, a réussi à s'aliéner la plupart de ses soutiens.

Le départ forcé de Rod Blagojevich met fin à l'un des épisodes les moins glorieux de la vie politique, pourtant tourmentée, de Chicago et de sa région. Pour l'ex-gouverneur, champion des collectes de fonds, rien n'était gratuit : il a cherché à « vendre » un siège de sénateur des Etats-Unis au plus offrant. Avant cela, il avait notamment exigé des contributions à sa campagne, en échange de subventions à un hôpital pour enfants.

Depuis sa spectaculaire arrestation, le 9 décembre, Rod Blagojevich a nié en bloc toute malversation. Malgré les écoutes téléphoniques du FBI qui attestent, en langage fleuri, de ses tentatives d'extorsions de fonds. Rejetant les appels à la démission, il a réussi à donner à l'affaire le concernant une ampleur nationale : en nommant contre vents et marées un successeur à Barack Obama au Sénat, il a mis les dirigeants démocrates dans l'embarras.

Rod Blagojevich a aussi porté ombrage au nouveau président, obligé de se justifier sur ses liens avec le gouverneur. « Aujourd'hui prend fin un épisode pénible pour l'Illinois » a d'ailleurs déclaré Barack Obama, soulagé, après la destitution de Rod Blagojevich.

Etats-Unis : Fermeture de Guantanamo : un juge s'oppose à Obama

Source: RFI (Article publié le 30 janvier 2009

Le juge américain James L. Pohl le 20 octobre 2004.(Photo : Annette Kyriakidesho/AFP)

Le juge américain James L. Pohl le 20 octobre 2004.
(Photo : Annette Kyriakidesho/AFP)

Le geste de défiance d'un juge militaire de Guantanamo qui a refusé, ce jeudi, de suspendre la procédure judiciaire lancée contre un détenu comme le demande la Maison Blanche. Le saoudien Abd al-Rahim est soupçonné d'avoir participé à l'attentat contre le Navire USS Cole en 2000 au Yémen et il risque la peine de mort. C'est la première fois qu'un juge ose défier ainsi la volonté du nouveau président américain.

" Le tribunal est tenu de se plier à la loi en vigueur et non à celle qui la remplacera dans l'avenir » fait valoir le juge James Pohl, pour expliquer son refus de se soumettre aux directives de la Maison Blanche. Au soir de son investiture le président américain Barack Obama a en effet demandé aux procureurs de suspendre pendant 120 jours les procédures en cours devant les tribunaux militaires de Guantanamo, afin de pouvoir réexaminer les cas des quelque 245 prisonniers toujours détenus sur la base américaine de Cuba.

Mais pour le juge James Pohl, une telle suspension n'est pas raisonnable : elle va à l'encontre des intérêts du public américain. « Je n'ai pas été convaincu par les arguments développés pour interrompre la procédure » fait valoir le juge, applaudi par les familles des victimes de l'attentat contre l'USS Cole, qui voient là une preuve d'indépendance des tribunaux militaires.

Le détenu Abd al-Rahim reste donc pour l'instant convoqué le 9 février prochain pour entendre lecture de l'acte d'accusation conformément à l'agenda initial du tribunal militaire. Il n'y a qu'un moyen de contourner le geste de défiance du juge Pohl : lever provisoirement toutes les charges qui pèsent contre ce détenu saoudien qui risque la peine de mort. C'est ce que demandent les avocats de la défense pour tous les détenus de Guantanamo, afin de mettre un terme clair à toutes les activités de ces tribunaux d'exception très controversés.

29 janvier 2009

Madagascar : le pire est à craindre

Source: lobserteur.bf (article publié le 29 janvier 2009)

On le redoutait et il a fini par arriver : la grande île, Madagascar, est en train de basculer dans une période d’incertitude avec en toile de fond, cette espèce de combat de gladiateurs politiques que se livrent le Maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, et le président malgache, Marc Ravalomanana.

Le maire de Antananarivo, Andry Rajoelina

La pomme de discorde, c’est la décision du gouvernement de fermer la station de télévision du maire au motif qu’il a diffusé une interview de l’ancien président en exil, Didier Ratsiraka, en décembre dernier. A cela viennent s’ajouter d’autres griefs comme la mauvaise gestion des deniers (achat d’un avion présidentiel à plus de 60 millions de dollars) et du patrimoine (la vente de vastes terres à des entrepreneurs coréens) publics.

A l’appel du maire rebelle, les foules ont déferlé lundi dans les rues de la capitale. La manifestation a vite dégénéré et s’est transformée en une géante scène de pillage et de saccage des magasins, boutiques et d’édifices publics dont la radio nationale. Les événements se sont soldés par plus de 35 morts. Mardi, un calme précaire a régné sur la grande île. Un calme qui présage une tempête future ?

Toujours est-il que Rajoelina a encore réuni dix mille de ses partisans hier à la place du 13-Mai, ce haut lieu de la contestation malgache. Devant une foule acquise, il a déclaré que ce jeudi serait une journée ville morte à Antananarivo.

Il a lancé un ultimatum au gouvernement afin que soit retrouvé, jugés et condamnés aux travaux forcés ceux qui ont tué par balle un adolescent lors des manifestations de lundi. Il a surtout prévenu que « samedi nous serons tous ici, sur la place du 13-Mai ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ses ambitions sont claires : « Nous allons prendre le pouvoir dans le calme et mettre sur pied une autorité de transition. Ravalomanana sous-estime la force du peuple uni ».

Des ambitions qu’il a dévoilées un peu lundi en ces termes : « Le pouvoir appartient au peuple, il peut se l’accaparer. Partout dans le monde, aucune force militaire n’a réussi à vaincre la force de la population. Il y a beaucoup trop de prisonniers politiques, et quand je serai au pouvoir, ils seront tous libérés sauf les assassins ».

C’est clair, il y a une profonde crise politique et sociale qui couve dans ce pays. C’est ce qui explique l’inertie du pouvoir face aux dérives de lundi dernier. Mais dans tout ça, ce qui étonne plus d’une personne, c’est le courage et la marge de manœuvre dont dispose ce jeune bourgmestre.

Cette situation traduit à suffisance la déliquescence de l’Etat malgache et prouve que Marc Ravalomanana ne maîtrise plus le pays. Le président serait-il davantage préoccupé de jouir de son pouvoir que de résoudre les problèmes quotidiens qui tenaillent ses compatriotes ?

Ailleurs, pour moins que ça, Rajoelina serait rapidement débarqué de son poste, des juges de service auraient aussitôt enclenché à son encontre des procédures judicaires taillées sur mesure. Quant à sa commune, elle serait érigée en délégation spéciale, le temps de préparer une bouillabaisse électorale pour la faire basculer en fin du côté du parti majoritaire.

Autre chose qui peut nous abasourdir, c’est le fait que Ravalomanana se concentre sur Roland Ratsiraka, le neveu de l’ancien président Didier, qu’il accuse d’être le cerveau de ces mouvements de contestations. D’ailleurs, le président a annoncé qu’un mandat d’arrêt serait lancé contre Roland.

« C’est Roland le cerveau. Il faut le chercher et le maîtriser tout de suite ». Difficile de comprendre cette attitude, car Marc semble vouloir poursuivre l’ombre plutôt que la proie. En effet, c’est plus facile d’arrêter quelqu’un qui est à l’intérieur du pays que quelqu’un qui est à l’extérieur. A moins que ce ne soit la parfaite illustration de l’adage populaire qui dit que « lorsqu’une bagarre éclate au marché, chacun attaque celui qu’il croit pouvoir battre ».

Ravalomanana ne le sait peut-être pas, mais on ne s’amuse pas avec le pouvoir. Il pourrait facilement perdre une chose qu’il a difficilement conquise. Ce serait alors le retour de la manivelle, car on s’en souvient, c’est par la rue qu’il a pu s’imposer face au président Didier Ratsiraka. Comme en Thaïlande, le peuple malgache semble avoir pris goût aux longues manifestations pour faire aboutir ses causes. Et c’est pour cela que l’actuel président aurait tort de sous-estimer cette révolte menée par le maire Rajoelina.

Mais plus que tout, ce dont Madagascar a besoin, ce ne sont pas les combats pour les intérêts égoïstes et partisans, mais bien les combats sur les chantiers du développement. Malheureusement, l’horizon n’est pas rose du côté de la grande île, puisqu’aucune rencontre ne semble prévue entre le maire et le président. Dans ces conditions, difficile de prédire l’issue de ce bras de fer.

San Evariste Barro

 

lobservateur

Junte guinéenne : Déjà la guerre des chefs ?

 

Source : lobservateur.bf (Article publié le 29 janvier 2009)

Quelque un mois seulement après son avènement, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) montre des signes symptomatiques d’une guerre intestine : les dissensions internes, qui se faisaient jusque-là en sourdine, sont entrées, lundi 26 janvier 2009, dans une phase éruptive avec l’arrestation de trois officiers de la junte, au pouvoir depuis le 23 décembre 2008 à la suite du décès du président Lansana Conté.

 

Arrêté, avec deux autres frères d’arme (les officiers Biro Condé et Bambo Fofana) le jour de son installation au poste de ministre permanent du CNDD, le colonel Aboubacar Sidiki Camara serait tombé en disgrâce pour avoir demandé la libération d’une vingtaine d’officiers incarcérés au camp militaire Alpha Yaya Diallo.

Une version à laquelle s’ajoutent bien d’autres, comme celle faisant état de l’organisation de la cérémonie d’installation du colonel en l’absence du chef du régime, le capitaine Moussa Dadis Camara ; ou encore cette autre indiscrétion portant sur la faible adhésion des officiers incarcérés à « l’idéal des jeunes militaires qui se sont emparés du pouvoir ».

Purge au sein du CNDD ou sanction « pour faute lourde », comme l’a laissé entendre le décret présidentiel au sujet du colonel Aboubacar Sidiki Camara, considéré comme l’éminence grise du régime ? En tous les cas, cette mise à l’écart des trois officiers va raviver les doutes sur la sincérité du capitaine-président, qui a toujours proclamé sa volonté de rendre le pouvoir aux civils au terme d’une transition la plus courte possible.

Les craintes sont d’autant plus fondées que bien de faits nous enseignent que la guerre des numéros, comme cela semble être le cas présent en Guinée, puise sa source dans des rêves dissimulés de règne à plus ou moins long terme.

C’est la loi d’airain de l’expérience aventureuse des pronunciamientos qui ont longtemps fait l’histoire politique de l’Afrique : le numéro 3 veut devenir numéro 2, lequel veut se positionner en numéro 1, dont le titulaire, par esprit d’anticipation, use de tous les stratagèmes pour mettre hors d’état de nuire les éventuels Brutus tapis dans les rangs.

Si tel est le dessein de l’actuel homme fort de Conakry, vaine sera sa tentative pour se prémunir contre toute conjuration. Car, au sein de la direction du CNDD, le capitaine Dadis Camara est certes le premier responsable, mais l’un des moins gradés.

C’est donc possible que tous les officiers supérieurs, qui, la fonction primant le grade, lui rendent les hommages dus à sa charge, obtenue sur un coup de dé (il aurait été désigné par suite d’un tirage au sort), ne le fassent pas, humainement parlant, à cœur joie ; auquel cas, ce pourrait être fatal pour le chef de la junte qu’il ne soit pas "l’officier le plus ancien dans le grade le plus élevé", car jusqu’à quand les plus galonnés lui obéiront-ils ?

Le meilleur rempart, sinon le seul, c’est l’organisation, vite et bien, d’élections avec le CNDD dans le rôle d’observateur. Toute autre attitude pourrait conduire à la tragédie du balayeur balayé, comme en Côte d’Ivoire.

Alain Saint Robespierre

28 janvier 2009

Sénégal : Macky Sall privé de passeport

Source : rfi.fr (Article publié le 28 janvier 2009)

L'ancien Premier ministre sénégalais, Macky Sall, lors du discours d'inauguration de son parti, l'Alliance pour la république Yaakaar, le 1er décembre 2008 à Dakar.(Photo : AFP)

L'ancien Premier ministre sénégalais, Macky Sall, lors du discours d'inauguration de son parti, l'Alliance pour la république Yaakaar, le 1er décembre 2008 à Dakar.
(Photo : AFP)

Accusé par le pouvoir d'être mêlé à un réseau de blanchiment d'argent sale, l'ancien Premier ministre a été entendu hier au commissariat central de Dakar, qu'il a pu quitter libre après avoir dû abandonner son passeport. Ses partisans continuent de parler de complot, à 7 semaines d'élections très attendues.

Avec notre correspondant à Dakar

Selon ses avocats, Macky Sall a été interrogé entre 16h42 et 19h30 par deux enquêteurs au commissariat central de Dakar. Il a ensuite été autorisé à regagner son domicile, mais s’est vu retirer son passeport. Il lui a également été demandé de rester à la disposition des enquêteurs.

Dans le communiqué qu’ils ont lu dans la soirée au domicile de l’ancien Premier ministre, les avocats ont exigé la restitution sans délai du passeport de Macky Sall. Ils ont également exigé la restitution immédiate des véhicules et ordinateurs d’Abdoulaye Sall, le Sénégalais vivant au Gabon qui est lui aussi mis en cause dans cette affaire.

Pendant une bonne partie de l’interrogatoire, plusieurs centaines de militants ont attendu dans les rues autour du commissariat central. Une foule survoltée, qui a lancé des slogans contre le fils du chef de l’Etat, Karim Wade, accusé d’être à l’origine des problèmes de Macky Sall… ou qui a demandé le jugement de l’ancien ministre des Transports, Farba Senghor. La police a dispersé ces militants peu après 18h30 à l’aide de gaz lacrymogènes.

Madagascar : Lourd bilan de deux journées d'émeutes

Source: rfi.fr (Article publié le 27 janvier 2009)

Au moins 34 morts, de nombreux blessés, des pillages dans la capitale malgache et les émeutes qui s'étendent à la province : le bilan des violences de lundi et de la mutinerie de mardi est très lourd, alors que la situation politique reste confuse. Le président Marc Ravalomanana et son principal opposant Andry Rajoelina, le maire d'Antananarivo, ont tous les deux lancé des appels au calme.
Les forces de sécurité de l'État, le 27 janvier 2009, devant un bâtiment appartenant à la famille du président malgache, Marc Ravalomanana, pillé et brûlé la veille, à Antananarivo.(Photo : AFP)

Les forces de sécurité de l'État, le 27 janvier 2009, devant un bâtiment appartenant à la famille du président malgache, Marc Ravalomanana, pillé et brûlé la veille, à Antananarivo.
(Photo : AFP)

 

Avec nos correspondants et envoyés spéciaux

La situation est toujours instable à Madagascar. Et le bilan des émeutes du lundi 26 janvier à Antananarivo, la capitale, est lourd : 25 corps calcinés ont été retrouvés dans les décombres d’un grand magasin incendié de la capitale. « Les corps sont tellement brûlés qu’ils seront difficiles à identifier », a déclaré un responsable des pompiers à l’agence Reuters. Les victimes auraient été prises au piège dans le brasier, au plus fort des pillages de la nuit dernière. Elles se trouvaient dans un magasin de vêtements sur une artère perpendiculaire à l’avenue de l’Indépendance.

Un couvre-feu a été instauré. Il s’agit là encore d’un autre signe de la volonté des pouvoirs publics, clairement affichée aujourd’hui, de rétablir l’ordre dans la capitale. Des unités de 20 soldats ou de policiers sont postées devant la plupart des superettes ou autres enseignes susceptibles d’être pillées.

Dans les quartiers des ministères aux abords du lac Anoussi, des citoyens armés de bâtons montent la garde derrière des barrages de fortune pour protéger leurs quartiers. Par ailleurs, un détenu a été tué et dix autres blessés dont trois grièvement à la prison d’Antanimora. Ce mardi, en milieu d’après-midi, ils ont entamé une mutinerie qui a été réprimée.

En province aussi, on a signalé des incidents ce mardi. Des magasins Magro, propriété du président Ravolamanana ont été pillés dans la plupart des grandes villes du pays. Les pillards ont pris d’assaut également d’autres enseignes. Les premières villes touchées par ces pillages, cantonnés à un ou deux quartiers, sont Mahajanga sur la côte ouest, Tuléar plus au sud, Antsirabe sur les Hauts-Plateaux. On a relevé aussi des incidents plus tard dans la journée à Fianarantsoa et enfin à Tamatave sur la côte est. En revanche, point d'incident à Diego-Suarez et à Fort-Dauphin.

Comment sortir de cette épreuve de force ?

Le président Marc Ravalomanana a renouvelé son appel au dialogue. Il est intervenu deux fois à la radio ce mardi, le matin et en début de soirée. Il a appelé à l’unité nationale et promis que les troubles s’arrêteraient rapidement si les deux parties arriveraient à se rapprocher. Pour cela, il a d’ailleurs demandé la médiation de la communauté internationale et des églises. Et pour le reste, il est très difficile d’avoir des informations fiables et on ne sait même pas précisément où était Marc Ravalomanana aujourd’hui, à Antannanarivo ou en province ?

Un conseil des ministres se serait tenu ce soir .Mais aucune communication officielle à ce sujet. Le maire Andry Rajoelina est lui aussi intervenu à la radio mais brièvement, sur la place du 13 Mai, le lieu de rassemblement des manifestants. Il y a une certaine confusion. Il ne s’est pas rendu ce matin à une réunion avec la communauté internationale, craignant, selon ses proches, un traquenard initié par les autorités.

Andry Rajoelina rappelle aussi qu'il veut avant toute discussion avec le gouvernement, le jugement de l'agent de sécurité responsable de la mort de l'un de ses partisans, lundi, et le départ des mercenaires qui seraient dans le pays.

Bref, la situation est encore très confuse au niveau politique, et on ne sait pas encore quand aura lieu ce fameux dialogue qui pourrait permettre une sortie de crise

 

27 janvier 2009

France : François Bayrou va voter la motion de censure du Parti socialiste

Source : rfi.fr (Article publié le 26 janvier 2009)

Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale a déposé une motion de censure contre le gouvernement, qui doit être discutée ce mardi. Dans un entretien au Monde, le chef du MoDem François Bayrou annonce qu'il votera le texte, qui dénonce le plan de relance de l'économie et les menaces sur les libertés publiques.
Martine Aubry, première secrétaire du PS, et François Bayrou, président du MoDem.( Photo : Reuters/ Montage RFI)

Martine Aubry, première secrétaire du PS, et François Bayrou, président du MoDem.
( Photo : Reuters/ Montage RFI)

Apès les batailles d'amendements, après le boycott de l'hémicycle, voici enfin la motion de censure. L'arme suprême de l'opposition à l'Assemblée nationale qu'elle n'a utilisée qu'une fois jusqu'ici contre François Fillon. Mais le Premier ministre peut dormir tranquille : l'opposition étant, par définition, minoritaire, le gouvernement Fillon n'est pas menacé.

Mais l'essentiel est ailleurs, pour les socialistes : donner de la voix, montrer qu'ils sont de nouveau combattifs - et même « en résistance ». Nicolas Sarkozy est accusé de « supprimer un à un tous les contre-pouvoirs, dans les médias, dans la justice, et au Parlement ». Une politique « autoritariste », selon l'opposition, alors que la France n'a toujours pas de plan de relance « digne de ce nom ».

Alors les socialistes s'opposent et proposent : les grandes lignes du contre-plan que Martine Aubry a présenté la semaine dernière figurent dans la motion de censure. Un texte qu'elle ne pourra pourtant pas défendre dans l'hémicycle. La première secrétaire du PS n'est pas députée ; c'est une première d'ailleurs depuis Michel Rocard, en 1993. Mais Martine Aubry l'a promis, elle manifestera jeudi aux côtés des syndicats. A l'Assemblée et dans la rue, les socialistes essaient de remarcher sur leurs deux jambes.

Ce mardi matin, le quotidien Le Monde qui l'a interviewé annonce que le chef de file du MoDem François Bayrou votera la motion déposée par les socialistes.

THOMAS LUBANGA FACE A LA CPI : Le procès des enfants soldats

Source: lepays.bf (article publié le 27 janvier 2009)

Décidément, 2009 n’augure rien de bon pour les seigneurs de guerre de la région des Grands lacs. Après Joseph Koni qui cherche désespérément où se mettre en lieu sûr, Laurent Nkunda, lâché par les siens et se livrant sans doute à quelques sombres méditations, voilà le milicien congolais Thomas Lubanga comparaissant devant la Cour pénale internationale de la Haye. L’homme est accusé de crimes de guerre pour avoir utilisé des enfants soldats. Il aurait enrôlé de force et fait combattre ces enfants de moins de 15 ans dans l’aile militaire de sa milice, l’Union des patriotes congolais (UPC), pendant la guerre civile d’Ituri à l’Est de la RDC, entre septembre 2002 et août 2003. Il suffit d’avoir visionné "Blood Diamonds" ou un autre film du genre pour se rendre compte de l’horreur d’un tel forfait. On y retrace la vie d’enfants innocents, transformée du jour au lendemain en un véritable enfer où la pitié le dispute à l’insoutenable. La question ne sera pas de savoir si la cause défendue par Lubanga est juste ou pas. On en est à se demander, légitimement, de quel droit Lubanga peut-il transformer des enfants d’autrui en de véritables machines à tuer, en violant leurs consciences fragiles et en leur détruisant à tout jamais l’espoir de bénéficier, eux aussi, d’une existence normale. Car enfin, ils ne sont en rien, ces enfants, redevables à Thomas Lubanga. Pourquoi alors tant de violences, pourquoi tant d’abus, pourquoi tant de destruction ? Il devrait d’ailleurs savoir, ce redoutable seigneur de guerre, que nulle cause, fût-elle des plus nobles, ne saurait justifier l’usage qu’il fait de pratiques si hautement immorales. On a quelquefois fait grief à la CPI de mener une justice du deux poids deux mesures, au motif qu’elle ne traquerait que des ressortissants de pays pauvres ou faibles. A tort ou à raison. Mais force est de reconnaître qu’ici, elle fait un excellent travail. Nul n’a le droit de pervertir l’existence de ces êtres faibles, fragiles et innocents que sont les enfants. Car non seulement on leur fait l’obligation de côtoyer la violence et la mort au quotidien, mais en plus on en fait de véritables inadaptés pour la société de demain. L’enfant est le père de l’homme, dit-on. Que sera dans une dizaine d’années l’adolescent déjà meurtrier aujourd’hui ? Il faut espérer que Luis Moreno-Ocampo et ses juges ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Le travail qu’ils abattent, loin de s’acharner sur un seul individu, vise à juste tite une pratique. Car il faut que cela serve d’exemple. A travers le continent africain, de nombreuses familles se sont retrouvées endeuillées et ont sombré dans le désespoir parce que leurs enfants leur ont été volés, violentés et forcés à se transformer en véritables petites bêtes humaines, semant mort et désolation et servant, à leur corps défendant, la cause d’un chef de guerre dont la cruauté n’a d’égale que la démesure de l’ambition. Ce sont aussi tous ces chefs de guerre, véritables prédateurs d’enfants qui sévissent un peu partout, que la CPI a le devoir de traquer, dans le but de les éradiquer. Aucune guerre n’est ni juste ni belle. Mais celle qui implique des enfants est sans doute la plus ignoble de toutes. Il est normal que la CPI sévisse, au nom de la morale. L’humanité ne saurait que lui en être reconnaissante.

Jean-Claude KONGO

RAPPORTS DES INSTITUTIONS DE L’ETAT : Le gouvernement change le fusil d’épaule

Source: lepays.bf (Article publié le 29 janvier 2009)

Le Premier ministre, Tertius Zongo, entouré de quelques membres du gouvernement, a rencontré le président de la Cour des comptes et Madame le Médiateur du Faso, le lundi 26 janvier dernier à Ouagadougou. Objectif, discuter de la mise en oeuvre des recommandations faites par les deux institutions dans leur dernier rapport.

Changement de méthode pour l’action gouvernementale, notamment en ce qui concerne les rapports des institutions de l’Etat. Les années précédentes, celles-ci les remettaient au chef de l’Etat qui donnait ensuite une réponse. De l’avis du Premier ministre, Tertius Zongo, le président du Faso, Blaise Compaoré, a souhaité voir cette méthode évoluer plus en efficacité. C’est pourquoi, cette année, la remise des différents rapports a été couplée à la présidence du Faso. La 2e étape est la rencontre de chaque institution avec le gouvernement. Ainsi, dans la matinée du lundi 26 janvier dernier, le premier président de la Cour des comptes, Boureima Pierre Nébié et ses collaborateurs étaient face au Premier ministre Tertius Zongo et à plusieurs membres du gouvernement. Dans la soirée, c’est Madame le Médiateur du Faso, qui a pris la relève. On notait aussi la présence dans la salle du président de la Haute autorité de lutte contre la corruption, Bruno Henri Bessin. Pour le Premier ministre, Tertius Zongo, ces rencontres ont pour objectifs de passer en revue les recommandations des institutions afin de se mettre d’accord sur les réponses à donner. "Ce que vous faites concerne la vie quotidienne de nos citoyens" a souligné Tertius Zongo qui a félicité les institutions pour le travail abattu. A l’issue des rencontres, le ministre en charge de la Fonction publique devrait faire un rapport au Conseil des ministres qui donnera une réponse globale du gouvernement par rapport aux recommandations. Ce mardi 27 janvier 2008, ce sera autour du Conseil supérieur de la communication (CSC) et du Conseil économique et social (CES) de rencontrer le gouvernement.

Par Dayang-ne-Wendé P. SILGA

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