31 octobre 2009

Côte d'Ivoire : Gbagbo évoque un énième report de la présidentielle

France 24          31 octobre 2009

AFP - La date du 29 novembre officiellement retenue pour l'organisation du premier tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, "sera dépassée" a déclaré jeudi le chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, évoquant "la réalité du terrain".

 

laurent-gbagbo2.jpg"Si, par exemple, l'affichage de la liste électorale provisoire" qui a accumulé un retard "a lieu le 3 novembre, la consultation prendra fin le 3 décembre. Le 29 novembre sera alors dépassé", a affirmé M. Gbagbo à Yamoussoukro (centre), lors d'une rencontre avec des médecins militaires, a rapporté vendredi le site internet de la présidence ivoirienne.

 

"Les juges auront huit jours pour se prononcer sur les cas de contentieux. Nous serons alors, vers la mi-décembre. Nous allons afficher la liste électorale définitive et nous irons aux élections", a-t-il poursuivi.

 

"On peut fixer une date pour faire quelque chose, mais avec la réalité du terrain, on peut ne pas la respecter", a-t-il indiqué, justifiant un éventuel report du scrutin.

 

Mercredi, le président du Conseil économique et social (CES), Laurent Dona Fologo, un proche de M. Gbagbo a annoncé que le scrutin présidentiel devrait connaître un nouveau report, en raison des retards accumulés.

 

Paris a réagi en souhaitant le maintien de la date.

 

A moins d'un mois de l'élection, et à la suite de nombreux retards, la liste électorale provisoire n'a toujours pas été affichée à travers le pays.

 

Selon un décret, elle doit être affichée "30 jours au plus tard" avant l'élection.

 

Deux listes devront être affichées, une pour plus de 4,3 millions d'électeurs validés et une "liste à litiges" comprenant les quelque 1,9 million de personnes dont la nationalité reste inconnue, selon la CEI.

 

La phase de contentieux qui doit suivre est destinée à régler ces litiges, en vue de la liste définitive.

 

Sans cesse reporté depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005, le scrutin est censé clore la grave crise politico-militaire née du coup d'Etat manqué de 2002, qui a coupé le pays en un nord ex-rebelle et un sud loyaliste.

Nouvelles mesures de représailles de la France contre la Guinée

Jeune Afrique          31 octobre 2009

 

La France a décidé de nouvelles mesures contre la junte au pouvoir en Guinée, notamment d'interrompre un projet d'autoroute, et fait part de son inquiétude après l'arrestation par l'armée de grévistes de la faim, a déclaré vendredi son ministère des Affaires étrangères.


La France maintiendra ses projets de coopération bénéficiant directement aux populationsLa France maintiendra ses projets de coopération bénéficiant directement aux populations



"La France a réexaminé l'ensemble de sa coopération civile et décidé d'interrompre la coopération institutionnelle déployée auprès des autorités gouvernementales", via une "dizaine d'assistants techniques placés auprès de l'administration guinéenne", a précisé le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero.

 

Elle a aussi décidé "de suspendre le financement du projet d'aménagement de l'autoroute urbaine Tombo/Gbessia à Conakry", a-t-il ajouté lors d'un point presse.

 

La participation française à ce projet européen est de 9 millions d'euros, selon une source diplomatique.

 

"Toutefois, afin de ne pas pénaliser la population guinéenne, la France maintient ses projets de coopération bénéficiant directement aux populations", a ajouté le porte-parole du ministère.

 

Par ailleurs, "nous exprimons notre profonde inquiétude concernant les arrestations dont ont fait l'objet des membres de la fédération de la jeunesse guinéenne (Faseg) qui avaient commencé une grève de la faim à Conakry pour protester contre 'l'impunité et les violences' dans le pays", a dit Bernard Valero.

 

"D'autres sanctions sont en préparation"


Selon des militants d'associations et d'ONG dans la capitale guinéenne, il s'agit de 11 jeunes Guinéens arrêtés par des militaires et dont le sort restait vendredi inconnu.

 

Le porte-parole du Quai d'Orsay, en se félicitant de la prise de sanctions par l'Union africaine, après celles de l'Union européenne et des Etats-Unis, a indiqué que "d'autres sanctions sont en préparation". Il a précisé ensuite qu'il s'agissait de gel d'avoirs, qui prend un peu plus de temps que des interdictions de visas, pour être mis en oeuvre.

 

La junte est dans le collimateur de la communauté internationale depuis la répression sanglante le 28 septembre à Conakry d'une manifestation d'opposants qui a fait au moins "150 à 200" morts et plus d'un millier de blessés, dont de nombreuses femmes violées, selon diverses ONG. La junte affirme que 56 civils sont morts et 934 personnes ont été blessées.

 

Le lendemain, Paris avait décidé la suspension immédiate de sa coopération militaire avec la Guinée.

Chirac renvoyé en correctionnelle pour détournement de fonds publics

france 24          31 octobre 2009

 

Jacques Chirac est renvoyé devant la justice pour détournement de fonds publics dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris. C'est la première fois en France qu'un ancien chef de l’État devra affronter un procès.

 

 

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Jacques Chirac est renvoyé en correctionnelle pour détournement de fonds publics dans l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris. C'est la première fois qu'un chef de l’État est poursuivi dans une affaire judiciaire en France. Selon le service de presse de l'ancien chef de l'Etat, Jacques Chirac est renvoyé devant la justice pour "21 supposés emplois fictifs" à la mairie de Paris.

 

La juge d'instruction Xavière Simeoni a donc décidé de ne pas suivre les réquisitions de non-lieu général du parquet, jugeant que les charges étaient suffisantes pour un procès. Le procureur a, de son côté, la possibilité de faire appel.

 

"Cela n’aurait pas été naturel qu’il ait bénéficié d’une mesure exceptionnelle en raison de sa carrière, explique avec détachement Jean-François Probst, ancien conseiller de Jacques Chirac. Pour Marc Perelman, spécialiste politique à FRANCE 24, le clan Chirac, qui a annoncé la nouvelle, a essayé "de déminer l’information en la fuitant, mais cela sonne comme un véritable coup de tonnerre".

 

"Aucun des emplois constitue un emploi fictif"

 

chirac2.jpgProtégé pendant 12 ans par sa fonction à la tête de l'Etat (1995-2007), Jacques Chirac a été mis en examen le 21 novembre 2007 pour détournement de fonds publics dans ce dossier d'emplois de complaisance présumés payés par le cabinet du maire de Paris - fauteuil qu’il a occupé de 1977 à 1995.

 

L’affaire remonte à la période courant de 1983 à 1998, soit du début du deuxième mandat de maire de Jacques Chirac aux trois premières années de son successeur, Jean Tiberi.

 

Jacques Chirac va devoir s'expliquer devant le tribunal correctionnel de Paris pour ces emplois qui auraient profité à des militants ou élus de son parti le RPR, ou encore à des proches. Il se dit "décidé à établir qu'aucun des emplois en débat constitue un emploi fictif", selon son bureau.

 

 

"Ce sera un procès difficile pour Jacques Chirac"


chirac3.jpgLe camp Chirac tient à afficher une totale quiétude. "Il y a tout lieu d’être serein", affirme Jean-François Probst. Pour le chiraquien François Baroin, l’instruction a permis de révéler qu’il n’existait pas de système entre le RPR et la Ville de Paris. "Ce que certains présentaient comme 500 contrats délictueux se résume en fait à une vingtaine de contrats", souligne-t-il.

 

Laurent Valdiguié, rédacteur en chef du "Journal du dimanche", estime pour sa part que "ce genre de procès, concernant des affaire d’emplois fictifs, est assez simple à prouver". Et de poursuivre : "Ce sera un procès difficile pour Jacques Chirac."

 

Neuf autres personnes sont également renvoyées en correctionnelle dans cette affaire: deux anciens directeurs de cabinet de Jacques Chirac, Michel Roussin et Rémy Chardon, ainsi que sept bénéficiaires d'emplois présumés fictifs, dont François Debré, l'ancien patron du syndicat Force ouvrière Marc Blondel et Jean de Gaulle.

 

Capital sympathie

 

Jacques Chirac, âgé de 76 ans, laisse un bilan politique mitigé mais bénéficie d’un capital sympathie inébranlable depuis son départ de l’Élysée. En août dernier, l’ancien chef de l’Etat figurait au 29e rang des personnalités préférées des Français, selon "le Journal du dimanche".

 

Mais sa carrière reste entachée par plusieurs affaires politico-judiciaires auxquelles son nom reste lié. Il a été entendu en 2007 sous le statut de témoin assisté - à mi-chemin entre celui de simple témoin et celui de mis en examen - dans une autre enquête sur les emplois présumés fictifs du RPR, dont l'instruction à Nanterre se poursuit.

30 octobre 2009

PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE : Chronique d’un report annoncé

Le pays          30 octobre 2009


Ce n’est un secret pour personne ; la présidentielle ivoirienne annoncée pour le 29 novembre a très peu de chance de se tenir à la date indiquée. A vrai dire, tout le monde le pensait tout bas. Les raisons en sont pléthore. Mais officiellement, l’échéance tient, puisque rien ne vient la contredire.

 

 

 

Mais, on voit par-ci par-là des faits et gestes qui confortent l’attitude de ceux qui croient dur comme fer qu’il faut se préparer à un nouveau et énième report du scrutin de novembre. Et depuis peu, on entend de petites phrases, quelque peu anodines certes, mais qui, dans le contexte actuel que connaît la Côte d’Ivoire, valent bien leur pesant d’information. Il y eut d’abord l’affirmation de Simone Gbagbo, épouse du chef de l’Etat ivoirien et présidente du groupe parlementaire FPI à l’Assemblée nationale ivoirienne, il y a seulement quelques jours : elle y disait on ne peut plus clairement l’impossibilité, selon elle, de s’en tenir à la date du 29 novembre pour le scrutin présidentiel. Dans la foulée, un autre "grand" du FPI, par ailleurs président du CES ivoirien, Laurent Dona Fologo, vient afficher lui aussi, sans ambages, la même conviction : la présidentielle ivoirienne ne se tiendra pas à la date du 29 novembre.

 

Ces deux mastodontes du paysage politique ivoirien ne sont pas des lampistes et ils savent ce dont ils parlent. Il n’est pas vain de croire que leurs propos respectifs soient prémonitoires de ce qui devrait normalement se passer.

 

Car, tout semble indiquer qu’ils parlent pour d’autres. Ces autres, qui sont gênés sans doute de devoir annoncer un nouveau et énième report d’un scrutin à propos duquel on avait promis, juré, la main sur le coeur, que tout serait mis en oeuvre pour qu’il se tienne enfin à la date du 29 novembre. Mais depuis ces promesses, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts, des difficultés de dernière minute auront été découvertes, et on a toujours la sempiternelle impression que quelque méchante divinité s’acharne à barrer aux Ivoiriens la route qui conduit à une réelle sortie de crise pourtant nécessaire parce que salutaire.

 

Il est digne d’intérêt de remarquer que les protagonistes auront pris le soin de laisser des acteurs de la périphérie préparer les consciences à l’acception de la non-tenue de ces élections à la date prévue. Ce faisant, ils dégagent prudemment leur propre responsabilité. Officiellement, c’est à la CENI qu’il reviendra de prendre la décision du report de ces élections. Mais on sait aussi de quelles entraves cette même CENI peut souffrir, tant ses décisions ne rencontrent pas le parfait assentiment du pouvoir en place. En tout état de cause, la "chose" arrange de nombreux décideurs politiques en Côte d’Ivoire : ce qu’ils souhaitaient se fera, et cerise sur le gâteau, ils ne ressentiront même pas la petite gêne que connaîtra l’annonceur de la mauvaise nouvelle.

 

Et cela se passe dans un contexte où un nouveau rapport de l’ONU révèle que l’embargo décrété sur les armes à destination de la Côte d’Ivoire "est régulièrement violé aussi bien par l’ex-rébellion des Forces nouvelles que par le gouvernement…". Très clair, les parties ivoiriennes en conflit, même lorsqu’elles parlent de paix, de processus de sortie de crise, et d’élection présidentielle… continuent de s’armer. "Si vis pacem, para bellum !" (1), rétorquera-t-on. Mais c’est que là, les protagonistes de cette crise ivoirienne obligent toutes les bonnes volontés qui se seront commises à la lourde et délicate tâche d’aider à tirer le pays hors du bourbier, à assister à un véritable marché de dupes. Et c’est tout simplement inacceptable et scandaleux. Doit-on croire que tous les serments émouvants, les déclarations passionnées de bonne foi et autres effusions à vous fendre l’âme, ne participent tous que d’une vaste supercherie hypocrite dite avec talent mais dont la visée finale n’est rien d’autre que d’endormir autrui pour mieux parvenir à ses propres fins ?

 

On croyait rêver, on tombe presque des nues. Et c’est bien là un indice fort que le risque zéro pour une reprise du conflit n’existe pas en Côte d’Ivoire. Tout comme c’est l’occasion de s’interroger une fois de plus sur la sincérité et la bonne foi régulièrement affichées, mais tout aussi régulièrement démenties, de plus d’un acteur politique ivoirien, dans cette crise qui affecte le pays depuis de si longues années déjà. Car, au final, on est bien en droit de se demander, au regard de ce qui se passe, qui, en Côte d’Ivoire, a vraiment foi dans le processus de sortie de crise. Qui ? Puisque les acteurs de premier plan négocient tout en gardant cachée, une arme dans le dos … "en cas de cas !". Et c’est bien là aussi que réside la complexité du problème ivoirien, à l’heure actuelle.

 

Pour le moment, tout le monde ou presque se prépare à accueillir l’annonce prochaine d’un report de la présidentielle de novembre. Reste à savoir si elle contribuera à résoudre des problèmes déjà existants ou si au contraire, elle contribuera à en générer de nouveaux.

 

"Le Pays"

CEDEAO : Tandja assure son service après-forfait

L'observateur paalga          30 octobre 2009

 

Le président nigérien, Mamadou Tandja, termine par là où il aurait dû commencer : le dialogue.

 

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Après avoir fait la sourde oreille, si ce n’est la nique, à ses pairs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui tentaient de le faire revenir sur sa décision de modifier la constitution afin de prolonger son mandat de trois ans, voilà l’homme fort de Niamey subitement épris de dialogue. Après, bien sûr, avoir réalisé son projet au terme d’un référendum puis, dans la foulée, renouvelé l’Assemblée nationale désormais une excroissance de l’exécutif.

 

La forfaiture consommée jusqu’à la lie, l’opposition quasi néantisée, la suspension du Niger de l’organisation sous-régionale africaine ignorée jusque-là, le colonel Tandja tente de prendre langue avec ses homologues. En effet, depuis quelques jours, une brigade d’émissaires nigériens sillonne des capitales de l’espace communautaire afin d’assurer le service après-vente. Plutôt le service après-forfait.

 

Conduite par le Premier ministre, Ali Badjo Gamati, la délégation s’est rendue successivement à Bamako, à Dakar, à Abidjan, à Ouagadougou, à Malabo et à Lomé pour « communiquer davantage sur la situation qui prévaut » au pays du Ténéré. Outre le chef du gouvernement, la horde de missi dominici est constituée, entre autres, du médiateur de la République, du président du Conseil économique et social, du ministre des Affaires étrangères et de celui de la Communication, de deux anciens ministres et d’un ex-Premier ministre.

 

« Le Niger va privilégier la voie du dialogue », a laissé entendre le chef de la délégation à sa sortie d’audience avec le président togolais, Faure Gnassingbe. Pourquoi un tel changement brusque dans l’attitude du président Tandja ? Faut-il y voir quelques effets de l’exclusion temporaire du Niger des instances de la Communauté ouest-africaine ? « Pour nous, les sanctions de la CEDEAO constituent une invitation de l’Etat membre fondateur que nous sommes à communiquer un peu plus. Il y a eu déficit de communication », a poursuivi le Premier ministre à Lomé.

 

A quoi aboutiront ces concertations tous azimuts ? A rien de significatif, malheureusement. La CEDEAO, ou même l’Union africaine, dispose-t-elle d’assez de moyens de pression pour faire bouger les lignes ? En un mot comme en mille, voit-on Mamadou Tandja renoncer à la prolongation de son bail et s’engager à restaurer le verrou limitatif du nombre de mandats ? Il ne faut surtout pas rêver.

 

Toutefois, l’initiative constituera une occasion de petits arrangements entre amis. Une opportunité pour le regimbeur président de réintégrer la famille à peu de frais, et à l’impuissante CEDEAO de lever sa sanction, si tant c’en est une, sans trop perdre la face. C’est ce qui s’appelle une farce dans laquelle le dindon n’est autre que la démocratie.

 

Par Alain Saint Robespierre

 

lobservateur

SOMMET SUR LE DARFOUR : Que peut l’UA ?

Le pays          3 octobre 2009


La guerre civile au Darfour est un sujet de préoccupation pour la communauté internationale. Rares sont les pays qui ne s’intéressent pas à ce qui se passe dans cette région de l’Ouest du Soudan. Ce conflit dont les origines sont lointaines, ne laisse personne indifférente. Les uns parlent de génocide là où les autres évoquent des crimes contre l’humanité. Qu’importent les termes utilisés, tout le monde s’accorde à reconnaître que là-bas, les populations civiles, les femmes et les enfants subissent toutes sortes de barbarie et que le nombre de personnes tuées depuis le déclenchement du conflit en 2003 oscille autour de 300 000.

 

Les conséquences de cette tragédie sont énormes : pertes en vies humaines, violation des droits de l’Homme, malnutrition, maladies, problèmes causés par les déplacements de populations, etc. Difficile donc que la communauté internationale puisse rester inerte face aux souffrances des populations civiles victimes des exactions des protagonistes dont on n’arrive pas toujours à cerner les vraies motivations.

 

La réalité aussi c’est qu’au Soudan, des intérêts géopolitiques, parfois divergents, s’affrontent. Là où les Etats-Unis exigent des sanctions économiques et commerciales, voire même une intervention militaire, l’Union européenne cherche une solution diplomatique pendant que la France s’inquiète de l’extension d’un conflit au Tchad et en Centrafrique où elle maintient une assistance militaire. La Chine est pour sa part soucieuse de ses intérêts économiques, notamment du pétrole qu’elle exploite. C’est pourquoi elle menace en permanence d’utiliser son véto au Conseil de sécurité de l’ONU pour bloquer les éventuelles sanctions.

 

Nonobstant tout cela, ce ne sont pas les efforts pour résoudre le conflit ou venir en aide aux populations qui ont manqué. Sur le terrain, les ONG sont très actives et critiquent le manque d’intérêt de l’ONU. Dans de nombreux pays, des citoyens se sont mobilisés pour alerter l’opinion sur l’urgence de se pencher au chevet du Darfour. L’acteur de cinéma américain, George Clooney, s’est même investi à travers un film documentaire pour sensibiliser l’opinion américaine sur le conflit. Des enquêtes ont été menées ; des diplomates se sont succédé à Khartoum pour demander au Président Omar El-Béchir de venir en aide aux réfugiés. Des poursuites judiciaires, notamment des mandats d’arrêts internationaux, ont été engagées par la Cour pénale internationale contre des personnalités au sommet de l’Etat soudanais dont le président El-Béchir lui-même.

 

Quelle est la contribution de l’Union africaine dans toute cette agitation pour aider à résoudre la guerre civile au Darfour qui perdure ? A la faveur de la réunion à Abuja du Conseil de paix et de sécurité de l’organisation continentale, la quinzaine des chefs d’Etat et de gouvernement en feront leur plat de résistance. On peut néanmoins constater qu’au lendemain du mandat d’arrêt de la CPI contre le président soudanais, les pairs africains avaient dénoncé cette décision, préférant privilégier une solution soudano-africaine au conflit. On n’a pas non plus vu les résultats des forces d’interposition des 7000 soldats de l’Union africaine et des actions des casques bleus envoyés par l’ONU en renfort. C’est dire donc que le remède se fait toujours attendre. Jaillira-t-il de ce sommet d’Abuja ? Il faut l’espérer et le souhaiter.

 

Pour l’heure, il semble que ce soit le mandat d’arrêt de la CPI contre le président soudanais qui fait bouger les lignes. L’épouvantail est régulièrement agité notamment par les ONG et surtout par les OSC. Les organisations de défense des droits humains du Nigéria, à l’annonce de la venue d’El-Béchir dans leur pays, ont constitué un front uni. Finalement, Omar El-Béchir qui n’a pas fait le déplacement d’Abuja aura été ... le grand absent d’un sommet qui devrait se pencher sur son pays. Mais cette rencontre pourra-t-elle seulement engendrer une avancée face aux intérêts multiformes des grandes puissances au Soudan et à la propre indigence matérielle d’Omar El-Béchir ? On attend de voir.

 

Par Boureima OUEDRAOGO SONRE

MASSACRE DU 28 SEPTEMBRE EN GUINEE : Un rapport accablant pour la junte

Le pays          30 octobre 2009

 

« Les forces de sécurité ont encerclé et bloqué le stade, puis ont fait irruption à l’intérieur avant de commencer à tirer froidement sur les manifestants jusqu’à ce qu’elles n’aient plus de balles. Elles ont commis des actes atroces, des viols collectifs et des meurtres de femmes, sous les yeux de leurs commandants. Ce n’était pas un accident. » Voilà ce que déclare Georgette Gagnon, directrice de la division Afrique à Human Rights Watch après le dépôt du rapport de son organisation sur les événements du 28 septembre à Conakry.

 

 

Le rapport fourmille de témoignages accablants sur la barbarie des auteurs de ce qu’il est convenu d’appeler un guet-apens parce que le crime aurait été prémédité selon les auteurs du rapport. Circonstance aggravante s’il en est. La réaction de la junte est très attendue face à des accusations aussi graves. Aux premières heures du drame, la junte a voulu faire croire à une bavure, une opération qui a mal tourné. Cet argument est balayé du revers de la main par les conclusions du rapport. Le 28 septembre dernier, les militaires ont transformé le stade en une véritable souricière, violé, tué puis tenté de dissimuler certains corps.

 

C’est le tout premier rapport d’envergure internationale sur le massacre. Il provient d’une ONG dont l’indépendance ne saurait faire l’objet de doute. Toutefois, ce n’est pas encore l’enquête criminelle attendue, celle qui d’un point de vue pénal permettra de diligenter des poursuites judiciaires contre les auteurs du pogrom du 28 septembre. Human Rights Watch l’appelle d’ailleurs de tous ses vœux afin que la lumière soit faite à jamais. La balle est désormais dans le camp de l’Union africaine et des Nations unies. Ce rapport éclaire un peu plus les circonstances dans lesquelles les événements du 28 septembre ont eu lieu.

 

S’il permet de comprendre les faits, il n’est pas exclu qu’il contribue à accentuer la fracture entre l’opposition politique et les militaires et surtout celle entre les Guinéens. Le rapport l’évoque, il y a eu des relents ethnicistes dans la perpétration des crimes. La Guinée comme tous les pays africains connaît ce clivage parfois latent, parfois ouvert. Tous laissent croire que cet ingrédient-là a corsé un peu plus la répression. Et c’est la plus grande menace qui pèse sur ce pays. La conquête ou la sauvegarde du pouvoir ne doit pas conduire au repli identitaire. Avec une junte dont le chef dit ne pas maîtriser ses hommes, le risque de voir l’anarchie s’installer dans le pays est de plus en plus grand.

 

La prochaine rencontre des protagonistes de la crise guinéenne à Ouagadougou sera essentielle pour calmer le jeu et définir ensemble la voie de sortie de crise. La junte a certes le dos au mur, mais il faut éviter de lui donner des arguments de créer la chienlit pour gouverner ainsi dans l’anarchie et surtout dans l’impunité des crimes qu’il a commis. Le facilitateur devra faire appel au sens patriotique des parties. La stabilité du pays est en jeu.

 

Par Abdoulaye TAO

29 octobre 2009

ANGOLAGATE : Les agneaux du sacrifice

 

Le pays          29 octobre 2009

 

L’Angolagate est cette histoire obscure de vente d’armes entre la France et l’Angola de 1993 à 1998. Les deux principaux accusés, l’homme d’affaires français, Pierre Falcone, et l’Israélien, Arcadi Gaydamak, n’ont pas nié avoir fourni à la République lusophone du matériel militaire comprenant des chars, des navires de guerre, des hélicoptères militaires, des obus, etc. Pour cela, ils ont été condamnés chacun à 6 ans de prison ferme. L’Israélien sentant venir le roussi, avait préféré prendre la poudre d’escampette et se réfugier dans l’Etat hébreux.

 

photo_1256557206513-2-0_w350.jpgIls sont nombreux qui estiment que les têtes tombées à la suite du verdict du procès de l’Affaire ressemblent à celles de moutons sacrifiés. Certains des condamnés ne veulent pas pour autant se laisser conduire sans résistance à l’abattoir. Ils ne sont pas de simples quidams à qui il faut faire porter le chapeau. A l’époque des faits, certains des prévenus étaient de hautes personnalités de la France : Charles Pasqua, aujourd’hui Sénateur, était ministre de l’Intérieur. Il doit donc savoir beaucoup de choses. Jean-Christophe Mitterand, fils aîné du défunt président François Mitterrand, était le Conseiller Afrique de son père. Une si grosse affaire de 790 millions de dollars ne pouvait donc pas passer inaperçue.

 

Après le prononcé du verdict, l’ancien ministre de l’Intérieur commence à délier la langue et porte de graves accusations, peut-être un peu tardivement. ’’Le président de la République de l’époque était au courant de l’affaire de vente d’armes à l’Angola ; le Premier ministre était au courant ; la plupart des ministres aussi. Le moment est venu de mettre les choses au clair’’, crie haut et fort Charles Pasqua, qui clame son innocence et demande au Président Nicolas Sarkozy de lever le secret défense sur cette affaire qui paraît avoir touché le sommet de l’exécutif français.

 

L’ancien ministre de l’Intérieur vient ainsi de donner un grand coup de pied dans la fourmilière. Si Nicolas Sarkozy accède à sa requête, il faudrait faire attention aux scorpions qui en sortiront.

 

Même si ce procès paraît être, d’une certaine façon, celui de la vieille époque, celle des Mitterrandiens et des Chiraquiens, Sarkozy ne peut se permettre de lever ainsi le secret défense sans affaiblir ou fragiliser la France. L’Etat est une continuité. Aujourd’hui, et ce malgré lui, il est le dépositaire et l’héritier du dossier qu’il doit gérer avec délicatesse, s’il ne veut pas que la France soit la risée de la communauté internationale. N’est-ce pas, du reste, déjà trop tard avec ces propos de Charles Pasqua ? La France n’est-elle pas déjà éclaboussée par l’Affaire ? A l’époque des faits, l’Angola était en guerre civile et surtout sous embargo de l’Organisation des Nations unies. José Eduardo Dos Santos, Président angolais, avait demandé à la France de l’aider à acquérir des armes. Paris avait officiellement refusé. Officieusement cependant, l’Hexagone avait favorisé les contacts avec l’Israélien, Gaydamak, et l’homme d’affaires, Falcone. Le résultat de tout cela se retrouve aujourd’hui versé sur la place publique.

 

Cette sordide histoire vient encore une fois mettre à nu l’hypocrisie et le cynisme des puissances occidentales. Comment peut-on en effet comprendre que la France qui est membre du Conseil de sécurité de l’ONU et n’a pas opposé son véto à la décision de l’embargo, ait ainsi violé cette interdiction de commercer avec l’Angola sur les armes ?

 

L’embargo avait sans doute été décrété pour mettre un terme à la guerre civile extrêmement meurtrière. L’objectif recherché était à l’instauration de la paix et à la préservation des vies humaines. On se rend compte aujourd’hui que cela était le cadet des soucis des dirigeants français de l’époque. Cette affaire révèle ce que certaines puissances occidentales paraissent être et ce qu’elles sont réellement. La corruption et autres pratiques mafieuses collent aussi à la peau de leurs dirigeants. Les guerres, comme on s’en rend compte avec cette affaire, sont des opportunités de renforcement de leur puissance et d’accumulation d’énormes richesses.

 

La République d’Angola, contre qui était décrété l’embargo, est un pays riche de son pétrole et de ses autres ressources naturelles. C’est le cas de nombreux pays, africains notamment, sous sanctions décrétées par la communauté internationale. Rien ne prouve que de nos jours, des violations de sanctions ne sont pas opérées à l’insu de tous. Il faudrait alors attendre une vingtaine d’années environ, avant que le pot aux roses ne soit découvert si d’aventure le gâteau n’était pas équitablement partagé. Avec ce genre d’affaires, les dirigeants occidentaux n’ont vraiment pas de leçons de morale à donner à leurs homologues des pays pauvres en matière de lutte contre la corruption.

 

Nicolas Sarkozy ne lèvera, peut-être pas le secret défense comme le demande Charles Pasqua pour se faire blanchir. Ce serait tout simplement suicidaire. Certaines informations, on le devine bien, ne peuvent nullement être livrées sur la place publique. Pour cela, la raison d’Etat sera toujours invoquée. Les affaires secrètes doivent le rester. La France ne voudrait certainement pas ternir ses relations avec l’Angola, à la suite de l’embellie que l’on observe aujourd’hui suite aux efforts diplomatiques du Président Sarkozy. Elle ne peut pas prendre le risque de perdre un partenaire si important de par sa position géographique et ses richesses. Avec le procès en appel sollicité par Pasqua, une formule pourrait être trouvée pour satisfaire tout le monde. Pierre Falcone, qui jouit de l’immunité diplomatique angolaise, pourrait être expulsé de France et l’ancien ministre de l’Intérieur grâcié. L’honneur de la République sera alors sauf. Finalement, ce procès de l’Angolagate, à travers lequel l’indépendance de la justice française s’est manifestée, devrait aussi servir de leçon à tous les Africains. Nos dirigeans doivent plus que jamais promouvoir la démocratie, l’intégration et travailler à la paix et au développement humain durable.

 

"Le Pays"

Violation de l’embargo sur les armes en direction de la Côte d’Ivoire : Une pierre dans le jardin de Blaise Compaoré

L'Observateur paalga          29 octobre 2009

 

L’Afrique était un dépotoir. Elle reste de nos jours un champ d’expérimentation et un terrain idéal pour trafiquants d’armes. Les exemples sont légion. Dernier en date, l’Angolagate, le nom donné à un trafic d’armes dans les années 90 à destination de l’Angola. Cette affaire, qui a connu son épilogue devant le tribunal de Paris mardi dernier et dite « affaire Falcone-Mitterrand-Gaydimak », a, pour la première fois, révélé au grand jour les liens occultes et quasiment maffieux entre marchands d’armes et milieux politiques.

 

 

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Les deux principaux protagonistes de ce trafic juteux (environ 400 milliards de nos francs) que sont Arcadi Gaydamak et Pierre Falcone ont été condamnés chacun à six ans de prison ferme et les autres personnes incriminées écopent de peines moins lourdes assorties d’amendes de plusieurs milliers d’euros.

 

Dire que l’Afrique demeure une aubaine pour trafiquants d’armes de toute sorte, c’est trahir un secret de polichinelle. Cela tient d’autant plus de la lapalissade que pendant que mardi dernier l’Angolagate connaissait son dénouement judiciaire, les Nations unies décidaient de pointer un doigt accusateur sur les responsables de trafic d’armes en Côte d’Ivoire.

 

En 2005, en pleine crise politico-militaire, les Nations unies avaient décrété un embargo sur les armes à destination du pays du président Félix Houphouët -Boigny. Pour le groupe d’experts mandatés par le Conseil de sécurité pour enquêter sur ce trafic, « cet embargo est régulièrement violé aussi bien par l’ex- rébellion des Forces nouvelles que par le gouvernement avec de nombreuses entrées d’armes et de munitions en provenance du Burkina » et « malgré l’embargo sur les armes, les deux parties ivoiriennes dans le Nord et le Sud continuent de se réarmer ou de se rééquiper avec du matériel connexe ».

 

Voilà qui est dit et qui pourrait – si cette information est juste – compliquer singulièrement la tâche du facilitateur dans la crise ivoirienne. En effet, si ce rapport avait été sorti il y a quelques années, personne n’aurait rien eu à redire en criant au baudet, ce, d’autant plus qu’il bruissait de toutes parts que le Burkina était un grand fournisseur d’armes aux rebelles ivoiriens.

 

Mais de nos jours, où notre pays se démène comme un beau diable pour éteindre le brasier ivoirien, cela est difficilement compréhensible Et c’est peu dire que d’affirmer que ce brûlot concocté par les experts onusiens pourrait bien être une pierre jetée dans le jardin de Blaise Compaoré, celui-là même qui été choisi comme facilitateur.

 

Comment, véritablement, peut-il jouer son rôle de médiateur, c’est-à-dire être équidistant des deux parties, tout en poursuivant la fourniture d’armes à une des parties ?

 

Une autre préoccupation et non des moindres soulevée dans le rapport mérite vraiment qu’on s’y attarde un peu : il s’agit de la « course à l’armement » que l’on constate aussi bien du côté de la rébellion que du côté gouvernemental. Comment comprendre que, pendant que tous les regards sont tournés vers la présidentielle du 29 novembre prochain (dans un mois jour pour jour donc), les différentes parties ne soient préoccupées qu’à s’équiper en matériel de guerre ?

 

Certes, le report de la présidentielle est depuis un secret de polichinelle ; mais si, du côté pouvoir, acheter ce matériel de guerre pour équiper une armée républicaine pourrait aisément s’expliquer et se comprendre (si toute fois la Côte d’Ivoire n’était pas frappée d’embargo), cela l’est moins en ce qui concerne la rébellion armée.

 

Alors, les différents protagonistes de la crise ivoirienne jouent-ils vraiment franc-jeu afin de sortir de cette impasse ? Le doute est permis, ce, d’autant plus que plus jamais cette situation de ni guerre ni paix fait l’affaire de plus d’un. Alors qu’au-delà des petits intérêts personnels, il faudra bien sceller une paix de braves !

 

Boureima Diallo


 

lobservateur

NIGER : Tandja quitte sa tour d’ivoire

 

le pays          29 octobre 2009

 

Le 20 octobre dernier, le Niger a organisé, contre vents et marées, les élections législatives qui devaient parachever l’architecture du Tazartché de la 6e République née de la seule volonté du prince Tandja de se voir accorder un bonus de trois ans de règne.

 

0,,2385794_1,00.jpgComme prévu, son parti le MNSD Nassara a obtenu la majorité écrasante à l’Assemblée nationale qui lui permettra de légiférer sans trop de contestations. L’opposition nigérienne s’est abstenue de toute participation à ces élections législatives tout comme elle a refusé de cautionner le référendum constitutionnel du mois d’août. Cette fois cependant, la communauté internationale n’est pas restée de marbre, elle que l’on croyait incapable de ramener l’homme fort de Niamey sur le droit chemin. La CEDEAO et l’Union européenne ont toutes les deux demandé le report du scrutin législatif. Devant le silence des autorités de Niamey, les sanctions commencent à tomber. La CEDEAO a suspendu le Niger de toutes ses instances. C’est un fait assez rare dans les annales de cette institution, et apparemment, Niamey en a été pris de cours à tel point qu’il vient de dépêcher le tout nouveau premier ministre Ado Gamatié dans les capitales de la Communauté pour soit-disant expliquer la situation qui prévaut au Niger.

 

A l’étape de Ouagadougou, la délégation du premier ministre nigérien a déclaré que le message était de se concentrer sur l’avenir et sur les événements de ces derniers jours. En clair, le Niger demande l’absolution des hold up du 4 août et du 20 octobre 2009. Que la CEDEAO fasse table rase de toutes ces pratiques antidémocratiques. Assurément, c’est un gros piège que va tendre le président Mamadou Tandja à ses pairs, si d’aventure, ceux-ci acceptent de jouer les avocats de la cause nigérienne. La levée de la mesure de suspension devrait en principe être assortie d’un certain nombre de préalables qui seront discutés entre la CEDEAO et le Niger. L’institution communautaire joue sa crédibilité si elle ne marchande pas crânement la levée de la suspension contre quelques réajustements dans l’attitude de Niamey.

 

Déjà, avec cette tournée, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest marque un point. La suffisance et l’arrogance avec lesquelles les autorités nigériennes ont nargué leurs contempteurs ne sont plus de mise. Cette fois, elles veulent se faire comprendre, c’est déjà un pas vers le dialogue et la concertation. Mais le vrai débat, n’était–il pas celui avec son opposition avant le référendum ? L’Union européenne, premier partenaire du Niger, menace également de le sanctionner en suspendant son aide qui s’élève à près de 450 millions d’euros. C’est une manne non négligeable qui pourrait remettre en cause la mise en œuvre des chantiers pour lesquels le président Tandja s’est fait octroyer trois ans supplémentaires de mandat. La question aujourd’hui est de savoir comment revenir à l’ordre constitutionnel antérieur. C’est une perspective très improbable. A défaut, quelle porte de sortie proposer à Tandja : qu’il partage son pouvoir dans le cadre d’un gouvernement d’union ou qu’il s’engage à partir après les 3 ans de bonus ? Vu le cas Dadis, l’opposition nigérienne pourrait rejeter cette offre également. On n’est pas loin du cul de sac diplomatique.

 

Par Abdoulaye TAO

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