28 février 2009
FESPACO 2009 : Films africains cherchent écran
Source : la chronique du fou, in lepays.bf (Article publié le 27 janvier 2009
Aujourd'hui, s’ouvre la 21e biennale du cinéma africain, connue sous l’appellation de Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (FESPACO). Le FESPACO est né en 1969 d’une volonté politique des autorités burkinabè, mais aussi de la détermination d’autres hommes, tel le Sénégalais Ousmane Sembène, amoureux du cinéma et soucieux du devenir et de l’épanouissement de la culture africaine. Pour immortaliser son nom, Azalaï Hôtel Indépendance a baptisé sa salle de conférences du nom de cet illustre homme de cinéma, écrivain et homme de culture.
C’est en 1972 que la manifestation a été connue sous sa forme actuelle. C’est aussi à partir de cette date que Ouagadougou a pris le titre de capitale du cinéma africain. La capitale du Burkina mérite-t-elle encore aujourd’hui sa réputation de capitale africaine du septième art ? Il n’est pas aisé de répondre de façon catégorique à cette interrogation. En effet, les salles de cinéma sont fermées et transformées en des centres de commerce ou en des lieux de culte ; ce que le Délégué général du FESPACO a assimilé à des coups de couteaux dans le cœur de la culture. Certes, il existe dans la capitale plusieurs salles où des projections peuvent se faire dans de très bonnes conditions. Mais le nom de capitale africaine du cinéma, ça se mérite, dirons-nous pour paraphraser un célèbre slogan. Le Burkina ne doit, en aucun cas, perdre cette réputation vieille de quatre décennies déjà. Et dans la mesure où le FESPACO a été le fruit d’une volonté politique affirmée, il doit le rester. Cette volonté politique ne devrait pas lui faire défaut en ce moment. La biennale du cinéma doit résister. Le gouvernement burkinabè ne doit pas accepter que cet immense héritage culturel lui soit enlevé. Car, de plus en plus, des festivals naissent sur le continent et hors du continent pour concurrencer le FESPACO qui a le mérite d’avoir fait œuvre de pionnier sur le continent. C’est pourquoi le Festival de Ouagadougou doit garder son label panafricain, c’est-à-dire le lieu de la consécration des cinéastes africains et ceux de la diaspora et de leurs œuvres. Le FESPACO doit avoir un must et un suc qu’on ne peut trouver nulle part. C’est le résultat d’une expérience de 40 années. Ce qui menace le plus l’avenir du FESPACO, c’est l’attitude des cinéastes et gouvernements africains face à l’arrivée des nouvelles technologies de l’information et de la communication, mais surtout les nouvelles manières de faire le cinéma et de fabriquer les films. Que font et que doivent faire les gouvernements africains pour faciliter cette adaptation à la révolution numérique, tant il est vrai que tout changement comporte en soi une mélancolie ? Plus concrètement, que fait le Burkina pour sauver son cinéma et partant le FESPACO, à l’ère du numérique ? Des réflexions doivent être menées et des pistes de solutions dégagées au plus vite. En tout état de cause, ce festival doit survivre, mieux, il doit prospérer. Pour cela, il faut éviter de confier sa direction et sa gestion à des politiques, mais plutôt à des hommes qui ont une ambition et une vision.
Michel Ouédraogo, l’actuel délégué général du FESPACO semble à même de relever ces nouveaux défis, en raison de sa jeunesse mais aussi de son pragmatisme. Ils sont de plus en plus nombreux qui se demandent ce que deviennent les films et les cinéastes africains après le FESPACO. C’est douloureux en effet de constater qu’une fois les lampions du FESPACO éteints, les cinéastes et leurs œuvres sont oubliés. On ne pensera à eux qu’à la prochaine édition. C’est une situation inadmissible. Il serait bon, qu’entre deux éditions, dans toutes les salles de tous les pays, on continue de projeter des créations de cinéastes africains. Le rituel d’une soirée où l’on va au cinéma avec toute la famille semble oublié. La fermeture des salles de ciné est la preuve du déclin de la culture du cinéma dans nos sociétés. Un sursaut général s’impose car il y va de notre âme.
Le Fou
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FESPACO 2009 : la succession d'EZRA est ouverte
Source : lobservteur.bf (Article publié le 27 février 2009)
« Cinéma africain : tourisme et patrimoines culturels », c’est sous ce thème que s’ouvre ce samedi, à partir de 17 heures au stade du 4-Août, la 21e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). Cette biennale célèbre, qui a, cette fois-ci, pour parrain l’ingénieur aérospatial le Dr Cheick Modibo Diarra, draine depuis quelques jours des milliers de festivaliers dans la capitale burkinabè. La succession du long métrage « Ezra » du réalisateur nigérian Newton Aduaka, Etalon d’or de Yennenga en 2007, est désormais ouverte. Il y a 19 longs métrages pour l’édition 2009.
La célébration du 40e anniversaire, qui se déroulera du 28 février au 7 mars
2009, démarrera en fanfare demain dans la matinée avec plusieurs activités dont le baptême d’une rue du nom de Sembène-Ousmane, en hommage au Sénégalais, affectueusement appelé « le doyen des cinéastes », qui s’est éteint le 9 juin 2007. Ce pionnier du Fespaco sera honoré durant tout le long du festival par diverses activités telles que la projection de certaines de ses œuvres cinématographiques pour ne citer que celle-ci. C’est également une édition-anniversaire qui marque les 20 ans de la Cinémathèque africaine de Ouagadougou.
Le FESPACO arrive à un moment où son nouveau délégué général, Michel Ouédraogo, avec son programme « Vision 21 », tente, par de multiples actions, de révolutionner la manifestation. A l’ouverture demain, festivaliers et public découvriront donc le festival, « version Michel », qui devrait donner les signes évidents de la nouvelle dynamique.
Le Conseil des ministres, en sa séance du mercredi 25 février 2009, a approuvé l’autorisation de passation d’un marché de gré à gré d’un montant de 105 707 645 FCFA, attribué à l’Agence 1000 couleurs production, pour la conception et la réalisation de spectacles d’animation culturelle entrant dans le cadre de la célébration du 40e anniversaire du FESPACO, ce qui est déjà un élément annonciateur que la fête s’annonce belle.
Le comité d’organisation n’a pas le droit de décevoir, car 40 ans, ce n’est pas 40 jours, encore moins 40 heures. Au niveau de la compétition officielle, 19 films (longs métrages), dont deux réalisés par des Burkinabè, iront à la conquête de l’Etalon d’or. C’est le lieu de souligner que, depuis 1997, année qui a vu « Buud Yam » de Gaston Kaboré remporter le trophée le plus convoité du festival, on assiste à plus d’une dizaine d’années de traversée de désert par les œuvres cinématographiques burkinabè.
Et au fil des éditions, on a assisté de plus en plus à une présence forte des réalisateurs burkinabè dans les catégories courts métrages, documentaires, séries télé, etc. Alors les réalisateurs burkinabè, Boubacar Diallo et Missa Hébié, avec leurs films respectifs « Cœur de lion » et « Le fauteuil », pourront-il relever le défi de cette édition ? On le saura au soir du 7 mars 2009.
Cyr Payim Ouédraogo
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27 février 2009
Madagascar : Que mijote-t-il, ce président ?
Source : lobservateur.bf (article publié le 27 février 2009)
Avec le lapin posé par Marc Ravalomanana à l’opposant Andry Rajoelina mercredi dernier, les lendemains seront encore plus incertains sur la Grande Ile. Et pourtant, tout semblait être parti sur des chapeaux de roue pour une réconciliation entre ces deux personnalités, qui, depuis le mois de janvier, ne voulaient plus se voir, même en peinture. Mais, Dieu faisant bien les choses, il y a déjà eu trois rencontres entre les deux hommes, et, comme pour prouver sa bonne volonté de dialoguer, le président malgache a accepté autour de la table de discussions d’anciens ministres sous le gouvernement de Didier Ratsiraka, dont un qui avait été nommé par Rajoelina ministre des Affaires étrangères dans son fameux gouvernement de transition autoproclamé.
La quatrième n’a pu se tenir par la faute du chef de l’Etat, qui a préféré prendre son bâton de pèlerin pour la province. Visiblement dépité, le maire destitué d’Antananarivo a, le 25 février 2009, annoncé la rupture du dialogue avec le chef de l’Etat. Andry « TGV », le train à grande vitesse, a décidé donc de claquemurer ses portes d’accès. Il est hors de question pour lui qu’il y ait un passager qui s’appelle Marc Ravalomanana à bord.
Le président malgache a-t-il eu raison de faire avorter cette quatrième rencontre ? Etant le premier à rompre le dialogue, il est évident que la première autorité de Madagascar ne rend pas service à ses compatriotes qui aspirent à la paix depuis que la crise a éclaté en décembre 2008.
Pour justifier son absence, le petit laitier devenu président accuse son vis-à-vis de n’avoir pas respecté les conditions préalables à une bonne négociation. Et de prendre l’exemple de la radio nationale, qui aurait cessé tout programme polémique, alors que celle de TGV poursuivrait de plus belle ses attaques contre lui. Estimons que cela soit vrai. Mais est-ce une raison bien valable pour arrêter des pourparlers qui pourraient amener la quiétude dans un pays qui en a vraiment besoin ?
S’il y avait d’ailleurs quelqu’un qui avait beaucoup à gagner dans le dénouement de la situation, c’est bien lui, l’actuel président, qui a beaucoup à perdre, à commencer par son fauteuil de chef suprême. Dans cette affaire qui l’oppose toujours au président malgache, l’ex-jeune maire d’Antananarivo avait été chargé de tous les péchés : trop jeune, trop pressé, partisan du raccourci, pas légaliste, anarchiste...
Toutes les circonstances atténuantes étaient, par contre, pour Marc Ravalomanana qui, malgré les dérapages qu’il commet, est tout de même dans son droit, parce qu’ayant tout de même été élu démocratiquement. Certes, l’on sait dans quelles conditions il a accédé au fauteuil présidentiel lors de sa première élection, mais n’empêche, c’était tout de même par la voie légale : les urnes.
Cependant, de par son attitude mercredi passé, n’est-il pas en train de retourner l’opinion contre lui ? Finalement, on se demande ce que veut bien le président malgache. Veut-il de la paix ou est-il très sûr de sa force de frappe pour se comporter ainsi ? Les prochains jours nous donneront la réponse à ces interrogations. D’ores et déjà, souhaitons vivement que la paix s’installe sur la plus grande île d’Afrique.
Par Issa K. Barry
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GREVES AU GABON : Les effets de l’usure du pouvoir
Source : lepays.bf (Article publié le 27 février 2009)
Le climat social est bien délétère en ce moment au Gabon et la tension déjà palpable ces derniers jours est montée d’un cran. L’Etat a mis sa menace à exécution : il vient de refuser de verser les salaires des grévistes du personnel de la santé. Mais ces derniers, malgré tout, semblent bien décidés à aller jusqu’au bout de leur mouvement. "Cette suspension de salaire constituera le prix à payer pour l’obtention de nos revendications", avait d’ailleurs prévenu le secrétaire général du SYNAPS, parlant au nom de ses camarades militants.
La crise sociale que traverse le Gabon, en plus d’être longue (elle dure depuis des semaines), est profonde. Elle est alors comme le cheval de Troie par le moyen duquel s’expriment malaises, ras-le-bol et autres lassitudes du même genre, tous jetés à la figure d’un pouvoir qui dure depuis de longues décennies. Et elle irrite le président gabonais qui, à défaut de pouvoir la briser d’un geste du petit doigt, comme au bon vieux temps, compte la soumettre en pressant le délicat mais sensible cordon de la bourse. Les jours à venir diront s’il avait eu raison. Mais déjà on perçoit, à travers ces mouvements d’humeur, comme des signes actifs d’une fin de règne difficile pour un Bongo installé aux commandes de son pays depuis plus de 40 ans. Cette crise résonne comme un signe des temps. Car, elle eût été simplement inimaginable, même dans le rêve du citoyen gabonais le plus fou, au temps où Bongo était encore au faîte de sa splendeur, dans un Gabon richissime, et qui pouvait tout se permettre sans retenue aucune. Mais les temps ont changé, les hommes aussi et le pétrole ne coule plus à flot comme jadis on le voyait. Reste à savoir si le doyen des présidents africains saura l’entendre de cette oreille. La tentation, dans les cas du genre, est si grande de ne voir que les manquements d’autrui, en refusant d’assumer la part qui vous revient dans le désordre dont volontiers on se plaint. Mais franchement, on peut se demander ce qu’un chef d’Etat peut proposer après 40 années de "bons et loyaux services". Du neuf ? Du vieux ? Ou alors du neuf avec du vieux ? Mais à ce difficile exercice de contorsionnisme intellectuel, les fonctionnaires gabonais préfèrent sans doute voir apporter des solutions concrètes et immédiates aux problèmes de leur vécu au quotidien. Ils demandent de meilleures conditions de travail ainsi que l’augmentation de leurs primes. Comment ce Gabon, considéré comme l’un des pays les plus nantis d’Afrique, avec tous ses revenus que lui rapportent son pétrole, son bois, ses ressources minières, peut-il manquer de satisfaire les besoins d’une population qui ne compte pas, à la date d’aujourd’hui, 2 000 000 d’âmes ? Mystère et boule de gomme.
Et revoilà posée la sempiternelle question de l’usage que font les dirigeants du continent africain, des ressources des pays dont ils ont la charge. La longévité au pouvoir a ceci de pernicieux qu’en même temps qu’elle lasse ceux qui subissent parce que devant supporter trop longtemps le poids d’un homme, d’un régime ou d’un système, elle finit par user même celui qui commande, ordonne et dirige. Au final, il entend, voit et perçoit absolument tout à travers le seul prisme de son propre esprit, lui-même usé et fatigué, et partant, incapable de saisir la bonne opportunité de la nouveauté qu’apporte tout changement. On voit alors le diable partout sauf là où il se cache réellement. "Le service minimum est une exigence éthique et morale", disait le Premier ministre gabonais qui pensait par là inciter les grévistes à assurer le minimum nécessaire à la marche des divers centres de santé du pays. Nul ne peut sérieusement en douter. Mais la suspension des salaires n’est certainement pas la meilleure des voies pour arracher pareille concession à des fonctionnaires lassés et déterminés et qui tiennent à recouvrer des droits qu’ils considèrent légitimes. Dans le meilleur des cas, elle ne peut que pousser à une malheureuse radicalisation à l’extrême du mouvement syndical déjà remonté face aux nombreuses rebuffades qu’il a déjà dû essuyer. De part et d’autre, il faudra sans doute songer à revenir à de meilleurs sentiments, si toutefois le souhait des uns et des autres est de voir s’installer pour bientôt un climat social apaisé.
Par Jean Claude KONGO
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MEDIATION EN MAURITANIE : Kadhafi se donne du boulot
Source : lepays.bf (Article publié le 27 février 2009)
Le chef de l’Etat libyen, Mouammar Kadhafi, a pris le dossier mauritanien en main. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’est pas fait prier pour s’en saisir. A peine investi de sa charge de président de l’Union africaine (UA), l’homme s’est mis dans la peau de médiateur de la crise en Mauritanie. Et il semble avoir une oreille plutôt attentive du côté de Nouackchott. Notamment celle de la junte militaire dont le patron a déjà été reçu par le Guide libyen mercredi dernier et qui dit faire confiance en la sagesse de Kadhafi.
Le nouveau président de l’UA tient son mandat de deux sources de légitimité. La CENSAD (Communauté des Etats sahélo-sahariens) dont il est le haut Médiateur permanent de la paix et le GCIM (Groupe de contact international sur la Mauritanie) qui, le 20 février dernier, lui a donné le quitus. La tâche s’annonce apparemment complexe tant les positions des protagonistes sont aux antipodes des unes et des autres. Sur quoi vont porter les négociations ? S’agira-t-il de sauver la paix ou la démocratie ? Les décisions issues du dialogue national ne font pas l’unanimité, alors que les prochaines élections sont prévues pour juin, soit dans trois mois. Le chef de la junte, auteur du coup d’Etat du 6 août 2008, entend bien se présenter mais débarrassé de sa tunique de militaire comme l’ont exigé les conclusions du dialogue national. Connaissant le continent et ses habitudes électorales, les opposants savent bien qu’il sera difficile de battre quelqu’un qui a pris le pouvoir par les armes et qui veut le légitimer par les urnes. C’est une sorte de régularisation de sa situation que le général Ould Abdelaziz est en train de rechercher. Pour lui, c’est le principal enjeu de cette médiation. Mais il doit faire face à deux oppositions. Celle du Front national de défense de la démocratie (FNDD), c’est-à- dire les partisans du président déchu qui demandent le retour à l’ordre constitutionnel et celle du Rassemblement des forces démocratiques (RFD) qui pratique le "ni, ni". En effet, ce parti de l’opposition rejette le retour en fonction de l’ancien président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et s’oppose à la candidature des militaires.
Dans cet écheveau, le médiateur libyen devrait garder la tête froide pour arriver à un consensus entre toutes les parties. Kadhafi n’est certes pas un novice en la matière, mais le caractère sulfureux et imprévisible du personnage inquiète plus d’un observateur. Sa crédibilité peut être mise en doute quand on sait que l’homme n’est pas lui-même un parangon de vertu démocratique. Le "roi des rois traditionnels" saura-t-il s’élever au-dessus de toutes ces contingences pour redresser la Mauritanie ? C’est tout le mal qu’on peut souhaiter à cet homme qui semble se plaire dans ce rôle de « faiseur de paix ». En la matière, ce n’est pas le boulot qui va lui manquer. La Somalie a renoué avec les vieux démons, Madagascar vacille et le Darfour attend toujours le messie qui va mettre fin à plusieurs années de guerre civile.
Par Abdoulaye TAO
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26 février 2009
Frontière Burkina-Niger : Les dieux du fleuve étaient avec les deux parties
Source : lobservateur.bf (Article publié le 26 février 2009)

« C’est un voyage qui a été confortable sur tous les plans », a dit, pour résumer les deux jours passés au bord du fleuve Niger, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale du Burkina, Bédouma Alain Yoda. Pour cause : un compromis pour la saisine de la Cour internationale de justice (CIJ) a été trouvé entre les deux parties pour le bornage définitif de leur frontière commune.
Dans l’avion militaire qui amenait la délégation d’experts burkinabè à Niamey, capitale de la République du Niger, l’ambiance était des plus joviales. Les passagers devisaient comme s’ils se rendaient à une réunion de routine. Difficile donc d’imaginer que c’était pour aborder un sujet aussi sensible que la résolution d’un contentieux juridique frontalier entre deux pays. « Ça nous change vraiment de la tension qui régnait quand nous nous rendions, en mai 2005, à Koalou pour rencontrer une délégation béninoise », a plaisanté un expert.
A l’époque, notre confrère du journal l’Evénement qui s’y était rendu pour une enquête de terrain écrivait ceci : « En ce mois de mai 2005 en effet, faisant suite à une recommandation des chefs d’Etat des deux pays, une rencontre des ministres de l’Intérieur est programmée sur place dans le village même de Koalou, question de montrer aux populations, principalement du côté burkinabè, que les autorités de part et d’autre s’entendaient très bien sur le sujet.
Cette rencontre va échouer sous le regard même des populations. En effet, c’est pour une question de lieux pour abriter la rencontre que les retrouvailles n’auront pas lieu. Les Burkinabè proposaient qu’elle se tienne dans une salle de l’école du village. Les Béninois s’y opposèrent, arguant que l’école est construite illégalement par le Burkina et proposèrent que les retrouvailles aient lieu sous un arbre.
Le ministre burkinabè refuse cette proposition, et la rencontre projetée tourne court ». Visiblement, cette autre mission qui se trouvait dans le ventre de l’oiseau de fer en cet après-midi du 22 février 2009 ne risquait pas pareille mésaventure. Aux premières loges, le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Clément P. Sawadogo.
Viendra à sa rescousse son collègue des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Bédouma Alain Yoda. Ce dernier qui avait accompagné le président du Faso pour l’ouverture du premier Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) en Côte d’Ivoire n’a pu rejoindre la délégation que le lendemain, jour du début des travaux.
Le Burkina, on le sait, partage avec le Niger une frontière longue de quelque 600 kilomètres, qui va des hauteurs de N’Gourma située au Nord du Gué de Kabia jusqu’à l’intersection de l’ancienne limite des cercles de Fada et de Say avec le cours de la Mécrou. C’est depuis le 28 mars 1987 que les deux pays, dans leur commune volonté affichée de prévenir tout conflit ouvert, ont signé l’Accord, portant sur la matérialisation de leur frontière commune.
Depuis lors, et malgré les multiples réunions tant au niveau ministériel qu’à celui des experts, un accord n’a pu être trouvé à la satisfaction des deux parties. Néanmoins, 22 bornes sur 45 ont été plantées par la commission technique mixte d’abornement. Les raisons de ce non-aboutissement seraient, selon Alain Yoda, liées aux ambiguïtés du texte colonial avec pour conséquences de nombreux cas d’incursions des autorités locales de part et d’autre de la frontière et des contestations diverses émises à l’occasion de réalisation d’infrastructures socio-économiques dans certaines zones frontalières entre les deux pays.
Face à cette situation, et afin de préserver les liens séculaires d’amitié, de fraternité et de bon voisinage qui existent entre les deux pays, les deux chefs d’Etat (Blaise Compaoré et Mamadou Tandja) ont jugé sage de saisir la Cour internationale de justice de la question. Pour ne pas se présenter en rangs dispersés, ils ont convenu, pour ce faire, d’élaborer un compromis commun de saisine de ladite Cour. « Du reste, il est heureux de constater que ce différend n’est que juridique ; et nous ne pouvons que nous réjouir de son traitement pacifique jusque-là », a fait constater avec un soulagement non feint le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale.
« Il ne s’agit point de chercher à savoir qui a tort ou qui a raison »
Pendant la cérémonie d’ouverture des travaux, qui ont eu lieu dans une des salles de réunions du Quai d’Orsay nigérien, ce n’étaient point des discours au ton martial. Au contraire, tout était mis en œuvre pour décrisper les visages restés circonspects.
Pouvait-il en être autrement quand l’hôte des lieux, l’accueillante chef de la diplomatie nigérienne, Aïchatou Mindaoudou, a déclaré d’entrée de jeu ceci : « Nous sommes aujourd’hui réunis afin de parvenir à un compromis qui va permettre de lancer la procédure de règlement juridictionnel de cette question frontalière, et dont l’issue permettra, à n’en point douter, de consolider davantage les relations de fraternité et de bon voisinage entre nos deux pays.
Dans cette optique, il ne s’agit point pour nous de savoir qui a tort ou qui a raison, mais nous devons par contre mettre tout en œuvre pour accélérer le processus de saisine de la Cour à laquelle nos deux pays ont souverainement décidé de faire recours et, en conséquence, d’en accepter la décision ».
Le décor était donc planté, et la recherche de compromis pouvait alors commencer. Mais peut-on parler de compromis lorsque qu’on décide d’envoyer une affaire en justice ? Si, répond de sa voix de stentor, Ider Adamou, le géant gouverneur de la région de Tillabery, la zone nigérienne justement concernée par le problème de bornage : « Un compromis est possible parce que c’est une procédure. Si nous sommes déjà d’accord sur un certain nombre de choses, ça facilite la saisine. Nous sommes déjà d’accord sur beaucoup de points. Il y a seulement quelques divergences qu’il faut aplanir afin d’éviter de les exposer au niveau de la Cour ».
Et de fait, l’esprit de concorde a prévalu, notamment sur un point essentiel : plutôt que de demander à la Cour de statuer sur l’ensemble du tracé de la frontière comme le voulait initialement le Burkina, décision a été prise par les deux parties de se voir départager sur le tronçon qui n’a pas encore été borné.
Victoire célébrée au kilichi
Grande atmosphère de détente dans la salle. Et on imagine donc que c’est avec des plumes bien alertes que les documents pour sanctionner les deux jours de travaux ont été paraphés. Ont été commis à cette tâche, les ministres des Affaires étrangères des deux pays. Naturellement à la très grande satisfaction de Clément Sawadogo qui a fait éclater sa joie en ces termes : « Je suis l’homme le plus heureux de ce compromis, puisqu’en tant que ministre chargé des Frontières, c’est bien mon département qui est le premier bénéficiaire de la gestion juridique et pacifique du contentieux ».
Cette étape passée, reste maintenant pour les deux parties à préparer le dossier pour la C.I.J. qui, en bonne instance judiciaire de cette envergure, se donnera le temps avant de délibérer. En attendant, chaque partie doit d’abord produire ses mémoires. Six mois après, ce sera des contre-mémoires. Après le dépôt de ces deux documents, la Cour aura la latitude de commencer les plaidoiries. Une procédure qui, à en croire les experts, demandera au minimum trois années.
Pendant ce temps, comment seront administrées les populations des zones concernées ? Réponse du ministre Clément Sawadogo : « Certes, c’est une zone litigieuse qui n’appartient à personne tant que la Cour n’a pas statué. Mais ce n’est pas pour autant que l’on va délaisser les populations qui y vivent. A ce niveau, la règle de gestion est la concertation. Si un pays veut ériger une infrastructure ou réaliser une activité d’intérêt public, elle se fait le devoir de saisir son voisin pour qu’il n’y ait pas de malentendu ou de confusion ».
Tout est bien qui finit bien donc. La cerise sur le gâteau, la partie burkinabè a été reçue en audience par le président nigérien, Mamadou Tandja himself, et la mission au bord du fleuve Niger a été raccompagnée jusqu’à son avion par l’accueillante principale qu’était la ministre Aïchatou Mindaoudou. Les dieux du fleuve Niger étaient donc avec les deux parties. Naturellement, le compromis de Niamey a été arrosé dans l’avion au kilichi, cette spécialité à base de viande émincée, fumée et séchée. Un mets indissociable de l’image du Niger, comme l’est le poulet bicyclette à celle du Pays des hommes intègres.
Issa K. Barry
DE LA SITUATION DE NOS FRONTIERES
« Il n’y a que Koalou qui nous fatigue un peu »
Le Burkina Faso partage 3453 kilomètres de frontières avec six pays : le Ghana, le Mali, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Niger. Maintenant qu’avec le Niger un compromis est en train d’être trouvé pour amener le dossier en justice, la seule difficulté c’est, a fait remarquer le ministre de l’Administration territoriale, Clément Sawadogo, avec le Bénin.
« Vous savez qu’avec ce pays nous avons un front de l’ordre de 280 kilomètres. Sur une bonne partie, nous nous sommes entendus. Reste une bande de 10 kilomètres située dans la zone de Koalou, qui nous fatigue un peu, parce qu’il y a une contestation au niveau des textes. Mais, avec les frères béninois, nous travaillons à aplanir nos divergences. Rien que l’année dernière, nous nous sommes retrouvés dans la zone et avons ensemble conclu un dispositif de gestion concertée ».
Foi de notre interlocuteur, sur les autres fronts il n’y a pas de quoi fouetter un voisin. Les bornages du côté du Ghana, du Togo et du Mali se sont effectués sans grands accrocs. A écouter Clément Sawadogo, il ne reste plus que la délimitation d’avec le Pays d’Houphouët Boigny. Mais, visiblement, sur cette zone, la situation ne sera pas des plus complexes, étant donné que la nature a déjà fait la moitié du travail avec, par exemple, ces cours d’eau qui séparent les deux pays.
I. K. B.
LE COMMUNIQUE CONJOINT QUI A SANCTIONNE LA RENCONTRE
Sur instructions de leurs Excellences Messieurs Mamadou Tandja, Président de la République du Niger et Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, la ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Niger et le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale du Burkina Faso se sont réunis du 22 au 24 février 2009 à Niamey (République du Niger), en vue de négocier et signer le compromis de saisine de la Cour internationale de Justice du différend frontalier qui existe entre les deux pays.
La délégation nigérienne était conduite par Son Excellence Madame Aïchatou Mindaoudou, ministre des Affaires et de la Coopération. Celle burkinabè était conduite par Son Excellence le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Alain Bédouma Yoda. Dans leurs discours d’ouverture, les deux ministres des Affaires étrangères ont rappelé l’excellence des relations de fraternité, d’amitié, de coopération et d’entente cordiale qui existent entre les deux pays et souligné leur pleine disponibilité à parvenir à la signature du compromis permettant de saisir la Cour internationale de Justice (CIJ) afin de régler une fois pour toutes leur différend. Conformément aux instructions reçues dans ce sens, les experts des deux pays ont examiné les projets de compromis proposés par les deux parties et sont parvenus à un texte consensuel approuvé et signé par les deux chefs de délégation.
Les deux ministres ont également approuvé la recommandation des experts relative à une ratification rapide du compromis. Ils ont également fait leur la proposition des experts de mener une mission conjointe sur le terrain pour s’accorder sur les coordonnées des bornes frontières des secteurs A et B visées dans le compromis. Les travaux se sont déroulés dans une atmosphère de fraternité et de franche cordialité.
Durant leur séjour à Niamey, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale et le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation du Burkina Faso ont été reçus en audience par Son Excellence Monsieur Mamadou Tandja, Président de la République, Chef de l’Etat.
La délégation burkinabé a exprimé sa gratitude à Son Excellence Monsieur le Président de la République du Niger, au gouvernement et au peuple nigériens, pour l’hospitalité dont elle a fait l’objet tout au long de son séjour à Niamey. Fait à Niamey, le 24 février 2009
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ARRESTATION D’UN FILS DE CONTE : L’ancien régime frappé en plein cœur
Source : lepays.bf (Article publié le 26 février 2009)
Lire aussi Arrestation d’Ousmane Conté : Le père mort... in l'observateur paalga du 26 février 2009
Il fut un temps où il n’aurait rien craint, même pas en marchant sur des cadavres. Car, tant que papa était là et son système vermoulu bien défendu par les siens, et en particulier, par lui-même, il n’avait de compte à rendre à personne, même pas à sa conscience. Reste que la nature a voulu que le "Vieux" ne soit pas éternel. Le père donc parti, et avec lui le système, Ousmane Camara, fils aîné du président défunt Lansana Conté, devra apprendre à ses dépens que le temps n’est pas statique. Que les temps ont changé ! Dans un passé encore très récent, intouchable, omnipotent, l’homme à la réputation de caïd et au passé sulfureux, va devoir maintenant réaliser l’impossible pour se sortir du terrible sort qui s’abat sur lui.
L’affaire faisait déjà grand bruit en Guinée, du vivant même de Lansana Conté. Mais le fils, manifestement, n’en avait cure, et cela se comprenait aisément. L’affaire dont il est question ne concerne ni plus ni moins qu’un narcotrafic dans lequel Conté fils tirerait des bénéfices substantiels. Maintenant que son père a tiré sa révérence, et que, comble de malheur, le rouleau compresseur dirigé par Moussa Dadis Camara est bien parti pour laminer tous ceux ayant participé à la lente agonie de ce pays, on se demande bien comment Ousmane Conté se remettra du brutal retournement de l’histoire. Son sort s’annonce d’autant plus incertain que son nom a encore été cité, comme en 2005 lors de l’interception en Guinée-Bissau, d’un avion contenant à son bord, de grosses sommes provenant de la vente de la drogue. A la différence que cette fois, c’est sur les écrans de la télévision guinéenne, donc devant des millions de Guinéens, et en présence du chef de la junte himself, que Ousmane Conté a encore fait parler de lui. Appréhendés et interrogés devant des caméras, des narco trafiquants ont, en effet, eu un seul nom à la bouche : Ousmane Conté. Il a été immédiatement interpellé, de même que le beau-frère du défunt chef de l’Etat, Saturin Bangoura.
Dadis Camara marque là, un grand coup, en ce sens que la charge est dirigée contre un grand pilier de l’ancien système. L’acte est courageux et le geste fort symbolique. Il illustre, en effet, la détermination du chef de la junte à ne céder à aucune pression, à ne mener aucune politique du deux poids deux mesures, toutes choses qui participent du renforcement de sa crédibilité. Influent commandant de l’armée guinéenne, Conté fils aura conduit la répression la plus sanglante et la plus meurtrière des manifestations de fin janvier 2007. Il sera resté dans l’esprit de bien des Guinéens comme celui qui permit qu’on canardât des manifestants aux mains nues, et matât dans le sang toute velléité populaire de faire tomber le régime Conté. Hier, Conté fils faisait la pluie et le beau temps. Aujourd’hui, le ciel lui tombe sur la tête et son passé n’est pas loin de le rattraper. `
Il y a bien une leçon à tirer du parcours rocambolesque de ce capitaine de l’armée : on n’est jamais aussi fort pour le rester éternellement, surtout quand on a les mains imbibées du sang de civils. Certes, l’affaire qui lui vaut, à ce jour, d’être jeté en prison, a trait à un trafic de cocaïne. Mais il n’est pas exclu que, dans la foulée, il soit amené à s’expliquer sur les nombreux crimes de sang dont on l’accuse. Mais pour ces crimes comme pour bien d’autres, il faut souhaiter que le droit soit dit, rien que le droit et, cela dans un cadre de totale légalité.
Par Cheick Beldh’or SIGUE
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25 février 2009
Ambassade US au Burkina : Le colonel Jackson embarque pour Bagdad
Source : lobservateur.bf (Article publié le 25 février 2009)
L’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au BF, S.E. Jeannine Jackson, après 3 ans de services, quitte notre pays pour Bagdad en Irak. Avant son départ, prévu pour le 7 mars 2009, elle a fait son bilan hier devant la presse au Centre culturel américain.
Après avoir loué la vivacité, la chaleur et la détermination des citoyens burkinabè ainsi que le travail accompli ensemble, la diplomate américaine a énuméré les 4 principes fondamentaux qui sont au cœur des rapports USA/BF : démocratie et droits humains ; stimulation de la croissance économique et du développement ; renforcement de la stabilité et de la sécurité régionale et renforcement de la compréhension mutuelle.
Puis elle a livré 3 messages au peuple burkinabè :
pour Jeannine Jackson, « le Burkina Faso et les usa sont maintenant devenus de vrais partenaires ». Cela, expliquera-t-elle, est dû à la bonne gouvernance, à la libéralisation économique et à l’accent mis sur le bien-être des populations. Elle citera en exemple le MCC, qui est un très bon outil de partenariat. Un « compact » qui, de son avis est une réussite. Puisque le MCA-Burkina, qui doit « administrer des projets d’une valeur de 481 millions de dollars, est une étoile selon Washington » ;
le second message fort qu’elle tient à livrer au peuple est que le Burkina Faso est cité en exemple en Afrique.
En tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, il a œuvré à la paix dans diverses médiations ; enfin, le 3e point fort de ses sentiments est qu’elle souhaite que le pays étoffe au mieux ses principes et ses structures démocratiques. Et lorsqu’on lui demande si les USA ne font pas trop sur le volet militaire pour le Burkina Faso au détriment des autres secteurs, elle répond par la négative, car il y a l’appui à la démocratie avec le NDI, la lutte contre le trafic des enfants, l’aide alimentaire avec l’USAID, le corps de la paix (avec 105 volontaires)…
Ensuite s’il y a un appui à l’armée burkinabè, c’est que les 3 bataillons (Laafi, Benkadi et Deroual) qui iront au Darfour doivent être bien formés pour faire face à leurs missions. Durant son séjour au Burkina Faso, elle a vécu certaines crises qui ont secoué le pays. Ses sentiments ? « Les crises sont partout, même aux USA, je déplore seulement qu’on casse les biens lors des manifestations ».
De Ouagadougou, elle ira à Bagdad en Irak. N’a-t-elle pas peur de choir dans cette fournaise allumée par Georges Bush ? Que non ! puisque, dans une vie antérieure, elle a servi dans ce pays, et même à Kaboul, en Afghanistan. Et puis, après tout, Son Excellence est un colonel de réserve de l’armée américaine. Autant dire que c’est un retour sur un terrain connu. « J’étais à Bagdad il y a 3 semaines, j’ai seulement peur quand je monte dans l’hélicoptère ».
Justement concernant l’IRAK, elle estime que le président élu Barak Obama va prendre le taureau par les cornes pour essuyer de trouver une solution. Elle a, en guise d’aurevoir, martelé son proverbe mossi préféré : « un seul doigt ne saurait ramasser la farine ». En ajoutant « y a soukeylem ! » (il faut du courage !).
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
16:26 Publié dans BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis-burkina faso
RDC : la paix, si proche, si loin
Titre original: RD CONGO:L’illusion de la paix
(Article publié le 25 février 2009 sur www.lepays.bf
Les choses semblent se normaliser en RD Congo et si on n’est toujours pas en mesure de parler de calme plat, force est de reconnaître que comparativement à un passé récent, on peut à juste titre se réjouir de l’accalmie qui prévaut ces temps-ci. Car le pays a connu des jours autrement plus tourmentés. Cette situation de relative paix, si on n’y prend garde, peut cependant se révéler trompeuse, car si de nomreuses difficultés se sont estompées, cela ne sgnifie pas qu’elles ont toutes disparu. Bien au contraire, certaines d’entre elles demeurent, vivaces, larvées et resteront toujours en l’état tant qu’on ne leur aura pas trouvé de solution définitive. L’entrée des troupes rwandaises dans la province congolaise du Nord-Kivu, le 20 janvier dernier, à l’invitation du président congolais Joseph Kabila, dans le but de poursuivre les rebelles des FDLR, avait surpris plus d’un. Mais elle avait aussi le don de consacrer l’heureux rapprochement de deux ennemis jurés qui, jusque-là, se regardaient en chiens de faïence.
Selon le porte-parole de l’armée rwandaise, les soldats de Kigali ont atteint leurs objectifs. Mais force est de reconnaître que les rebelles des FDLR n’ont pas été complètement annihilés. Car s’il est vrai que les militaires envoyés par Paul Kagamé pour aider l’armée congolaise ont permis de récupérer leurs quartiers généraux, une majorité des membres des rebelles rwandais reste encore au Congo. Et cela représente un motif sérieux d’inquiétude. La date du retrait des troupes de Kigali présentes en RDC constitue un autre problème. Les deux capitales ne semblent pas s’accorder sur le même chronogramme. Il faudra sans doute attendre la cérémonie du 25 février devant marquer un retrait prévu pour la fin du mois, pour en savoir un peu plus. Mais déjà, on s’interroge sur ce qui peut arriver si d’aventure les troupes rwandaises traînaient les pieds ou simplement décidaient de ne pas quitter le si riche territoire d’un "ami" au secours duquel elles ont volé avec tant de zèle et d’empressement. Les richesses du Congo étant toujours à profusion, les Rwandais sauront-ils résister à la tentation de se payer en or et en diamant ? Et c’est peut-être ce qu’avait anticipé entre autres choses, le président de l’Assemblée nationale congolais, Vital Kamerhe. Ce qui lui vaut d’ailleurs aujourd’hui d’être poussé à la démission, par nombre de ses détracteurs. Ses déclarations légalistes n’ont visiblement pas plu. Plus, ses propos, auxquels s’ajoute la mise en circulation d’une pétition visant la convocation d’une session extraordinaire pour en savoir un peu plus sur le quitus présidentiel ayant autorisé l’arrivée des Rwandais en territoire congolais, peuvent faire que la foudre lui tombe sur la tête. Il est désormais l’homme à abattre et on lui reproche tout et le reste. Son ambition est jugée "démesurée" et il chercherait à "humilier le chef de l’Etat". L’homme est désormais dans le collimateur des faucons du clan présidentiel. Et cela représente aussi un autre problème de taille pour le Congo. Car, à supposer que les caciques du parti présidentiel parviennent à avoir la tête de Kamerhe, ils devraient sans doute en tirer les conséquences. A deux ans des prochaines élections, un tel bouleversement politique ne serait pas dénué de risques sérieux pour la stabilité des partis politiques, des institutions et même du bon déroulement d’une démocratie qui, déjà, peine à voir le jour. Mais plus immédiats et sans doute plus brûlants sont les problèmes que suscitent les "cas" Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda, tous les deux recherchés par la CPI, mais auxquels le président Kabila ne semble pas vouloir réserver le même traitement. Concernant le chef historique de la rébellion congolaise, Laurent Nkunda, qui, depuis 2004, défiait le pouvoir de Kinshasa, le président Joseph Kabila affirme avec force que l’homme arrêté le 22 janvier 2009, sera extradé. Et d’ajouter : "C’est un processus. On y travaille". Mais extradé où ? A Kinshasa ou à la Haye ? Au cas où Kabila déciderait de livrer son ennemi à la CPI, on se demande ce que penserait Kagamé qui a toujours été le mentor de l’ennemi du président congolais. Quant à Bosco Ntaganda, lui, bénéficie assurément du soutien absolu de son nouvel ami présidentiel. Chef d’Etat-major du CNDP passé dans le camp de Kinshasa, il est lui aussi sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI pour avoir enrôlé des enfants en 2002-2003 en Ituri, district voisin du Nord Kivu. Mais Kabila garde sans doute en mémoire que c’est le ralliement du numéro deux du CNDP qui a permis l’arrestation de la bête noire qui hantait le sommeil de plus d’un à Kinshasa. Devoir de reconnaissance oblige, il décide que l’arrestation de Bosco Ntaganda n’est pas à l’ordre du jour. Le chef de l’Etat choisit de ne pas y songer car "le choix est clair.
La paix et la sécurité du Nord Kivu passent avant toutes choses". Reste à savoir si le juge Luis Moreno-Ocampo et ses hommes l’entendent de cette oreille. On peut déjà présumer que non. On voit alors se profiler des embrouilles à l’horizon. Et au regard des difficultés réelles et des ramifications qu’elles ne manquent pas de créer, on se rend compte que la paix en RDC est plus apparente que réelle. La vraie, la définitive est à venir, et elle passe obligatoirement par une bonne et sereine résolution de toutes ces difficultés bien présentes et toutes aussi délicates à manier les unes que les autres. Pour ardue que se révèle la tâche, refuser de l’accomplir risque d’exposer le pays tout entier aux dangers de la désagrégation. Car cette relative accalmie dans la région peut s’apparenter à un mirage trompeur. Pire, elle peut s’avérer être le calme plat, trop plat, annonciateur d’une dangereuse tempête. Plus que jamais, la RDC a besoin qu’on lui porte secours. Elle recèle en ce moment tant de facteurs qui, utilisés avec soin, conduisent à cette paix dont on rêve depuis si longtemps au pays de Kabila. Mais ces mêmes éléments, manipulés sans le tact et la sérénité nécessaires, constituent des ingrédients dangereux dont le mauvais mélange peut conduire à un nouvel embrasement durable du pays et au-delà, de toute la région.
"Le Pays"
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24 février 2009
CONTINGENT AFRICAIN EN SOMALIE : Comment sortir du bourbier ?
Source : lepays.bf (Article publié le 24 février 2009)
C’est un véritable coup dur pour la force de paix de l’Union africaine en Somalie (AMISSOM). Onze soldats burundais de la force ont été tués et 15 autres blessés dans un attentat suicide contre leur camp à Mogadiscio. Ce n’est pas la première attaque du genre et il est fort à craindre que ce ne soit malheureusement pas la dernière, les insurgés islamistes (les shebabs) ayant promis de montrer à cette force de quel bois du grand enfer somalien ils se chauffent. Et ce ne sont pas les moyens de faire payer à l’AMISSON l’occupation de son "territoire", qui manquent, les troupes éthiopiennes, seules capables, à l’époque, de lui opposer une résistance farouche, ayant finalement plié bagages. Mais, il y a bien plus grave. La force de paix de l’UA en Somalie, constituée de quelque 3 mille hommes (ougandais et burundais), loin des 8.000 hommes initialement prévus, reste mal équipée et sous-financée. Qui plus est, son mandat est limité, la mettant dans une position où elle se voit contrainte de croiser les bras, du moins de se garder d’intervenir dans les combats menés par les insurgés islamiques. Mais que faire quand ce sont ses propres installations qui sont maintenant attaquées ? Comment sortir du bourbier somalien ? Une chose est certaine : pour le soldat de la force de paix africaine, ce serait courir au suicide que de devoir croiser les bras, en attendant que la mort le surprenne. C’est pourquoi la demande pressante des autorités burundaises pour que l’UA révise le mandat actuel de l’AMISSON, de sorte que ses troupes puissent se défendre contre l’ennemi, en cas d’agression, a tout d’une réaction sensée.
Certes, les soldats peuvent donner l’impression d’avoir un moral d’acier. Mais jusqu’à quand pourront-ils tenir le coup, s’ils doivent toujours admettre que la mort rôde, au quotidien, autour de leurs casernes ? Bref, c’est dire combien l’UA doit considérer, avec le plus grand sérieux, les doléances formulées par le Burundi dans cette guerre qui n’est pas la sienne, si elle ne veut pas assister au départ anticipé de la force de paix. D’ailleurs, une partie de l’opinion nationale burundaise n’a pas tardé à s’interroger sur l’opportunité d’un tel déploiement, qui commence à coûter très cher, en termes de vies humaines, aux deux pays engagés sur le terrain. En tout état de cause, l’UA n’a aucun intérêt à assister à un retrait précipité des forces de l’UA en Somalie, qui annoncerait un désastre certain. L’organisation panafricaine doit plutôt travailler à la consolidation des acquis, en commençant par réunir toutes les conditions d’une meilleure réussite de sa mission. Autrement, ce serait l’échec total, qui se mesurerait à un double niveau. Non seulement, l’AMISSON se présentera ainsi comme une force incapable de sécuriser des populations qu’elle est pourtant censée protéger, mais aussi de se défendre elle-même. Et dans pareil cas, ce ne seront pas les Etats-Unis, bien que soucieux de protéger leurs intérêts dans cette région hautement stratégique, ni un autre pays de l’Occident, qui s’aventureront dans ce bourbier, le traumatisme profond de 1991 (opération Restore Hope) étant toujours présent dans les esprits. Voilà donc environ deux décennies que la paix reste toujours introuvable en Somalie. Sans doute faut-il expliquer cela par la guerre par procuration que se livrent l’Erythrée et l’Ethiopie sur le sol somalien. Jusque-là, en tout cas, rien n’a réussi à amener ce pays à se tracer définitivement les voies d’une réconciliation durable et d’une paix véritable. Même les Etats-Unis, en dépit de tous les moyens qu’ils avaient en leur possession pour mener la guerre contre le terrorisme par l’Ethiopie interposée, n’ont pas réussi à faire plier les insurgés islamistes car, telle une hydre, ils ont toujours su rebondir chaque fois qu’on les croyait sur la pente raide. Il faut dire que l’axe du Mal contre celui du Bien, sorti tout droit de l’imaginaire abscons de l’ancien président américain George W. Bush, n’a pas contribué à rapprocher "deux civilisations" dont on a voulu que tout oppose. Bien au contraire. On sait jusqu’où cette politique a mené.
En tout état de cause, l’argument de la force, comme celle qui a été affichée à travers l’opération Restore Hope, n’a jamais payé. Seule la solution du dialogue est la meilleure option. C’est une voie que l’UA devrait travailler à davantage explorer. Les insurgés islamistes qui continuent à faire régner la terreur dans ce pays, ne sont pas des enfants de chœur, certes. Mais on peut toujours croire qu’ils peuvent être capables du pire, comme du meilleur. Sans doute tout dépend-il de la façon dont il faut les approcher. L’hypothèse d’une paix en Somalie est-elle encore plausible ? Si on ne peut apporter une réponse claire et définitive à cette interrogation, on peut cependant affirmer que toute solution à la crise somalienne passe d’abord par la résolution des nombreux problèmes qui assaillent une jeunesse somalienne en perte de repères, cible facile, on le comprend, des corsaires des temps modernes et de tous les "fous de Dieu".
"Le Pays"
11:35 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : somalie