09 décembre 2009
BURKINA FASO / LIMITATION DU MANDAT PRESIDENTIEL
"Blaise ne doit pas être le problème mais la solution"
Le débat sur la clause limitative des mandats présidentiels au Burkina est engagé. Dans l’analyse ci-dessous, ce doctorant en droit public apporte son grain de sel.
Depuis quelque temps, l’actualité nationale est dominée par le débat sur la clause limitative des mandats de l’article 37 de la Constitution du 2 juin 1991. Cette question n’est pas nouvelle puisqu’elle a suscité une controverse lors de la candidature du président Compaoré aux élections présidentielles de 2005. Cela dit, il est à déplorer les insuffisances de certaines opinions dans le débat actuel. A titre illustratif, les invités de l’émission "le débat" de la télévision Canal 3 de ce samedi 21 novembre 2009, n’en faisant point exception, ne nous ont pas évité ces points de vue approximatifs sur le sujet. Il nous semble opportun de rappeler que si l’appropriation de la Constitution est incontestablement souhaitable, seules les personnes qui maîtrisent la science du droit et les grands courants actuels du droit constitutionnel peuvent se prononcer sur certaines questions hautement techniques, en raison surtout de l’internationalisation du droit constitutionnel. En guise de comparaison, nous faisons observer que si tout le monde peut parler du cancer ou du Sida, peu d’individus en sont qualifiés pour le traitement en dehors des médecins et autres tradipraticiens. C’est bien pourquoi le verset 66 de la sourate 3 du Saint Coran interpelle le genre humain en ces termes : « Mais pourquoi discutez-vous des choses dont vous n’avez aucune science ? ».
Pour commencer, le devoir moral nous impose d’avouer que notre présent propos se veut être uniquement une synthèse des développements récents sur la limitation des mandats présidentiels. A vrai dire, des développements fort intéressants ont été déjà menés sur la question, notamment celui du professeur Loada sur la limitation du nombre des mandats présidentiels en Afrique francophone paru dans la revue électronique Afrilex n°03 de 2003. Si les débats passionnés sont encore nourris sur la clause limitative des mandats, nous semble-t-il, c’est bien parce que des faits nouveaux sont intervenus sans avoir nécessairement hélas une forte charge juridique. Quels sont ces faits ? Ils sont principalement au nombre de trois. Ce sont :
la décision N° 2005-007/CC/EPF/ du 14 octobre 2005 du Conseil constitutionnel du Burkina Faso sur le recours en annulation de la candidature du président Compaoré à l’élection présidentielle de 2005. Ce fait nous paraît nouveau parce qu’il est intervenu pour mettre fin à la controverse constitutionnelle qui avait cours avant les élections présidentielles de 2005. Il vient donner la position du juge constitutionnel burkinabè sur l’application de la loi constitutionnelle portant révision de la clause limitative des mandats présidentiels contrairement au débat précédent qui en était dépourvu ;
l’adoption de la Charte africaine pour la démocratie, des élections et la bonne gouvernance du 30 janvier 2007 et le vote de l’autorisation de ratification par notre parlement ;
la médiation du président Compaoré dans la crise ivoirienne. Procédons ensemble à l’examen de ces faits. Le lecteur voudra nous excuser la rapidité de notre analyse qui se veut brève pour des raisons purement techniques.
Le Conseil constitutionnel burkinabè, dans la décision sus-citée, a développé un certain nombre d’arguments pour rejeter le recours des requérants et validé par la suite la candidature du président Compaoré. Dans sa démarche, il a développé une série d’argumentations qui nous conforte dans l’idée que l’article 37 peut être modifié pour permettre au candidat Compaoré de se présenter ad vitam aeternam. Les principaux arguments du Conseil étaient au nombre de trois : la loi n’a point d’effet rétroactif, elle ne vaut que pour l’avenir ; l’esprit de la Constitution s’apprécie en fonction de la volonté du législateur du moment (des députés votant) ; la loi peut voir ses effets déférés (voir l’article de Stéphane Bolle, sur la constitution Compaoré pour de plus amples informations).
Il découle de cette décision que le juge constitutionnel burkinabè a volontairement choisi dans une attitude self-restreinte de neutraliser sa fonction d’interprète de la Constitution, récusant par là même, sa fonction de pouvoir constitué. De ce fait, en cas de nouvelle révision de la Constitution, le Conseil ne pourra guère se dédire puisque la loi n’a point d’effet rétroactif. De la sorte, une loi constitutionnelle pourra être adoptée pour lever la clause limitative ou la durée du mandat. Manifestement, le juge constitutionnel s’est enfermé dans un raisonnement circulaire dont il pourra se défaire difficilement même s’il peut toujours procéder à une lecture évolutive d’une même question.
Ce que prévoit la Charte de l’UA
Le second fait pose quant à lui la question de l’incidence d’une limitation du droit international ou régional sur la fonction constituante. Sur le pouvoir constituant originaire, une limite externe n’a aucun effet. En revanche, sur les pouvoirs constitués (parlementaires et juges constitutionnels) la question est plus nuancée.
Quelles limites à la révision constitutionnelle prévoient la Charte de l’Union africaine sur la démocratie, des élections et de la bonne gouvernance ? Deux principalement aux articles 10 et 23 contrairement à ce que disaient les invités de Canal 3 qui n’en voyaient aucune véritablement.
Article 10 : « Les Etats parties doivent s’assurer que le processus d’amendement ou de révision de leur Constitution repose sur un consensus national comportant, le cas échéant, le recours au référendum ». Article 23 al 5. « Les Etats parties conviennent que l’utilisation, entre autres, des moyens ci-après pour accéder ou se maintenir au pouvoir constitue un changement anticonstitutionnel de gouvernement et est passible de sanctions appropriées de la part de l’Union :…Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui portent atteinte aux principes de l’alternance démocratique ».
Souffrez que nous ne fassions pas un commentaire de ces articles. Deux courants doctrinaux s’affrontent sur l’incidence des instruments internationaux. Sur les règles internes. Les partisans de la force obligatoire des instruments internationaux considèrent que l’adhésion des Etats à une règle internationale est un engagement contraignant dont ils ne peuvent se défaire. Ce courant est celui qui rencontre nos faveurs. A propos, notre pays qui a été le troisième pays à ratifier la charte sus visée ne peut refuser de lui assurer une pleine efficacité en droit burkinabè.
Quant aux partisans de l’effet relatif des règles internationales, ces limites n’ont qu’un effet relatif puisque la violation de la règle internationale n’entraîne que la mise en jeu de la responsabilité de l’Etat au niveau international (sanctions politiques et financières). Au demeurant, elles ne conditionnent pas la validité de la révision constitutionnelle au niveau interne. Autrement dit, la révision peut être contraire au niveau international et être valable au niveau interne si elle respecte la seule limite procédurale que la technique de la double révision peut d’ailleurs mettre en échec. Il ne faut pas, pour ce faire, se méprendre de l’influence réelle du droit international sur le droit interne. Un pays comme le Burkina Faso ne peut pas se permettre le luxe de se priver de l’aide internationale. Le Togo et le Niger en savent quelque chose. Le président Tandja Mamadou qui a bravé toute la communauté pour adopter sa nouvelle Constitution, est en train de déchanter, convaincu qu’il est que la suppression de l’aide européenne et la suspension des instances de la CEDEAO seront préjudiciables pour son pays qui fait depuis 1990, date d’instauration du classement du PNUD, cavalier seul en queue de peloton. Juridiquement donc, on peut parler de l’effet relatif des instruments internationaux, mais économiquement et politiquement cela est moins sûr.
Venons-en au troisième élément qui reste pour nous le plus pertinent, celui de la médiation du président Compaoré. Fort appréciable est la médiation du président Compaoré dans les crises politico-militaires dans les pays de la sous-région. Hier au Niger et au Mali, aujourd’hui ce sont la Côte d’Ivoire, le Togo et la Guinée qui bénéficient des qualités indéniables de médiateur du président Compaoré. Le simple observateur de l’actualité politique encore honnête doit admettre que l’on n’a point besoin d’être du CDP ou de la FEDAP/BC pour reconnaître les qualités de négociateur de l’homme, lesquelles dépassent largement les frontières de notre sous-région. Trêves d’éloges, revenons au droit. Quel lien établir entre ces médiations, notamment celle ivoirienne, et l’éventuelle révision de l’article 37 de la Constitution ?
"Le président Compaoré surfe sur une dynamique favorable"
Quel enseignement le principal artisan, le garant de l’efficacité et de l’interprétation d’un accord politique à contenu juridique, peut-il en inférer comme valeur ajoutée pour faire valoir chez lui ? Un à notre avis. Celui de respecter les règles internationales. Ne dit-on pas que qui peut le plus peut le moins ? Le président qui a fait plier l’échine au président Laurent Gbagbo, auteur du désormais célèbre obiter dictum selon lequel « chaque fois que l’accord de Marcoussis sera contraire à la Constitution, j’appliquerai la Constitution de la Côte d’Ivoire », effectuera le service minimum, nous en somme convaincus.
Le président Gbagbo, dans les deux ordonnances portant respectivement sur la liste des candidats à la présidentielle et sur le réajustement du code électoral pour les élections générales de sortie de crise, s’est référé à l’accord de Ouaga, de Linas Marcoussis. De même, le Conseil constitutionnel ivoirien, malgré les appréhensions de certains journalistes, a, dans les deux décisions sur les dossiers de candidature et sur la liste des candidats, emprunté la même démarche dans son visa. Se référant même à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples de 1981. Pourquoi le président Compaoré qui use de ses talents pour assurer l’effectivité du droit international ne fera pas mieux ? Suivez mon raisonnement… N’oublions jamais que sa légitimité de médiateur, le président Compaoré la tire du Conseil de sécurité des Nations unies, des organes exécutifs de l’Union africaine et de la CEDEAO.
En guise de conclusion, il nous paraît plus que nécessaire de faire observer que les limites juridiques intra ou extra constitutionnelles ne peuvent en aucun cas empêcher un président de réviser la Constitution pour se représenter indéfiniment s’il décide autrement. C’est pourquoi le doyen Roussillon écrivait dans les petites affiches de janvier 2009 que la limitation des mandats est inutile. Cela d’autant plus que, le relève le doyen Jean Du Bois de Gaudusson, le constitutionnalisme sans culture constitutionnelle n’est que ruine du constitutionnalisme.
Le président Compaoré surfe déjà sur une dynamique favorable (les sympathies accumulées) qu’il ne devrait en aucun cas négliger en vue de son entrée au panthéon de l’histoire de notre pays et de l’Afrique, et cela, pour le plus grand plaisir de ceux qui, comme nous, apprécient et encouragent ses nombreuses médiations qui donnent de la visibilité à notre pays. Le président Compaoré ne doit pas être le problème, mais plutôt la solution afin de nous épargner les vicissitudes des missions de facilitation. La solution de créer une fondation pour la paix pour mener la recherche sur les méthodes de médiation du président Compaoré est une ingénieuse idée qu’il faut soutenir. Elle pourra contribuer à ancrer dans l’histoire ses apports à la recherche et à la consolidation de la paix. Cette idée ne pourra véritablement prospérer que si le Seigneur fait que notre président entende la voix des sirènes.
Séni Mahamadou OUEDRAOGO Doctorant en droit public
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23 novembre 2009
Le CGD et la révision constitutionnelle : Touche pas à mon article 37
L'observateur paalga 23 novembre 2009
Nous ne sommes pas encore en 2015, année à l’issue de laquelle Blaise Compaoré ne peut plus, selon les dispositions constitutionnelles, se représenter. Mais le débat sur une possible révision de la loi fondamentale burkinabè se mène aussi bien dans la presse, les milieux politiques qu’au sein de la société civile. A travers les échanges qu’il a organisé le jeudi 18 novembre 2009 sur “La limitation du nombre de mandats présidentiels en Afrique : cas du Burkina”, le Centre pour la gouvernance et la démocratie (CGD) a montré l’intérêt qu’il y avait à ne pas toucher à l’article 37, ou, en cas d’une éventuelle révision, dans quel sens on pourrait le faire.
Leaders de partis de politiques et d’associations de la société civile, universitaires, hommes de médias ont répondu présent à l’appel du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD). Sujet à débat, le dialogue hautement intellectuel et démocratique sur la limitation du nombre de mandats présidentiels en Afrique, précisément au Burkina.
En choisissant d’échanger sur ce sujet bien en vogue ces derniers temps, le CGD, à travers son premier responsable, Augustin Loada, a précisé d’emblée qu’il n’est contre aucun leader politique, encore moins Blaise Compaoré. En tant qu’institution de veille de la bonne gouvernance, il a jugé nécessaire d’entretenir les acteurs politiques et intellectuels sur ce débat national. Et là-dessus, la position du CGD est sans équivoque : il faut bien limiter les mandats présidentiels. Pas simplement pour faire dans l’imitation.
Parce que cela participe du renforcement de la démocratie en évitant par exemple que sous le prétexte fallacieux de “terminer ses chantiers”, des chefs d’Etat soient accrochés au pouvoir pendant 20, 30 ou 40 ans. Avec comme conséquences évidentes l’aggravation de la pauvreté, la violation massive des droits humains, les conflits de succession, voire la guerre civile. L’usure du pouvoir, on le sait, empêche inéluctablement d’innover dans la résolution des problèmes des peuples.
Toutefois, si le Centre pour la gouvernance et la démocratie ne fait pas de la révision la constitution un tabou, il n’en demeure pas moins qu’il voudrait que ce remaniement se fasse dans le bon sens, en prenant en compte l’intérêt général et supérieur de la Nation. Et Augustin Loada d’égrener quelques règles de bonne conduite en matière de révision de la loi fondamentale : organiser un large débat sur la question, éviter que ceux qui revisent en tirent profit, respecter les règles techniques ainsi que la Charte africaine adoptée en 2008 par notre Assemblée nationale, et qui stipule que les révisions constitutionnelles doivent recueillir le consensus.
Si ces conditions légales et éthiques sont réunies, l’éminent professeur estime que les points suivants de la Constitution peuvent être revus : l’article 37, ou la Constitution tout court, pour lesquels il propose de prendre une clause qui interdise leur modification. Il note également en bonne place le statut des chefs coutumiers, la nomination du président du Conseil constitutionnel par le président du Faso, le chef de l’Etat qui est en même temps le chef suprême de la magistrature. Des réalités qui entravent, selon lui, le bon fonctionnement de notre jeune démocratie.
En parlant de la limitation des mandats présidentiels, le Pr Loada n’a pas trouvé meilleure illustration que les propos de personnalités comme Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies, qui s’adressait aux chefs d’Etats africains en ces termes : “Il n’est pas de plus grande sagesse, de marque plus évidente du sens de l’Etat que de savoir, le moment venu, passer le flambeau à la génération suivante. Et des gouvernements ne devraient pas manipuler ou modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir au-delà des mandats prescrits qu’ils ont acceptés lorsqu’ils ont pris leurs fonctions...”.
C’est pourquoi le professeur invite les parlementaires, les partis politiques, la société civile, les syndicats, les intellectuels et les journalistes à se mobiliser pour faire échec à toute tentative de remise en cause de la limitation du nombre de mandats présidentiels. Une prise de position du CGD a rencontré l’assentiment de l’assistance, surtout les leaders politiques qui espèrent, eux-aussi, gérer un jour, c’est leur droit, les affaires de l’Etat .
Nankoita Dofini
lobservateur
09:42 Publié dans BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cgd, professeur loada, article 37, burkina faso
21 novembre 2009
Pourparlers inter-guinéens à Ouagadougou
L'opposition guinéenne a rejeté ce vendredi à Ouagadougou les propositions du médiateur Blaise Compaoré qui autorisent le maintien au pouvoir du capitaine Dadis Camara. Pour les Forces vives, « les préoccupations fondamentales du peuple guinéen n'ont pas été prises en compte ».
Dans son dernier rapport, le président burkinabé Blaise Compaoré donne la possibilité au capitane Moussa Dadis Camara de rester en place, et de se présenter à la présidentielle. Le chef de la junte serait à la tête d'un Conseil national de transition (CNT), pour une période de dix mois. Le Premier ministre serait issu des Forces vives et ces dernières n'apprécient pas. L'opposition guinéenne semble furieuse.
Dans une déclaration rendue publique, vendredi après-midi à Ouagadougou, les Forces vives rejettent le projet d’accord politique que le médiateur Blaise Compaoré leur a proposé jeudi. La délégation de l’opposition guinéenne dit « se réserver le droit – après consultation de sa base en Guinée – de se prononcer quant à sa position par rapport à la médiation ». Que faut-il entendre par-là ? Est-ce à dire que les Forces vives iraient jusqu’à récuser le médiateur Blaise Compaoré ? On n’en est pas encore là, mais le choc est perceptible, après ce que certains membres des Forces vives ont eux-mêmes appelé « le coup de massue » qu’ils ont reçu, avec les propositions du médiateur.
« Les préoccupations fondamentales de la population guinéenne n’ont pas été prises en compte, avec le projet d’accord politique », ont écrit les Forces vives dans une lettre qu’elles ont transmise au médiateur. Cette lettre a été envoyée également aux représentants de l’Union africaine (UA), des Nations unies et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui assistaient le médiateur.
Y aura-t-il une rencontre entre le président burkinabé et l’opposition guinéenne après cette réaction des Forces vives ? On parle d’un probable rendez-vous, samedi, selon certaines sources. Mais, dans l’incertitude et la déception, certains leaders s’apprêtent dejà à quitter Ouagadougou dès samedi matin.
| L’opposition guinéenne veut une explication de texte |
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Après avoir reçu leurs réactions hier soir, le médiateur devrait rencontrer ce samedi les Forces vives. Sans doute, devrait-il y avoir une explication de texte entre Blaise Compaoré ou ses collaborateurs et l’opposition guinéenne. Celle-ci juge le document proposé par le président burkinabè trop favorable à la junte au pouvoir en Guinée.
Dans une déclaration rendue publique vendredi 20 novembre, les Forces vives ont rejeté en bloc le texte de la médiation. Et aussitôt, elles ont reçu à leur hôtel la visite du ministre burkinabè des Affaires étrangères et de la Coopération régionale. Une réunion qualifiée d’informelle mais qui n’a pas changé la position des leaders de l’opposition guinéenne. Certains d’entre eux quittent Ouagadougou dès ce samedi avant même la dernière rencontre prévue avec Compaoré.
Tous se disent déçus par le texte du médiateur, et pourtant « ce n’est qu’un premier jet qui ne lie personne pour l’instant », réagit Alain Yoda, ministre burkinabè des Affaires étrangères. « Même si c’est un membre du CNDD qui reste à la tête de l’Etat », explique-t-il, l’essentiel des pouvoirs est concentré dans les mains d’un Premier ministre de transition proposé par les Forces vives ». |
22:09 Publié dans AFRIQUE, BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : burkina faso, guinée, blaise compaoré
19 novembre 2009
INDICE DE PERCEPTION DE LA CORRUPTION 2009 : Le Burkina au 79e rang
L’organisation internationale de lutte anti-corruption Transparency International (TI) publie ce 17 novembre 2009, son Indice de perception de la corruption (IPC) 2009. Cette année, le Burkina Faso améliore d’un dixième de point son score par rapport à 2008. Avec un indice de 3.6, il se classe 79e sur 180 pays.

Depuis 1995, l’IPC de Transparency International établit un classement des pays du monde en fonction de la perception du niveau de corruption. Cet indice est le résultat d’une enquête conduite auprès d’experts, d’institutions internationales, de femmes et d’hommes d’affaires, etc. afin de recueillir leur perception de la corruption au cours des deux dernières années. L’IPC 2009 a été calculé sur la base d’informations se rapportant à 2008 et 2009. Elles ont été collectées par 13 enquêtes provenant de 10 institutions indépendantes. Il mesure l’ampleur globale de la corruption dans les secteurs publics et politiques.
La Nouvelle Zélande, le Danemark, Singapour, la Suède et la Suisse occupent respectivement les cinq premières places des pays les moins corrompus tandis que l’Irak, le Soudan, le Myanmar, l’Afghanistan et la Somalie occupent respectivement les cinq dernières places des pays où se pratique le plus la corruption. On remarque à travers ce classement que se sont les populations des pays en guerre qui sont les premières victimes de la corruption. En Afrique subsaharienne, le trio Botswana, Ile Maurice et Cap Vert arrive en tête des pays les moins corrompus comme en 2008. Le Burkina Faso est à la 8e place des pays d’Afrique subsaharienne où la corruption se pratique le moins. Dans le top dix des pays les moins corrompus, le Burkina Faso est le premier et seul pays de l’espace UEMOA et le 3e de l’espace CEDEAO après le Cap Vert et le Ghana. Sur le plan mondial, le Burkina Faso se place au 79e rang parmi les 180 pays couverts par l’enquête. Il améliore ainsi légèrement son indice qui était de 3.5 en 2008. Au cours de ces deux dernières années, les facteurs ci-après ont certainement influencé positionnement ce score du Burkina Faso : l’engagement anti-corruption dans de nombreux discours des premiers responsables du pays à savoir le président du Faso et le Premier ministre, la publication par les structures étatiques de veille et de contrôle ainsi que par les organisations de la société civile de lutte anti-corruption de leurs rapports d’activités avec une forte médiatisation, les campagnes de sensibilisation développées à grande échelle en direction de plusieurs acteurs de la vie nationale et l’amélioration du climat des affaires par la réduction des délais de création d’entreprise.
Toutefois, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Ce classement est une perception instantanée de la situation de la corruption au Burkina Faso. La méthodologie utilisée par TI repose sur une marge d’erreur de 10%. Il y a 5% de probabilité que l’IPC réel du Burkina soit inférieur à l’IPC estimé, et 5% de probabilité pour qu’il lui soit supérieur. Plus les informations collectées sont fiables ou plus leurs sources sont nombreuses, plus l’écart entre l’IPC estimé et l’IPC réel sera faible. S’il y avait une erreur de surestimation, de l’indice de 5%, l’indice réel du Burkina aurait été égal à 2.8, le classant 111e sur 180 au même niveau que l’Algérie, Djibouti, l’Egypte, l’Indonésie, le Kiribati, le Mali, Sao Tome et Principe, les les Salomon et le Togo. Par contre une erreur de sous-estimation de 5% aurait porté cet indice à 4.4 et le Burkina se serait classé 61e ex aequo avec Cuba et la Turquie. Tous les intervalles de confiance à 90% construits pour l’indice réel du Burkina se chevauchent, montrant que les variations observées dans son estimation sont simplement le résultat des fluctuations d’échantillonnage, sans aucune évolution positive ou négative significative.
La corruption affecte tous les secteurs d’activités au Burkina Faso. Elle tend à s’établir comme une norme dans le processus d’offre et de demande de services dans les administrations. La politique d’impunité, l’absence de sanctions dissuasives frappant principalement les auteurs de la grande corruption conduisent nécessairement à de telles situations. Au Burkina Faso, c’est la volonté politique pour combattre la corruption qui manque le plus. Les Burkinabè attendent toujours un signal fort de la part des premiers responsables.
Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) Numéro vert : 80 00 11 22. Site web.www.renlac.org
10:57 Publié dans AFRIQUE, BURKINA, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : burkina faso, corruption
12 novembre 2009
Indice de développement humain de 2009 : La variable Education tire le Burkina vers le bas
L'observateur paalga 12 novembre 2009
Le rapport mondial sur le développement humain 2009 du Programme des Nations unies pour le développement a été lancé dans notre pays le 11 novembre 2009. Ledit rapport classe le Burkina Faso 177e sur 182 pays. Un rang peu honorable du fait notamment de la variable Education et plus précisement l’alphabétisation et l’enseignement secondaire.

"Lever les barrières : mobilité et développement humain", c’est le thème du rapport mondial sur le développement humain 2009 publié par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Il récuse les stéréotypes négatifs décrivant les migrants comme "volant nos emplois" ou "vivant au dépend du contribuable".
Il démontre que les craintes et les autres effets négatifs sur le développement que suscite la migration de main d’œuvre qualifiée sont souvent exagérés. Même quand elles sont justifiées, il existe plus de solutions efficaces que les barrières à l’immigration.
L’étude au regard des avantages de l’immigration, a fait des recommandations : libéraliser et simplifier les canaux habituels permettant aux personnes faiblement qualifiées de chercher du travail à l’étranger ; garantir des droits élémentaires aux migrants ; réduire les coûts de transactions de la migration ; améliorer les résultats pour les migrants et les communautés d’accueil, récolter les bénéfices de la mobilité interne et intégrer la mobilité aux stratégies de développement. Au sujet de la classification des pays, la Norvège vient en tête des pays qui ont un développement humain très élevé.
Le Burkina Faso est classé 177e sur 182 pays dont la queue est tirée par le Niger. Notre pays est donc devant cinq pays que sont le Mali (178e), la République centrafricaine (179e), la Sierra Leone (180e) ; l’Afghanistan (181e) et le Niger (182e).
Les indices auxquels les rédacteurs du rapport sont parvenus reposent sur les données de 2007. Au Burkina, l’IDH en 2007 est évalué à 0,389 soit une évolution positive depuis 1975 et de 0,267 avec une progression de près de 46% sur la période.
Selon le coordonateur du Système des Nations unies, Babacar Cissé, cette évolution est imputable :
aux efforts dans l’éducation primaire entraînant une hausse de scolarisation de près de 20% en dix ans ;
à l’amélioration de certains indicateurs intermédiaires de santé dont l’accès à l’eau, l’insuffisance pondérale des enfants de moins de 5 ans, la mortalité infantile qui ont un effet direct sur l’espérance de vie ;
au coût de la vie relativement bas comme le démontre le Produit intérieur brut en parité de pouvoir d’achat (PPA).
Cependant, avec les taux de scolarisation (32,8%) et d’alphabétisation (28,7%) qui sont parmi les plus bas au monde, notre pays ne peut avoir meilleur classement. "La variable Education et plus précisement l’alphabétisation et l’enseignement secondaire tirent le pays par le bas", a fait remarquer le représentant résident du PNUD.
Il est donc impérieux que ces défis soient intégrés dans la nouvelle Stratégie de croissance accélérée de développement durable (SCADD).
Abdou Karim Sawadogo
lobservateur
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15 octobre 2009
15 octobre 1987 : 22 ans déjà !
L'observateur paalga 15 octobre 2009
15 octobre 1987-15 octobre 2009 : 22 ans que le capitaine Thomas Sankara a été assassiné et 22 ans également que Blaise Compaoré est assis sur le fauteuil du pouvoir suprême. Qu’est-ce qui n’a pas été dit depuis ces deux décennies sur cette page de notre histoire que les Burkinabè ne connaissent pas déjà ? Pratiquement rien, puisque des acteurs proches ou lointains du Conseil national de la Révolution (CNR) ont au fil du temps fait des révélations vraies ou fausses sur ce jour spécial.
Ainsi régulièrement ou plutôt à certains anniversaires de cette date, un Alouna Traoré, le seul rescapé du carnage du conseil de l’entente, donne sa version des faits. Valère Somé, un ami du père la Révolution, penche pour la thèse du complot prémédité (1).
Ludo Martens met ces mots dans la bouche du colonel Gilbert Dienderé, l’actuel chef d’état-major particulier de Blaise : « Nous savions que Sankara avait une réunion à 16 h et nous avons décidé d’aller l’arrêter là-bas... (NDLR :au pavillon Haute-Volta du Conseil de l’Entente)... Sankara tenait comme toujours un pistolet automatique à la main, il a immédiatement tiré et tué un des nôtres. A ce moment, tous les hommes se sont déchaînés, tout le monde a fait feu et la situation a échappé à tout contrôle »(2).
Jacques Foccart, présenté comme l’homme des réseaux de la Françafrique, s’était confié au journaliste écrivain en ces termes : « Kadhafi a envoyé des armes à Sankara et lui a dit : maintenant tu ne dois plus attendre, tu dois te débarrasser de Blaise... ». Ce dernier, deux semaines après les évenements du 15, s’était confié à Jeune Afrique en ces termes : « C’est pour avoir voulu nous liquider, Jean-Baptiste Lingani, Henri Zongo et moi qu’il s’est fait abattre par les soldats qui me sont fidèles... » (3).
Bref 22 années après, les deux célèbres thèses continuent à avoir cours : Sankara préparait un coup à 20 heures le 15 octobre, c’est la version, bien sûr, des tenants du pouvoir ; Blaise a prémédité son coup depuis longtemps, soutiennent, par contre, les orphelins du patron du CNR.
La commémoration des 20 ans de cet assassinat de Sankara il y a deux ans (à laquelle sa veuve, Mariam a assisté) concomitamment avec celle célébrant les 20 ans de renaissance démocratique avec Blaise Compaoré fut d’ailleurs l’occasion de montrer à la face du monde qu’au Burkina la parenthèse Sankara n’est pas encore fermée pour certains, notamment les Sankaristes et tous ceux qui partagent son idéal, comme l’a montré l’immense foule qui a accompagné Mariam Sankara dans son pèlerinage au cimetière des Martyrs en octobre 2007.
22 années après,les sankaristes continuent à s‘étriper même s’il y a souvent des embellies avec des tentatives de regroupement, qui font long feu. En tout cas, signe des temps, en cet octobre 2009, c’est bien à un sankariste qu’a échu le titre de chef de file de l’opposition. Enfin un cadre institutionnel dans lequel l’opposition pourra agir selon des droits et des devoirs à lui reconnus ? Sans doute, puisque la loi y relative date de 2000, et de toilettage en toilettage, elle est aujourd’hui assez claire.
Pendant longtemps, l’une des faiblesses criardes de l’opposition a été son introuvable unité. De Me Hemann Yaméogo à Me Beninwendé Sankara, beaucoup d’encre et de salive a coulé tant dans le camp du pouvoir que dans celui des opposants. Le patron de l’UNIR/PS réussira-t-il là où ses devanciers ont échoué ? Il a en tout cas beaucoup de cartes en main, et s’il sait manœuvrer, il pourra ratisser large. Certes des opposants font entendre déjà des voix discordantes, mais, dans l’ensemble, l’homme part avec un préjugé favorable.
Pourvu que ses collègues opposants le poussent et que lui aussi à labour se montre efficace, c’est à ce prix que l’unité de l’opposition ne sera plus une arlésienne.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
Notes :
(1) : in Thomas Sankara,un espoir assassiné de Valère Somé.
(2) : in Sankara, Compaoré et la révolution burkinabè de Ludo Martens.
3) in Jeune Afrique du 4 novembre 1987.
lobservateur
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10 octobre 2009
Burkina Faso : Pour affronter le réchauffement climatique, l'Afrique réclame 65 milliards de dollars
Deux mois avant le sommet crucial de Copenhague, l'Afrique, continent le plus vulnérable au réchauffement du climat, a placé la barre très haut en estimant vendredi à Ouagadougou avoir besoin de 65 milliards de dollars pour faire face aux nouveaux défis climatiques.
L'Afrique a besoin de 65 milliards de dollars (44 milliards d'euros) pour faire face aux changements climatiques, a indiqué vendredi le président du comité d'organisation du 7ème Forum mondial sur le développement durable, Salifou Sawadogo.
"Nous pensons qu'il faut 65 milliards de dollars pour pouvoir faire face, d'un point de vue continental, à ces phénomènes de changement climatique. C'est dire que nos attentes sont très importantes", a ajouté Salifou Sawadogo, également ministre burkinabè de l'Environnement.
Il s'exprimait en marge de l'ouverture à Ouagadougou du 7ème Forum mondial sur le développement durable consacré aux changements climatiques, organisé deux mois avant le sommet crucial de Copenhague, par le gouvernement burkinabè en partenariat avec les Nations unies et l'Union africaine (UA).
"Nous sommes tous sur la même planète, il y a donc un devoir de solidarité pour permettre aux pays les plus vulnérables, nous autres, de pouvoir conduire des politiques d'adaptation face aux changements climatiques", a-t-il ajouté.
L'Afrique intransigeante
"Dernièrement, le Premier ministre éthiopien (Meles Zenawi) a été catégorique. Si rien n'est fait, l'Afrique quittera la salle" lors du sommet de Copenhague (7 au 18 décembre), a-t-il rappelé. "L'Afrique devrait être entendue et nous n'entendons pas marchander sur quoi que ce soit", a-t-il insisté, tout en relevant toutefois que "pour des négociations, naturellement, il y a des compromis à faire de part et d'autre".
Continent le plus pauvre du monde, très peu industrialisé, l'Afrique et ses plus de 800 millions d'habitants représentent moins de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Et la forêt du bassin du Congo constitue le deuxième "poumon" de la planète avec l'Amazonie. Mais le dérèglement du climat devrait affecter des régions déjà très fragiles, où l'agriculture, qui détient le taux d'irrigation le plus faible au monde, est fortement dépendante des pluies.
L'avancée du désert du Sahara accentuerait également les phénomènes de migration. Ces derniers mois, des inondations en Afrique de l'Ouest, notamment à Ouagadougou où 263 mm d'eau sont tombés en seulement 12 heures le 1er septembre, et une sécheresse historique dans la Corne de l'Afrique ont rappelé la nécessité d'une adaptation rapide du continent.
Equilibre entre pollueurs et payeurs
A Copenhague, "il faut qu'il y ait de l'écoute réciproque", a plaidé Youssouf Ouédraogo, ancien Premier ministre du Burkina et actuellement conseiller spécial du président de la Banque africaine de développement (BAD). "Il ne faut pas qu'il y ait de surdité, il faut que l'Afrique ne sente pas que, finalement, bien qu'elle soit la moins pollueuse, ses avis et ses revendications ne sont pas écoutés, cela serait dangereux", a-t-il averti.
Avec la crise économique, "les ressources des pays développés se sont contractées", a toutefois rappelé le président du conseil d'administration de l'Agence française de développement (AFD), Pierre-André Wilzer. "Et on ne peut pas imaginer que du jour au lendemain, l'an prochain, on va pouvoir augmenter de 50% l'aide au développement mondiale", a-t-il souligné.
Dans un premier temps, "une part importante" de l'aide publique au développement des bailleurs mondiaux, soit entre 130 et 150 milliards de dollars par an, "doit être reconvertie en direction de projets sobres" en énergie polluante, selon lui.
Selon M. Sawadogo, une dizaine de chefs d'Etat africains, le président de la Commission de l'UA Jean Ping, l'ex-président français Jacques Chirac et le ministre français de l'Environnement Jean-Louis Borloo doivent participer à la dernière journée des travaux dimanche.
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06 octobre 2009
Indice de développement humain du PNUD: le Burkina Faso 177e sur 182
Le Burkina Faso mal classé
L’IDH est un indicateur du bien-être de la population, qui mesure le niveau atteint par un pays en termes d’espérance de vie, d’instruction, du PIB par habitant,... Cette année, il a été calculé pour 182 pays et territoires, soit la couverture la plus large à ce jour. Les estimations, qui reposent sur les informations disponibles les plus récentes recueillies par les Nations Unies et d’autres partenaires internationaux, s’appuient sur les données de 2007 (avant donc la crise financière internationale).
Aucun pays africain, et ce n'est pas un scoop, ne figure dans la liste très sélecte des 38 pays où le développement humain est jugé «très élevé». La Norvège, l’Australie et l’Islande occupent les plus hautes marches du podium, suivis du Canada, de l’Irlande, des Pays-Bas, de la Suède, de la France…
La Libye, avec sa 55e place dans la liste des pays au «développement humain élevé», est le pays africain le mieux classé, devant des pays comme Oman, les Seychelles, le Venezuela, l’Arabie Saoudite et le Liban.
Il faut plonger dans les profondeurs de la liste pour découvrir la masse des pays africains qui y pataugent. Avec 22 pays figurant au bas du classement, l’Afrique fait grise mine. Le Burkina, classé avant-dernier dans le rapport 2007-2008 (176e sur 177), occupe cette fois-ci le 177e rang (sur 182), et fait mieux que le Mali, la république centrafricaine, la Sierra Leone et l’Afghanistan. Le Niger, bien que gorgé d’uranium, mais avec un revenu annuel par habitant d’environ 600 dollars et plus de 70% d’adultes illettrés, fait figure de dernier de la classe. Seuls intrus dans cette cohorte de "lanternes rouges", le Timor et l’Afghanistan, qui bien qu’ayant reçu plus de 20 milliards de dollars de l’Occident depuis la chute des talibans en 2001, connaît une forte mortalité infantile.
Il est à noter que dans le même temps, le PNUD a publié son rapport mondial sur le développement humain intitulé «Lever les barrières : mobilité et développement humains», qui tente de démontrer «que la migration peut améliorer le développement humain pour les personnes migrantes, pour les communautés d’accueil et celles de départ».
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20 pays où le développement humain est «très élevé»
1 -Norvège
2- Australie
3 -Islande
4 -Canada
5 -Irlande
6- Pays-Bas
7 -Suède
8 -France
9 -Suisse
10 -Japon
11- Luxembourg
12 -Finlande
13-États-Unis
14- Autriche
15- Espagne
16 -Danemark
17 -Belgique
18 -Italie
19- Liechtenstein
20 - Nouvelle-Zélande
24 pays où le développement humain est «faible»
159- Togo
160 -Malawi
161 -Bénin
162 -Timor-Leste
163 -Côte d’Ivoire
164 -Zambie
165 -Érythrée
166 -Sénégal
167 -Rwanda
168- Gambie
169 -Libéria
170 -Guinée
171- Éthiopie
172 -Mozambique
173 -Guinée-Bissau
174 -Burundi
175 -Tchad
176 -Congo (République Démocratique du)
177 -Burkina Faso
178- Mali
179- République centrafricaine
180- Sierra Leone
181 -Afghanistan
182 -Niger.
Par Désiré T. SAWADOGO
09:19 Publié dans BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : burkina faso, classement pnud, idh
03 octobre 2009
Guinée : Blaise Compaoré facilitateur dans la crise guinéenne

En Guinée, comme à l'étranger, il semble que désormais, on considère que le salut ne peut venir que de l'extérieur. Ce fut d'ailleurs la teneur de l'appel à l'aide lancé tôt vendredi matin par les Forces vives, à l'issue d'une réunion. Appel au Groupe de contact international sur la Guinée, à l'Union africaine et à la CEDEAO pour l'envoi d'une force de paix chargée « de protéger les populations guinéennes contre ses forces armées déchaînées ».
Craignant pour la stabilité de la sous-région, la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, avait, de son côté, demandé la convocation d'une réunion d'urgence de la CEDEAO. L'organisation régionale avait été très prompte à réagir au massacre de lundi en le condamnant et réclamant une commission d'enquête internationale. Cette position a été ensuite reprise par l'ONU.
Résultat : le président en exercice de la CEDEAO, le Nigérian Umaru Yar'Adua a mandaté son homologue burkinabè Blaise Compaoré pour servir de facilitateur dans la crise guinéenne. Une mission que le président Compaoré connaît bien puisqu'il est déjà « facilitateur » dans les crises ivoirienne et togolaise.
Pas question donc d'une force de paix pour le moment. L'heure pour la CEDEAO est à la discussion. Blaise Compaoré devra travailler à relancer le dialogue entre l'opposition et la junte, et tenter de maintenir le cap vers la présidentielle du 31 janvier prochain.
09:15 Publié dans AFRIQUE, BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : burkina faso, guinée, blaise compaoré, moussa dadis camara
16 septembre 2009
Visite d’Etat de Blaise en Côte d’Ivoire : Le mur de glace est complètement brisé
L'Observateur paalga mercredi 16 septembre 2009
A Bobo-Dioulasso le 24 janvier 2007 au quartier Lafiabougou, sous le parvis du pied-à-terre de Blaise Compaoré, le chef de l’Etat burkinabè, son homologue ivoirien déclara : « Je suis venu demander à mon homologue d’être le facilitateur dans le dialogue direct interivoirien, que j’ai initié ».

Propos lâchés après près de 2 heures d’entretien entre les deux présidents. Officialisation de ce qu’avaient décidé les chefs d’Etat de la CEDEAO le 19 janvier à Ouagadougou (Blaise venait d’endosser la tenue de président de cet organe), cette option du fondateur du parti frontiste ivoirien n’en laisse pas moins pantois plus d’un analyste politique.
Quelle mouche avait-elle piqué Gbagbo pour qu’il en vienne à demander au “pyromane” Blaise d’aller éteindre le feu qu’il a allumé via les croquants nord-ivoiriens ? Pourquoi le premier responsable ivoirien venait-il solliciter les bons offices de celui qui, 3 ans auparavant, lui prédisait une fin devant la Cour pénale internationale ? Y avait-il un « deal » politique entre les deux hommes, qui ne voulaient pas se voir en peinture (mais qui, pourtant, se connaissent bien), derrière ce nouveau tournant dans la crise ivoirienne ? En tout cas, cette attitude de Gbagbo a pris de court plus d’une personne. Depuis le déclenchement du « gan-gan » le 19 septembre 2002, les relations entre les deux pays étaient devenues exécrables, et après l’escalade verbale on a, à un certain moment, craint un affrontement.
Raison pour laquelle d’ailleurs de part et d’autre on fourbissait ses armes, car on n’en sait jamais ! Patatra ! survint le conclave de Linas-Marcoussis qui, bien qu’ayant sauvé les apparences, avait dépouillé Gbagbo de toutes ses prérogatives. Car les accords signés au forceps dans la nuit du 23 au 24 janvier 2003 par les 7 partis politiques et les 3 mouvements rebelles et entérinés par la dizaine de chefs d’Etat le 26 janvier confinaient à un coup d’Etat. Et c’en était trop pour Gbagbo : voir les rebelles d’alors adoubés à Kléber, portés aux nues dans cette banlieue parisienne où le XV de France pratique ses entrainements, avouons que c’était suffisant pour rendre le tablier.
Une perspective envisagée par Gbagbo, qui a dû remercier le défunt président gabonais Omar Bongo Ondimba, qui l’en aurait dissuadé à l’époque. Et c’était sûr que cette mise sous tutelle de la Côte d’Ivoire (“suspension” de la Constitution, imposition d’un Premier ministre en la personne d’Elimane Diarra) lui restait en travers de la gorge. Mais c’était sans compter avec la témérité du locataire du palais de Cocody :on ne revient pas d’une visite à Rome pour affronter des rebelles et se laisser abattre pour si peu, on n’a pas bataillé en tant qu’opposant contre Houphouët-Boigny pour plier l’échine aussi facilement. Surtout si on a une réputation de boulanger, qualificatif qui, après tout, n’est pas un défaut en politique.
Gbagbo avait compris une chose : que le Burkinabè Blaise fût le parrain ou non de Tuo Fozié (premier visage de la rébellion) et de sa bande, la résolution de cette crise passait par Ouagadougou, vu que Marcoussis, Pretoria I, II et III n’ont fait qu’élaguer certains problèmes ... En parvenant à faire fumer le calumet de la paix aux protagonistes de la crise le 4 mars 2007, le Président du Faso avait frappé un grand coup politique et revenait sur la scène internationale, d’où il avait été éclipsé, pour des raisons domestiques, notamment par l’affaire Norbert Zongo.
Bien que n’étant pas la solution miraculeuse, l’Accord politique global (APG) tient la route, puisqu’une date de la présidentielle, le 29 novembre 2009, a été arrêtée. Un scrutin qui ne règlera pas d’une baguette magique ces 10 ans de tambouille, mais qui aura l’avantage, on l’espère, de remettre la Côte d’Ivoire sur la route de la reprise économique. En venant dans la capitale burkinabè pour effectuer une visite d’Etat et y rester 3 jours (27 au 29 juillet 2008), Laurent Gbagbo sonnait la fin de tout quiproquo. Matérialisée par le Traité d’amitié et de coopération, la visite de l’année dernière réveille certains chantiers laissés en “jachère” depuis des décennies, et scelle une nouvelle alliance entre deux peuples que seules les frontières héritées de la colonisation séparent.
En lui rendant la politesse hier 15 septembre 2009 et ce, jusqu’au 18 courant, Blaise Compaoré aurait voulu dire : « la bagarre est vraiment terminée... travaillons à faire de nos deux pays des moteurs de l’UEMOA... je n’ai aucun parti pris dans la prochaine présidentielle... » qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Car, bien que ce soit la règle de la réciprocité diplomatique qu’il applique, ce séjour du PF à Yamoussoukro et à Abidjan sera gravé dans le marbre des relations entre les deux pays. Car entre cette visite d’Etat et sa dernière présence de cette envergure en terre d’Eburnie, il y a eu une guerre civile, des Burkinabè, des Ivoiriens tués, la propagande sur l’ivoirité qu’avait prédit le réalisateur belge Benoit Scheur à travers sa fresque documentaire « Poudrière identitaire »... (1).
Conseil de ministres ivoiro-burkinabè, coprésidé par Gbagbo et Blaise, adresse de ce dernier aux députés ivoiriens, sans oublier ce qui turlupine toute la classe politique et les populations, la tenue de la présidentielle le 29 novembre prochain, meubleront ces retrouvailles. En tant que facilitateur, le premier des Burkinabè ne saurait ne pas faire un arrêt sur la locomotive de la réconciliation, qui doit siffler à la gare de la paix sans une panne trop prolongée à une station. En somme le mur de glace est brisé.
Certains, comme toujours, ne manqueront pas de voir un soutien tacite au candidat du FPI qui, à l’évidence, en fin politique, ne manquera pas de profiter de cette visite bienfaisante. Au facilitateur de montrer qu’il vient chez l’homologue et non chez celui qui veut rempiler, même quand on sait que, dans la conjoncture actuelle, entre les 2 Gbagbo, la ligne de démarcation est très tenue.
Notes : Le documentaire « Poudrière identitaire » fait un parallèle avec la tragédie rwandaise et ce qui se préparait en Côte d’Ivoire. Il a été diffusé sur la TNB les 19 et 21 janvier 2003.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
lobservateur
14:54 Publié dans AFRIQUE, BURKINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : burkina faso, côte d'ivoire, blaise compaoré, laurent gbagbo