21 novembre 2009

Les groupes de la Coupe d'Afrique des Nations 2010 sont connus

Jeune Afrique          21 novembre 2010

 

Le tirage au sort a eu lieu cet après-midi à Luanda, la capitale de l’Angola, organisateur de l’évènement.

La CAN 2010 aura lieu en Angola

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La CAN 2010 aura lieu en Angola© DR


Groupe A : les extrêmes


Angola
Mali
Malawi
Algérie


Si l’Angola, pays hôte, est l’un des principaux outsiders de la compétition, le groupe A hérite aussi du petit poucet le Malawi. Les Fennecs, sur un petit nuage depuis leur qualification pour la coupe du monde, et le Mali de Frédéric Kanouté et Mahamadou Diarra, ont de belles cartes à jouer.

 


Groupe B : le groupe coupe-gorge


Côte d’Ivoire
Burkina Faso
Ghana
Togo

 

Deux des grands favoris de la compétition, la Côte d’Ivoire et le Ghana, se retrouvent dans la même poule. Les Eperviers togolais, emmenés par Emmanuel Adebayor, essaieront de faire valoir leurs atouts. Le Burkina Faso aura fort à faire pour sortir de ce groupe.

 

Groupe C : deux favoris

Egypte
Nigeria
Mozambique
Bénin

 

Les Pharaons, tenants du titre, auront probablement à cœur de se rattraper après leur éviction de la coupe du Monde par l’Algérie. Le Nigeria, qualifié pour la Coupe du Monde de 2010 est aussi un sérieux client. Le Mozambique et le Bénin vont devoir s’accrocher.

 

Groupe D : très relevé

Cameroun
Gabon
Zambie
Tunisie

 

Le Cameroun, finaliste lors de la précédente édition et relancé depuis l’arrivée de Paul Le Guen, semble avoir les armes pour passer. Face à eux, la Tunisie, vainqueur de la CAN 2006, mais pas qualifiés pour la Coupe du Monde pourront se concentrer sur cette compétition. Ce sera plus difficile pour le Gabon d’Alain Giresse, ou la Zambie.

27 octobre 2009

Verdict attendu de l'affaire Angolagate

Jeune Afrique          27 octobre 2009

 

La justice française doit se prononcer mardi sur l'Angolagate, une vaste affaire de commerce d'armes vers l'Angola remontant au milieu des années 1990, et dont le jugement risque de peser sur les relations entre Paris et Luanda.


Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak figurent parmi les accusésPierre Falcone et Arcadi Gaydamak figurent parmi les accusés © AFP


Clos en mars 2009, le procès s'était déroulé dans une "ambiance de plomb", de l'avis même du procureur, Romain Victor.

 

42 personnes étaient accusées d'avoir, soit participé à l'organisation d'un "trafic" de 790 millions de dollars, soit bénéficié de "pots-de-vin" distribués par les deux associés ayant mis ce commerce sur pied, les hommes d'affaires français Pierre Falcone et israélien Arcadi Gaydamak.

 

Six ans de prison ont été requis contre les deux hommes. Il y a quatre mois, la cour d'appel de Paris a déjà condamné Pierre Falcone à un an de prison ferme dans une affaire de détournements de fonds au détriment de la Sofrem, une société de vente de matériel de sécurité à l'étranger.

 

Parmi les prévenus de l'Angolagate, des personnalités comme l'ancien ministre Charles Pasqua, l'écrivain Paul-Loup Sulitzer, l'ex-préfet Jean-Charles Marchiani ou Jean-Christophe Mitterrand, fils du président défunt, auraient bénéficié des largesses des deux associés. Tous ont plaidé l'innocence, mais l'accusation a demandé la relaxe du seul Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand.

 

Aucun responsable angolais devant la justice


Une trentaine de responsables angolais auraient également été arrosés, selon les enquêteurs, mais aucun n'a été renvoyé devant la justice.

 

Dès l'ouverture du procès en octobre 2008, la République angolaise avait demandé le retrait des pièces incriminantes, au nom du "respect du secret défense d'un pays étranger". Si ses droits étaient "violés", l'Angola pourrait porter l'affaire en justice, avait menacé l'avocat de Luanda, Me Francis Teitgen.

 

Une lettre envoyée en juillet 2008 par le ministre français de la Défense, Hervé Morin, à la défense de Pierre Falcone, avait par ailleurs été interprétée dans les milieux judiciaires comme une pression du gouvernement français, alors que Paris tentait d'effacer des années de brouille entre la France et ce pays riche en pétrole.

 

Le ministre affirmait dans ce courrier que ces ventes d'armes de guerre, provenant de l'ancien bloc communiste, n'avaient pas besoin d'autorisation de l'Etat puisqu'elles ne transitaient pas par la France.

 

En pleine guerre civile, le président angolais José Eduardo Dos Santos cherchait en 1993 à se procurer des armes pour lutter contre les rebelles de l'Unita, mais la France avait refusé. Des contacts officieux l'avaient amené à Pierre Falcone, lequel s'était associé à l'Israélien d'origine russe Arcadi Gaydamak qui, lui, avait des contacts dans l'ancien bloc soviétique.

 

Arsenal


420 chars, 150. 000 obus, 12 hélicoptères, six navires de guerre recensés par les enquêteurs : les deux associés ne contestent pas avoir livré du matériel militaire, mais ils nient avoir livré 170. 000 mines antipersonnel.

 

Lettre d'Hervé Morin à l'appui, ils affirment que Paris n'avait pas à donner son feu vert, puisque cet arsenal ne passait pas par la France et que la société courtière, ZTS Osos, était basée en Slovaquie.

 

Mais pour l'accusation, cette entreprise slovaque ne faisait que cacher la société parisienne de Pierre Falcone, Brenco.

 

La défense a martelé pendant le procès que "l'Etat savait", le procureur ayant estimé pour sa part que les autorités avaient choisi le "laisser-faire".

 

Rien de vraiment neuf n'a émergé des cinq mois d'audience. Arcadi Gaydamak, réfugié en Israël puis à Moscou, n'est pas apparu au procès, tandis que Pierre Falcone s'est retranché derrière le secret-défense de ses "mandants" angolais.

11 octobre 2009

La RDC expulse ses Angolais, réguliers ou pas

RFI          10 octobre 2009


Kinshasa avait brandi la menace de représailles contre les expulsions massives et répétées de ressortissants congolais d'Angola. Depuis environ une semaine, la République démocratique du Congo a mis à exécution sa menace et, ces derniers jours, l'opération est passée à la vitesse supérieure.


rdc_angola_expulsions432.jpgCe sont désormais des milliers de ressortissants angolais qui sont chaque jour conduits à la frontière. L’opération prend de plus en plus d’ampleur surtout dans la province du Bas-Congo qui héberge une importante communauté angolaise. Les personnes chargées de procéder aux expulsions ne font pas de distinction entre ceux qui sont légalement établis et ceux qui ne le sont pas.

 

Ces représailles ont été ordonnées par le gouvernement de Kinshasa, qui se dit excédé de la manière dont les Congolais sont, à des rythmes fréquents, expulsés d’Angola.

 

En effet, Kinshasa accuse Luanda de ne pas respecter les règles internationales en matière d’expulsion des étrangers. Il est également reproché aux autorités angolaises de violer les accords bilatéraux, qui obligent chacune des parties à informer l’autre avant toute opération d’expulsion massive. Pour certains, le gouvernement congolais voudrait se réhabiliter vis-à-vis de l’opinion intérieure qui lui a toujours reproché ses réactions molles dans de nombreux litiges avec l’Angola.

19 août 2009

EXPULSION D’ETRANGERS D’ANGOLA : Un coup de poignard à l’intégration

lepays.bf (Article paru le 19 août 2009)


En décidant d’expulser plus de 110 000 personnes, toutes ressortissantes de la République démocratique du Congo (RDC), selon un document interne à l’ONU, l’Angola porte un sacré coup de poignard à l’intégration tant souhaitée par les Africains. Rapatriés de force par la police angolaise à la frontière de leur pays d’origine, certains de ces expulsés congolais étaient cependant installés depuis des lustres et travaillaient dans les domaines du commerce et des mines. Non contents d’être chassés d’Angola comme des malpropres, les expulsés sont fouillés et dépouillés de leurs biens. En regagnant leur RDC natale, ils se retrouvent complètement démunis.


 

Venant de l’Angola, cette situation est très déplorable à plusieurs égards. Ce pays a été pendant longtemps le théâtre de luttes de libération. Pour cela, de nombreux Etats africains lui ont été solidaires et leurs ressortissants sont allés lui porter secours. Du reste, entre l’Angola et la RDC, on file le parfait amour. A maintes reprises, l’Angola a porté secours à la RDC sur le plan militaire. On peut alors se demander quelle mouche a bien piqué les autorités angolaises pour les amener à agir de la sorte contre un pays voisin de surcroît et avec qui il partage le même espace économique et des milliers de kilomètres. Les Angolais peuvent être assurés que ce n’est pas en agissant ainsi qu’ils développeront leur pays que la nature a pourtant gracieusement doté de ressources minières et agricoles. Ces nombreuses et abondantes richesses peuvent bien profiter à tous, aux Angolais comme aux populations du reste de l’Afrique. Pour ce faire, il suffit de mettre en place de bonnes politiques de gestion des ressources du sous-sol. Au lieu de cela, à Luanda, on a préféré la solution du raccourci consistant à attribuer à l’étranger toute la responsabilité des problèmes du pays et des erreurs de gouvernance des dirigeants. On peut déjà percevoir, à travers ces exactions sur les étrangers, des manoeuvres politiques car l’élection présidentielle est prévue pour se tenir en 2010.

 

Sur le continent africain, cependant, on espérait ne plus avoir à vivre ce genre d’expulsions massives comme on n’en voit plus d’ailleurs sur aucun autre continent. En Europe comme aux Etats-unis, on n’assiste pas à des expulsions de cette ampleur. Ils sont pourtant très riches et leurs problèmes ne viennent pas toujours des étrangers. Du reste, les Américains continuent de recevoir de nombreux expatriés. Pourquoi alors se détester ainsi à ce point entre Africains ?

 

Il n’est pas défendu aux Angolais d’avoir leur politique d’immigration. Celle-ci semble cependant très dure, dans un contexte africain où certains prônent l’unité et l’intégration en passant par des pôles sous-régionaux et régionaux. De tels agissements remettent simplement en cause les principes et fondements même de l’Union africaine. Les pères fondateurs des Etats africains, chantres des Etats-unis d’Afrique, doivent se retourner dans leur tombe face à ce qui se passe actuellement en Angola. La communauté de destin suppose une libre circulation des biens et des personnes ; ce qui ne semble pas avoir été bien compris au pays de José Eduardo Dos Santos. On peut certes reprocher aux immigrés de ne pas toujours bien se comporter dans leur pays d’accueil. Bien des fois, en effet, certains ne disposent pas de tous les documents requis et semblent se comporter en territoire conquis, prêtant ainsi le flanc aux exactions. Mais entre Africains, l’on devrait plutôt mettre en exergue les valeurs séculaires de fraternité et de solidarité. L’expulsion massive d’étrangers d’Angola vient malheureusement apporter de l’eau au moulin des afro-pessimistes pour qui l’intégration africaine demeurera toujours un leurre.

 

Par Boureima OUEDRAOGO SONRE