15 décembre 2009
Présidentielle au Togo
L’opposition piégée par le mode de scrutin
L'observateur paalga 15 décembre 2009
A deux mois et demi de la présidentielle, les acteurs politiques du Togo se sont de nouveau rendus au palais présidentiel de Kosyam hier 14 décembre 2009. Il s’est agi pour eux de trouver avec le facilitateur, Blaise Compaoré, une solution à la problématique du mode de scrutin : sera-t-il à un ou deux tours ? Faute d’accord, le chef de l’Etat burkinabè leur a donné rendez-vous dans une semaine.

« Lisez ceci, nulle part il n’est mentionné que le mode de scrutin doit être changé... », paroles de Pascal Bodjona, ministre de l’Administration territoriale et cacique du RPT, le parti présidentiel, montrant à Me Djodji Apévon, président du CAR, un passage de l’Accord politique global, signé à Lomé le 20 août 2006. Alors que la révision des listes électorales a débuté hier 14 décembre, notamment au sud du Togo, le mode de scrutin demeure l’hypothèque majeure qui peut troubler le déroulement du processus électoral. Les articles 59 et 60 de la Constitution togolaise de 1992, remaniée en 2002, stipulent que le président de la République est élu au suffrage universel direct et secret pour un mandat de 5 ans. Cette élection a lieu au scrutin uninominal à un seul tour. C’est sur cette dernière disposition que tout achoppe.
Solitoki Esso, le secrétaire général du RPT et porte-parole de la délégation du pouvoir, dira, au sortir de la rencontre avec le facilitateur, que : « Sur le mode de scrutin, les uns et les autres se sont opposés, il n’y a pas eu d’évolution, et le facilitateur a proposé qu’on suspende et qu’on revienne la semaine prochaine... nous ne voyons pas la nécessité d’aller aux deux tours...
les dispositions de la Constitution sont claires, c’est un seul tour... le premier tour ne remet pas en cause la transparence du scrutin, elle n’est pas une garantie de légitimité... des présidents ont été élus à deux tours avec des scores étriqués... ».
Or, apparemment, la participation de l’opposition à la présidentielle semble, au fil des jours, liée à ce mode de scrutin, ce qui est perceptible dans ces propos de Me Djodji Apévon, président du CAR et porte-parole de la délégation de l’opposition : « Le mode de scrutin à deux tours doit être rétabli pour que la justice puisse prévaloir... il serait difficile d’aller à la présidentielle avec ce mode scrutin ...la semaine prochaine, nous allons demander et réclamer le rétablissement de ce mode de scrutin ».
L’opposition est-elle piégée par ce mode de vote ?
Elle aurait le mentionner lors de la signature de l’APG, car, à deux mois et demi du scrutin, n’est-il pas trop tard pour exiger qu’on revoie une telle clause constitutionnelle ? Que nenni, selon Jean-Pierre Fabre, qui a laissé entendre que « rien n’est tard, si c’était tard, le facilitateur ne nous aurait dû pas donné rendez-vous dans une semaine ».
Après la guerre au sujet du président de la CENI, laquelle, s’est soldée par l’élection du « moindre mal » qu’est Issifou Tabiou, voici venue celle du mode de scrutin qui elle, semble insoluble, tant l’enjeu est fatale, résumé en ces mots par Me Apevon : « Le mode de scrutin pose la problématique de la conservation ou de la conquête du pouvoir ». Conservation pour le pouvoir et conquête pour l’opposition ?
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
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08 décembre 2009
GUINEE
Un attentat qui arrange tout le monde
L'observateur paalga 08 décembre 2009
Parce qu’une balle d’un militaire félon a touché la tête du chef de l’Etat autoproclamé de la Guinée le jeudi 3 novembre 2009, l’Afrique, la Communauté internationale, le facilitateur et les Guinéens restent suspendus à l’évolution de sa santé.
Bien que le pronostic vital n’ait été évoqué par aucun des médecins de l’hôpital Mohamed V de Rabat, qui se relaient au chevet de Moussa Dadis Camara, l’anxiété est grande dans de nombreux esprits, car la vacance du pouvoir suprême s’avère toujours délicate, a fortiori dans un pays comme la Guinée, souffrant politiquement depuis des années.
Qu’on soit un disciple d’Hippocrate ou pas, nul n’est censé ignorer qu’une telle blessure à la tête laisse forcément des séquelles indélébiles. Si on se fie au bulletin de santé officiel, délivré à dose homéopathique par le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Chérif Idrissa, ou par celui des Affaires étrangères, Alexandre Cécé Loi, « Dadis est sorti du coma, ses jours ne sont pas en danger, mais il ne peut pas encore parler », et on suppose que le colonel Sékouba Konaté, son alter égo, gardera la maison le temps qu’il se remette et revienne reprendre sa chose.
Encore qu’on n’en sache rien, le mystère Sékouba Konaté s’épaississant au fil des mois, puisqu’il était absent du pays le 3 décembre, tout comme le 28 septembre 2009.
Mais voilà, la Guinée est en crise avec une médiation en suspens, et en l’espèce on ne peut manquer de donner libre cours à des échafaudages : le premier sentiment est que ce "wankage "complique la tâche du médiateur comme nous l’évoquions dans notre Commentons l’évènement du 4 décembre dernier.
Rejeté pratiquement en bloc par les Forces vives, la proposition d’Accord politique interguinéen de Blaise Compaoré de novembre dernier avait grippé la facilitation, et un blocage se profilait à l’horizon. L’attentat du camp militaire de Koundara semblait plomber les actions de bons offices du président burkinabè.
Cependant, l’autre versant de cette tentative d’assassinat pourrait relancer la machine Compaoré. Et certains pousseront le cynisme pour dire que c’est un acte qui tombe à pic. En partant du postulat que Dadis est parti pour une convalescence prolongée, l’intérimaire, Sékouba Konaté, qu’on dit conciliable et moins butté, pourrait faire l’affaire des Forces vives et du médiateur.
La politique n’est que l’art du compromis, même si les compromissions n’y sont pas rares, il suffit donc que le « Tigre » (surnom de Sékouba) accepte certaines conditions avant l’hypothétique retour de Dadis pour que tout soit jouable. C’est connu, sce qui a paralysé la médiation est le cas Dadis, ou plutôt son désir de rester au pouvoir.
Le chef de la junte étant hors jeu, probablement pour un long moment et sachant par ailleurs que la Communauté internationale (UA, UE...) demandait déjà son départ, d’aucuns estiment que cette hypothèse est d’actualité. On sait que les autorités marocaines, pour ne pas mécontenter cette communauté, ont parlé « d’humanitaire », au sujet de l’accueil de l’illustre blessé.
Tout pourrait se jouer là, c’est-à-dire par un maintien de Dadis pour une rééducation au Maroc ou ailleurs, ce qui ferait cesser les rancœurs et les frustrations dont il est le centre de cristallisation. Des pourparlers pourraient alors reprendre avec toutes les parties prenantes à la situation en Guinée.
Une façon de sacrifier Dadis sur l’autel de la paix. Ce ne serait pas pour déplaire aux forces vives, au médiateur et surtout aux Guinéens. Du moins pour ceux qui veulent vraiment voir le bout du tunnel, pas pour les partisans du ni paix ni guerre, qui se repaissent de prébendes, de surenchères et de brigandages tous azimuts.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
11:55 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : moussa dadis camara, guinée, blaise compaoré
05 décembre 2009
GUINEE
De retour à Conakry, le général Sékouba Konaté assure l'intérim de Dadis
Jeune Afrique 05 décembre 2009
Le ministre de la Défense guinéen, le général Sékouba Konaté, est rentré à Conakry la nuit dernière après un voyage d’affaires de quelques jours au Liban.
A son arrivée, le n°3 de la junte, absent lors de l’attaque du 3 décembre contre le capitaine Moussa Dadis Camara, a été accueilli par des membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), du gouvernement et des Forces armées.
Longtemps considéré comme un fidèle de Dadis, Sékouba Konaté a vu ses relations avec ce dernier se détériorer quand le chef du CNDD a commencé à afficher son goût pour le pouvoir et à entretenir le doute autour de ses véritables intentions. Le fossé entre eux s’est encore creusé après les massacres du 28 septembre.
Début octobre, Dadis s’était fermement opposé à l’arrestation, ordonnée par le général Konaté, du lieutenant Aboubacar « Toumba » Diakité, considéré comme le principal commanditaire des tueries du stade de Conakry.
11:46 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, moussa dadis camara, blaise compaoré, sékouba konaté
Blaise Compaoré
"Dadis est dans un état difficile mais pas désespéré"
Jeune Afrique 05 décembre 2009
Le chef de la junte guinéenne, Moussa Dadis , blessé par balles jeudi par son aide de camp et évacué au Maroc, se trouve vendredi dans un état "difficile mais pas désespéré", a déclaré le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré.
"Actuellement, nous sommes bien sûr "accrochés" à l'évolution de la santé du président Dadis pour mieux organiser l'avenir" de la Guinée, a déclaré à Ouagadougou vendredi après-midi à la presse Blaise Compaoré.
"Ce que nous avons eu comme information il y a de cela une heure par son médecin personnel, c'est que Dadis est dans une situation qui est difficile certes mais qui n'est pas désespérée", a-t-il ajouté.
"Je crois qu'il va subir probablement une opération parce qu'il a reçu effectivement des balles et cela nécessite des opérations", a ajouté le chef de l'Etat burkinabè.
A la question de savoir si le capitaine Camara était conscient, il a répondu par l'affirmative.
Moussa Dadis Camara est hospitalisé depuis vendredi à Rabat. En son absence, l'intérim serait assuré par Claude Pivi, ministre chargé de la Sécurité présidentielle.
Le capitaine Camara, chef de la junte arrivé au pouvoir en Guinée le 23 décembre 2008 après la mort du président Lansana Conté, a survécu jeudi à une tentative de meurtre de son aide de camp le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba.
(Jeune Afrique.com avec AFP)
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30 novembre 2009
Pourparlers interguinéens
S’achemine-t-on vers le blocage ?
L'observateur paalga 30 novembre 2009
N’eussent été la sagesse et la clairvoyance de quelques émissaires des Forces vives qui ont retenu la bride de certains faucons, le facilitateur aurait été récusé le 20 novembre 2009 suite à sa proposition d’Accord politique global interguinéen (APGIG).

N’eussent été la sagesse et la clairvoyance de quelques émissaires des Forces vives qui ont retenu la bride de certains faucons, le facilitateur aurait été récusé le 20 novembre 2009 suite à sa proposition d’Accord politique global interguinéen (APGIG).
Regroupé en 7 dispositions, ce cadre de travail ébauché par le médiateur fait, il est vrai, la part belle au CNDD, puisque la revendication essentielle des Forces vives soutenue par la communauté internationale, à savoir le départ de Dadis, n’a pas été suivie par Blaise Compaoré (cf. disposition IV).
Ce qui a provoqué la colère des Forces vives, qui ont envisagé sérieusement à un certain moment de remettre en cause cette médiation, avant de se raviser. En remettant leurs contrepropositions qui maintiennent leurs exigences initiales, ces Forces vives n’ont donc pas bougé d’une semelle, s’arc-boutant au principal sujet qui fait bouillir le marigot guinéen : le départ de Dadis et la dissolution du CNDD.
La surenchère politico-diplomatique se poursuit avec l’antienne des militaires résumée en ces bouts de phrases que répètent ses thuriféraires : « Ce ne sont pas les Forces vives qui ont mis Dadis à la présidence... Dadis est un citoyen comme les autres ... sa candidature n’est pas annoncée mais s’il se prononçait, cette candidature devrait être forcément acceptée... ». Pire, alors que les pourparlers vont reprendre aujourd’hui 30 novembre 2009 après la trêve de la Tabaski, le facilitateur semble, face à un cul-de-sac, avec ce nouveau mémorandum de la junte : la mise hors service de tous les anciens Premiers ministres de Guinée du processus électoral et un audit des 10 dernières années de Conté.
Pas besoin d’être un politologue pour comprendre que Dadis veut éliminer tous ceux qui sont susceptibles de lui barrer la route de la présidence lors d’un duel à la régulière. Otez Sidya Touré,Celloun Dallein Diallo,François Fall, Alpha Condé ... de la prochaine course à la magistrature suprême et le patron de la junte se retrouve sur un boulevard qui mène au pouvoir suprême.
La configuration de la Guinée offre donc le spectacle suivant : d’un côté la junte, de l’autre les Forces vives et au milieu des populations prises en otages. D’ailleurs, ces Guinéens n’ont jamais eu la liberté de choisir leur destin, écrasés qu’ils ont été par le pouvoir concentrationnaire de Sékou Touré et celui « laisse guidon » de Lansana Conté.
Que peut à présent le Facilitateur, que d’aucuns trouvent partial, car militaire comme l’ont souligné les deux dames de fer (1) qui ont été très acerbes à l’égard du chef de l’Etat burkinabè ? Si la junte, depuis le massacre du 28 septembre, est disqualifiée pour conduire la transition, elle a le pouvoir et possède les armes. Moralité : pour le moment, il faut composer avec le CNDD. Les Forces vives devraient d’ailleurs avoir comme boussole le fait que la politique est aussi l’art du possible, surtout que certains de leurs leaders ont occupé quelques années la primature.
Pourtant, il faut craindre un éventuel blocage, car ce que redoutait le médiateur le 11 novembre dernier prend forme de part et d’autre, les tentatives d’exclusion. Autant à l’heure actuelle il est impossible de contourner la junte, autant cette dernière ne doit pas, par des subterfuges, chercher à disqualifier des adversaires politiques. D’ailleurs, chaque Guinéen gagnerait à revisiter l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, où, à coups d’artifices constitutionnels, on a voulu étouffer les ambitions d’un ex-Premier ministre. Cela a plongé le pays dans cette tambouille sans fin. Comparaison n’est pas raison mais quand des citoyens d’un pays sont confinés en seconde zone et qu’ils se rebiffent...
Et lorsqu’on écoute les protagonistes guinéens, les tonalités ne militent pas à l’avènement d’un consensus. « Nous pas bouger », martèle le CNDD. « Je ne suis pas sûr que par le dialogue on puisse amener Dadis à la raison », clame Celloun Dallein Diallo. Le médiateur pourra-t-il concilier les différentes positions ? Ou sera-ce la médiation de trop pour Blaise ?
La rédaction
(1) Aïssatou Fall et Louise Arbour respectivement deputé PS au Sénégal et présidente de International Crisi Group sur RFI et BBC
lobservateur
18:36 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, moussa dadis camara, forces vives, cndd, blaise compaoré
25 novembre 2009
Crise guinéenne Les contre-propositions des Forces vives
l'observateur paalga 25 novembre 2009
Après le rejet par les Forces vives du projet d’accord interguinéen, proposé par le facilitateur, Blaise Compaoré, celles-ci ont été invitées à fournir leurs contre-propositions. C’est chose faite depuis hier, où Jean-Marie Doré et ses 11 compagnons ont remis leurs préoccupations au chef de l’Etat burkinabè : lesquelles portent sur le nombre des membres de la transition (75 au lieu de 150),le Conseil national de transition qui doit être l’organe législatif, son président qui doit être militaire... le départ et la non- candidature de Dadis sont maintenus...

Les Forces vives, qui, depuis le 20 novembre ont rencontré plusieurs fois le facilitateur pour échanger ont donc enfin remis leurs préoccupations, elles n’aiment pas le vocable « contre-propositions ». Rien que hier 24 novembre aux alentours de 11h 30, Jean-Marie Doré est retourné à Kosyam pour voir Blaise Compaoré.
« Fondamentalement, le projet présenté par le facilitateur a totalement ignoré les propositions prises par les Forces vives ... nous n’avons pas fait de contre-propositions, nous nous sommes tenus à nos préoccupations initiales, appuyées par la communauté internationale », vous répète-t-on à l’envi lorsqu’on évoque les contre-propositions des Forces vives avec certains des 12 officiels de ce groupe.
Le départ de Dadis ? On vous répond en substance qu’il en était question avant le 28 septembre et que cela est devenu impératif après, surtout avec l’oukase de la communauté internationale en date du 12 octobre 2009.
De la cacophonie autour des émissaires ? C’est à l’extérieur, pas au sein des envoyés officiels nous ne sommes pas responsables de ce que disent des gens qui prétendent être des forces vives.
Il est stipulé dans le préaccord à polémique que le président et le premier ministre de transition doivent être consensuels et civils. Où trouver ces oiseaux rares qui seront acceptés et par les forces vives et par le CNDD ? Avec 12 millions de Guinéens on peut en trouver,vous répond-t-on aussi. En fait les Forces vives ont un peu nuancé certaines de leurs revendications tout en en maintenant d’autres. Ainsi, même si rien n’a filtré officiellement, on apprend que :
au titre III concernant le Conseil national de transition(CNT), les forces vives proposent 75 membres au lieu de celui, pléthorique, de 150, proposé par Blaise. Il sera, selon l’esprit et la lettre des forces vives, l’organe législatif et devra être dirigé par un militaire qui ne peut être candidat à la prochaine présidentielle. Les syndicats et la société civile y seront représentés. Le total du Bureau de ce CNT est toujours de 20.
concernant la disposition IV, relative aux élections ,les opposants au CNDD proposent que la transition soit conduite par un exécutif civil : un président et un premier ministre civils ;
le président de la transition, le chef de l’Etat et le premier ministre nommeront le président de la Cour constitutionnelle et celui du conseil économique et social ;
Jean-Marie Doré et Cie maintiennent le départ et la non-candidature de Dadis à la magistrature suprême à venir ;
la durée de la transition parait aussi longue pour elles.
Bref, le casse-tête du « cas Dadis » semble demeurer pendant.
Et lorsqu’on évoque le fait que Dadis fait de la résistance parce qu’il ne sait pas s’il aura une vie tranquille après la présidence, les forces vives estiment qu’il n’a jamais été question de chasse aux sorcières. Du reste, pour elles, à l’intérieur de la Guinée et dans l’intérêt suprême du pays, on peut arriver à des compromis, mais la communauté internationale, qui est impliquée dans leur crise, est là aussi. Peut-on la dissuader, par exemple, de poursuivre des personnes si elle décide qu’il y a eu crimes contre l’humanité ? s’interroge-t-on chez les forces vives.
Et pourquoi pas la proposition d’Alpha Condé, vieille d’il y a plusieurs années, qui veut qu’on amnistie les chefs d’Etat pour leur permettre de quitter le pouvoir sans crainte ? Pour les forces vives, il faut d’abord que Dadis dise qu’il va partir, tout le reste pouvant être envisageable.
On retiendra en substance que pour les Forces vives, la Guinée a souffert durant 50 ans et elles estiment que soit avec ces pourparlers les Guinéens voient le bout du tunnel, ou il n’est « pas question de signer quoi que ce soit ». La balle est à présent dans le camp du facilitateur, qui doit, après avoir rencontré les envoyés du CNDD, dégager un nouveau projet d’accord. Ce sera pour après la fête de la Tabaski, apprend-on.
Coulisses des pourparlers
Golf maintient les 6 officieux dans leurs chambres. Samedi 21 novembre, les 6 membres non officiels des Forces vives avaient été enjoints par un membre du service du protocole d’Etat de quitter leurs chambres de l’hôtel Silmandé Mercure à midi au plus tard, sinon ce serait à leurs frais qu’ils logeraient désormais. Informé de cela grâce à l’écrit de la presse, le colonel Gilbert Dienderé aurait semble-t-il, managé la situation, et les intéressés sont finalement demeurés dans leurs gîtes.
Celloun et son cheik-up à Paris. Le fait que les pourparlers se sont étendus jusqu’au mardi 24 novembre entre Blaise et les Forces vives risque de faire rater à Celloun Dallein Diallo son cheik-up à Paris. Il devait y retourner pour son contrôle par suite du traumatisme qu’il a subi lors des massacres du 28-Septembre.
Reprise après la Tabaski ? C’est à un véritable chassé-croisé qu’on assiste à Ouaga : en principe, le CNDD devait y arriver hier soir et les forces en repartir. Mais, au finish, la plupart des délégués des forces vives repartiront aujourd’hui. On murmure que les pourparlers pourraient reprendre après la fête de la Tabaski.
100 partis en Guinée Il n’y a pas que le Burkina qui ait un grand nombre de partis politiques : en Guinée, ils sont une centaine. Beaucoup sont nés peu avant la fin du règne de Conté, notamment en 2008. Le défunt président avait mis en place un fonds d’un milliards de francs guinéens (150 millions CFA),si fait que certains, qui voulaient bénéficier de ces subsides, ont rapidement préféré être la tête d’un rat que la queue d’un lion. Pour ce qui est des syndicats, on en compte 8. Le CNT aura pour mission, entre autres, de forger des regroupements en mettant fin aux ethno-partis, véritables plaies dans le microcosme guinéen.
Quand Celloun jouait les arbitres entre Conté et Blaise. On sait que les relations entre Lansana Conté et Blaise étaient exécrables. Un homme tentait souvent d’arrondir les angles : Celloun Dalein Diallo Ainsi apprend-on qu’à l’investiture de Blaise en 2005, c’est le même Celloun qui est venu représenter « Péssè » (celui qui parle dru en langue soussou) à la cérémonie.
Lansana Conté n’était pas particulièrement enchanté que Dallein vienne, mais en a été convaincu par l’ex-PM. Blaise était d’ailleurs étonné, à l’époque, de le voir à Ouaga 2000.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
lobservateur
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23 novembre 2009
DIALOGUE INTERGUINEEN : Les Forces vives remettent leurs contre-propositions aujourd’hui
Le second round des négociations interguinéennes a commencé depuis le 18 novembre 2009. Si du côté du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), on se montre assez satisfait, ce n’est pas le cas chez les Forces vives guinéennes. En effet, elles ont rejeté la synthèse proposée par le facilitateur, Blaise Compaoré. Ce dernier les a rencontrées le samedi 20 novembre 2009 et leur a demandé de rédiger un document qui contiendra leurs contre-propositions. Ce document sera, en principe, remis au facilitateur aujourd’hui lundi.
Blaise Compaoré, facilitateur du dialogue interguinéen, a soumis à tour de rôle, le 19 novembre dernier, aux deux camps le projet d’accord politique interguinéen qui contenait la synthèse de leurs propositions recueillies lors du premier round. Des principaux points de cet accord, il ressort l’institution d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les évènements du 28 septembre 2009 ; celle du Conseil national de transition (CNT) présidé par le chef de l’Etat, le capitaine Dadis Camara, qui nommera un Premier ministre issu des Forces vives. Et la tenue d’élections d’ici octobre 2010 et auxquelles tous les membres du CNT peuvent se présenter à condition de démissionner de leur poste quatre mois plus tôt. Mais la rencontre qui devait mettre face à face le CNDD et l’opposition le lendemain 20 novembre pour décider de la signature ou non de l’accord, n’a pas eu lieu. En effet, le camp des Forces vives a envoyé une déclaration qui rejetait les propositions du projet d’accord. Cette déclaration, en plus du rejet, sous-tendait une éventuelle remise en cause de la médiation du facilitateur burkinabè. Mais quelques heures plus tard, à l’hôtel Silmandé, base des Forces vives, Sydia Touré, Louseny François Fall, Sy Mariama Diallo et Jean Marie Doré, diront : "C’est le document qui est rejeté et non le médiateur."
Le lendemain 21 novembre, une conférence de presse a été convoquée, mais arrivés sur les lieux, les journalistes ont été informés qu’elle a été décommandée. Mais il s’en est trouvé une personne qui a tenu à s’exprimer. ll s’agit de Cheick Tidiane Traoré, secrétaire permanent du parti GPT (Guinée pour tous). Pour lui, les Forces vives sont divisées car les jeunes leaders sont exclus des négociations. Parmi les 12 membres de la délégation officielle, il n’y avait aucun jeune leader. "Les jeunes ont formé leur mouvement et sont venus à Ouaga à leurs frais. Le protocole de la présidence du Faso est venu nous dire qu’à midi, les frais de l’hôtel seront à notre charge." Selon lui, tout ceci s’expliquerait par le fait que les jeunes leaders veulent que le Premier ministre de la transition soit un jeune. Par ailleurs, il ne rejetait pas l’accord du facilitateur et appelait les autres à rejoindre la table du dialogue. "Je suis actuellement seul mais j’irai jusqu’au bout pour cela."
Quoi qu’il en soit, les Forces vives ont été reçues quelques heures plus tard par Blaise Compaoré qui leur a demandé de ne pas perdre confiance en sa médiation. Il leur a ensuite demandé de produire un document où seront consignées leurs contre-propositions. Il s’agit entre autres, de la non-candidature du capitaine Dadis Camara et de tout autre membre du CNDD aux élections. De ne pas mettre à la tête du CNT un chef de l’Etat, car à leur avis, le CNT est un organe consultatif ou législatif. Et enfin, de revoir la composition du futur gouvernement d’union nationale, qui ne se composerait que d’un tiers des Forces vives. Ces contre-propositions seront remises, en principe, aujourd’hui lundi au facilitateur pour que celui-ci fasse une éventuelle révision du projet d’accord politique, pour une sortie de crise en Guinée-Conakry.
Les points de désaccord
Voici la déclaration n°13 portant rejet des Forces vives (l’article A.2 de l’annexe 1) du projet d’accord politique.
"A l’invitation de Son Excellence, Monsieur Blaise Compaoré, président du Faso et médiateur dans la crise guinéenne, une délégation du forum des Forces vives de Guinée s’est rendue à Ouagadougou (Burkina Faso) du 18 au 20 novembre 2009. A cette occasion, la délégation a reçu du médiateur un projet d’accord politique global interguinéen. Après un examen approfondi dudit projet, la délégation a relevé avec un grand étonnement que : 1 - Les préoccupations fondamentales des populations guinéennes par le forum des Forces vives exprimées dans le mémorandum remis au facilitateur, pour une transition apaisée en République de Guinée, n’ont pas été prises en compte dans le projet d’accord politique. 2 - Les recommandations, les résolutions et communiqués finaux de la CEDEAO, du Groupe international de contact sur la Guinée, de l’Union africaine, de l’Union européenne ainsi que le conseil de sécurité des Nations unies ont été purement et simplement ignorés : notamment, ceux relatifs à la non-candidature aux prochaines élections nationales des membres du CNDD, de son président, du Premier ministre et des membres du gouvernement, ainsi que la mise en place, sur la base du retrait du CNDD, des nouvelles autorités de transition. En conséquence, la délégation du forum des Forces vives a pris la décision de rejeter le projet d’accord politique, tel qu’il lui a été soumis. En outre, elle se réserve le droit, après consultation de sa base en Guinée, de se prononcer quant à sa position par rapport à la médiation. Au demeurant, le forum des Forces vives lance un appel solennel au peuple de Guinée pour qu’il reste mobilisé afin de défendre ses droits légitimes pour l’avènement de la démocratie, de la justice et du progrès économique et social.
Ouagadougou, le 20 novembre 2009 Depuis Ouaga, Forum des Forces vives de Guinée"
Quid du Conseil national de la transition
Le bureau exécutif du CNT est composé de vingt (20) membres répartis comme suit :
Président : le chef de l’Etat issu du CNDD ;
Vice-président : un représentant du forum des Forces vives de Guinée ;
Membres : représentants des Forces de défense et de sécurité (4) ; représentants des partis politiques (6) dont 4 issus du forum des Forces vives et 2 hors du forum des Forces vives ; représentant des organisations syndicales (2) ; représentantes des organisations féminines (2) ; représentant des organisations de la jeunesse (2) ; représentants des communautés religieuses (2).
Source : Projet d’accord politique global interguinéeen (Article A 2)
Ce que devrait être le gouvernement d’union
En application du paragraphe 3.3.2. de l’Accord politique global interguinéen, les postes ministériels au sein du gouvernement d’union nationale sont répartis ainsi qu’il suit :
10 issus du CNDD ;
10 issus du forum des Forces vives de la Guinée ;
10 venant d’horizons divers.
Source : Projet d’accord politique global interguinéeen (Article 2)
Par Abdou ZOURE
09:34 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, forces vives, blaise compaoré, moussa dadis camara
21 novembre 2009
Pourparlers inter-guinéens à Ouagadougou
L'opposition guinéenne a rejeté ce vendredi à Ouagadougou les propositions du médiateur Blaise Compaoré qui autorisent le maintien au pouvoir du capitaine Dadis Camara. Pour les Forces vives, « les préoccupations fondamentales du peuple guinéen n'ont pas été prises en compte ».
Dans son dernier rapport, le président burkinabé Blaise Compaoré donne la possibilité au capitane Moussa Dadis Camara de rester en place, et de se présenter à la présidentielle. Le chef de la junte serait à la tête d'un Conseil national de transition (CNT), pour une période de dix mois. Le Premier ministre serait issu des Forces vives et ces dernières n'apprécient pas. L'opposition guinéenne semble furieuse.
Dans une déclaration rendue publique, vendredi après-midi à Ouagadougou, les Forces vives rejettent le projet d’accord politique que le médiateur Blaise Compaoré leur a proposé jeudi. La délégation de l’opposition guinéenne dit « se réserver le droit – après consultation de sa base en Guinée – de se prononcer quant à sa position par rapport à la médiation ». Que faut-il entendre par-là ? Est-ce à dire que les Forces vives iraient jusqu’à récuser le médiateur Blaise Compaoré ? On n’en est pas encore là, mais le choc est perceptible, après ce que certains membres des Forces vives ont eux-mêmes appelé « le coup de massue » qu’ils ont reçu, avec les propositions du médiateur.
« Les préoccupations fondamentales de la population guinéenne n’ont pas été prises en compte, avec le projet d’accord politique », ont écrit les Forces vives dans une lettre qu’elles ont transmise au médiateur. Cette lettre a été envoyée également aux représentants de l’Union africaine (UA), des Nations unies et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui assistaient le médiateur.
Y aura-t-il une rencontre entre le président burkinabé et l’opposition guinéenne après cette réaction des Forces vives ? On parle d’un probable rendez-vous, samedi, selon certaines sources. Mais, dans l’incertitude et la déception, certains leaders s’apprêtent dejà à quitter Ouagadougou dès samedi matin.
| L’opposition guinéenne veut une explication de texte |
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Après avoir reçu leurs réactions hier soir, le médiateur devrait rencontrer ce samedi les Forces vives. Sans doute, devrait-il y avoir une explication de texte entre Blaise Compaoré ou ses collaborateurs et l’opposition guinéenne. Celle-ci juge le document proposé par le président burkinabè trop favorable à la junte au pouvoir en Guinée.
Dans une déclaration rendue publique vendredi 20 novembre, les Forces vives ont rejeté en bloc le texte de la médiation. Et aussitôt, elles ont reçu à leur hôtel la visite du ministre burkinabè des Affaires étrangères et de la Coopération régionale. Une réunion qualifiée d’informelle mais qui n’a pas changé la position des leaders de l’opposition guinéenne. Certains d’entre eux quittent Ouagadougou dès ce samedi avant même la dernière rencontre prévue avec Compaoré.
Tous se disent déçus par le texte du médiateur, et pourtant « ce n’est qu’un premier jet qui ne lie personne pour l’instant », réagit Alain Yoda, ministre burkinabè des Affaires étrangères. « Même si c’est un membre du CNDD qui reste à la tête de l’Etat », explique-t-il, l’essentiel des pouvoirs est concentré dans les mains d’un Premier ministre de transition proposé par les Forces vives ». |
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20 novembre 2009
Présidentielle togolaise : L’opposition dit non au K.-O.
L'observateur paalga 20 novembre 2009
La présidentielle togolaise, prévue pour le 28 février 2010, va-t-elle elle aussi commencer à s’éloigner comme une ligne d’horizon au fur et à mesure que l’on s’en approche ? Comme c’est le cas en Côte d’ Ivoire où l’élection a été repoussée à maintes reprises ? L’interrogation est d’autant légitime avec les derniers remous politiques relatifs à une disposition de la Constitution de ce pays qui a fait l’objet de discussions entre les acteurs politiques à Ouagadougou, sous l’égide du chef de l’Etat burkinabè, Blaise Compaoré, facilitateur du dialogue intertogolais.
Le point de discorde entre les acteurs politiques : « Le scrutin uninominal majoritaire à un tour », suivant la loi fondamentale, qui permet d’élire le président de la République « à la majorité des suffrages exprimés ». En tout cas, depuis le mardi 17 novembre 2009, les deux principaux partis de l’opposition togolaise, l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio et le Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Yawovi Agboyibo, donnent encore de la voix.
Menaçant de boycotter la présidentielle si elle ne se déroule pas à deux tours, ils en ont appelé à la mobilisation des forces vives du Togo pour refuser le scrutin uninominal majoritaire à un tour comme le dispose la Constitution du pays, modifiée en 2002. Que de boulot pour le facilitateur du dialogue intertogolais, Blaise Compaoré ! En tout cas, les obstacles sont toujours là, et on a l’impression que chaque fois qu’un problème est réglé, il se dresse d’autres sur le chemin du processus de paix au Togo.
L’exigence du mode de scrutin à deux tours pour la tenue de la présidentielle en est une autre équation à plusieurs inconnues que Blaise Compaoré, le docteur ès facilitations, doit s’atteler à résoudre. Il est indéniable que la revendication de l’opposition togolaise est légitime. C’est le lieu de le souligner avec force, car partout où il y a eu un scrutin à un tour, les candidats aux affaires sont toujours passés.
Le cas récent d’Ali Bongo au Gabon en est illustratif, avec seulement 41,79% des suffrages devant ses deux principaux challengers que sont Pierre Mamboundou (25,64) et Mba Obame (25,22). Le fils d’Omar Bongo a donc été élu sans avoir gagné en réalité le scrutin, parce que ses adversaires réunis comptaient plus de 50%. La revendication de l’opposition togolaise, reconnaissons-le, est assez importante.
Quels que soient les qualificatifs positifs qu’on collera à la présidentielle - candidature unique, élections transparentes, etc. - si le mode de scrutin est à un tour, il ne faut pas se faire d’illusions, Faure Gnassingbé ne manquera pas du minimum électoral pour remporter l’élection. Il y a donc un blocage certain et le facilitateur, après la Côte d’Ivoire et la Guinée, va devoir mettre la main dans le cambouis pour dénouer la situation. La question qu’on peut se poser, c’est de savoir si la majorité va lâcher du lest.
Dans tous les cas, à moins de choisir de se faire hara-kiri, l’opposition, qui a eu la preuve de sa force aux législatives passées en réunissant ensemble 1 059 725 des suffrages contre 922 636 au RPT, parti au pouvoir, ne peut pas s’amuser à admettre ce genre de concessions. C’est accepter le coup K.-O., comme c’était le cas sous Gnassingbé père.
Hamidou Ouédraogo
lobservateur
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Crise guinéenne Faut-il désespérer de la médiation ?
L'observateur paalga 20 novembre 2009
On ne se lassera pas de le répéter : que va faire le facilitateur Blaise Compaoré pour arracher un modus vivendi entre les protagonistes de la crise guinéenne ? Question lancinante, tant coalition des Forces vives et junte au pouvoir affichent, depuis, des positions diamétralement opposées.
L’une, rappelons-le, fait du départ du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) au pouvoir la mère de toutes ses revendications, l’autre, qui ne veut pas en entendre parler, concède la formation d’un gouvernement d’ouverture que pilotera un Premier ministre de consensus. Après un premier round de rencontres séparées avec le président Compaoré au cours desquelles chacune des deux parties a décliné ses desiderata, représentants des Forces vives et mandataires du CNDD sont de retour chez le facilitateur, à qui ils ne facilitent pas du tout la tâche. L’intransigeance des uns et l’arrogance des autres constituant des postures qui annihilent tout effort de sortie de crise.
Et au moment où s’ouvre cette deuxième série de consultations, certainement pas la dernière, aucune lueur d’espoir ne pointe de cette éclipse de la raison et du réalisme qu’est devenue la scène politique guinéenne. Pire, si quelque chose s’est produit entre-temps, cela s’est fait dans le sens contraire des attentes du médiateur. En effet, à quelques jours de l’ouverture des présents pourparlers, on apprend, avec effroi, la création d’un nouveau parti, l’Union guinéenne pour la démocratie (UGD), dont l’inspirateur n’est autre que le capitaine Moussa Dadis Camara.
Celui-là même dont les errements, l’inconstance, les penchants tyranniques et la boulimie du pouvoir sont à l’origine de l’aventure présente qui prévaut dans le Château d’eau de l’Afrique de l’Ouest. Celui-là donc à qui l’opposition montre du doigt la caserne pour qu’il y retourne et, surtout, y demeure. Aussi apprend-on que les deux délégations seront reçues séparément par le Facilitateur pour la présentation de son projet de cadre de dialogue. A quand véritablement les pourparlers interguinéens ?
Quand est-ce que les choses sérieuses vont commencer ? Blaise Compaoré, on le constate, a opté de cheminer lentement vers la sortie de crise. On espère qu’il y va sûrement. Au moment où nous bouclions le présent éditorial, rien n’avait filtré de ces consultations à huis clos. Mais en attendant, quelle thérapeutique le docteur honoris causa de la clinique de Kosyam va-t-il prescrire ? Un médicament placébo ou un traitement de cheval ?
La solution par le placébo consistera, quelles qu’en soient les mesures d’accompagnement, comme la formation d’un gouvernement d’ouverture et la nomination d’un Premier ministre de consensus, à offrir la possibilité au chef de la junte de se présenter à la prochaine présidentielle. Et pendant que nous y sommes, quel Premier ministre peut travailler librement sous la présidence d’un homme aux manières cavalières, à l’humeur imprévisible, enclin à l’improvisation ? Aucun !
La guérison par le traitement de cheval consistera, quant à elle, à mettre sur la table la dissolution du CNDD et le retrait pur et simple de son numéro 1 de la scène politique. Une éventualité qui rejoint la position de l’Union africaine, laquelle avait lancé un ultimatum à Dadis pour qu’il renonce à sa candidature. Le facilitateur osera-t-il aller à contre-sens de l’exigence de l’institution communautaire ?
On le voit, quelle que soit la prophylaxie, la pilule sera difficile à avaler dans un camp comme dans l’autre. Faut-il alors désespérer de la facilitation actuelle et verser dans la résignation selon laquelle « de toute façon il n’y a pas de crise sans fin » ? Le problème est avant tout guinéen et la solution ne procédera que de la volonté des Guinéens. La Guinée sera ce que ses fils actuels veulent qu’elle soit.
Par Alain Saint Robespierre
lobservateur
09:43 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, blaise compaoré, moussa dadis camara