15 décembre 2009
Présidentielle au Togo
L’opposition piégée par le mode de scrutin
L'observateur paalga 15 décembre 2009
A deux mois et demi de la présidentielle, les acteurs politiques du Togo se sont de nouveau rendus au palais présidentiel de Kosyam hier 14 décembre 2009. Il s’est agi pour eux de trouver avec le facilitateur, Blaise Compaoré, une solution à la problématique du mode de scrutin : sera-t-il à un ou deux tours ? Faute d’accord, le chef de l’Etat burkinabè leur a donné rendez-vous dans une semaine.

« Lisez ceci, nulle part il n’est mentionné que le mode de scrutin doit être changé... », paroles de Pascal Bodjona, ministre de l’Administration territoriale et cacique du RPT, le parti présidentiel, montrant à Me Djodji Apévon, président du CAR, un passage de l’Accord politique global, signé à Lomé le 20 août 2006. Alors que la révision des listes électorales a débuté hier 14 décembre, notamment au sud du Togo, le mode de scrutin demeure l’hypothèque majeure qui peut troubler le déroulement du processus électoral. Les articles 59 et 60 de la Constitution togolaise de 1992, remaniée en 2002, stipulent que le président de la République est élu au suffrage universel direct et secret pour un mandat de 5 ans. Cette élection a lieu au scrutin uninominal à un seul tour. C’est sur cette dernière disposition que tout achoppe.
Solitoki Esso, le secrétaire général du RPT et porte-parole de la délégation du pouvoir, dira, au sortir de la rencontre avec le facilitateur, que : « Sur le mode de scrutin, les uns et les autres se sont opposés, il n’y a pas eu d’évolution, et le facilitateur a proposé qu’on suspende et qu’on revienne la semaine prochaine... nous ne voyons pas la nécessité d’aller aux deux tours...
les dispositions de la Constitution sont claires, c’est un seul tour... le premier tour ne remet pas en cause la transparence du scrutin, elle n’est pas une garantie de légitimité... des présidents ont été élus à deux tours avec des scores étriqués... ».
Or, apparemment, la participation de l’opposition à la présidentielle semble, au fil des jours, liée à ce mode de scrutin, ce qui est perceptible dans ces propos de Me Djodji Apévon, président du CAR et porte-parole de la délégation de l’opposition : « Le mode de scrutin à deux tours doit être rétabli pour que la justice puisse prévaloir... il serait difficile d’aller à la présidentielle avec ce mode scrutin ...la semaine prochaine, nous allons demander et réclamer le rétablissement de ce mode de scrutin ».
L’opposition est-elle piégée par ce mode de vote ?
Elle aurait le mentionner lors de la signature de l’APG, car, à deux mois et demi du scrutin, n’est-il pas trop tard pour exiger qu’on revoie une telle clause constitutionnelle ? Que nenni, selon Jean-Pierre Fabre, qui a laissé entendre que « rien n’est tard, si c’était tard, le facilitateur ne nous aurait dû pas donné rendez-vous dans une semaine ».
Après la guerre au sujet du président de la CENI, laquelle, s’est soldée par l’élection du « moindre mal » qu’est Issifou Tabiou, voici venue celle du mode de scrutin qui elle, semble insoluble, tant l’enjeu est fatale, résumé en ces mots par Me Apevon : « Le mode de scrutin pose la problématique de la conservation ou de la conquête du pouvoir ». Conservation pour le pouvoir et conquête pour l’opposition ?
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
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Afrique centrale / CEMAC
L'Afrique centrale à l'heure des choix
Jeune Afrique 15 décembre 2009
Le 10e sommet de la Cemac, prévu le 14 décembre et repoussé à janvier, se tiendra à Bangui. Cette première édition depuis la mort d’Omar Bongo Ondimba doit être l’occasion pour les chefs d’État de régler leurs différends. Et de répondre aux attentes de toute la région.
Ils sont venus, ils sont tous là, comme dans La Mamma d’Aznavour. En ce mardi 16 juin 2009, autour d’un catafalque surchargé de fleurs, les chefs d’État de l’Afrique centrale rendent un ultime hommage au parrain décédé. Omar Bongo Ondimba est mort, et avec lui vient de disparaître l’unique dénominateur commun entre ces hommes que tout sépare hormis l’espace géopolitique tracé au compas par l’ancien maître colonial.
Certes, au sein de la communauté des six pays francophones de la CEMAC, Bongo Ondimba ne réglait, dans le fond, aucun problème – surtout à la fin de sa vie, tant les arbitrages rendus par un doyen usé avaient fini par être contestés chez ses pairs. Les querelles d’ego, les conflits d’intérêts, Bongo les diluait, les étouffait sous le poids du consensus mou. Mais avec lui le linge sale se lavait en famille et l’omerta était de règle. Et puis, qui aurait eu le front de l’humilier, de le contredire et de lui faire de la peine, lui qui avait à la fois l’âge, la sagesse, la longévité au pouvoir et la richesse ? Au classement combiné de ces quatre facteurs essentiels, le vieux Batéké de la case à malices gabonaise était le meilleur. Paix à son âme.
En ce cent soixante-septième jour de l’année 2009, l’Afrique centrale s’est donc retrouvée, d’une certaine manière, orpheline. Couvercle ôté sur une boîte de Pandore d’où peut jaillir le meilleur comme le pire. Paysage à nu d’une région au potentiel économique énorme mais confrontée à la brutalité de l’argent facile, celui du pétrole – cinq pays producteurs sur six –, ainsi qu’aux aléas d’une culture communautaire de pure façade, politiquement acéphale, où la méfiance entre chefs est la règle et où la mentalité du cueilleur l’emporte encore, hélas, sur celle du bâtisseur. Au lendemain des obsèques du dernier vestige de la maison Foccart, la bataille pour sa succession a donné un premier goût de la désunion. Chacun, parmi les propriétaires de palais présidentiel dans la région (le terme de locataire, habituellement usité en pareil cas, étant ici hors de propos), avait « sa » solution pour le Gabon et « son » candidat pour le trône. Une bataille qui s’est en grande partie jouée sur le terrain des moyens financiers, ceux dont disposait en propre la famille du défunt étant en définitive supérieurs à ceux de tous leurs opposants réunis, et qui a évidemment laissé quelques traces.
Désormais, lorsqu’il rencontre ses pairs de la Cemac, Ali Bongo sait qui a parié contre lui et qui a aidé ses adversaires. Autre conséquence évidente et somme toute logique de la disparition du vieux : le scandale de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac). Avec l’affaire des détournements de fonds massifs du bureau de Paris, dont on ne connaît encore que la partie émergée de l’iceberg, c’est tout un système opaque de circuits financiers mis en place depuis trois décennies qui a en quelque sorte explosé sous le nez des chefs d’État. Si la révélation de ce scandale doit tout au travail d’investigation de Jeune Afrique et rien à la manipulation (mais il est vrai que les choses les plus simples à comprendre sont parfois les plus difficiles à admettre), il est clair que certains dans la région s’en sont réjouis et comptent bien en profiter pour mettre un terme à cet étonnant (et désormais obsolète) « consensus de Fort-Lamy », qui assurait au Gabon, à l’époque le plus riche de la communauté, une prééminence de fait dans la gestion passablement occulte des avoirs de la Beac.
La probable accession, lors du prochain sommet de Bangui, prévu le 14 décembre et repoussé à janvier, du Gabonais Hugues Alexandre Barro Chambrier au poste de gouverneur, ne doit pas à cet égard faire illusion. Le grand illusionniste du Palais du bord de mer à Libreville n’est plus là, le Fonds monétaire international (FMI) a profité de la crise pour imposer à toutes les parties prenantes (y compris à la France) un minimum de transparence, et du scandale, finalement, peut ressortir une modernisation et une adaptation de la Beac aux exigences de la mondialisation. À condition, bien sûr, que les chefs d’État sachent prendre leurs responsabilités.
Dans une Afrique hantée par le syndrome des successions dynastiques, la question – mais est-elle pertinente ? – se pose désormais de savoir qui héritera du fauteuil de sage du village, primus inter pares sous le baobab et grand régulateur des petits conflits, qu’occupait Omar Bongo Ondimba. Passage en revue des critères. Le plus âgé ? Ce serait Paul Biya, 76 ans, sans l’ombre d’un doute. Le plus ancien aux affaires ? Alors ce devrait être Teodoro Obiang Nguema (trente ans), mais la Guinée équatoriale n’est pas membre fondateur de l’UDEAC, ancêtre de la CEMAC, et si l’on inclut la date de la première arrivée au pouvoir, Denis Sassou Nguesso, chef de l’État en février 1979, soit six mois avant son frère de Malabo, tient assurément la corde. Le plus riche ? Obiang Nguema encore, tout au moins par tête d’habitant, à moins que ce ne soit Paul Biya, PIB camerounais oblige. Le plus sage ? Les trois chefs d’État précités, plus Idriss Déby Itno, s’estiment en mesure de revendiquer ce titre, et nul, sauf à être suicidaire, ne se hasarderait à trancher dans le vif. Seules deux personnalités sont hors compétition : le Centrafricain François Bozizé, hôte du sommet de Bangui, parce qu’il sait que son pays a trop besoin de la solidarité des autres pour risquer d’entrer dans la course, et le Gabonais Ali Bongo, trois mois de pouvoir et 50 ans d’âge, « un bleu » en quelque sorte…
Reste à savoir si tout cela, qui tient en haleine quelques sycophantes prompts à vanter les qualités supposées de leurs chefs, a la moindre importance. En réalité, dans le rôle régional qui était le sien, Bongo père n’aura pas de successeur. Non parce qu’il serait irremplaçable, mais les temps ont changé. Le doyennat qu’il incarnait jusqu’à la caricature n’avait plus grand-chose à voir avec une réalité opérationnelle, et son système avait fait plus que son temps, faute entre autres de moyens financiers pour l’alimenter. Qui, parmi les chefs de la région, est volontaire pour reprendre à son compte une charge aussi honorifique que dispendieuse ? Il y a fort à parier que l’équation se pose en ces termes et que la réponse soit : personne… Le règlement (cosmétique) de certains différends dût-il, faute d’arbitrage, en souffrir, c’est plutôt là une bonne chose et un gage de maturité pour toute la zone Cemac. Mais encore faut-il transformer l’essai et que les patrons, désormais privés de leur recours suprême, apprennent à s’entendre entre eux.
N’en déplaise aux cassandres
Sur ce dernier point, fort heureusement, le pire n’est pas sûr. Même si les comptes électoraux n’ont pas encore été tout à fait soldés entre le Gabon et la Guinée équatoriale, même si N’Djamena, Brazzaville et Libreville convoitent tous trois le tutorat de la Centrafrique – lequel n’est plus forcément à prendre – et même si la crise de la Beac a généré de lourdes suspicions entre capitales sur le thème « à qui profite le scandale », l’ambiance à Bangui sera plus à la rumba qu’au coupé-décalé. Mais l’équilibre demeure fragile, à la merci des excès de zèle des entourages, comme en témoigne la mésaventure que viennent de vivre deux sages de la région, Denis Sassou Nguesso et Paul Biya. Il a suffi qu’un périodique bricolé en banlieue parisienne par un ressortissant camerounais, à la diffusion incontrôlée et au professionnalisme aléatoire, inconnu en dehors des cercles de la diaspora, publie les bonnes feuilles d’un libelle anti-Sassou Nguesso édité à compte d’auteur par un collectif d’opposants pour que les compteurs s’affolent. Ce qui serait passé inaperçu ailleurs devient ici affaire d’État : contre-attaques et même insultes dans les journaux congolais, longue réplique alambiquée de la présidence camerounaise, envoi d’émissaires à Yaoundé et Brazzaville pour calmer le jeu… En Afrique centrale, hélas, l’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant.
Pourtant, n’en déplaise aux cassandres, la guerre des chefs n’aura pas lieu. Pas plus à Bangui qu’à Troie dans la pièce de Giraudoux, avec la Cemac dans le rôle de la belle Hélène, Sassou, Biya, Obiang et les autres dans ceux d’Hector, d’Ulysse ou de Demokos. Faute de combattants, mais aussi parce que, au vu de certains signes et selon certaines confidences, les chefs d’État semblent cette fois décidés à ne plus offrir à leurs opinions publiques le spectacle d’une intégration en panne, à la traîne des autres regroupements régionaux. Les contacts en ce sens se sont multipliés ces derniers jours, et les dossiers en suspens – Beac, passeports, Air Cemac, etc. – sont au cœur de la visite officielle préparatoire que François Bozizé, hôte du sommet, a effectuée du 7 au 9 décembre chez son voisin, le poids lourd camerounais. Et si le premier sommet sans « lui » était enfin celui de l’âge adulte ?
09:26 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cemac, afrique centrale
Sommet de Copenhague
Les Africains sur le point de claquer la porte
Jeune Afrique 15 décembre 2009
Les pays africains ont suspendu lundi matin leur participation aux discussions à Copenhague pour protester contre le non-renouvellement des engagements contraignants des pays développés. Ils ont finalement repris le dialogue en début d'après midi.
La Kényane Wangari Maathai, Prix Nobel de la paix, le 7 décembre à Copenhague© AFP
Les pays africains, soutenus par les pays en développement du G77, ont suspendu ce matin leur participation aux groupes de travail des négociations sur le climat à Copenhague, a indiqué un ministre occidental qui a requis l'anonymat.
Selon ce ministre, les pays en développement estiment que la conférence de Copenhague néglige l'importance du renouvellement des engagements, au-delà de 2012, des pays industrialisés dans le cadre du protocole de Kyoto.
"Ils ont quitté les groupes de travail et refusent le processus ministériel" défini par la présidente danoise de la conférence, Connie Hedegaard, réclamant une réunion des ministres exclusivement consacrée aux suites à donner au Protocole de Kyoto, après 2012.
Le débat a finalement repris en début d'après-midi. "Nous revenons" à la table des négociations, a déclaré à Reuters Pa Ousman Jarju, membre de la délégation gambienne.
Les Africains pessimistes
Le protocole de Kyoto est à ce jour le seul instrument légal contraignant contre le réchauffement climatique. Et il faisait partie de la position commune adoptée par les pays africains pour les négociations.
"Le consensus africain tourne autour de trois points, explique Salifou Sawadogo, ministre burkinabè de l'Environnement. D'abord, il faut maintenir le Protocole de Kyoto, car nous ne voulons pas de nouveaux instruments juridiques. Ensuite, nous voulons des financements prévisibles et sans conditionnalité, autour de 65 milliards de dollars pas an. Enfin, nous souhaitons aborder la question de l'énergie et des transferts de technologie qui lui sont liés".
Mais déjà, à la veille de Copenhague, la plupart des ministres africains interrogés par J.A. s'étaient montrés pessimistes quant aux chances de parvenir à un accord satisfaisant. "Les caisses sont vides, nous dit-on? Pourtant, elles étaient pleines quand il s'est agit de sauver les banques de la faillite!", s'exclamait le ministre sénégalais de l'Environnement, Djibo Leyti Kâ, le 27 novembre à Deauville (France).
Le plan de la dernière chance
L'accord auquel les pays en développement du G 77 rêvent de parvenir a été divulgué en fin de semaine dernière. Il insistait sur l'aspect contraignant dudit accord et sur l'instauration d'un Fonds global du climat qui serait placé sous le régime de la Convention des Nations unies, ce qui excluerait de facto le recours à la Banque mondiale, souhaité par les Etats-Unis. Le texte précisait également que le Fonds pour l’environnement mondial – une structure autonome et agissant depuis plus de dix ans – serait « l’entité opérationnelle du Fonds global ».
A Bruxelles, les chefs d'Etat et de gouvernement européens avaient répondu en promettant d'accorder 7,2 milliards d'euros d'aide rapide aux pays pauvres sur trois ans, soit 2,4 milliards d'euros par an en 2010, 2011 et 2012. Une somme qui financerait un fonds mondial alimenté par les nations riches à hauteur de sept milliards d'euros par an.
Mais les pays du G77 critiquent le manque d'ambition de l'UE, qui ne s'est pas prononcée sur l'aide à moyen et long terme. L'annonce européenne a ainsi été jugée "insignifiante" par le délégué soudanais Lumumba Stanislas Dia-Ping, dont le pays préside le G77, lequel représente 130 pays en développement. "Cela nourrit en réalité encore plus la défiance sur les intentions des leaders de l'Union européenne à l'égard du changement climatique", a-t-il ajouté.
Pour sortir de l'impasse deux solutions: un nouveau plan, celui de la dernière chance, qui pourrait être présenté par la présidente danoise de la conférence, Connie Hedegaard, avant mercredi. Ou une entente in extremis entre les chefs d'Etat eux-mêmes, à partir de jeudi.
(Avec AFP)
Retrouvez notre dossier Spécial climat dans le numéro de Jeune Afrique en kiosque cette semaine
09:00 Publié dans AFRIQUE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sommet de copenhague
Agression de Silvio Berlusconi
Pas cher payé pour une com. politique
L'observateur paalga 15 décembre 2009
On a l’habitude de voir des hommes d’Etat tartinés, quelquefois lapidés avec des chaussures, comme ce fut le cas de George Bush en Irak en décembre 2008. Ça restait toujours dans le style « mésaventures de stars », un truc de ouf ! Ou encore les coupables de tels gestes veulent juste attirer l’attention sur eux.
Mais la violente agression portée sur le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, hier dimanche 13 décembre à Milan, a dépassé ces bornes-là. Elle a eu l’allure, ni plus ni moins, d’un attentat.
En effet, au sortir d’un meeting électoral, le président du conseil italien et chef du nouveau parti, Peuple de la liberté (PDL), qui est une fusion de son ancien parti, Forza Italia, et de Alliance nationale, a essuyé en plein visage un gadget métallique, lancé par un déséquilibré de 42 ans, Massimo Tartaglia. Au terme de ce K.-O. debout, « il Cavaliere » s’en tire avec deux incisives cassées et le nez fracturé.
C’est sûr que l’auteur de cette attaque, préméditée, a dû être longuement agacé par les sorties malencontreuses et les frasques de Berlusconi, puis il est finalement passé à l’acte. On peut tout de même se demander comment l’hurluberlu a pu franchir le dispositif sécuritaire du Cavaliere pour se retrouver nez à nez avec lui et atteindre sa cible.
Même si la victime s’adonnait à un bain de foule comme elle les aime, on peut s’étonner que sa garde rapprochée ait pu baisser la garde jusqu’à ce niveau. Cela est d’autant plus grave qu’au mois d’octobre dernier, une menace de mort avait été lancée à l’encontre de celui-ci sur le site communautaire Facebook.
Des liens du genre "Mort à Berlusconi" ou "Tuons Berlusconi" avaient recueilli des milliers de signataires. Même si une enquête avait été ouverte en son temps pour "menaces aggravées", la sécu du Premier ministre italien a vite relaché la ceinture.
Surtout que ce n’est pas la première fois que ce milliardaire et magnat de la presse, spécifiquement de la télévision, est victime d’une semblable violence. Il y a plusieurs années, à Rome, il avait eu le cuir chevelu à la base du crâne ouvert lorsqu’un jeune homme lui a jeté le trépied d’un appareil photo.
Cela nous amène à nous dire que ce demeuré d’agresseur n’a, en réalité, fait qu’exprimer le désamour de beaucoup d’Italiens pour le mal-aimé que Berlusconi est de plus en plus au fur et à mesure de ses frasques et de ses scandales.
Pas plus tard que le 4 décembre dernier en effet, plus d’un demi-million de ses compatriotes s’étaient réunis à la place San Giovanni de Rome pour réclamer la démission de ce très controversé homme du gouvernement à la faveur du "No Berlusconi Day".
Cela était la preuve de l’hostilité et du désaveu de son peuple. C’est évident que quand on traîne tellement de casseroles, on finit par en prendre une sur le visage.Mais dites, et si, au finish, cette agression était tout bénef pour le Cavaliere ?
Car, quoi qu’on dise, et on le sent déjà, il y aura, à coup sûr, une sorte de mouvement pour prendre sa défense. D’ailleurs, la presse transalpine s’est fortement insurgée hier lundi contre « la campagne de haine » à l’encontre de Berlusconi.
Et étant donné qu’il contrôle un grand nombre de chaînes de télé, cela va le requinquer, puisqu’il bénéficiera d’un nouveau coup de pub. Connaissant l’homme, friand de shows médiatiques et de bains de foules (même si ce dernier a tourné au vinaigre), il y a fort à parier qu’il va retourner la chose à son profit.
Sinon, comment se fait-il, par ailleurs, qu’après avoir reçu la statuette sur la figure, il soit resté une bonne dizaine de minutes sur les lieux du délit avant de se rendre à l’hôpital ? L’on dira final
Kader Traoré
08:55 Publié dans DIASPORA AFRICAINE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : silvio berlusconi, italie