08 décembre 2009
CHANGEMENTS CLIMATIQUES
L’Afrique doit battre sa coulpe
Avec ce grand ramdam autour du sommet de Copenhague sur le climat, on a l’impression que c’est seulement maintenant que la sauvegarde de la planète et de nos écosystèmes est devenue alarmante. Tant que les tsunamis et les inondations n’avaient pas encore frappé le cœur de certains grands pays, les écologistes passaient pour des empêcheurs de polluer en rond. On les considérait plutôt comme des rêveurs, des gens qui n’étaient pas en phase avec leur temps, celui du capitalisme tous azimuts avec son système de production gourmand en énergie et auteur de pollutions de tous genres.
Tenez, les partis écologiques qui pullulent en Occident sont presque inexistants sur le contient noir. Les tout premiers, notamment au Burkina, faisaient la risée de quelques politiciens qui n’avaient encore rien compris au défi planétaire qui s’annonçait. Aujourd’hui, certains auront du mal à se regarder dans le rétroviseur de l’histoire. Dans le mouvement général d’aujourd’hui, tout le monde se drape volontiers du manteau de défenseurs de la nature et ce n’est pas plus mal pour la santé de la planète qui a bien besoin de rester intacte pour encore des millions d’années afin de perpétuer l’histoire des hommes et de tous les vivants.
L’Afrique dans ce contexte, se rend au sommet sur le climat, le cœur tranquille, avec le faux sentiment qu’elle n’est pas parmi les bourreaux de la planète avec ses presque 4% de contribution à l’élargissement du trou de la couche d’ozone. Trop facile de se dédouaner de cette façon. S’il est vrai que les plus gros pollueurs sont plus responsables, il n’empêche que nos 4% aussi y sont pour quelque chose. Tous coupables donc même si c’est à des degrés différents. C’est pour cette raison qu’il y a quelque chose de gênant dans la frénésie avec laquelle la société civile africaine, (qui a le mérite d’avoir éveillé en si peu de temps les consciences de nos concitoyens des villes et des campagnes) et les gouvernements réclament des compensations pour financer leurs projets et programmes d’adaptations. Il y a un risque que l’on fasse une fixation sur ce que l’on appelle désormais l’aide climatique au détriment d’actions soutenues et intégrées dans nos politiques de développement tout court.
En vérité, la déforestation, la coupe abusive du bois de chauffe, la divagation des animaux sont le quotidien des Africains, pour lequel les dirigeants ont du mal à trouver des alternatives crédibles. Des solutions endogènes et innovantes sont nécessaires pour sortir de ce cercle vicieux d’une forêt qui se rétrécie et d’un désert qui avance. Les conséquences de ces deux phénomènes-là, sont de notre fait d’abord et malgré l’argent des autres, rien n’y changera si nous ne changeons pas vraiment, une bonne fois pour toutes, de comportement.
Par Abdoulaye TAO
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Gouvernement d’union malgache
Blocage à Maputo
L'observateur paalga 08 décembre 2009
Madagascar continue de faire parler d’elle avec la crise politique qui secoue le pays depuis l’éviction du pouvoir du président Marc Ravalomanana par le maire de la capitale, Andry Rajoelina. Et depuis, les partisans du chef de l’Etat déchu ne cessent de manifester, presque quotidiennement, plongeant la Grande Ile dans une totale impasse.
Face à une telle situation, le nouvel homme fort de Tana a accepté l’ouverture de négociations, sous médiation internationale, qui se sont tenues d’abord à Maputo, ensuite à Addis-Abeba.
Les discussions, qui ont réuni Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy, les chefs des quatre formations politiques les plus représentatives, avaient pour but de trouver un modus vivendi pour le retour de la paix.
Après plusieurs semaines d’interruption, les protagonistes de cette crise, hormis le trentenaire, Andry, se sont retrouvés hier à Maputo au Mozambique, avec un objectif : signer une charte qui permettra de mettre un terme aux violences qui secouent l’île depuis plusieurs mois, et gérer la transition vers de nouvelles élections. Au menu des échanges : le principe d’une transition pacifique, l’amnistie et la question d’un gouvernement de consensus, où toutes les sensibilités politiques malgaches seront représentées. Un consensus avait été trouvé à l’issue des précédentes rencontres.
Mais une chose est de prendre des décisions, une autre de les appliquer. Et comme nous l’écrivions dans une de nos éditions, le partage du gâteau malgache sera difficile, et nous n’avons pas été démenti.
On ne savait pas si bien dire, car, depuis quelques jours, le camp présidentiel se pose en obstacle à la formation du gouvernement d’union nationale. En effet, Andry Rajoelina ne prend pas part au énième round des pourparlers, qui se tiennent dans la capitale mozambicaine et au cours desquels la question de la formation du gouvernement de transition, inclusif et consensuel, dirigé par le Premier ministre Mangalaza, fondé sur une répartition équitable des postes ministériels et la mise en place des autres institutions de la transition était censée être réglée. Motif avancé par le jeune président : la solution à la crise ne peut être trouvée à l’extérieur de Madagascar. Un prétexte qui pourrait remettre en cause tous les acquis et plonger le pays dans un long marasme politique, alors qu’on pensait voir le bout du tunnel.
Finalement, Albert Zafy, Didier Ratsiraka, Marc Ravalomanan se retrouvent sans Andry Rajoelina, avec la liste de leurs candidats, qu’ils devraient proposer aux postes ministériels. En l’absence du président de la transition, les violons ne peuvent pas être accordés pour une issue heureuse à la crise.
En refusant de prendre le micro du dialogue, le DJ de Tana, qui est sans doute otage de son propre camp, compromet toutes les chances de retour à la normale et se positionne comme l’obstacle majeur à la paix. Ainsi, la crise politique pourrait s’aggraver à Madagascar et faire durer son isolement international.
Adama Ouédraogo Damiss
11:20 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : madagascar, andry rajoelina, marc ravalomanana, joachim chissano
MEURTRE DE RWANDAIS AU DARFOUR
El Béchir ou l’art de souffler le chaud et le froid
Les embuscades meurtrières contre des casques bleus rwandais viennent malheureusement rappeler un fait évident : la guerre n’est pas finie au Darfour. Cinq morts en l’espace de deux jours, c’est le lourd tribut que vient de payer le contingent rwandais de la MINUAD, la force hybride UA-ONU au Darfour.
Dans un pays normal et pacifié, on ne tire pas sur des soldats de la paix comme sur des pigeons. La question est de savoir si les auteurs de ces attaques sont de vulgaires bandits comme le suggère la thèse officielle soudanaise, ou des groupes armés voulant faire passer un message politique. La piste de l’acte crapuleux est difficilement envisageable au regard du contexte soudanais. Certes, les scories d’une longue guerre civile se manifestent souvent sous la forme du grand banditisme en raison de la circulation des armes. Mais au Soudan, aucun acte n’est gratuit. Du reste, les autorités rwandaises ont mis en cause indirectement le gouvernement soudanais, en indiquant que les actes ont été perpétrés dans une zone contrôlée par les forces régulières.
Une chose est sûre, le Darfour vient rappeler à la mémoire de tous qu’il demeure un foyer de tension non éteint. Les quelque 20 000 hommes de la MINUAD sont comme une goutte d’eau dans la mer, tant le théâtre des opérations est vaste, les ennemis multiformes et le gouvernement de Khartoum ambigu. Qu’on le veuille ou pas, la clé d’une paix définitive au Darfour est entre les mains d’Omar El Béchir. C’est lui le président du pays, c’est à lui qu’incombe la sécurité des Soudanais. Mais l’homme semble malicieusement entretenir un climat de ni paix ni guerre, dans le but inavoué de détenir une arme contre la communauté internationale. En s’imposant comme le seul interlocuteur capable de faire revenir à la raison les milices qui pullulent au Darfour, El Béchir exerce une sorte de chantage qui semble payer. La preuve : traqué par la Cour pénale internationale, il est protégé par l’UA.
Mais la diplomatie bienveillante de l’UA risque de pâtir des récents événements douloureux qui ont entraîné la mort de casques bleus rwandais. L’UNAMID, dirigée par un général rwandais, doit commencer à se poser des questions sur la stratégie des politiques qui, pour le moment, ne semble pas payante. Même si le Darfour n’est plus en proie aux bandes de pillards et de tueurs, il reste sous la férule de groupes armés dont certains obéissent au doigt et à l’œil à Khartoum. Sans compter la situation inhumaine de tous ces réfugiés qui n’attendent que la paix pour retourner sur leurs terres. Cet aspect de la crise au Darfour est un véritable drame silencieux qu’éclipsent les attentats épisodiques contre le personnel humanitaire ou les casques bleus. Les feux des projecteurs ne se braquent sur cette région du Soudan que lorsque des attentats y sont perpétrés. Une solution globale s’impose donc, car tous les acteurs de la paix y gagneraient.
L’urgence d’un règlement du conflit au Darfour se pose avec d’autant plus d’acuité que le Sud Soudan commence à nouveau à connaître des spasmes. Le régime soudanais manifeste des signes de fébrilité à l’approche des élections de 2010. Accroché au pouvoir sans avoir jamais mis en jeu son mandat, El Béchir fait de la résistance en refusant les réformes démocratiques demandées par l’opposition à laquelle se sont ralliés des dirigeants sudistes. Résultat, le pays est crispé politiquement et risque de s’embraser. En plus d’être boutefeu au Darfour, El Béchir s’illustre aussi comme un mauvais démocrate. Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA, qui s’est rendu récemment au Soudan, a donc intérêt à tenir en veille son système d’alerte. Car l’expérience a montré qu’en Afrique, ce type de situation se termine toujours mal. El Béchir est un personnage à surveiller particulièrement de près. Il a l’art de souffler le chaud et le froid. Et il a déjà montré qu’il ne recule devant rien pour assouvir ses ambitions de pouvoir.
De la guerre au Darfour et au Sud Soudan à l’alimentation de la rébellion anti-Déby, en passant par l’embastillement de son opposant historique Hassan El Tourabi, tout l’arsenal de diversion a été utilisé par le maître de Khartoum. Cet usage permanent de la terreur lui a bien sûr permis une longévité exceptionnelle, à l’abri d’élections démocratiques. Sous le parapluie de Pékin à qui il est très reconnaissant, El Béchir a encore de beaux jours devant lui. A moins que les évènements le bousculent par la force et le mettent hors du jeu politique. En tout cas, la mort des soldats rwandais ne peut rester impunie. Auquel cas, ce sera le début du divorce entre Khartoum et l’UA, et peut-être l’isolement de celui qui a jusque-là bénéficié du soutien de ses pairs africains pour narguer la CPI et la communauté internationale.
"Le Pays"
11:12 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : soudan, darfour, omar el béchir
07 décembre 2009
GUINEE
La tête de Toumba mise à prix
Jeune Afrique 07 décembre 2009
L'étau se resserre sur Toumba, accusé d'avoir tiré jeudi sur le chef de la junte guinéenne : les militaires putschistes proposent une "forte récompense" à toute personne qui permettra d'arrêter l'aide de camp de Moussa Dadis Camara, hospitalisé depuis vendredi au Maroc.
Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba, a tenté d'assassiner jeudi le chef de la junte© AFP
Les militaires au pouvoir en Guinée ont annoncé samedi qu'une "forte récompense" serait attribuée à toute personne qui permettrait d'arrêter l'aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba, qui a tenté d'assassiner jeudi le chef de la junte Moussa Dadis Camara.
"Le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte) et le gouvernement lancent un appel à l'ensemble de la population pour collaborer activement aux recherches entreprises pour retrouver le lieutenant Aboubakar Sidiki Diakité et ses acolytes, en fuite depuis l'exécution de leur forfaiture", selon un communiqué lu par un officier à la télévision d'Etat.
"Une forte récompense sera attribuée à toute personne dont la contribution permettra de mettre la main sur ces dangereux criminels", annoncent les autorités militaires.
Dadis hors de danger
Jeudi soir, le porte-parole du chef de la junte avait annoncé que son aide de camp, Toumba, avait "voulu attenter à la vie du chef de l'Etat".
Samedi, Toumba a assuré samedi être "libre" et en "lieu sûr en Guinée", en attendant "de voir l'évolution des choses".
Le porte-parole de la junte, Idrissa Chérif, a affirmé samedi que le capitaine Moussa Dadis Camara se portait "très bien" après une opération au Maroc. "Nous avons échangé avec lui au téléphone, il n'y a pas de problème. Son état de santé est stable. Il a eu une intervention, sa vie est hors de danger. Ce n'était pas une grosse opération, mais une petite intervention", a-t-il affirmé à l'AFP.
"Les suites opératoires sont favorables", ajoute un communiqué signé par le médecin général de brigade Ali Abrouq, inspecteur des Services de santé des Forces armées royales (FAR) marocaines.
Konaté assure l'intérim
Pendant la convalescence de Moussa Dadis Camara, c'est le numéro deux de la junte qui se charge de l'intérim. Le ministre de la Défense guinéen, le général Sékouba Konaté, était absent lorsque le président putschiste a été attaqué. Il est rentré à Conakry dans la nuit de vendredi après un voyage d’affaires de quelques jours au Liban.
Longtemps considéré comme un fidèle de Dadis, Sékouba Konaté a vu ses relations avec ce dernier se détériorer quand le chef du CNDD a commencé à afficher son goût pour le pouvoir et à entretenir le doute autour de ses véritables intentions. Le fossé entre eux s’est encore creusé après les massacres du 28 septembre.
Début octobre, Dadis s’était fermement opposé à l’arrestation, ordonnée par le général Konaté, du lieutenant Toumba, considéré comme le principal commanditaire des tueries du stade de Conakry.
(avec AFP)
11:59 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : moussa dadis camara, aboubacar toumba diakité