22 novembre 2009

Obama passe une première étape-clé au Sénat pour la réforme de la santé

France 24          22 novembre 2009



Les sénateurs ont donné samedi leur feu vert à l'ouverture d'un débat sur la réforme du système de santé voulue par Barack Obama. Les démocrates ont fait bloc derrière leur président lors de ce vote qualifié d'"historique" par la Maison Blanche.
Par Dépêche (texte)



USA-Obama.jpgAFP - Le Sénat américain a voté samedi en faveur du lancement formel du débat sur la réforme historique du système de santé pour étendre sa couverture à plus de 30 millions d'Américains qui en sont dépourvus, une des grandes promesses électorales du président Barack Obama.

 

De ce vote de procédure dépendait le sort de ce projet de loi de 2.074 pages qui fait l'objet d'une bataille acharnée avec la minorité républicaine déterminée à y faire échec.

 

Les démocrates devaient obtenir 60 voix sur cent pour pouvoir entamer les débats prévus à partir du 30 novembre et voter ensuite sur un texte probablement amendé qui pourra être adopté à la majorité simple. Ces débats devraient durer trois semaines.

 

Aux 58 sénateurs démocrates se sont joints, comme attendu, deux sénateurs indépendants, dont Joseph Lieberman, pour atteindre le nombre requis de 60. 39 républicains ont voté contre, une sénateur républicain, George Voinovich de l'Ohio, n'a pas voté.

 

A l'issue du vote, le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs à déclaré que "le vote historique de cette nuit nous rapproche un peu plus de notre volonté de mettre fin aux abus des compagnies d'assurance, de réduire les coûts des soins médicaux, de garantir la stabilité et la sécurité de la couverture maladie à ceux qui en ont une et d'offrir une couverture de qualité à ceux qui n'en ont pas".

 

Les deux sénatrices démocrates qui étaient encore incertaines avaient finalement indiqué samedi qu'elles voteraient avec leur parti. Mary Landrieu (Louisiane, sud) et Blanche Lincoln (Arkansas, sud) avaient néanmoins indiqué qu'elles pourraient voter contre la loi lors de son vote formel, quand les démocrates n'auront plus besoin que d'une majorité simple.

 

Jeudi un autre démocrate hésitant, le sénateur Ben Nelson (Nebraska, centre) avait annoncé qu'il voterait avec son parti.

 

Les sièges de ces trois démocrates élus dans des Etats conservateurs sont menacés lors des prochaines élections en novembre 2010 et un vote en faveur du projet de réforme de santé pourrait leur être fatal électoralement.

 

Le texte prévoit notamment la mise en place d'une option publique de couverture santé pour faire concurrence aux groupes privés d'assurance.

 

Cette couverture médicale dont le coût est estimé à 848 milliards de dollars d'ici 2019 devrait permettre de faire des économies et de réduire ainsi le déficit budgétaire américain, de 130 milliards de dollars sur la même période.

 

L'adoption du projet de loi par le Sénat forcerait ce dernier et la Chambre des représentants, qui a adopté son propre texte sur la réforme le 7 novembre, à négocier un compromis.

 

Le Sénat et la Chambre devront ensuite voter ce texte de compromis avant de soumettre la loi à la signature du président Obama pour sa promulgation.

 

Les républicains s'efforcent de prolonger la bataille pour la réforme du système de santé jusqu'à l'année prochaine en espérant que la perspective des élections parlementaires de mi-mandat en novembre 2010 amènera les démocrates élus dans des Etats conservateurs à voter contre la réforme.

 

Le chef de la minorité républicaine Mitch McConnell a mis en garde samedi, à l'ouverture des débats au Sénat, contre l'adoption "de ce programme extrêmement coûteux à un moment où (...) nos créanciers internationaux, les Chinois, nous font la leçon sur notre dette".

 

Le leader de la majorité démocrate Harry Reid lui a rétorqué que les républicains avaient décidé de dépenser des milliards de dollars pour financer "une guerre non-nécessaire" en Irak sous l'ancien président George W. Bush.

 

La Maison Blanche avait lancé vendredi un nouvel appel aux sénateurs indécis, affirmant que le vote de la réforme du système de santé était "essentiel".

 

Les Etats-Unis sont le seul grand pays industrialisé démocratique à ne pas avoir d'assurance médicale universelle, laissant 36 millions d'Américains sans couverture.

05 novembre 2009

Obama un an après : Le miracle va-t-il virer au mirage ?

L'observateur paalga         05 novembre 2009

 

Hier 4 novembre 2009, cela faisait exactement un an jour pour jour que Barack Obama a été élu président des Etats-Unis d’Amérique (USA). Une première dans l’histoire de la plus grande puissance du monde : un Noir est maître de la Maison-Blanche. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la planète entière a suivi avec émotion cet événement qui était en lui-même tout un symbole et une promesse.

 

 

barack-obama.jpgLe symbole de l’égalité des hommes et des races ; et la promesse que le rêve américain se poursuivra encore et toujours. Cette victoire a été le point culminant de ce qu’on a appelé l’Obamania.

 

Il faut avouer que, des mois avant le scrutin, le fils de l’émigré kényan surfait sur une bonne vague, aussi bien en Amérique que dans le reste du monde. Et le 20 janvier 2009, le mari de Michèle prêtait serment avec une très forte aura et une cote de popularité à faire pâlir d’envie plus d’un chef d’Etat.

 

Aujourd’hui, un an après son élection et 9 mois après sa prise du pouvoir à Washington, l’effet Obama semble s’essouffler, surtout aux USA, où son tableau est moins reluisant. Le constat qui s’impose est que la cote de popularité du champion des démocrates s’effrite très rapidement dans son pays, même si le président américain continue de bénéficier de bonnes opinions dans le reste du monde.

 

Mais tout le monde sait qu’en politique, notamment dans les républiques démocratiques et non bananières, ce qui importe plus pour un dirigeant, c’est bien l’opinion de ses compatriotes que celle, on va dire, des citoyens du monde.

 

Après la pente ascendante, vient donc celle descendante. Et Obama n’échappe pas à cette règle. Seulement, il a enclenché la descente très tôt. Mais à sa décharge, il faut avouer que celui qui prônait le changement a pris les rênes du pouvoir à un moment doublement critique. Il a hérité de la patate chaude irakienne et afghane que lui a refilée George Bush.

 

Alors qu’il se demandait comment sortir de ces bourbiers, une catastrophe épouvantable a frappé son pays, puis le reste de la planète : les crises financière et économique internationales. La conjugaison de ces conjonctures ne lui a pas du tout facilité la tâche.

 

La hausse du chômage, les milliers d’Américains jetés dans la rue parce que ne pouvant plus payer la traite de leurs maisons, ajoutés aux décisions impopulaires qui s’imposent en période de crise ont fini par dicter un autre agenda politique et gouvernemental à Obama et ont fortement contribué à atténuer son aura et à éroder sa popularité.

 

Et signe que l’Obamania a comme du plomb dans l’aile, les démocrates ont perdu avant-hier deux Etats qui leur étaient traditionnellement acquis : en effet, la Virginie et le New Jersey seront dirigés par des gouverneurs républicains. Les candidats démocrates, malgré le soutien que leur a apporté Obama, n’ont pu conserver leurs postes.

 

Cette défaite, qui intervient pendant ce premier anniversaire de l’élection du premier président noir des USA, sonne comme un camouflet, ou alors un coup de semonce adressé en réalité au président pour désavouer sa politique. Barack Obama est véritablement au creux de la vague avec une réforme santé qu’il ne parvient pas pour l’instant à faire accepter par nombre de ses compatriotes. Tout se passe actuellement comme si le miracle qu’a été son élection est en train de virer au mirage.

 

Mais dans cette tourmente, tout n’est pas définitivement perdu pour le président, à qui il reste encore plus de 4 ans de mandat. C’est dire qu’il a suffisamment de temps pour redresser la barre et réussir à démontrer la pertinence de ses choix politiques. Et quand on voit ce qui reste au compteur de son mandat, on peut avancer que le temps joue en sa faveur.

 

En effet, si la reprise économique se confirme et se consolide rapidement, Obama pourra plus facilement faire passer certaines réformes et réussir, qui sait, le changement qu’il a promis au peuple américain et par ricochet au reste du monde.

 

San Evariste Barro

 

lobservateur

04 novembre 2009

OBAMA AN I : L’Afrique entre espoirs et regrets

Le pays          04 novembre 2009


Un an déjà, depuis que Barak Obama a été élu. Comme le temps passe vite. On se rappelle tout l’engouement dont le continent noir a fait montre tout le temps de la longue campagne présidentielle et la liesse populaire qui éclata lors de la nuit historique de l’élection du 44e président américain. L’Afrique avait voté pour Obama et elle avait gagné. Elle avait de quoi pavoiser et nourrir de légitimes espoirs. Cela fait un an déjà.

 

 

A l’intérieur du pays où il a été élu, en cette semaine même où il fête le premier anniversaire de son élection, Obama semble avoir perdu en popularité. Il y a un an, presque jour pour jour, le candidat démocrate rassemblait 70% d’opinions favorables. Aujourd’hui il en compte 50. En Afrique, on ne peut pas dire la même chose. S’il est vrai que la fièvre Obama qui s’était transformée en hystérie dans certaines capitales africaines a dû forcément baisser, on ne peut cependant pas dire que le président américain a perdu la cote. Et ce que l’on peut considérer comme des regrets exprimés par les Africains aujourd’hui n’est en fait qu’une forme d’impatience de voir arriver très vite ce que Barak Obama, par sa nouvelle vision des choses, peut réaliser pour l’ensemble du continent africain.

 

Les Africains ont foi en lui et ils espèrent, confiants. Les marchés des capitales africaines pullulent de gadgets et d’articles à l’effigie d’Obama : porte-clés, lampes torches, motos, salons de coiffure. Un signe des temps sans doute. Vu d’Afrique, l’homme Obama, en plus d’être un Noir (ce qui ne gâte rien) est le président américain qui aura réussi le tour de force d’instaurer un nouveau climat dans un monde en ébullition. Ce qui revient à dire qu’il l’aura sécurisé. Il aura fait de cette planète un monde plus apaisé et cet aspect des choses, déjà, importe énormément. On se rappellera toujours son discours à l’université du Caire qui a sonné comme un discours de rassemblement autour d’une main tendue et qui avait pour vocation de réunir autour d’un même idéal chrétiens et musulmans : celui de la victoire de la paix. De même, on se souvient de sa visite historique au Ghana. En Afrique, on aura noté et apprécié le symbole. Pour une première visite en Afrique noire en tant que président des Etats-Unis, c’est ce pays que choisit l’hôte de la Maison Blanche, principalement grâce à son bilan démocratique et sa stabilité politique.

 

La jeunesse africaine en particulier aura vibré lorsque dans le discours qu’il prononça au Parlement d’Accra, Barak Obama s’engageait à « mettre fin aux pratiques antidémocratiques et à la corruption » et lorsqu’il affirma que le « développement dépend de la bonne gouvernance ». Et jusqu’à présent, elle reconnaît fort justement que le président américain a raison lorsqu’il déclare que « l’avenir de l’Afrique appartient aux Africains eux-mêmes ». En Afrique, l’engouement pour Obama n’est pas un mythe. Le locataire de la Maison Blanche bénéficie d’une aura certaine. Un peu à l’excès, dira-t-on. Car, après tout, il ne faudra tout de même pas oublier que le 44e président des Etats-Unis a été élu par les Américains et pour les Américains. Mais si les populations africaines des villes et des campagnes, en dépit de la kyrielle de dirigeants bien présents sur le continent, n’ont d’yeux et d’oreilles que pour le cousin africain élu en Amérique, cela est sans doute la preuve manifeste qu’elles en attendent ce petit « quelque chose » qu’elles ont de longues années durant, vainement rêvé de posséder un jour. La presque totalité des chefs d’Etat qui les gouvernent n’arrivant pas à assouvir leur soif de liberté, de justice et de démocratie, les anciens colonisateurs soufflant tantôt le chaud et tantôt le froid et bien souvent évaluant ces aspirations à l’aune de la contrepartie économique et financière en jeu, les Africains placent volontiers leur confiance, leurs espoirs et leurs attentes en leur cousin qui incarne à leurs yeux fermeté, courage et honnêteté. Et comme il se trouve qu’il est par ailleurs l’homme le plus puissant de la planète, cela ne devrait qu’arranger les choses.

 

Ils regrettent seulement que cette crise mondiale qui a accueilli Obama à peine installé dans son bureau de commandement, ne lui ait pas vraiment laissé le temps de réaliser les promesses faites au continent noir. On ne pouvait tout de même pas lui demander de laisser les Américains se débrouiller seuls face au cyclone qui s’apprêtait à ravager leur économie, au seul motif qu’il devrait exaucer les vœux de ses cousins noirs d’Afrique. Mais les jalons que Barak Obama a posés sont des prémices sûres qui permettent de croire qu’il est en route pour « sauver » le continent.

 

Les Etats-Unis, sous sa direction, n’entretiennent de relations privilégiées qu’en contrepartie de l’instauration d’une saine démocratie. En cela ils administrent une excellente leçon de bonne tenue politique à des Chinois qui ne se font pas vraiment de scrupule en la matière, mais aussi à d’anciens colonisateurs dont la mainmise sur certains pays phares du continent, empêche certains rêves de s’accomplir. Le dernier exemple en date est sans doute la divergence de points de vue qui a opposé l’Amérique d’Obama à la France de Sarkozy, à l’issue de la réélection du président Ben Ali de Tunisie. Alors que l’ancienne métropole applaudissait, la Maison Blanche réprimandait. Ce sont là de bons présages. Et tant pis si des dictateurs à la petite semaine se retrouvent à la soupe à la grimace. Obama doit voler au secours des populations africaines. Yes, he can !

 

"Le Pays"

03 novembre 2009

Le prix Goncourt 2009 décerné à Marie N'Diaye

Jeune Afrique          03 novembre 2009

 

Le prix Goncourt a été attribué lundi à Marie NDiaye pour "Trois femmes puissantes" (Gallimard), a annoncé le jury au restaurant Drouant à Paris.

 

Marie-NDiaye_pics_390.jpgMarie NDiaye a obtenu le plus prestigieux des prix littéraires de l'automne au 1er tour avec 5 voix contre 2 à Jean-Philippe Toussaint pour "La vérité sur Marie" et une voix à Delphine de Vigan pour "Les heures souterraines".

 

Marie NDiaye est la première femme a obtenir le Goncourt depuis 1998. Née le 4 juin 1967 à Pithiviers (Loiret), d'un père d'origine sénégalaise et d'une mère française, Marie NDiaye a grandi en banlieue parisienne.

 

Entre la France et l'Afrique


Elevée uniquement en France par sa mère, professeur de sciences naturelles, elle publie à 18 ans son premier roman, "Quant au riche avenir" (1985). Remarquée par Jérôme Lindon des éditions de Minuit, elle abandonne rapidement ses études pour se consacrer à l'écriture et enchaîne depuis romans et recueils de nouvelles. Une vingtaine en 23 ans, parus pour l'essentiel chez Minuit puis chez Gallimard. "Comédie classique" (1988), "La femme changée en bûche" (1989), "La sorcière" (1996)...

 

Romancière atypique, tour à tour féministe, engagée, elle surprend par l'étrangeté de ses récits, qui parlent des femmes et des rapports compliqués entre les gens.

 

Prix Femina en 2001 pour "Rosie Carpe", elle entre en 2003 au répertoire de la Comédie-Française avec "Papa doit manger". "Trois femmes puissantes" regroupe trois récits dont les héroïnes résistent pour préserver leur dignité, entre la France et l'Afrique. En 2007, Marie NDiaye s'est installée à Berlin avec sa famille.

 

Le prix Renaudot 2009 a été attribué à Frédéric Beigbeder pour "Un roman français" (Grasset).

01 novembre 2009

Etats-Unis : Les malades du sida peuvent bientôt entrer aux Etats-Unis


Washington prendra lundi les dernières dispositions pour lever l'interdiction imposée aux porteurs du virus du sida d'entrer aux Etats-Unis. L'entrée des malades du sida sur le sol américain était interdite depuis 22 ans, leur liberté de voyager sera restaurée début 2010.


Signature du renouvellement de la loi Ryan White à la Maison Blanche, le 30 octobre 2009.(Photo : Reuters/Jim Young )
Signature du renouvellement de la loi Ryan White à la Maison Blanche, le 30 octobre 2009. (Photo : Reuters/Jim Young )


Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet


A partir de janvier prochain, les étrangers contaminés par le virus VIH pourront de nouveau venir ou émigrer aux Etats-Unis, sans avoir à demander une dispense au ministère de la Sécurité intérieure.

 

Dans les années 90, le gouvernement américain avait décidé de fermer la porte aux séropositifs : le sida était alors considéré comme la maladie des gays et ne soulevait guère de sympathie. « Si nous voulons être des leaders dans la lutte contre le virus VIH/sida, nous devons agir comme tels », a déclaré le président Obama en annonçant la levée de l’interdiction.

 

Le président américain a donné au passage un rare petit coup de chapeau à son prédécesseur, George Bush, qui avait commencé à prendre les mesures nécessaires pour abroger l’ordre discriminatoire.

 

Barack Obama a annoncé ce changement de politique alors qu’il signait le renouvellement de la loi Ryan White, un adolescent séropositif chassé de son école en 1984, après avoir été contaminé lors d’une transfusion sanguine. Après un combat courageux qui avait attiré l’attention des médias et ému l’Amérique, Ryan était mort. La loi qui porte son nom met en œuvre des programmes pour aider les Américains affectés par le mal. Ils sont plus d’un million, a rappelé le président, avec chaque année, 56 000 nouveaux contaminés.

12 octobre 2009

PRIX NOBEL DE LA PAIX 2009 : Une distinction prématurée pour Obama ?

Le pays          12 octobre 2009

 

Quand l’annonce de l’attribution du prix Nobel de la paix 2009 à Barack Obama a été rendue publique, celui-ci dormait encore. Il n’était en effet que 5h du matin à Washington. Barack Obama, comme de nombreuses autres personnes à travers le monde, a été pris de court par cette distinction. Ce ne sont pas pourtant les postulants à ce prix qui manquaient. Ils étaient en effet 205 candidats, parmi lesquels Morgan Tsvangiraï, l’opposant zimbabwéen, le dissident chinois Hu Jia ou la sénatrice colombienne Piedad Cordoba. Barack Obama était loin d’émerger du lot pour en être le favori. Du reste, quand le président américain accédait au pouvoir et prêtait serment en janvier 2009, il ne restait plus que deux semaines avant la date limite de dépôt des candidatures pour le prix Nobel de la paix.


 

La distinction de Barack Obama ne pourrait donc que susciter des réactions, des commentaires et des questions diverses, partout à travers les 4 coins du monde. Qui, Obama ? Si vite ? Qu’a-t-il fait pour la paix pour recevoir ce prix ? Pourquoi le prix lui a-t-il été décerné alors que les USA sont engagés dans 2 guerres en Afghanistan et en Irak et pendant que le conflit israélo-palestinien s’enlise ? Quels sont ses faits d’armes ? Et finalement, comment expliquer que Barack Obama se voit attribuer ce prix ? Quel message le comité Nobel envoie-t-il au monde ? Faut-il le rappeler, le prix Nobel est une reconnaissance de portée internationale, attribuée à des personnes, physiques ou morales, qui ont rendu de grands services à l’humanité et qui permettent une amélioration ou un progrès considérable.

 

Quels sont donc les faits d’armes de Barack Obama, les actes posés par lui, qui lui ont donné droit au Nobel de la paix 2009 ? Il faut le reconnaître, Barack Obama n’a pas eu le temps, pour l’instant, de faire quoi que ce soit. Il n’a fait que des propositions ; il est seulement animé de bonnes intentions ; il a seulement prononcé des discours pacifistes. Est-il besoin de le dire encore, Barack Obama a succédé à George W. Bush à la Maison Blanche. Après les attentats du 11 septembre 2001, ce dernier avait décidé, unilatéralement, d’intervenir militairement dans des pays musulmans, en Irak et en Afghanistan ; ce qui a contribué à destabiliser le monde. Barack Obama a hérité de ces dossiers chauds à son entrée en fonction. Si l’accalmie semble s’installer en Irak, en Afghanistan par contre, la situation s’empire ; Obama ayant même l’intention d’y envoyer des troupes supplémentaires, ce qui est loin d’être un signe de paix. A l’opposé, le président afro-américain plaide pour un monde débarrassé d’armes nucléaires ou de destruction massive. Il s’active à la relance du processus de paix au Proche-Orient et tente d’apaiser les conflits entre les USA et les pays musulmans. Du reste, dans son discours de réconciliation avec les Arabo-musulmans au Caire, il avait introduit son allocution en Arabe par une courte phrase qui en disait pourtant long sur ses intentions : "Assalamou aleykoum" (que la paix soit avec vous !). Barack Obama déploie aussi d’énormes efforts pour que les USA s’engagent dans la lutte contre les changements climatiques. Dans sa nouvelle démarche de règlement des questions internationales, le président américain a placé la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples au centre de son action. Sous Barack Obama en effet, la diplomatie multilatérale a retrouvé une position centrale ; les Nation unies et les institutions internationales ont été chargées de jouer les premiers rôles.

 

Ce sont là, l’essentiel des actions d’Obama dans le sens de la paix mondiale. Etait-ce pour autant suffisant pour qu’il se voit décerner le Nobel de la paix 2009 ? Martin Luther King et Indira Ghandi avaient nettement fait mieux mais n’ont pas eu un honneur de cette envergure. Pour beaucoup, la distinction d’Obama était fantaisiste, imméritée, prématurée et suscitait donc des contestations et des manifestations de désapprobation. Le Comité Nobel, pour sa part, pensait tout le contraire. Pour son président, Thorbjoern Jagland, c’est "pour ses efforts extraordinaires en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples" que Barack Obama a été honoré. Le président américain, de son point de vue, était donc la bonne personne du moment et il devançait les autres.

 

Finalement, que signifie le prix Nobel de la paix 2009 (ou Nobel des bonnes intentions pour reprendre une expression des détracteurs) attribué à Barack Obama et qui a suscité louanges, critiques et encouragements ? Pour beaucoup, le Nobel de la paix 2009 est un cadeau empoisonné. Il invite le président américain, doté de puissants moyens, à concrétiser justement ses bonnes intentions ; à poursuivre sur sa lancée et à ne pas s’arrêter en si bon chemin. C’est donc en quelque sorte, un coup de fouet à lui administré, comme pour lui dire d’appuyer sur l’accélération et d’accroître la cadence. Le Comité Nobel semble dire à Barack Obama qu’il est sur la bonne voie et qu’il est encouragé dans ce sens. Il lui demande maintenant de franchir le cap des bonnes intentions, de passer à l’action et de mettre le monde à l’endroit que Bush a mis sens dessus-dessous.

 

Barack Obama doit donc prendre ce Nobel de la paix comme un produit dopant, accroissant ses capacités de réussite. Pour les espoirs qu’il suscite aux USA et dans le monde, Barack Obama ne peut et ne doit plus décevoir. Les faibles et les opprimés attendent de le voir défendre la démocratie, les droits humains et toutes les libertés fondamentales. Leur non-respect est à la base des soulèvements qui conduisent parfois aux guerres que les pacifistes comme Obama apaisent, et qui sont distingués par le comité Nobel. Pour ceux qui en doutaient encore, Barack Obama est définitivement entré dans l’histoire de l’humanité, en dépit de son jeune âge (48 ans). Ne dit-on pas que la valeur n’attend point le nombre des années !

"Le Pays"

11 octobre 2009

Etats-Unis / Nobel : Les rêves de paix de Barack Obama récompensés



Le comité Nobel a créé la surprise en honorant aujourd’hui Barack Obama. Le président américain a été choisi non pas pour ses actions, mais pour ses promesses, notamment en faveur d’un monde sans armes atomiques. Barack Obama a reçu le prix Nobel de la Paix avec « humilité ». L’annonce de cette distinction a été accueillie à travers le monde avec des louanges, mais aussi des critiques et du scepticisme.

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La décision du comité Nobel a pris tout le monde au dépourvu, même la Maison Blanche. Barack Obama a été choisi parmi 205 candidats « nobélisables » car le jury d’Oslo souhaitait cette année récompenser « une personne engagée, capable d’influer positivement sur les conflits en cours ». Le comité Nobel a donc fait le pari de l’avenir en distinguant le message d’espoir que véhicule le président américain.

 

Il est en effet trop tôt pour juger le bilan du locataire de la Maison Blanche. Arrivé au pouvoir il y a neuf mois, Barack Obama a surtout créé « un nouveau climat dans la politique internationale ». La diplomatie qu’il vise à mettre en œuvre est fondée sur le dialogue. Le fameux principe de « la main tendue » a ainsi été appliqué ces derniers mois à l’Iran et à la Corée du Nord.

 

C’est d’ailleurs principalement pour son engagement en faveur d’un monde dénucléarisé que Barack Obama a reçu le prix Nobel de la Paix. Il s’était prononcé pour un monde sans armes atomiques, à Prague, en avril 2009. Deux mois plus tard, au Caire, il appelait le monde musulman à prendre un nouveau départ dans ses relations avec l’Occident. Le président américain a aussi promis, comme beaucoup de ses prédécesseurs, que le dossier du Proche-Orient serait une de ses priorités.

 

« Condamné » à réaliser ses rêves de paix


Enfin, à son crédit, la décision de renoncer au bouclier anti-missiles en Europe de l’Est, ou encore sa proposition de discuter avec les Russes de désarmement. Tous ces engagements justifient l’attribution de ce prix prestigieux. La décision n’est pas « prématurée » affirme le comité norvégien qui récompense cette année une monde de promesses. Beaucoup de pression, mais cette distinction place également la barre très haut pour le président américain, noir, « condamné » à réaliser ses rêves de paix. Et il reste du chemin à parcourir, les Etats-Unis sont aujourd’hui une puissance nucléaire, qui applique la peine de mort et dont les soldats sont engagés dans deux conflits sanglants, en Irak et en Afghanistan.

 

Barack Obama a accepté son prix avec « humilité », affirmant même qu’il « ne le méritait pas » et qu’il s’agissait « d’une incitation à agir ». Le président américain est en effet attendu au tournant sur plusieurs dossiers brûlants : sa nouvelle stratégie en Afghanistan, la crise économique mondiale, la réforme de la santé aux Etats-Unis. « Je ne considère pas (ce prix) comme une reconnaissance de ce que j'ai accompli, mais plutôt comme une affirmation du leadership américain au profit des aspirations nourries par les gens de toutes nations », a dit le lauréat. Dans l’attente de résultats concrets.

 

Immédiatement, les messages de félicitations venus du monde entier ont afflué à la Maison Blanche. Les Européens parlent d’un « honneur bien mérité ». Le président français Nicolas Sarkozy juge que ce prix consacre « le retour de l'Amérique dans le coeur de tous les peuples du monde ». La chancelière allemande, Angela Merkel, s’est voulue plus pragmatique :  « Il reste beaucoup à faire, mais une fenêtre de possibilités est ouverte ». Le secrétaire général de l’Onu félicite le Président américain de tout son cœur. Pour Ban Ki-moon, Barack Obama « personnifie un nouvel esprit de dialogue ».

 

Les réactions, plus mitigées, au Moyen-Orient témoignent du fossé qui reste à combler entre les intentions du président américain et les actes. « Nous espérons qu'en recevant ce prix, il commencera à entreprendre des démarches concrètes en vue de mettre fin à l'injustice dans le monde », a déclaré un conseiller du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Certains estiment clairement que cette distinction est un peu hâtive, à l’instar de Lech Walesa qui avait reçu le même prix en 1983. « Qui, Obama ? Si vite?  Trop vite ! Il n'a pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Pour le moment il ne fait que proposer », a déclaré l’ancien président polonais. Le porte-parole des talibans afghans s’est montré franchement critique : « Le prix Nobel de la Paix ? Obama aurait plutôt dû remporter le prix Nobel de l'escalade de la violence et du massacre de civils ».

 

« I have a dream ». Pourtant Barack Obama revendique l’héritage laissé par Martin Luther King, prix Nobel de la Paix en 1964, et par John F. Kennedy. Avant d'occuper le bureau ovale à la Maison Blanche, il était un brillant avocat. Son histoire familiale et ses origines métissées l'ont amené à se spécialiser dans la défense des droits civiques. Il s'est frotté à la dure réalité des ghettos les plus pauvres de Chicago, où il a été travailleur social, puis élu. C’est en 2004 qu’il sort véritablement de l'anonymat. Au cours d'une convention démocrate, qui sera le point de départ de sa fulgurante ascension, il lance son premier grand plaidoyer en faveur de la réconciliation des Américains au-delà de l'âge, du sexe ou de la race. Tous ses discours parlent d'union et d'espoir. Ils ont séduit les Américains, mais aussi visiblement le jury du prix Nobel.

 

Par Frédérique Misslin

09 octobre 2009

Barack Obama, prix Nobel de la paix 2009!!!

jeune Afrique         09 octobre 2009


Le président américain a été désigné prix Nobel de paix, notamment pour ses actions en faveur d'un monde sans armes nucléaires. Barack Obama recevra sa récompense à Oslo le 10 décembre.


Le président américain a été récompensé pour ses efforts pour un monde sans armes nucléairesLe prix Nobel de la paix a été attribué vendredi au président américain Barack Obama "pour ses efforts extraordinaires en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples", a annoncé le comité Nobel norvégien.


"Le comité a attaché beaucoup d'importance à la vision et aux efforts d'Obama en vue d'un monde sans armes nucléaires", a déclaré le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland.


Le prix sera remis à Oslo le 10 décembre, date-anniversaire de la mort de son fondateur, l'industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel. Il consiste en une médaille, un diplôme et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (près d'un million d'euros).

19 septembre 2009

Unesco 3e vote ce samedi : l'Egyptien Farouk Hosni reste le favori



Le Conseil exécutif de l'Unesco a échoué une nouvelle fois vendredi soir à désigner un nouveau directeur général de l'organisation. Au deuxième tour du scrutin, aucun candidat n'a obtenu la majorité requise des suffrages exprimés par les 58 membres de l'instance dirigeante. Un troisième tour aura lieu samedi. L'Egyptien Farouk Hosni reste le favori.


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Le siège de l'Unesco, à Paris.
(Photo: AFP)

 

Le ministre égyptien de la Culture, donné favori de cette élection, n'est toujours pas parvenu à recueillir la majorité absolue des suffrages. Farouk Hosni, 71 ans, a toutefois obtenu 23 des 58 voix contre 22 au premier tour jeudi. Il devance largement l'Autrichienne Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Relations extérieures (9 voix contre 7 la veille), la candidate bulgare Irina Bokova (8, sans changement) et l'Equatorienne Ivonne Baki (8 contre 7 la veille).

 

D'intenses transactions avaient eu lieu, vendredi, entre les délégations européennes pour tenter d'aboutir à une candidature unique pour contrer le candidat égyptien, dont la victoire ne paraissait plus si assurée. Mais les neuf candidats sont pour l'instant restés en lice.

 

Toutefois, même si un troisième tour puis un quatrième auront lieu samedi et lundi, il faudra probablement attendre mardi et l'ultime vote pour connaître celui ou celle qui succédera comme directeur général de l'Unesco au Japonais Koïchiro Matsuura. Cette fois, seuls les deux candidats en tête seraient dans la course.

 

Polémique


Parallèlement, la polémique sur les propos antisémites tenus par Farouk Hosni, qui avait promis de brûler les livres en hébreu qu'il trouverait dans les bibliothèques égyptiennes, se poursuit. Le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, s'est dit ainsi « bouleversé » à l'idée que le candidat égyptien puisse prendre la tête d'un lieu de culture universelle.

 

Mais pour contrer sa candidature, il faudrait que les Européens se mettent d'accord sur un candidat de remplacement. Or, pour des raisons politiques, la France soutient l'Egypte, acteur clé pour la relance de l'Union pour la Méditerranée, chère au président Nicolas Sarkozy.

15 septembre 2009

Réforme de la santé aux USA Difficile à avaler, la pilule du docteur Obama

L'Observateur paalga          mardi 15 septembre 2009

 

« L’an prochain, (NDLR : 2009), à en juger par l’expérience passée, la moitié des Américains auront des dépenses de santé négligeables. Peut-être achèteront-ils quelques tubes d’aspirine, feront-ils un ou deux examens de contrôle... En revanche, une minorité va recevoir d’énormes factures médicales : ces Américains-là auront besoin d’un pontage coronarien, d’une dialyse, d’une chimiothérapie. Globalement, 20% de la population devra acquitter 80% des frais médicaux. Et le 1%, le plus malade, aura besoin, en moyenne, de 150 000 dollars de soins pour l’année prochaine seulement » (1). Tel est le diagnostic de Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008, chroniqueur phare au New York Times et enseignant à l’université de Princeton.

 

 

barack obama.jpgLe candidat Barack Obama avait perçu cette épineuse question et, tout au long de sa campagne, il n’a pas cessé de dire à ses compatriotes que s’il était élu, sur le plan économique, il serait le héraut d’un New New Deal, mais surtout qu’il administrerait un remède de cheval à ce grand malade que sont les USA.

 

En termes clairs, une réforme d’une grande envergure allait toucher le système de santé des presque 300 millions d’Américains. Elu donc le 4 novembre 2008, le voilà à labour.

 

Dans la quasi-totalité des pays européens, l’assurance-maladie est soutenue à bras-le-corps par l’Etat, à travers l’impôt et les cotisations sociales. Medicare, qui existe aux USA, est également alimenté par les contribuables, mais concerne uniquement tous ceux qui ont plus de 65 ans.

 

Et quelques indigents Américains bénéficient aussi d’un programme étatique dénommé Medicaid. Mais, aussi paradoxale que cela puisse paraître, la majorité de la population du pays le plus puissant du monde a recours au secteur privé pour son assurance-maladie. Et 15% des Américains ne sont même pas assurés !

 

Et on touche là le cœur de ce que veut changer le 44e président des Etats-Unis d’Amérique : que l’assurance-maladie devienne publique et qu’on évite, à l’avenir, « qu’une personne se ruine en se soignant ». Grande promesse électorale (Obama en a fait une priorité), son projet de réforme sur la santé divise le pays.

 

Pain bénit pour ses adversaires les Républicains, cette réforme est qualifiée de « médecine socialisée » et, pour les plus virulents, « d’assurance socialisée » si ce n’est Obama lui-même qui est taxé de « socialiste », une expression infamante dans un pays où le libéralisme a toujours été la panacée. Il n’est pas jusqu’aux partisans de son propre camp, la gauche démocrate qui l’accuse de « centriste » en quête de compromis.

 

A vrai dire, si la pilule que le docteur Obama n’a pas pris la peine d’enrober est si difficile à avaler, il y a d’abord l’explication tant redoutée du retour d’un Etat tout-puissant, mais il y a surtout celle des relents de combat financier. L’enjeu est donc économique. Car si d’aventure ce projet est adopté par le Congrès, où Obama dispose d’une confortable majorité, ce serait la diète pour les assureurs.

 

Sinon, comment comprendre qu’en pleine tempête financière des banques et assurances soient sauvées du naufrage par l’Etat ? N’est-ce pas sous Bush junior puis sous Obama que AIG et Leihmans Brothers, qui étaient sous perfusion, ont été requinquées à coût de milliards ? Si ce n’est de l’interventionnisme c’est quoi alors ? Il y a manifestement sur ce sujet une indignation sélective.

 

C’est pourquoi certains ne sont pas loin d’assimiler toute cette bronca à une cabale, dont le but est de discréditer totalement l’actuel locataire de la Maison-Blanche, en brandissant son impréparation à cette fonction suprême. Barack Obama savait que cette réforme ne serait pas une promenade de santé et tout changement est souvent impopulaire. C’est pourquoi, même si sa cote de popularité ne surfe plus sur les crêtes des sondages, d’aucuns ne doutent pas de la réussite de ce pharaonique projet.

 

Z. Dieudonné Zoungrana

Note : in l’Amérique que nous voulons

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