31 août 2009

Gabon / Présidentielle : Toujours pas de résultats mais déjà trois présidents

RFI          lundi 31 août 2009

 

 

Pas encore de résultats, même partiels, ni de chiffres sur le taux de participation, mais sur les 18 candidats en lice dimanche, trois seraient déjà gagnants si l'on en croit les états-majors de campagne.


Ali Bongo (G) André Mba Obame (C) et Pierre Mamboundou (D).( Photo : Montage/RFI)

Ali Bongo (G), André Mba Obame (C) et Pierre Mamboundou (D)

( Photo : Montage/RFI)

 

Avec notre envoyé spécial à Libreville, Emmanuel d'Abzac


Toujours pas de résultats mais déjà trois présidents de la République, si l’on en croit les déclarations des états-majors de campagne.

 

Pierre Mamboundou pense que le Gabon va tourner une page de son histoire : dès 22 h dimanche soir, il a fait une déclaration à la presse comme s’il avait déjà gagné l’élection mais sans apporter de précision sur le score.

 

Concernant Ali Bongo, candidat du Parti démocratique gabonais au pouvoir, Fautin Boukoubi, le secrétaire-général du PDG qui s’est exprimé vers une heure du matin, a déclaré que son candidat l’emporterait tout autant. Le PDG ne fournit pas davantage de chiffres mais affirme qu’ils seront communiqués plus tard et qu’Ali Bongo fera une déclaration dans la matinée.

 

André Mba Obame a attendu lui 2h00 du matin pour se déclarer sûr de gagner. Il annonce d’ailleurs arriver en tête dans la province de l’estuaire, c’est celle de la capitale. Elle représente 40% de la population du Gabon et ouvre généralement les portes de la présidence à celui l’emporte.

 

Mais pour le moment, rappelons qu'aucun résultat officiel n’a été communiqué.

 

Les réactions des trois principaux camps en présence :

 

André Mba Obame, ancien ministre de l'Intérieur

« Les résultats que nous avons centralisés me donnent largement en tête, pour ne pas dire gagnant au niveau de la province de l'estuaire... »

31/08/2009 par Christophe Boisbouvier

 

 

Pierre Mamboundou, candidat de l'Union du peuple gabonais (UPG)

« L'aube d'une nouvelle ère vient de se lever sur notre pays... »

31/08/2009 par Christophe Boisbouvier

 

 

Faustin Boukoubi secrétaire général du PDG au pouvoir

« Ce soir, sur la base des tendances très fiables que nous venons d'enregistrer... les résultats nous donnent très vraisemblablement gagnants... »

31/08/2009 par Christophe Boisbouvier

Afrique du Sud Les soldats envisagent de nouvelles manifestations

RFI          lundi 31 août 2009

 

En Afrique du Sud le mouvement de révolte prend de l’ampleur dans les rangs des soldats. Le syndicat Sasfu qui revendique 13000 membres parmi les forces de la défense nationale, envisage d’organiser de nouvelles manifestations. Il l’a annoncé lors d’une conférence de presse à Pretoria ce dimanche. L’autre syndicat, SANDU, avait d’ores et déjà indiqué qu’il organiserait des rassemblements tant que le ministère refuserait d’augmenter les salaires. Une manifestation illégale de soldats devant le palais présidentiel mercredi avait été violemment réprimée par la police.


La ministre sud-africaine de la Défense Lindiwe Sisulu.(Photo : AFP)

La ministre sud-africaine de la Défense Lindiwe Sisulu.
(Photo : AFP)

 

Avec notre correspondant à Pretoria, Nicolas Champeaux


Le bras de fer se durcit entre la ministre de la Défense, Lindiwe Sisulu et les syndicats représentant les soldats. Ces derniers ont déclaré qu’ils exploiteraient toutes les voies légales à leur disposition, pour protéger leurs membres de procédures disciplinaires et de sanctions pénales.

 

Le mercredi 26 août, des centaines de soldats ont refusé de se plier au jugement de la Haute-Cour de Pretoria qui avait interdit leur rassemblement. « Les soldats qui ont déserté leurs casernes pour manifester sont une menace à notre sécurité nationale et seront sanctionnés » a, de nouveau, prévenu la ministre dans une tribune publiée dans un journal sud-africain, ce dimanche.

 

« Nous organiserons d’autres actions », a rétorqué Charles Jacobs, le vice-président du syndicat Sasfu, ajoutant : « Nous ne répondons de rien, si la police nous provoque à nouveau ». Les policiers ont tiré des balles en caoutchouc et lancé des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, mercredi. Un groupe de soldats avait mis le feu à une fourgonnette de la police; d’autres avaient vandalisé des voitures.

 

Par ailleurs, le syndicat Sasfu entamera dès demain une procédure pour obtenir « carrément » un mandat d’arrêt contre la ministre. Selon le syndicat, elle refuse d’appliquer une décision de justice, qui proscrit les mesures discriminatoires à l’égard de soldats, porteurs du virus VIH.

Union africaine : Somalie, Darfour, Grands Lacs et climat au menu du sommet


 

L'Union africaine doit se pencher ce lundi à Tripoli, sur les crises du continent (Somalie, Darfour), lors d'un sommet d'une journée organisé la veille des célébrations du 40ème anniversaire de l'accession au pouvoir de Mouammar Kadhafi. Ce «sommet spécial», convoqué à l'initiative du colonel Kadhafi, président en exercice de l'UA, doit également permettre aux dirigeants africains de réaffirmer la position du continent dans la perspective du sommet mondial sur le climat, en décembre à Copenhague.

Avec notre envoyé spécial à Tripoli, Jean-Karim Fall


Logo de l'Union Africaine( Photo : UA )

Logo de l'Union Africaine
( Photo : UA )

 

Trois ateliers « pays » au programme de cette rencontre : le Darfour, la Somalie et la situation dans les Grands Lacs. Les participants se félicitent de l’accalmie relative sur le front militaire au Darfour mais soulignent que les causes du conflit ne sont pas réglées, loin de là même précisent certains diplomates.

 

Concernant la Somalie, on s’achemine vers une réaffirmation du soutien de l’Afrique au gouvernement de l’islamiste modéré Sharif Sheikh Ahmed. Mais la délicate mission du renforcement de l’ Amisom, la Mission de l’Union africaine en Somalie, restera sans doute sans réponse à Tripoli. Les soldats ougandais et burundais seront encore bien seuls sur le terrain. Car, selon des sources diplomatiques, le Nigeria, qui avait promis des renforts de troupes, a finalement changé d’avis.

 

L’atelier consacré à la situation dans les Grands Lacs a examiné le problème du pillage des ressources naturelles de la République démocratique du Congo et ses conséquences, notamment sur le financement des groupes rebelles, et en particulier des FDLR, les ex-génocidaires rwandais.

 

Les ministres des Affaires étrangères se sont ensuite retrouvés dimanche dans la soirée pour faire la synthèse des travaux et préparer un projet de déclaration qui sera soumis aux chefs d’Etat ce lundi. Mais selon un diplomate, les conflits ne seront pas réglés d’un coup de baguette magique ; il s’agit avant tout de fêter le quarantième anniversaire de la révolution libyenne.

 

Autre dossier au menu de cette journée, l'Afrique et les changements climatiques.


Comment mieux lutter contre le changement climatique en Afrique ? Les chefs d'Etat africains ont décidé que le changement climatique doit être abordé de façon collective. Ils veulent élaborer une position africaine commune dans la perspective du sommet sur le climat qui tiendra en décembre à Copenhague. L'Afrique est le continent le plus exposé aux risques climatiques. Quinze pays du continent figurent sur la liste des vingt nations les plus vulnérables au monde.

 

Les changements climatiques, l'autre grand dossier de ce sommet de l'UA

« L'idée c'est de parler d'une seule voix et d'élaborer une stratégie commune pour mieux négocier face aux Etats les plus polluants... »

31/08/2009 par Léa-Lisa Westerhoff

28 août 2009

CODE DES PERSONNES ET DE LA FAMILLE AU MALI : ATT, un arbitre avisé

lepays.bf          vendredi 28 août 2009

 

On se demandait comment le président malien Amadou Toumani Touré (ATT) sortirait de l’impasse, coincé qu’il était entre les partisans du nouveau code des personnes et de la famille d’un côté, et de l’autre, les farouches opposants à ladite loi, emmenés par le Haut conseil islamique du Mali, principale organisation islamique du pays. Le nouveau code, accorde entre autres, davantage de droits aux femmes, ne reconnaît que le mariage civil et affirme que ’’nul époux ne peut être répudié’’.


 

Les réactions à certaines dispositions du texte ne se sont pas faites attendre. A Bamako, Mopti, Tombouctou, Koulikoro et autres villes du pays, les farouches opposants, des musulmans pour la plupart, ont organisé des marches ou des meetings pour fustiger le code qualifié ’’d’insulte au Coran’’. Ce nouveau texte, en remplacement de l’ancien existant depuis 1962, avait été adopté au début du mois d’août par les députés maliens. Il ne restait plus alors que la signature du président pour que la nouvelle loi soit promulguée. C’est à partir de ce moment seulement que le code des personnes et de la famille devait entrer en vigueur.

 

Au cours de la semaine, les Maliens, contradicteurs et approbateurs du texte, sont allés au charbon, chacun pour faire valoir ses arguments au chef de l’Etat, partisan du dialogue et doté d’un sens élevé d’écoute. Le président ATT, fidèle à ses habitudes, a organisé de larges consultations sociales, recevant notamment les parlementaires et les partis représentés à l’Assemblée malienne pour décider s’il devait ou non promulguer le nouveau code des personnes et de la famille. Comment le président ATT devait-il manoeuvrer pour que cette loi ne fasse pas voler en éclats la cohésion et l’unité du pays ? Et alors qu’on pensait qu’il allait prendre son temps ou laisser pourrir la situation, le chef de l’Etat malien a réagi plus vite qu’on ne l’espérait en décidant de renvoyer le texte devant l’Assemblée nationale pour une seconde lecture ; ce qui va permettre, dit-il, ’’d’obtenir l’adhésion et la compréhension de nos compatriotes de même que la quiétude et la paix sociales’’.

 

Cette décision peut ressembler à une dérobade de la part de ATT et un désavoeu des députés. Mais il vaut mieux cela qu’un conflit social et une division du pays comme on le voit actuellement au Niger voisin avec l’adoption de la nouvelle Constitution qui a fait voler en éclats l’unité de la nation. Le président malien a donc joué à l’arbitre et opté pour la voie de la sagesse, plutôt que de faire passer le texte en force comme il en a le pouvoir. ATT est sans doute, dans son for intérieur favorable au nouveau code des personnes et de la famille qui constitue une avancée pour son pays ; mais il n’aurait peut-être pas été bien compris s’il avait agi autrement, qu’en le renvoyant devant les élus. En attendant de connaître les amendements qui seront apportés au document, la rage semble maintenant être du côté des féministes et des adeptes du texte, qui doivent cependant prendre leur mal en patience. Il vaut mieux, un code accepté de tous, que pas de code du tout.

 

Boureima OUEDRAOGO SONRE

PRESIDENTIELLE AU GABON : Mesures suspectes contre médias gênants

lepays.bf          vendredi le 28 août 2009

 

 

La fièvre monte au pays de Bongo. Quoi de plus normal. Plus que quelques heures et les Gabonais verront le jour tant attendu. Tout le monde est alors sur les dents. Le gouvernement met les bouchées doubles pour que cette élection tant attendue se déroule comme il se doit, et c’est sans doute la raison pour laquelle il a déployé une batterie de mesures sécuritaires préventives autour des 3000 bureaux de vote disponibles.

 

C’est toujours dans le même esprit que des conseils sont prodigués à la population dans son ensemble quant à son comportement avant et photo_1250096978764-1-0.jpgaprès l’exercice de son devoir citoyen. Jusque-là, rien que du bon, rien à redire. Mais une mesure a été prise à l’encontre des médias privés qui laisse dubitatif quant à la vraie finalité qu’elle recherche : le gouvernement gabonais a décidé que, pour la publication des résultats de la présidentielle, seuls seront autorisés, les médias publics. Ces derniers devront le faire, par ailleurs, sur la base des données fournies par le Ministère de l’intérieur. La mesure renferme certainement un hic, et il est de taille. A quelle sauce seront mangés les médias privés ? Extraordinaire, inouï, plutôt étrange, comme décision !

 

Que les autorités gabonaises aient le souci d’éviter une pagaille, comme malheureusement cela est souvent le cas, en pareilles circonstances, en matières de chiffres, de pourcentage, et que pour cela, elles décident de surveiller de près les organes susceptibles de "balancer" désordonnément les résultats d’une élection de cette importance, on le comprend aisément. Cela tombe sous le coup du bon sens. Mais que l’on décide purement et simplement d’admettre certains médias (au motif qu’ils sont publics) et de laisser les autres dehors (au motif qu’ils sont privés) relève simplement d’une différence de traitement qui n’est ni plus ni moins que de l’ostracisme inacceptable.

 

Et, si l’on pousse l’analyse plus profondément, qui vise-t-elle au final, cette mesure ? A n’en point douter, la presse privée et au-delà, les mouvements d’opposition. Et elle signifie en clair que l’on recherche l’information d’un seul canal, d’une seule source, celle que l’on contrôle et que l’on manipule à souhait.

 

Déjà que dans les pays africains, les médias publics ne sont généralement rien d’autre que la caisse de résonance du maître des lieux, s’il faut en plus, demander aux autres de se taire pour que eux puissent mieux faire entendre leur voix, c’est, à tout le moins, un comble.

 

On aura beau rétorquer que la presse privée est inféodée à des partis d’opposition, on ne pourra pas convaincre grand-monde quant à l’opportunité de cette mesure décidément radicale, drastique et certainement inique, tant elle tue la liberté fondamentale de la presse, fût-elle privée. Et puis, au Gabon, il existe bien une autorité de régulation des médias. Pourquoi ne la laisse-t-on pas sereinement statuer, à l’occasion de cette présidentielle ? Ce serait sans doute plus juste, plus sain. Et on ne donnerait pas la malheureuse impression que l’on tient à bâillonner les uns pour que d’autres s’expriment à satiété.

 

Car, cela procède visiblement de la pure et simple discrimination. Les médias privés ont été d’un immense secours lors de certaines élections sur le continent. Ils ont permis de suivre en temps réel les résultats, rendant par le fait même vaines certaines tentatives de fraudes ou de manipulations souterraines envisagées. Le cas de la présidentielle sénégalaise de mars 2000 reste encore présent dans toutes les mémoires. Il faut oser croire que ce n’est pas leur rôle d’équilibrage que l’on cherche à détruire, lorsqu’on déclare, à l’occasion de cette présidentielle, les médias privés non grata. Comment cette presse privée qui travaille au quotidien pour le peuple gabonais, ainsi que le fait celle d’Etat, peut-elle se voir interdire de couvrir un évènement de cette importance ? Il faut peut-être y voir qu’il y a anguille sous roche. Et si d’aventure cela était le cas, ce serait là un fait qui n’honore pas le PDG.

 

Ce méga parti qui tient les rênes du pays depuis plus d’une quarantaine d’années, n’a visiblement pas besoin de si petites manoeuvres pour assurer la victoire au candidat, Ali Bongo. Il faudrait sans doute réajuster le tir. Reste à savoir comment la mesure gouvernementale sera accueillie et par les médias privés et par l’ensemble de la classe politique de l’opposition. Nul doute qu’ils n’apprécieront guère que soient mis en cause leur professionnalisme, leur indépendance et leur intégrité. C’est le Gabon tout entier qui est entré dans une phase historique de sa vie politique et qui compte en écrire une nouvelle page, à l’occasion de cette présidentielle. Il ne pourra le faire que dans la sérénité ainsi que le respect d’autrui dans sa différence. Le rôle des médias revêt une importance particulière dans un tel processus. Les clivages en la matière sont simplement exécrables. Les autorités gabonaises ont encore le temps de rectifier ce tir manqué.

"Le Pays"

TUNISIE : Insatiable Ben Ali

lepays.bf          vendredi 28 août 2009

 

 

Faut-il en rire, ou en pleurer ? Une anecdote raconte que les Tunisiens ne demandent pas : "C’est quand les prochaines élections présidentielles ?", mais plutôt : "Il a quel âge Ben Ali ?". Car en Tunisie, visiblement, quand on est au pouvoir, on reste en place jusqu’à ne plus pouvoir gouverner.

 

ben-ali.jpgCe fut ainsi pour le père de l’indépendance tunisienne, Habib Bourguiba, qui s’était, rappel historique, fait nommer "président à vie" en 1975 par les députés, jusqu’au jour où il ne fut plus en mesure de gouverner. Ou du moins, qu’il fut forcé à quitter les planches, après que Zine Abdine Ben Ali eut fait constater par des médecins son incapacité à exercer avec "lucidité" ses fonctions. Avec Zine Abdine Ben Ali, tout semble bien parti pour que… l’histoire repasse les plats. D’autant qu’à 73 ans, l’actuel dirigeant tunisien a officiellement déposé sa candidature pour un cinquième quinquennat et sans doute… pour une présidence à vie.

 

Car, à moins d’un cataclysme, cet ancien Premier ministre de Bourguiba reprendra son naam (pouvoir en mooré ) en raison du déséquilibre qui a toujours caractérisé les forces en présence. Il s’est, du reste, mis à l’abri de toute surprise désagréable en ôtant à Néjib Chebbi, figure emblématique de l’opposition, l’envie de se porter candidat. De fait, un "amendement exceptionnel" du Parlement l’exclut des candidatures à la magistrature suprême au motif que ce dernier ne remplit pas la condition selon laquelle le candidat doit être élu à la tête de son parti depuis au moins deux ans successifs. Le boulevard ainsi grandement ouvert devant ses yeux, Ben Ali, l’insatiable, devrait se remette encore et toujours dans la course jusqu’à… son dernier souffle.

 

D’ailleurs, qui l’en empêcherait, lui qui s’est déjà fait tailler une Constitution à sa mesure, qui l’autorise à se présenter autant de fois qu’il le souhaite ? Mais quoi qu’ils puissent reprocher à ce président fossoyeur de liberté de la presse et braconnier de démocratie devant l’Eternel, les Tunisiens devraient au moins une fière chandelle à Ben Ali d’avoir réussi à hisser la Tunisie au rang des nations prospères. La Tunisie continue, il est vrai, de traîner ses béquilles démocratiques. Mais, sur bien des plans, elle se porte si bien que le président français, Nicolas Sarkozy, n’éprouverait pas de remords s’il devait se rendre encore en visite officielle à Tunis. Et à coup sûr, on referait l’impasse sur les droits de l’homme, les libertés et la démocratie.

 

En tout état de cause, le président tunisien, cet allié de poids des Occidentaux, qui ne devrait éprouver aucune gêne à leur parler d’égal à égal, est loin d’être logé à la même enseigne que bon nombre de ces dirigeants d’Afrique noire qui continuent de tendre la sébile aux pays du Nord et qui s’étonnent pourtant d’être fréquemment rappelés à leurs devoirs. Démocratie des intérêts, quand tu tiens l’Occident !

 

Par Cheick Beldh’or SIGUE

27 août 2009

Etats-Unis : Le patriarche du clan Kennedy est mort



Ted Kennedy est décédé mardi soir des suites d'une tumeur au cerveau. Ténor de la vie politique américaine, le petit frère du président assassiné était âgé de 77 ans. Avec sa disparition, c'est une page de la vie politique américaine qui se tourne.


Le sénateur démocrate du Massachusetts Edward Kennedy, surnommé Ted, le 18 avril 2008 à Boston..(Photo : Reuters)

Le sénateur démocrate du Massachusetts Edward Kennedy, surnommé Ted, le 18 avril 2008 à Boston. (Photo : Reuters)



Fils cadet du clan Kennedy, Teddy a longtemps vécu dans l'ombre de ses grands frères, John et Robert, dont la mort tragique a fait des légendes. Il avait tenté de forcer le destin familial en 1980, en se lançant dans une périlleuse course à la Maison Blanche, contre le président démocrate sortant, Jimmy Carter.

Les divisions de la gauche avaient alors contribué à la victoire de Ronald Reagan. Après cet épisode, Ted Kennedy, élu sénateur du Massachussets sans discontinuer depuis 1962, alors qu'il n'avait que 30 ans, s'était forgé une image de patriarche de la politique américaine.

 

Mais cette image n'était pas sans taches. En 1969, au volant d'une voiture, et aux côtés d’une femme qui avait travaillé pour la campagne présidentielle de son frère, Ted Kennedy était tombé d'un pont à Chappaquiddick Island. Il en avait réchappé, mais sa passagère était morte noyée. Il n'avait prévenu les autorités que le lendemain et avait écopé de deux mois de prison pour délit de fuite. La peine fut suspendue, mais cet accident anéantit ses chances de se présenter un jour à la Maison Blanche. Les scandales liés à ses frasques de séducteur s'enchaînent au point qu'il doit faire un mea culpa public au début des années 90.

 

Le soutien à Obama


L'année dernière, il avait apporté la caution du clan Kennedy à Barack Obama, en présentant le jeune candidat comme le continuateur de l'oeuvre entamée par son frère à la Maison Blanche.

 

La grande oeuvre de sa vie, c'était la réforme de l'assurance maladie et Barack Obama comptait bien sur l'influent sénateur pour appuyer ses projets dans ce domaine.

 

Trois mois après avoir appris sa maladie, il avait ému tous les participants à la Convention démocrate en rendant un hommage à Barack Obama, dont il avait favorisé l'investiture en lui apportant son soutien.



Atteint d'une tumeur au cerveau, le vieux lion, comme on le surnommait en raison de son imposante chevelure blanche, avait été victime d'un malaise le 20 janvier au cours de la cérémonie d'investiture de Barack Obama.

 

Dans une poignante confession sur la gravité de son état de santé, il avait demandé la semaine dernière au gouverneur du Massachusetts de lui trouver un remplaçant au Sénat.

 

Il est décédé deux semaines jour pour jour après sa grande sœur, Eunice Shriver, fondatrice du Jeux paralympiques. Des 9 enfants de la légendaire famille, il ne reste aujourd'hui que Jean, ancienne ambassadrice des Etats-Unis en Irlande, âgée de 81 ans.

 

Le Lion du Sénat est mort

 

« Ce démocrate progressiste savait travailler avec les républicains les plus conservateurs pour obtenir l’adoption de lois qui lui étaient chères. Il sera mort sans voir celle pour laquelle il avait livré son dernier combat. »

26/08/2009 par Jean-Louis Pourtet

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Les réactions à la mort d'Edward Kennedy

« Nous avons perdu le centre irremplaçable de notre famille et
une lumière joyeuse dans nos vies. Mais sa foi, son optimisme et sa persévérance resteront à jamais dans nos cœurs. Il aimait son pays et a voué sa vie à le servir. Il a mené un combat infatigable pour la justice sociale et contre la pauvreté », déclare la famille Kennedy dans un communiqué.



Barack Obama, le président américain, a déclaré avoir « le cœur brisé » par la mort du sénateur Ted Kennedy. « Sa mort, a-t-il ajouté, a mis fin à un important chapitre de la vie politique américaine ».



« Oncle Teddy était connu dans le monde comme « le lion du Sénat », un champion de la justice sociale et une icône politique. Il était surtout le pilier de notre famille. J'ai bénéficié personnellement de son expérience et de ses conseils. ». Arnold Schwarzenegger, gouverneur de Californie, et époux d’une nièce du défunt sénateur.



« Le rêve de Ted Kennedy d'un système de santé de qualité pour tous les Américains s'accomplira cette année grâce à son rôle d'entraînement et à l'inspiration qu'il a suscitée ». Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants américains.

 

« Compte tenu de nos divergences politiques, les gens étaient parfois surpris de voir à quel point Ronnie (l'ancien président Ronald Reagan) et moi-même étions proches de la famille Kennedy... Ronnie et Ted avaient beaucoup de respect l'un pour l'autre. Au cours des dernières années, Ted et moi-même avions trouvé un terrain d'entente sur les cellules souches embryonnaires et je le considérais comme un allié et un ami ». Nancy Reagan, épouse de l’ancien président Ronald Reagan ( 1981-1989)



« Même si nous n'étions pas d'accord sur de nombreuses questions politiques, j'ai toujours respecté son engagement constant pour le pays… Ted Kennedy était une figure influente au Sénat, un dirigeant qui a fait son devoir pendant 47 ans et dont la mort clôt un chapitre remarquable dans l'histoire de cette institution ». George Bush père, ancien président des Etats-Unis (1989-1993).



« Le sénateur Edward Kennedy sera pleuré non seulement en Amérique mais sur chaque continent », a déclaré le Premier ministre britannique Gordon Brown dans un communiqué. « Il est admiré dans le monde comme le sénateur des sénateurs », a-t-il ajouté, se disant « fier » de l'avoir compté au nombre de ses amis.



« Ted Kennedy est une personnalité qui inspirait l’admiration, le respect et la dévotion, non seulement en Amérique mais dans le monde. Il incarnait les valeurs d’équité, de justice et d’égalité des chances », a déclaré dans un communiqué Tony Blair, prédécesseur de Gordon Brown à Downing Street.



« L’Irlande a perdu un véritable ami avec la mort du sénateur Edward Kennedy dont la famille est originaire de l’île. Ted venait de la famille américano-irlandaise la plus célèbre. Et par ses efforts et ses réalisations, il a encore ajouté à la réputation d’une grande famille ». Brian Cowen, Premier ministre irlandais.



Harry Reid, le leader de la majorité démocrate au Sénat, a exprimé sa tristesse face à la disparition de « notre patriarche ». Il a rendu hommage à son travail, faisant notamment valoir que « grâce à lui, beaucoup d’enfants ont pu être soignés ».



« Kennedy est un ami depuis 30 ans, un grand patriote américain, un grand champion d’un monde meilleur, un grand ami d’Israël. Il va cruellement nous manquer
». Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien.



« Une lumière si longtemps vigoureuse s’est éteinte pour tous ceux qui aspirent à un monde plus juste. Le sénateur démocrate était un symbole en faveur des plus hautes valeurs humaines, la santé et l’éducation…Jusqu'à son dernier souffle, Edward Kennedy aura magnifiquement incarné les valeurs démocrates et un idéal d’équité. Avec sa disparition, les Américains et tous les démocrates du monde entier perdent une référence et un ami ». Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères.



« La commission est très triste d’apprendre le décès du sénateur Kennedy. C’était un serviteur du public désintéressé, qui s’est battu pour les droits de tous les américains, et qui a cherché à aider les gens dans les pays en développement à travers le monde. Il restera dans les mémoires comme l’un des législateurs les plus populaires et les plus efficaces de l’histoire de l’Amérique ». Déclaration faite par un porte-parole de la commision Européenne.



« Avec Ted Kennedy, l'Allemagne et l'Europe perdent un ami de valeur. Son engagement pour la justice et la paix  était emprunt de conviction et de fermeté ». Angela Merkel, chancelière allemande.



Ted Kennedy « a fait entendre sa voix dans la lutte contre l'apartheid à une époque où le combat pour la liberté n'était pas soutenu largement dans les pays occidentaux. Nous restons reconnaissants pour le rôle qu'il a joué ». Nelson Mandela, ancien président sud-africain.

Côte d'Ivoire : Dépôt des candidatures pour la présidentielle



Les candidats à la présidentielle prévue le 29 novembre peuvent commencer à déposer leur dossier. Il en coûtera une caution de 20 millions de francs CFA, soit 30 500 euros environ. Des unités de police mixtes, composées de loyalistes et d'anciens rebelles seront chargés de la sécurité de ce vote. Les premières d'entre elles ont été officiellement installées mardi.


Pro-government_demonstrators_5.jpgLes candidats ont jusqu’au 16 octobre pour déposer leurs dossiers auprès de la CEI, la Commission électorale indépendante. Dans un communiqué publié mardi, celle-ci a donné la liste des pièces à fournir.

Et sur ce point, les potentiels candidats ne sont pas logés à la même enseigne. Pour ceux qui sont présentés par leurs partis signataires de l’accord de Marcoussis signé en 2003, une simple déclaration de candidature suffit. Pour tous les autres, indépendants ou non, il faut faire la preuve de sa nationalité.

 

Ces dispositions de l’accord électoral font suite à l’accord de Pretoria de 2005. Cet accord autorisait à titre exceptionnel les principaux leaders politiques à se présenter à la prochaine élection présidentielle sans aucune entrave. Le président Laurent Gbagbo avait pris un décret dans ce sens.

 

Grâce à cette entorse à l’article 35 de la Constitution ivoirienne, le candidat du RDR, Alassane Ouattara peut être tranquille sur la question de sa nationalité. Tranquille aussi, Henri Konan Bédié : à 75 ans, le candidat du PDCI normalement frappé par la limite d’âge, est également autorisé à se présenter à cette élection.

26 août 2009

PRESIDENTIELLE AU GABON : L’alternance est-elle possible ?

le pays          mercredi 26 août 2009

 

 

S’il y a bien une chose dont la classe politique gabonaise doit se féliciter au stade actuel de la transition, c’est sans nul doute le calme, quoique relatif, dans lequel se déroule la campagne en vue de l’élection présidentielle. Après l’épisode des plaintes liées à l’interdiction faite à certains candidats ex-ministres de voyager avec leurs passeports de membres du gouvernement, la démission, un peu tardive soit-elle, de Ali Bongo, candidat du Parti démocratique du Gabon (PDG), de son poste de ministre de la Défense est apparue comme une volonté manifeste de la présidente intérimaire de réunir les conditions nécessaires à la tenue normale du scrutin. Même si Rose Rogombé n’ a pas réagi favorablement à la demande du report de l’échéance du 30 août 2009 formulée par des partis de l’opposition, qui trouvent le temps imparti insuffisant pour établir des listes et des cartes d’électeur fiables.

 

Les longues attentes pour le retrait des cartes, ainsi que des soupçons de fraudes déjà exprimés, prouvent en effet que des imperfections, il n’en manque pas. Ajouté à cela l’inégalité des forces en présence, le parti au pouvoir écrasant ses concurrents grâce à ses grands moyens matériels et financiers qu’il déploie à chacune de ses sorties, il y a de quoi douter de la possibilité d’une alternance politique au Gabon. Etant donné l’absence de structure crédible de sondage en Afrique, il faut attendre la proclamation des résultats et la publication des rapports d’éventuels observateurs indépendants pour apprécier l’opération. La pérennité des partis au pouvoir passe tellement pour une règle en Afrique, qu’il faut désormais faire preuve de plus de réalisme en espérant au moins un changement au sein des partis. Le pays de feu Omar Bongo devra sans doute attendre encore longtemps pour expérimenter cette alternative, car le PDG a raté sa chance de rompre avec le règne des Bongo, depuis la tentative ratée de certains dirigeants de ce mégaparti d’opérer la mutation souhaitable.

 

Et en plus d’être des transfuges du pouvoir gabonais - et donc mal placés pour relever ses erreurs en vue d’en tirer quelque dividende électoral - les principaux opposants actuels semblent se complaire dans leur statut de candidat indépendant, minimisant ainsi l’évidence selon laquelle l’union fait la force. Bruno Ben Moubamba, autre candidat indépendant, en guise de protestation contre le non-report du processus électoral, a entamé depuis l’ouverture de la campagne le 15 août, une grève de la faim qui lui a même valu une hospitalisation. Autant de choses qui montrent, si besoin, le manque de clairvoyance de bien des opposants africains qui n’arrivent pas à dépasser leurs individualités pour constituer un front uni pour une cause commune. Ce n’est point le candidat du PDG qui s’en offusquerait, lui qui n’a d’ailleurs jamais fait mystère de son assurance d’être élu.

 

Par Honoré OUEDRAOGO

Démocratie en Afrique : Que la France arrête de nous pomper l’air !

l'observateeur paalga          mercredi 26 août 2009

 

Ce n’est plus un événement, quand un coup d’Etat intervient en Afrique, la France suit de près ce qui se passe dans le pays en question. Elle en fait même une priorité à tel point qu’elle menace souvent de couper les vivres au régime qui est venu mettre fin au processus démocratique. Après le coup de force qui a porté le capitaine Moussa Dadis Camara au pouvoir, on n’a pas hésité, dans l’Hexagone, à demander au nouvel homme fort de la Guinée de remettre le pays sur les rails de la démocratie.

 

 

14277.jpgUn appel qu’il n’a pas balayé du revers de la main si la Communauté internationale aidait le pays financièrement dans ce sens. Pour la France, il n’y avait pas d’inconvénient à cela, et c’était une façon d’amadouer la junte pour l’amener à tenir ses engagements. On sait quelle suite le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) a réservée à cette promesse : désormais, les élections n’auront plus lieu en 2009, mais en 2010 dans le meilleur des cas. Cinq mois, ce n’est pas loin, et en attendant de mettre les moyens à la disposition de la commission électorale nationale indépendante (CENI), le président autoproclamé menace ouvertement de se lancer dans la course à la magistrature suprême, en prenant comme modèle le général putschiste de la Mauritanie Ould Abdel Aziz, qui s’est présenté à la présidentielle et dont l’élection a été « validée » par la communauté internationale.

 

Soufflant le chaud et le froid et usant parfois de chantage, Dadis ne fait plus mystère de ses intentions. Avant qu’il ne laisse tomber le masque, les Guinéens ne se faisaient pas d’illusion sur ses ambitions. Changement donc de ton à Paris après la tentative de séduction du secrétaire d’Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, qui avait demandé à la junte de « respecter » ses engagements, avant le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Eric Chevalier, qui l’a récemment réitéré.

 

Une position qui honore l’Hexagone, patrie des droits de l’homme, comme on le sait. Plus est, sous le règne de Nicolas Sarkozy, qui a annoncé la couleur depuis son arrivée à l’Elysée, puisqu’il s’est piqué de dépoussiérer les relations franco-africaines, souvent empreintes de complaisance et de condescendance. On sait ce qu’il est advenu de la rupture sarkosienne, qui a très vite montré ses limites à l’épreuve du marigot politique africain. Car, au-delà des bonnes déclarations, c’est souvent une France inconsistante championne du monde de la marche à reculons qu’il nous a été donné de voir.

 

Comme ce fut le cas récemment avec le Niger, au sujet duquel après avoir pris clairement position contre le coup d’Etat constitutionnel de Tandja, l’Elysée a fini par « prendre acte » du passage en force à la 6e République. Il est vrai qu’entre-temps, les menaces à peine voilées de Niamey quant à sa possibilité de se tourner vers les Chinois sur le Coq gaulois ne s’arrêtait pas de caqueter. Il y a eu le cas mauritanien où la France a mis de l’eau dans son vin. Elle soutient également de nombreux pouvoirs illégitimes dont la seule ambition est de battre le record de longévité (suivez notre regard).

 

Par conséquent, le cas guinéen n’échappera pas à cette règle. Sarkozy, comme à son habitude, va professer les grands principes. Mais, après ces gesticulations politico-diplomatiques, il finira pas rentrer dans les rangs face à Dadis. Qu’il s’arrête de s’époumoner ou de nous pomper l’air si c’est juste pour, à la fin, « prendre acte » de l’élection de Dadis. Quand le moment sera venu, cette France ne fera plus peur à grand-monde.

 

Par Justin Daboné

 

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