21 décembre 2009

CONFERENCE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Le pays          21 décembre 2009

 

Pourquoi Copenhague a échoué

 

Aujourd’hui, les puissants du Nord ont le profil bas, car les petits pollueurs émergents du Sud ont su faire front à leur diktat. Les raisons de l’échec ? Plusieurs hypothèses peuvent être avancées. Il y a tout d’abord l’évolution du contexte international qui subit présentement les affres de la crise internationale. Dans les pays industrialisés, notamment en Occident où la croissance a pris un rude coup, les critiques se font vives. Partout, l’heure est aux grandes réformes. Certains pays ont ainsi entrepris une redéfinition des politiques, notamment au plan industriel. Nul n’ignore par exemple les initiatives du président Obama qui a imposé des conditions d’aide drastiques à l’industrie automobile américaine en contrepartie du soutien financier des pouvoirs publics. La plupart des réformes étant en cours, il faudra peut-être attendre d’en avoir les premières évaluations avant de procéder à d’autres remises en cause. De nouveaux bouleversements, des dirigeants ont bien pu les redouter à cette conférence sur les changements climatiques. Manifestement, certains n’avaient pas intérêt à voir émerger des solutions consensuelles à Copenhague.

 

 

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L’égoïsme, l’hypocrisie, le difficile contexte économique international constituent de ce fait les raisons majeures susceptibles d’expliquer l’échec de la conférence. Il semble évident que si cette grande rencontre se tenait trois ans avant ou après la récession économique mondiale, les résultats auraient été différents. Après tous ces travaux d’experts sur les grands périls auxquels nous sommes exposés, on s’attendait à un engagement chiffré et contraignant de réduction des gaz à effet de serre. Mais les hommes n’ont apparemment pas tous la même lecture de la situation. La perception des dangers et des enjeux n’est point identique d’un milieu à l’autre. Les puissants industriels du Nord, s’arc-boutent sur leurs positions et interpellent l’Inde et la Chine dont ils exigent le même sacrifice que celui qu’on attend d’eux.

 

En fait, cette autre réunion sur les changements climatiques a montré une nouvelle fois qu’on se soucie très peu des générations futures. Seuls comptent les intérêts du moment. On se préoccupe davantage d’aller sur d’autres planètes. En effet, à Copenhague, on semble avoir plutôt cherché à gagner du temps. Le Nord ne veut pas mettre la main à la poche à la hauteur de son péché de grand pollueur. A défaut de battre sa coulpe lorsque l’évidence de sa culpabilité crève les yeux, il tergiverse, cherche des boucs émissaires, le temps de fourbir de nouvelles stratégies. Au finish, cette rencontre sur les changements climatiques aura été un grand désenchantement, une grande illusion. La montagne a accouché non d’une souris, mais d’un plus petit encore : un charançon. Cet échec était bien prévisible car, pour de nombreux analystes, Copenhague ne pouvait être qu’une étape. Une de plus pour tous ceux qui s’intéressent à la préservation de notre environnement, et suivent les débats qui se multiplient tout en se ressemblant. Encore une fois, la cupidité de quelques uns pourrait mettre en danger la vie de milliards d’individus. Mais aujourd’hui, plus personne n’est dupe.

 

Grâce à la conférence de Copenhague, l’humanité a hautement pris conscience de la gravité de la situation et cela est très positif. La forte médiatisation des travaux a accentué les traditionnels efforts de sensibilisation. Cela a porté fruit à l’échelon universel. Chacun admet aujourd’hui la nécessité d’assurer la protection de la planète. Certes, les voies divergent quant à la façon d’y parvenir, mais il est acquis que désormais on fera un peu plus attention quant à la préservation du petit jardin bleu que constitue la planète Terre. Des espoirs sont donc permis suite à la réunion de Copenhague. D’autant que les petits pays du Sud ont fait preuve de vigilance et de combativité. Dans une solidarité agissante et à l’épreuve des faits, ils ont su constituer un bloc. Les petits pollueurs émergents attendent désormais d’être soutenus dans leurs efforts tant au plan du financement que celui du transfert des technologies.

 

Mais dans les pays du Sud, en Afrique en particulier, on devra prendre les devants. Afin de réduire notre dépendance vis-à-vis de l’étranger, il importe d’intégrer dans les budgets nationaux et communautaires, le financement des éléments répertoriés à Copenhague. Plus que jamais, la perspective des changements climatiques doit nourrir les réflexions et gouverner les actions. Dans cette optique, il faudra financer davantage la formation et la recherche, et compter sur l’action des médias car la vulgarisation devra s’intensifier.

 

A Copenhague, on aura donc appris à mieux se connaître. Mais en dépit de tout, on partage désormais une même préoccupation : sauver notre planète Terre.

 

"Le Pays"

19 décembre 2009

Sommet de Copenhague

un accord à l'arraché, mais décevant

 

Jeune Afrique          19 décembre 2009

 

Jugé "insuffisant" de l'aveu même du président Barack Obama, un accord a été conclu in extremis sur la déclaration politique de Copenhague. Pour l'obtenir, les chefs d'Etat de la planète ont dû jouer les prolongations.


Obama et Hu Jintao, le 17 novembre 2009.Obama et Hu Jintao, le 17 novembre 2009.© AFP



Un accord "significatif" et "sans précédent" sur le climat a été obtenu, mais les progrès enregistrés sont "insuffisants", a déclaré le président américain Barack Obama.

 

Celui-ci a quitté la capitale danoise avant même l'adoption formelle de l'accord par les délégations à la conférence. Il a notamment reconnu qu'un accord avec des engagements légalement contraignants serait "très difficile" à obtenir et prendrait du temps.



De nouvelles négociations auront lieu à Bonn "dans six mois" pour préparer la prochaine conférence climat de Mexico fin 2010, a indiqué le président français Nicolas Sarkozy, qui a estimé que l'absence de l'objectif de 50% de réduction des émissions d'ici 2050 constituait une "déception".

 


Les objectifs de réduction d'émissions décidés en janvier


"L'engagement collectif des pays industrialisés est d'apporter des ressources nouvelles et supplémentaires" aux pays les plus vulnérables d'un montant total de 30 milliards de dollars, selon le projet de déclaration adopté vendredi soir dont l'AFP a obtenu copie. Les Etats-Unis se sont engagés à verser 3,6 milliards de dollars.



Le document prévoit de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport aux niveaux pré-industriels, l'objectif affiché de la conférence sur le climat.



Mais les objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre pour les pays industrialisés à l'horizon 2020 ne seront décidés qu'en janvier, selon des diplomates.



Tous les pays industrialisés "ont accepté de donner par écrit" ces engagements, a précisé le président Sarkozy.

 


Le choc Chine-Etats-Unis


Les négociations débutées depuis 12 jours butaient sur l'épineuse question de la répartition des efforts pour contrer le réchauffement. Washington et Pékin notamment s'opposaient sur ce point.



Par deux fois vendredi M. Obama et le Premier ministre chinois Wen Jiabao ont discuté en bilatéral sur les sujets opposant les deux premiers pollueurs de la planète: les garanties de vérification des engagements, le financement de la lutte contre le réchauffement et le niveau des émissions.



M. Obama a ensuite rendu compte de ses entretiens aux dirigeants européens, qui ont multiplié les consultations depuis jeudi.



Une nouvelle version du projet de déclaration politique avait été soumise en fin d'après-midi aux dirigeants, qui comportait alors un objectif mondial de réduction de 50% des émissions mondiales de gaz à effet de serre à horizon 2050.



Un objectif auquel la Chine et les autres grands émergents refusaient obstinément mois de souscrire tant que les pays industrialisés ne réhausseront pas leurs ambitions pour leurs propres réductions d'émissions d'ici 2020.

 


L'Inde et le Brésil rentrent en jeu


Selon les scientifiques, ces engagements devraient viser des réductions de -25 à -40% en 2020 par rapport à 1990 pour permettre de contenir l'envolée du thermomètre mondial.



Face à la difficulté d'accorder les points de vue, le Premier ministre indien Manmohan Singh avait appelé à prolonger les négociations en 2010 pour parvenir à "un accord réellement global et une réponse authentiquement solidaire au changement climatique".



A l'inverse, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui a quitté vendredi soir la capitale danoise, était apparu déterminé à faire bouger les lignes dans la capitale danoise.



Il s'était déclaré prêt à "faire un sacrifice" pour aider financièrement les pays les plus vulnérables et permettre un accord, faisant bouger les lignes de partage traditionnelles entre pays industrialisés, responsables "historiques" du CO2 accumulé dans l'atmosphère, et pays en développement.

 


100 milliards d'euros


Cette déclaration politique des leaders, destinée à servir de "chapeau" à un accord plus global visait à débloquer les négociations menées sous l'égide de l'ONU.



Les différentes versions qui se sont succédé visaient toujours à limiter le réchauffement planétaire à 2°C maximum par rapport aux niveaux pré-industriels.



Le package d'aide aux pays pauvres pour s'adapter était prévu pour atteindre progressivement 100 milliards de dollars par an d'ici 2020.

18 décembre 2009

Changements climatiques

Copenhague souffle le chaud et le froid

 

L'observateur paalga          18 décembre 2009

 

C’est en principe aujourd’hui qu’intervient à Copenhague, au Danemark, la clôture du sommet des Nations unies sur le changements climatiques. Une rencontre qui a connu des notes discordantes, tant les positions étaient divergentes sur le sujet. Les négociations sont en effet tombées dans l’impasse mercredi soir, malgré les engagements financiers à court terme de plusieurs pays riches, en particulier pour lutter contre la déforestation.

 

Rendez-vous sur les questions environnementales qui survient après ceux de Rio et de Johannesburg, il résulte d’un signal fort donné par les scientifiques et les écologistes sur le danger qui guette la Terre, si les pollueurs que constituent les pays de l’index 1, la Chine, les Etats-Unis, l’Union européenne et le Brésil, ne revoient pas leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). « La menace représentée par le changement climatique est grave, elle est urgente et elle grandit », avait déclaré en septembre dernier Barack Obama.

 

L’objectif poursuivi par la conférence est donc de trouver un accord apportant la meilleure riposte possible au changement climatique et pouvant entrer en vigueur début 2013. Copenhague souffle le chaud et le froid. Un accord est difficile à trouver, la Chine ayant manifesté sa réticence. Elle a vivement critiqué le manque de transparence de la conférence de Copenhague, accusant la présidence danoise de vouloir imposer un texte d’accord, au mépris des négociations entreprises depuis deux ans.

 

Entre pays industrialisés et ceux en développement, il n’y a pas d’entente non plus sur qui doit réduire ses émissions de GES, ni sur le montant de ces réductions ou sur l’effort financier des plus riches en faveur des plus défavorisés pour les aider à s’adapter au réchauffement climatique. La présence aujourd’hui des 120 chefs d’Etat à la clôture reste un espoir pour donner une dernière bouffée d’oxygène aux négociations afin d’aboutir à un accord permettant de limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 2°C.

 

L’aide immédiate nécessaire à accorder aux pays les plus vulnérables de 2010 à 2012 va chercher dans les 30 milliards de dollars. Les Etats-Unis, qui sont entrés largement dans le jeu hier, jeudi, se sont engagés, par la voix de la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, à contribuer, par une enveloppe de 100 milliards de dollars par an d’ici 2020, à lutter contre le réchauffement climatique. Les principales économies participeront à cet effort et apporteront « toute la transparence nécessaire à la mise en œuvre des réductions d’émissions de GES ».

 

Le Japon, pour sa part, a proposé 19,5 milliards de dollars, dont 15 milliards d’argent public sur trois ans, pour aider les pays les plus vulnérables à faire face aux impacts du changement climatique. L’Union européenne promet 3,5 milliards de dollars par an sur trois ans, soit un total de 10,5 milliards, pour alimenter un fonds qui devrait atteindre 100 milliards de dollars annuels.

 

Et l’Afrique dans tout ça ? Elle a révisé ses exigences financières à la baisse. Meles Zenawi, le Premier ministre éthiopien, a avancé le chiffre de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, somme en deçà des demandes exprimées par l’Union africaine (UA). Les promesses des pays riches sont qualifiées de décevantes dans certains milieux, qui estiment par ailleurs que ceux-ci devraient présenter des chiffres ambitieux de réduction des GES.

 

Les engagements annoncés par les pays industrialisés à l’horizon 2020 représentent une baisse de 12% à 16% de leurs émissions par rapport à 1990. Ces pourcentages sont très bas, comparés à la fourchette de 25% à 40% mise en avant par les scientifiques. Les séances plénières ont été marquées par des querelles de procédure dans un climat tendu, limitant les débats sur le fond. La question du financement pour honorer la facture de la lutte contre le réchauffement climatique est, de toute évidence, un obstacle à l’issue heureuse du sommet. Les participants ne s’accordent pas sur le sujet.

 

Comme on le voit bien, les points de vue sont loin d’être harmonisés et dans un climat de vives tensions à l’intérieur du Bella Center (site de la rencontre) comme à l’extérieur, la présidente de la conférence, Connie Hedegaar, a préféré rendre le tablier. Dans ce méli-mélo, c’est encore la pauvre Afrique, notamment les pays forestiers du Bassin du Congo, qui sort perdante. L’après-Copenhague, comme le prédisent beaucoup, est incertain pour les dirigeants africains, qui piaffent d’impatience de tâter les milliards promis sous forme de compensation.

 

Ainsi, leur position à Copenhague n’étonne pas, préoccupés qu’ils sont, chacun à son niveau, de pouvoir profiter de la manne des Occidentaux qui semblent murmurer à leurs oreilles : « Laissez-nous polluer, fermez-la, on vous donne de l’argent ». Le sommet de Copenhague, ce sera bientôt de l’histoire. En attendant, l’avenir de la planète s’y joue. Les dirigeants du monde arriveront-ils à surmonter leurs divergences et à s’entendre sur des accords solides et contraignants ? Réponse aujourd’hui même à la clôture du sommet.

 

D. Evariste Ouédraogo

 

lobservateur

12 décembre 2009

Sommet de Copenhague

Le Sommet sous la pression de milliers de manifestants

 

RFI          12 décembre 2009

 

Des dizaines de milliers de personnes sont attendues dans les rues de Copenhague samedi 12 décembre où se tient le Sommet sur le climat. A l'appel de nombreuses ONG, elles manifesteront pour demander des mesures drastiquescontre le réchauffement climatique. Des défilés similaires sont également prévus à Sydney, Paris, Washington...

 

Le château de Christianborg, siège du Parlement danois, lieu de la manifestation. um.dk / Soren Kuhn

 

Plusieurs manifestations monstre sont prévues ce samedi 12 décembre 2009 à Copenhague à l’initiative de centaines d’ONG du monde entier. D’abord c’est une marée humaine qui doit se former, des centaines de jeunes de tous les pays d’Europe, arrivés en train dans la nuit vont se rassembler, tous habillés en bleu comme une marée humaine devant le Parlement danois. Rejoints plus tard par des dizaines de milliers de personnes venues de tous horizons à l’appel de l’« ultimatum climatique ».

Une marche de six kilomètres partira du Parlement, le Château de Christiansborg via le quartier alternatif de Christiania en direction du Bella Center, le centre de la conférence sur le réchauffement climatique où les manifestants allumeront des milliers de bougies.

 

Les forces de police sont évidemment sur les dents. Ils attendent au moins 50 000 personnes et craignent les débordements. La police danoise a d’ailleurs restauré le contrôle aux frontières et a déjà arrêté en ville, vendredi 11 décembre 2009, 75 manifestants, la plupart ont été relâchés dans la soirée.

 

Les habitants de Copenhague qui vont se joindre en masse à ce rassemblement international s’apprêtent à vivre une journée décidément très particulière.


09 décembre 2009

CONFERENCE SUR LE CLIMAT

Les débats font rage à Copenhague

 

Le pays         09 décembre 2009


Plus de 1 200 délégués du monde entier sont présents à Copenhague dans la capitale danoise à l’occasion de la Conférence de l’Organisation des Nations unies sur les changements climatiques (7 au 18 décembre 2009). Cette importante réunion de dimension planétaire permet d’ouvrir les discussions sur l’avenir du protocole de Kyoto après 2012 et plus globalement sur l’adoption de nouvelles mesures visant à accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et la promotion du développement durable dans les pays en développement.

 

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C’est sous un froid de canard (6°c) que la capitale danoise accueille la conférence des Nations unies sur le climat. Celle-ci a été ouverte lundi matin dans la salle de conférences du Bella Center par une cérémonie de bienvenue suivie de l’ouverture de séances plénières de la 15e Conférence des parties (COP 15), de la 5e Conférence des parties siégeant comme Réunion des parties au Protocole de Kyoto (Cdp/Rdp5), de la 8e session du Groupe de travail spécial sur l’action concertée à long terme au titre de la Convention (AWG-LCA 8) ainsi que de la 10e session du Groupe de travail spécial des nouveaux engagements des parties visés à l’annexe I au titre du Protocole de Kyoto (AWG-KP 10).

 

"Le port de l’espoir"


"Vous êtes, durant une courte période, dépositaires des espoirs […] de l’humanité", a déclaré le Premier ministre danois, Lars Loekke Rasmussen, à l’ouverture de la conférence. Il a aussi suggéré devant 1 200 délégués du monde entier que sa capitale devienne durant deux semaines "Hopenhague" ("le port de l’espoir"). M. Rasmussen s’est par ailleurs félicité que 110 chefs d’Etat et de gouvernement aient d’ores et déjà annoncé qu’ils viendront les derniers jours. Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la CCNUCC , a, en ce qui le concerne, déclaré que Copenhague devrait aboutir à un accord portant sur tout à la fois : sur la mise en œuvre de mesures d’atténuation et d’adaptation, le financement, la technologie, la réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation des forêts dans les pays en développement (REDD) et sur des mesures de renforcement des capacités, des engagements de réduction d’émissions ambitieux et un "financement de démarrage" d’environ 10 milliards de dollars par an, et une vision commune de l’action concertée à long terme. Mais le patron du climat de l’ONU a prévenu : cette conférence ne sera un succès "que si une action significative et immédiate commence" le jour même où ses travaux s’achèveront, le 18 décembre.

 

Les attentes désespérées des pays en développement


Yvo de Boer a rappelé que les "pays en développement attendent désespérément une action tangible et immédiate" pour l’adaptation de leurs nations à la nouvelle donne climatique. Rajendra Pachauri, Président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), a, pour sa part, mis l’accent sur les conséquences d’une non-application de politiques d’atténuation du changement climatique. Il a souligné que pour limiter l’augmentation de la température à un chiffre situé entre 2,0 et 2,4°C, les émissions mondiales doivent culminer au plus tard en 2015. La conférence de Copenhague sur les changements climatiques est censée aboutir à un accord international sur les moyens de limiter le réchauffement climatique. Un accord qui prendra la suite du protocole de Kyoto qui arrive à échéance en 2012. Le président burkinabè Blaise Compaoré fera partie de la centaine de chefs d’Etat et de gouvernements attendus.

 

Blaise Compaoré attendu à la conférence


Ce sera, en effet, pour le chef de l’Etat, l’occasion de partager avec la communauté internationale, les conclusions du Forum de Ouagadougou sur le développement durable, tenu deux mois plus tôt. Pour l’une des rares fois, l’Afrique présentera une position commune et l’Union africaine (UA) a désigné une commission de négociation composée de dix pays africains et présidée par le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi. Continent le moins émetteur de gaz à effet de serre (3,8%), le continent noir est pourtant le plus touché par les conséquences du rechauffement climatique. C’est pourquoi l’Afrique entend constituer un front commun pour exiger que les pollueurs, les pays industrialisés en l’occurrence, soient les payeurs.

 

Conclure à tout prix un accord ambitieux


copenhague.jpgConclure un accord ambitieux à Copenhague ne sera certainement pas facile. Si les négociations internationales s’annoncent laborieuses, c’est en raison des divergences des pays riches sur la manière de répartir les émissions de carbone et sur l’enveloppe financière à allouer aux pays pauvres. Les Européens ont donné des gages de bonne volonté. Ils ont pris un engagement contraignant de réduire en 2020 leurs émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990. Qui plus est, l’Union européenne est prête à aller jusqu’à 30 % de réduction si les autres pays développés s’engagent à fournir les mêmes efforts dans le cadre du nouvel accord.

 

La Chine et les Etats-Unis, les deux plus gros pollueurs


Les deux plus gros pollueurs de la planète, les Etats-Unis et la Chine , viennent de mettre sur la table des objectifs chiffrés de réduction de gaz à effet de serre. Le président américain Barack Obama offrira à la conférence de Copenhague sur le climat, une baisse de 17% des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis en 2020 par rapport à 2005. La Chine , comme bien d’autres pays en développement à forte économie, refuse des engagements contraignants de réduction de ses émissions d’autant que les dispositions de la Convention sur les changements climatiques ne lui font pas obligation. En tous les cas, l’écart est persistant entre les engagements annoncés et ceux relevés par la science. De fait , à la date du 5 novembre 2009, les propositions de réduction des émissions des pays industrialisés se situent bien en deçà des 25 à 40% préconisés en 2007 par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’Evolution du Climat ( GIEC) .

 

Par Cheick Beldh’or SIGUE (Envoyé spécial)

08 décembre 2009

CHANGEMENTS CLIMATIQUES

L’Afrique doit battre sa coulpe

 

Le pays          08 décembre 2009


 

 

InsertImage.asp.jpgAvec ce grand ramdam autour du sommet de Copenhague sur le climat, on a l’impression que c’est seulement maintenant que la sauvegarde de la planète et de nos écosystèmes est devenue alarmante. Tant que les tsunamis et les inondations n’avaient pas encore frappé le cœur de certains grands pays, les écologistes passaient pour des empêcheurs de polluer en rond. On les considérait plutôt comme des rêveurs, des gens qui n’étaient pas en phase avec leur temps, celui du capitalisme tous azimuts avec son système de production gourmand en énergie et auteur de pollutions de tous genres.

 

Tenez, les partis écologiques qui pullulent en Occident sont presque inexistants sur le contient noir. Les tout premiers, notamment au Burkina, faisaient la risée de quelques politiciens qui n’avaient encore rien compris au défi planétaire qui s’annonçait. Aujourd’hui, certains auront du mal à se regarder dans le rétroviseur de l’histoire. Dans le mouvement général d’aujourd’hui, tout le monde se drape volontiers du manteau de défenseurs de la nature et ce n’est pas plus mal pour la santé de la planète qui a bien besoin de rester intacte pour encore des millions d’années afin de perpétuer l’histoire des hommes et de tous les vivants.

 

déforestation-afrique.jpgL’Afrique dans ce contexte, se rend au sommet sur le climat, le cœur tranquille, avec le faux sentiment qu’elle n’est pas parmi les bourreaux de la planète avec ses presque 4% de contribution à l’élargissement du trou de la couche d’ozone. Trop facile de se dédouaner de cette façon. S’il est vrai que les plus gros pollueurs sont plus responsables, il n’empêche que nos 4% aussi y sont pour quelque chose. Tous coupables donc même si c’est à des degrés différents. C’est pour cette raison qu’il y a quelque chose de gênant dans la frénésie avec laquelle la société civile africaine, (qui a le mérite d’avoir éveillé en si peu de temps les consciences de nos concitoyens des villes et des campagnes) et les gouvernements réclament des compensations pour financer leurs projets et programmes d’adaptations. Il y a un risque que l’on fasse une fixation sur ce que l’on appelle désormais l’aide climatique au détriment d’actions soutenues et intégrées dans nos politiques de développement tout court.

 

En vérité, la déforestation, la coupe abusive du bois de chauffe, la divagation des animaux sont le quotidien des Africains, pour lequel les dirigeants ont du mal à trouver des alternatives crédibles. Des solutions endogènes et innovantes sont nécessaires pour sortir de ce cercle vicieux d’une forêt qui se rétrécie et d’un désert qui avance. Les conséquences de ces deux phénomènes-là, sont de notre fait d’abord et malgré l’argent des autres, rien n’y changera si nous ne changeons pas vraiment, une bonne fois pour toutes, de comportement.

 

Par Abdoulaye TAO

07 décembre 2009

Réchauffement climatique

Copenhague ou le rendez-vous de l’hypocrisie

 

L'observateur paalga         07 décembre 2009


Une fois encore, pays riches du Nord et pauvres du Sud s’assiéront à la même table, même si, a priori, l’Afrique devrait y jouer le rôle de spectateur. Rendez-vous crucial, en effet, à partir de ce lundi 7 et ce, jusqu’au 18 décembre, à Copenhague où devrait se discuter l’avenir de la planète, frappée depuis bien des années d’une poussée de fièvre baptisée changement climatique.

 

 

climate_gb_maniv.jpgC’est de bonne guerre donc si les Organisations non gouvernementales (ONG) et les mouvements associatifs se sont invités à cette conférence dans la capitale danoise pour plancher sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, thème qui divise plus qu’il n’unit pays industrialisés, émergents, et ceux sous-développés comme les nôtres, qui ne peuvent que subir, même si leur part de responsabilité dans le réchauffement planétaire est plus qu’établie.

 

Mais difficile de faire comprendre à l’Africain, qui tire sa pitance quotidienne de la terre, qu’il creuse lui-même sa propre tombe en détruisant l’environnement, à travers la déforestation, galopante.

 

Foi du ministre burkinabè de l’Environnement, Salifou Sawadogo, aux Ateliers de la terre, qui déclarait que, chaque année, son pays perdait 100 000 hectares de surfaces boisées où, par milliers, des arbres sont coupés pour les besoins du bois de chauffe.

 

Evidemment, l’industrialisation de l’Afrique, si tant est qu’elle puisse amoindrir les émissions de gaz carbonique, se fait toujours attendre du fait de la crise économique ; elle pourrait être nulle et de nul effet, à en juger par l’impact des pesticides utilisés dans nos champs sur l’environnement, et tant qu’elle demeure la poubelle de l’Occident.

 

C’est le moindre mal, diront certainement les écologistes qui, eux, semblent accabler l’industrialisation outrancière des pays du Nord de tous les maux de l’environnement. A l’ouverture de la grand-messe de Copenhague, que présidera l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Europe des vingt-sept jouera les héros qui, depuis 1990, ont réussi l’exploit de baisser de 13,5% leurs émissions de gaz à effet de serre.

 

Prouesse que ne pourront revendiquer les plus grands pollueurs de la planète, Chine, Etats-Unis et Inde, qui faisaient jusque-là de la résistance pour ratifier le moindre accord international relativement à la lutte contre le réchauffement climatique. Oseront-ils seulement changer leur fusil d’épaule au sortir de la conférence de Copenhague ?

 

Alors que le locataire de la Maison-Blanche, Barack Obama, refuse de dresserrer les dents, la surprise vient de l’empire du Milieu, qui a annoncé solennellement son ambition, chiffrée, de réduction du CO2 de 40 à 50% d’ici 2020 par rapport au niveau de 2005, et de l’Inde qui promet une réduction de 20 à 25% d’ici 2020.

 

Une conférence de plus donc ? Obligés serions- nous d’y répondre par l’affirmative si jamais elle devait accoucher d’une souris, puisqu’il serait illusoire de s’attendre à un quelconque accord contraignant dans cette vaine lutte contre le réchauffement climatique, où l’hypocrisie sera la vertu la mieux partagée.

 

Ainsi donc, les grandes puissances continueront-elles de polluer impunément ; et, victimes, les damnés de la terre, eux, continueront de subir, impuissants, jusqu’à ce que Dame Nature nous dicte à tous sa loi. Mais loin de nous l’idée de promettre le tsunami, le déluge ou la sécheresse à qui que ce soit, chacun sur cette terre étant récompensé à hauteur de ses forfaitures.

 

lobservateur

 

13 octobre 2009

POLLUEURS PAYEURS : Sont-ils prêts à casquer pour l’Afrique ?

Le pays          13 octobre 2009

 

 

Le Forum mondial sur le développement durable tenu à Ouagadougou a accouché d’une déclaration commune africaine pour faire face aux défis des changements climatiques. L’Afrique voudrait donner ainsi l’image d’un continent uni et qui voudrait faire entendre sa voix dans le concert des batailles d’intérêts entre pays pollueurs et pays victimes. Le continent noir est d’office dans le second camp. Ses émissions de gaz à effet de serre sont marginales. Il n’est donc pas responsable du trou de la couche d’ozone. Pourtant, les conséquences du réchauffement climatique, il les vit et les subit. Mal préparée et à court de ressources pour financer son propre développement, l’Afrique se trouve désarmée face au péril climatique qui risque de l’enfoncer encore dans les profondeurs du sous- développement et de la pauvreté. Pour une fois, sa responsabilité n’est pas engagée dans cette catastrophe annoncée si rien n’est fait.

 

usine2.jpgLes dommages et les préjudices écologiques, c’est comme dans un constat d’accident. Le fautif assume les charges de la réparation. La comparaison s’arrête là cependant, à cause de la carte d’identité des fautifs. Ces derniers sont pour la plupart des pays occidentaux ou autres pays émergents et ils n’ont pas montré beaucoup d’empressement jusque-là à jouer correctement leur partition dans l’application du principe du pollueur payeur que réclame à cor et à cri, le président de la commission de l’Union africaine, Jean Ping. Comment les nations riches et émergentes vont-elles accepter de mettre en œuvre le fameux principe du pollueur payeur alors qu’elles n’arrivent pas à tenir leurs promesses de soutenir l’aide publique au développement des pays pauvres ? Sont-elles vraiment prêtes à casquer, même si moralement leur responsabilité est plus grande dans le désastre écologique que couvent les changements climatiques, si rien n’est fait.

 

A Ouagadougou, on a parlé de mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques. Tout cela a un coût. Du financement du transfert des technologies, au renforcement des capacités humaines en passant par la mise en œuvre des programmes, il faut de l‘argent et surtout de l’argent frais. Mais où le trouver en pleine crise financière ? "That is the question", diront les anglophones.

 

C’est ici que se trouve tout l’intérêt des financements innovants via les taxes sur certains produits tels les billets d’avion. Une sorte de prélèvement indolore qui alimenterait de façon pérenne des fonds. Pour autant, cela résoudra-t-il le problème de certains pays africains en proie à plusieurs phénomènes en même temps, mal gouvernance, pauvreté et maintenant le péril climatique ?

 

Blaise Compaoré aura la lourde mission de défendre les positions africaines en décembre à Copenhague. Tel un avocat de la partie civile, il a certainement les chiffres précis du dédommagement attendu. L’argent ne fera pas tout. Il permettra, certes, de mettre en œuvre des actions d’adaptation ou d’atténuation. Mais, qu’il provienne des fonds de la taxe carbone, de celui du développement propre ou de tout autre mécanisme de financement du préjudice écologique, dont les conditionnalités restent à définir, l’argent n’y pourra rien si dans nos têtes et dans nos actes quotidiens, l’on n’intègre pas la donne climatique. On ne demande à personne d’être "écolo", mais d’être plutôt économe dans l’énergie. La vraie chaîne de valeur et de solidarité se trouve dans le changement de comportement.

 

Par Abdoulaye TAO

10 octobre 2009

Burkina Faso : Pour affronter le réchauffement climatique, l'Afrique réclame 65 milliards de dollars

Jeune Afrique          10 octobre 2009

 

Deux mois avant le sommet crucial de Copenhague, l'Afrique, continent le plus vulnérable au réchauffement du climat, a placé la barre très haut en estimant vendredi à Ouagadougou avoir besoin de 65 milliards de dollars pour faire face aux nouveaux défis climatiques.


Les changements climatiques bouleversent l'équilibre fragile de l'AfriqueL'Afrique a besoin de 65 milliards de dollars (44 milliards d'euros) pour faire face aux changements climatiques, a indiqué vendredi le président du comité d'organisation du 7ème Forum mondial sur le développement durable, Salifou Sawadogo.

 

"Nous pensons qu'il faut 65 milliards de dollars pour pouvoir faire face, d'un point de vue continental, à ces phénomènes de changement climatique. C'est dire que nos attentes sont très importantes", a ajouté Salifou Sawadogo, également ministre burkinabè de l'Environnement.

 

Il s'exprimait en marge de l'ouverture à Ouagadougou du 7ème Forum mondial sur le développement durable consacré aux changements climatiques, organisé deux mois avant le sommet crucial de Copenhague, par le gouvernement burkinabè en partenariat avec les Nations unies et l'Union africaine (UA).

 

"Nous sommes tous sur la même planète, il y a donc un devoir de solidarité pour permettre aux pays les plus vulnérables, nous autres, de pouvoir conduire des politiques d'adaptation face aux changements climatiques", a-t-il ajouté.

 

L'Afrique intransigeante


"Dernièrement, le Premier ministre éthiopien (Meles Zenawi) a été catégorique. Si rien n'est fait, l'Afrique quittera la salle" lors du sommet de Copenhague (7 au 18 décembre), a-t-il rappelé. "L'Afrique devrait être entendue et nous n'entendons pas marchander sur quoi que ce soit", a-t-il insisté, tout en relevant toutefois que "pour des négociations, naturellement, il y a des compromis à faire de part et d'autre".

 

Continent le plus pauvre du monde, très peu industrialisé, l'Afrique et ses plus de 800 millions d'habitants représentent moins de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Et la forêt du bassin du Congo constitue le deuxième "poumon" de la planète avec l'Amazonie. Mais le dérèglement du climat devrait affecter des régions déjà très fragiles, où l'agriculture, qui détient le taux d'irrigation le plus faible au monde, est fortement dépendante des pluies.

 

L'avancée du désert du Sahara accentuerait également les phénomènes de migration. Ces derniers mois, des inondations en Afrique de l'Ouest, notamment à Ouagadougou où 263 mm d'eau sont tombés en seulement 12 heures le 1er septembre, et une sécheresse historique dans la Corne de l'Afrique ont rappelé la nécessité d'une adaptation rapide du continent.

 

Equilibre entre pollueurs et payeurs


A Copenhague, "il faut qu'il y ait de l'écoute réciproque", a plaidé Youssouf Ouédraogo, ancien Premier ministre du Burkina et actuellement conseiller spécial du président de la Banque africaine de développement (BAD). "Il ne faut pas qu'il y ait de surdité, il faut que l'Afrique ne sente pas que, finalement, bien qu'elle soit la moins pollueuse, ses avis et ses revendications ne sont pas écoutés, cela serait dangereux", a-t-il averti.

 

Avec la crise économique, "les ressources des pays développés se sont contractées", a toutefois rappelé le président du conseil d'administration de l'Agence française de développement (AFD), Pierre-André Wilzer. "Et on ne peut pas imaginer que du jour au lendemain, l'an prochain, on va pouvoir augmenter de 50% l'aide au développement mondiale", a-t-il souligné.

 

Dans un premier temps, "une part importante" de l'aide publique au développement des bailleurs mondiaux, soit entre 130 et 150 milliards de dollars par an, "doit être reconvertie en direction de projets sobres" en énergie polluante, selon lui.

 

Selon M. Sawadogo, une dizaine de chefs d'Etat africains, le président de la Commission de l'UA Jean Ping, l'ex-président français Jacques Chirac et le ministre français de l'Environnement Jean-Louis Borloo doivent participer à la dernière journée des travaux dimanche.

23 septembre 2009

CHANGEMENTS CLIMATIQUES : L’ONU se jette à l’eau avant Copenhague

Le pays          mercredi 23 septembre 2009

 

Les Etats-Unis du fraîchement élu Barak Obama sont depuis quelques jours déjà le point d’attraction des chefs d’Etats et dirigeants du monde entier. Ils s’y rencontrent pour la traditionnelle grand-messe de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies pour s’entretenir de grandes questions qui préoccupent ou intéressent la planète entière. Cette année, précisément, les dossiers dont ils auront ensemble la charge sont plutôt lourds : tensions au Proche-Orient, guerre en Afghanistan, terrorisme persistant, défi nucléaire, crise économique et financière et, dernier mais pas le moindre, la grosse question du réchauffement climatique.

 

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Que peut-on attendre à l’issue de cette intense activité diplomatique au cours de laquelle les chefs d’Etats ou leurs représentants vont se croiser, prononcer de solennels discours, échanger avant de s’en retourner chacun chez soi, après s’être congratulés réciproquement du franc succès et de la parfaite collaboration des uns et des autres ? Il faudra sans doute attendre pour le savoir. Mais d’ores et déjà, on peut craindre que certaines questions ne se fassent occulter par d’autres, pour des raisons diplomatico-financières évidentes. Et c’est bien la raison pour laquelle, du côté du continent noir, on craint que le très important dossier du changement climatique se fasse escamoter au profit d’autres problèmes plus "concrets" et sans doute plus urgents.

 

Et pourtant. Plus personne ne soutient sérieusement aujourd’hui que "les écolos sont des rigolos". Les impacts visibles et bien tangibles du réchauffement climatique subis en différentes régions du monde ont fini par convaincre les uns et les autres qu’il est indispensable de changer de comportement. Rien que dans la zone ouest-africaine, les inondations des mois d’août et septembre 2009 jettent dans la désolation et le désarroi des centaines de milliers de sinistrés qui, du jour au lendemain, ne savent plus de quoi sera fait leur lendemain. Les gouvernants des pays concernés ont beau se démener, la catastrophe va au-delà des moyens dont ils disposent et inévitablement, il faut se tourner pour quêter l’aide internationale. Que l’Assemblée générale de l’ONU voie inscrite au nombre des dossiers, la difficile question du changement climatique, montre à quel point le sujet est préoccupant. Et ce, d’autant plus que c’est le sommet de Copenhague fixé en décembre 2009 qui sera essentiellement consacré au sujet. Reste à savoir ce qu’on est en droit d’en attendre. Quelles mesures, quelles décisions concrètes prendra-t-on à New York, puis à Copenhague qui tendront à résoudre hic et nunc une question dont tout le monde à présent convient que d’elle dépend la survie de l’humanité ?

 

Le sujet est d’autant plus difficile, que les intérêts des pays divergent en la matière. Pays occidentaux, pays développés, pays émergents, et pays en développement n’ont pas la même vision des actions à mener, des sacrifices à consentir, pour préserver l’environnement. Si l’on met de côté les discours officiels, on se rend compte que les pays industrialisés rechignent à freiner leur développement, quitte pour cela à polluer chaque jour un peu plus. Ils pourront toujours se rattraper en rachetant leur quota d’émission de gaz à effet de serre à des pays plus pauvres qu’eux et qui vendent volontiers leur droit de polluer. Du côté des pays émergents, on accepte difficilement de faire l’effort car ils veulent rejoindre le peloton de tête avec lequel ils tiennent absolument à rivaliser. Quant aux pays en voie de développement, la question, de toute évidence, ne se pose pas. Les inondations qui se sont abattues récemment auront sans doute eu le don d’ouvrir grandement les yeux de plus d’un qui croyaient que la question du changement climatique était sans fondements réels.

 

L’Afrique saura-t-elle parler d’une seule et même voix pour plaider sa cause et sauver ses populations ? Il faut sans doute le souhaiter. Mais il faut reconnaître qu’il est besoin que pour cela, les dirigeants africains eux-mêmes se convainquent au préalable de la nécessité de le faire. Pour l’avenir de leur pays respectif ainsi que pour le bien-être de leurs populations. Cela passe sans doute par le refus courageux de transformer les rues des villes africaines en dépotoirs où s’amoncellent des véhicules hors "Argus" depuis des lustres, mais appelés pompeusement sous nos tropiques "France-au-revoir". Cela doit se traduire aussi par le refus d’accueillir à bras ouverts de vieux frigos qui n’ont de rafraîchissant que l’appellation, et qui, surtout, par les gaz qu’ils dégagent, contribuent à la destruction de la couche d’ozone. Et à une plus grande échelle, cela se traduit surtout par le refus que le continent africain devienne de son plein gré, le cimetière de produits toxiques et dangereux que d’autres continents décident d’éloigner de leurs frontières pour préserver la vie de leurs populations .

 

La question du changement climatique inscrite à l’Assemblée générale de l’ONU arrive à point nommé. Il est plus que temps que la planète entière y réfléchisse sérieusement. Et si l’instance internationale arrivait à concilier les inévitables oppositions qu’elle ne saurait manquer de générer, on pourrait alors affirmer sans risque de se tromper, qu’elle aura fait la prouesse de réaliser un arbitrage à la fois salutaire et consensuel. Et alors, la rencontre de Copenhague devrait s’envisager sans doute sous de bons et prometteurs auspices. C’est le souhait de toute une planète qui a peur pour sa survie.

 

Le Pays