30 avril 2009

Mali/Algérie : Les médias font monter la tension

Source : lobservateur.bf (Article publié le 30 avril 2009)

C’est sans doute l’interview accordée par le président malien au quotidien algérien El Watan, peu avant la libération des quatre otages occidentaux, qui aura mis le feu aux poudres. « Nous refusons de jouer le rôle de passeurs d’argent », affirmait alors ATT parlant des otages.

Une sortie qui n’aura pas été du goût de certains Algériens, car dès le lendemain de la parution d’El Watan, son confrère de liberté-algérie.com titrait : « Après les allégations du président Touré : quand le Mali protège le GSPC ». Un article au vitriol dans lequel le journaliste accuse Bamako d’avoir pactisé avec le mouvement terroriste, faisant même de sa bande sahélienne un sanctuaire des barbus.

Pour Liberté, en effet, l’Algérie a toujours cru (à tort) que le Mali incarné par Amadou Toumani Touré était un pays sur lequel elle pouvait compter dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Des accusations particulièrement graves, qui n’ont sûrement pas été accueillies avec philosophie par les autorités maliennes.

L’affaire aurait pu passer inaperçue si le journal n’était pas considéré comme proche du pouvoir de Bouteflika. Bien sûr, les autorités algériennes nieront toute implication dans ce lynchage médiatique en règle, mais le fait est là, la question récurrente des otages occidentaux aura fini par distiller le poison de la discorde entre Bamako et son voisin du nord.

Cette brusque poussée de fièvre est d’autant plus inquiétante qu’Alger, depuis bien longtemps, s’était fortement impliqué dans le règlement du problème touareg, devenant même le principal médiateur. On se souvient qu’un accord de paix avait été signé en 2006 à Alger. Suspendue un temps, la médiation avait repris ces derniers mois pour le retour d’une paix durable dans le nord du Mali.

Or pareille poussée de fièvre entre le médiateur et son principal interlocuteur, si elle s’avérait, ne serait pas de nature à apaiser les tensions qui existent déjà au Nord-Mali, bien au contraire !

Il faut pourtant reconnaître, de part et d’autre de la frontière, que cette bande sahélienne, considérée côté algérien comme un sanctuaire laissé à la discrétion des terroristes du GSPC, constitue en fait une zone de non-droit propice aux activités le plus marginales. Ainsi, du point de vue malien, si sanctuaire il y a, il abriterait plutôt les rebelles touaregs qui, lorsque le besoin se fait sentir, n’hésitent pas à se réfugier dans l’immensité de ce désert, parfois même de l’autre côté de la frontière.

On est d’autant plus surpris par cette subite poussée de fièvre que, confrontés aux mêmes dangers nichés dans les sables de la bande sahélienne, les deux pays voisins ont tout intérêt à s’entendre.

Et l’on peut légitimement se demander quel intérêt Bamako aurait pu tirer d’un double jeu au détriment de son voisin du nord. C’est bien connu : les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. Et un intérêt de ces deux pays est de collaborer durablement pour la paix et la sécurité dans la bande sahélienne.

H. Marie Ouédraogo

lobservateur

GOUVERNEMENT PARALLELE A MADAGASCAR

L’histoire se répète

Source : lepays.bf (Article publié le mercredi 29 avril 2009)

 

Les rôles se sont inversés à Madagascar dans la crise qui secoue la grande Ile depuis le début de l’année. Aujourd’hui, c’est le président renversé, Marc Ravalomanana, qui joue les opposants en menant la vie dure à l’ex-maire de la capitale, Andry Rajoelina alias TGV.

De son exil, Marc Ravalomanana utilise les mêmes méthodes que le jeune président de la Haute autorité de transition. En effet, il ne cesse de chauffer à blanc ses partisans qui redoublent d’ardeur dans la défiance des nouvelles autorités malgaches. Comme l’autre, le président déchu a nommé son Premier ministre. Et comme il fallait s’y attendre, Manandafy Rakotonirina (le Premier ministre en question) a commencé à former son gouvernement. Le 28 avril, il a nommé 6 ministres de son gouvernement qu’il a qualifié de "légaliste" et dans lequel il s’est octroyé le portefeuille de la Défense nationale. Ce "shadow cabinet" (cabinet de l’ombre) ou gouvernement parallèle pourrait être étoffé dans les jours à venir avec les consultations qui se poursuivent. Comme en février dernier, la Grande île se retrouve avec 2 Premiers ministres et 2 gouvernements dont chacun se dit légaliste. Une répétition de l’histoire dont on peut aisément deviner sur quoi Ravalomanana voudrait qu’elle débouche : la chute du régime en place.

En effet, c’est de cette manière que le jeune maire de Tana est arrivé au pouvoir. Et comme c’est une méthode qui s’est révélée payante, Marc Ravalomanana n’a pas hésité à emboîter le pas à Rajoelina. La seule différence, pour le moment, c’est que l’agitateur en chef n’est pas sur place et se contente de galvaniser ses troupes depuis l’extérieur. Il y a aussi l’armée, ce faiseur de rois, qui ne lui est plus acquise. Mais, il n’est pas exclu qu’il arrive à la rallier à nouveau à sa cause. On ne sait jamais trop ce que demain sera fait. Mais en attendant que cette probabilité se réalise, ce bis repetita n’augure pas des jours tranquilles pour Madagascar. On se demande ce que fera le Premier ministre sans attributs réels et sans bureau. S’il opte d’installer ses ministres dans les bureaux occupés par ceux du pouvoir en place, on se demande quelle pourrait être la réaction de ce dernier. Va-t-il s’opposer ? On sait, en tout cas, qu’il ne se laissera faire, même sous la pression de la rue. En ce moment, il faut donc craindre des troubles, voire des affrontements sanglants. A moins que, comme on l’a aussi vu, les forces de défense et de sécurité n’acceptent pas de tirer sur les manifestants.

Comment TGV et les siens vont-ils arrêter cette répétition inquiétante, ce bégaiement de l’histoire ? Vont-ils étouffer le remake dans l’oeuf même en mettant hors d’état de nuire le Premier ministre et son gouvernement parallèle en formation ? De quelle façon le pouvoir en place va-t-il contenir les manifestations des partisans de l’ancien président qui semblent plus que déterminés ? Les jours à venir, gros de dangers, nous situeront davantage.

Par Séni DABO

Grève à Total Burkina : «Une situation d’abandon de poste », selon le directeur général

Source : fasozine.com (Article publié le 30 avril 2009)

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Thibault Flichy, DG par intérim

Depuis le samedi 25 avril 2009, les employés de Total Burkina observent un arrêt de travail pour protester contre le licenciement de leur délégué, Yacouba Ouédraogo. Pour expliquer les raisons de ce licenciement, Thibault Flichy, le directeur général par intérim de la société a rencontré la presse ce mercredi 29 avril 2009 à Ouagadougou. Il se dit prêt à tout négocier, «sauf la réintégration du délégué licencié.»

«La société Total Burkina traverse aujourd’hui le plus grand malaise de son histoire.» a d’emblée reconnu Thibault Flichy, le directeur général par intérim de Total Burkina.  Selon M. Flichy, le 18 mars 2009, les délégués du personnel ont déposé une demande d’audience auprès de la direction générale. Quelques jours plus tard, soit le 24 mars, ils ont été reçus par l’administration. Au cours de cette rencontre, les employés auraient demandé, entre autres, le paiement d’une prime exceptionnelle de trois mois de salaire, au titre de l’année 2008. Le directeur général avoue qu’il a refusé d’accéder à cette requête «parce qu’il n’y avait pas d’information officielle à ce sujet.»

Et de rappeler que les travailleurs avaient déposé, en mai 2008, une plate forme revendicative qui faisait l’objet de rencontres entre les deux parties. Selon le directeur, des engagements avaient déjà été pris par les patrons pour augmenter les salaires de base de 16% en moyenne entre le 1er octobre 2008 et janvier 2009. Il avait également été décidé d’attribuer tous les mois une bouteille de gaz à chaque employé, et de maintenir la «prime résultat». La direction avait également résolu de réaliser une étude comparative des salaires des employés du groupe Total avec ceux d’autres groupes pétroliers, afin d’établir une grille salariale. Pendant que ces tractations se poursuivaient, selon Thibault Flichy, le 26 mars, les délégués demandent une autre rencontre avec l’administration. La direction accepte et fixe le rendez-vous pour le 30 mars 2009.


Mais le 26 mars, soit quatre jours avant la réunion, les travailleurs auraient adressé un préavis de grève à la direction pour le 30 mars. «Malgré les tentatives de dialogue de la direction, les employés ont observé un sit-in de 5h, le 30 mars.» a regretté M. Flichy. La direction a alors saisi l’inspection du travail qui a notifié son avis favorable pour des sanctions. C’est ce qui explique le licenciement du principal délégué, Yacouba Ouédraogo. Il lui est reproché «d’avoir sciemment désinformé le personnel sur le caractère manifestement illégal de l’arrêt de travail et d’avoir orchestré l’ensemble du sit-in.» En outre, la direction de Total Burkina l’accuse d’avoir tenu des propos «totalement diffamatoires et mensongers à l’égard de Total Burkina dans la presse, dégradant fortement l’image de la société.»

 

Tout comme le sit-in qui a mis le feu aux poudres, le directeur affirme que la grève que les agents observent actuellement est illégale. «Un grand nombre de nos employés observe une grève sans préavis, grève tout aussi illégale et donc en situation d’abandon de poste.», assure t-il. C’est le licenciement de Yacouba Ouédraogo qui bloque actuellement les négociations. Et lorsqu’on demande à Thibault Flichy s’il y a une chance qu’il soit réintégré, il laisse entendre, sans être affirmatif, que «tout est négociable, sauf la réintégration de Yacouba Ouédraogo.»

29 avril 2009

Etats-Unis : Les cent jours de Barack Obama à la Maison Blanche

Source : rfi.fr (Article publié le 29 avril 2009)

Par Sylvain Biville

Barack Obama célèbre mercredi son centième jour à la Maison Blanche. Pendant ses quatorze premières semaines de pouvoir, le président américain a engagé une multitude de chantiers. Ses détracteurs dénoncent son activisme. Mais sa cote de popularité reste au beau fixe.

Barack Obama dans les jardins de la Maison Blanche, le 28 avril 2009. (Photo: Reuters)

Barack Obama dans les jardins de la Maison Blanche, le 28 avril 2009.
(Photo: Reuters)

« Il se peut que nous ne réussissions pas en un an, ou même en un mandat », a prévenu Barack Obama le soir de son élection, le 4 novembre 2008, à Chicago. Depuis son entrée à la Maison Blanche, le 44e président des Etats-Unis ne cesse de répéter qu’il lui faudra du temps pour résoudre la crise et mettre en œuvre ses promesses de campagne. « Le peuple américain ne jugera pas nos efforts sur la foi des cent premiers jours », a déclaré la semaine dernière son porte-parole, Robert Gibbs.

Si elle fait mine de ne pas vouloir s’attarder sur l’échéance des cent jours, devenue une étape importante pour tout président américain depuis Franklin D. Roosevelt en 1933, la nouvelle administration a cependant mis en place un minutieux dispositif pour marquer le coup. Barack Obama a prévu de faire un bilan d’étape de son action, mercredi, lors d’une réunion publique à Saint Louis, dans l’Etat du Missouri (remporté d’un cheveu par son adversaire républicain, John McCain, en novembre), avant de se livrer dans la soirée – pour la troisième fois depuis le 20 janvier – à l’exercice de la conférence de presse, en direct de la Maison Blanche.

Mieux que Bush et Clinton

Les Etats-Unis traversent leur plus grave récession depuis la crise des années 1930. L’industrie automobile est plus que jamais au bord de la faillite. Le taux de chômage – 8,5% en mars –, est à son plus haut niveau depuis un quart de siècle. Les républicains critiquent l’activisme dépensier d’un président que certains vont jusqu’à qualifier de « socialiste », ce qui est presque une insulte au pays de la libre-entreprise. Et pourtant, Barack Obama continue à surfer sur les sondages. La dernière édition du baromètre CBS-New York Times lui accorde 68% d’opinions favorables. A la même époque, George Bush en 2001 et Bill Clinton en 1993 plafonnaient à 56%.

Vincent Michelot

Professeur à Sciences-Po Lyon

« Barack Obama a pratiquement jusqu’à présent fait un sans-faute. »

28/04/2009 par Michèle Gayral

Rupture

En cent jours, Barack Obama s’est engagé sur une multitude de fronts. Il a d’abord cherché à marquer une nette rupture avec son prédécesseur. Deux jours seulement après son investiture, il ordonne la fermeture, dans un délai d’un an, de la prison militaire de Guantanamo et il exclut tout recours à la torture. Cet engagement est confirmé avec la publication récente de documents jusque-là confidentiels sur les méthodes d’interrogations musclées de la CIA, autorisées par George W. Bush.

Le président des Etats-Unis a également levé deux interdits édictés par son prédécesseur concernant la recherche sur les cellules souches et le soutien aux organismes pratiquant l’avortement. Dans le même secteur, il a promulgué une loi sur l’égalité de salaires entre femmes et hommes.

Un nouveau ton diplomatique

Le changement est plus symbolique encore dans le domaine de l’international. George Bush, même s’il a évolué au cours de son second mandat, restera le président d’une Amérique arrogante, associée au concept controversé de « guerre préventive ». Barack Obama, élu en partie sur sa promesse de mettre fin à la guerre en Irak, a annoncé le retrait de l’essentiel du contingent américain d’Irak d’ici août 2010 et l’envoi, parallèlement, de 21 000 hommes supplémentaires en Afghanistan, dont il veut faire sa priorité.

Six jours après son investiture, le chef de la Maison Blanche s’adresse au monde musulman dans une interview à la chaîne Al Arabiya, basée à Dubaï, en déclarant : « Les Américains ne sont pas vos ennemis ». Il multiplie les ouvertures envers l’Iran et la Syrie, naguère considérés comme les représentants de « l’axe du mal ». Barack Obama assouplit la politique américaine envers Cuba (tout en excluant pour l’instant toute levée de l’embargo), et on le voit, au sommet des Amériques, serrer la main du président vénézuélien Hugo Chavez qui avait comparé George Bush au « diable ».

Le ton change également avec la Russie, avec l’Europe, où le président américain est accueilli en superstar en avril. L’Amérique de Barack Obama se réconcilie avec le reste du monde. Mais au-delà des inflexions sémantiques, la rupture tarde à se manifester par des résultats concrets, notamment sur le dossier israélo-palestinien. La détérioration des relations avec la Corée du Nord et la dégradation de la situation au Pakistan et en Afghanistan pèsent également sur l’action diplomatique de la nouvelle administration.

La crise, la crise, la crise

Plus que Guantanamo, les cellules souches, ou l’image des Etats-Unis dans le monde, les Américains sont obnubilés par l’amélioration de leur quotidien. Et de fait, Barack Obama a consacré l’essentiel de ses cent premiers jours à tenter de juguler la crise économique. Malgré l’hostilité de l’opposition républicaine, il a réussi à faire voter un gigantesque plan de relance de 787 milliards de dollars et un budget record de 3 550 milliards. Il s’est résolu à mettre en œuvre de coûteux plans de renflouement du secteur bancaire et de l’industrie automobile.

Le 44e président des Etats-Unis a hérité d’une situation économique désastreuse mais il cherche à tourner la situation à son avantage pour faire passer ses priorités de campagne. Assurance santé, éducation, énergies renouvelables : trois réformes ambitieuses qu’il veut mener de front. Ses adversaires l’accusent de vouloir trop en faire. Dans son propre camp, certains démocrates modérés s’inquiètent de l’emballement des dépenses. Le déficit budgétaire est estimé à 1 750 milliards de dollars pour 2009.

Potager bio

Au-delà des ses choix politiques, Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, a également inauguré un changement de style à Washington. Le choix du chien qu’il avait promis à ses deux filles pendant la campagne, les tenues de son épouse Michelle ou encore la fermeté des abdominaux présidentiels ont fait couler beaucoup d’encre ces cent derniers jours. Sans oublier le potager « bio » planté par la Première Dame, à grands renforts de publicité, dans le jardin de la Maison Blanche. « L’image des cent premiers jours d’Obama peut se résumer à celle de Michelle plantant ses graines dans le sol », explique un historien dans USA Today. « Dans les prochains cent jours, les gens s’attendent à ce que les graines semées se mettent à pousser ». C’est sur l’économie  que se jouera la suite du mandat de Barack Obama.

Guinée : Quand la junte se banditise

Source : lobservateur.bf (Article publié le 29 avril 2009)

Les méthodes du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) frisent bien de fois l’humiliation. En effet, on se demande à quel titre Moussa Dadis Camara, le patron du CNDD, se transforme en juge pour demander publiquement des explications à certains anciens dignitaires qui, semble-t-il, auraient trempé la barbiche dans les deniers publics.

 

A la télévision guinéenne, certains ministres et même un ancien chef du gouvernement ont été sonnés, sans aucun égard, de s’expliquer sur des dossiers devant le chef de la junte. Cependant, si la méthode laisse un peu à désirer, le CNDD, pour certains, fait œuvre utile pour son pays en traquant ces délinquants au col blanc, ces commerçants et opérateurs économiques véreux, ces narcotrafiquants et tous ces bandits de grand chemin qui troublent la quiétude des populations, déjà confrontées à la pauvreté et à la misère. Si ce n’est aux conséquences désastreuses de la malgouvernance, érigée en système de gouvernement.

Dès sa prise du pouvoir au lendemain de la mort du général Lansana Conté, le président autoproclamé, le capitaine Moussa Dadis Camara, avait annoncé ses intentions en clamant à tout vent qu’il n’était nullement friand de naam (on aurait dit commandement dans son corps) et qu’il a pris les affaires en main pour combattre le trafic de drogue, les détournements de deniers publics, la corruption. Un beau programme de gouvernement qui a séduit plus d’un et qui a reçu l’assentiment populaire, même si l’histoire politique contemporaine de nombre de pays africains enseigne la prudence et la méfiance face à cette profession de foi sans cesse répétée des hommes en treillis venus au trône.

La preuve, au fil du temps, le doute commence à tarauder les esprits quand le nouvel homme fort de Conakry menace, par exemple, de troquer son bariolé contre les bazins riches et les costumes, sous le prétexte que les hommes politiques et les responsables de la société civile lui manqueraient de respect. Curieusement, au même moment, des jeunes se mobilisent pour que le capitaine-président reste encore longtemps aux commandes du navire battant pavillon Guinée. On peut légitimement se demander si ce ne sont pas là des manœuvres qui cachent mal une volonté de continuer l’aventure présidentielle par la voie des urnes. On n’a pas fini d’épiloguer sur ce sujet qu’un nouvel élément vient révéler certains agissements des militaires du CNDD.

En effet, selon un rapport rendu public par l’ONG Human Rights Watch, des soldats guinéens ont dévalisé des commerçants, cambriolé des entreprises, surgi dans les tribunaux pour intimider des juges et exercé la violence contre des hommes d’affaires et des citoyens ordinaires depuis l’arrivée de la junte. En toute impunité. Cela pourrait être l’œuvre d’éléments incontrôlés. Mais, dans tous les cas, ce sont les militaires qui dirigent le pays, et les hommes qui commettent les exactions sont de leurs rangs.

D’ailleurs, le CNDD n’est-il pas venu aux affaires pour lutter contre les injustices sociales ? Quel paradoxe ! Le capitaine Dadis Camara doit donc revoir son organisation et discipliner ses troupes, lui-même en premier. A défaut, il perdra la sympathie dont il bénéficie au sein d’une certaine population et pourrait rendre son régime impopulaire, si ce n’est pas devoir partir plus tôt qu’il ne l’espérait.

Par Adama Ouédraogo Damiss

 

lobservateur

ASECNA / Le Sénégal revient à de meilleurs sentiments

Source : lobservateur.bf (Article publié le 29 avril 2009)

Le truculent et volubile ancien ministre des Transports du Sénégal, Farba Senghor, doit fulminer de rage ou se sentir dépité : non pas pour avoir été défenestré pour implication dans le saccage d’un journal (il a dû déjà digérer le coup), mais parce que certaines de ses décisions, même s’il était la voix de son maître, sont aujourd’hui remises en cause avec fracas par son successeur. Et pour ne rien arranger, l’impéritie de certains de ses oukases apparaît au grand jour.

Ainsi en est-il du dossier d’Air Sénégal International (ASI). Le mariage d’intérêt entre l’Etat sénégalais et la Royal Air Maroc (RAM), qui a donné naissance à ASI, fut présenté en son temps comme un bon business, à telle enseigne qu’à l’époque, certains n’ont pas compris pourquoi Air Burkina, approchée pour le même deal par les sujets de M6, n’a pas mordu à l’hameçon. « OPA trop minorée », s’était-on contenté de répliquer du côté de la compagnie du bon voisinage, qui préféra se tourner vers le chef des Ismaélites, l’Agan Khan.

ASI semblait avoir marqué un grand coup commercial en 2001 depuis qu’elle a pris les airs, ne demandant qu’à confirmer que le ciel africain n’est pas saturé, et surtout, que le vide laissé par Air Afrique semble pouvoir être comblé, pour peu que les compagnies aériennes du continent se montrent sérieuses.
- Chiffre d’affaires en hausse ;
- taux de remplissage en constante augmentation ;
- desserte de plusieurs continents, on le voit, ASI fut sans conteste une success story dans le monde de l’aviation africaine des années 2000.

Serait-ce cette réussite qui a fini par griser les autorités sénégalaises ? Sans doute, puisque, au plus haut niveau, on a fini par trop s’immiscer dans la gestion de cette poule aux œufs d’or. Certes, cela peut paraître compréhensible quand on détient 49% des actions d’une compagnie. Mais, à trop vouloir tout contrôler, on finit par indisposer le partenaire. C’est ainsi qu’on verra souvent le PDG de la RAM pratiquement convoqué par Wade à Dakar pour s’expliquer sur certains aspects de la marche de la société.

Pire, ce partenaire stratégique du temps de Farba est pointé du doigt pour ne pas dire accusé d’avoir dissipé 12,9 milliards CFA lors de l’exercice clos le 31 décembre 2005 et 11 milliards pour l’année 2006. Et dans la foulée, l’Etat sénégalais de manifester sa volonté de faire monter ses parts dans le capital à 75% au lieu des 49. Autant dire de devenir le seul maître aux manettes. La RAM renâcle à accéder à cette demande et fait savoir alors qu’elle désire se retirer d’ASI d’ici le 30 juin 2009.

Elle est sommée par une ordonnance du tribunal de Dakar en date du 6 avril 2009 de n’en rien faire. Et voici les appareils d’Air Sénégal international cloués au sol depuis plusieurs jours pour le malheur de cinq centaines de travailleurs et de milliers de voyageurs. Seule bonne note dans l’aviation civile du pays de la Terranga, les relations en voie de normalisation avec l’ASECNA.

La controverse est encore fraîche dans les mémoires sur l’égrenage d’un chapelet de griefs à l’encontre de cette institution par le chef de l’Etat sénégalais, martelant son intention de quitter l’Agence. Reprise par le même Farba Senghor, encore lui, cette intention, même si elle n’a pas connu un début d’exécution, n’en avait pas moins perturbé la boîte ASECNA, bel exemple, de nos jours, d’intégration africaine et malgache.

L’ire feinte ou réelle de Wade contre l’ASECNA s’expliquait par la suspicion de pillage de l’Agence par certains pays dont, pourtant, l’apport est infime par rapport à celui du Sénégal. Fait rarissime, Dakar décide alors de prélever à hauteur de 50% des redevances d’atterrissage et de balisage. Ce qui n’est pas rien dans le budget de l’Agence, quand on considère que le Sénégal est un des grands hubs de notre sous-région. Pour tout dire, cette manne que le Sénégal s’approprie occasionne un trou dans l’institution, surtout que c’est ce même pays qui en abrite le siège. Dieu merci, Dakar est revenu à de meilleurs sentiments.

La lecture qu’on peut faire de ce retour au bercail est que le Sénégal vient de se plier à l’injonction de la 48e session du comité de tutelle de l’ASECNA datant du 11 juillet 2008. Gorgui ne pouvait, en effet, balayer du revers de la main la mise en demeure assortie de la menace de transfert du siège de l’ASECNA à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) ou à Niamey (Niger). A quoi on peut ajouter la pression des syndicalistes, qui n’ont cessé de donner régulièrement de la voix dans cette affaire.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

lobservateur

28 avril 2009

Espagne/france : les bons mots du président Sarkozy

Source : rfi.fr (Article publié le 28 avril 2009)

Deux temps forts marquent la deuxième journée de la visite d’Etat de Nicolas Sarkozy en Espagne avec le sommet bilatéral centré essentiellement sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme, puis le discours de ce matin devant les Cortes, autrement dit le Parlement espagnol.

Le Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero (G) et le président français, Nicolas Sarkozy à la Moncloa, le siège du gouvernement espagnol, le 28 avril 2009. (Photo : Reuters)

Le Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero (G) et le président français, Nicolas Sarkozy à la Moncloa, le siège du gouvernement espagnol, le 28 avril 2009.
(Photo : Reuters)

Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau

De longs applaudissements ont conclu le discours de Nicolas Sarkozy devant les députés espagnols. Il faut dire que le président français a tenu des propos très amicaux à l’égard du pays voisin. « Chaque fois, a-t-il dit, que l’Espagne aura besoin de la République française pour affaiblir les terroristes d’ETA, la France sera là, quel que soit le gouvernement en place à Madrid ».

Ces mots, ici, ont été bien accueillis. Les députés de tous les partis sont très reconnaissants à Sarkozy de s’être impliqué si personnellement dans la lutte policière contre les séparatistes basques d’ETA.

Deuxième axe de son discours, ce sont les infrastructures : « Fini, a dit le président Sarkozy, la barrière comme excuse pour la distance et la séparation ». Il a promis pour 2012 un TVG entre Lyon et Barcelone et enfin, le passage d’une ligne à haute tension entre les deux pays, une promesse vieille de quinze ans.

Troisième axe, l’Europe. Le président français a besoin de Madrid pour « une Europe très ambitieuse », par exemple sur la lutte contre le réchauffement climatique.

En somme, un discours d’amitié et même un discours d’hommage à l’Espagne. Ici où persiste un certain malaise vis-à-vis de la France, ses mots ont été accueillis avec enthousiasme.

27 avril 2009

France/Espagne : Nicolas Sarkozy chaleureusement accueilli à Madrid

Source : rfi.fr (Article publié le 27 avril 2009)

Nicolas Sarkozy, accompagné de son épouse, a entamé ce lundi une visite d'Etat de vingt-quatre heures en Espagne. Après la visite lundi après-midi du musée du Prado et le dîner d'Etat pour les couples présidentiel et royal au Palais de la Zarzuela, l'essentiel des entretiens politiques aura lieu mardi lors de la réunion bilatérale qui réunira Nicolas Sarkozy et José Luis Zapatero. Dans une ambiance « plus qu'amicale » fait-on valoir à Paris comme à Madrid, soucieux tous deux de faire oublier la polémique sur des propos attribués au chef de l'Etat français sur le président du gouvernement espagnol José Luis Zapatero.

De gauche à droite : le président français Nicolas Sarkozry, le roi Juan Carlos, Carla Bruni-Sarkozy et la reine Sofia, devant le musée du Prado, le 27 avril 2009.(Photo : Reuters)

De gauche à droite : le président français Nicolas Sarkozry, le roi Juan Carlos, Carla Bruni-Sarkozy et la reine Sofia, devant le musée du Prado, le 27 avril 2009.
(Photo : Reuters)

Avec notre envoyée spéciale à Madrid, Véronique Rigolet

Le roi Juan Carlos et la reine Sofia sont venus, en fin de matinée, accueillir le couple présidentiel français qui est arrivé dans une Mercedes royale, le tout bien sûr au rythme des hymnes nationaux. Et comme en Espagne, le protocole ne prévoit pas de révérence, c’est la reine Sofia qui est venue embrasser Carla Bruni alors que le roi Juan Carlos a chaudement étreint Nicolas Sarkozy avant de donner un baisemain à l’épouse du président. Les deux couples ont ensuite ensemble assisté tout sourire au défilé de la garde royale.

Une belle démonstration d’amitié, à l’image d’ailleurs des relations très privilégiées qu’entretiennent la France et l’Espagne et que la récente polémique sur les propos prêtés à Nicolas Sarkozy n’a en rien affecté. Tout est fait, en tout cas, pour prouver le contraire. Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, était d’ailleurs là également pour accueillir Nicolas Sarkozy, les deux hommes se sont très chaleureusement serrés la main.

Le collier de l’Ordre royal de Carlos III

Rien ne doit gâcher cette visite d'Etat, tel a été, en effet, le mot d'ordre ces derniers jours à Paris comme à Madrid où l'on s'est appliqué à « déminer » la fameuse polémique. « Il n'y a aucun problème, j'ai une excellente relation avec Nicolas Sarkozy », avouait ainsi José Luis Zapatero au journal Le Monde, vendredi. Réponse du président français dimanche dans le quotidien madrilène El Pais : « José Luis est un homme de talent, c'est un grand d'Europe et c'est d'abord un ami ».

Et comme si les mots ne suffisaient pas, le gouvernement espagnol vient également de décerner au couple présidentiel francais le collier de l’Ordre royal de Carlos III, la plus haute distinction civile espagnole qui récompense ceux qui ont prêté des services éminents et extraordinaires à l’Espagne. Fin donc de la polémique.

Coopération étroite

Place maintenant à la démonstration de l'amitié qui est bien « réelle » entre la France et l'Espagne. Nicolas Sarkozy et son épouse seront, ce lundi soir, les hôtes du roi Juan Carlos et de la reine Sophia au Palais de la Zarzuela. Et mardi, moment fort de cette visite d'Etat, le président s'exprimera devant les deux chambres réunies des Cortes, le Parlement espagnol.

Nicolas Sarkozy devrait vanter « l'excellence de la relation entre les deux pays » et appeler de ses vœux une coopération plus étroite encore pour juguler la crise économique mais également pour lutter contre le terrorisme islamique.

Mali / Otages : Al-Qaïda au Maghreb pose un ultimatum à Londres

Source : rfi.fr (Article publié le 26 avril 2009)

Un communiqué, signé de la branche d'al-Qaïda au Maghreb islamique et diffusé dimanche sur un site Internet islamiste, menace d'exécuter un touriste britannique enlevé fin janvier, si le gouvernement britannique ne relâche pas l'imam extrémiste Abou Qatada, rapporte le centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE). Accusé d'être lié à des groupes de militants fondamentalistes, le Jordanien Abou Qatada a été incarcéré en 2002 en Grande-Bretagne. Relâché en 2005, il a été arrêté de nouveau et refuse son extradition vers son pays où il a été condamné à la prison à vie par contumace.

Photo non datée de Abou Qatada fournie par le site internet américain SITE Intelligence Group.(Source: AFP)

Photo non datée de Abou Qatada fournie par le site internet américain SITE Intelligence Group.
(Source: AFP)

Selon nos informations, cet otage britannique se trouve entre les mains du groupe d'Abdelhamid Abou Zeïd. Il s'agit de l'un des groupes islamistes les plus radicaux de la région. Affilié à al-Qaïda, il rémunèrerait d'autres bandes armées, touaregs notamment, pour qu'elles enlèvent et lui remettent des otages.

C'est ce même Abdelhamid Abou Zeïd qui détenait les deux diplomates canadiens et les deux touristes, suisse et allemande, libérées la semaine dernière. L'époux de l'une d'entre elles se trouve toujours entre les mains des preneurs d'otages, aux côtés du ressortissant britannique que les ravisseurs menacent donc d'exécuter, si Londres ne libère pas Abou Qatada.

Ce Jordanien détenu en Grande-Bretagne depuis 2005, est considéré par la justice espagnole comme « le bras droit d'Oussama ben Laden en Europe ». Au mois de février dernier, la Grande-Bretagne avait accepté que l'homme soit expulsé vers la Jordanie. Mais ses avocats ont invoqué le risque que leur client soit torturé dans son pays d'origine. La Cour européenne des droits de l'homme leur a donné raison.

Dans son message sur internet, al-Qaïda au Maghreb islamique donne vingt jours aux autorités britanniques pour procéder à cette libération. Passé ce délai, le groupe affirme qu'il exécutera son otage.

KUNDE 2009 : le roi du takborsé en or

Source : lepays.bf (Article publié le lundi 27 avril 2009)

Les trophées de la musique au Burkina Faso, les Kundé, se sont déroulés pour la neuvième fois consécutive le vendredi 24 avril 2009 au SIAO. Des trois nominés au départ que sont Rovane, Hamed Smani et Yeleen, c’est Hamed Smani, l’homme du Takborsé qui a remporté ce prestigieux trophée.

"Le lauréat du Kundé d’or 2009 est Hamed Smani". C’est ce qu’a déclaré le ministre de la Promotion de la femme, Céline Yoda, représentant la marraine Chantal Compaoré à cette soirée marquant la 9e édition des "Kundé". Cela, non pas sans avoir fait durer le suspens. Et, c’est comme si toute la salle ou presque s’attendait à ce résultat, vu les acclamations qui ont accompagné la proclamation. Et alors, l’on verra Hamed Smani, tout de blanc vêtu, son éternel chapeau sur la tête, s’appuyant sur sa canne, la pipe à la bouche, "décaler" vers le podium pour y recevoir son trophée.

Les trois nominés à ces 9es Kundé étaient le lauréat Hamed Smani, le groupe Yeleen et Rovane. Outre le Kundé d’or, l’homme à la pipe a également reçu le Kundé de l’artiste le plus joué en discothèque et le prix du public avec 57% des votes. Ce prix était constitué d’un téléphone portable de marque Nokia 2760 d’une valeur de 130 000 F CFA et 100 000 F CFA de crédit de communication.

Plusieurs autres Kundé ont été décernés à cette soirée de la musique. Entre autres, des Kundé d’hommage à Myriam Makéba, Affo Love et Seydou Nignan, arrachés à l’affection du monde de la culture.Des Kundé d’honneur ont été également décernés à Thomas Tiendrébéogo, Ernest Adjovi, Victoir Démé, Amadou Balaké et Sam Mangwana. Yodé et Siro ont été sacrés meilleurs artistes de l’Afrique de l’Ouest et Kisto Koinbré meilleur artiste traditionnel. Le Kundé du meilleur artiste de musique religieuse est revenu à Rose Bationo et celui de la meilleure chanson moderne d’inspiration traditionnelle est allé à Bonsa. Le meilleur clip vidéo a été "Je n’ai que ma voix" de Mys qui s’en est tiré également avec le Kundé de l’espoir. La révélation à ces 9es Kundé a été le groupe Duny yam. Rovane elle, a été sacrée meilleur artiste féminin. La soirée des trophées de la musique a été animée par des artistes d’ici et d’ailleurs tels que Bil Aka Kora, Eudoxie, les Players, Petit Meguélito, la troupe traditionnelle de Banfora, Fodé Baro, Amadou Balaké, Jacky Rapon, les Patrons, Sam Mangwana et bien d’autres.

La mode n’a pas été en reste à cette cérémonie avec le défilé de Clara Design et Vlisco. Cette fois encore, l’on peut dire que Salfo Soré (Jah Press) et son équipe ont été à la hauteur de leur tâche. Chapeau également au ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication qui a contribué à ces 9es Kundé, selon les animateurs, à hauteur de plus de deux millions de nos francs. La compagnie Air Burkina a aussi offert des billets d’avion à la marraine et au ministre Filippe Savadogo pour récompenser des artistes de leur choix.

Par Christine SAWADOGO

Palmarès des kundés 2009

Les prix principaux

Kundé d’or : Hamed Smani

Kundé du meilleur artiste traditionnel : Kisito Koimbré

Kundé du meilleur artiste de musique religieuse : Rose Bationo

Kundé de la meilleure chanson moderne d’inspiration traditionnelle : Bonsa

Kundé de l’artiste le plus joué en discothèque : Hamed Smani

Kundé du meilleur clip vidéo : Mys

Kundé de la révélation : Duni Yaam

Kundé de l’espoir : Mys

Kundé du meilleur artiste féminin : Rovane

Les prix spéciaux

Kundé du meilleur artiste de l’Afrique de l’Ouest : Yodé et Siro

Kundé du meilleur artiste des Caraïbes : Fanny J.

Les Kundé d’hommage : Myriam Makéba, Affo Love et Seydou Nignan

Les Kundé d’honneur : Thomas Tiendrébéogo, Ernest Adjovi, Sam Mangwana etAmadou Balaké

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