10 décembre 2009

FRANCE - RWANDA

Bientôt un nouvel ambassadeur de France au Rwanda

 

Jeune Afrique          10 décembre 2009

 

Le Conseil des ministres a nommé mercredi un ambassadeur de France au Rwanda, dans la foulée de l'annonce il y a dix jours de la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays, a rapporté le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.


Le président rwandais Paul Kagamé

Le président rwandais Paul Kagamé© AFP

 

 


"Une proposition va être très prochainement faite aux autorités rwandaises", a-t-on précisé à l'Elysée sans donner le nom de cet ambassadeur, arguant qu'il devait encore obtenir le feu vert de Kigali avant d'entrer en fonctions.

 

La France et le Rwanda ont repris le 29 novembre leurs relations diplomatiques, rompues par Kigali fin 2006 après l'émission par la justice française de mandats d'arrêt visant des proches du président Paul Kagamé.

 

Ces personnalités sont soupçonnées d'être impliqués dans l'assassinat en avril 1994 de l'ex-président rwandais hutu, Juvénal Habyarimana, considéré comme l'élément déclencheur du génocide au Rwanda. Les massacres ont fait, selon l'ONU, au moins 800. 000 morts pour l'essentiel d'ethnie tutsie.

 

Ce rétablissement a été annoncé à la faveur d'une visite express à Kigali du secrétaire général de la présidence Claude Guéant et du conseiller de Nicolas Sarkozy chargé des questions africaines, André Parant.

GUINEE

"Une centaine de militaires emprisonnés" depuis l'attaque contre Dadis

 

Jeune Afrique          10 décembre 2009

 

"Une centaine de militaires" ont été arrêtés en Guinée depuis la tentative d'assassinat du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, le 3 décembre, a affirmé mercredi le ministre secrétaire permanent de la junte, le colonel Moussa Keïta, à divers médias dont l'AFP.


Le ministre guinéen de la défense, le général Sekouba Konaté à Conakry, le 02 octobre 2009Le ministre guinéen de la défense, le général Sekouba Konaté à Conakry, le 02 octobre 2009© AFP

 




 

"Les enquêtes vont bon train, nous espérons que ce n'est qu'un problème de jours pour rattraper le fugitif", le militaire Aboubakar Sidiki Diakité, dit Toumba, qui avait tiré le 3 décembre sur le capitaine Moussa Dadis Camara, a-t-il dit.

 

"Déjà, les 96% de ses lieutenants proches sont sous les verrous, une centaine de militaires ont été arrêtés et emprisonnés", a affirmé le colonel.

 

Le 5 décembre, lors d'un bref contact téléphonique avec l'AFP à Dakar, Toumba avait affirmé être "en lieu sûr". "On attend de voir l'évolution des choses. J'ai une bonne partie des hommes avec moi", avait-il indiqué.

 

Interrogé pour savoir s'il était toujours à Conakry, l'aide de camp a répondu: "je suis en Guinée, je suis libre de mes mouvements".

 

Les doutes de la France sur la santé de Dadis


Sur sa tentative d'assassinat du chef de la junte, il avait déclaré: "je préfère ne pas parler de ça. On attend de voir clair, ensuite on fera les déclarations qu'il faudra".

 

Mercredi soir, le ministre Keïta ne s'est pas attardé sur l'état de santé du chef de la junte, qui avait été blessé à la tête et reste hospitalisé au Maroc après avoir subi une opération chirurgicale. "Il va bien, très bien", a-t-il assuré.

 

Le secrétaire d'Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, avait affirmé, mercredi, que Moussa Dadis Camara était "dans un état assez difficile" et resterait encore au Maroc "pour un certain temps".

 

Le colonel Keïta a déclaré n'être pas informé de ces propos" mais il a estimé que les Français mettaient "toujours de l'huile sur le feu" depuis que la Guinée avait pris son indépendance en 1958.

 

Un avis que partage naturellement le porte-parole du chef de la junte guinéenne, le ministre Idrissa Chérif. Dans un entretien accordé mardi soir à des journalistes français, il a accusé le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner et des "services français" d'avoir voulu "préparer un coup d'Etat" en Guinée. Ce que Quai d'Orsay avait vivement démenti.

 

"Konaté ne trahira jamais Dadis"


Interrogé sur la "convalescence" du chef de la junte, le colonel Keïta a déclaré: "même si cela doit durer des années, il n'y aura pas de problème, le ministre de la Défense Sekouba Konaté continuera d'assumer l'intérim de façon loyale, en attendant le retour du président Dadis". "Konaté ne trahira jamais Dadis", a-t-il insisté.

 

Interrogé sur les arrestations violentes de civils décrites, lundi, par des témoins dans un quartier de la banlieue de Conakry, l'officier a déclaré: "la Guinée est un pays de rumeurs, les gens cherchent toujours à nuire au CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte) (. . . ), sinon, pratiquement, il n'y a pas eu d'abus (. . . ) et le ministre de la Défense a demandé de protéger les civils et leurs biens".

 

L'officier a affirmé qu'il n'y avait eu que "deux morts" depuis le 3 décembre, deux militaires "tués par les hommes de Toumba" lors de l'attaque contre le chef de la junte.

 

Au moins un décès avait cependant été rapporté à l'AFP: celui de l'adjudant-chef Mohamed Camara, dit Beugré, commandant du camp militaire Koundara de Conakry.

 

Une source proche de sa famille avait affirmé qu'il avait été "torturé à mort" par les militaires, après avoir été arrêté à Pamelap, près de la frontière avec la Sierra Leone et conduit au camp Alpha Yaya Diallo, siège de la junte.

 

(avec AFP)

09 décembre 2009

FRANCE - TOGO

Avis de tempête diplomatique

 

L'observateur paalga          10 décembre 2009


Le temps se gâte entre Paris et Lomé. Le Quai d’Orsay a, en effet, annoncé mardi l’expulsion d’un diplomate togolais, en réponse au départ forcé d’Eric Bosc, premier secrétaire de son ambassade à Lomé. Un échange de “bons procédés” entre deux Etats qui, il n’y a pas si longtemps, pouvaient se vanter d’entretenir de bonnes relations. Mais qu’a donc fait le Français pour mériter la colère de ses hôtes ? Pas grand-chose, si ce n’est d’avoir mené des “activités incompatibles avec son statut de diplomate”.

 

 

Traduction faite de la langue de bois, on lui reproche en fait d’avoir entretenu des relations trop suivies avec Koffi Yamgname, l’un des candidats à la présidentielle togolaise. Il faut dire à sa décharge qu’Eric Bosc, Breton de naissance, était plus ou moins familier avec l’ancien maire de Saint-Coulitz, Breton d’adoption. Mais de là à provoquer un incident diplomatique, il y a un fossé que les autorités togolaises se sont empressées de franchir.

 

A Lomé, en tout cas, le microcosme de l’opposition a de quoi s’étonner de la vive réaction du pouvoir. A priori, en effet, Faure Gnassingbé n’a pas grand-chose à craindre du candidat de “Togo debout”, dernier venu dans l’arène politique. Il se trouve pourtant qu’à tort ou à raison, les hommes du clan restent convaincus que le Franco-Togolais est loin d’être inoffensif.

 

Après une carrière politique en France durant laquelle il a assumé les responsabilités de député et de secrétaire d’Etat aux Affaires sociales et à l’Intégration, Koffi Yamgname a du répondant... en France. Il a décidé, sur le tard, de briguer la magistrature suprême dans son pays d’origine. C’est sans doute au regard de son passé français qu’à Lomé d’aucuns le considèrent comme l’homme de Paris. Ainsi, l’ancien ministre de Mitterrand aurait le soutien tacite de l’Elysée, ce qui ferait de lui un redoutable outsider dans la course à la présidentielle.

 

Sans rancune, le Quai d’Orsay a émis le souhait “que l’on dépasse rapidement cet épisode pour le bien des relations franco-togolaises”. Nul doute que les malentendus se seront très vite dissipés, surtout quand on sait qu’à l’approche des échéances électorales le Togo aura besoin de tous ses amis, sans exception, pour l’aider à régler les factures. L’affaire Eric Bosc ne sera alors qu’un vieux souvenir dans un ciel sans nuages.

 

Par H. Marie Ouédraogo


 

lobservateur

CONFERENCE SUR LE CLIMAT

Les débats font rage à Copenhague

 

Le pays         09 décembre 2009


Plus de 1 200 délégués du monde entier sont présents à Copenhague dans la capitale danoise à l’occasion de la Conférence de l’Organisation des Nations unies sur les changements climatiques (7 au 18 décembre 2009). Cette importante réunion de dimension planétaire permet d’ouvrir les discussions sur l’avenir du protocole de Kyoto après 2012 et plus globalement sur l’adoption de nouvelles mesures visant à accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et la promotion du développement durable dans les pays en développement.

 

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C’est sous un froid de canard (6°c) que la capitale danoise accueille la conférence des Nations unies sur le climat. Celle-ci a été ouverte lundi matin dans la salle de conférences du Bella Center par une cérémonie de bienvenue suivie de l’ouverture de séances plénières de la 15e Conférence des parties (COP 15), de la 5e Conférence des parties siégeant comme Réunion des parties au Protocole de Kyoto (Cdp/Rdp5), de la 8e session du Groupe de travail spécial sur l’action concertée à long terme au titre de la Convention (AWG-LCA 8) ainsi que de la 10e session du Groupe de travail spécial des nouveaux engagements des parties visés à l’annexe I au titre du Protocole de Kyoto (AWG-KP 10).

 

"Le port de l’espoir"


"Vous êtes, durant une courte période, dépositaires des espoirs […] de l’humanité", a déclaré le Premier ministre danois, Lars Loekke Rasmussen, à l’ouverture de la conférence. Il a aussi suggéré devant 1 200 délégués du monde entier que sa capitale devienne durant deux semaines "Hopenhague" ("le port de l’espoir"). M. Rasmussen s’est par ailleurs félicité que 110 chefs d’Etat et de gouvernement aient d’ores et déjà annoncé qu’ils viendront les derniers jours. Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la CCNUCC , a, en ce qui le concerne, déclaré que Copenhague devrait aboutir à un accord portant sur tout à la fois : sur la mise en œuvre de mesures d’atténuation et d’adaptation, le financement, la technologie, la réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation des forêts dans les pays en développement (REDD) et sur des mesures de renforcement des capacités, des engagements de réduction d’émissions ambitieux et un "financement de démarrage" d’environ 10 milliards de dollars par an, et une vision commune de l’action concertée à long terme. Mais le patron du climat de l’ONU a prévenu : cette conférence ne sera un succès "que si une action significative et immédiate commence" le jour même où ses travaux s’achèveront, le 18 décembre.

 

Les attentes désespérées des pays en développement


Yvo de Boer a rappelé que les "pays en développement attendent désespérément une action tangible et immédiate" pour l’adaptation de leurs nations à la nouvelle donne climatique. Rajendra Pachauri, Président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), a, pour sa part, mis l’accent sur les conséquences d’une non-application de politiques d’atténuation du changement climatique. Il a souligné que pour limiter l’augmentation de la température à un chiffre situé entre 2,0 et 2,4°C, les émissions mondiales doivent culminer au plus tard en 2015. La conférence de Copenhague sur les changements climatiques est censée aboutir à un accord international sur les moyens de limiter le réchauffement climatique. Un accord qui prendra la suite du protocole de Kyoto qui arrive à échéance en 2012. Le président burkinabè Blaise Compaoré fera partie de la centaine de chefs d’Etat et de gouvernements attendus.

 

Blaise Compaoré attendu à la conférence


Ce sera, en effet, pour le chef de l’Etat, l’occasion de partager avec la communauté internationale, les conclusions du Forum de Ouagadougou sur le développement durable, tenu deux mois plus tôt. Pour l’une des rares fois, l’Afrique présentera une position commune et l’Union africaine (UA) a désigné une commission de négociation composée de dix pays africains et présidée par le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi. Continent le moins émetteur de gaz à effet de serre (3,8%), le continent noir est pourtant le plus touché par les conséquences du rechauffement climatique. C’est pourquoi l’Afrique entend constituer un front commun pour exiger que les pollueurs, les pays industrialisés en l’occurrence, soient les payeurs.

 

Conclure à tout prix un accord ambitieux


copenhague.jpgConclure un accord ambitieux à Copenhague ne sera certainement pas facile. Si les négociations internationales s’annoncent laborieuses, c’est en raison des divergences des pays riches sur la manière de répartir les émissions de carbone et sur l’enveloppe financière à allouer aux pays pauvres. Les Européens ont donné des gages de bonne volonté. Ils ont pris un engagement contraignant de réduire en 2020 leurs émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990. Qui plus est, l’Union européenne est prête à aller jusqu’à 30 % de réduction si les autres pays développés s’engagent à fournir les mêmes efforts dans le cadre du nouvel accord.

 

La Chine et les Etats-Unis, les deux plus gros pollueurs


Les deux plus gros pollueurs de la planète, les Etats-Unis et la Chine , viennent de mettre sur la table des objectifs chiffrés de réduction de gaz à effet de serre. Le président américain Barack Obama offrira à la conférence de Copenhague sur le climat, une baisse de 17% des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis en 2020 par rapport à 2005. La Chine , comme bien d’autres pays en développement à forte économie, refuse des engagements contraignants de réduction de ses émissions d’autant que les dispositions de la Convention sur les changements climatiques ne lui font pas obligation. En tous les cas, l’écart est persistant entre les engagements annoncés et ceux relevés par la science. De fait , à la date du 5 novembre 2009, les propositions de réduction des émissions des pays industrialisés se situent bien en deçà des 25 à 40% préconisés en 2007 par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’Evolution du Climat ( GIEC) .

 

Par Cheick Beldh’or SIGUE (Envoyé spécial)