23 novembre 2009
Le CGD et la révision constitutionnelle : Touche pas à mon article 37
L'observateur paalga 23 novembre 2009
Nous ne sommes pas encore en 2015, année à l’issue de laquelle Blaise Compaoré ne peut plus, selon les dispositions constitutionnelles, se représenter. Mais le débat sur une possible révision de la loi fondamentale burkinabè se mène aussi bien dans la presse, les milieux politiques qu’au sein de la société civile. A travers les échanges qu’il a organisé le jeudi 18 novembre 2009 sur “La limitation du nombre de mandats présidentiels en Afrique : cas du Burkina”, le Centre pour la gouvernance et la démocratie (CGD) a montré l’intérêt qu’il y avait à ne pas toucher à l’article 37, ou, en cas d’une éventuelle révision, dans quel sens on pourrait le faire.
Leaders de partis de politiques et d’associations de la société civile, universitaires, hommes de médias ont répondu présent à l’appel du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD). Sujet à débat, le dialogue hautement intellectuel et démocratique sur la limitation du nombre de mandats présidentiels en Afrique, précisément au Burkina.
En choisissant d’échanger sur ce sujet bien en vogue ces derniers temps, le CGD, à travers son premier responsable, Augustin Loada, a précisé d’emblée qu’il n’est contre aucun leader politique, encore moins Blaise Compaoré. En tant qu’institution de veille de la bonne gouvernance, il a jugé nécessaire d’entretenir les acteurs politiques et intellectuels sur ce débat national. Et là-dessus, la position du CGD est sans équivoque : il faut bien limiter les mandats présidentiels. Pas simplement pour faire dans l’imitation.
Parce que cela participe du renforcement de la démocratie en évitant par exemple que sous le prétexte fallacieux de “terminer ses chantiers”, des chefs d’Etat soient accrochés au pouvoir pendant 20, 30 ou 40 ans. Avec comme conséquences évidentes l’aggravation de la pauvreté, la violation massive des droits humains, les conflits de succession, voire la guerre civile. L’usure du pouvoir, on le sait, empêche inéluctablement d’innover dans la résolution des problèmes des peuples.
Toutefois, si le Centre pour la gouvernance et la démocratie ne fait pas de la révision la constitution un tabou, il n’en demeure pas moins qu’il voudrait que ce remaniement se fasse dans le bon sens, en prenant en compte l’intérêt général et supérieur de la Nation. Et Augustin Loada d’égrener quelques règles de bonne conduite en matière de révision de la loi fondamentale : organiser un large débat sur la question, éviter que ceux qui revisent en tirent profit, respecter les règles techniques ainsi que la Charte africaine adoptée en 2008 par notre Assemblée nationale, et qui stipule que les révisions constitutionnelles doivent recueillir le consensus.
Si ces conditions légales et éthiques sont réunies, l’éminent professeur estime que les points suivants de la Constitution peuvent être revus : l’article 37, ou la Constitution tout court, pour lesquels il propose de prendre une clause qui interdise leur modification. Il note également en bonne place le statut des chefs coutumiers, la nomination du président du Conseil constitutionnel par le président du Faso, le chef de l’Etat qui est en même temps le chef suprême de la magistrature. Des réalités qui entravent, selon lui, le bon fonctionnement de notre jeune démocratie.
En parlant de la limitation des mandats présidentiels, le Pr Loada n’a pas trouvé meilleure illustration que les propos de personnalités comme Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies, qui s’adressait aux chefs d’Etats africains en ces termes : “Il n’est pas de plus grande sagesse, de marque plus évidente du sens de l’Etat que de savoir, le moment venu, passer le flambeau à la génération suivante. Et des gouvernements ne devraient pas manipuler ou modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir au-delà des mandats prescrits qu’ils ont acceptés lorsqu’ils ont pris leurs fonctions...”.
C’est pourquoi le professeur invite les parlementaires, les partis politiques, la société civile, les syndicats, les intellectuels et les journalistes à se mobiliser pour faire échec à toute tentative de remise en cause de la limitation du nombre de mandats présidentiels. Une prise de position du CGD a rencontré l’assentiment de l’assistance, surtout les leaders politiques qui espèrent, eux-aussi, gérer un jour, c’est leur droit, les affaires de l’Etat .
Nankoita Dofini
lobservateur
09:42 Publié dans BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cgd, professeur loada, article 37, burkina faso
21 novembre 2009
Pourparlers inter-guinéens à Ouagadougou
L'opposition guinéenne a rejeté ce vendredi à Ouagadougou les propositions du médiateur Blaise Compaoré qui autorisent le maintien au pouvoir du capitaine Dadis Camara. Pour les Forces vives, « les préoccupations fondamentales du peuple guinéen n'ont pas été prises en compte ».
Dans son dernier rapport, le président burkinabé Blaise Compaoré donne la possibilité au capitane Moussa Dadis Camara de rester en place, et de se présenter à la présidentielle. Le chef de la junte serait à la tête d'un Conseil national de transition (CNT), pour une période de dix mois. Le Premier ministre serait issu des Forces vives et ces dernières n'apprécient pas. L'opposition guinéenne semble furieuse.
Dans une déclaration rendue publique, vendredi après-midi à Ouagadougou, les Forces vives rejettent le projet d’accord politique que le médiateur Blaise Compaoré leur a proposé jeudi. La délégation de l’opposition guinéenne dit « se réserver le droit – après consultation de sa base en Guinée – de se prononcer quant à sa position par rapport à la médiation ». Que faut-il entendre par-là ? Est-ce à dire que les Forces vives iraient jusqu’à récuser le médiateur Blaise Compaoré ? On n’en est pas encore là, mais le choc est perceptible, après ce que certains membres des Forces vives ont eux-mêmes appelé « le coup de massue » qu’ils ont reçu, avec les propositions du médiateur.
« Les préoccupations fondamentales de la population guinéenne n’ont pas été prises en compte, avec le projet d’accord politique », ont écrit les Forces vives dans une lettre qu’elles ont transmise au médiateur. Cette lettre a été envoyée également aux représentants de l’Union africaine (UA), des Nations unies et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui assistaient le médiateur.
Y aura-t-il une rencontre entre le président burkinabé et l’opposition guinéenne après cette réaction des Forces vives ? On parle d’un probable rendez-vous, samedi, selon certaines sources. Mais, dans l’incertitude et la déception, certains leaders s’apprêtent dejà à quitter Ouagadougou dès samedi matin.
| L’opposition guinéenne veut une explication de texte |
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Après avoir reçu leurs réactions hier soir, le médiateur devrait rencontrer ce samedi les Forces vives. Sans doute, devrait-il y avoir une explication de texte entre Blaise Compaoré ou ses collaborateurs et l’opposition guinéenne. Celle-ci juge le document proposé par le président burkinabè trop favorable à la junte au pouvoir en Guinée.
Dans une déclaration rendue publique vendredi 20 novembre, les Forces vives ont rejeté en bloc le texte de la médiation. Et aussitôt, elles ont reçu à leur hôtel la visite du ministre burkinabè des Affaires étrangères et de la Coopération régionale. Une réunion qualifiée d’informelle mais qui n’a pas changé la position des leaders de l’opposition guinéenne. Certains d’entre eux quittent Ouagadougou dès ce samedi avant même la dernière rencontre prévue avec Compaoré.
Tous se disent déçus par le texte du médiateur, et pourtant « ce n’est qu’un premier jet qui ne lie personne pour l’instant », réagit Alain Yoda, ministre burkinabè des Affaires étrangères. « Même si c’est un membre du CNDD qui reste à la tête de l’Etat », explique-t-il, l’essentiel des pouvoirs est concentré dans les mains d’un Premier ministre de transition proposé par les Forces vives ». |
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19 novembre 2009
INDICE DE PERCEPTION DE LA CORRUPTION 2009 : Le Burkina au 79e rang
L’organisation internationale de lutte anti-corruption Transparency International (TI) publie ce 17 novembre 2009, son Indice de perception de la corruption (IPC) 2009. Cette année, le Burkina Faso améliore d’un dixième de point son score par rapport à 2008. Avec un indice de 3.6, il se classe 79e sur 180 pays.

Depuis 1995, l’IPC de Transparency International établit un classement des pays du monde en fonction de la perception du niveau de corruption. Cet indice est le résultat d’une enquête conduite auprès d’experts, d’institutions internationales, de femmes et d’hommes d’affaires, etc. afin de recueillir leur perception de la corruption au cours des deux dernières années. L’IPC 2009 a été calculé sur la base d’informations se rapportant à 2008 et 2009. Elles ont été collectées par 13 enquêtes provenant de 10 institutions indépendantes. Il mesure l’ampleur globale de la corruption dans les secteurs publics et politiques.
La Nouvelle Zélande, le Danemark, Singapour, la Suède et la Suisse occupent respectivement les cinq premières places des pays les moins corrompus tandis que l’Irak, le Soudan, le Myanmar, l’Afghanistan et la Somalie occupent respectivement les cinq dernières places des pays où se pratique le plus la corruption. On remarque à travers ce classement que se sont les populations des pays en guerre qui sont les premières victimes de la corruption. En Afrique subsaharienne, le trio Botswana, Ile Maurice et Cap Vert arrive en tête des pays les moins corrompus comme en 2008. Le Burkina Faso est à la 8e place des pays d’Afrique subsaharienne où la corruption se pratique le moins. Dans le top dix des pays les moins corrompus, le Burkina Faso est le premier et seul pays de l’espace UEMOA et le 3e de l’espace CEDEAO après le Cap Vert et le Ghana. Sur le plan mondial, le Burkina Faso se place au 79e rang parmi les 180 pays couverts par l’enquête. Il améliore ainsi légèrement son indice qui était de 3.5 en 2008. Au cours de ces deux dernières années, les facteurs ci-après ont certainement influencé positionnement ce score du Burkina Faso : l’engagement anti-corruption dans de nombreux discours des premiers responsables du pays à savoir le président du Faso et le Premier ministre, la publication par les structures étatiques de veille et de contrôle ainsi que par les organisations de la société civile de lutte anti-corruption de leurs rapports d’activités avec une forte médiatisation, les campagnes de sensibilisation développées à grande échelle en direction de plusieurs acteurs de la vie nationale et l’amélioration du climat des affaires par la réduction des délais de création d’entreprise.
Toutefois, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Ce classement est une perception instantanée de la situation de la corruption au Burkina Faso. La méthodologie utilisée par TI repose sur une marge d’erreur de 10%. Il y a 5% de probabilité que l’IPC réel du Burkina soit inférieur à l’IPC estimé, et 5% de probabilité pour qu’il lui soit supérieur. Plus les informations collectées sont fiables ou plus leurs sources sont nombreuses, plus l’écart entre l’IPC estimé et l’IPC réel sera faible. S’il y avait une erreur de surestimation, de l’indice de 5%, l’indice réel du Burkina aurait été égal à 2.8, le classant 111e sur 180 au même niveau que l’Algérie, Djibouti, l’Egypte, l’Indonésie, le Kiribati, le Mali, Sao Tome et Principe, les les Salomon et le Togo. Par contre une erreur de sous-estimation de 5% aurait porté cet indice à 4.4 et le Burkina se serait classé 61e ex aequo avec Cuba et la Turquie. Tous les intervalles de confiance à 90% construits pour l’indice réel du Burkina se chevauchent, montrant que les variations observées dans son estimation sont simplement le résultat des fluctuations d’échantillonnage, sans aucune évolution positive ou négative significative.
La corruption affecte tous les secteurs d’activités au Burkina Faso. Elle tend à s’établir comme une norme dans le processus d’offre et de demande de services dans les administrations. La politique d’impunité, l’absence de sanctions dissuasives frappant principalement les auteurs de la grande corruption conduisent nécessairement à de telles situations. Au Burkina Faso, c’est la volonté politique pour combattre la corruption qui manque le plus. Les Burkinabè attendent toujours un signal fort de la part des premiers responsables.
Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) Numéro vert : 80 00 11 22. Site web.www.renlac.org
10:57 Publié dans AFRIQUE, BURKINA, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : burkina faso, corruption
12 novembre 2009
Indice de développement humain de 2009 : La variable Education tire le Burkina vers le bas
L'observateur paalga 12 novembre 2009
Le rapport mondial sur le développement humain 2009 du Programme des Nations unies pour le développement a été lancé dans notre pays le 11 novembre 2009. Ledit rapport classe le Burkina Faso 177e sur 182 pays. Un rang peu honorable du fait notamment de la variable Education et plus précisement l’alphabétisation et l’enseignement secondaire.

"Lever les barrières : mobilité et développement humain", c’est le thème du rapport mondial sur le développement humain 2009 publié par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Il récuse les stéréotypes négatifs décrivant les migrants comme "volant nos emplois" ou "vivant au dépend du contribuable".
Il démontre que les craintes et les autres effets négatifs sur le développement que suscite la migration de main d’œuvre qualifiée sont souvent exagérés. Même quand elles sont justifiées, il existe plus de solutions efficaces que les barrières à l’immigration.
L’étude au regard des avantages de l’immigration, a fait des recommandations : libéraliser et simplifier les canaux habituels permettant aux personnes faiblement qualifiées de chercher du travail à l’étranger ; garantir des droits élémentaires aux migrants ; réduire les coûts de transactions de la migration ; améliorer les résultats pour les migrants et les communautés d’accueil, récolter les bénéfices de la mobilité interne et intégrer la mobilité aux stratégies de développement. Au sujet de la classification des pays, la Norvège vient en tête des pays qui ont un développement humain très élevé.
Le Burkina Faso est classé 177e sur 182 pays dont la queue est tirée par le Niger. Notre pays est donc devant cinq pays que sont le Mali (178e), la République centrafricaine (179e), la Sierra Leone (180e) ; l’Afghanistan (181e) et le Niger (182e).
Les indices auxquels les rédacteurs du rapport sont parvenus reposent sur les données de 2007. Au Burkina, l’IDH en 2007 est évalué à 0,389 soit une évolution positive depuis 1975 et de 0,267 avec une progression de près de 46% sur la période.
Selon le coordonateur du Système des Nations unies, Babacar Cissé, cette évolution est imputable :
aux efforts dans l’éducation primaire entraînant une hausse de scolarisation de près de 20% en dix ans ;
à l’amélioration de certains indicateurs intermédiaires de santé dont l’accès à l’eau, l’insuffisance pondérale des enfants de moins de 5 ans, la mortalité infantile qui ont un effet direct sur l’espérance de vie ;
au coût de la vie relativement bas comme le démontre le Produit intérieur brut en parité de pouvoir d’achat (PPA).
Cependant, avec les taux de scolarisation (32,8%) et d’alphabétisation (28,7%) qui sont parmi les plus bas au monde, notre pays ne peut avoir meilleur classement. "La variable Education et plus précisement l’alphabétisation et l’enseignement secondaire tirent le pays par le bas", a fait remarquer le représentant résident du PNUD.
Il est donc impérieux que ces défis soient intégrés dans la nouvelle Stratégie de croissance accélérée de développement durable (SCADD).
Abdou Karim Sawadogo
lobservateur
01:00 Publié dans BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : idh, burkina faso
05 novembre 2009
Obama un an après : Le miracle va-t-il virer au mirage ?
L'observateur paalga 05 novembre 2009
Hier 4 novembre 2009, cela faisait exactement un an jour pour jour que Barack Obama a été élu président des Etats-Unis d’Amérique (USA). Une première dans l’histoire de la plus grande puissance du monde : un Noir est maître de la Maison-Blanche. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la planète entière a suivi avec émotion cet événement qui était en lui-même tout un symbole et une promesse.
Le symbole de l’égalité des hommes et des races ; et la promesse que le rêve américain se poursuivra encore et toujours. Cette victoire a été le point culminant de ce qu’on a appelé l’Obamania.
Il faut avouer que, des mois avant le scrutin, le fils de l’émigré kényan surfait sur une bonne vague, aussi bien en Amérique que dans le reste du monde. Et le 20 janvier 2009, le mari de Michèle prêtait serment avec une très forte aura et une cote de popularité à faire pâlir d’envie plus d’un chef d’Etat.
Aujourd’hui, un an après son élection et 9 mois après sa prise du pouvoir à Washington, l’effet Obama semble s’essouffler, surtout aux USA, où son tableau est moins reluisant. Le constat qui s’impose est que la cote de popularité du champion des démocrates s’effrite très rapidement dans son pays, même si le président américain continue de bénéficier de bonnes opinions dans le reste du monde.
Mais tout le monde sait qu’en politique, notamment dans les républiques démocratiques et non bananières, ce qui importe plus pour un dirigeant, c’est bien l’opinion de ses compatriotes que celle, on va dire, des citoyens du monde.
Après la pente ascendante, vient donc celle descendante. Et Obama n’échappe pas à cette règle. Seulement, il a enclenché la descente très tôt. Mais à sa décharge, il faut avouer que celui qui prônait le changement a pris les rênes du pouvoir à un moment doublement critique. Il a hérité de la patate chaude irakienne et afghane que lui a refilée George Bush.
Alors qu’il se demandait comment sortir de ces bourbiers, une catastrophe épouvantable a frappé son pays, puis le reste de la planète : les crises financière et économique internationales. La conjugaison de ces conjonctures ne lui a pas du tout facilité la tâche.
La hausse du chômage, les milliers d’Américains jetés dans la rue parce que ne pouvant plus payer la traite de leurs maisons, ajoutés aux décisions impopulaires qui s’imposent en période de crise ont fini par dicter un autre agenda politique et gouvernemental à Obama et ont fortement contribué à atténuer son aura et à éroder sa popularité.
Et signe que l’Obamania a comme du plomb dans l’aile, les démocrates ont perdu avant-hier deux Etats qui leur étaient traditionnellement acquis : en effet, la Virginie et le New Jersey seront dirigés par des gouverneurs républicains. Les candidats démocrates, malgré le soutien que leur a apporté Obama, n’ont pu conserver leurs postes.
Cette défaite, qui intervient pendant ce premier anniversaire de l’élection du premier président noir des USA, sonne comme un camouflet, ou alors un coup de semonce adressé en réalité au président pour désavouer sa politique. Barack Obama est véritablement au creux de la vague avec une réforme santé qu’il ne parvient pas pour l’instant à faire accepter par nombre de ses compatriotes. Tout se passe actuellement comme si le miracle qu’a été son élection est en train de virer au mirage.
Mais dans cette tourmente, tout n’est pas définitivement perdu pour le président, à qui il reste encore plus de 4 ans de mandat. C’est dire qu’il a suffisamment de temps pour redresser la barre et réussir à démontrer la pertinence de ses choix politiques. Et quand on voit ce qui reste au compteur de son mandat, on peut avancer que le temps joue en sa faveur.
En effet, si la reprise économique se confirme et se consolide rapidement, Obama pourra plus facilement faire passer certaines réformes et réussir, qui sait, le changement qu’il a promis au peuple américain et par ricochet au reste du monde.
San Evariste Barro
lobservateur
10:59 Publié dans BURKINA, DIASPORA AFRICAINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, usa, afrique
28 octobre 2009
COUT DE LA CORRUPTION DANS LE MONDE : Des faits et des chiffres
Le développement de la corruption dans un pays porte atteinte aux droits des citoyens parce que les ressources nationales destinées aux services essentiels et fondamentaux comme l’eau, l’éducation et la santé sont détournées. Il est plus que nécessaire d’accentuer cette lutte anticorruption. Pour mieux orienter cette lutte, il est nécessaire de quantifier avec précision l’ampleur du phénomène.

Le coût de la corruption est difficile à évaluer parce que l’acte de corruption se passe entre des individus dans le plus grand secret. Mais il existe dans le monde, différentes études qui fournissent des informations et des chiffres sur les manifestations du fléau.
Des études ont montré que la corruption dont se rendent coupables les citoyens des pays développés compromettent le développement des pays pauvres. L’Institut de la Banque mondiale estime : « la corruption sous forme de pots-de-vin à 1 000 milliards de dollars ». Mais elle affecte plus les Etats africains qui y perdent 25% de leur PIB chaque année selon U4 (Anti-corruption Resource Centre, 2007). Ce pourcentage correspond à la somme de 148 milliards de dollars au niveau mondial. En appliquant le taux de 25% au PIB du Burkina Faso qui était de 3 646 900 000 F CFA en 2008, le pays aurait perdu environ 911 755 000 F CFA en 2008.
Les citoyens des pays développés ne sont pas les seuls à s’adonner à la corruption. Le rapport de la Banque mondiale (Star report, 2007) dénonce l’attitude corruptrice des fonctionnaires des pays en développement qui détournent par an entre 20 et 40 milliards de dollars, soit l’équivalent de 20 à 40 % de l’aide publique au développement. Le rapport précise que les pays qui s’attaqueraient sérieusement à la corruption pourraient avoir une augmentation de 400% de leur PIB. En termes de chiffres pour le Burkina Faso, ce pourcentage correspondrait à la somme de 14 587 600 000 F CFA de manque à gagner.
Transparency International (TI) dans son rapport mondial 2006 sur la corruption estime que 50% des fonds alloués aux services de la santé du Ghana ne parvenaient pas aux destinataires. Ces détournements sont l’œuvre de fonctionnaires.
Il est reconnu que la corruption accélère l’épuisement des ressources naturelles pourtant indispensables à la subsistance de nombreuses communautés. Selon un rapport du PNUD (UNDP, Accelerating Human Development in Asia and the Pacific, 2008), le gouvernement de l’Indonésie a estimé que la déforestation coûte 4 milliards de dollars par an à la nation soit environ cinq fois le budget annuel du département indonésien de la Santé. Les effets néfastes de la corruption empêcheront certainement plusieurs pays de réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Selon le rapport mondial 2008 de TI sur la corruption, celle-ci augmenterait jusqu’à 30% le prix des raccordements aux réseaux d’eau potable, ce qui accroîtrait de plus de 48 milliards de dollars le coût de la réalisation des OMD en ce qui concerne l’eau et l’assainissement. Cette somme équivaut à la moitié de l’aide globale annuelle.
La corruption n’affecte pas seulement les pays pauvres. Par exemple, les entreprises allemandes perdent plus de 6 milliards d’euros par an à cause de la corruption, des détournements et de la fraude (German Martin Luther University of Halle-Wittenberg, Price Water House Coopers and Germany’s TNS-Emnid, 2007). Aussi, environ 50 milliards de dollars issus de la corruption sont déposés chaque année dans les comptes bancaires et dans les paradis fiscaux en Occident (Raymond Baker). Pour cet auteur, 250 milliards de dollars blanchis en provenance des pays en voie de développement sont transférés tous les ans vers les banques américaines.
"Primes et indemnités généreuses"
La corruption serait une des causes de la crise financière amorcée en 2007. En effet, la crise financière a révélé l’ampleur de l’incapacité des conseils d’administration des entreprises à imposer des contrôles plus stricts, même en période de crise. Des dirigeants ont continué à recevoir des primes et des indemnités généreuses, alors que l’on savait déjà que leurs stratégies d’investissement risquées avaient entraîné leurs entreprises au bord de la faillite et que cette situation allait nécessiter l’injection d’argent public. Cette situation est due au fait que dans de nombreux pays, les PDG (Présidents Directeurs Généraux) siègent au sein de multiples conseils d’administration, créant ainsi un vaste réseau de postes de direction entrecroisés. Les avantages mutuels n’encouragent pas encore la prise de décision critique. Dans la mesure où les PDG se retrouvent au conseil d’administration des entreprises, ils ont le pouvoir de récompenser les dirigeants de ces entreprises. Un directeur « insoumis » pourrait compromettre ses chances d’être reconduit dans ses fonctions lucratives dans ce conseil d’administration.
Dans le cadre d’une enquête menée en 2008 par Transparency International auprès de plus de 2 700 cadres dirigeants dans 26 pays, près de 2 personnes interrogées sur 5 ont déclaré avoir été invitées l’année précédente à verser des pots-de-vin au cours de leurs relations avec diverses institutions fournissant des prestations essentielles aux entreprises, comme les douanes et les services fiscaux, la justice, la police, les services d’enregistrement des actes et de délivrance des permis, ainsi que d’autres prestataires de services de base.
Dans le cadre d’une autre enquête menée auprès de plus de 1 000 dirigeants, près d’un sur cinq a affirmé avoir perdu un contrat en raison des pots-de-vin versés par un concurrent, et plus du tiers a estimé que le phénomène de corruption empirait. Ces résultats révèlent le degré d’usage de la corruption dans l’accès aux services et dans les marchés publics, ce qui joue sur la qualité des services et des marchés parce que ceux-ci sont attribués aux moins méritants.
Les recherches de TI ont permis de découvrir l’existence de 283 cartels internationaux privés entre 1990 et 2005 ayant contribué à faire perdre aux consommateurs à travers la surfacturation environ 300 milliards de dollars. Dans la seule année de 1997, les pays en développement ont importé 54,7 milliards de dollars de marchandises issues d’un échantillon de 19 industries ayant pris part à des activités d’entente sur les prix. Selon les estimations, les pertes économiques directes dues à la surfacturation liée aux cartels internationaux pourraient, à elles seules, égaler, voire dépasser, le volume total de l’aide au développement attribuée aux pays en développement. Ces pratiques faussent non seulement les règles de la concurrence mais aussi elles contribuent à appauvrir les pays pauvres au profit de vastes réseaux.
"Burkina : rectifier le tir"
Selon le rapport 2007 sur l’état de la corruption au Burkina Faso publié par le Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC), la corruption est répandue ou même très répandue au Burkina. 99,5% des 1700 personnes enquêtées à travers tout le pays sont de cet avis. Ils sont 68,8% à penser que la corruption est en progression. Ces fortes proportions traduisent une certaine « normalisation » de la corruption dans tous les secteurs d’activités au Burkina. L’enquête a révélé que près de la moitié (45%) des enquêtés ont expérimenté personnellement la corruption ou ont été témoins d’actes de corruption en 2007. Les plus fortes proportions ont été observées à Bobo-Dioulasso (54%) et à Ouagadougou (44%), les deux plus grandes villes du Burkina.
Le même rapport précise que l’Administration publique présente une mauvaise image auprès des populations puisque pour 55% et 27% des enquêtés, ce sont respectivement les agents d’exécution et les cadres supérieurs de l’Etat qui sont responsables des actes et faits de corruption dans le pays, exprimant ainsi les deux dimensions de la corruption, à savoir la grande corruption par les premiers et la petite corruption par les seconds. Quant aux secteurs d’activités les plus corrompus, on trouve en tête la douane, le couple police/gendarmerie, et le secteur des impôts. Le rang de ces services est conforme aux enquêtes précédentes du REN-LAC. Ils peuvent être considérés comme les services où se pratiquent le plus la corruption. Il y a des raisons objectives d’inquiétudes. Les services de la douane et des impôts sont les principaux collecteurs de fonds pour l’Etat. S’ils sont corrompus, leur travail ne peut se faire qu’au détriment de l’intérêt de la Nation. Il est donc temps de rectifier le tir.
Le Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC) lance un appel sur la nécessité pour les structures de veille et de contrôle du Burkina Faso de renforcer les enquêtes sur les cas de corruption. Ce qui permettrait de documenter l’ampleur des pratiques corruptrices, chiffres à l’appui et d’orienter les actions de lutte.
Le Réseau National de Lutte Anticorruption (REN-LAC)
10:43 Publié dans AFRIQUE, BURKINA, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ren-lac, corruption
26 octobre 2009
JUBILE D’OR DE LA Radio Nationale du Burkina : Gagner le pari de la numérisation
Le 25 octobre 2009, a eu lieu la cérémonie officielle du jubilé d’or de la Radiodiffusion nationale du Burkina (RNB), dans l’enceinte de la maison de la Radio. Rehaussée par la présence de nombreuses personnalités parmi lesquelles la présidente du Conseil supérieur de la communication et des membres du gouvernement, ainsi que des pionniers de la RNB, cette célébration a été marquée par les allocutions de la présidente du comité d’organisation, du directeur de la radio, du parrain Lucien Marie Noël Bembamba, du ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, ponctuées de prestations d’artistes musiciens.
Le 25 octobre 2009, la Radiodiffusion nationale du Burkina (RNB) a eu 50 ans d’existence, un âge d’or. Pour marquer d’une pierre blanche cet événement, le comité d’organisation a choisi ce jour pour l’apothéose des activités commémoratives du jubilé d’or de la radio. Animée par Marguerite Doannio et Gabriel Barrois, respectivement journalistes à la télévision et à la radio nationale, la cérémonie officielle a débuté par l’exécution de l’hymne national chanté par l’artiste burkinabè Wendy et repris en choeur par 40 choristes habillés aux couleurs nationales, dans un accompagnement parfait au piano et à la trompette. Après l’écoute d’un morceau du discours d’ouverture de la RNB prononcé par Feu le président Maurice Yaméogo le 25 octobre 1959, place fut faite aux allocutions. Dans son mot de bienvenue aux différentes personnalités venues rehausser de leur présence l’éclat de la manifestation, la présidente du comité d’organisation, Batouré Lamizana, a d’abord traduit sa reconnaissance aux responsables de la communication qui ont pris l’originale décision de confier l’organisation du cinquantenaire de la radio à des femmes, signe de leur attachement à la promotion de la gent féminine. Après avoir rendu un vibrant hommage aux pionniers de la radio, à qui des attestations de reconnaissance ont été décernées, Ouézen Louis Oulon, directeur de Radio Burkina, a présenté les différents défis qui attendent la doyenne des radios burkinabè. Ce sont essentiellement l’extension de son rayon de diffusion et la numérisation, d’ici à 2015, de son système de collecte, de traitement et d’émission de l’information. Et le parrain, Lucien Marie Noël Bembamba, ministre de l’Economie et des Finances, de rassurer ses filleuls du soutien du gouvernement, qui remettra à la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB), dans les prochains jours, du matériel de tournage et de numérisation d’une valeur de plus de 66 millions de F CFA. Une promesse qui a réjoui plus d’un, et qui a été saluée à sa juste valeur par Filippe Savadogo, ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication. Quant au site web de la radio - www.radionationale.bf -, il est désormais opérationnel, les autorités ayant effectué son lancement à la fin de la cérémonie. Mais avant ce dernier acte, le gâteau d’anniversaire fut coupé pour marquer les 50 ans de la RNB et, par anticipation d’un jour, les 50 ans de Yacouba Traoré, Directeur général de la RTB.
Le sens du jubilé...
Ouézen Louis Oulon, directeur de Radio Burkina
"Sous le signe de la numérisation du système"
"Ce jubilé d’or de Radio Burkina est une opportunité pour nous de nous donner une nouvelle dynamique. Pas parce que ceux qui ont travaillé pendant 50 ans n’ont pas bien travaillé, mais pour les féliciter d’avoir bien entretenu cet outil et de nous le laisser sans rouille. Actuellement, il y a des exigences d’équipement, notamment la numérisation pour laquelle nous sommes déjà à près de 40%, et d’ici à 2010, nous comptons pouvoir couvrir tout le système de collecte et de traitement de l’information. Puis, nous l’étendrons au système d’émission. Pour cela, nous disons merci au gouvernement qui a consenti plus de 60 millions pour l’organisation de cette rentrée et qui a pris l’engagement de nous accompagner avec déjà une promesse de matériel. Ce cinquantenaire, nous le plaçons aussi sous le signe de l’amélioration qualitative du contenu de nos programmes. Dans une perspective immédiate, nous allons aller à 1h du matin, puis 2h, et lorsque nous aurons le matériel, ça sera l’explosion du non-stop. Quelle que soit la puissance de nos émetteurs, nous ne pouvons pas atteindre tous les Burkinabè de l’étranger, mais Internet nous permettra désormais de le faire, car nous devons beaucoup à ces auditeurs."
Par Honoré OUEDRAOGO
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15 octobre 2009
COUPE DU MONDE 2010 : Le mythique trophée à Kosyam
Ouagadougou a reçu les 13 et 14 octobre 2009 le trophée de la Coupe du monde de la FIFA. Une visite qui se situe dans le cadre d’une tournée africaine du trophée, initiée par la FIFA et Coca cola.

La délégation s’est aussitôt dirigée au palais présidentiel de Kossyam où elle a été reçue par le couple présidentiel et leur fille. Le délégué FIFA des médias, Emmanuel Maradas a, dans un premier temps, remercié le président du Faso d’avoir autorisé la venue du trophée au Burkina en lui garantissant toute la sécurité. Il a ensuite, au nom du président de la FIFA, Joseph Sepp Blatter, félicité le chef de l’Etat et le peuple burkinabè pour la brillante qualification des Etalons à la CAN, tout en espérant que le Burkina répondra présent au prochain rendez-vous du mondial. Le directeur général de la Brakina, Marc Pozementier a rappelé le partenariat qui existe entre Coca cola et la FIFA avant de donner le programme du séjour du trophée.
Le président du Faso, Blaise Compaoré, a été l’unique personne à toucher et brandir le trophée comme l’a exigé la FIFA avant de poser avec son épouse Chantal et sa fille Djamila avec le précieux bijou pour la postérité. Le chef de l’Etat a exprimé toute sa joie et le plaisir d’être en contact avec ce monument. Pour Blaise Compaoré, c’est une fierté pour l’Afrique d’abriter la coupe du monde et dans ce sens, il a félicité le président de la FIFA, Sepp Blatter et son équipe pour tout le travail qu’ils font.
Cet objet mythique relevant presque du rêve de 36 cm de haut, pèse 6,175 kg et est en or massif 18 carats oeuvre du sculpteur italien, Silvio Gazzaniga et sa valeur marchande n’a pu être dévoilée malgré la curiosité des hommes de médias à la conférence de presse du 14 octobre. Emmanuel Maradas a tout simplement indiqué que tout pays, qui participe à la coupe du monde et joue uniquement les 3 matchs de poule du 1er tour, rentre chez lui avec la somme de 3,5 millions de dollars soit environ 1,8 milliards de F CFA. Il a tenu à préciser qu’il s’agit de l’unique et authentique trophée de la coupe du monde de la FIFA. En organisant cette tournée, l’objectif pour la FIFA est d’amener les pays africains à fédérer autour de l’Afrique du Sud qui accueille le prochain mondial en 2010. C’est ce qu’a également indiqué le responsable de la communication de Coca cola pour l’Afrique de l’Ouest, Don Dussey Yao avant d’ajouter que c’est aussi une façon de susciter des talents et stimuler la jeunesse à se donner l’envie de participer au mondial et pourquoi pas de remporter le trophée un jour.
Don Dussey Yao a fait savoir que leur partenariat avec la FIFA vise également la découverte de talents à travers l’organisation d’une compétition scolaire la Copa Coca cola. Une compétition qui a permis, confie-t-il, de révéler l’Argentin Lionel Messi. Il faut souligner que le trophée a par la suite été exposé dans une baie vitrée au Centre culturel français Georges Méliès où des fans du football et bien d’autres personnes munis d’invitation ont pu le voir et faire des photos. Auparavant, des privilégiés ont eu ce même droit dans la soirée du 13 octobre. Il faut noter que le trophée a pris la direction de Niamey au Niger dans l’après-midi du 14 octobre.
Par Antoine BATTIONO
09:03 Publié dans BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : coupe du monde 2010, blaise compaoré
12 octobre 2009
Sommet mondial sur le climat : L’Afrique chauffée à blanc pour Copenhague
Le 7e forum mondial sur le développement durable, ouvert à Ouagadougou le vendredi 9 octobre 2009, s’est achevé hier, dimanche, par l’adoption d’une position commune de l’Afrique pour le prochain sommet prévu en décembre à Copenhague. Sous la coupole du nouveau palais des Sports sis à Ouaga 2000, plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, à travers une déclaration dite « déclaration de Ouagadougou », plaident pour des compensations pour un continent qui “souffre” le plus des changements climatiques.
En rangs serrés, détermination affichée et voix unifiées, les Africains se préparent pour le grand sommet sur les changements climatiques prévu en décembre à Copenhague.
Débuté dans la capitale burkinabé le vendredi 9 octobre 2009 sous le thème : « Changements climatiques : quelles opportunités pour un développement durable », le 7e forum mondial sur le développement durable a révélé une Afrique unie, comme rarement elle l’a été.
Outre l’objectif de consolidation d’une position commune africaine pour les négociations en vue de la prochaine rencontre dans la capitale danoise, la réunion de Ouagadougou visait, entre autres, l’élargissement de la prise de conscience des enjeux climatiques pour le développement ; l’élaboration d’un inventaire et d’une évaluation des nouvelles opportunités de développement que pourraient offrir les changements climatiques au plan financier ; la formulation de résolution, d’orientation et de recommandation pour une exploitation effective de ces nouvelles opportunités.
Après la session des experts, le jour de l’ouverture des travaux, suivie, le lendemain, du raout des ministres en charge de l’Environnement dont le Français, Jean Louis Borloo, place à la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement et de personnalités d’institutions régionales et internationales.
Avec en guest star, l’ancien locataire de l’Elysée, Chirac « l’Africain », dont la fondation, qui porte son non, intervient dans la préservation de la nature. Ce segment de haut niveau, ainsi qu’on a nommé la rencontre des dirigeants, au nombre de six (1) au lieu de la quinzaine comme annoncée, a été une véritable tribune pour afficher la position commune d’un continent face à une menace collective.
L’appel du ministre burkinabé de l’Environnement et du Cadre de vie, Salifou Sawadogo, sur la nécessité de saisir toutes les occasions pour « approfondir et harmoniser les points de vue africains » avant l’échéance de Copenhague, trouve prolongement dans cette mise en garde du directeur général du Forum, Emile Mallet, fondateur de la revue « Passages » : « Il n’y aura pas de développement durable tant qu’un seul pays manquera à l’appel.
Les pays pauvres et spoliés doivent participer au banquet des grands ». Impressionné par l’importance numérique des engins à deux roues à Ouaga, il a invité les autres villes à expérimenter l’usage massif de ce moyen de locomotion à faible émission de gaz à effet de serre. Applaudissements dans la salle.
La rencontre s’est surtout penchée sur l’impérieuse nécessité pour l’Afrique de s’adapter aux changements climatiques. Un aggiornamento qui passe par l’intégration de la nouvelle donne écologique dans les politiques, programmes et stratégies de développement au niveau local, national et régional (lire déclaration de Ouagadougou).
Toutefois, sous le rapport causes-conséquences, la problématique de l’environnement soulève, aux yeux de bien de décideurs présents au forum, une question d’iniquité : « Il y a une injustice flagrante. Tout en étant le continent qui participe le moins au rejet de gaz à effet de serre, environ 3,8%, l’Afrique est paradoxalement la plus vulnérable, la moins armée face aux changements climatiques », s’est indigné, en substance, le président de la commission de l’Union africaine, le Gabonais Jean Ping. Il a alors prôné l’application de « la responsabilité partagée et différenciée », formule qui rappelle, à bien des égards, une autre toujours au stade de vœu pieux : le principe du pollueur payeur.
Jacques Chirac, qui n’a jamais fait mystère de son attachement sentimental pour le Berceau de l’humanité, a, devant ses ex-pairs, mais toujours ses « amis », réitéré sa foi inébranlable en la culture africaine comme moteur du développement : « Je suis contre les dédommagements pour que l’Afrique ne touche plus à ses forêts, à ses ressources naturelles.
Rêvons d’une Afrique industrialisée selon sa culture, selon son modèle ». Puis d’exhorter de sa voix à la vigueur intacte même si ses capacités physiques le sont moins : « Le continent n’aborde pas, démuni, la conférence de Copenhague. Il peut faire inscrire ses priorités dans l’agenda.
Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi et Blaise Compaoré [NDLR : les deux ont été désignés comme porte-flambeaux de la cause africaine lors de la prochaine rencontre au pays des vikings] sont des voix qui comptent dans le monde ».
Pour le chef de l’Etat burkinabé, Blaise Compaoré, la préservation du système climatique exige la réduction des gaz à effet de serre par rapport à leur niveau de 1990. Sur ce point, il a cité les préoccupations toujours objet de négociation : le maintien des acquis de la convention et du protocole de Kyoto sur les engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés ; le soutien des pays en développement pour l’adaptation, l’accès à l’énergie, le transfert de technologies, le renforcement des capacités et l’obtention de financements conséquents ; la négociation d’un nouvel ordre permettant d’impliquer d’autres parties non signataires du protocole de Kyoto.
Pour la concrétisation des actions d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques, l’hôte du sommet dévoile son mode opératoire : « Le Burkina Faso envisage en 2010, et dans l’accompagnement du forum mondial du développement durable, la convocation d’assises financières africaines, à même de faire émerger les régulations économiques et les compensations indispensables à un développement durable du continent ». A la clôture du forum, une pluie inattendue mais bienfaisante est tombée sur la capitale. Signe avant-coureur du changement climatique dont il a été tant question trois jours durant à Ouagadougou.
(1) Le Béninois Thomas Yayi Boni, le Congolais Dénis Sassou-N’Gesso, le Centrafricain François Bozizé, le Malien Amadou Toumani Touré, le Togolais Faure Gnassingbé et l’hôte du sommet, le Burkinabé Blaise Compaoré. Etaient aussi présents, les Premiers ministres ivoirien, Guillaume Soro, et guinéen, Kabiné Komara.
Alain Saint Robespierre
lobservateur
10:40 Publié dans AFRIQUE, BURKINA, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10 octobre 2009
Burkina Faso : Pour affronter le réchauffement climatique, l'Afrique réclame 65 milliards de dollars
Deux mois avant le sommet crucial de Copenhague, l'Afrique, continent le plus vulnérable au réchauffement du climat, a placé la barre très haut en estimant vendredi à Ouagadougou avoir besoin de 65 milliards de dollars pour faire face aux nouveaux défis climatiques.
L'Afrique a besoin de 65 milliards de dollars (44 milliards d'euros) pour faire face aux changements climatiques, a indiqué vendredi le président du comité d'organisation du 7ème Forum mondial sur le développement durable, Salifou Sawadogo.
"Nous pensons qu'il faut 65 milliards de dollars pour pouvoir faire face, d'un point de vue continental, à ces phénomènes de changement climatique. C'est dire que nos attentes sont très importantes", a ajouté Salifou Sawadogo, également ministre burkinabè de l'Environnement.
Il s'exprimait en marge de l'ouverture à Ouagadougou du 7ème Forum mondial sur le développement durable consacré aux changements climatiques, organisé deux mois avant le sommet crucial de Copenhague, par le gouvernement burkinabè en partenariat avec les Nations unies et l'Union africaine (UA).
"Nous sommes tous sur la même planète, il y a donc un devoir de solidarité pour permettre aux pays les plus vulnérables, nous autres, de pouvoir conduire des politiques d'adaptation face aux changements climatiques", a-t-il ajouté.
L'Afrique intransigeante
"Dernièrement, le Premier ministre éthiopien (Meles Zenawi) a été catégorique. Si rien n'est fait, l'Afrique quittera la salle" lors du sommet de Copenhague (7 au 18 décembre), a-t-il rappelé. "L'Afrique devrait être entendue et nous n'entendons pas marchander sur quoi que ce soit", a-t-il insisté, tout en relevant toutefois que "pour des négociations, naturellement, il y a des compromis à faire de part et d'autre".
Continent le plus pauvre du monde, très peu industrialisé, l'Afrique et ses plus de 800 millions d'habitants représentent moins de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Et la forêt du bassin du Congo constitue le deuxième "poumon" de la planète avec l'Amazonie. Mais le dérèglement du climat devrait affecter des régions déjà très fragiles, où l'agriculture, qui détient le taux d'irrigation le plus faible au monde, est fortement dépendante des pluies.
L'avancée du désert du Sahara accentuerait également les phénomènes de migration. Ces derniers mois, des inondations en Afrique de l'Ouest, notamment à Ouagadougou où 263 mm d'eau sont tombés en seulement 12 heures le 1er septembre, et une sécheresse historique dans la Corne de l'Afrique ont rappelé la nécessité d'une adaptation rapide du continent.
Equilibre entre pollueurs et payeurs
A Copenhague, "il faut qu'il y ait de l'écoute réciproque", a plaidé Youssouf Ouédraogo, ancien Premier ministre du Burkina et actuellement conseiller spécial du président de la Banque africaine de développement (BAD). "Il ne faut pas qu'il y ait de surdité, il faut que l'Afrique ne sente pas que, finalement, bien qu'elle soit la moins pollueuse, ses avis et ses revendications ne sont pas écoutés, cela serait dangereux", a-t-il averti.
Avec la crise économique, "les ressources des pays développés se sont contractées", a toutefois rappelé le président du conseil d'administration de l'Agence française de développement (AFD), Pierre-André Wilzer. "Et on ne peut pas imaginer que du jour au lendemain, l'an prochain, on va pouvoir augmenter de 50% l'aide au développement mondiale", a-t-il souligné.
Dans un premier temps, "une part importante" de l'aide publique au développement des bailleurs mondiaux, soit entre 130 et 150 milliards de dollars par an, "doit être reconvertie en direction de projets sobres" en énergie polluante, selon lui.
Selon M. Sawadogo, une dizaine de chefs d'Etat africains, le président de la Commission de l'UA Jean Ping, l'ex-président français Jacques Chirac et le ministre français de l'Environnement Jean-Louis Borloo doivent participer à la dernière journée des travaux dimanche.
11:57 Publié dans AFRIQUE, BURKINA, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : burkina faso, développement durable, changements climatiques