13 juillet 2007

Côte d’Ivoire: L’Onu enquêtera sur l’attentat contre Soro

Le Premier ministre de la Côte d'Ivoire Guillaume Soro serre la main du Préfet Sam Etiasse, le 18 juin 2007, à Bouaké. (Photo : AFP)
Le Premier ministre de la Côte d'Ivoire Guillaume Soro serre la main du Préfet Sam Etiasse, le 18 juin 2007, à Bouaké.
(Photo : AFP)
Le gouvernement ivoirien a décidé de demander aux Nations unies la mise en place d’une commission d’enquête internationale sur l’attentat manqué de Bouaké contre le Premier ministre Guillaume Soro, le 29 juin dernier.

L'ONUCI (Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire) attend donc la demande officielle émanant du gouvernement ivoirien concernant cette commission d'enquête internationale. La demande sera ensuite envoyée à New York au siège de l'Onu. Dans le même temps, l'ambassadeur ivoirien auprès des Nations unies doit lui aussi transmettre la demande directement au Conseil de sécurité. Demande qui sera examinée par les juristes de l'Onu.

C'est à ce moment-là que seront précisées l'identité des enquêteurs, ainsi que leur prérogatives. Dans cette affaire d'attentat, il va falloir bien sûr faire appel à des experts balistiques, peut être aussi s'assurer du concours de l'Organisation de l'aviation civile internationale. Il va falloir également déterminer comment les enquêteurs de l'Onu vont collaborer avec les enquêteurs ivoiriens. Car une enquête nationale est actuellement en cours, confiée au procureur général près de la cour d'appel de Bouaké.

Au vu de cette procédure, le travail des enquêteurs internationaux ne devrait pas débuter avant plusieurs jours. Peut-être commenceront-ils par auditionner le Premier ministre ivoirien. Guillaume Soro a en effet déclaré à plusieurs reprises qu'il connaissait les auteurs de l'attentat, sans jamais les citer.

30 juin 2007

Côte d'Ivoire : Questions après l'attentat raté contre Guillaume Soro

Des membres des Forces nouvelles étudient les points d'impact sur le fuselage. ( Photo: AFP )
Des membres des Forces nouvelles étudient les points d'impact sur le fuselage.
( Photo: AFP )
Sain  et sauf, Guillaume Soro est apparu en bonne santé dans sa résidence de Bouaké ce vendredi soir, vêté d'un costume traditionnel, mais il n'a fait aucune déclaration après l'attentat qui l'avait visé plus tôt dans la matinée. Alors qu'il venait d'arriver à Bouaké pour présider une cérémonie issue du processus de paix, son avion a été la cible de plusieurs tirs de roquettes. Quatre personnes ont été tuées dans l'avion et plusieurs ont été blessées, mais le Premier ministre est sorti indemne. Les condamnations se sont succédé toute la journée, de l'Union africaine, de l'ONU, de la France, du parrain du processus de paix le burkinabe Blaise Compaore, du RDR d'Alassane Ouattara ou encore du parti des Forces nouvelles, le mouvement de Guillaume Soro lui-même.      

Pourquoi a-t-on voulu tuer Guillaume Soro ? L'identité des assaillants demeure mystérieuse mais, dès hier, tous les interlocuteurs bien informés des réalités du nord ivoirien évoquaient les nouvelles lignes de fracture au sein de l'ex-rébellion. Tous les soldats des forces nouvelles ne partageraient pas en effet l'enthousiasme du premier ministre et de ses proches pour l'accord conclu avec le camp présidentiel. Craignent-ils un deal secret entre Laurent Gbgabo et Guillaume Soro sur leur dos ? Ont-ils peur de perdre des prébendes acquises durant les années de conflit ? Ou tout simplement veulent-ils s'assurer que les raisons qui les ont poussé à prendre les armes seront bien satisfaites ? Il ne s'agit là que d'hypothèses, mais une chose est sûre, cette tentative d'assassinat affaiblit le premier ministre. Bouaké n'est plus pour lui un bastion sécurisé, et les questions sur son pouvoir au sein des forces nouvelles ne vont pas manquer d'apparaître dans les prochains jours. Quant à l'accord de Ouagadougou, il a subi hier un sérieux accroc. Les retards dans l'application du chronogramme établi dans la capitale burkinabé avaient amené les premiers nuages sur l'optimisme né de l'accord de paix; hier, c'est un véritable coup de tonnerre qui a frappé une Côte d'Ivoire qui, depuis mars dernier, croyait en avoir fini avec les actes de guerre.
Source: www.rfi.fr