03 juillet 2009

Présidentielle en Guinée-Bissau : Deux hommes pour un fauteuil ensanglanté

Source : lobservateur.bf (Article publié le 3 juillet 2009)

 

Quelque 600 000 électeurs, sur le million et demi d’âmes que compte le pays, étaient aux urnes, le 28 juin dernier, pour désigner, parmi onze prétendants en lice, le successeur de Joao Bernardo “Nino” Vieira, assassiné le 2 mars 2009 dans un attentat à la bombe.


 

Le verdict, qui est tombé depuis hier 2 juillet, a qualifié deux candidats pour le second tour de la course au fauteuil ensanglanté, prévu pour le 2 août prochain. Il s’agit de Malam Bacaï Sanha du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) qui a recueilli 39,59% des suffrages ; et de Kumba Yala du Parti de la rénovation sociale (PRS), arrivé en deuxième position avec 29,42% des voix. On peut bien d’ores et déjà se féliciter de ce que les Bissau- Guinéens aient tenu le pari de l’organisation de cette présidentielle anticipée, quatre mois après l’assassinat de “Nino” Vieira.

 

Et dans quelque deux mois, à l’issue du second et dernier round du 2 août 2009, les Bissau-Guineéns sauront qui des deux challengers, Malam Bacaï Sanha du PAIGC ou Kumba Yala du PRS (parti d’opposition), présidera à leurs destinées. Il y aura incontestablement un vainqueur, mais la grande interrogation, c’est ce que ce dernier fera pour le rétablissement de l’autorité de l’Etat.

 

Que ce soit le fantasque Kumba Yala ou Malam Bacai Sanha, tous deux anciens chefs d’Etat, la tâche sera immense pour l’heureux élu. Car, ce dernier aura affaire aux narcotrafiquants, qui n’ont pas intérêt au retour du pays à la stabilité et partant au rétablissement de l’autorité de l’Etat.

 

Il devra également travailler à l’unité des forces armées qui sont actuellement divisées. Au-delà de tout cela, il faut craindre que les mêmes causes produisent les mêmes effets. C’est dire que tout ne tient pas à une élection. Plus que cela, la bonne gouvernance doit être la règle d’or dans la gestion du pouvoir pour sortir la Guinée-Bissau du cycle des putschs, qu’elle vit depuis une décennie.

 

Dans tous les cas, si Malam Bacaï Sahna n’a régné que le temps d’une transition, Kumba Yala, l’homme à l’éternel bonnet rouge, est mieux placé pour le savoir ; lui qui a dirigé la Guinée-Bissau après sa victoire en 2000 sur son adversaire au second tour du 2 août prochain, avant d’être renversé trois ans plus tard .

 

Hamidou Ouédraogo


 

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