01 novembre 2009
Maroc : Deux journalistes condamnés à la prison avec sursis
Le directeur du journal marocain Akhbar Al Youm, Taoufik Bouachrine (g) et le caricaturiste Khalid Gueddar au tribunal de Casablanca, le 23 octobre.
(Photo : Abdelhak Senna/AFP)
Les deux journalistes risquaient jusqu’à 5 ans de prison, selon le code de la presse. Dans ce contexte, la peine d’un an avec sursis est en apparence plutôt clémente.
Mais le message est clair. Faire une caricature du roi ou de son entourage reste passible de prison au Maroc. Pour le directeur du journal condamné, Taoufik Bouachrine, ce verdict est un avertissement. Une façon de tracer des lignes rouges à ne pas dépasser dans la tête des journalistes.
Le juge a également ordonné la fermeture définitive des locaux du quotidien. Une décision subtile qui n’empêche pas le journal de paraître à nouveau mais l’oblige à déménager dans de nouveaux locaux. Autant de frais qui risquent d’entraîner d’énormes pertes financières ou d’obliger le titre à mettre la clef sous la porte.
Avec ce verdict le Maroc montre une nouvelle fois que la justice contrôle toujours avec sévérité la liberté d’expression.
11:00 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : maroc, liberté d'expression
31 octobre 2009
Côte d'Ivoire : Gbagbo évoque un énième report de la présidentielle
AFP - La date du 29 novembre officiellement retenue pour l'organisation du premier tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, "sera dépassée" a déclaré jeudi le chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, évoquant "la réalité du terrain".
"Si, par exemple, l'affichage de la liste électorale provisoire" qui a accumulé un retard "a lieu le 3 novembre, la consultation prendra fin le 3 décembre. Le 29 novembre sera alors dépassé", a affirmé M. Gbagbo à Yamoussoukro (centre), lors d'une rencontre avec des médecins militaires, a rapporté vendredi le site internet de la présidence ivoirienne.
"Les juges auront huit jours pour se prononcer sur les cas de contentieux. Nous serons alors, vers la mi-décembre. Nous allons afficher la liste électorale définitive et nous irons aux élections", a-t-il poursuivi.
"On peut fixer une date pour faire quelque chose, mais avec la réalité du terrain, on peut ne pas la respecter", a-t-il indiqué, justifiant un éventuel report du scrutin.
Mercredi, le président du Conseil économique et social (CES), Laurent Dona Fologo, un proche de M. Gbagbo a annoncé que le scrutin présidentiel devrait connaître un nouveau report, en raison des retards accumulés.
Paris a réagi en souhaitant le maintien de la date.
A moins d'un mois de l'élection, et à la suite de nombreux retards, la liste électorale provisoire n'a toujours pas été affichée à travers le pays.
Selon un décret, elle doit être affichée "30 jours au plus tard" avant l'élection.
Deux listes devront être affichées, une pour plus de 4,3 millions d'électeurs validés et une "liste à litiges" comprenant les quelque 1,9 million de personnes dont la nationalité reste inconnue, selon la CEI.
La phase de contentieux qui doit suivre est destinée à régler ces litiges, en vue de la liste définitive.
Sans cesse reporté depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005, le scrutin est censé clore la grave crise politico-militaire née du coup d'Etat manqué de 2002, qui a coupé le pays en un nord ex-rebelle et un sud loyaliste.
09:28 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, laurent gbagbo, présidentielle ivoirienne
Nouvelles mesures de représailles de la France contre la Guinée
La France a décidé de nouvelles mesures contre la junte au pouvoir en Guinée, notamment d'interrompre un projet d'autoroute, et fait part de son inquiétude après l'arrestation par l'armée de grévistes de la faim, a déclaré vendredi son ministère des Affaires étrangères.
La France maintiendra ses projets de coopération bénéficiant directement aux populations "La France a réexaminé l'ensemble de sa coopération civile et décidé d'interrompre la coopération institutionnelle déployée auprès des autorités gouvernementales", via une "dizaine d'assistants techniques placés auprès de l'administration guinéenne", a précisé le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero.
Elle a aussi décidé "de suspendre le financement du projet d'aménagement de l'autoroute urbaine Tombo/Gbessia à Conakry", a-t-il ajouté lors d'un point presse.
La participation française à ce projet européen est de 9 millions d'euros, selon une source diplomatique.
"Toutefois, afin de ne pas pénaliser la population guinéenne, la France maintient ses projets de coopération bénéficiant directement aux populations", a ajouté le porte-parole du ministère.
Par ailleurs, "nous exprimons notre profonde inquiétude concernant les arrestations dont ont fait l'objet des membres de la fédération de la jeunesse guinéenne (Faseg) qui avaient commencé une grève de la faim à Conakry pour protester contre 'l'impunité et les violences' dans le pays", a dit Bernard Valero.
"D'autres sanctions sont en préparation"
Selon des militants d'associations et d'ONG dans la capitale guinéenne, il s'agit de 11 jeunes Guinéens arrêtés par des militaires et dont le sort restait vendredi inconnu.
Le porte-parole du Quai d'Orsay, en se félicitant de la prise de sanctions par l'Union africaine, après celles de l'Union européenne et des Etats-Unis, a indiqué que "d'autres sanctions sont en préparation". Il a précisé ensuite qu'il s'agissait de gel d'avoirs, qui prend un peu plus de temps que des interdictions de visas, pour être mis en oeuvre.
La junte est dans le collimateur de la communauté internationale depuis la répression sanglante le 28 septembre à Conakry d'une manifestation d'opposants qui a fait au moins "150 à 200" morts et plus d'un millier de blessés, dont de nombreuses femmes violées, selon diverses ONG. La junte affirme que 56 civils sont morts et 934 personnes ont été blessées.
Le lendemain, Paris avait décidé la suspension immédiate de sa coopération militaire avec la Guinée.
09:23 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, france, moussa dadis camara
Chirac renvoyé en correctionnelle pour détournement de fonds publics
Jacques Chirac est renvoyé devant la justice pour détournement de fonds publics dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris. C'est la première fois en France qu'un ancien chef de l’État devra affronter un procès.

Jacques Chirac est renvoyé en correctionnelle pour détournement de fonds publics dans l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris. C'est la première fois qu'un chef de l’État est poursuivi dans une affaire judiciaire en France. Selon le service de presse de l'ancien chef de l'Etat, Jacques Chirac est renvoyé devant la justice pour "21 supposés emplois fictifs" à la mairie de Paris.
La juge d'instruction Xavière Simeoni a donc décidé de ne pas suivre les réquisitions de non-lieu général du parquet, jugeant que les charges étaient suffisantes pour un procès. Le procureur a, de son côté, la possibilité de faire appel.
"Cela n’aurait pas été naturel qu’il ait bénéficié d’une mesure exceptionnelle en raison de sa carrière, explique avec détachement Jean-François Probst, ancien conseiller de Jacques Chirac. Pour Marc Perelman, spécialiste politique à FRANCE 24, le clan Chirac, qui a annoncé la nouvelle, a essayé "de déminer l’information en la fuitant, mais cela sonne comme un véritable coup de tonnerre".
"Aucun des emplois constitue un emploi fictif"
Protégé pendant 12 ans par sa fonction à la tête de l'Etat (1995-2007), Jacques Chirac a été mis en examen le 21 novembre 2007 pour détournement de fonds publics dans ce dossier d'emplois de complaisance présumés payés par le cabinet du maire de Paris - fauteuil qu’il a occupé de 1977 à 1995.
L’affaire remonte à la période courant de 1983 à 1998, soit du début du deuxième mandat de maire de Jacques Chirac aux trois premières années de son successeur, Jean Tiberi.
Jacques Chirac va devoir s'expliquer devant le tribunal correctionnel de Paris pour ces emplois qui auraient profité à des militants ou élus de son parti le RPR, ou encore à des proches. Il se dit "décidé à établir qu'aucun des emplois en débat constitue un emploi fictif", selon son bureau.
"Ce sera un procès difficile pour Jacques Chirac"
Le camp Chirac tient à afficher une totale quiétude. "Il y a tout lieu d’être serein", affirme Jean-François Probst. Pour le chiraquien François Baroin, l’instruction a permis de révéler qu’il n’existait pas de système entre le RPR et la Ville de Paris. "Ce que certains présentaient comme 500 contrats délictueux se résume en fait à une vingtaine de contrats", souligne-t-il.
Laurent Valdiguié, rédacteur en chef du "Journal du dimanche", estime pour sa part que "ce genre de procès, concernant des affaire d’emplois fictifs, est assez simple à prouver". Et de poursuivre : "Ce sera un procès difficile pour Jacques Chirac."
Neuf autres personnes sont également renvoyées en correctionnelle dans cette affaire: deux anciens directeurs de cabinet de Jacques Chirac, Michel Roussin et Rémy Chardon, ainsi que sept bénéficiaires d'emplois présumés fictifs, dont François Debré, l'ancien patron du syndicat Force ouvrière Marc Blondel et Jean de Gaulle.
Capital sympathie
Jacques Chirac, âgé de 76 ans, laisse un bilan politique mitigé mais bénéficie d’un capital sympathie inébranlable depuis son départ de l’Élysée. En août dernier, l’ancien chef de l’Etat figurait au 29e rang des personnalités préférées des Français, selon "le Journal du dimanche".
Mais sa carrière reste entachée par plusieurs affaires politico-judiciaires auxquelles son nom reste lié. Il a été entendu en 2007 sous le statut de témoin assisté - à mi-chemin entre celui de simple témoin et celui de mis en examen - dans une autre enquête sur les emplois présumés fictifs du RPR, dont l'instruction à Nanterre se poursuit.
09:14 Publié dans HORS D'AFRIQUE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, jacques chirac