22 novembre 2009
Obama passe une première étape-clé au Sénat pour la réforme de la santé
AFP - Le Sénat américain a voté samedi en faveur du lancement formel du débat sur la réforme historique du système de santé pour étendre sa couverture à plus de 30 millions d'Américains qui en sont dépourvus, une des grandes promesses électorales du président Barack Obama.
De ce vote de procédure dépendait le sort de ce projet de loi de 2.074 pages qui fait l'objet d'une bataille acharnée avec la minorité républicaine déterminée à y faire échec.
Les démocrates devaient obtenir 60 voix sur cent pour pouvoir entamer les débats prévus à partir du 30 novembre et voter ensuite sur un texte probablement amendé qui pourra être adopté à la majorité simple. Ces débats devraient durer trois semaines.
Aux 58 sénateurs démocrates se sont joints, comme attendu, deux sénateurs indépendants, dont Joseph Lieberman, pour atteindre le nombre requis de 60. 39 républicains ont voté contre, une sénateur républicain, George Voinovich de l'Ohio, n'a pas voté.
A l'issue du vote, le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs à déclaré que "le vote historique de cette nuit nous rapproche un peu plus de notre volonté de mettre fin aux abus des compagnies d'assurance, de réduire les coûts des soins médicaux, de garantir la stabilité et la sécurité de la couverture maladie à ceux qui en ont une et d'offrir une couverture de qualité à ceux qui n'en ont pas".
Les deux sénatrices démocrates qui étaient encore incertaines avaient finalement indiqué samedi qu'elles voteraient avec leur parti. Mary Landrieu (Louisiane, sud) et Blanche Lincoln (Arkansas, sud) avaient néanmoins indiqué qu'elles pourraient voter contre la loi lors de son vote formel, quand les démocrates n'auront plus besoin que d'une majorité simple.
Jeudi un autre démocrate hésitant, le sénateur Ben Nelson (Nebraska, centre) avait annoncé qu'il voterait avec son parti.
Les sièges de ces trois démocrates élus dans des Etats conservateurs sont menacés lors des prochaines élections en novembre 2010 et un vote en faveur du projet de réforme de santé pourrait leur être fatal électoralement.
Le texte prévoit notamment la mise en place d'une option publique de couverture santé pour faire concurrence aux groupes privés d'assurance.
Cette couverture médicale dont le coût est estimé à 848 milliards de dollars d'ici 2019 devrait permettre de faire des économies et de réduire ainsi le déficit budgétaire américain, de 130 milliards de dollars sur la même période.
L'adoption du projet de loi par le Sénat forcerait ce dernier et la Chambre des représentants, qui a adopté son propre texte sur la réforme le 7 novembre, à négocier un compromis.
Le Sénat et la Chambre devront ensuite voter ce texte de compromis avant de soumettre la loi à la signature du président Obama pour sa promulgation.
Les républicains s'efforcent de prolonger la bataille pour la réforme du système de santé jusqu'à l'année prochaine en espérant que la perspective des élections parlementaires de mi-mandat en novembre 2010 amènera les démocrates élus dans des Etats conservateurs à voter contre la réforme.
Le chef de la minorité républicaine Mitch McConnell a mis en garde samedi, à l'ouverture des débats au Sénat, contre l'adoption "de ce programme extrêmement coûteux à un moment où (...) nos créanciers internationaux, les Chinois, nous font la leçon sur notre dette".
Le leader de la majorité démocrate Harry Reid lui a rétorqué que les républicains avaient décidé de dépenser des milliards de dollars pour financer "une guerre non-nécessaire" en Irak sous l'ancien président George W. Bush.
La Maison Blanche avait lancé vendredi un nouvel appel aux sénateurs indécis, affirmant que le vote de la réforme du système de santé était "essentiel".
Les Etats-Unis sont le seul grand pays industrialisé démocratique à ne pas avoir d'assurance médicale universelle, laissant 36 millions d'Américains sans couverture.
15:32 Publié dans DIASPORA AFRICAINE, HORS D'AFRIQUE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : usa, barack obama
13 novembre 2009
Angolagate : Pasqua, le torpilleur de Chirac
« La France est malade »
« Ce que je regrette, c’est que le président de la République, Jacques Chirac n’ai jamais assumé ses responsabilités tout comme Dominique de Villepin ». Bref, tout ce qui peut-être reproché à l’ancien ministre de l’Intérieur, peut l’être au duo Chirac-Villepin. Mais, au-delà de l’Angolagate, Charles Pasqua, qui prétend pouvoir faire trembler la République avec ses révélations, se contente pour l’heure d’insinuations. « La France est malade » de ces affaires assure-t-il avant de plaider une levée totale du secret défense concernant les ventes d’armes à l’étranger depuis 2002. Il prétend aussi que Villepin avait envisagé de « renverser deux chefs d’Etat africains » mais se refuse à nommer les présidents concernés. « Je ne suis pas le champion de la balance » explique-t-il le sourire en coin. S’il ne « balance » pas, il enfonce le clou : « le chef de la diplomatie parallèle, c’était Jacques Chirac ». Mais, avec de telles déclarations, il sait que l’ancien président, lui-même dans l’œil d’une tornade judiciaire, finira par sortir de sa réserve. Car l’actuel chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, soigneusement épargné par Pasqua, ne sonnera pas la fin de cette nouvelle guerre familiale de la droite française.
11:02 Publié dans AFRIQUE, HORS D'AFRIQUE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : charles pasqua, jacques chirac, angolagate
09 novembre 2009
CHUTE DU MUR DE BERLIN : L’Afrique continue de conserver ses Murs
Aujourd’hui 9 novembre 2009, cela fait 20 ans que le Mur de Berlin, qui divisait la capitale de la République démocratique d’Allemagne (RDA) en deux, a été démantelé. On se souvient encore, comme si c’était hier, des images de nuées de Berlinois qui ont pris d’assaut ce mur de la honte dont la construction a commencé dans la nuit du 13 août 1961. Chacun d’eux voulait vraiment s’assurer qu’il était possible de traverser paisiblement cette « barrière de protection antifasciste », comme l’ont surnommée les Russes, longue de 155 km, surveillée en permanence par 14 000 gardes et 600 chiens. Ils ont été agréablement surpris de constater qu’ils pouvaient allègrement passer d’Est en Ouest sans se faire arrêter ou tirer dessus comme des lapins.
Le Mur de Berlin, en tombant, a donc brisé des chaînes de servitude. Et, il n’y a pas qu’en Europe de l’Est que ses secousses ont été ressenties. L’Afrique a aussi senti la terre bouger sous ses pieds. Le vent nouveau qui souffle s’est traduit par une ouverture des espaces de liberté. Les partis uniques, en vogue depuis les indépendances, vivaient leurs derniers instants de domination des scènes politiques nationales. Sous les coups de butoir du nouvel ordre, ils ont fait place à de multitudes de partis créés par des citoyens à qui de nouvelles constitutions reconnaissaient ce droit. Dans la foulée, les monopoles des Etats dans le domaine de la presse ont aussi disparu laissant place à une presse plurielle.
Partout sur le continent, on n’avait que le mot démocratie à la bouche et aucun régime ne pouvait résister à cette vague déferlante. Certes, si tout ce remue-ménage a été déclenché par le discours de La Baule de juin 1990, il n’en demeure pas moins que ses causes sont à rechercher plus loin. En effet, la chute du Mur de Berlin y est pour grand-chose. Il ne faut pas perdre de vue que ce fameux discours du président français de l’époque, François Mitterrand, liant l’aide à la démocratie, a lui-même comme fondement les coups de pioches et de bulldozers qui ont terrassé le Mur de Berlin.
Ce 20e anniversaire du démantèlement de cet ouvrage donne aussi l’occasion de jeter un coup d’œil sur le processus démocratique en Afrique dont il a contribué au déclenchement.
Le tableau qu’offre le continent sur ce plan est diversifié. Les bons exemples côtoient les moins bons et les mauvais. Grosso modo, trois situations se présentent. Le premier est constitué des pays où on peut dire que le processus marche bien, que son déroulement est acceptable. On citera en bonne place le Ghana, le Bénin, le Mali et, dans une certaine mesure, le Sénégal. Dans ces pays, l’alternance au pouvoir s’est déjà réalisée. Le deuxième est constitué des pays où on ruse avec les règles, où la démocratie n’existe que dans les textes et les discours des dirigeants. Il s’agit de tous ces pays où, par des tours de passe-passe, l’alternance est rendue impossible, les élections sont tout le temps truquées pour permettre aux partis au pouvoir de gagner. Conséquences : les mêmes dirigeants sont là depuis des lustres et rêvent de mourir au pouvoir ou de le transmettre à leurs progénitures. C’est la catégorie dans laquelle se trouvent beaucoup de pays. Pêle-mêle, on citera la Tunisie, l’Algérie, le Togo, le Burkina, le Gabon, etc. La troisième et dernière situation est celle des pays où le processus démocratique a connu une interruption pour cause de coups d’Etat. C’est avec étonnement et peine que l’on assiste à cette façon de prendre le pouvoir alors que l’on dit qu’avec la démocratie, c’est la fin des coups de force tel qu’on les a connus entre 1960 et 1990. Malheureusement, il arrive que les militaires que l’on a décidé de renvoyer dans les casernes fassent irruption sur la scène politique pour "sauver la Nation" comme ils le disent souvent. Les pronunciamientos étant désormais mal vus par la communauté internationale, les putschistes se dépêchent de relancer la machine démocratique sans toutefois se mettre en dehors du processus. Les exemples de la Mauritanie et de la Guinée illustrent parfaitement cette situation.
Par ailleurs, les tripatouillages avérés ou pressentis des Constitutions sont légion et dans certains pays comme le Niger, la loi fondamentale a été purement et simplement renvoyée dans les cordes avant d’être mise K.O. pour les besoins d’une cause : le renouvellement forcé du bail présidentiel. Cela s’appelle coup d’Etat constitutionnel avec pour conséquence un grand recul démocratique. En ce 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, le bilan de la démocratie en Afrique est mitigé. Pire encore, le continent noir continue à conserver ses murs. Ces murs qui empêchent, par l’absence de vision des chefs d’Etat, l’intégration sous-régionale et régionale des peuples d’Afrique.
Par Séni DABO
10:00 Publié dans AFRIQUE, HORS D'AFRIQUE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chute du mur de berlin, démocratie en afrique, alternance
Mahmoud Abbas : "Je ne souhaite pas me présenter à la prochaine élection"
Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé jeudi qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat lors des élections générales prévues en janvier, manifestant ainsi sa frustration devant le blocage du processus de paix.
"J'ai dit au comité exécutif de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et au Comité central du Fatah que je ne souhaite pas me présenter à la prochaine élection (présidentielle)", a déclaré M. Abbas lors d'une conférence de presse à Ramallah, en Cisjordanie.
"Ce n'est pas une manoeuvre. J'espère que tout le monde comprendra cette décision et je vais m'efforcer de la faire comprendre", a-t-il assuré.
Les dirigeants de l'OLP ont fait savoir de leur côté qu'ils avaient "rejeté la décision (de M. Abbas) à l'unanimité" et qu'ils le soutenaient toujours comme leur candidat à la présidentielle du 24 janvier 2010.
Ce scrutin doit se dérouler en même temps que les législatives, mais les dirigeants palestiniens expriment eux-même des doutes sur la possibilité de tenir ces élections en raison des divisions interpalestiniennes.
Processus de paix bloqué
La décision de M. Abbas, âgé de 74 ans, survient au moment où le processus de paix au Proche-Orient est complètement bloqué, les Etats-Unis ayant échoué à convaincre les Israéliens de geler totalement la colonisation dans les territoires palestiniens.
L'Autorité palestinienne réclame un arrêt de la colonisation israélienne, y compris à Jérusalem-Est (annexée par Israël en juin 1967) avant de reprendre les négociations de paix.
Lors de sa conférence de presse, M. Abbas n'a pas caché sa déception devant la politique de l'administration Obama sur le dossier israélo-palestinien.
Le week-end dernier, à Jérusalem, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a apporté son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui veut une reprise des pourparlers sans pré-condition et ne propose qu'un gel partiel de la colonisation.
La bourde de Clinton
Même si Mme Clinton a fait marche arrière, ses propos ont suscité une immense surprise et de l'incompréhension, sinon de la colère, dans le camp palestinien.
"Nous nous sommes félicités et nous avons été optimistes lorsque le président (Barack) Obama a annoncé la nécessité d'un arrêt complet des colonies (israéliennes)", a souligné M. Abbas.
"Nous avons été surpris par son soutien (ultérieur) pour la position israélienne", a-t-il déploré, en allusion aux propos de Mme Clinton.
"Les Américains ont abandonné leurs obligations", a accusé un dirigeant du Fatah (le parti de M. Abbas), Nabil Chaath, arguant que les Palestiniens avaient de leur côté respecté tous les engagements envers la communauté internationale depuis l'adoption de la Feuille de route en 2003.
La Feuille de route, adoptée par le Quartette pour le Proche-Orient (UE, Etats-Unis, Russie et ONU), prône notamment la coexistence de deux Etats, Israël et la Palestine, la fin des violences et de la colonisation juive.
Divisions inter-palestiniennes
La Maison Blanche a salué jeudi M. Abbas comme un "vrai partenaire" des Etats-Unis, en restant silencieux sur les conséquences de la décision du président palestinien.
Mme Clinton a pour sa part semblé accepter cette décision, déclarant qu'elle espérait travailler avec M. Abbas "quelles que soient ses fonctions".
Le geste de M. Abbas intervient aussi alors que le camp palestinien est profondément divisé, le Fatah et le mouvement islamiste Hamas (qui contrôle la bande de Gaza) étant incapables de se réconcilier en dépit d'une médiation de l'Egypte.
"Nous interprétons cette initiative (de M. Abbas) comme un message de désaveu envers ses amis israéliens et américains après qu'ils l'ont ignoré et instrumentalisé", a déclaré à l'AFP un porte-parole du Hamas.
Les deux principaux mouvements palestiniens sont à couteaux tirés depuis la violente prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, en juin 2007.
09:50 Publié dans HORS D'AFRIQUE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mahmoud abbas, palestine, fatah
Fusillade au Texas Au secours, le psychiatre est devenu fou !
L'observateur paalga 09 novembre 2009
Jeudi 5 novembre dernier. Horreur à la base militaire de Fort Hood au Texas. Un officier, armé d’un magnum et d’un semi-automatique, ouvre le feu sur ses compagnons d’armes. Bilan : 13 tués. Blessé et actuellement en soins intensifs, l’auteur du carnage, Nidal Malik Hassan, un psychiatre militaire d’origine palestinienne et né aux Etats-Unis, n’a toujours pas donné d’explication à son geste.
Mais tout porte à croire que l’acte du major Nidal serait lié à son désir de quitter les rangs au moment où il devait être envoyé en Afghanistan. Des membres de sa famille ont expliqué aux médias qu’il avait été affecté par les témoignages des soldats et se battait pour ne pas être envoyé.
Mais quels que soient les mobiles du crime, le moins qu’on puisse dire est que la fusillade vient compliquer davantage la situation de la communauté arabo-musulmane dans un pays où le délit de faciès, quoique diffus, a gagné beaucoup d’esprits. Même si des organisations religieuses ont vite fait de condamner le massacre et de s’en démarquer, rien ne pourra empêcher l’Amérique profonde de pointer du doigt l’islam et ses adeptes.
La tuerie intervient également au moment où les pourparlers israélo-palestiniens s’enlisent malgré la détermination du président américain Barack Obama. Voilà un acte isolé qui risque d’avoir un effet domino, aussi bien aux Etats-Unis qu’au Proche-Orient.
lobservateur
09:16 Publié dans HORS D'AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : usa, nidal malik hassan, fusillade de fort hood
08 novembre 2009
Liban : L'opposition accepte de rejoindre un gouvernement d'union nationale

REUTERS - L'opposition libanaise, dont le Hezbollah, a accepté de rejoindre un gouvernement d'union nationale proposé par le Premier ministre désigné Saadal Hariri, apprend-on vendredi soir auprès d'un haut responsable de l'opposition.
"L'opposition libanaise a approuvé le gouvernement d'unité proposé", a déclaré cette source à l'issue d'une réunion des chefs de file de l'opposition.
Ce responsable a ajouté que l'opposition informerait officiellement Hariri de sa décision samedi et que le nouveau cabinet devrait être formé au cours du week-end.
Le porte-parole du Premier ministre n'a pu être joint dans l'immédiat pour commenter cette nouvelle.
Chef de la majorité parlementaire reconduite lors des législatives du 7 juin dernier, le fils de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, assassiné en février 2005, avait été chargé de former un nouveau gouvernement à la mi-septembre par le président Michel Souleïmane.
Il avait jeté l'éponge une première fois début septembre, accusant l'opposition de lui mettre des bâtons dans les roues.
Un réchauffement des relations entre la Syrie et l'Arabie saoudite ces dernières semaines a contribué à aplanir les divergences entre les deux parties.
Hariri est soutenu par les Etats-Unis et l'Arabie saoudite, tandis que la Syrie appuie l'opposition.
10:38 Publié dans HORS D'AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : liban
05 novembre 2009
Chirac en correctionnelle : La République face à la tentation régicide
L'Obervateur paalga 05 novembre 2009
Un ancien chef d’Etat, donc ancien président statutaire du Conseil supérieur de la magistrature, qu’on traîne devant les tribunaux de son propre pays, cela s’est déjà vu quelque part au Gondwana (1), et, pour plus de précisions, en Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Faso. Ce fut d’abord Maurice Yaméogo, trois ans après sa chute, comparaissant le 28 avril 1969 devant un tribunal spécial.
Le verdict, on s’en souvient : cinq ans d’emprisonnement ferme, déchéance de ses droits civiques nonobstant la confiscation de ses biens. Deuxième cas et toujours au Burkina Faso, celui du général Sangoulé Lamizana, premier prévenu, le 3 janvier 1984, des Tribunaux populaires de la révolution (TPR) avec leurs procédures staliniennes bien connues, telles l’absence d’avocats et la diabolique inversion de la charge de la preuve.
Le général-président, dont c’était aussi le dix-huitième anniversaire de l’arrivée au pouvoir, s’en sortira néanmoins blanchi. Troisième cas et pour la troisième fois, toujours en Haute-Volta, actuel Burkina Faso, voici le colonel Saye Zerbo appelé en avril 84 à rendre lui aussi compte devant les TPR de sa gestion sous le Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN).
Quand on ajoute à ces trois ex-prévenus de premier choix d’autres anciens dignitaires comme Gérard Kango Ouédraogo, Joseph Conombo et Issa Palé Weltéi, on se rend compte que, dans notre histoire politique, il n’y a pas eu d’icônes qui tiennent. Surt,e juridiction qui les protégeait.
Mais qu’un ancien président de la République française, quatrième successeur dans l’ordre chronologique du commandeur Charles de Gaulle, se voie rattrapé par son passé de premier maire de Paris, c’est du jamais vu. Et peut-être même du jamais rêvé. Et pourtant, c’est ce qui risque d’arriver à Jacques Chirac, « l’Africain ».
Poursuivi dans l’affaire dite « des emplois fictifs », l’ancien édile de la capitale française est sous le coup de l’ordonnance d’une juge d’instruction malgré le non-lieu requis par le Parquet. En cas d’appel, la procédure peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années. Si l’affaire finit par s’inviter au prétoire, ce serait, certes, une grande première dans l’histoire politique de la République française mais il n’y aurait rien d’étonnant à cela.
Car, quoi d’étonnant de la part d’un pays qui a déjà décapité son roi, en la personne de Louis XVI, guillotiné le 21 janvier 1793 ? Et quand on pense qu’il s’agissait à l’époque d’un personnage sacré détenteur d’un pouvoir de droit divin, on comprend qu’envoyer en correctionnelle un homme politique, fût-il un ancien chef d’Etat, n’a rien de sacrilège.
L’affaire Chirac aura-t-elle lieu ? Tous les regards sont tournés ce matin vers le parquet pour savoir s’il va interjeter appel pour un non-lieu.
En attendant, ceux des Africains qui aiment bien Chirac, malgré les méchancetés qu’il a dites à son temps sur nos odeurs et nos saveurs exotiques, ont comme une envie de crier : « Laissez le frère Jacques tranquille » ! Car, quoi qu’on puisse dire, il a quand même bien mérité de son pays et de bien d’autres.
Alain Saint Robespierre
(1) La République fictive mais très, très démocratique à laquelle fait allusion, sur fond d’humour, un confrère de RFI, Mahamane.
lobservateur
10:20 Publié dans HORS D'AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, jacques chirac, emplois fictifs
01 novembre 2009
Etats-Unis : Les malades du sida peuvent bientôt entrer aux Etats-Unis
Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet
A partir de janvier prochain, les étrangers contaminés par le virus VIH pourront de nouveau venir ou émigrer aux Etats-Unis, sans avoir à demander une dispense au ministère de la Sécurité intérieure.
Dans les années 90, le gouvernement américain avait décidé de fermer la porte aux séropositifs : le sida était alors considéré comme la maladie des gays et ne soulevait guère de sympathie. « Si nous voulons être des leaders dans la lutte contre le virus VIH/sida, nous devons agir comme tels », a déclaré le président Obama en annonçant la levée de l’interdiction.
Le président américain a donné au passage un rare petit coup de chapeau à son prédécesseur, George Bush, qui avait commencé à prendre les mesures nécessaires pour abroger l’ordre discriminatoire.
Barack Obama a annoncé ce changement de politique alors qu’il signait le renouvellement de la loi Ryan White, un adolescent séropositif chassé de son école en 1984, après avoir été contaminé lors d’une transfusion sanguine. Après un combat courageux qui avait attiré l’attention des médias et ému l’Amérique, Ryan était mort. La loi qui porte son nom met en œuvre des programmes pour aider les Américains affectés par le mal. Ils sont plus d’un million, a rappelé le président, avec chaque année, 56 000 nouveaux contaminés.
11:16 Publié dans AFRIQUE, DIASPORA AFRICAINE, HORS D'AFRIQUE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, loi ryan white, vih sida, usa
31 octobre 2009
Chirac renvoyé en correctionnelle pour détournement de fonds publics
Jacques Chirac est renvoyé devant la justice pour détournement de fonds publics dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris. C'est la première fois en France qu'un ancien chef de l’État devra affronter un procès.

Jacques Chirac est renvoyé en correctionnelle pour détournement de fonds publics dans l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris. C'est la première fois qu'un chef de l’État est poursuivi dans une affaire judiciaire en France. Selon le service de presse de l'ancien chef de l'Etat, Jacques Chirac est renvoyé devant la justice pour "21 supposés emplois fictifs" à la mairie de Paris.
La juge d'instruction Xavière Simeoni a donc décidé de ne pas suivre les réquisitions de non-lieu général du parquet, jugeant que les charges étaient suffisantes pour un procès. Le procureur a, de son côté, la possibilité de faire appel.
"Cela n’aurait pas été naturel qu’il ait bénéficié d’une mesure exceptionnelle en raison de sa carrière, explique avec détachement Jean-François Probst, ancien conseiller de Jacques Chirac. Pour Marc Perelman, spécialiste politique à FRANCE 24, le clan Chirac, qui a annoncé la nouvelle, a essayé "de déminer l’information en la fuitant, mais cela sonne comme un véritable coup de tonnerre".
"Aucun des emplois constitue un emploi fictif"
Protégé pendant 12 ans par sa fonction à la tête de l'Etat (1995-2007), Jacques Chirac a été mis en examen le 21 novembre 2007 pour détournement de fonds publics dans ce dossier d'emplois de complaisance présumés payés par le cabinet du maire de Paris - fauteuil qu’il a occupé de 1977 à 1995.
L’affaire remonte à la période courant de 1983 à 1998, soit du début du deuxième mandat de maire de Jacques Chirac aux trois premières années de son successeur, Jean Tiberi.
Jacques Chirac va devoir s'expliquer devant le tribunal correctionnel de Paris pour ces emplois qui auraient profité à des militants ou élus de son parti le RPR, ou encore à des proches. Il se dit "décidé à établir qu'aucun des emplois en débat constitue un emploi fictif", selon son bureau.
"Ce sera un procès difficile pour Jacques Chirac"
Le camp Chirac tient à afficher une totale quiétude. "Il y a tout lieu d’être serein", affirme Jean-François Probst. Pour le chiraquien François Baroin, l’instruction a permis de révéler qu’il n’existait pas de système entre le RPR et la Ville de Paris. "Ce que certains présentaient comme 500 contrats délictueux se résume en fait à une vingtaine de contrats", souligne-t-il.
Laurent Valdiguié, rédacteur en chef du "Journal du dimanche", estime pour sa part que "ce genre de procès, concernant des affaire d’emplois fictifs, est assez simple à prouver". Et de poursuivre : "Ce sera un procès difficile pour Jacques Chirac."
Neuf autres personnes sont également renvoyées en correctionnelle dans cette affaire: deux anciens directeurs de cabinet de Jacques Chirac, Michel Roussin et Rémy Chardon, ainsi que sept bénéficiaires d'emplois présumés fictifs, dont François Debré, l'ancien patron du syndicat Force ouvrière Marc Blondel et Jean de Gaulle.
Capital sympathie
Jacques Chirac, âgé de 76 ans, laisse un bilan politique mitigé mais bénéficie d’un capital sympathie inébranlable depuis son départ de l’Élysée. En août dernier, l’ancien chef de l’Etat figurait au 29e rang des personnalités préférées des Français, selon "le Journal du dimanche".
Mais sa carrière reste entachée par plusieurs affaires politico-judiciaires auxquelles son nom reste lié. Il a été entendu en 2007 sous le statut de témoin assisté - à mi-chemin entre celui de simple témoin et celui de mis en examen - dans une autre enquête sur les emplois présumés fictifs du RPR, dont l'instruction à Nanterre se poursuit.
09:14 Publié dans HORS D'AFRIQUE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, jacques chirac
29 octobre 2009
ANGOLAGATE : Les agneaux du sacrifice
L’Angolagate est cette histoire obscure de vente d’armes entre la France et l’Angola de 1993 à 1998. Les deux principaux accusés, l’homme d’affaires français, Pierre Falcone, et l’Israélien, Arcadi Gaydamak, n’ont pas nié avoir fourni à la République lusophone du matériel militaire comprenant des chars, des navires de guerre, des hélicoptères militaires, des obus, etc. Pour cela, ils ont été condamnés chacun à 6 ans de prison ferme. L’Israélien sentant venir le roussi, avait préféré prendre la poudre d’escampette et se réfugier dans l’Etat hébreux.
Ils sont nombreux qui estiment que les têtes tombées à la suite du verdict du procès de l’Affaire ressemblent à celles de moutons sacrifiés. Certains des condamnés ne veulent pas pour autant se laisser conduire sans résistance à l’abattoir. Ils ne sont pas de simples quidams à qui il faut faire porter le chapeau. A l’époque des faits, certains des prévenus étaient de hautes personnalités de la France : Charles Pasqua, aujourd’hui Sénateur, était ministre de l’Intérieur. Il doit donc savoir beaucoup de choses. Jean-Christophe Mitterand, fils aîné du défunt président François Mitterrand, était le Conseiller Afrique de son père. Une si grosse affaire de 790 millions de dollars ne pouvait donc pas passer inaperçue.
Après le prononcé du verdict, l’ancien ministre de l’Intérieur commence à délier la langue et porte de graves accusations, peut-être un peu tardivement. ’’Le président de la République de l’époque était au courant de l’affaire de vente d’armes à l’Angola ; le Premier ministre était au courant ; la plupart des ministres aussi. Le moment est venu de mettre les choses au clair’’, crie haut et fort Charles Pasqua, qui clame son innocence et demande au Président Nicolas Sarkozy de lever le secret défense sur cette affaire qui paraît avoir touché le sommet de l’exécutif français.
L’ancien ministre de l’Intérieur vient ainsi de donner un grand coup de pied dans la fourmilière. Si Nicolas Sarkozy accède à sa requête, il faudrait faire attention aux scorpions qui en sortiront.
Même si ce procès paraît être, d’une certaine façon, celui de la vieille époque, celle des Mitterrandiens et des Chiraquiens, Sarkozy ne peut se permettre de lever ainsi le secret défense sans affaiblir ou fragiliser la France. L’Etat est une continuité. Aujourd’hui, et ce malgré lui, il est le dépositaire et l’héritier du dossier qu’il doit gérer avec délicatesse, s’il ne veut pas que la France soit la risée de la communauté internationale. N’est-ce pas, du reste, déjà trop tard avec ces propos de Charles Pasqua ? La France n’est-elle pas déjà éclaboussée par l’Affaire ? A l’époque des faits, l’Angola était en guerre civile et surtout sous embargo de l’Organisation des Nations unies. José Eduardo Dos Santos, Président angolais, avait demandé à la France de l’aider à acquérir des armes. Paris avait officiellement refusé. Officieusement cependant, l’Hexagone avait favorisé les contacts avec l’Israélien, Gaydamak, et l’homme d’affaires, Falcone. Le résultat de tout cela se retrouve aujourd’hui versé sur la place publique.
Cette sordide histoire vient encore une fois mettre à nu l’hypocrisie et le cynisme des puissances occidentales. Comment peut-on en effet comprendre que la France qui est membre du Conseil de sécurité de l’ONU et n’a pas opposé son véto à la décision de l’embargo, ait ainsi violé cette interdiction de commercer avec l’Angola sur les armes ?
L’embargo avait sans doute été décrété pour mettre un terme à la guerre civile extrêmement meurtrière. L’objectif recherché était à l’instauration de la paix et à la préservation des vies humaines. On se rend compte aujourd’hui que cela était le cadet des soucis des dirigeants français de l’époque. Cette affaire révèle ce que certaines puissances occidentales paraissent être et ce qu’elles sont réellement. La corruption et autres pratiques mafieuses collent aussi à la peau de leurs dirigeants. Les guerres, comme on s’en rend compte avec cette affaire, sont des opportunités de renforcement de leur puissance et d’accumulation d’énormes richesses.
La République d’Angola, contre qui était décrété l’embargo, est un pays riche de son pétrole et de ses autres ressources naturelles. C’est le cas de nombreux pays, africains notamment, sous sanctions décrétées par la communauté internationale. Rien ne prouve que de nos jours, des violations de sanctions ne sont pas opérées à l’insu de tous. Il faudrait alors attendre une vingtaine d’années environ, avant que le pot aux roses ne soit découvert si d’aventure le gâteau n’était pas équitablement partagé. Avec ce genre d’affaires, les dirigeants occidentaux n’ont vraiment pas de leçons de morale à donner à leurs homologues des pays pauvres en matière de lutte contre la corruption.
Nicolas Sarkozy ne lèvera, peut-être pas le secret défense comme le demande Charles Pasqua pour se faire blanchir. Ce serait tout simplement suicidaire. Certaines informations, on le devine bien, ne peuvent nullement être livrées sur la place publique. Pour cela, la raison d’Etat sera toujours invoquée. Les affaires secrètes doivent le rester. La France ne voudrait certainement pas ternir ses relations avec l’Angola, à la suite de l’embellie que l’on observe aujourd’hui suite aux efforts diplomatiques du Président Sarkozy. Elle ne peut pas prendre le risque de perdre un partenaire si important de par sa position géographique et ses richesses. Avec le procès en appel sollicité par Pasqua, une formule pourrait être trouvée pour satisfaire tout le monde. Pierre Falcone, qui jouit de l’immunité diplomatique angolaise, pourrait être expulsé de France et l’ancien ministre de l’Intérieur grâcié. L’honneur de la République sera alors sauf. Finalement, ce procès de l’Angolagate, à travers lequel l’indépendance de la justice française s’est manifestée, devrait aussi servir de leçon à tous les Africains. Nos dirigeans doivent plus que jamais promouvoir la démocratie, l’intégration et travailler à la paix et au développement humain durable.
"Le Pays"
10:45 Publié dans AFRIQUE, HORS D'AFRIQUE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
