31 juillet 2009

SORTIE DE CRISE EN GUINEE BISSAU : Les bons signaux de la présidentielle

Source : lepays.bf (Article publié le 31 juillet 2009)

 

 

0,,4447632_1,00.jpgC’est désormais clair et officiel. Malam Bacaï Sanha a remporté la présidentielle en Guinée Bissau, et ce, avec le score confortable de 63%. Tout, ou à peu près tout, s’y sera déroulé comme on le souhaitait. Et c’est bien au grand soulagement de tous ceux qui espéraient un avenir plus prometteur pour ce pays, tant son récent passé aura été politiquement agité, sombre et tragique.

 

Le simple fait de voir des élections qui se déroulent comme il faut, mérite d’être salué à sa juste mesure, sur un continent africain qui en cherche de semblables mais fort malheureusement en trouve peu. Si, en plus, le candidat malheureux a l’élégance de reconnaître sa défaite et le signifie à son vainqueur, cela est digne d’éloges. Et c’est tout cela mis ensemble qui permet de penser à juste titre que la Guinée Bissau a opté pour un nouveau départ. Et pourtant, à l’annonce des élections, beaucoup s’étaient inquiétés de ce qui pourrait se passer. Cela, a juste titre, car, le scrutin dont le second tour vient de consacrer la victoire de Malam Bacaï Sanha, a été déclenché par l’assassinat en mars dernier, du président Joao Bernardo Vieira. Un assassinat qui est intervenu quelques heures seulement après celui de son grand rival, le chef d’Etat-major de l’époque, Tagmé Na Wié. C’est dire toute la violence qui s’était emparée de la Guinée Bissau et qui ne laissait rien présager de bon quant à la suite politique des évènements ultérieurs.

 

En outre, beaucoup s’inquiétaient au sujet du tempérament du candidat Kumba Yala. L’homme s’était autoproclamé président en 2005 et avait même occupé le palais présidentiel à l’époque. Il y avait de quoi se faire du souci quant à la façon dont il accepterait le verdict des urnes, le moment venu. Au final, il y aura eu plus de peur que de mal, puisque même battu, l’homme au bonnet rouge aura le fair play de dire que "notre responsabilité est de respecter la démocratie et la volonté du peuple qui s’est exprimé par le vote". Chapeau bas.

 

Mais c’est maintenant que commence une nouvelle ère pour ce pays qui doit se faire l’obligation d’en faire un vrai nouveau départ. Car le plus dur reste à venir. Le président élu ne sera pas en face d’une sinécure. Il hérite d’un pays divisé, où presque tout sera à refaire, à reconstruire, à commencer par la réconciliation des coeurs. La place importante occupée par de puissants narcotrafiquants, qui a valu à la Guinée Bissau le surnom très révélateur de "Côte de la coke" n’est pas pour faciliter la tâche au nouveau maître des lieux. Sans compter le réflexe interventionniste de l’armée nationale qui, depuis belle lurette, fait et défait à sa guise, la politique bissau- guinéenne. Pour tout dire, Malam Bacaï Sanha aura du pain sur la planche. Et c’est bien la raison pour laquelle il est heureux de constater que son rival refuse de lui compliquer davantage la tâche. Il a brigué, il a perdu, il le reconnaît et tend la main pour travailler de concert avec son vainqueur. Cette scène se passe-t-elle en Afrique ? C’est extraordinaire, et dans tous les cas, admirable ! Car unis, ces deux leaders peuvent apporter beaucoup de solutions aux nombreuses et diverses difficultés auxquelles fait face le pays.

 

Ils seraient d’ailleurs bien inspirés de songer plus à unir leurs forces autour de l’essentiel. Les querelles politiques, outre qu’elles ne peuvent que faire sombrer à nouveau un pays déjà bien éprouvé, auront pour effet inéluctable de remettre sur le devant de la scène une armée qui s’est arrogé le droit de mettre tout le monde d’accord toutes les fois qu’elle le juge nécessaire. L’histoire récente de la Guinée Bissau le démontre à souhait. Dernier acte en date de la grande muette, dans ce pays, le chef d’Etat-major de l’armée, José Zamora Induta, avait, peu de temps avant le scrutin présidentiel, appelé les candidats au respect des résultats qui en sortiraient. Doit-on expliquer sa bonne tenue par cette menace à peine voilée du chef de la grande muette ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Une chose à présent est sûre cependant : la Guinée Bissau est sur la ligne d’un nouveau départ. Elle a l’obligation de garder le bon cap pour éviter de commettre une fois encore les coûteuses erreurs du passé. Mais certainement aussi pour éviter que se produisent à nouveau de malheureuses intrusions de son armée qui, de par le même passé, ont bouleversé tragiquement le cours de l’histoire de tout un pays.

 

"Le Pays"

CANDIDATURE DE ALI BONGO : Tirs groupés sur un ministre de la Défense

Source : lepays.bf (-Article publié le 31 juillet 2009)

 

 

0.ali-ben-bongo-nc2b011.jpgTirée à hue par les prétendants au trône laissé vaquant par l’illustre disparu Omar Bongo Ondimba, et à dia par son rejeton Ali, la camisole présidentielle pour laquelle se disputent à présent les héritiers-candidats à la présidence du Gabon pourrait-elle échapper à Bongo fils ? Une certitude, en tout cas : la guerre de succession est entrée dans sa phase active. Une situation qui n’étonne guère. Il aurait été, en effet, trop beau pour être vrai, que des cadres compétents, aux dents longues, et pour le moins décomplexés, n’eussent éprouver aucune frustration à devoir céder la place à Ali Bongo qui, après tout, n’a pas plus de mérite qu’eux. Pourquoi Ali Bongo devrait-il être investi comme le candidat du Parti démocratique du Gabon (PDG) pour la présidentielle à venir, et pourquoi pas eux, tout aussi méritants ? Leur demander d’être à l’ombre d’un autre... Bongo - et pour combien de temps encore ? -, c’était visiblement un plat de couleuvres faisandées qu’il ne fallait pas leur dire d’avaler.

 

La suite, on la connaît. Ces "recalés" seront donc sur la même ligne de départ, au même titre que Bongo fils qui sait qu’il aura fort à faire. Autant dire que pour le candidat du PDG, la bataille s’annonce rude. Du haut des gradins, assistera-t-on, pour autant, à un beau spectacle grandeur... démocratie ? Rien n’est moins sûr, pour un pays qui avait toujours fait figure de "nain" démocratique. Déjà, il s’élève des voix pour crier à l’inégalité des chances. Pour ces mécontents, les dés sont pipés. Et comment ? Toujours aux manettes de la Défense, le ministre Bongo serait dans la position de juge et partie. Ce qui devrait lui donner une sérieuse longueur d’avance sur les concurrents qui demandent, de ce fait, purement et simplement sa démission.

 

Reste à savoir si une telle revendication est réaliste et si leur requête trouvera un écho favorable auprès de Bongo fils. Ce dernier prendra-t-il le risque de quitter ce "mirador" s’il n’est pas assuré d’écraser ses concurrents ? Et puis, comment devrait-il être forcé à la démission si les textes sont "sourds" à ce propos ? En tous les cas, la disparition du président Omar Bongo devrait aussi marquer celle de la pensée unique. A présent, on ose tirer à boulets rouges sur... un fils du président ! C’est déjà un bon pas vers la démocratie.

 

Autre nouveauté : pour une fois, une élection aura du piquant dans ce petit pays d’Afrique centrale. On devrait être loin de l’époque des scores à la soviétique auxquels nous avait habitués un certain ... Omar Bongo Ondimba. Un vent d’espérance souffle à présent sur ce pays. Un vent qui apporte aux Gabonais, les clés de leur destinée qui semble de plus en plus à portée de main. Sauront-ils se montrer à la hauteur de la nouvelle situation ?

Par Cheick Beldh’or SIGUE

MANDAT D’ARRET CONTRE HAMA AMADOU : L’acharnement judiciaire continue

Source : lepays.bf (Article publié le 31 juillet 2009)

 

 

0.hama_amadou200_20070531.gifLe 29 juillet 2009, la justice nigérienne a lancé un mandat d’arrêt international contre l’ancien premier ministre nigérien, Hama Amadou. Après avoir été incarcéré en juin 2008 pour détournement présumé de fonds, il est à présent accusé d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent. En d’autres circonstances et dans un autre contexte, on n’aurait pas vu de cornes sur le crâne d’une poule. Mais dans cet environnement-ci, il s’agit de celui qui figure parmi ceux qui pourraient glisser un grain de sable désagréable dans les rouages très fluides de la machine référendaire de Tandja. Alors, rien de tel qu’un mandat d’arrêt pour clouer le bec et ligoter les pieds et les poings de Hama Amadou. Le président nigérien est certes sûr et convaincu de la ferme volonté du peuple nigérien de le voir rester au pouvoir, et que par conséquent le référendum du 4 août ne serait qu’un boulevard tapissé de "oui" joyeux. Mais il préfère prendre ses précautions, car trois jambes valent toujours mieux qu’une !

 

Rien n’indique que les faits retenus contre Hama Amadou ne sont pas fondés. Rien n’indique non plus que ce mandat d’arrêt ne soit parfumé par la plus pure des odeurs politiques. Cette dernière hypothèse est renforcée par ce besoin qu’a eu la justice nigérienne d’émettre un mandat d’arrêt transfrontalier à quelques jours du référendum, alors que l’intéressé se trouve au Niger.

 

Il y a donc comme une sorte d’épée de Damoclès qui plane sur Hama Amadou. C’est aussi là un avertissement indirect de Tandja adressé aux potentiels trouble-fêtes qui se seraient mis dans la tête de venir jouer aux pluies indésirables le jour de la fête du "oui au tazartché". Le maître de Niamey n’éprouverait aucun scrupule pour faire chaudement entendre sa réprobation.

 

Quant au sort de Hama Amadou, il n’est guère enviable. Avant que le tazartché n’atteigne sa vitesse de croisière, les institutions judiciaires nigériennes étaient claires et transparentes comme de l’eau bénite. Mais à présent que Tandja, en se coiffant du bonnet de chef suprême du conseil de la magistrature, y a installé ses bras droits aux doigts crochus, il serait étonnant que l’ancien premier ministre et farouche opposant au référendum en sorte avec toutes les plumes en place.

 

Etant donné qu’il ne reste plus que quatre jours pour le référendum, c’est compréhensible que le camp présidentiel se montre fébrile, a tous les sens aux aguets, et multiplie les moulinets pour écarter toute mouche importune. Ce qui prouve d’ailleurs qu’il n’est pas tout à fait sûr de remporter une victoire éclatante et qu’il pourrait y avoir des hoquets. Aurait-il raison de s’inquiéter ? Ou n’est-ce qu’une peur superstitieuse qu’un "oui" tonitruant démentira ? Les lendemains du 4 août 2009 nous le diront.

Par Abdou ZOURE

30 juillet 2009

Nouvelle constitution nigérienne : Sacre de Tandja 1er, tsar du Ténéré

Source : lobservateur.bf (Article publié le 30 juillet 2009)

 

Le 4 août 2009, les Nigériens iront aux urnes. Par la seule volonté du président actuel, Mamadou Tandja. Pour se prononcer, c’est là un bien gros mot, sur une nouvelle constitution qui consacrera l’avènement de la VIe République. Cette révision constitutionnelle, on le sait, procède de la lubie d’un chef d’Etat de voir son mandat prolongé au-delà de l’échéance, pourtant impérative, que lui impose l’actuelle loi fondamentale.

 

« Puisque la présente loi ne nous le permet, alors, nous la changerons par une autre, comme nous l’autorisent les prérogatives présidentielles », se sont, opportunément et cyniquement, prévalus les Tazartchés, les enragés de la cause de la prolongation. Ainsi donc, naquit un nouveau corpus constitutionnel, fruit de l’esprit machiavélique des nègres de service de l’homme fort de Niamey. Quelle forme d’organisation du pouvoir politique consacre cette nouvelle constitution ? De jure, un régime présidentiel, mais de facto, un système présidentialiste, si ce n’est l’absolutisme tsariste. En un mot comme en mille, un recul démocratique. Jugez-en vous-même.

 

Dans sa version finale, le projet de constitution stipule que le président de la République est à la fois chef du gouvernement, chef de l’Administration, chef suprême des armées et chef du Conseil supérieur de la Magistrature. Alors que la loi fondamentale actuelle, bientôt caduque, confère au président la fonction de chef de l’Etat, et au Premier ministre celle de chef du gouvernement. Une sorte d’exécutif bicéphale souci de diversification des canaux du pouvoir.

 

La clause limitative du nombre de mandats présidentiels (2 fois non renouvelable) est désormais une disposition digne d’un musée, estiment les concepteurs du nouveau texte de loi.

 

Comble d’iniquité, le projet de constitution prévoit, noir sur blanc, la prolongation de trois ans du mandat de Mamadou Tandja. En son article 154, il précise : « Le président de la République en exercice reste en fonction jusqu’à l’élection présidentielle qui aura lieu en décembre 2O12. Cet article ne peut faire l’objet d’une révision (sic) ».

 

On se croirait à l’époque de la Russie tsariste. Comme on peut le constater, la VIe République, réclamée à cor et à cri par cette meute de Tazartchés chauffés à blanc par des marchands d’illusions, oui, cette République-là, n’est rien d’autre qu’une mise sous coupe réglée d’une démocratie qui avait pourtant valeur d’exemple dans une Afrique peu permissive aux valeurs républicaines.

 

Elle marque le retour du pays du Ténéré à la conception nabale, cette africânerie qui veut que sous nos cieux, le pouvoir ne supporte point le partage. Un état de fait entretenu par des roitelets avec la complicité d’une horde d’intellectuels dévots. C’est la réalité politique qui prévaut au Togo, au Cameroun, au Gabon, dans les deux Congo, … au Burkina Faso, où la seule évocation du mot « alternance » vaut subversion et entraîne tout ce que cela vaut comme conséquences.

 

Que Mamadou Tandja et ses Raspoutines du Sahel arrêtent de nous traumatiser le tympan avec les incantations du genre : « trois ans de prolongation pour achever des chantiers ». Achever des chantiers dans un pays, qui plus est le Niger, pays pauvre parmi les plus pauvres de la planète, est une chimère qui ne trompe personne.

 

De même, qu’ils arrêtent de raconter des fables comme « c’est le peuple qui décidera ». Lorsque, pour une ambition personnelle, on en vient à renvoyer sans ménagement des députés, représentant justement le peuple, à dissoudre un Conseil constitutionnel, symbole à haute valeur républicaine, à prendre des décrets scélérats qui menacent la liberté de la presse …, bref, quand on atteint ce degré d’autoritarisme, c’est que le peuple, on s’en soucie comme d’une guigne. Le tsar Tandja 1er arrive ; prière, s’incliner sur son passage !

 

Alain Saint Robespierre

 

 

lobservateur

Crise économique : Le FMI augmente la cagnotte des pays pauvres

Source : lobservateur.bf (Article publié le 30 juillet 2009)

 

Accroissement des financements offerts aux pays les plus pauvres, refonte du cadre de prêt du FMI, simplification de la conditionnalité et annulation des intérêts sur les prêts concessionnels du Fonds jusqu’en 2011. Ce sont là, entre autres, les avantages qui accompagnent l’expansion de l’aide financière concessionnelle aux pays à faible revenu prévue pour se chiffrer à 17 milliards de dollars EU d’ici à 2014, dont 8 milliards de dollars EU durant les deux prochaines années. Cette réforme des programmes du Fonds monétaire international (FMI) a été présentée à des hommes de média du Burkina Faso et du Sénégal, par son directeur général (DG), Dominique Strauss-Kahn en direct de Washington au cours d’une vidéoconférence de presse, hier mercredi 29 juillet 2009.

 

 

« Ces démarches représentent pour le FMI un effort historique pour aider les pauvres dans le monde », a déclaré, d’entrée de jeu, le directeur général (DG) du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn. En direct de Washington, il s’est entretenu, par le biais des TIC, avec des hommes de média du Burkina Faso et du Sénégal au cours d’une vidéoconférence de presse.

 

Premiers à prendre part aux échanges de près d’une heure, les journalistes burkinabé, réunis dans les locaux de la mission résidente de la Banque mondiale à Ouagadougou. Et Dominique Strauss-Kahn (DSK) d’expliquer que le Conseil d’administration du Fonds monétaire a approuvé des mesures sans précédent qui permettront d’accroître sensiblement les ressources à la disposition des pays pauvres en cette période de crise mondiale.

 

Ces ressources, qui proviennent notamment de la vente de l’or du Fonds, porteront le montant des prêts concessionnels du FMI à 17 milliards de dollars EU jusqu’en 2014, et pourront atteindre 8 milliards de dollars EU au cours des deux années à venir. En outre, le FMI a annoncé la suspension du paiement des intérêts sur l’encours des prêts concessionnels pour tous les pays membres à faible revenu jusqu’à la fin de 2011.

 

Ce soutien accru s’appuiera sur une nouvelle panoplie d’instruments de prêt. DSK soutient que cette expansion sans précédent du soutien de sa structure aux pays les plus pauvres, en Afrique subsaharienne et dans le monde entier, vient en réponse à la crise économique : « Le G-20 a demandé l’aide du FMI pour répondre à la crise économique mondiale qui a si durement frappé les pays à faible revenu ; nous avons pris une série de mesures historiques pour venir en aide aux pauvres dans le monde. Les nouvelles ressources, offertes par le biais de nouvelles facilités, devraient permettre à des millions de personnes d’échapper à la pauvreté. Il faut souligner que le montant alloué pour les 2 prochains ans dépasse les 6 milliards de dollars EU de prêts nouveaux demandés par le G-20 au cours des deux à trois années à venir. Non seulement, l’expansion du soutien du FMI aidera ces pays à faible revenu à surmonter une crise dont ils ne sont pas responsables, mais lorsque celle-ci sera passée, elle posera les jalons des progrès de la lutte contre la pauvreté ».


Une batterie de nouvelles mesures

 

Pour le directeur général du FMI, les nouvelles mesures représentent un effort supplémentaire considérable au cours des années à venir. Ce soutien inclut les volets suivants :

 

• l’expansion de l’aide financière concessionnelle aux pays à faible revenu, provenant notamment de la vente d’or, pour porter la capacité de prêts concessionnels de l’institution ;

 

• un allègement des intérêts sur les facilités concessionnelles, en suspendant le paiement jusqu’à la fin de 2011 pour aider les pays à faible revenu à faire face à la crise ;

 

• une concessionnalité désormais plus forte des concours financiers du FMI, accompagnée d’un mécanisme d’actualisation des taux d’intérêt après 2011 ;

 

• une nouvelle panoplie d’instruments financiers adaptés aux besoins divers des pays à faible revenu et plus à même de les aider à relever les défis de la crise :

 

- la facilité élargie de crédit offre un soutien souple à moyen terme ;

 

- la facilité de crédit de confirmation répond aux besoins de crédit de précaution à court terme et

 

- la facilité de crédit rapide offre un soutien d’urgence avec une conditionnalité limitée.

 

« 60 pays dans le monde sont concernés et la procédure est automatique et sans aucune condition », a ajouté Dominique Strauss-Kahn pour qui, la mise en place d’instruments et de politiques plus adaptés pour pallier à la crise économique constitue un assouplissement et une évolution de son institution qui entame là, une ère nouvelle.

 

Dans son communiqué de presse publié le 29 juillet 2009, DSK affirme que les programmes appuyés par le FMI insisteraient davantage sur les objectifs de réduction de la pauvreté et de croissance dans le cadre de tous les nouveaux instruments de prêt, et fixeraient notamment des objectifs pour préserver les dépenses sociales et autres dépenses prioritaires.


« Aidez-nous à vous aider ! »

 

L’institution a déjà annoncé cette année qu’il envisageait une plus grande souplesse de la conditionnalité dans ses programmes : les conditions de la réforme structurelle ont été simplifiées pour tous les programmes du FMI. La conditionnalité structurelle des programmes à moyen terme des pays à faible revenu gagnera en souplesse et sera davantage axée sur les objectifs centraux propres à chaque pays.

 

Les programmes appuyés par le Fonds ont aussi toléré des déficits budgétaires plus importants dans la plupart des pays à faible revenu pendant la crise. A en croire DSK, son organisme entend abandonner son statut de gendarme pour celui de médecin : « Le Fonds se présente désormais à l’image d’un médecin, qui doit parfois se montrer sévère dans le but de vous aider à guérir de votre mal, en l’occurrence la pauvreté ».

 

En d’autres termes, le Fonds monétaire international va veiller à une bonne utilisation de ressources allouées dont la gestion revient aux pays pauvres eux-mêmes. Ces pays doivent, à cet effet, assurer la mise en place de meilleures politiques économiques dans le but d’éviter les dérives en matière de gouvernance notamment au niveau des politiques fiscales et douanières : « L’effort de développement doit venir des pays à faible revenu eux-mêmes, sinon l’aide de la Communauté internationale restera vaine. Aidez-nous donc à vous aider ! »

 

Hyacinthe Sanou (Stagiaire)

 

 

lobservateur

Crise togolaise : Blaise administre à nouveau ses remèdes

 

Source : lobservateur.bf (Article publié le 30 juitlet 2009)


Dans le premier semestre de 2010, les Togolais iront aux urnes pour élire leur président. A l’approche de cette échéance, le thermomètre politique ne cesse de monter à Lomé. Depuis, une bataille se mène entre le pouvoir et l’opposition pour le contrôle de certaines instances et de l’appareil d’organisation du scrutin. Naturellement, les divergences sont surtout fortes au niveau du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) et de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

 

Concernant la CPDC, la pomme de discorde a été créée par le parti au pouvoir qui a décidé d’ouvrir cet organe à toutes les formations politiques. Pourtant à l’origine, la CPDC ne regroupait que les formations politiques parlementaires et les partis qui ont obtenu au moins 5% des votes lors des législatives d’octobre 2007.

 

Quant à la CENI, institution prépondérante dans l’organisation et la supervision du scrutin, l’opposition ne veut plus y être minoritaire. Selon Gilchrist Olympio, leader de l’Union des forces pour le changement (UFC), « la CENI doit être équilibrée à tous points de vue, sur le plan arithmétique comme sur le plan politique ».

 

Face à cette situation de blocage, le président du Faso, Blaise Compaoré, médiateur de la crise togolaise, s’est vu obligé de reprendre du service pour tenter d’aplanir ces difficultés qui peuvent, si on n’y prend garde, enrayer la mécanique de la réconciliation et remettre dangereusement en cause le processus de normalisation de la vie politique de ce pays.

 

A Lomé le 28 juillet 2009, le médiateur s’est surtout employé à écouter les protagonistes de la crise. Ainsi, il a rencontré les responsables des principales formations politiques. Il a promis de faire au plus vite des propositions pour créer un consensus national autour des points qui achoppent aujourd’hui à Lomé.

 

Des élections propres et transparentes sont nécessaires pour une sortie de crise au Togo. La reprise intégrale de la coopération de la communauté internationale avec ce pays dépend beaucoup des conditions d’organisation et d’administration de cette consultation électorale.

 

La présidentielle de 2005, on le sait, s’était déroulée dans des conditions peu satisfaisantes avec des scènes rocambolesques comme l’image de ce militaire courant avec une urne. Depuis, Blaise a dû faire des pieds et des mains pour que toute la classe politique accepte le président Faure et prenne part aux législatives de 2007. Les négociations engagées ont abouti à la signature du fameux Accord politique global en août 2006.

 

Cet accord a fortement contribué à décrisper le climat politique à Lomé. A la veille d’une grande consultation électorale, il est tout à fait normal que les esprits s’échauffent, que les uns et les autres se livrent une guerre de positionnement sur l’échiquier politique et, surtout, tentent de tirer à eux la couverture pour pouvoir contrôler les différentes institutions nationales en charge des scrutins ou y peser lourd.

 

Mais, l’un dans l’autre, la classe politique togolaise gagnerait à trouver rapidement un modus vivendi si tant est qu’elle veuille vraiment s’appuyer sur le médiateur pour assainir le climat et préparer un cadre logique accepté par tous dans la perspective des élections.

 

En effet, 2010 étant aussi une année électorale au Burkina, il faut craindre que Blaise Compaoré ne soit beaucoup plus préoccupé par sa propre réélection à la magistrature suprême. Blaise n’oublie certainement pas que s’il est médiateur, c’est bien parce qu’il est président.

 

San Evariste Barro

 

 

lobservateur

 

SOMMET CHINE/ETATS-UNIS : Black-out consensuel sur les questions qui fâchent

Source : lepays.bf (Article publié le 29 juillet 2009)


 

1obama-jintao-m.jpgLa crise économique et financière n’est plus à la Une de l’actualité mais elle ne continue pas moins de dicter des attitudes. On se rappelle qu’au plus fort de la crise, le groupe des huit pays les plus riches (G 8) a débloqué des milliards de dollars pour faire face à ses effets dévastateurs. Comme si l’on n’a pas tout à fait trouvé la solution définitive à la crise à l’occasion, des pays se concertent pour toujours rechercher des remèdes, se prémunir d’une telle bourrasque. C’est à cette enseigne qu’il faut loger le premier dialogue stratégique et économique sino-américain tenu les 27 et 28 juillet à Washington. La crise a démontré jusqu’à quel point les Américains et les Chinois ne peuvent se passer les uns des autres dans le domaine économique, dans un contexte de crise. Si les Etats-Unis sont grands producteurs de biens, la Chine est un vaste marché de consommation.

 

Dans ces conditions, mieux vaut se serrer les coudes car le malheur de l’un ne fait pas forcément le bonheur de l’autre. Au nom des intérêts bien compris, ce ne sont pas toutes les questions qui sont abordées à toutes les tribunes. Et lorsqu’il est question d’économie, les sujets politiques n’y ont pas toujours leur place. Il n’y a donc pas lieu de s’offusquer qu’un sujet qui fâche, en l’occurrence celui des droits de l’homme, n’ait pas été véritablement évoqué lors de ce sommet de l’ère Obama dont on a bien pris soin, comme si on voulait éviter tout amalgame, de le libeller en « dialogue et économique ». Exit donc les droits de l’homme, les libertés qui constituent des pommes de discorde entre Chinois et Occidentaux ! D’ailleurs quoi de plus normal quand deux géants se rencontrent pour parler de leurs intérêts surtout économiques. Les autres questions aussi importantes soient-elles peuvent bien attendre. Le message ici est qu’il n’y a pas de liberté qui vaille si l’économie d’un pays s’effondre. On est donc loin des couloirs du Conseil de sécurité de l’ONU où chacun opère avec son droit de veto en fonction de ses intérêts conduisant à l’immobilisme dans la gestion de certains dossiers sensibles.

Par Séni DABO

GUINEE CONAKRY : La piqûre de rappel de Wade

Source : lepays.bf (Article publié le 29 juillet 2009)


 

Le président sénégalais Abdoulaye Wade est en visite auprès de son homologue guinéen Moussa Dadis Camara. C’est la seconde visite du vieux Wade en Guinée. Celle –ci sonne comme pour rappeler le chef de la junte militaire aux bons souvenirs de ses promesses de rétablir l’ordre constitutionnel dans les meilleurs délais. Dadis avait bel et bien promis les législatives en octobre et les présidentielles en décembre 2009. Mais au fur et à mesure que le temps s’écoule, l’homme fort de Conakry, montre des signes d’irritation chaque fois que le sujet est abordé.

 

arton428.jpgIl a même menacé la classe politique guinéenne, qui piaffe d’impatience de voir enfin enclenchés les chantiers des deux scrutins et de se présenter contre eux. Le doute est désormais installé entre les acteurs de la scène politique de ce pays. Et la communauté internationale qui suit de près l’évolution de la situation se montre préoccupée. On comprend dès lors le sens de ces missions d’information auprès de la junte. Une sorte de pression qui ne dit pas son nom afin d’amener l’homme fort de Guinée à accélérer la restauration des institutions républicaines.

 

Les 16 et 17 juillet 2009, le groupe international de contact sur la Guinée a fait le point de l’évolution de la situation. Il a mis le doigt sur le retard accusé dans la mise en place des organes de la transition et du chronogramme devant conduire aux élections. Le fait que le président Abdoulaye Wade revient sur ses pas à 6 mois de l’échéance, témoigne de la crainte qui habite nombre de dirigeants africains de voir la situation politique déraper.

 

Wade a été le premier chef d’Etat à se rendre dans ce pays au lendemain de la prise du pouvoir de la junte militaire, suite au décès du général Conté. Depuis lors, le chef de la junte lui voue une certaine considération et ce dernier le lui rend bien. Wade n’a-t-il d’ailleurs pas déclaré lors de son séjour dimanche dernier : "Je soutiens Dadis en tant que fils et non en tant que Président, par rapport à son engagement à rendre le pouvoir ?" Il faut donc espérer que le vieux Wade utilise à fond ce capital de confiance pour convaincre "son fils" de se hâter pour mettre fin à ce pouvoir d’exception.

 

Tout ce ballet diplomatique tient donc à ce bout de phrase, "son engagement à rendre le pouvoir". Dadis le fera-t-il et à quelles conditions ? Trop concentré sur son programme minimum pour la transition qui se résume à une lutte acharnée contre la corruption et les narcotrafiquants, certains observateurs craignent que ce ne soit un prétexte pour se maintenir encore au pouvoir. En effet, il est illusoire de vouloir gagner une telle bataille en quelques mois, le temps d’une transition. Cependant, la junte a au moins le mérite de montrer la voie. Reste que de mauvais exemples commencent à faire école sur le continent où des putschistes se reconvertissent en organisateurs d’élections et les gagnent haut la main. Dadis pourrait être tenté par ce scénario venu de la Mauritanie ou bien du Niger avec le "tazartché" de Tandja.

 

On n’y est pas encore. Mais bien des personnes y pensent déjà. Il appartient donc au président Wade de travailler à ce que son filleul tienne parole. Le compte à rebours a quant à lui déjà commencé pour les législatives du mois d’octobre, premier grand test qui permettra de mesurer la bonne volonté de la junte militaire. Assurément, tout le monde ne peut être ATT ou Elie Ould Vall.

 

Par Abdoulaye TAO

 

29 juillet 2009

GREVES EN AFRIQUE DU SUD : Pas d’état de grâce pour Zuma

Source : lepays.bf (Article publié le 29 juillet 2009)

 

Jacob Zuma a sans doute le sommeil léger, ces jours-ci. Et pour cause, il a vraiment du souci à se faire. Ses compatriotes ne l’auront pas gratifié de la faveur du répit que généralement on accorde aux nouveaux chefs d’Etat. Depuis quelques temps, en Afrique du Sud, mouvements d’humeur et grèves se succèdent et, si ils ne se ressemblent pas toujours, ils présentent tous le signe d’un malaise social profond qui attend qu’on lui trouve une rapide solution.


 

A peine achevée la grève des ouvriers du bâtiment, qui a duré une bonne semaine à la mi-juillet et paralysé de manière inquiétante les travaux en cours sur les grands chantiers (stades, routes, chemin de fer) débutés en vue de la Coupe du monde de football, il y a eu les manifestations contre la faiblesse du service public et le chômage dans les quartiers déshérités. Elles ont été relativement violentes et ont duré elles aussi de longs et inquiétants jours. A présent, et ce, depuis lundi dernier, c’est au tour de milliers d’employés municipaux d’entamer une grève illimitée en vue de l’obtention de meilleurs salaires. Et tout cela, moins de 100 jours après l’accession au pouvoir de Zuma. Ses compatriotes ne lui auront pas fait de cadeau.

 

Et cela est signe sans doute que la demande sociale est très forte en Afrique du Sud. Zuma qui s’était positionné à l’époque des élections, comme le plus compréhensif des candidats envers les travailleurs et les pauvres, s’était, précisément pour cette même raison, attiré les faveurs des masses populaires qui auront voté pour lui, dans l’espoir d’un rapide retour d’ascenseur.

 

Depuis l’élection de Zuma, elles sont obligées de constater, amèrement, que "la situation n’a pas vraiment changé". De plus, il semble bien que le candidat Zuma a beaucoup promis, trop promis peut-être. Et ses promesses peinent et tardent à se réaliser. Les populations des townships se rappellent que l’homme avait parlé, avant les élections, d’un demi-million d’emplois qu’il créerait. Cette promesse tarde à voir le jour, l’électricité connaît également une hausse de 30%, le salaire nourrit difficilement ceux qui en disposent, et, pour tout gâter, le pays est entré en récession économique, au début de cette année, et ce, pour la toute première fois en 17 ans. La crise économique et financière n’aura pas épargné l’Afrique du Sud. Et pour le président sud-africain, elle intervient à un fort mauvais moment.

 

En tout état de cause, Zuma doit faire face à ce qui représente pour lui son premier challenge. Reste à savoir comment il en sortira. Car, dans la réalité des choses, il n’a pas toutes les cartes en main. Tout président d’Afrique du Sud qu’il est, à l’instar des autres chefs d’Etat, il reste bien impuissant face aux ravages que cause cette crise désormais mondiale qui frappe partout où elle passe. Mais Jacob Zuma a tout de même le devoir de trouver quelque remède qui calme le malaise social en cours dans son pays. Le monde entier a les yeux braqués sur son pays, à moins d’une année de la coupe du monde 2010. La fronde sociale en est bien consciente d’ailleurs, qui met la pression et appuie là où cela fait mal. Le populiste Zuma saura-t-il se muer en thaumaturge ? Les couches populaires n’en demandent peut-être pas tant et apprécieraient sans doute que l’immense fossé qui sépare riches et pauvres commence enfin à se combler. Dernière inquiétude pour Zuma, et non pas des moindres. Comment accéder favorablement aux demandes d’augmentations salariales du moment tout en évitant l’inévitable effet boule de neige qui les accompagne généralement ?

 

Car le pays, malgré sa prestigieuse place de première économie du continent, totalise pas moins de 43% de sa population qui vit avec moins de deux dollars par jour. De toute évidence, quelque chose doit être fait pour les soulager et Zuma a obligation d’en trouver la botte secrète, si toutefois il a envie de retrouver sa cote de popularité auprès de ceux qui l’ont soutenu et lui ont fait gravir les marches du palais. Jacob Zuma a fort besoin, en ce moment, d’une grâce d’Etat pour se sortir de toutes ces difficultés qui l’assaillent. Il réalise sans doute que passé le temps de la liesse populaire de l’élection, se présente la dure réalité du terrain, autrement plus difficile et éprouvante. Le bâtisseur qu’il est devra se mettre à la tâche. C’est au pied de l’édifice que l’on reconnaît le vrai maçon.

 

"Le Pays"

Présidentielle au Gabon : Ali Bongo, juge et partie ?

 

Source : lobservateur.bf (Article publié le 29 juillet 2009)

 

Les observateurs de la trépidante vie politique gabonaise sont formels : rarement, de mémoire de Gabonais, on aura vu une telle pléthore de candidats se bousculer au portillon de la présidence. La campagne présidentielle s’ouvre le 15 août prochain, et le collège électoral est convoqué le 30 du même mois. Officiellement, le top de départ de la campagne n’est donc pas donné, mais, déjà sur le terrain, ils sont 23 candidats à peaufiner des stratégies pour solliciter les suffrages des électeurs.

 

 

Et les plus connus ont pour noms : Ali Ben Bongo, le candidat du PDG, le parti au pouvoir ; les indépendants Jean Eyéghé Ndong, dernier chef du gouvernement d’Omar Bongo Ondimba et Casimir Oyé Mba, ancien gouverneur de la Banque centrale, ancien PM et, jusqu’à une date récente, patron du stratégique département du pétrole ; Père Mba Abessolé, le fondateur du Rassemblement pour le Gabon (majorité au pouvoir) ; Zacharie Myboto, président de l’Union gabonaise, pour la démocratie et le développement, ancien baron du régime et opposant de fraîche date ; citons aussi et surtout l’enfant terrible de l’opposition gabonaise, qui n’est autre que Pierre Maboundou de l’Union gabonaise pour la démocratie ainsi que l’ancien président de l’Assemblée nationale et leader du Congrès pour la démocratie et la justice, Jules –Aristide Bourdes Ogouliguendé.

 

Vu que la présidentielle au Gabon est à un tour, la probabilité est forte que le futur président sorte des personnalités sus-citées. Si la logique et le bon sens prescrivent pour tout candidat de prendre congé du gouvernement afin de pouvoir, au besoin, se consacrer avec plus d’efficacité à sa campagne électorale, tel n’est pas le cas d’Ali Ben Bongo, l’actuel ministre de la Défense, et de Pierre Claver Maganga Moussavou, ministre de l’Enseignement technique, lesquels sont restés scotchés à leur fauteuil de ministre en dépit de leur candidature officielle à la présidentielle.

 

Ce serait sans aucun doute tout à leur honneur si ces personnalités avaient suivi le bel exemple donné par Jean Eyéghé Ndong et Casimir Oyé Mba, qui n’ont pas hésité une seule minute à rendre le tablier, une fois leur acte de candidature faite. Alors, pourquoi Ali et Pierre Claver traînent-ils les pieds à se mettre en congé du gouvernement ?

 

Certes, c’est connu qu’aucun texte législatif n’oblige un candidat à une élection à quitter ses fonctions, comme l’a du reste laissé entendre le ministre de la Communication, Laure Olga Gondjout, au cours d’un entretien. Mais ici, il ne s’agit pas de textes législatifs, mais de coutume, de simple bon sens, dirions-nous. Du côté de Libreville, la situation semble si embarrassante, voire préoccupante, qu’une bonne dizaine de candidats, qui en ont fait leur cheval de bataille ont exigé, avec véhémence, la démission des deux rescapés du gouvernement Seront-ils seulement entendus ?

 

L’un des deux mis en cause, à savoir Pierre Claver Maganga Moussavou, ne voit aucun inconvénient à se mettre en réserve de la république, le temps d’une présidentielle, lui qui est même allé plus loin en invitant son ami et futur protagoniste Ali à le rejoindre pour rendre sa démission avant le début de la campagne. Le candidat du PDG n’a pas encore donné sa réponse, mais on le dit suffisamment futé pour oser faire de la résistance. Car se serait là un vrai gâchis. Jusqu’à présent, la gestion politique de l’après -Bongo a été unanimement saluée par les observateurs étrangers et les acteurs politiques gabonais et est, en ce sens, le contre-exemple togolais. Et ce serait bien dommage que, pour une petite histoire de mise en réserve de la république, une peccadille donc, on en arrive à sortir les coutelas des chaumières pour s’étriper.

 

Par Boureima Diallo

 

lobservateur

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