03 novembre 2009
BIENS DES CHEFS D’ETAT AFRICAINS : Aussi longtemps que la Fançafrique existera...
Aussi longtemps que la Fançafrique existera, de nombreux chefs d’Etat africains se la couleront douce. Ils peuvent se muer en hommes d’affaires, opérateurs économiques et en investisseurs, et s’acquérir des patrimoines mobiliers et surtout immobiliers dans les quartiers les plus huppés des grandes villes de France et d’autres pays d’Europe. A Paris, villas, hôtels ou appartements de luxe, au 16e, 8e ou au 17e arrondissement ou encore à Neuilly-sur-Seine ou sur les Champs-Elysées, constituent l’essentiel de ces acquisitions.
Que des chefs d’Etats africains et leurs familles possèdent des hôtels particuliers, des appartements et des voitures de luxe, qu’ils séjournent en Occident dans un confort inouï n’est pas surprenant. Ce qui est étonnant, c’est surtout l’ampleur des investissements : plus de 160 millions d’euros en France. C’est la raison pour laquelle des ONG comme Transparency International et Sherpa avaient déposé une plainte auprès de la justice française, accusant les chefs d’Etat feu Omar Bongo, Denis Sassou NGuesso et Teodoro Obiang-Nguéma, entre autres, d’avoir spolié leur peuple en amassant des biens mobiliers et immobiliers sur le sol hexagonal. La justice française, il fallait s’y attendre, vient de débouter les plaignants. Certes, cette justice est indépendante, ou plutôt relativement indépendante. Dans cette décision cependant, difficile de ne pas y voir la main du politique.
Les pays que dirigent les présidents incriminés, en l’occurrence le Gabon, le Congo-Brazzaville et la Guinée équatoriale, sont de gros producteurs de pétrole. Ils ont des rapports privilégiés avec la France et appartiennent donc au pré carré. La métropole pouvait-elle laisser faire et agir à sa guise une justice dont les décisions pouvaient contrarier la Françafrique et mettre à l’épreuve la relation franco-africaine ? On pourrait être tenté de dire que ces ONG, Transparency International/France et Sherpa ont essuyé un camouflet. Leur entreprise a été stoppée net. Mais à y regarder de très près, ils n’ont pas manqué leur cible. On peut dire que d’une certaine façon, leur objectif a été atteint. Elles ont réussi à contrarier les chefs d’Etat africains en mettant à nu une de leurs pratiques occultes. C’est dire que la dénonciation n’a pas été vaine et qu’elle contribuera au réveil de la conscience africaine.
Ce que l’on peut juste déplorer, c’est le fait que ce soit les seules OSC occidentales qui se mettent aux avant-postes de la dénonciation. Ce combat-là devait plutôt être entrepris par les Africains qui sont avant tout les premiers concernés. Il importe donc que ceux-ci se mobilisent contre les pratiques de leurs dirigeants qui anéantissent tous leurs efforts de développement et qui les maintiennent dans la pauvreté et la misère absolues. Les ONG occidentales seraient bien inspirées de transférer cette expertise aux associations locales pour que celles-ci soient plus actives sur le sol africain d’où partent les capitaux spoliés. Mais encore faut-il que ces dernières le veuillent.
On reste néanmoins étonné du silence assourdissant de Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, lui qui était cependant monté au créneau pour dénoncer les crimes contre l’humanité commis en Guinée-Conakry. En réalité, les crimes économiques, qui sont ici en cause, ne sont pas moins graves que les génocides. Les crimes économiques tuent également à petit feu et font de ce fait plus mal. Ils doivent donc être dénoncés et combattus avec la même virulence. Finalement, nos chefs d’Etat se révèlent être de gros opérateurs économiques. Plus besoin de faire des pieds et des mains pour aller chercher des investisseurs ailleurs. Toutes ces fortunes qui quittent nos pays peuvent contribuer à créer des emplois, à produire de la richesse, à lutter efficacement contre le chômage et mieux servir au développement de l’Afrique.
La comparaison avec les oligarchies de Russie et des Emirats arabes du Golfe qui ont de grosses propriétés immobilières en Europe, passent mal. En effet, la misère des peuples de ces Etats est beaucoup moins crasse que celle des populations africaines. Sous cet angle, ces oligarchies sont beaucoup moins condamnables que les Sassou et consorts dont le niveau de développement de leur pays est au plus bas en dépit de plusieurs décennies d’indépendance.
Par Boureima OUEDRAOGO SONRE
10:18 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, chefs d'etat africains
Guinée : la junte instaure une commission d'enquête sur mesure
Jeune Afrique 03 novembre 2009
Les militaires putschistes ont revu la composition de l'équipe qui doit enquêter sur la répression meurtrière du 28 septembre.
Le chef de la junte militaire, le capitaine Moussa Dadis Camara, a modifié le fonctionnement, ainsi que la composition de la commission nationale d’enquête indépendante chargée d’enquêter sur tous les crimes, délits et autres violations des droits de l’homme commis en Guinée, particulièrement la répression de la récente manifestation de l’opposition hostile à la candidature des militaires aux élections de 31 janvier 2010.
L’annonce de cette modification a été faite dimanche soir sur les antennes des médias publics à travers une ordonnance et un décret pris par le chef de la junte militaire.
Aux termes de cette modification, la junte militaire a promis de fournir tous les documents pouvant permettre la manifestation de la vérité.
Elle a également promis d’assurer la sécurité, ainsi que toutes les garanties nécessaires au bon déroulement des travaux de ladite commission.
Les anti-Dadis écartés
La junte a aussi réduit les membres de la commission de 31 à 23 personnes dont 6 magistrats, 3 avocats, deux professeurs de droit, deux médecins légistes, 2 représentants de la société civile, un délégué de l’organisation de défense des droits humains, 2 délégués des partis politiques favorables à la candidature de la junte aux futures élections et 5 personnes étrangères.
Dans cette liste, les délégués des acteurs politiques et sociaux hostiles à la candidature des militaires aux futures élections n’ont pas été retenus.
Cette frange de Guinéens exige à son tour une commission internationale d’enquête qui pourra effectuer, avec ‘’rigueur et objectivité’’, la lumière sur les massacres du 28 septembre dernier.
10:03 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, moussa dadis camara
01 novembre 2009
Etats-Unis : Les malades du sida peuvent bientôt entrer aux Etats-Unis
Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet
A partir de janvier prochain, les étrangers contaminés par le virus VIH pourront de nouveau venir ou émigrer aux Etats-Unis, sans avoir à demander une dispense au ministère de la Sécurité intérieure.
Dans les années 90, le gouvernement américain avait décidé de fermer la porte aux séropositifs : le sida était alors considéré comme la maladie des gays et ne soulevait guère de sympathie. « Si nous voulons être des leaders dans la lutte contre le virus VIH/sida, nous devons agir comme tels », a déclaré le président Obama en annonçant la levée de l’interdiction.
Le président américain a donné au passage un rare petit coup de chapeau à son prédécesseur, George Bush, qui avait commencé à prendre les mesures nécessaires pour abroger l’ordre discriminatoire.
Barack Obama a annoncé ce changement de politique alors qu’il signait le renouvellement de la loi Ryan White, un adolescent séropositif chassé de son école en 1984, après avoir été contaminé lors d’une transfusion sanguine. Après un combat courageux qui avait attiré l’attention des médias et ému l’Amérique, Ryan était mort. La loi qui porte son nom met en œuvre des programmes pour aider les Américains affectés par le mal. Ils sont plus d’un million, a rappelé le président, avec chaque année, 56 000 nouveaux contaminés.
11:16 Publié dans AFRIQUE, DIASPORA AFRICAINE, HORS D'AFRIQUE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, loi ryan white, vih sida, usa
République centrafricaine : Ange-Félix Patassé est de retour à Bangui
Une arrivée discrète, sans bain de foule ni déclaration à la presse. Pour cause de dispositif sécuritaire imposant. C'est en catimini qu'Ange-Félix Patassé fait son grand retour au pays. Un retour annoncé avec pour objectif non dissimulé de se lancer dans la course à la présidentielle.
Le mandat de son successeur au pouvoir, François Bozizé arrive à expiration en mai prochain. Et même si les élections ne sont pas formellement annoncées, elles doivent avoir lieu au plus tard d'ici la fin du premier semestre 2010.
D'ici-là, Ange-Félix Patassé aura du pain sur la planche. Avant même de penser à affronter François Bozizé, un autre combat l'attend. Le parti qu'il a fondé, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), a aujourd'hui un nouveau chef, Martin Ziguélé, son ancien et dernier Premier ministre.
C'est Martin Ziguélé qui a mis en ballotage et affronté au deuxième tour des dernières élections présidentielles, François Bozizé. Or Ange-Félix Patassé revendique toujours la présidence et l'investiture du MLPC.
Sera-t-il reconquérir ses militants alors que Martin Ziguélé et lui ont le même fief, le nord-ouest du pays dont ils tirent l'un comme l'autre l'essentiel de leurs suffrages ?
11:04 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : république centrafricaine, ange-félix patassé
