27 juin 2008
ZIMBABWE: Second tour de l'élection présidentielle malgré les pressions internationales
par RFI (Article publié le 26/06/2008)
Les électeurs zimbabwéens votent ce vendredi. Les bureaux de vote ouvrent à 7 heures locales (05H00 TU). Robert Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis 1980, a maintenu les opérations électorales pour le deuxième tour des présidentielles, malgré le désistement du principal opposant Morgan Tsvangirai, dimanche dernier, et malgré les pressions de la communauté internationale qui demanda au président zimbabwéen de reporter le vote. La dernière est celle du Nigeria qui exhorte le pouvoir zimbabwéen à reporter le scrutin. Le numéro deux de l'opposition, Tendai Biti, inculpé de subversion, a été remis en liberté sous caution ce jeudi. Robert Mugabe a annoncé son intention de se rendre à Charm el-Cheikh, la semaine prochaine, lors du sommet de l'Union africaine qui va se tenir en Egypte.
Le président Robert Mugabe s'adresse à ses sympatisants lors d'un meeting à Chitungwiza, le 26 juin 2008.
(Photo : Reuters)
Pourtant, la pression est montée de toutes parts pour que ce second tour soit reporté. Ainsi, l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, qui parle très rarement, a dénoncé « la tragique défaillance de la direction du Zimbabwe ». Le président des Etats-Unis, Georges Bush, parle d' « imposture » pour ce second tour. Louise Arbour, Haut commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, considère que ce scrutin est une « perversion de la démocratie ».
L'Union européenne a décidé de soutenir l'appel au report du suffrage, lancé mercredi par la SADC, la Communauté pour le développement de l’Afrique australe. Le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a déclaré, jeudi: « Ce second tour devrait être reporté jusqu’au moment où nous pourrons créer des conditions justes et crédibles. Ce qui me préoccupe c’est d’assurer que la violence et l’intimidation cessent et que la population cesse de souffrir de toute cette crise humanitaire ».
Le silence de Mbeki
Seul le président sud-africain Thabo Mbeki, fidèle à lui-même, reste muet, en retrait, soutenant implicitement lhHomme fort de Harare. Thabo Mbeki a été l’un des rares dirigeants de l’Afrique australe à ne pas avoir nommément condamné Robert Mugabe. Mais son approche consensuelle, à la frontière de la complicité, est de plus en plus contestée. Nelson Mandela, l’icône planétaire des droits de l’homme, est même sorti de sa retraite pour condamner la faillite du régime Mugabe. Mais Thabo Mbeki partage la vision de l’anticolonialisme du président octogénaire du pays voisin et semble minimiser les souffrances d’un peuple zimbabwéen affamé, agressé, isolé par un tyran devenu revanchard, presque autiste.
Pourtant, pour beaucoup en Afrique du Sud, une sortie de crise autre que militaire ne peut venir que de Pretoria. L’ex-Rhodésie du Sud est totalement dépendante économiquement de la « nation arc-en-ciel ». Et si Mbeki et la sous-région décident d’invalider la victoire de Mugabe, le dirigeant autocrate ne sera plus en position de force pour négocier sa place au sein d’un éventuel gouvernement d’union nationale
Menaces sur les abstentionnistes
Non seulement le vote est maintenu au Zimbabwe, avec un seul candidat, mais les hommes de Mugabe font tout pour amener la population aux urnes. Les jeunes partisans pro-Mugabe vont traquer les éventuels abstentionnistes vendredi: ils leur ont fait savoir qu’ils allaient inspecter les doigts des électeurs et les ont menacés de représailles s’ils n’étaient pas tâchés de l’encre des bureaux de vote, vendredi. Des milices, d’après des témoins, ont persécuté les habitants des townships du sud de la capitale Harare, où l’opposition fait d’habitude de bons scores, les jeunes de la ZANU-PF les ont obligés à réciter des slogans du parti. L’objectif est en effet d’assurer un taux de participation convenable.
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26 juin 2008
ZIMBABWE : Tsvangirai appelle l'Afrique à l'aide
Source: RFI
Article publié le 25/06/2008
Morgan Tsvangirai a donné une conférence de presse, mercredi, devant son domicile à Harare, après être sorti brièvement de l’ambassade des Pays-Bas où il est réfugié depuis dimanche. Il a fait ainsi sa première apparition publique depuis qu’il s’est retiré de la course à la présidentielle, à la suite des violences du régime du président Robert Mugabe (84 ans et au pouvoir depuis 1980) contre les partisans de l’opposition. Le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a notamment appelé l’Afrique à agir pour assurer une période de transition au Zimbabwe, demandant le déploiement de troupes de maintien de la paix. Morgan Tsvangirai (56 ans), qui est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle le 29 mars, refuse de participer au second tour prévu pour vendredi prochain. La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a demandé le report de ce second tour.

Le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai a donné une conférence de presse, à son domicile, le 25 juin 2008.
(Photo : Reuters)
Le leader de l’opposition zimbabwéenne a tenu à préciser qu’il ne demandait pas une intervention militaire dans son pays, une hypothèse qui avait d’ailleurs été exclue mercredi matin par le ministre sud-africain des Affaires étrangères Aziz Pahad. Selon Morgan Tsvangirai, « la solution d'une force de maintien de la paix n'est qu'une proposition. Parce que sinon comment faites-vous quand vous n'êtes pas armé et que les gens sont brutalisés par l'armée ? La seule demande que nous puissions faire, c'est que les Nations unies examinent cette solution. Parce que nous sommes dans une situation désespérée, surtout dans les campagnes où les Zimbabwéens sont violentés et forcés à assister à des rassemblements du pouvoir ».
Morgan Tsvangirai a ajouté que « certains ont mal compris et ont pensé que notre demande d'une force de maintien de la paix était une demande d'intervention militaire. Non, ce n'est pas cela. Nous disons juste que nous avons besoin de la paix dans ce pays. Et si vous pouvez vous armer et nous aider à restaurer la paix, alors faites-le ». Il a également précisé que « dans tous les cas, nous ne voulons rien avoir à faire avec le gouvernement qui se formera après le second tour de cette soi-disant élection. Parce que la ZANU-PF essaie de forcer les gens à accepter ce nouveau vote. Ce qui est contraire à leur volonté ».
Appel à l’Union africaine
Morgan Tsvangirai a fait un appel à l’action aux dirigeants des 53 pays membres de l’Union africaine (UA) qui vont participer au sommet de Charm el-Cheikh le 30 juin et le 1er juillet prochains : « Je veux dire aux chefs d'Etats africains qui seront ce week-end en Egypte, que leur réunion ne peut ni constituer un effort de médiation, ni une poursuite des pourparlers, largement infructueux depuis plusieurs années. Le temps de l'action est venu. Les gens et le pays ne peuvent plus attendre. Nous devons faire preuve de leadership en Afrique ».
Il a également tenu à souligner que « le problème zimbabwéen est un problème africain » et qu’il requiert donc « une solution africaine ». Il a ainsi demandé à l'Union africaine et à la SADC (Communauté pour le développement de l’Afrique australe), de mener « une initiative large, soutenue par les Nations unies, afin de mettre en place un processus de transition. Nous proposons à l'équipe de facilitateurs de l'Union africaine, de déterminer une période de transition, qui prenne en compte la volonté du peuple zimbabwéen, telle qu'elle a été exprimée au premier tour de la présidentielle ».
Mesures immédiates
Le leader de l’opposition du Zimbabwe a rappelé qu’il avait remporté le scrutin, mais qu’il souhaite maintenir une position magnanime. Selon Morgan Tsvangirai, « un dialogue sincère et honnête envers les Zimbabwéens est le seul chemin qui s'offre à nous. La base de tout accord doit reconnaître les principes fondamentaux de la démocratie et donc respecter le droit des personnes à choisir leurs propres leaders.
Donc la conclusion d'un accord négocié qui permettrait de lancer un rétablissement national, une reconstruction économique et une relance de l'aide humanitaire, serait dans le plus grand intérêt de ce pays ».
Selon Morgan Tsvangirai, quatre mesures doivent être prises immédiatement, pour faire face à la crise politique, sociale et économique dans son pays : « d'abord la violence doit cesser. Pour cela, il faut que les vétérans de guerre et les groupes de jeunes miliciens rentrent chez eux et soient réintégrés dans la société. Les barrages routiers doivent aussi être levés. Ensuite, l'assistance humanitaire doit être absolument autorisée et reprendre rapidement. Nos compatriotes meurent de faim, ils sont victimes de maladies, et ont besoin d'aide tout de suite. Par ailleurs, les sénateurs et parlementaires élus doivent se réunir et commencer leur travail. Enfin, il faut que tous les prisonniers politiques soient libérés immédiatement. En particulier Tendai Biti, le secrétaire général du MDC, ainsi qu'environ 2000 autres personnes jetées en prison depuis les trois dernières semaines ».
La SADC demande le report du second tour
Les déclarations de Morgan Tsvangirai ont été en quelque sorte confortées, quelques heures après, par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) qui a appelé au report du second tour de l’élection présidentielle au Zimbabwe. A la suite d’une réunion extraordinaire au Swaziland de la commission de défense de cette organisation régionale qui réunit 14 Etats, le secrétaire général de la SADC Tomaz Salomao a demandé que le Zimbabwe examine l’idée de « reporter le vote à un autre jour ». Selon le communiqué qui a été rendu public à Mbabane, « la situation politique ne semble pas permettre la tenue d’un second tour de l’élection qui soit libre et équitable. Organiser l’élection dans un tel environnement sape la crédibilité et la légitimité du résultat ».
| Encore des pressions et des condamnations |
| Aux Etats-Unis, George Bush a qualifié hier « d'imposture » le second tour, et a appelé l'Union africaine à augmenter la pression sur le régime d'Hararé. Pour Barack Obama, « Mugabe a commis des violences extraordinaires contre son propre peuple (..) le processus électoral est devenu une imposture complète et absolue... Quel que soit le résultat, je ne crois pas que Mugabe pourra revendiquer la moindre légitimité en tant que dirigeant démocratiquement élu », a affirmé le candidat démocrate à la présidentielle devant des journalistes à Chicago. De son côté, Nelson Mandela, en visite à Londres, a dénoncé la « tragique défaillance de la direction » du Zimbabwe. |
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24 juin 2008
Zimbabwe : Une dernière chance pour les négociations
Article publié le 23/06/2008
Source : www.rfi.fr (par Valérie HIRSCH)
Malgré l’annonce du retrait du candidat de l’opposition Morgan Tsvangirai dimanche, le régime zimbabwéen a appelé ses partisans à continuer de faire campagne pour le second tour de l'élection présidentielle le 27 juin. Que le vote ait lieu ou non, la victoire sera servie sur un plateau d’argent à Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980. Mais le « père de la nation » n’a plus aucune légitimité.
Un véhicule de police quitte le siège du Mouvement pour le changement démocratique, à Harare, le 23 juin 2008.
(Photo : Reuters)
Sans surprise, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont appelé la communauté internationale à ne pas reconnaître le régime du président Robert Mugabe… Les pays occidentaux ont toutefois peu de moyens de pression contre Mugabe – qualifié « d’escroc et d’assassin » par Bernard Kouchner. Tous estiment que la balle est dans le camp de l'Afrique et en particulier du président sud-africain qui joue le rôle de médiateur au Zimbabwe au nom de la SADC (Communauté des pays d’Afrique australe). Seuls l’Afrique du Sud et le Mozambique (par où transitent la plupart des marchandises importées au Zimbabwe) sont, en effet, en mesure de faire plier Mugabe.
Mais l’heure n’est pas encore à des sanctions, loin de là. Thabo Mbeki, qui avait appelé à l’annulation du second tour, croit toujours à la possibilité de former un gouvernement d’union nationale au Zimbabwe. Réfugié à l’ambassade des Pays-Bas, Tsvangirai s'est dit prêt à négocier si les violences s’arrêtent, alors que lundi la police avait une nouvelle fois investi le siège de son parti à Harare.
Les derniers événements vont-ils donner un coup de fouet à des négociations ? « Non, parce que Mugabe est imperméable à la persuasion. La seule manière de le forcer à négocier est de l’isoler sur le plan international », affirme Ibrahim Fakir, chercheur au Centre d’études politiques, à Johannesburg… Plusieurs pays (Zambie, Botswana, Angola, Swaziland) estiment qu’il est temps que la SADC montre les dents. « Son silence est scandaleux », a déclaré récemment le président zambien, Levy Mwanawasa, qui préside l’organisation régionale. Mais jusqu’à présent, Mbeki a empêché toute critique à l’égard de son encombrant voisin, au nom de sa fameuse « diplomatie silencieuse ». « En réalité, la solidarité de Mbeki à l’égard des leaders des mouvements de lutte anticoloniale a toujours primé sur le respect de la démocratie, affirme George Katito, de l’Institut des relations internationales à Johannesburg. Il a aussi toujours considéré le MDC avec méfiance, à cause de ses liens supposés avec la CIA ». S’il avait haussé le ton, Mugabe n’aurait pas non plus manqué de dénoncer l’impérialisme régional sud-africain comme il l’a fait avec succès à l’égard des Occidentaux, en les accusant de visées néocolonialistes.
Le président sud-africain est toutefois mis sous pression, au sein de son propre parti, pour changer de discours. Dimanche, le président de l’ANC, Jacob Zuma, a dénoncé le parti de Mugabe, qui « a fait plus qu’un virage à droite, c’est un danger que connaissent tous les mouvements de libération ». Un bon test pour Pretoria sera le débat qui devrait avoir lieu cette semaine au Conseil de sécurité des Nations unies. Jusqu’à présent, la Chine et l'Afrique du Sud – qui siègent pour deux ans au Conseil – ont bloqué toute discussion. « Si l’ONU imposait des sanctions contre le Zimbabwe, l’Afrique du Sud ne pourrait pas se dérober », pense l’expert politique Moeletsi Mbeki, le propre frère du président. L’heure n’est pas aux sanctions. Un timide premier pas serait déjà d’élargir, comme l’a encore demandé hier Tsvangirai, la médiation de la SADC pour y inclure d’autres leaders.
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17 juin 2008
Etats-Unis / Chine : Washington et Pékin, un rendez-vous à 8 milliards
par RFI (Article publié le 17/06/2008 )
Le secrétaire d'Etat américain au trésor, Henry Paulson (g) et le vice-Premier ministre chinois Wang Qishan (d).
(Photo : DR)
Trente-cinq contrats pour près de 8 milliards de dollars. C'est ce qu'ont signé plusieurs entreprises chinoises et américaines alors que s'ouvre, ce mardi, des rencontres au sommet dans le cadre du dialogue économique stratégique. Un rendez-vous bi-annuel mis en place en 2006 et qui se tient à Annapolis dans l'est des Etats-Unis. Le secrétaire d'Etat américain au trésor, Henry Paulson, doit notamment s'entretenir avec le vice-Premier ministre chinois Wang Qishan. Ce lundi, des contrats ont été signés dans les domaines des hautes technologies ou des télécommunications. Mais au-delà des contrats, ce sont les rapports économiques entre les deux pays qui doivent être abordés.
Autre sujet qui devrait être abordé : celui de la sous-évaluation du yuan, la monnaie chinoise, accusée de creuser le déficit commercial des Etats-Unis avec la Chine. Il faut dire que ce déficit commercial, de plus de 250 milliards de dollars, représente un tiers du déficit commercial total des Etats-Unis.
Il y a cependant peu de chances pour que Pékin réponde positivement aux requêtes américaines. Le pays ne devrait en effet pas faire trop de concessions à une administration en fin de mandat, à quelques mois des élections aux Etats-Unis. Finalement, ces rencontres devraient surtout permettre la signature de plus de 70 contrats pour 13 milliards de dollars.
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05 juin 2008
Campagne présidentielle américaine
Obama remporte l'investiture démocrate
Source: http://www.rfi.rf (Article publié le 04/06/2008)
A l’issue des deux dernières primaires démocrates qui se tenaient mardi soir dans le Dakota du Sud et dans le Montana, Barack Obama obtient le nombre nécessaire de délégués pour devenir le candidat démocrate à la présidentielle américaine. Les délégués devront le désigner officiellement candidat lors de la Convention démocrate à Denver fin août. Ainsi le sénateur d’Illinois deviendra le premier candidat noir à la magistrature suprême.
Barack Obama saluant ses supporters à son arrivée à Saint Paul, dans le Minnesota.
(Photo : Reuters)
Au cours des deux dernières primaires hier Barack Obama a gagné le Montana et Hillary Clinton le Dakota du Sud. Mais dans la même journée un nombre important de supers délégués se sont ralliés au sénateur de l'Illinois et c’est en comptant sur leur vote que Barack Obama se déclare vainqueur.
Les délégués devront le désigner officiellement candidat lors de la Convention démocrate à Denver fin août. Ainsi Barack Obama deviendra le premier candidat noir à la magistrature suprême.
Après l’annonce des résultats qui le donnaient gagnant de la course à l’investiture démocrate, Barack Obama s'est exprimé devant ses partisans revendiquant officiellement la candidature de son parti à la présidence.
11:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : campagne présidentielle américaine, barack obama, usa, investiture démocrate
26 mai 2008
Liban: Michel Sleimane élu président
par Diane Galliot, correspondante de rfi à Beyrouth
Le général Michel Sleimane a été élu dimanche président du Liban par les députés, première étape de la remise en marche du pays après 18 mois de crise politique et des violences meurtrières. Il a été élu par 118 députés, sur un total de 127. Six députés ont voté blanc, trois ont porté leur choix sur d'autres noms. Le chef de l’armée libanaise était présenté comme le « candidat de consensus » mais son élection avait été sans cesse repoussée, faute d’accord entre les partis politiques. Cette élection fait suite à l'accord de Doha, conclu mercredi entre l'opposition et la majorité libanaises au terme d'une conférence de dialogue qui avait duré six jours et s'était déroulée sous l'égide de la Ligue arabe. Qui est cet homme qui a dirigé l’armée libanaise durant 10 ans ? Et que signifie « candidat de consensus » ? Portrait du nouveau président de la République.
Le général Michel Sleimane, chef d'état-major de l'armée libanaise.
(Photo : Reuters)
Cet homme est celui qui a su préserver l’unité de l’armée à travers les multiples tempêtes qu’a traversé le pays. Cette qualité-là lui est reconnue par tous.
Sandra, étudiante : « Le président Sleimane, je sais qu’il était à la tête de l’armée, une armée qui a prouvé, peut-être pour la première fois dans l’histoire du Liban, dans les combats de Nahr el Bared, qu’elle était unie, du moins en apparence, contre un certain ennemi commun. Je pense que c’est la première démonstration véritable, historique, de cette union. Et je pense que c’est un bon signe dans le parcours de Sleimane. Maintenant, il y a pas mal de personnes qui disent qu’il est Syrien, ou qu’il n’est pas très… au milieu…entre deux camps. Mais je préfère justement être optimiste, concernant la situation en générale, et je pense qu’on n’aura pas pire président que Lahoud ».
Au Liban, depuis des mois, des années, pour qualifier le camp de l’un ou de l’autre, on dit souvent qu’il est pro-syrien, ou anti-syrien ce qui est un qualificatif un petit peu compliqué à comprendre. Le président Lahoud était qualifié de pro-syrien. Mais où est le général Sleimane pro-syrien ou anti-syrien ? Eh bien cela dépend des époques, et de ceux à qui vous posez la question. Du coup, c’est là peut-être que son parcours le conduit aujourd’hui, à la tête de l’Etat comme candidat de consensus.
Eclairage, avec Maurice : « Sur le plan personnel, je ne connaîs pas très bien le personnage. Il a été nommé général en chef de l’armée à l’époque de l’occupation syrienne, sous le président Lahoud, plutôt compétent dans la direction de l’armée, et il a su, je pense, gérer les tensions interconfessionnelles au sein de l’armée libanaise, qu’il a préservé de l’éclatement. C’était vraiment la dernière institution libanaise qui tenait encore, notamment pendant la dernière crise qui a secoué le pays, ces deux dernières années. Donc son rôle était plutôt positif au sein de l’armée ».
Voilà un argument qui fait l’unanimité, mais un bon commandant en chef de l’armée, fait-il un bon président ? Le militaire sera-t-il fin politique ? Ghassan est homme d’affaire, chiite : « Le général Sleimane, il a eu sa position… Vous savez, il est Syrien, c'est-à-dire quand il est devenu chef de l’armée, c’était un ordre syrien. Son but c’est de garantir sa place. Il veut être président à tout prix. Est-ce qu’il peut résoudre le problème ici ? Je ne pense pas, parce que le problème au Liban, s’il pouvait se résoudre, il pouvait se résoudre avant qu’on en arrive à ce point ».
Et aujourd’hui, au Liban, l’accord de Doha, l’élection du général Sleimane, sont une véritable respiration. Mais nul n’ose parier sur un consensus durable, même si, bien sûr, tous l’espèrent.
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25 mai 2008
Justice internationale: Arrestation de Jean-Pierre Bemba en Belgique
Par Stéphanie Maupas, correspondante de rfi à La Haye,
Article publié le 25/05/2008

Jean-Pierre Bemba en juillet 2006.
(Photo: AFP)
Arrêté dans une banlieue de Bruxelles aux alentours de 22h00 (heure locale), Jean-Pierre Bemba, chef du principal mouvement d’opposition au président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, était depuis plusieurs semaines dans le viseur de la Cour pénale internationale (CPI). Suspecté de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, pour viols, tortures et pillages commis en République centrafricaine en 2002 et 2003, Jean-Pierre Bemba s’était réfugié au Portugal en juin 2007. Candidat malheureux à l’élection présidentielle d’octobre 2006, au terme de laquelle il avait cependant raflé 42% des voix au second tour, Jean-Pierre Bemba avait été inculpé pour haute trahison par le pouvoir et avait fui le pays pour l’Europe.
Dans le viseur de la CPI depuis mai 2007
Jean-Pierre Bemba n’est pas poursuivi pour les crimes qui auraient été perpétrés en République démocratique du Congo mais pour ceux commis en République centrafricaine. Du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003, les mercenaires du chef de guerre avaient soutenu le pouvoir de l’ancien président Ange Félix Patassé contre les rebelles de François Bozizé, qui s’emparait alors du pouvoir. Selon le mandat d’arrêt émis par la Cour, les hommes de Jean-Pierre Bemba « ont mené une attaque systématique ou généralisée contre la population civile et ont commis des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne et des pillages, notamment dans la localité dénommée PK12 et dans les villes de Bossangoa et Mongoumba ».
Jean-Pierre Bemba est accusé en qualité de supérieur hiérarchique et était « investi d’une autorité de jure et de facto (…) pour prendre toutes les décisions tant sur le plan politique que militaire ». Dans un communiqué, le procureur Luis Moreno Ocampo a rappelé avoir rencontré les victimes, « celles qui ont survécu à la violence, celles qui ont survécu au sida. Nous ne pouvons effacer leurs blessures. Mais nous pouvons leur rendre justice. Les témoignages des victimes seront autant de preuves. Les victimes viendront raconter leur histoire à la Cour. Elles auront ce pouvoir ».
Un destin politique contrarié
Alerté par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) au printemps 2003, le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, avait été saisi par Brazzaville en décembre 2004, mais n’avait ouvert son enquête qu’en mai 2007. Des poursuites initialement entamées par la République centrafricaine s’étaient soldées par un renvoi vers la juridiction internationale. Elles visaient non seulement Jean-Pierre Bemba, mais aussi le Français Paul Barril, ancien n°2 du GIGN, (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) qui était intervenu au Congo-Brazzaville à la tête d’une compagnie privée de sécurité.
Devant la Cour pénale internationale, le président du Mouvement de libération du Congo ne bénéficie pas de son immunité en qualité de sénateur. Un titre que Kinshasa contestait, depuis son départ du Congo, en juin 2007. L’homme d’affaires, licencié d’une école de commerce de Belgique, avait évolué dans le commerce comme son père, un proche de l’ancien président Mobutu Sese Seko.
En 2003, Jean-Pierre Bemba avait été accusé par les Nations unies d’avoir incité ses troupes au cannibalisme, mais les faits n’avaient jamais été étayés et en juin 2003, il devenait le vice-président du gouvernement de transition. A 45 ans, Jean-Pierre Bemba conservait son potentiel politique. Son arrestation dans une banlieue de Bruxelles intervient alors qu’une crise diplomatique a éclaté entre la Belgique et la République démocratique du Congo.
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13 mai 2008
Grève de trois jours contre la vie chère
Article publié sur rfi.fr le 13/05/2008


Le mouvement de grèves dans les secteurs public, parapublic et privé a commencé ce mardi à l'appel des syndicats burkinabés. Toutefois, la plupart des services bancaires, publics et administratifs avaient ouvert leurs portes dans la capitale, tout comme les commerces. L’activité demeurait au ralenti dans les principaux centres de santé, bureaux de poste et établissements scolaires. Le gouvernement de Ouagadougou avait demandé aux syndicats de ne pas cesser le travail, en attendant des négociations prévues pour se tenir en septembre. « Pas question ! », ont répondu les syndicats.
La principale question qui divise le gouvernement et les syndicats burkinabés est celle des salaires. Les syndicats exigent une augmentation de 25% pour, disent-ils, « faire face à la baisse drastique du pouvoir d’achat ». Mais, dans un lettre adressée aux syndicats le 8 mai dernier, le ministre du Travail, Jérôme Bougouma, explique qu’actuellement le gouvernement ne peut augmenter les salaires. « Le gouvernement qui, explique encore le ministre, a renoncé à des taxes sur des produits de première nécessité. Le gouvernement qui subventionne aussi le prix des céréales et doit faire face à la hausse des produits pétroliers », a-t-il encore ajouté.
Mais dans leur réponse, dès le lendemain, les syndicats soulignent que, face à la flambée générale des prix, les augmentations des salaires étaient aujourd’hui incontournables. Les syndicats relèvent, par ailleurs, que les mesures adoptées par le gouvernement n’ont pas entraîné de baisse des prix. Et, de façon globale, les syndicats estiment que leurs revendications n’ont pas reçu de réponses satisfaisantes. Par conséquent, le mot d’ordre de grève est maintenu. Mercredi, deuxième jour de débrayage, il est prévu à Ouagadougou une marche suivie d’un meeting à la Bourse du travail.
Au début du mois d'avril, les syndicats burkinabés avaient lancé une grève générale de deux jours contre la hausse des prix. Les syndicats estiment que les mesures prises alors par le gouvernement restent insuffisantes. Les syndicats dénoncent, tout particulièrement, la non-application par les commerçants des mesures décidées par le gouvernement destinées à faire baisser les prix des produits de première nécessité.
18:01 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vie chère, ouagadougou, burkina faso
09 mai 2008
Côte d’Ivoire: Blaise Compaoré veut calmer la situation
Source: http://www.rfi.fr
Article publié le 08/05/2008 Dernière mise à jour le 08/05/2008 à 20:27 TU
En se rendant, jeudi, dans la capitale politique ivoirienne, le président burkinabé Blaise Compaoré devrait essayer de calmer le jeu entre le président ivoirien Laurent Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Soro, après les divergences qui ont surgi récemment au sujet du désarmement des ex-rebelles. Le président burkinabé va donc participer à Yamoussoukro à la réunion de suivi de l'accord de paix inter-ivoirien, le CPC, Cadre permanent de concertation. Son contenu n'a pas encore été dévoilé. Présidé par Blaise Compaoré, le CPC comprend aussi Laurent Gbagbo, et ses deux principaux opposants : l'ancien président Henri Konan Bédié et l'ex-premier ministre Alassane Ouattara, ainsi que Guillaume Soro, l'actuel chef du gouvernement ivoirien.
Le président burkinabé Blaise Compaoré (d) accueilli à l'aéroport de Yamoussoukro par Laurent Gbagbo (g), le jeudi 8 mai 2008.
(Photo : AFP)
Le 24 avril dernier, l'essentiel des partis politiques ivoiriens avaient signé à Abidjan un « code dit de bonne conduite » dans la perspective de la présidentielle fixée au 30 novembre, un texte qui engage les signataires contre l’utilisation « de la violence sous toutes les formes ». Or, mardi dernier, les ex-rebelles des Forces nouvelles (FN), le mouvement auquel appartient le Premier ministre Guillaume Soro, ont demandé des explications au parti présidentiel, le Front populaire ivoirien (FPI), au sujet des « attaques inacceptables » de la part de l’épouse du chef de l’Etat. Simone Gbagbo avait demandé que le désarmement des ex-rebelles se fasse en un mois au lieu des cinq initialement prévus dans l’accord de paix, conclu le 4 mars 2007, entre le président Laurent Gbagbo et Guillaume Soro. Les Forces nouvelles ont estimé que ces attaques pourraient provoquer des « conséquences imprévisibles » sur le processus de paix en Côte d'Ivoire.
Selon des indiscrétions, le président burkinabé va s’atteler à calmer le jeu entre le président ivoirien et le chef des Forces nouvelles, après les récentes passes d’armes sur le désarmement qui risquent d’avoir des conséquences négatives sur la tenue des élections du 30 novembre 2008. À son arrivée à Yamoussoukro, jeudi après-midi, Blaise Compaoré a estimé que la présidentielle en Côte d'Ivoire pourra se tenir à cette date, se basant sur la « détermination » des protagonistes. Il a souligné que la rencontre de vendredi vise à « consolider les acquis d'aujourd'hui et à préparer l'avenir avec beaucoup de sérénité ».
13:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, crise ivoirienne, blaise compaoré, laurent gbagbo
26 avril 2008
Manifestation à Dakar contre la vie chère
Source: rfi.fr Article publié le 26/04/2008
Plusieurs milliers de personnes – 5 à 6 000, selon les organisateurs, 6 à 7 000, selon la police - ont manifesté samedi 26 avril à Dakar à l'appel des mouvements de la jeunesse du Front Siggil Senegaal («pour un Sénégal debout», en wolof), la plateforme de l'opposition pour dénoncer la vie chère mais aussi le report des élections locales. Les manifestants ont défilé dans le calme en scandant des slogans hostiles au président Abdoulaye Wade, tels que « le riz est cher, va-t’en ! ».
Des manifestants brandissent des miches de pain, des sacs de riz vides et d'autres aliments, lors d'une marche organisée par l'opposition le 26 avril à Dakar pour protester contre la vie chère.
(Photo : AFP)
Avec notre correspondant à Dakar,
Une ambiance plutôt bonne enfant pour cette première marche autorisée de l’opposition depuis trois ans. Pas de débordement et une faible présence visible de la police mais des manifestants très motivés. Certains brandissaient des miches de pain, des sacs de riz vides. Et les slogans que l’on aura le plus entendu sont : « la vie est chère », « on a faim » et « le président doit partir ».
Beaucoup de critiques aussi contre la « Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance », lancée la semaine dernière par le chef de l’Etat pour lutter contre la crise alimentaire. On a également entendu des manifestants accuser Abdoulaye Wade d’avoir oublié les producteurs d’arachide, l’une des principales productions d’exportation.
Au bout du compte la jeunesse de l’opposition a donc réussi son pari : organiser une manifestation après plusieurs interdictions et reports en évitant tout dérapage, le seul couac ayant été l’arrestation de deux membres des jeunesses de cette opposition samedi matin qui ont passé la journée entre les mains de la police.
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