06 novembre 2009
MUGABE – TSVANGIRAI : Au bord de la rupture
Le Zimbabwe fait à nouveau la une de l’actualité africaine. Comme un remake, les dissensions entre le chef de l’Etat Robert Gabriel Mugabe et son Premier ministre Morgan Tsvangirai replacent à nouveau le pays sous les projecteurs.
Après une accalmie de huit mois, suite à la formation du gouvernement d’union nationale, c’est reparti pour les querelles byzantines. La cohabitation est mise à mal et chacun ne jure que par la perte de l’autre, preuve que les poignées de main, les embrassades au moment de la signature de l’accord en début d’année, n’étaient que de la pure hypocrisie. Les héros, qui étaient sans doute fatigués, ont visiblement mis à profit cette trêve pour se refaire des forces afin de repartir de plus belle dans la guerre.
Depuis la mi-octobre 2009, les deux têtes de l’Exécutif ne filent plus le parfait amour, ne veulent plus se voir même en peinture. La haine qu’ils se vouent cordialement a repris le dessus surtout après la réincarcération du trésorier du parti du Premier ministre (MDC), Roy Benett, poursuivi par la justice pour « terrorisme ». Tsvangirai en a pris prétexte pour rompre tout contact avec le camp présidentiel, allant même jusqu’à snober le conseil des ministres.
La situation est devenue inquiétante à tel point que cinq chefs d’Etat de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se sont retrouvés hier 5 novembre, à Maputo, au Mozambique en un mini-sommet extraordinaire sur l’ancienne Rhodésie du Sud. Objectif : sauver l’accord de partage du pouvoir qui a permis la constitution d’un gouvernement d’union nationale en février dernier et dont les rênes ont été confiées à l’opposant historique de Robert Mugabe alias Papy Bob.
Comme le soldat Ryan, cet accord mérite d’être sauvé pour avoir, d’une part, été âprement négocié et, d’autre part, permis d’éviter le chaos total dans lequel sombrait le pays du fait des violences liées à la réélection contestée de Mugabe. Pour avoir été l’artisan de la confection de l’attelage entre le vieux Bob et son opposant historique, la SADC est à nouveau appelée à la rescousse. Il s’agira de rétablir la confiance entre deux hommes à couteaux tirés qui s’observent en chiens de faïence. Et c’est là toute la difficulté, la délicatesse de la mission de la SADC.
Le souhait le plus ardent des Zimbabwéens est que les protagonistes fument à nouveau le calumet de la paix pour éviter au pays de basculer une nouvelle fois. Leur bras de fer est redouté en ce qu’il rappelle des souvenirs douloureux, ceux des violences post-électorales dont les militants de l’opposant historique ont surtout fait les frais.
Au-delà de la SADC, c’est la communauté internationale qui est interpellée dans son ensemble. Elle doit s’impliquer pour trouver rapidement une solution à la nouvelle crise entre les deux têtes de l’Exécutif qui prennent en otage, à eux seuls, le destin de millions de Zimbabawéens.
Par Séni DABO
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Guinée : Difficile sera la tâche du facilitateur
l'observateur paalga 06 novembre 2009
Après deux jours de concertations, les forces vives de Guinée ont remis mercredi dernier leurs propositions de sortie de crise à leur hôte, Blaise Compaoré. Ces revendications, jugées « à la fois constructives et intéressantes » par le facilitateur, portent sur la mise en place d’un organe de transition, la libération des détenus en rapport avec la répression du 28 septembre 2009, la restauration de toutes les libertés publiques et, surtout, la dissolution du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), suivie du départ de la junte.
Une exigence qui n’est pas pour plaire au capitaine Dadis Camara, lequel
caressait encore l’espoir de conserver la mainmise sur la transition, voire de se présenter à la prochaine présidentielle. Si la remise de ce document au facilitateur constitue le point de départ d’un hypothétique dialogue entre la junte militaire et ses opposants, son contenu démontre que les positions n’ont pas varié et que, bien au contraire, elles se sont durcies au fil des semaines : en effet, si avant la tuerie du 28 septembre dernier les forces vives demandaient seulement que Moussa Dadis Camara ne se présente pas à la présidentielle de 2010, aujourd’hui on ne parle que de démission, exigeant même qu’il débarrasse purement et simplement le plancher avec son CNDD et le reste de la junte.
Il faut dire que depuis cette journée sanglante, la Guinée, mise au ban de la communauté internationale, traverse des heures sombres, marquées par une insécurité croissante et un inquiétant déficit démocratique. En demandant à ses interlocuteurs de coucher par écrit leurs propositions, nul doute que le facilitateur entendait se donner un peu de temps et, pourquoi pas, un peu d’air pour examiner avec toute l’attention qu’il sied le mémorandum des Forces vives.
« On ne peut encore parler de chronogramme pour la transition, car ce n’est qu’une partie des acteurs de la crise qui a été entendue », a souligné mercredi soir le facilitateur. Tout le travail de conciliation reste donc à faire. Et du pain sur la planche, Blaise Compaoré en a, lui qui, dès la semaine prochaine, reçoit les émissaires de la junte afin de recueillir leurs propositions de sortie de crise.
Pas besoin d’être devin pour savoir que l’homme fort de Conakry, bien qu’acculé par les sanctions internationales, est bien parti pour vendre très cher sa reddition ainsi que l’éviction du CNDD du processus de transition. Un premier round qui s’annonce des plus délicats, tant les points de vue des deux parties diffèrent. Rarement, le docteur ès facilitation aura eu à concilier des positions aussi antagoniques. Espérons seulement qu’à l’issue de cette première phase, les protagonistes de la crise trouveront le moyen de s’asseoir enfin à la même table pour poser les problèmes et en débattre.
H. Marie Ouédraogo
lobservateur
08:47 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, blaise compaoré
Burkina Faso : première session du Conseil présidentiel pour l'investissement
L'observateur paalga 06 novembre 2009
« Nous chercherons les investissements avec les dents », titrions-nous dans notre édition du mardi 03 novembre 2009, pour relayer les propos du secrétaire permanent du Conseil présidentiel pour l’investissement (CPI), Djibrina Barry. C’était pendant le point de presse, prélude à la 1re session prévue pour se tenir du 5 au 6 novembre 2009. Eh bien ! le rendez-vous a été respecté. Hier, dans la salle des Banquets de Ouaga 2000, à la vue du vaste parterre d’apporteurs d’affaires présents pendant la cérémonie d’ouverture, l’on pouvait, l’air taquin, dire du secrétaire permanent que sa battue, pour les besoins de cette manifestation en tout cas, a été très bien menée et la chasse très bonne.

Société financière internationale, Banque mondiale, Bolloré, Aga Khan, Maroc Télécoms, Orezone, Patronat turc, BOA, UBA, investisseurs russes, indiens …La liste des potentiels investisseurs étrangers présents hier à la session inaugurale du Conseil présidentiel pour l’investissement (CPI) était bien longue et suffisamment représentative du milieu des affaires international. Mais il n’y avait pas que des visiteurs étrangers.
Les hommes d’affaires burkinabè n’ont pas voulu s’en laisser conter et n’ont, par conséquent, pas marchandé leur présence à cette salle chichement décorée de Ouaga 2000. Face à tout ce beau monde, le président du Faso, Blaise Compaoré, qui semble être visiblement le vrai cerveau de l’affaire. N’est-ce pas lui d’ailleurs le président du CPI ? Pendant son intervention, il n’a surtout pas manqué de faire remarquer qu’avec la mise en place de la structure, « une nouvelle période de notre économie s’ouvre avec espoir ».
En poursuivant, il a fait dans le marketing financier afin de mieux vendre la destination Burkina. « Il y a un gisement d’opportunités d’investissements, longtemps méconnues, mais aujourd’hui largement identifiées et en promotion dans les secteurs des mines, de l’agro-sylvo-pastoral et des services », a-t-il précisé. Dont acte. Osons espérer que ces propos ont fait mouche auprès des entrepreneurs ou représentants de grandes sociétés présents.
A pris la parole en leur nom le vice-président de la Société financière internationale (SFI), l’Ivoirien Thierry Tano, qui a, sans fioriture aucune, fait remarquer que beaucoup hésitent à investir en Afrique et dans notre pays. Mais, il a aussitôt ajouté que les partenaires financiers doivent pourtant croire aux potentialités de développement économique du Pays des hommes intègres.
Certainement que les discussions, qui doivent s’achever en principe aujourd’hui, permettront aux participants de se faire une idée de l’intérêt à investir chez nous. C’est sûr que le chef de l’Etat se fera l’avocat de ses compatriotes avec la cerise sur le gâteau de la rencontre que sont les audiences individuelles qui seront accordées par le chef de l’Etat aux différentes personnalités ayant favorablement répondu à l’invitation.
Issa K. Barry
Attendons le maçon au pied du mur …
Le Conseil présidentiel pour l’investissement a vu le jour par décret présidentiel du 19 novembre 2007. C’est un organe consultatif présidé par le président du Faso et dont la mission est de donner, par ses réflexions et ses recommandations, une impulsion à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques les plus appropriées pour stimuler l’investissement et la croissance économiques. Le CPI comprend 30 membres désignés intuitu personae et issus du secteur privé national et du secteur privé étranger au Burkina Faso.
Il tient deux sessions annuelles sous la présidence du président du Faso. Complémentaire aux mécanismes déjà existants dans son domaine d’activité, le CPI est organisé en groupes de travail thématiques et sectoriels dont la fonction est d’approfondir les réflexions en vue d’alimenter les sessions plénières. Il a été créé un secrétariat permanent qui anime, facilite les activités du CPI et assure l’interface avec les services gouvernementaux impliqués dans la mise en œuvre des recommandations.
A l’évocation de la structure, beaucoup d’interlocuteurs écarquillent les yeux, doutant déjà de sa capacité à pouvoir faire changer les choses. Et pourtant, il ne s’agit pas d’une étrangeté économique ou d’un ovni tombé du ciel burkinabè. D’autres pays l’ont mis sur pied ; c’est le cas du Bénin, du Mali, du Sénégal et du Maroc. Alors pourquoi pas nous ? Avant de juger de la compétence du maçon, ayons donc la patience de l’attendre au pied de son mur.
lobservateur
05 novembre 2009
Obama un an après : Le miracle va-t-il virer au mirage ?
L'observateur paalga 05 novembre 2009
Hier 4 novembre 2009, cela faisait exactement un an jour pour jour que Barack Obama a été élu président des Etats-Unis d’Amérique (USA). Une première dans l’histoire de la plus grande puissance du monde : un Noir est maître de la Maison-Blanche. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la planète entière a suivi avec émotion cet événement qui était en lui-même tout un symbole et une promesse.
Le symbole de l’égalité des hommes et des races ; et la promesse que le rêve américain se poursuivra encore et toujours. Cette victoire a été le point culminant de ce qu’on a appelé l’Obamania.
Il faut avouer que, des mois avant le scrutin, le fils de l’émigré kényan surfait sur une bonne vague, aussi bien en Amérique que dans le reste du monde. Et le 20 janvier 2009, le mari de Michèle prêtait serment avec une très forte aura et une cote de popularité à faire pâlir d’envie plus d’un chef d’Etat.
Aujourd’hui, un an après son élection et 9 mois après sa prise du pouvoir à Washington, l’effet Obama semble s’essouffler, surtout aux USA, où son tableau est moins reluisant. Le constat qui s’impose est que la cote de popularité du champion des démocrates s’effrite très rapidement dans son pays, même si le président américain continue de bénéficier de bonnes opinions dans le reste du monde.
Mais tout le monde sait qu’en politique, notamment dans les républiques démocratiques et non bananières, ce qui importe plus pour un dirigeant, c’est bien l’opinion de ses compatriotes que celle, on va dire, des citoyens du monde.
Après la pente ascendante, vient donc celle descendante. Et Obama n’échappe pas à cette règle. Seulement, il a enclenché la descente très tôt. Mais à sa décharge, il faut avouer que celui qui prônait le changement a pris les rênes du pouvoir à un moment doublement critique. Il a hérité de la patate chaude irakienne et afghane que lui a refilée George Bush.
Alors qu’il se demandait comment sortir de ces bourbiers, une catastrophe épouvantable a frappé son pays, puis le reste de la planète : les crises financière et économique internationales. La conjugaison de ces conjonctures ne lui a pas du tout facilité la tâche.
La hausse du chômage, les milliers d’Américains jetés dans la rue parce que ne pouvant plus payer la traite de leurs maisons, ajoutés aux décisions impopulaires qui s’imposent en période de crise ont fini par dicter un autre agenda politique et gouvernemental à Obama et ont fortement contribué à atténuer son aura et à éroder sa popularité.
Et signe que l’Obamania a comme du plomb dans l’aile, les démocrates ont perdu avant-hier deux Etats qui leur étaient traditionnellement acquis : en effet, la Virginie et le New Jersey seront dirigés par des gouverneurs républicains. Les candidats démocrates, malgré le soutien que leur a apporté Obama, n’ont pu conserver leurs postes.
Cette défaite, qui intervient pendant ce premier anniversaire de l’élection du premier président noir des USA, sonne comme un camouflet, ou alors un coup de semonce adressé en réalité au président pour désavouer sa politique. Barack Obama est véritablement au creux de la vague avec une réforme santé qu’il ne parvient pas pour l’instant à faire accepter par nombre de ses compatriotes. Tout se passe actuellement comme si le miracle qu’a été son élection est en train de virer au mirage.
Mais dans cette tourmente, tout n’est pas définitivement perdu pour le président, à qui il reste encore plus de 4 ans de mandat. C’est dire qu’il a suffisamment de temps pour redresser la barre et réussir à démontrer la pertinence de ses choix politiques. Et quand on voit ce qui reste au compteur de son mandat, on peut avancer que le temps joue en sa faveur.
En effet, si la reprise économique se confirme et se consolide rapidement, Obama pourra plus facilement faire passer certaines réformes et réussir, qui sait, le changement qu’il a promis au peuple américain et par ricochet au reste du monde.
San Evariste Barro
lobservateur
10:59 Publié dans BURKINA, DIASPORA AFRICAINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, usa, afrique