05 novembre 2009

Chirac en correctionnelle : La République face à la tentation régicide

 

L'Obervateur paalga          05 novembre 2009

 

Un ancien chef d’Etat, donc ancien président statutaire du Conseil supérieur de la magistrature, qu’on traîne devant les tribunaux de son propre pays, cela s’est déjà vu quelque part au Gondwana (1), et, pour plus de précisions, en Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Faso. Ce fut d’abord Maurice Yaméogo, trois ans après sa chute, comparaissant le 28 avril 1969 devant un tribunal spécial.

 

 

affaire_chirac_prison_corruption.JPGLe verdict, on s’en souvient : cinq ans d’emprisonnement ferme, déchéance de ses droits civiques nonobstant la confiscation de ses biens. Deuxième cas et toujours au Burkina Faso, celui du général Sangoulé Lamizana, premier prévenu, le 3 janvier 1984, des Tribunaux populaires de la révolution (TPR) avec leurs procédures staliniennes bien connues, telles l’absence d’avocats et la diabolique inversion de la charge de la preuve.

 

Le général-président, dont c’était aussi le dix-huitième anniversaire de l’arrivée au pouvoir, s’en sortira néanmoins blanchi. Troisième cas et pour la troisième fois, toujours en Haute-Volta, actuel Burkina Faso, voici le colonel Saye Zerbo appelé en avril 84 à rendre lui aussi compte devant les TPR de sa gestion sous le Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN).

 

Quand on ajoute à ces trois ex-prévenus de premier choix d’autres anciens dignitaires comme Gérard Kango Ouédraogo, Joseph Conombo et Issa Palé Weltéi, on se rend compte que, dans notre histoire politique, il n’y a pas eu d’icônes qui tiennent. Surt,e juridiction qui les protégeait.

 

Mais qu’un ancien président de la République française, quatrième successeur dans l’ordre chronologique du commandeur Charles de Gaulle, se voie rattrapé par son passé de premier maire de Paris, c’est du jamais vu. Et peut-être même du jamais rêvé. Et pourtant, c’est ce qui risque d’arriver à Jacques Chirac, « l’Africain ».

 

Poursuivi dans l’affaire dite « des emplois fictifs », l’ancien édile de la capitale française est sous le coup de l’ordonnance d’une juge d’instruction malgré le non-lieu requis par le Parquet. En cas d’appel, la procédure peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années. Si l’affaire finit par s’inviter au prétoire, ce serait, certes, une grande première dans l’histoire politique de la République française mais il n’y aurait rien d’étonnant à cela.

 

Car, quoi d’étonnant de la part d’un pays qui a déjà décapité son roi, en la personne de Louis XVI, guillotiné le 21 janvier 1793 ? Et quand on pense qu’il s’agissait à l’époque d’un personnage sacré détenteur d’un pouvoir de droit divin, on comprend qu’envoyer en correctionnelle un homme politique, fût-il un ancien chef d’Etat, n’a rien de sacrilège.

 

L’affaire Chirac aura-t-elle lieu ? Tous les regards sont tournés ce matin vers le parquet pour savoir s’il va interjeter appel pour un non-lieu.

 

En attendant, ceux des Africains qui aiment bien Chirac, malgré les méchancetés qu’il a dites à son temps sur nos odeurs et nos saveurs exotiques, ont comme une envie de crier : « Laissez le frère Jacques tranquille » ! Car, quoi qu’on puisse dire, il a quand même bien mérité de son pays et de bien d’autres.

 

Alain Saint Robespierre

(1) La République fictive mais très, très démocratique à laquelle fait allusion, sur fond d’humour, un confrère de RFI, Mahamane.

 

 

lobservateur

01 novembre 2009

Etats-Unis : Les malades du sida peuvent bientôt entrer aux Etats-Unis


Washington prendra lundi les dernières dispositions pour lever l'interdiction imposée aux porteurs du virus du sida d'entrer aux Etats-Unis. L'entrée des malades du sida sur le sol américain était interdite depuis 22 ans, leur liberté de voyager sera restaurée début 2010.


Signature du renouvellement de la loi Ryan White à la Maison Blanche, le 30 octobre 2009.(Photo : Reuters/Jim Young )
Signature du renouvellement de la loi Ryan White à la Maison Blanche, le 30 octobre 2009. (Photo : Reuters/Jim Young )


Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet


A partir de janvier prochain, les étrangers contaminés par le virus VIH pourront de nouveau venir ou émigrer aux Etats-Unis, sans avoir à demander une dispense au ministère de la Sécurité intérieure.

 

Dans les années 90, le gouvernement américain avait décidé de fermer la porte aux séropositifs : le sida était alors considéré comme la maladie des gays et ne soulevait guère de sympathie. « Si nous voulons être des leaders dans la lutte contre le virus VIH/sida, nous devons agir comme tels », a déclaré le président Obama en annonçant la levée de l’interdiction.

 

Le président américain a donné au passage un rare petit coup de chapeau à son prédécesseur, George Bush, qui avait commencé à prendre les mesures nécessaires pour abroger l’ordre discriminatoire.

 

Barack Obama a annoncé ce changement de politique alors qu’il signait le renouvellement de la loi Ryan White, un adolescent séropositif chassé de son école en 1984, après avoir été contaminé lors d’une transfusion sanguine. Après un combat courageux qui avait attiré l’attention des médias et ému l’Amérique, Ryan était mort. La loi qui porte son nom met en œuvre des programmes pour aider les Américains affectés par le mal. Ils sont plus d’un million, a rappelé le président, avec chaque année, 56 000 nouveaux contaminés.

31 octobre 2009

Chirac renvoyé en correctionnelle pour détournement de fonds publics

france 24          31 octobre 2009

 

Jacques Chirac est renvoyé devant la justice pour détournement de fonds publics dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris. C'est la première fois en France qu'un ancien chef de l’État devra affronter un procès.

 

 

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Jacques Chirac est renvoyé en correctionnelle pour détournement de fonds publics dans l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris. C'est la première fois qu'un chef de l’État est poursuivi dans une affaire judiciaire en France. Selon le service de presse de l'ancien chef de l'Etat, Jacques Chirac est renvoyé devant la justice pour "21 supposés emplois fictifs" à la mairie de Paris.

 

La juge d'instruction Xavière Simeoni a donc décidé de ne pas suivre les réquisitions de non-lieu général du parquet, jugeant que les charges étaient suffisantes pour un procès. Le procureur a, de son côté, la possibilité de faire appel.

 

"Cela n’aurait pas été naturel qu’il ait bénéficié d’une mesure exceptionnelle en raison de sa carrière, explique avec détachement Jean-François Probst, ancien conseiller de Jacques Chirac. Pour Marc Perelman, spécialiste politique à FRANCE 24, le clan Chirac, qui a annoncé la nouvelle, a essayé "de déminer l’information en la fuitant, mais cela sonne comme un véritable coup de tonnerre".

 

"Aucun des emplois constitue un emploi fictif"

 

chirac2.jpgProtégé pendant 12 ans par sa fonction à la tête de l'Etat (1995-2007), Jacques Chirac a été mis en examen le 21 novembre 2007 pour détournement de fonds publics dans ce dossier d'emplois de complaisance présumés payés par le cabinet du maire de Paris - fauteuil qu’il a occupé de 1977 à 1995.

 

L’affaire remonte à la période courant de 1983 à 1998, soit du début du deuxième mandat de maire de Jacques Chirac aux trois premières années de son successeur, Jean Tiberi.

 

Jacques Chirac va devoir s'expliquer devant le tribunal correctionnel de Paris pour ces emplois qui auraient profité à des militants ou élus de son parti le RPR, ou encore à des proches. Il se dit "décidé à établir qu'aucun des emplois en débat constitue un emploi fictif", selon son bureau.

 

 

"Ce sera un procès difficile pour Jacques Chirac"


chirac3.jpgLe camp Chirac tient à afficher une totale quiétude. "Il y a tout lieu d’être serein", affirme Jean-François Probst. Pour le chiraquien François Baroin, l’instruction a permis de révéler qu’il n’existait pas de système entre le RPR et la Ville de Paris. "Ce que certains présentaient comme 500 contrats délictueux se résume en fait à une vingtaine de contrats", souligne-t-il.

 

Laurent Valdiguié, rédacteur en chef du "Journal du dimanche", estime pour sa part que "ce genre de procès, concernant des affaire d’emplois fictifs, est assez simple à prouver". Et de poursuivre : "Ce sera un procès difficile pour Jacques Chirac."

 

Neuf autres personnes sont également renvoyées en correctionnelle dans cette affaire: deux anciens directeurs de cabinet de Jacques Chirac, Michel Roussin et Rémy Chardon, ainsi que sept bénéficiaires d'emplois présumés fictifs, dont François Debré, l'ancien patron du syndicat Force ouvrière Marc Blondel et Jean de Gaulle.

 

Capital sympathie

 

Jacques Chirac, âgé de 76 ans, laisse un bilan politique mitigé mais bénéficie d’un capital sympathie inébranlable depuis son départ de l’Élysée. En août dernier, l’ancien chef de l’Etat figurait au 29e rang des personnalités préférées des Français, selon "le Journal du dimanche".

 

Mais sa carrière reste entachée par plusieurs affaires politico-judiciaires auxquelles son nom reste lié. Il a été entendu en 2007 sous le statut de témoin assisté - à mi-chemin entre celui de simple témoin et celui de mis en examen - dans une autre enquête sur les emplois présumés fictifs du RPR, dont l'instruction à Nanterre se poursuit.

29 octobre 2009

ANGOLAGATE : Les agneaux du sacrifice

 

Le pays          29 octobre 2009

 

L’Angolagate est cette histoire obscure de vente d’armes entre la France et l’Angola de 1993 à 1998. Les deux principaux accusés, l’homme d’affaires français, Pierre Falcone, et l’Israélien, Arcadi Gaydamak, n’ont pas nié avoir fourni à la République lusophone du matériel militaire comprenant des chars, des navires de guerre, des hélicoptères militaires, des obus, etc. Pour cela, ils ont été condamnés chacun à 6 ans de prison ferme. L’Israélien sentant venir le roussi, avait préféré prendre la poudre d’escampette et se réfugier dans l’Etat hébreux.

 

photo_1256557206513-2-0_w350.jpgIls sont nombreux qui estiment que les têtes tombées à la suite du verdict du procès de l’Affaire ressemblent à celles de moutons sacrifiés. Certains des condamnés ne veulent pas pour autant se laisser conduire sans résistance à l’abattoir. Ils ne sont pas de simples quidams à qui il faut faire porter le chapeau. A l’époque des faits, certains des prévenus étaient de hautes personnalités de la France : Charles Pasqua, aujourd’hui Sénateur, était ministre de l’Intérieur. Il doit donc savoir beaucoup de choses. Jean-Christophe Mitterand, fils aîné du défunt président François Mitterrand, était le Conseiller Afrique de son père. Une si grosse affaire de 790 millions de dollars ne pouvait donc pas passer inaperçue.

 

Après le prononcé du verdict, l’ancien ministre de l’Intérieur commence à délier la langue et porte de graves accusations, peut-être un peu tardivement. ’’Le président de la République de l’époque était au courant de l’affaire de vente d’armes à l’Angola ; le Premier ministre était au courant ; la plupart des ministres aussi. Le moment est venu de mettre les choses au clair’’, crie haut et fort Charles Pasqua, qui clame son innocence et demande au Président Nicolas Sarkozy de lever le secret défense sur cette affaire qui paraît avoir touché le sommet de l’exécutif français.

 

L’ancien ministre de l’Intérieur vient ainsi de donner un grand coup de pied dans la fourmilière. Si Nicolas Sarkozy accède à sa requête, il faudrait faire attention aux scorpions qui en sortiront.

 

Même si ce procès paraît être, d’une certaine façon, celui de la vieille époque, celle des Mitterrandiens et des Chiraquiens, Sarkozy ne peut se permettre de lever ainsi le secret défense sans affaiblir ou fragiliser la France. L’Etat est une continuité. Aujourd’hui, et ce malgré lui, il est le dépositaire et l’héritier du dossier qu’il doit gérer avec délicatesse, s’il ne veut pas que la France soit la risée de la communauté internationale. N’est-ce pas, du reste, déjà trop tard avec ces propos de Charles Pasqua ? La France n’est-elle pas déjà éclaboussée par l’Affaire ? A l’époque des faits, l’Angola était en guerre civile et surtout sous embargo de l’Organisation des Nations unies. José Eduardo Dos Santos, Président angolais, avait demandé à la France de l’aider à acquérir des armes. Paris avait officiellement refusé. Officieusement cependant, l’Hexagone avait favorisé les contacts avec l’Israélien, Gaydamak, et l’homme d’affaires, Falcone. Le résultat de tout cela se retrouve aujourd’hui versé sur la place publique.

 

Cette sordide histoire vient encore une fois mettre à nu l’hypocrisie et le cynisme des puissances occidentales. Comment peut-on en effet comprendre que la France qui est membre du Conseil de sécurité de l’ONU et n’a pas opposé son véto à la décision de l’embargo, ait ainsi violé cette interdiction de commercer avec l’Angola sur les armes ?

 

L’embargo avait sans doute été décrété pour mettre un terme à la guerre civile extrêmement meurtrière. L’objectif recherché était à l’instauration de la paix et à la préservation des vies humaines. On se rend compte aujourd’hui que cela était le cadet des soucis des dirigeants français de l’époque. Cette affaire révèle ce que certaines puissances occidentales paraissent être et ce qu’elles sont réellement. La corruption et autres pratiques mafieuses collent aussi à la peau de leurs dirigeants. Les guerres, comme on s’en rend compte avec cette affaire, sont des opportunités de renforcement de leur puissance et d’accumulation d’énormes richesses.

 

La République d’Angola, contre qui était décrété l’embargo, est un pays riche de son pétrole et de ses autres ressources naturelles. C’est le cas de nombreux pays, africains notamment, sous sanctions décrétées par la communauté internationale. Rien ne prouve que de nos jours, des violations de sanctions ne sont pas opérées à l’insu de tous. Il faudrait alors attendre une vingtaine d’années environ, avant que le pot aux roses ne soit découvert si d’aventure le gâteau n’était pas équitablement partagé. Avec ce genre d’affaires, les dirigeants occidentaux n’ont vraiment pas de leçons de morale à donner à leurs homologues des pays pauvres en matière de lutte contre la corruption.

 

Nicolas Sarkozy ne lèvera, peut-être pas le secret défense comme le demande Charles Pasqua pour se faire blanchir. Ce serait tout simplement suicidaire. Certaines informations, on le devine bien, ne peuvent nullement être livrées sur la place publique. Pour cela, la raison d’Etat sera toujours invoquée. Les affaires secrètes doivent le rester. La France ne voudrait certainement pas ternir ses relations avec l’Angola, à la suite de l’embellie que l’on observe aujourd’hui suite aux efforts diplomatiques du Président Sarkozy. Elle ne peut pas prendre le risque de perdre un partenaire si important de par sa position géographique et ses richesses. Avec le procès en appel sollicité par Pasqua, une formule pourrait être trouvée pour satisfaire tout le monde. Pierre Falcone, qui jouit de l’immunité diplomatique angolaise, pourrait être expulsé de France et l’ancien ministre de l’Intérieur grâcié. L’honneur de la République sera alors sauf. Finalement, ce procès de l’Angolagate, à travers lequel l’indépendance de la justice française s’est manifestée, devrait aussi servir de leçon à tous les Africains. Nos dirigeans doivent plus que jamais promouvoir la démocratie, l’intégration et travailler à la paix et au développement humain durable.

 

"Le Pays"

27 octobre 2009

Verdict attendu de l'affaire Angolagate

Jeune Afrique          27 octobre 2009

 

La justice française doit se prononcer mardi sur l'Angolagate, une vaste affaire de commerce d'armes vers l'Angola remontant au milieu des années 1990, et dont le jugement risque de peser sur les relations entre Paris et Luanda.


Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak figurent parmi les accusésPierre Falcone et Arcadi Gaydamak figurent parmi les accusés © AFP


Clos en mars 2009, le procès s'était déroulé dans une "ambiance de plomb", de l'avis même du procureur, Romain Victor.

 

42 personnes étaient accusées d'avoir, soit participé à l'organisation d'un "trafic" de 790 millions de dollars, soit bénéficié de "pots-de-vin" distribués par les deux associés ayant mis ce commerce sur pied, les hommes d'affaires français Pierre Falcone et israélien Arcadi Gaydamak.

 

Six ans de prison ont été requis contre les deux hommes. Il y a quatre mois, la cour d'appel de Paris a déjà condamné Pierre Falcone à un an de prison ferme dans une affaire de détournements de fonds au détriment de la Sofrem, une société de vente de matériel de sécurité à l'étranger.

 

Parmi les prévenus de l'Angolagate, des personnalités comme l'ancien ministre Charles Pasqua, l'écrivain Paul-Loup Sulitzer, l'ex-préfet Jean-Charles Marchiani ou Jean-Christophe Mitterrand, fils du président défunt, auraient bénéficié des largesses des deux associés. Tous ont plaidé l'innocence, mais l'accusation a demandé la relaxe du seul Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand.

 

Aucun responsable angolais devant la justice


Une trentaine de responsables angolais auraient également été arrosés, selon les enquêteurs, mais aucun n'a été renvoyé devant la justice.

 

Dès l'ouverture du procès en octobre 2008, la République angolaise avait demandé le retrait des pièces incriminantes, au nom du "respect du secret défense d'un pays étranger". Si ses droits étaient "violés", l'Angola pourrait porter l'affaire en justice, avait menacé l'avocat de Luanda, Me Francis Teitgen.

 

Une lettre envoyée en juillet 2008 par le ministre français de la Défense, Hervé Morin, à la défense de Pierre Falcone, avait par ailleurs été interprétée dans les milieux judiciaires comme une pression du gouvernement français, alors que Paris tentait d'effacer des années de brouille entre la France et ce pays riche en pétrole.

 

Le ministre affirmait dans ce courrier que ces ventes d'armes de guerre, provenant de l'ancien bloc communiste, n'avaient pas besoin d'autorisation de l'Etat puisqu'elles ne transitaient pas par la France.

 

En pleine guerre civile, le président angolais José Eduardo Dos Santos cherchait en 1993 à se procurer des armes pour lutter contre les rebelles de l'Unita, mais la France avait refusé. Des contacts officieux l'avaient amené à Pierre Falcone, lequel s'était associé à l'Israélien d'origine russe Arcadi Gaydamak qui, lui, avait des contacts dans l'ancien bloc soviétique.

 

Arsenal


420 chars, 150. 000 obus, 12 hélicoptères, six navires de guerre recensés par les enquêteurs : les deux associés ne contestent pas avoir livré du matériel militaire, mais ils nient avoir livré 170. 000 mines antipersonnel.

 

Lettre d'Hervé Morin à l'appui, ils affirment que Paris n'avait pas à donner son feu vert, puisque cet arsenal ne passait pas par la France et que la société courtière, ZTS Osos, était basée en Slovaquie.

 

Mais pour l'accusation, cette entreprise slovaque ne faisait que cacher la société parisienne de Pierre Falcone, Brenco.

 

La défense a martelé pendant le procès que "l'Etat savait", le procureur ayant estimé pour sa part que les autorités avaient choisi le "laisser-faire".

 

Rien de vraiment neuf n'a émergé des cinq mois d'audience. Arcadi Gaydamak, réfugié en Israël puis à Moscou, n'est pas apparu au procès, tandis que Pierre Falcone s'est retranché derrière le secret-défense de ses "mandants" angolais.

18 octobre 2009

Prince Jean - EDITORIAL DE Libération

Libération          17 octobre 2009

 


people-jean-sarkozy-2640858_1350.jpgNotre monarchie était élective. Deviendrait-elle héréditaire ? On connaissait «Papamadit», voici «Papamafait». Interrogé, le Président avait répondu naguère qu’il n’était pas le fils de Jacques Chirac. Certes. Mais il est le père de Jean Sarkozy. On entend que la valeur n’attend pas le nombre des années, et qu’on ne peut lui reprocher d’être le fils de son père. Mais, passons de Corneille à Beaumarchais. A considérer la carrière éclair de ce prince Jean, on doit bien admettre qu’il s’est surtout donné la peine de naître. Qui peut penser un instant que la nomination d’un garçon qui entre dans sa deuxième année de droit à la présidence d’un organisme chargé de gérer les milliards du quartier de la Défense doive tout à son mérite et rien à son patronyme ? Et quand bien même son ascension serait-elle due à la volonté indépendante des élus d’un département, n’y a-t-il pas une extrême maladresse à laisser penser que les Hauts-de-Seine sont une sorte de province d’Ancien Régime dévolue en apanage au dauphin ? La chose serait inédite sous la Ve République, et même sous les autres. Mais nous ne sommes plus sous l’Empire. La Défense, cité industrieuse et richissime, ne saurait être une ville dont le prince est un enfant ou, plus exactement, dont le président est un gamin. Il n’est qu’une issue à ce vaudevillesque faux pas : retirer une candidature qui n’aurait jamais dû être. Pour s’assurer, à tout hasard, que nous sommes toujours en République.

 

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PAR LAURENT JOFFRIN

14 octobre 2009

France / Epad : Jean Sarkozy défend sa candidature

RFI          14 octobre 2009


Le fils cadet du président de la République a défendu mardi sa candidature à la tête de l'Epad, l'établissement public qui gère La Défense, le plus grand quartier d'affaires en Europe. Le jeune conseiller général est sorti du bois, dans un entretien à Métro et dans la soirée à France 3, pour justifier la légitimité de sa candidature en précisant qu'il entendait aller jusqu'au bout. Une candidature critiquée à gauche et soutenue à droite. Mais ce soutien n'est toutefois pas unanime.


6a00d83451df6269e2010535f43b21970b-500wi.jpgL'arrivée annoncée de Jean Sarkozy à la présidence du quartier d'affaires des Hauts-de-Seine, vitrine économique de la France, à seulement 23 ans, suscite depuis plusieurs jours une vague de protestation dans l'opposition.

Face à cette polémique, le jeune conseiller général a tenu à s'expliquer d'abord dans un entretien à Métro, puis dans la soirée dans le journal de France 3, mettant en avant sa légitimité d'élu, seule raison, dit-il, de la progression fulgurante de sa carrière.

 

Les politiques restent cependant partagés. A gauche, on continue de dénoncer le népotisme du pouvoir, le fait du prince, la promotion grâce aux vertus du seul nom.

 

Jean Sarkozy

« Depuis deux ans, je travaille douze heures par jour. J’anime des permanences. [...] J’ai une vocation et ma vocation c’était de faire le choix de l’engagement. Je me suis engagé tôt, je me suis engagé totalement ».

14/10/2009 par France 3

 

A droite, on s'insurge. Jean Sarkozy a le droit comme n'importe quel citoyen de mener une carrière politique. On voit même dans son irrésistible ascension un signe d'espoir pour la jeunesse qui pourrait accéder à de très hautes responsabilités sans attendre la retraite des anciens.

 

Mais, quelques voix discordantes s'élèvent tout de même, comme en témoignent ces commentaires de députés recueillis dans les couloirs de l'Assemblée nationale :

 

Les réactions à l'Assemblée nationale

« Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault semblent en rire mais la gauche est unanime  pour dénoncer la promotion annoncée de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad. […] Mais dans la majorité, certains s'interrogent, le plus souvent à voix basse. Plus rarement à voix haute, comme le député des Yvelines, Pierre Cardo ».

14/10/2009 par Eric Chaurin

 

Le malaise a gagné les députés UMP, qui ont applaudi les critiques exprimées à haute voix par l'un des leurs, Pierre Cardo.

 

De son côté le chef de file des sénateurs UMP, Gérard Longuet, a fait part de la préférence de son groupe pour le maintien de Patrick Devedjian à la tête de l'Epad jusqu'au terme de son mandat, en 2011.

 

13 octobre 2009

JEAN SARKOZY : L’ombre encombrante de papa

 

le pays           13 octobre 2009

 

Et voilà que l’on reparle de l’ambition politique des fils de présidents ! Et cette fois-ci, pas en Afrique, un continent qui semble s’être fait un apanage de la chose. Mais bien en France, patrie de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité. Le prétexte ? La presque probable future nomination de Jean Sarkozy, fils de son illustre père, à la tête de l’Etablissement public d’aménagement du quartier de la Défense, à Paris. Le tollé qu’elle suscite est bien la preuve que le choix porté sur la personne de l’intéressé est loin de faire l’unanimité.


6a00d83451df6269e2010535f43b21970b-500wi.jpgDu côté de ceux qui plaident la cause du fils présidentiel, on use d’un argumentaire en béton que le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, résume à merveille : "Le début du parcours de Jean Sarkozy est dû à une seule chose : l’élection. Il n’y a rien de plus noble que la confiance des électeurs."

 

Mais du côté de l’opposition, on voit la chose en termes de "népotisme" car, à les en croire, si Jean n’était pas un Sarkozy, il n’aurait sans doute pas été désigné au poste qui, en ce moment, suscite la polémique qu’on sait. Le sujet n’est pas nouveau et il relance à chaque fois le même débat. Etre fils de président doit-il forcément apporter des avantages ou au contraire, se révéler un handicap pour celui qui choisit de nourrir des ambitions politiques ? On le voit, la question est bien délicate et il serait bien risqué d’oser la trancher au couteau.

 

Pour le cas de Jean Sarkozy, on peut quand même comprendre que l’on se pose de légitimes interrogations quant aux compétences et à l’expérience d’un jeune homme de 23 ans, étudiant de 2e année de Droit (seulement) et qui aurait sur les épaules la charge de diriger le plus grand quartier d’affaires d’Europe. On a beau croire qu’"aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années", tout de même il existe quelque part, quelque chose qui vous suggère qu’à une autre âme bien née, mais descendant d’une souche différente de celle de Sarkozy, on demanderait peut-être de faire preuve d’un peu moins d’empressement.

 

En tout état de cause, la polémique va bon train et il est certain que la stature de Nicolas Sarkozy projette une ombre encombrante sur l’ascension politique de son fils. Alors que certains voient en cette nomination du pain bénit offert à Jean au nom de son père, d’autres y trouvent une mauvaise querelle faite au fils par des personnes qui en veulent à son père. Pourvu que les choses se déroulent dans les règles de l’art. Car, il serait malheureux que Jean se voie écarté du poste au seul motif qu’il serait le fils de son père. A l’inverse, il serait tout à fait regrettable que le même Jean se voie confier le poste… pour la seule raison qu’il serait le fils de ce même père. La même interrogation peut se reprendre à l’infini : le fils serait-il là où il est aujourd’hui si son père n’était pas Nicolas Sarkozy ? Et à l’inverse, le fils ne serait-il pas là où il se trouve aujourd’hui si son père était autre que Nicolas ?

 

Et la même problématique demeure. Avec dans un camp, les partisans et dans l’autre, les adversaires. Il faut peut-être gager que la polémique qui se déroule dans un pays de liberté saura se frayer une voie saine qui sache se canaliser dans les principes de la bonne démocratie en république. Mais pour le fond, la question demeurera insoluble à l’infini. A l’instar de celle qui cherche à savoir qui, de la poule ou de l’oeuf, a donné la vie à l’autre le premier.

Par Jean Claude KONGO

12 octobre 2009

Affaire Frédéric Mitterrand : Le neveu de Tonton rattrapé par sa « mauvaise vie »

L'observateur paalga          12 octobre 2009


A première vue, il aura fallu quatre bonnes années aux Français pour éplucher « La mauvaise vie » de Fréderic Mitterrand, le neveu de l’autre. Comment comprendre, en effet, que la polémique éclate seulement en 2009 sur son livre autobiographique publié en 2005 ? Le leveur de lièvre, pardon la leveuse, c’est Marine Le Pen, la fille de cet autre, au cours d’une émission télévisée.

 

 

breveon4935.jpgMorceaux choisis du passage controversé : « Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément... La profusion de garçons très attrayants, et immédiatement disponibles, me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de refréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système, celui qui fonctionne enfin, car je sais qu’on ne me refusera pas (…) La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre (…) ».

 

Accusé d’encourager là le tourisme sexuel, le neveu de Tonton, comme on surnommait le défunt président français François Mitterrand, se voit donc rattrapé par sa « mauvaise vie ». Il faut dire que ce passage de son ouvrage à succès, vendu à plus de 190 000 exemplaires, serait sans doute resté dans l’ombre si son auteur n’avait pas lancé un « absolument épouvantable ! » pour dénoncer l’arrestation du cinéaste Roman Polanski, accusé de viol de mineure aux Etats-Unis. Il s’était insurgé, dimanche 27 septembre, contre la traque de l’artiste en Suisse « pour une histoire ancienne qui n’a pas vraiment de sens ».

 

Il ne s’en est pas fallu plus pour que la polémique enfle, au point que le ministre de la Culture français donne près de 15 minutes d’explications jeudi dernier au 20h de TF1. Il précisera au sujet de l’évocation de ses relations sexuelles qu’« il n’y a pas d’apologie, du tourisme sexuel, il n’y a pas d’apologie, sous aucune forme, de la pédophilie et de la relation avec de jeunes garçons ».

 

Il ajoutera même que le fameux « Bird », avec qui il aurait eu des rapports sexuels et qui donne son surnom à un chapitre du livre, serait en fait un boxeur thaïlandais de 40 ans. Pas de quoi donc épiloguer, selon lui, sur ce qui est "une erreur oui, un crime non, une faute même pas". Le dernier rebondissement dans l’affaire Mitterrand est sa citation en tant que témoin de moralité dans un procès d’assises en appel, qui se déroulera fin octobre à la Réunion et où doivent comparaître trois hommes poursuivis pour viol collectif d’une jeune fille alors âgée de 16 ans.

 

L’un des 3 accusés serait un filleul du ministre, qui, à l’époque, alors qu’il était directeur de la Villa Médicis à Rome, s’était engagé “personnellement à faciliter toute mesure de réinsertion de ces jeunes après leur condamnation”. Ce qui constitue une perche que s’empressent de saisir les contempteurs de Frédéric pour exiger sa démission, car, entre sa « mauvaise vie », son indignation contre l’arrestation de Polanski et le fait de se porter garant de son filleul, le chef du département de la Culture se voit conférer lui-même une place sur le banc des accusés par l’opinion.

 

Etant entendu, bien sûr, que ce ne sont guère ses « goûts », prononcés, pour des culs masculins qui lui sont reprochés, mais plutôt ses réactions, un peu trop émotives aux yeux de certains.

 

 

lobservateur

04 octobre 2009

Honduras : Vers un dénouement de la crise ?

RFI          03 octobre 2009

Le dialogue est peut-être enfin sur les rails au Honduras. Un émissaire de l’Organisation des Etats américains (OEA) a annoncé vendredi à Tegucigalpa que les négociations entre le président issu du putsch, Roberto Micheletti, et le chef de l’Etat déchu Manuel Zelaya, allaient débuter la semaine prochaine.

Avec notre envoyé spécial à Tegucigalpa, Sylvain Biville


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L’Organisation des Etats américains dit avoir obtenu des assurances des deux parties. Manuel Zelaya, qui dort depuis douze jours sur un matelas gonflable à l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa, avait déjà dit qu’il était prêt à parler avec ceux qui l’ont renversé. Ce qui est nouveau, c’est que celui qui s’est installé depuis dans le fauteuil présidentiel, Roberto Micheletti, ne ferme plus la porte à un possible retour au pouvoir du chef de l’Etat déchu.

 

L’OEA, très optimiste, espère l’ouverture de négociations dès la semaine prochaine, tout en prévenant qu’il ne faut pas s’attendre dans l’immédiat à une rencontre en tête-à-tête entre les deux rivaux. Les fonctionnaires de l’organisation interaméricaine, qui avaient été refoulés dimanche dernier, sont arrivés à Tegucigalpa vendredi pour préparer une visite de chefs de la diplomatie, prévue pour le 7 octobre.

 

L’optimisme sur une issue rapide doit cependant être tempéré. Les médias d’opposition sont toujours fermés et les manifestations de partisans de Manuel Zelaya interdites. Les autorités n’ont pas tenu leur promesse d’abroger le décret très controversé sur la suspension des libertés individuelles. Et Roberto Micheletti a reçu une bouffée d’oxygène hier, avec la visite de 4 élus américains du parti républicain. Ils sont venus le saluer au palais présidentiel, en contradiction avec la position officielle des Etats-Unis, qui refuse tout contact avec le gouvernement issu du coup d’Etat.

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