05 novembre 2009
Obama un an après : Le miracle va-t-il virer au mirage ?
L'observateur paalga 05 novembre 2009
Hier 4 novembre 2009, cela faisait exactement un an jour pour jour que Barack Obama a été élu président des Etats-Unis d’Amérique (USA). Une première dans l’histoire de la plus grande puissance du monde : un Noir est maître de la Maison-Blanche. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la planète entière a suivi avec émotion cet événement qui était en lui-même tout un symbole et une promesse.
Le symbole de l’égalité des hommes et des races ; et la promesse que le rêve américain se poursuivra encore et toujours. Cette victoire a été le point culminant de ce qu’on a appelé l’Obamania.
Il faut avouer que, des mois avant le scrutin, le fils de l’émigré kényan surfait sur une bonne vague, aussi bien en Amérique que dans le reste du monde. Et le 20 janvier 2009, le mari de Michèle prêtait serment avec une très forte aura et une cote de popularité à faire pâlir d’envie plus d’un chef d’Etat.
Aujourd’hui, un an après son élection et 9 mois après sa prise du pouvoir à Washington, l’effet Obama semble s’essouffler, surtout aux USA, où son tableau est moins reluisant. Le constat qui s’impose est que la cote de popularité du champion des démocrates s’effrite très rapidement dans son pays, même si le président américain continue de bénéficier de bonnes opinions dans le reste du monde.
Mais tout le monde sait qu’en politique, notamment dans les républiques démocratiques et non bananières, ce qui importe plus pour un dirigeant, c’est bien l’opinion de ses compatriotes que celle, on va dire, des citoyens du monde.
Après la pente ascendante, vient donc celle descendante. Et Obama n’échappe pas à cette règle. Seulement, il a enclenché la descente très tôt. Mais à sa décharge, il faut avouer que celui qui prônait le changement a pris les rênes du pouvoir à un moment doublement critique. Il a hérité de la patate chaude irakienne et afghane que lui a refilée George Bush.
Alors qu’il se demandait comment sortir de ces bourbiers, une catastrophe épouvantable a frappé son pays, puis le reste de la planète : les crises financière et économique internationales. La conjugaison de ces conjonctures ne lui a pas du tout facilité la tâche.
La hausse du chômage, les milliers d’Américains jetés dans la rue parce que ne pouvant plus payer la traite de leurs maisons, ajoutés aux décisions impopulaires qui s’imposent en période de crise ont fini par dicter un autre agenda politique et gouvernemental à Obama et ont fortement contribué à atténuer son aura et à éroder sa popularité.
Et signe que l’Obamania a comme du plomb dans l’aile, les démocrates ont perdu avant-hier deux Etats qui leur étaient traditionnellement acquis : en effet, la Virginie et le New Jersey seront dirigés par des gouverneurs républicains. Les candidats démocrates, malgré le soutien que leur a apporté Obama, n’ont pu conserver leurs postes.
Cette défaite, qui intervient pendant ce premier anniversaire de l’élection du premier président noir des USA, sonne comme un camouflet, ou alors un coup de semonce adressé en réalité au président pour désavouer sa politique. Barack Obama est véritablement au creux de la vague avec une réforme santé qu’il ne parvient pas pour l’instant à faire accepter par nombre de ses compatriotes. Tout se passe actuellement comme si le miracle qu’a été son élection est en train de virer au mirage.
Mais dans cette tourmente, tout n’est pas définitivement perdu pour le président, à qui il reste encore plus de 4 ans de mandat. C’est dire qu’il a suffisamment de temps pour redresser la barre et réussir à démontrer la pertinence de ses choix politiques. Et quand on voit ce qui reste au compteur de son mandat, on peut avancer que le temps joue en sa faveur.
En effet, si la reprise économique se confirme et se consolide rapidement, Obama pourra plus facilement faire passer certaines réformes et réussir, qui sait, le changement qu’il a promis au peuple américain et par ricochet au reste du monde.
San Evariste Barro
lobservateur
10:59 Publié dans BURKINA, DIASPORA AFRICAINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, usa, afrique
28 octobre 2009
COUT DE LA CORRUPTION DANS LE MONDE : Des faits et des chiffres
Le développement de la corruption dans un pays porte atteinte aux droits des citoyens parce que les ressources nationales destinées aux services essentiels et fondamentaux comme l’eau, l’éducation et la santé sont détournées. Il est plus que nécessaire d’accentuer cette lutte anticorruption. Pour mieux orienter cette lutte, il est nécessaire de quantifier avec précision l’ampleur du phénomène.

Le coût de la corruption est difficile à évaluer parce que l’acte de corruption se passe entre des individus dans le plus grand secret. Mais il existe dans le monde, différentes études qui fournissent des informations et des chiffres sur les manifestations du fléau.
Des études ont montré que la corruption dont se rendent coupables les citoyens des pays développés compromettent le développement des pays pauvres. L’Institut de la Banque mondiale estime : « la corruption sous forme de pots-de-vin à 1 000 milliards de dollars ». Mais elle affecte plus les Etats africains qui y perdent 25% de leur PIB chaque année selon U4 (Anti-corruption Resource Centre, 2007). Ce pourcentage correspond à la somme de 148 milliards de dollars au niveau mondial. En appliquant le taux de 25% au PIB du Burkina Faso qui était de 3 646 900 000 F CFA en 2008, le pays aurait perdu environ 911 755 000 F CFA en 2008.
Les citoyens des pays développés ne sont pas les seuls à s’adonner à la corruption. Le rapport de la Banque mondiale (Star report, 2007) dénonce l’attitude corruptrice des fonctionnaires des pays en développement qui détournent par an entre 20 et 40 milliards de dollars, soit l’équivalent de 20 à 40 % de l’aide publique au développement. Le rapport précise que les pays qui s’attaqueraient sérieusement à la corruption pourraient avoir une augmentation de 400% de leur PIB. En termes de chiffres pour le Burkina Faso, ce pourcentage correspondrait à la somme de 14 587 600 000 F CFA de manque à gagner.
Transparency International (TI) dans son rapport mondial 2006 sur la corruption estime que 50% des fonds alloués aux services de la santé du Ghana ne parvenaient pas aux destinataires. Ces détournements sont l’œuvre de fonctionnaires.
Il est reconnu que la corruption accélère l’épuisement des ressources naturelles pourtant indispensables à la subsistance de nombreuses communautés. Selon un rapport du PNUD (UNDP, Accelerating Human Development in Asia and the Pacific, 2008), le gouvernement de l’Indonésie a estimé que la déforestation coûte 4 milliards de dollars par an à la nation soit environ cinq fois le budget annuel du département indonésien de la Santé. Les effets néfastes de la corruption empêcheront certainement plusieurs pays de réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Selon le rapport mondial 2008 de TI sur la corruption, celle-ci augmenterait jusqu’à 30% le prix des raccordements aux réseaux d’eau potable, ce qui accroîtrait de plus de 48 milliards de dollars le coût de la réalisation des OMD en ce qui concerne l’eau et l’assainissement. Cette somme équivaut à la moitié de l’aide globale annuelle.
La corruption n’affecte pas seulement les pays pauvres. Par exemple, les entreprises allemandes perdent plus de 6 milliards d’euros par an à cause de la corruption, des détournements et de la fraude (German Martin Luther University of Halle-Wittenberg, Price Water House Coopers and Germany’s TNS-Emnid, 2007). Aussi, environ 50 milliards de dollars issus de la corruption sont déposés chaque année dans les comptes bancaires et dans les paradis fiscaux en Occident (Raymond Baker). Pour cet auteur, 250 milliards de dollars blanchis en provenance des pays en voie de développement sont transférés tous les ans vers les banques américaines.
"Primes et indemnités généreuses"
La corruption serait une des causes de la crise financière amorcée en 2007. En effet, la crise financière a révélé l’ampleur de l’incapacité des conseils d’administration des entreprises à imposer des contrôles plus stricts, même en période de crise. Des dirigeants ont continué à recevoir des primes et des indemnités généreuses, alors que l’on savait déjà que leurs stratégies d’investissement risquées avaient entraîné leurs entreprises au bord de la faillite et que cette situation allait nécessiter l’injection d’argent public. Cette situation est due au fait que dans de nombreux pays, les PDG (Présidents Directeurs Généraux) siègent au sein de multiples conseils d’administration, créant ainsi un vaste réseau de postes de direction entrecroisés. Les avantages mutuels n’encouragent pas encore la prise de décision critique. Dans la mesure où les PDG se retrouvent au conseil d’administration des entreprises, ils ont le pouvoir de récompenser les dirigeants de ces entreprises. Un directeur « insoumis » pourrait compromettre ses chances d’être reconduit dans ses fonctions lucratives dans ce conseil d’administration.
Dans le cadre d’une enquête menée en 2008 par Transparency International auprès de plus de 2 700 cadres dirigeants dans 26 pays, près de 2 personnes interrogées sur 5 ont déclaré avoir été invitées l’année précédente à verser des pots-de-vin au cours de leurs relations avec diverses institutions fournissant des prestations essentielles aux entreprises, comme les douanes et les services fiscaux, la justice, la police, les services d’enregistrement des actes et de délivrance des permis, ainsi que d’autres prestataires de services de base.
Dans le cadre d’une autre enquête menée auprès de plus de 1 000 dirigeants, près d’un sur cinq a affirmé avoir perdu un contrat en raison des pots-de-vin versés par un concurrent, et plus du tiers a estimé que le phénomène de corruption empirait. Ces résultats révèlent le degré d’usage de la corruption dans l’accès aux services et dans les marchés publics, ce qui joue sur la qualité des services et des marchés parce que ceux-ci sont attribués aux moins méritants.
Les recherches de TI ont permis de découvrir l’existence de 283 cartels internationaux privés entre 1990 et 2005 ayant contribué à faire perdre aux consommateurs à travers la surfacturation environ 300 milliards de dollars. Dans la seule année de 1997, les pays en développement ont importé 54,7 milliards de dollars de marchandises issues d’un échantillon de 19 industries ayant pris part à des activités d’entente sur les prix. Selon les estimations, les pertes économiques directes dues à la surfacturation liée aux cartels internationaux pourraient, à elles seules, égaler, voire dépasser, le volume total de l’aide au développement attribuée aux pays en développement. Ces pratiques faussent non seulement les règles de la concurrence mais aussi elles contribuent à appauvrir les pays pauvres au profit de vastes réseaux.
"Burkina : rectifier le tir"
Selon le rapport 2007 sur l’état de la corruption au Burkina Faso publié par le Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC), la corruption est répandue ou même très répandue au Burkina. 99,5% des 1700 personnes enquêtées à travers tout le pays sont de cet avis. Ils sont 68,8% à penser que la corruption est en progression. Ces fortes proportions traduisent une certaine « normalisation » de la corruption dans tous les secteurs d’activités au Burkina. L’enquête a révélé que près de la moitié (45%) des enquêtés ont expérimenté personnellement la corruption ou ont été témoins d’actes de corruption en 2007. Les plus fortes proportions ont été observées à Bobo-Dioulasso (54%) et à Ouagadougou (44%), les deux plus grandes villes du Burkina.
Le même rapport précise que l’Administration publique présente une mauvaise image auprès des populations puisque pour 55% et 27% des enquêtés, ce sont respectivement les agents d’exécution et les cadres supérieurs de l’Etat qui sont responsables des actes et faits de corruption dans le pays, exprimant ainsi les deux dimensions de la corruption, à savoir la grande corruption par les premiers et la petite corruption par les seconds. Quant aux secteurs d’activités les plus corrompus, on trouve en tête la douane, le couple police/gendarmerie, et le secteur des impôts. Le rang de ces services est conforme aux enquêtes précédentes du REN-LAC. Ils peuvent être considérés comme les services où se pratiquent le plus la corruption. Il y a des raisons objectives d’inquiétudes. Les services de la douane et des impôts sont les principaux collecteurs de fonds pour l’Etat. S’ils sont corrompus, leur travail ne peut se faire qu’au détriment de l’intérêt de la Nation. Il est donc temps de rectifier le tir.
Le Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC) lance un appel sur la nécessité pour les structures de veille et de contrôle du Burkina Faso de renforcer les enquêtes sur les cas de corruption. Ce qui permettrait de documenter l’ampleur des pratiques corruptrices, chiffres à l’appui et d’orienter les actions de lutte.
Le Réseau National de Lutte Anticorruption (REN-LAC)
10:43 Publié dans AFRIQUE, BURKINA, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ren-lac, corruption
26 octobre 2009
JUBILE D’OR DE LA Radio Nationale du Burkina : Gagner le pari de la numérisation
Le 25 octobre 2009, a eu lieu la cérémonie officielle du jubilé d’or de la Radiodiffusion nationale du Burkina (RNB), dans l’enceinte de la maison de la Radio. Rehaussée par la présence de nombreuses personnalités parmi lesquelles la présidente du Conseil supérieur de la communication et des membres du gouvernement, ainsi que des pionniers de la RNB, cette célébration a été marquée par les allocutions de la présidente du comité d’organisation, du directeur de la radio, du parrain Lucien Marie Noël Bembamba, du ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, ponctuées de prestations d’artistes musiciens.
Le 25 octobre 2009, la Radiodiffusion nationale du Burkina (RNB) a eu 50 ans d’existence, un âge d’or. Pour marquer d’une pierre blanche cet événement, le comité d’organisation a choisi ce jour pour l’apothéose des activités commémoratives du jubilé d’or de la radio. Animée par Marguerite Doannio et Gabriel Barrois, respectivement journalistes à la télévision et à la radio nationale, la cérémonie officielle a débuté par l’exécution de l’hymne national chanté par l’artiste burkinabè Wendy et repris en choeur par 40 choristes habillés aux couleurs nationales, dans un accompagnement parfait au piano et à la trompette. Après l’écoute d’un morceau du discours d’ouverture de la RNB prononcé par Feu le président Maurice Yaméogo le 25 octobre 1959, place fut faite aux allocutions. Dans son mot de bienvenue aux différentes personnalités venues rehausser de leur présence l’éclat de la manifestation, la présidente du comité d’organisation, Batouré Lamizana, a d’abord traduit sa reconnaissance aux responsables de la communication qui ont pris l’originale décision de confier l’organisation du cinquantenaire de la radio à des femmes, signe de leur attachement à la promotion de la gent féminine. Après avoir rendu un vibrant hommage aux pionniers de la radio, à qui des attestations de reconnaissance ont été décernées, Ouézen Louis Oulon, directeur de Radio Burkina, a présenté les différents défis qui attendent la doyenne des radios burkinabè. Ce sont essentiellement l’extension de son rayon de diffusion et la numérisation, d’ici à 2015, de son système de collecte, de traitement et d’émission de l’information. Et le parrain, Lucien Marie Noël Bembamba, ministre de l’Economie et des Finances, de rassurer ses filleuls du soutien du gouvernement, qui remettra à la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB), dans les prochains jours, du matériel de tournage et de numérisation d’une valeur de plus de 66 millions de F CFA. Une promesse qui a réjoui plus d’un, et qui a été saluée à sa juste valeur par Filippe Savadogo, ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication. Quant au site web de la radio - www.radionationale.bf -, il est désormais opérationnel, les autorités ayant effectué son lancement à la fin de la cérémonie. Mais avant ce dernier acte, le gâteau d’anniversaire fut coupé pour marquer les 50 ans de la RNB et, par anticipation d’un jour, les 50 ans de Yacouba Traoré, Directeur général de la RTB.
Le sens du jubilé...
Ouézen Louis Oulon, directeur de Radio Burkina
"Sous le signe de la numérisation du système"
"Ce jubilé d’or de Radio Burkina est une opportunité pour nous de nous donner une nouvelle dynamique. Pas parce que ceux qui ont travaillé pendant 50 ans n’ont pas bien travaillé, mais pour les féliciter d’avoir bien entretenu cet outil et de nous le laisser sans rouille. Actuellement, il y a des exigences d’équipement, notamment la numérisation pour laquelle nous sommes déjà à près de 40%, et d’ici à 2010, nous comptons pouvoir couvrir tout le système de collecte et de traitement de l’information. Puis, nous l’étendrons au système d’émission. Pour cela, nous disons merci au gouvernement qui a consenti plus de 60 millions pour l’organisation de cette rentrée et qui a pris l’engagement de nous accompagner avec déjà une promesse de matériel. Ce cinquantenaire, nous le plaçons aussi sous le signe de l’amélioration qualitative du contenu de nos programmes. Dans une perspective immédiate, nous allons aller à 1h du matin, puis 2h, et lorsque nous aurons le matériel, ça sera l’explosion du non-stop. Quelle que soit la puissance de nos émetteurs, nous ne pouvons pas atteindre tous les Burkinabè de l’étranger, mais Internet nous permettra désormais de le faire, car nous devons beaucoup à ces auditeurs."
Par Honoré OUEDRAOGO
08:45 Publié dans BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rnb, radio nationale du burkina, lucien marie noël bembamba
15 octobre 2009
COUPE DU MONDE 2010 : Le mythique trophée à Kosyam
Ouagadougou a reçu les 13 et 14 octobre 2009 le trophée de la Coupe du monde de la FIFA. Une visite qui se situe dans le cadre d’une tournée africaine du trophée, initiée par la FIFA et Coca cola.

La délégation s’est aussitôt dirigée au palais présidentiel de Kossyam où elle a été reçue par le couple présidentiel et leur fille. Le délégué FIFA des médias, Emmanuel Maradas a, dans un premier temps, remercié le président du Faso d’avoir autorisé la venue du trophée au Burkina en lui garantissant toute la sécurité. Il a ensuite, au nom du président de la FIFA, Joseph Sepp Blatter, félicité le chef de l’Etat et le peuple burkinabè pour la brillante qualification des Etalons à la CAN, tout en espérant que le Burkina répondra présent au prochain rendez-vous du mondial. Le directeur général de la Brakina, Marc Pozementier a rappelé le partenariat qui existe entre Coca cola et la FIFA avant de donner le programme du séjour du trophée.
Le président du Faso, Blaise Compaoré, a été l’unique personne à toucher et brandir le trophée comme l’a exigé la FIFA avant de poser avec son épouse Chantal et sa fille Djamila avec le précieux bijou pour la postérité. Le chef de l’Etat a exprimé toute sa joie et le plaisir d’être en contact avec ce monument. Pour Blaise Compaoré, c’est une fierté pour l’Afrique d’abriter la coupe du monde et dans ce sens, il a félicité le président de la FIFA, Sepp Blatter et son équipe pour tout le travail qu’ils font.
Cet objet mythique relevant presque du rêve de 36 cm de haut, pèse 6,175 kg et est en or massif 18 carats oeuvre du sculpteur italien, Silvio Gazzaniga et sa valeur marchande n’a pu être dévoilée malgré la curiosité des hommes de médias à la conférence de presse du 14 octobre. Emmanuel Maradas a tout simplement indiqué que tout pays, qui participe à la coupe du monde et joue uniquement les 3 matchs de poule du 1er tour, rentre chez lui avec la somme de 3,5 millions de dollars soit environ 1,8 milliards de F CFA. Il a tenu à préciser qu’il s’agit de l’unique et authentique trophée de la coupe du monde de la FIFA. En organisant cette tournée, l’objectif pour la FIFA est d’amener les pays africains à fédérer autour de l’Afrique du Sud qui accueille le prochain mondial en 2010. C’est ce qu’a également indiqué le responsable de la communication de Coca cola pour l’Afrique de l’Ouest, Don Dussey Yao avant d’ajouter que c’est aussi une façon de susciter des talents et stimuler la jeunesse à se donner l’envie de participer au mondial et pourquoi pas de remporter le trophée un jour.
Don Dussey Yao a fait savoir que leur partenariat avec la FIFA vise également la découverte de talents à travers l’organisation d’une compétition scolaire la Copa Coca cola. Une compétition qui a permis, confie-t-il, de révéler l’Argentin Lionel Messi. Il faut souligner que le trophée a par la suite été exposé dans une baie vitrée au Centre culturel français Georges Méliès où des fans du football et bien d’autres personnes munis d’invitation ont pu le voir et faire des photos. Auparavant, des privilégiés ont eu ce même droit dans la soirée du 13 octobre. Il faut noter que le trophée a pris la direction de Niamey au Niger dans l’après-midi du 14 octobre.
Par Antoine BATTIONO
09:03 Publié dans BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : coupe du monde 2010, blaise compaoré
12 octobre 2009
Sommet mondial sur le climat : L’Afrique chauffée à blanc pour Copenhague
Le 7e forum mondial sur le développement durable, ouvert à Ouagadougou le vendredi 9 octobre 2009, s’est achevé hier, dimanche, par l’adoption d’une position commune de l’Afrique pour le prochain sommet prévu en décembre à Copenhague. Sous la coupole du nouveau palais des Sports sis à Ouaga 2000, plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, à travers une déclaration dite « déclaration de Ouagadougou », plaident pour des compensations pour un continent qui “souffre” le plus des changements climatiques.
En rangs serrés, détermination affichée et voix unifiées, les Africains se préparent pour le grand sommet sur les changements climatiques prévu en décembre à Copenhague.
Débuté dans la capitale burkinabé le vendredi 9 octobre 2009 sous le thème : « Changements climatiques : quelles opportunités pour un développement durable », le 7e forum mondial sur le développement durable a révélé une Afrique unie, comme rarement elle l’a été.
Outre l’objectif de consolidation d’une position commune africaine pour les négociations en vue de la prochaine rencontre dans la capitale danoise, la réunion de Ouagadougou visait, entre autres, l’élargissement de la prise de conscience des enjeux climatiques pour le développement ; l’élaboration d’un inventaire et d’une évaluation des nouvelles opportunités de développement que pourraient offrir les changements climatiques au plan financier ; la formulation de résolution, d’orientation et de recommandation pour une exploitation effective de ces nouvelles opportunités.
Après la session des experts, le jour de l’ouverture des travaux, suivie, le lendemain, du raout des ministres en charge de l’Environnement dont le Français, Jean Louis Borloo, place à la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement et de personnalités d’institutions régionales et internationales.
Avec en guest star, l’ancien locataire de l’Elysée, Chirac « l’Africain », dont la fondation, qui porte son non, intervient dans la préservation de la nature. Ce segment de haut niveau, ainsi qu’on a nommé la rencontre des dirigeants, au nombre de six (1) au lieu de la quinzaine comme annoncée, a été une véritable tribune pour afficher la position commune d’un continent face à une menace collective.
L’appel du ministre burkinabé de l’Environnement et du Cadre de vie, Salifou Sawadogo, sur la nécessité de saisir toutes les occasions pour « approfondir et harmoniser les points de vue africains » avant l’échéance de Copenhague, trouve prolongement dans cette mise en garde du directeur général du Forum, Emile Mallet, fondateur de la revue « Passages » : « Il n’y aura pas de développement durable tant qu’un seul pays manquera à l’appel.
Les pays pauvres et spoliés doivent participer au banquet des grands ». Impressionné par l’importance numérique des engins à deux roues à Ouaga, il a invité les autres villes à expérimenter l’usage massif de ce moyen de locomotion à faible émission de gaz à effet de serre. Applaudissements dans la salle.
La rencontre s’est surtout penchée sur l’impérieuse nécessité pour l’Afrique de s’adapter aux changements climatiques. Un aggiornamento qui passe par l’intégration de la nouvelle donne écologique dans les politiques, programmes et stratégies de développement au niveau local, national et régional (lire déclaration de Ouagadougou).
Toutefois, sous le rapport causes-conséquences, la problématique de l’environnement soulève, aux yeux de bien de décideurs présents au forum, une question d’iniquité : « Il y a une injustice flagrante. Tout en étant le continent qui participe le moins au rejet de gaz à effet de serre, environ 3,8%, l’Afrique est paradoxalement la plus vulnérable, la moins armée face aux changements climatiques », s’est indigné, en substance, le président de la commission de l’Union africaine, le Gabonais Jean Ping. Il a alors prôné l’application de « la responsabilité partagée et différenciée », formule qui rappelle, à bien des égards, une autre toujours au stade de vœu pieux : le principe du pollueur payeur.
Jacques Chirac, qui n’a jamais fait mystère de son attachement sentimental pour le Berceau de l’humanité, a, devant ses ex-pairs, mais toujours ses « amis », réitéré sa foi inébranlable en la culture africaine comme moteur du développement : « Je suis contre les dédommagements pour que l’Afrique ne touche plus à ses forêts, à ses ressources naturelles.
Rêvons d’une Afrique industrialisée selon sa culture, selon son modèle ». Puis d’exhorter de sa voix à la vigueur intacte même si ses capacités physiques le sont moins : « Le continent n’aborde pas, démuni, la conférence de Copenhague. Il peut faire inscrire ses priorités dans l’agenda.
Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi et Blaise Compaoré [NDLR : les deux ont été désignés comme porte-flambeaux de la cause africaine lors de la prochaine rencontre au pays des vikings] sont des voix qui comptent dans le monde ».
Pour le chef de l’Etat burkinabé, Blaise Compaoré, la préservation du système climatique exige la réduction des gaz à effet de serre par rapport à leur niveau de 1990. Sur ce point, il a cité les préoccupations toujours objet de négociation : le maintien des acquis de la convention et du protocole de Kyoto sur les engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés ; le soutien des pays en développement pour l’adaptation, l’accès à l’énergie, le transfert de technologies, le renforcement des capacités et l’obtention de financements conséquents ; la négociation d’un nouvel ordre permettant d’impliquer d’autres parties non signataires du protocole de Kyoto.
Pour la concrétisation des actions d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques, l’hôte du sommet dévoile son mode opératoire : « Le Burkina Faso envisage en 2010, et dans l’accompagnement du forum mondial du développement durable, la convocation d’assises financières africaines, à même de faire émerger les régulations économiques et les compensations indispensables à un développement durable du continent ». A la clôture du forum, une pluie inattendue mais bienfaisante est tombée sur la capitale. Signe avant-coureur du changement climatique dont il a été tant question trois jours durant à Ouagadougou.
(1) Le Béninois Thomas Yayi Boni, le Congolais Dénis Sassou-N’Gesso, le Centrafricain François Bozizé, le Malien Amadou Toumani Touré, le Togolais Faure Gnassingbé et l’hôte du sommet, le Burkinabé Blaise Compaoré. Etaient aussi présents, les Premiers ministres ivoirien, Guillaume Soro, et guinéen, Kabiné Komara.
Alain Saint Robespierre
lobservateur
10:40 Publié dans AFRIQUE, BURKINA, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10 octobre 2009
Burkina Faso : Pour affronter le réchauffement climatique, l'Afrique réclame 65 milliards de dollars
Deux mois avant le sommet crucial de Copenhague, l'Afrique, continent le plus vulnérable au réchauffement du climat, a placé la barre très haut en estimant vendredi à Ouagadougou avoir besoin de 65 milliards de dollars pour faire face aux nouveaux défis climatiques.
L'Afrique a besoin de 65 milliards de dollars (44 milliards d'euros) pour faire face aux changements climatiques, a indiqué vendredi le président du comité d'organisation du 7ème Forum mondial sur le développement durable, Salifou Sawadogo.
"Nous pensons qu'il faut 65 milliards de dollars pour pouvoir faire face, d'un point de vue continental, à ces phénomènes de changement climatique. C'est dire que nos attentes sont très importantes", a ajouté Salifou Sawadogo, également ministre burkinabè de l'Environnement.
Il s'exprimait en marge de l'ouverture à Ouagadougou du 7ème Forum mondial sur le développement durable consacré aux changements climatiques, organisé deux mois avant le sommet crucial de Copenhague, par le gouvernement burkinabè en partenariat avec les Nations unies et l'Union africaine (UA).
"Nous sommes tous sur la même planète, il y a donc un devoir de solidarité pour permettre aux pays les plus vulnérables, nous autres, de pouvoir conduire des politiques d'adaptation face aux changements climatiques", a-t-il ajouté.
L'Afrique intransigeante
"Dernièrement, le Premier ministre éthiopien (Meles Zenawi) a été catégorique. Si rien n'est fait, l'Afrique quittera la salle" lors du sommet de Copenhague (7 au 18 décembre), a-t-il rappelé. "L'Afrique devrait être entendue et nous n'entendons pas marchander sur quoi que ce soit", a-t-il insisté, tout en relevant toutefois que "pour des négociations, naturellement, il y a des compromis à faire de part et d'autre".
Continent le plus pauvre du monde, très peu industrialisé, l'Afrique et ses plus de 800 millions d'habitants représentent moins de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Et la forêt du bassin du Congo constitue le deuxième "poumon" de la planète avec l'Amazonie. Mais le dérèglement du climat devrait affecter des régions déjà très fragiles, où l'agriculture, qui détient le taux d'irrigation le plus faible au monde, est fortement dépendante des pluies.
L'avancée du désert du Sahara accentuerait également les phénomènes de migration. Ces derniers mois, des inondations en Afrique de l'Ouest, notamment à Ouagadougou où 263 mm d'eau sont tombés en seulement 12 heures le 1er septembre, et une sécheresse historique dans la Corne de l'Afrique ont rappelé la nécessité d'une adaptation rapide du continent.
Equilibre entre pollueurs et payeurs
A Copenhague, "il faut qu'il y ait de l'écoute réciproque", a plaidé Youssouf Ouédraogo, ancien Premier ministre du Burkina et actuellement conseiller spécial du président de la Banque africaine de développement (BAD). "Il ne faut pas qu'il y ait de surdité, il faut que l'Afrique ne sente pas que, finalement, bien qu'elle soit la moins pollueuse, ses avis et ses revendications ne sont pas écoutés, cela serait dangereux", a-t-il averti.
Avec la crise économique, "les ressources des pays développés se sont contractées", a toutefois rappelé le président du conseil d'administration de l'Agence française de développement (AFD), Pierre-André Wilzer. "Et on ne peut pas imaginer que du jour au lendemain, l'an prochain, on va pouvoir augmenter de 50% l'aide au développement mondiale", a-t-il souligné.
Dans un premier temps, "une part importante" de l'aide publique au développement des bailleurs mondiaux, soit entre 130 et 150 milliards de dollars par an, "doit être reconvertie en direction de projets sobres" en énergie polluante, selon lui.
Selon M. Sawadogo, une dizaine de chefs d'Etat africains, le président de la Commission de l'UA Jean Ping, l'ex-président français Jacques Chirac et le ministre français de l'Environnement Jean-Louis Borloo doivent participer à la dernière journée des travaux dimanche.
11:57 Publié dans AFRIQUE, BURKINA, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : burkina faso, développement durable, changements climatiques
06 octobre 2009
Indice de développement humain du PNUD: le Burkina Faso 177e sur 182
Le Burkina Faso mal classé
L’IDH est un indicateur du bien-être de la population, qui mesure le niveau atteint par un pays en termes d’espérance de vie, d’instruction, du PIB par habitant,... Cette année, il a été calculé pour 182 pays et territoires, soit la couverture la plus large à ce jour. Les estimations, qui reposent sur les informations disponibles les plus récentes recueillies par les Nations Unies et d’autres partenaires internationaux, s’appuient sur les données de 2007 (avant donc la crise financière internationale).
Aucun pays africain, et ce n'est pas un scoop, ne figure dans la liste très sélecte des 38 pays où le développement humain est jugé «très élevé». La Norvège, l’Australie et l’Islande occupent les plus hautes marches du podium, suivis du Canada, de l’Irlande, des Pays-Bas, de la Suède, de la France…
La Libye, avec sa 55e place dans la liste des pays au «développement humain élevé», est le pays africain le mieux classé, devant des pays comme Oman, les Seychelles, le Venezuela, l’Arabie Saoudite et le Liban.
Il faut plonger dans les profondeurs de la liste pour découvrir la masse des pays africains qui y pataugent. Avec 22 pays figurant au bas du classement, l’Afrique fait grise mine. Le Burkina, classé avant-dernier dans le rapport 2007-2008 (176e sur 177), occupe cette fois-ci le 177e rang (sur 182), et fait mieux que le Mali, la république centrafricaine, la Sierra Leone et l’Afghanistan. Le Niger, bien que gorgé d’uranium, mais avec un revenu annuel par habitant d’environ 600 dollars et plus de 70% d’adultes illettrés, fait figure de dernier de la classe. Seuls intrus dans cette cohorte de "lanternes rouges", le Timor et l’Afghanistan, qui bien qu’ayant reçu plus de 20 milliards de dollars de l’Occident depuis la chute des talibans en 2001, connaît une forte mortalité infantile.
Il est à noter que dans le même temps, le PNUD a publié son rapport mondial sur le développement humain intitulé «Lever les barrières : mobilité et développement humains», qui tente de démontrer «que la migration peut améliorer le développement humain pour les personnes migrantes, pour les communautés d’accueil et celles de départ».
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20 pays où le développement humain est «très élevé»
1 -Norvège
2- Australie
3 -Islande
4 -Canada
5 -Irlande
6- Pays-Bas
7 -Suède
8 -France
9 -Suisse
10 -Japon
11- Luxembourg
12 -Finlande
13-États-Unis
14- Autriche
15- Espagne
16 -Danemark
17 -Belgique
18 -Italie
19- Liechtenstein
20 - Nouvelle-Zélande
24 pays où le développement humain est «faible»
159- Togo
160 -Malawi
161 -Bénin
162 -Timor-Leste
163 -Côte d’Ivoire
164 -Zambie
165 -Érythrée
166 -Sénégal
167 -Rwanda
168- Gambie
169 -Libéria
170 -Guinée
171- Éthiopie
172 -Mozambique
173 -Guinée-Bissau
174 -Burundi
175 -Tchad
176 -Congo (République Démocratique du)
177 -Burkina Faso
178- Mali
179- République centrafricaine
180- Sierra Leone
181 -Afghanistan
182 -Niger.
Par Désiré T. SAWADOGO
09:19 Publié dans BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : burkina faso, classement pnud, idh
03 octobre 2009
Guinée : Blaise Compaoré facilitateur dans la crise guinéenne

En Guinée, comme à l'étranger, il semble que désormais, on considère que le salut ne peut venir que de l'extérieur. Ce fut d'ailleurs la teneur de l'appel à l'aide lancé tôt vendredi matin par les Forces vives, à l'issue d'une réunion. Appel au Groupe de contact international sur la Guinée, à l'Union africaine et à la CEDEAO pour l'envoi d'une force de paix chargée « de protéger les populations guinéennes contre ses forces armées déchaînées ».
Craignant pour la stabilité de la sous-région, la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, avait, de son côté, demandé la convocation d'une réunion d'urgence de la CEDEAO. L'organisation régionale avait été très prompte à réagir au massacre de lundi en le condamnant et réclamant une commission d'enquête internationale. Cette position a été ensuite reprise par l'ONU.
Résultat : le président en exercice de la CEDEAO, le Nigérian Umaru Yar'Adua a mandaté son homologue burkinabè Blaise Compaoré pour servir de facilitateur dans la crise guinéenne. Une mission que le président Compaoré connaît bien puisqu'il est déjà « facilitateur » dans les crises ivoirienne et togolaise.
Pas question donc d'une force de paix pour le moment. L'heure pour la CEDEAO est à la discussion. Blaise Compaoré devra travailler à relancer le dialogue entre l'opposition et la junte, et tenter de maintenir le cap vers la présidentielle du 31 janvier prochain.
09:15 Publié dans AFRIQUE, BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : burkina faso, guinée, blaise compaoré, moussa dadis camara
19 septembre 2009
Côte d'Ivoire / Burkina Faso : Lune de miel à Abidjan
Le président ivoirien, Laurent Gbagbo (g) et le président burkinabé, Blaise Compaoré (d), à l'aéroport de Yamoussoukro, le 15 septembre 2009.
(Photo : AFP)
La détente entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso avait déjà débuté depuis les accords de Ouagadougou, il y a deux ans, et le passage de Blaise Compaoré du rôle de parrain présumé des ex-rebelles ivoiriens à celui de médiateur. Mais cette visite officielle en Côte d'Ivoire de Blaise Compaoré - sa première depuis l'élection dans ce pays du président Laurent Gbagbo en 2000 - a incontestablement scellé la réconciliation entre les deux voisins.
Il y a les symboles forts : la visite du président burkinabé dans le village natal de Laurent Gbagbo, mercredi, puis le discours de Blaise Compaoré devant le Parlement ivoirien, événements, il n’y a pas si longtemps, inimaginables. Il y a aussi les actes posés par les deux chefs d’Etats pour cimenter cette nouvelle relation, comme le lancement d’un projet d’autoroute entre Yamoussoukro et Ouagadougou.
Jeudi soir, à l’occasion d’une soirée de gala au palais présidentiel, Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo ont également fait assaut d’amabilités. « Il s’agit de retrouvailles entre amis et frères, a lancé le président ivoirien. On s’est engueulés. (…) On est allé jusqu’au bout et aujourd’hui, on va jusqu’au bout de l’intégration. »
Le président ivoirien, Laurent Gbagbo
Même ton pour le président burkinabé : « Des années 1980, jusqu’à nos jours, même au plus fort de la crise, nous nous sommes toujours parlés, parce qu’on savait que cette crise allait être passagère et parce que nous savions que ce n’était qu’une étape dans la construction de notre destin commun », a déclaré Blaise Compaoré.
Le président burkinabé, Blaise Compaoré
La hache de guerre semble donc définitivement enterrée. Et passé ces gestes de réconciliation, le chef de l'Etat burkinabé a, dès ce vendredi, repris sa casquette de facilitateur en rencontrant le Premier ministre Guillaume Soro, issu des ex-Forces nouvelles, et les autres acteurs de la scène politique ivoirienne.
10:24 Publié dans AFRIQUE, BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : coopération burkina-côte d'ivoire, blaise compaoré, laurent gbagbo
17 septembre 2009
Coopération ivoiro-burkinabè : Gbagbo et Blaise mettent le turbo à Yakro
L'Observateur paalga jeudi 17 septembre 2009

Après la ratification, par les deux pays, du Traité d’amitié et de coopération conclu entre la Côte d’Ivoire et le Burkina le 29 juillet 2008 à Ouagadougou, le Conseil des ministres conjoint et la première conférence des chefs d’Etat se sont réunis le mardi 15 septembre 2009 à Yamoussoukro. Une occasion pour les présidents Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo de mettre le turbo, en prenant des engagements forts en vue du renforcement des relations entre les deux rives de la Léraba.
A des visiteurs qui s’étonnaient, il y a deux, trois ans, du aussi brusque que surprenant réchauffement des relations entre les présidents burkinabè, Blaise Compaoré, et ivoirien, Laurent Koudou Gbagbo, ce dernier, avec la gouaille et le sens de la répartie qu’on lui reconnaît volontiers, aurait répliqué, sec : “C’est nous qui avions dit qu’on ne s’entendait pas, c’est nous qui vous disons aujourd’hui qu’on s’entend.

Où est votre problème ? “Au-delà de l’anecdote, du reste invérifiable, on a pu prendre une fois de plus la pleine mesure de l’état de l’axe Ouagadougou-Abidjan, gelé il n’y a pas encore si longtemps, et devenu particulièrement chaleureux, notamment depuis la signature de l’Accord politique de Ouagadougou sous le magistère du chef de l’Etat burkinabè. Mariage d’amour ou de raison ?
Allez savoir ! Comme si la température ambiante voulait d’ailleurs refléter ce dégel, ce mardi 15 septembre 2009, la fraîcheur du matin avait fait place à une chaleur presque étouffante sur l’aéroport de Yamoussoukro, où “Le Pic du Nahouri”, l’avion présidentiel burkinabè, a atterri sur le coup de 11h45 mn.
L’illustre passager est accueilli au pied de l’échelle de coupé par un Laurent Gbagbo toujours aussi décontracté. Tout le contraire de son hôte, plutôt réservé voire distant. L’eau et le feu. Accolades, honneurs militaires, 21 coups de canons traditionnels, petit bain de foule, en l’occurrence avec les troupes de danse et la communauté burkinabè, rameutées pour l’occasion.
Véritable conseil des ministres commun
Le locataire du palais de Kosyam, qui entamait ainsi une visite officielle de 96 heures en Côte d’Ivoire, a été précédé, deux heures et demie plus tôt, de son Premier ministre, Tertius Zongo, qui a, lui, fait l’aller-retour pour participer au premier conseil de gouvernement conjoint, puis à la première conférence au sommet après la ratification, par les deux pays, du Traité d’amitié et de coopération, signé le 29 juillet 2008 à Ouagadougou à la faveur de la visite d’Etat de Gbagbo.
Ces deux instances ont été précédées de la réunion des experts le 13 septembre et de celle des ministres sectoriels le 14. Face à face, les membres du gouvernement des deux Etats “pour se pencher sur des questions précises afin d’y trouver des solutions ou d’améliorer les pratiques existantes”, lance d’entrée Youssouf Bakayoko, le chef de la diplomatie ivoirienne.
A ses côtés, ses collègues Amadou Koné (Intégration africaine), Gilbert Bleu Laîné (Education nationale), Jeanne Penhmond (Femme, Famille et Affaires sociales), Patrick Achi (Infrastructures économiques), Albert Mabri Toikense (Transports), Désiré (Togro (Intérieur), Daniel Aka Ahizi (Eaux et Forêts), Augustin Komoé (Culture), Amadou Gon Coulibaly (Agriculture), Ibrahim Sy Savane (Communication), etc.
Dans le camp burkinabè, qui sera rejoint plus tard par Alain Yoda (Affaires étrangères) et Lucien Marie-Noël Bembamba (Economie et Finances), on aperçoit Minata Samaté (ministre délégué à la Coopération régionale), qui conduit la délégation à la rencontre sectorielle, Gilbert Ouédraogo (Transports), Kader Cissé (Carrières, Mines et Energie), Sékou Bâ (Ressources animales), Emile Ouédraogo (Sécurité), Noël Kaboré (Postes, Technologies de l’information et de la communication), Filippe Sawadogo (Culture, Tourisme et Communication), Toussaint Abel Coulibaly (Collectivités territoriales).
Vaincre ou périr ensemble
Un véritable conseil des ministres commun donc pour mettre en musique le Traité, qui a, de l’avis du chef du gouvernement ivoirien, Guillaume Kigbafori Soro, “inauguré une vision et une volonté partagées des Ivoiriens et des Burkinabè, qui souhaitent, désormais, relever ensemble les défis du présent et de l’avenir, en assumant parfaitement l’héritage du passé”. S’il reconnaît que les “liens exceptionnels” entre les deux nations “ont parfois connu des moments difficiles”, Tertius Zongo affirme toutefois que l’Acte du 29 juillet a “formalisé et scellé un pacte qui a toujours existé...
Il nous appartient aujourd’hui d’assurer l’avènement des temps de la prospérité partagée”. Minata Samaté, un rien plus catastrophiste, ne dit pas autre chose quand elle avance, d’une voix posée, que “ce Traité nous met tous devant nos responsabilités : celle de réussir ou d’échouer ensemble, de développer harmonieusement nos pays ou de végéter dans la pauvreté ensemble, de vaincre ou de périr ensemble”.
D’où l’impérieuse nécessité, selon elle, “d’examiner minutieusement et sans complaisance cette coopération, d’identifier les difficultés et de proposer des solutions à même de nous permettre de répondre aux attentes de nos gouvernements et de nos populations”. C’est visiblement ce qui a été fait à la Fondation Houphouët-Boigny pour la paix de Yakro comme on dit ici. La journée marathon du 15 septembre a accouché, peu avant 20 heures, d’un communiqué conjoint, lu par Tertius, qui effectuait en fait son premier déplacement en Eburnie depuis sa nomination en juin 2007. A côté de lui, son homologue ivoirien et derrière eux, leurs patrons respectifs.
Des décisions importantes
A vrai dire, ces retrouvailles ivoiro-burkinabè dans la région des Lacs ont été l’occasion de décisions importantes, d’engagements ou de projets, comme pour marquer les esprits et montrer que tout ce ramdam n’est pas que phraséologie politico-diplomatique. En voici quelques-uns (voir détails, pages 10 et 11) :
la suppléance diplomatique mutuelle dans les Etats où l’un n’est pas représenté ;
l’organisation d’opérations conjointes de lutte contre le grand banditisme et la criminalité transfrontalière ;
la prise de mesures appropriées (par la partie ivoirienne) pour améliorer la fluidité du trafic ;
la participation du Burkina au Conseil d’administration du Port autonome d’Abidjan (PAA) ;
le règlement de tous les problèmes liés au chemin de fer ;
l’instauration d’un dialogue sur la gestion des OGM, notamment dans le secteur du coton ;
le renforcement de la coopération en matière de défense, d’échange du permis de conduire, de sécurité sociale, etc.
Au regard de cette batterie de résolutions, qui prennent l’allure d’un programme commun de gouvernement, c’est donc une nouvelle dynamique dans les relations, souvent passionnelles entre les deux rives de la Léraba, qui vient d’être enclenchée à Yamoussoukro, en vertu de laquelle ceux qui se traitaient de tous les noms d’oiseaux sont redevenus les vieux complices qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être.
Et rêvent de faire de l’attelage ivoiro-burkinabè, à l’image du couple franco-allemand en Europe, la locomotive de l’intégration sous-régionale. Et ils viennent de mettre le turbo cette semaine avec ce thème de l’amitié entre les deux pays, décliné sur tous les tons.
Mariage d’amour ou de raison ?
Les choses sont-elles pour autant si simples ? Mariage d’amour ou de raison ? demandions-nous plus haut. En tout cas, si les scènes de ménage relèvent jusque-là du secret d’alcôve, et si la vaisselle ne vole pas encore en éclats dans le foyer, en privé, l’un des conjoints ne manque pas d’exprimer ses états d’âme : “Il y a des pistes concrètes de coopération qui sont dégagées, mais, pour le moment, c’est sur du papier”, confie sous le couvert de l’anonymat un membre de la délégation burkinabè, qui laisse entendre que l’autre partie ne joue pas toujours franc-jeu.
Et de prendre en exemple la dette postale que la Côte d’Ivoire traîne depuis une décennie pratiquement et qui, après des années de manœuvres dilatoires, a fini par faire l’objet, mardi, d’une procédure d’apurement. “S’ils veulent, ils peuvent même payer dès ce soir les 3 milliards et quelques qu’ils nous doivent. Au lieu de cela, on va encore s’embarquer dans un cycle de réunions, ce qu’on fait déjà depuis des années”.
A tout le moins, ce dossier est symptomatique du hiatus qu’il peut y avoir entre les grandes envolées lyriques et la réalité du terrain, entre les arrangements d’états-majors et le reste de la troupe, qui peut renâcler à suivre ou ne pas se sentir concernée par les ententes des grands. Quid des difficultés qu’éprouveraient toujours nos compatriotes à vivre dans certaines localités de la Côte d’Ivoire, même si beaucoup reconnaissent que la situation s’est sensiblement améliorée ?
Une chose est sûre, s’accordent à reconnaître de nombreux observateurs des relations tumultueuses entre les deux pays, il y a loin de la coupe aux lèvres, et il faut bien plus que de simples déclarations d’intention pour “donner une dimension nouvelle aux relations historiques et privilégiées” entre deux nations qui semblent pourtant condamnées à s’entendre.
Ousséni Ilboudo
EN BREF... EN BREF... EN BREF...
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• Après Yamoussoukro mardi, le président Blaise Compaoré s’est rendu hier à Mama (Ouragayo, vers Gagnoa), le village natal de son homologue ivoirien. Auparavant, le maire de Yamoussoukro, dont il est devenu, pour ainsi dire, le citoyen d’honneur, lui a remis officiellement et symboliquement les clés de sa ville. Prochaine étape de ce séjour, Abidjan, où le chef de l’Etat, comme le fit Gbagbo en juillet 2008 lors de sa visite à Ouaga, prononcera ce matin même à 9h 30 un discours devant l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Aussitôt après, il est prévu une rencontre avec la communauté burkinabè vivant au pays d’Houphouët.
• On le sait, c’est à un double titre que le locataire du palais de Kosyam effectue le présent déplacement : d’abord, en tant que président du Faso, ensuite, en sa qualité de Facilitateur du dialogue interivoirien. Demain vendredi, c’est d’ailleurs cette dernière casquette qu’il va porter, puisque sur son agenda est inscrite une série de rencontres avec le corps diplomatique accrédité à Abidjan ainsi que les multiples structures chargées de l’organisation de l’élection présidentielle : Commission électorale indépendante (CEI), Institut national de la statistique (INS), SAGEM, Office national d’identification (ONI), Conseil constitutionnel, etc. Puis ce sera le tour du Centre de commandement intégré (CCI), des partis politiques majeurs (PDCI, RDR, FPI) et de l’ONUCI.
Des audiences d’autant plus importantes que de nouvelles interrogations ont surgi depuis quelque temps sur le respect de la date du 29 novembre pour la tenue de la présidentielle ; des interrogations nourries par le retard mis dans la publication des listes électorales provisoires, laquelle devait intervenir le jour même où Blaise foulait le sol ivoirien.
Alors question : le faiseur de paix de Ziniaré acccorde-t-il ces entrevues au pas de course pour remobiliser les troupes afin que le dead-line du 29 novembre soit respecté ou veut-il prendre la mesure de la lenteur du processus pour se résoudre à un nouveau report ? Réponse dans les jours ou les semaines à venir.
• Même s’ils font contre mauvaise fortune bon cœur, de nombreux opposants ne débordent pas d’enthousiasme devant la visite officielle du Facilitateur, que d’aucuns ont vite fait de prendre pour un soutien déguisé au candidat Laurent Gbagbo. Il est vrai que ces rencontres prennent souvent très vite l’allure d’une campagne déguisée. Et si Blaise lui-même entendait en profiter pour draguer les Burkinabè de l’étranger (même s’il a l’habitude de les rencontrer lors de ses déplacements à l’extérieur), qui ont désormais le droit de vote lors des présidentielles et des référendums et pourraient donc s’avérer fort utiles en 2010 ?
• Le séjour à Yamoussoukro de Zida Aboubacar dit Sidnaaba de Savane FM s’est mal terminé : dans l’enceinte de la Fondation Houphouët-Boigny, pourtant hautement sécurisée à cause de la présence, ce mardi après-midi, des présidents Compaoré et Gbagbo, il a en effet perdu son dictaphone sophistiqué (avec carte mémoire) ; dans la mêlée, on lui a en fait fait les poches sur l’esplanade de la Fondation, où les deux délégations ont posé vers 20h pour la traditionnelle photo de famille. Le chenapan a-t-il pris le précieux document de travail du journaliste pour un téléphone portable ? En tout cas, la pauvre victime a perdu non seulement ses enregistrements faits sur place mais aussi de précieuses archives.
• “Faute de grives, on mange des merles”, dit le dicton. Missa Hébié, le réalisateur du Fauteuil, et son scénariste Noraogo Sawadogo espéraient avoir les deux chefs d’Etat dans la salle de projections de l’hôtel Président de Yamoussoukro, mais l’agenda de Blaise Compaoré et de Laurent Gbagbo était particulièrement surbooké. Alors, dans le hall de la Fondation, Hébié a eu quelques minutes après la lecture du communiqué conjoint pour présenter son œuvre et certains des acteurs comme Barthélémy Bouda, Nora Kafando, Barou Oumar Ouédraogo, etc. Hébié et son équipe ont ensuite posé pour la postérité avec les deux personnalités et remis à Gbagbo une copie de deux de ses réalisations : L’As du lycée et Le fauteuil, qui sera à l’affiche pendant plusieurs semaines à Yamoussoukro, à Abidjan et dans d’autres villes de la Côte d’Ivoire.
• Drapées dans leur tenue traditionnelle baoulé, Audrey Konan Amenan (9 ans, CM2) et Ange Bénédicte Kanon (10 ans, CM1) étaient particulièrement mignonnes. Elles ne savaient pas trop quelle importance revêtait la visite du président et du Premier ministre burkinabè, mais qu’importe, elles étaient fières d’avoir été choisies pour remettre les bouquets de fleurs aux deux personnalités à leur descente d’avion. “Bonne arrivée papa”, ont-elles lancé à l’un et à l’autre en leur remettant la gerbe.
Rassemblés par O. I.
lobservateur
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