07 décembre 2009
Réchauffement climatique
Copenhague ou le rendez-vous de l’hypocrisie
L'observateur paalga 07 décembre 2009
Une fois encore, pays riches du Nord et pauvres du Sud s’assiéront à la même table, même si, a priori, l’Afrique devrait y jouer le rôle de spectateur. Rendez-vous crucial, en effet, à partir de ce lundi 7 et ce, jusqu’au 18 décembre, à Copenhague où devrait se discuter l’avenir de la planète, frappée depuis bien des années d’une poussée de fièvre baptisée changement climatique.
C’est de bonne guerre donc si les Organisations non gouvernementales (ONG) et les mouvements associatifs se sont invités à cette conférence dans la capitale danoise pour plancher sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, thème qui divise plus qu’il n’unit pays industrialisés, émergents, et ceux sous-développés comme les nôtres, qui ne peuvent que subir, même si leur part de responsabilité dans le réchauffement planétaire est plus qu’établie.
Mais difficile de faire comprendre à l’Africain, qui tire sa pitance quotidienne de la terre, qu’il creuse lui-même sa propre tombe en détruisant l’environnement, à travers la déforestation, galopante.
Foi du ministre burkinabè de l’Environnement, Salifou Sawadogo, aux Ateliers de la terre, qui déclarait que, chaque année, son pays perdait 100 000 hectares de surfaces boisées où, par milliers, des arbres sont coupés pour les besoins du bois de chauffe.
Evidemment, l’industrialisation de l’Afrique, si tant est qu’elle puisse amoindrir les émissions de gaz carbonique, se fait toujours attendre du fait de la crise économique ; elle pourrait être nulle et de nul effet, à en juger par l’impact des pesticides utilisés dans nos champs sur l’environnement, et tant qu’elle demeure la poubelle de l’Occident.
C’est le moindre mal, diront certainement les écologistes qui, eux, semblent accabler l’industrialisation outrancière des pays du Nord de tous les maux de l’environnement. A l’ouverture de la grand-messe de Copenhague, que présidera l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Europe des vingt-sept jouera les héros qui, depuis 1990, ont réussi l’exploit de baisser de 13,5% leurs émissions de gaz à effet de serre.
Prouesse que ne pourront revendiquer les plus grands pollueurs de la planète, Chine, Etats-Unis et Inde, qui faisaient jusque-là de la résistance pour ratifier le moindre accord international relativement à la lutte contre le réchauffement climatique. Oseront-ils seulement changer leur fusil d’épaule au sortir de la conférence de Copenhague ?
Alors que le locataire de la Maison-Blanche, Barack Obama, refuse de dresserrer les dents, la surprise vient de l’empire du Milieu, qui a annoncé solennellement son ambition, chiffrée, de réduction du CO2 de 40 à 50% d’ici 2020 par rapport au niveau de 2005, et de l’Inde qui promet une réduction de 20 à 25% d’ici 2020.
Une conférence de plus donc ? Obligés serions- nous d’y répondre par l’affirmative si jamais elle devait accoucher d’une souris, puisqu’il serait illusoire de s’attendre à un quelconque accord contraignant dans cette vaine lutte contre le réchauffement climatique, où l’hypocrisie sera la vertu la mieux partagée.
Ainsi donc, les grandes puissances continueront-elles de polluer impunément ; et, victimes, les damnés de la terre, eux, continueront de subir, impuissants, jusqu’à ce que Dame Nature nous dicte à tous sa loi. Mais loin de nous l’idée de promettre le tsunami, le déluge ou la sécheresse à qui que ce soit, chacun sur cette terre étant récompensé à hauteur de ses forfaitures.
lobservateur
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TENTATIVE D’ASSASSINAT SUR DADIS CAMARA
Pain bénit ou pain noir pour la Guinée ?
Jeudi 3 décembre 2009. A Ouagadougou, les protagonistes de la crise ivoirienne réunis lors du 6e CPC autour du médiateur Blaise Compaoré sont en train de parvenir à un accord sur la nouvelle programmation de l’élection présidentielle. Dans le même temps à Conakry, le chef de la junte militaire, Dadis Camara était victime d’une tentative d’assassinat dont l’auteur n’est autre que son aide de camp et chef des fameux bérets rouges de l’armée guinéenne, épinglé comme le principal artisan du massacre du 28 septembre. Cet épisode n’est pas sans rappeler le "wankage" du président nigérien Ibrahim Baré Maïnassara, tué par des éléments de sa garde rapprochée dirigée alors par Daouda Malam Wanké.

Dadis Camara, au sommet de sa gloire et de son entêtement à rester au pouvoir, a été fauché par une balle amie. Il n’a probablement jamais imaginé que la vraie menace contre lui viendrait de son entourage, et que personne ne pouvait s’opposer à son autorité.
Car comment comprendre qu’un président, de surcroit chef militaire de sa trempe, se présente désarmé à un rendez-vous avec un élément aussi dangereux que Toumba, qui était presque en rébellion avec sa hiérarchie et retranché dans un camp. Sa sécurité a manqué de vigilance et lui-même a failli en payer le prix cher. Il échappe de justesse à la fatalité, au grand dam de ceux qui auraient préféré voir l’homme fort de Conakry passer de vie à trépas, comme si sa disparition pouvait remettre ipso facto, le pays sur les rails.
Le chef de la junte avait promis de collaborer avec la commission d’enquête internationale sur les événements du 28 septembre. Et c’est parce que son ancien aide de camp refusait de se présenter devant cette commission, que le président est allé pour l’y contraindre, à ses risques et périls bien sûr. L’officier Toumba n’a pas voulu être la victime expiatoire de la junte d’autant qu’il agissait justement en son nom. D’où ce coup d’éclat très vite transformé en tentative de coup d’Etat, par la propagande du régime.
Dadis est momentanément hors jeu, le général Sekouba Konaté, considéré comme le numéro deux de la junte, assurant désormais l’intérim. La question est de savoir pour combien de temps. La junte et les Forces vives sont en pourparlers dans le cadre du dialogue inter-guinéen initié par la CEDEAO et dont la facilitation a été confiée au président Compaoré, qui doit avoir du souci à se faire par rapport à la reprise des négociations à Ouagadougou. Les données sont en train de changer sur le terrain et il n’est pas exclu qu’elles influent directement sur les positions des deux camps protagonistes. Les Forces vives de Guinée qui ont déjà rejeté la première copie du projet d’accord du facilitateur, restent toujours sur leur position, à savoir le départ de la junte des affaires. Pour elles, l’équation reste la même. Paradoxalement ce balbutiement de l’histoire en Guinée pourrait cependant servir de détonateur pour faire bouger les lignes. Deux scénarios se dessinent a priori et ils sont diamétralement opposés. Le pire et le meilleur.
Le pire se présente sous le visage de Toumba qui, pour échapper aux foudres de la justice nationale et internationale, pourrait politiser à outrance sa tentative d’assassinat et organiser une forme de résistance avec une aile de l’armée. Toute chose qui aura le désavantage de plonger le pays dans un cycle de violences, voire de guerre civile. Il est donc dans l’intérêt supérieur de la Guinée que l’ancien aide de camp soit rapidement neutralisé. Dans le cas contraire, il faudra dire adieu à la médiation du facilitateur Blaise Compaoré qui suit de près l’évolution de la situation à Conakry. Le second scénario est celui du déclic salvateur qui consiste, tout en neutralisant le fougueux aide de camp, à mettre également le président Dadis hors du jeu politique du fait de son état de santé. Dans cette hypothèse, les cartes sont entre les mains du président intérimaire Konaté. Réputé plus calme et pondéré, celui qui est rentré précipitamment du Liban pour combler la vacance du pouvoir, pourrait, au nom de la paix sociale, négocier le retrait de la junte du pouvoir, redorer ainsi le blason de l’armée et la réconcilier avec le peuple de Guinée. Un peuple qui souffre le martyre depuis plus de quarante ans parce que ses dirigeants, jusque-là, n’ont pas encore eu l’intelligence de le rassembler autour d’un idéal démocratique et lui construire un avenir serein en s’appuyant sur ses énormes ressources minières et agricoles.
C’est l’occasion pour le facilitateur et toute la communauté sous-régionale de créer les conditions de ce compromis dynamique entre les patrons actuels de l’armée et les Forces vives pour permettre non seulement l’apaisement des tensions mais le maintien d’un climat de paix propice à la mise en place d’une transition. Cela pourrait passer par une amnistie, même si la pilule sera dure à avaler. Au moment où l’histoire de ce pays bégaie, c’est l’occasion de tirer les leçons des errements du capitaine Dadis Camara et de commencer à penser à une autre Guinée sans Dadis, en espérant que celui-ci a compris maintenant jusqu’où son entêtement à rester au pouvoir pouvait le conduire. Ainsi, ce tragique événement du jeudi 3 décembre dernier, loin d’être du pain noir pour la Guinée sera du pain béni pour ce vaillant peuple qui aspire, depuis toujours, à sortir de sa longue nuit de tourments
"Le pays"
11:42 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, moussa dadis camara
Interdiction de nouveaux minarets en Suisse
L'observateur paalga 07 décembre 2009
Ainsi donc, à l’appel de la droite dite populiste, les Suisses ont, à une majorité écrasante (57,5%) voté pour l’interdiction de la construction de nouveaux minarets dans leur pays le 29 novembre ; suscitant la désapprobation voire la colère pour ne pas dire l’hostilité de certains fidèles ou autorités islamiques : n’est-ce pas, grand mufti Ali Gemaa d’Egypte, qui y a vu “un précédent grave pouvant approfondir les sentiments de haine à l’égard des musulmans” ? Sans oublier l’embarras du gouvernement helvétique face à cette situation qui pourrait se retourner, si ce n’est déjà fait, contre la Suisse, ses citoyens et ses entreprises, les milieux politiques craignant une grave détérioration de l’image de marque de la Confédération dans les pays arabo-musulmans, tandis que les cercles économiques en redoutent les retombées sur les plans financier, touristique et commercial.
Rabi Mitbkièta, lui, après avoir écouté les supputations par trop cabalistiques de Tipoko l’Intrigante, se demande si ça ne risque pas d’être du pain bénit par l’Eglise suisse pour al Quaéda et Cie, auquel cas bonjour les enlèvement (de plus belle ?) d’Occidentaux, particulièrement d’Helvètes.
D’ailleurs, sur le net, certains n’appellent-ils pas déjà les Etats et fidèles musulmans à boycotter les produits suisses, montres et tourisme en tête, et même à fermer purement et simplement les robinets du pétrole à ce pays tout en en retirant leurs avoirs ?
Khadafi aura fait dès à présent des émules. Pourtant, les Suisses, les Occidentaux ou les chrétiens auraient voulu répondre aux arabo-musulmans du berger à la bergère qu’ils n’auraient pas manqué d’arguments à leurs opposer : la construction de nouvelles églises n’est-elle pas interdite en Algérie depuis l’indépendance ?
La construction, même d’une et d’une seule église est-elle autorisée en Arabie Saoudite ? Dans l’Afghanistan du Molla Omar, le citoyen du pays qui changeait de religion n’était-il pas mis à mort ? Et puis, entre nous, le minaret est-il partie intégrante de la mosquée telle que coraniquement définie, ou plutôt d’un environnement architectural d’origine du culte musulman ?
Un peu comme l’enterrement sans cercueil n’est nullement une prescription d’Allah, mais une tradition des Arabes du désert, où l’islam est né ; de même, quels ayates (versets du Coran) obligent-ils un musulman à porter une djelabâ arabe plutôt que le traditionnel habit dagara ou moaga pour aller à la mosquée et au pèlerinage ?
Lequel de vos versets oblige à rompre son jeûne, non pas avec notre karité local, mais forcément avec les dattes d’autrui ? Les Suisses ont donc juste rejeté un aspect culturel mais pas culturel de l’islam. Sachez-leur donc gré de n’être pas allés jusqu’à franchir la ligne rouge de votre liberté religieuse .
lobservateur
11:27 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, suisse
05 décembre 2009
GUINEE
De retour à Conakry, le général Sékouba Konaté assure l'intérim de Dadis
Jeune Afrique 05 décembre 2009
Le ministre de la Défense guinéen, le général Sékouba Konaté, est rentré à Conakry la nuit dernière après un voyage d’affaires de quelques jours au Liban.
A son arrivée, le n°3 de la junte, absent lors de l’attaque du 3 décembre contre le capitaine Moussa Dadis Camara, a été accueilli par des membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), du gouvernement et des Forces armées.
Longtemps considéré comme un fidèle de Dadis, Sékouba Konaté a vu ses relations avec ce dernier se détériorer quand le chef du CNDD a commencé à afficher son goût pour le pouvoir et à entretenir le doute autour de ses véritables intentions. Le fossé entre eux s’est encore creusé après les massacres du 28 septembre.
Début octobre, Dadis s’était fermement opposé à l’arrestation, ordonnée par le général Konaté, du lieutenant Aboubacar « Toumba » Diakité, considéré comme le principal commanditaire des tueries du stade de Conakry.
11:46 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, moussa dadis camara, blaise compaoré, sékouba konaté