04 décembre 2009
Santé de nos chefs d’Etat
Le cas Yar’Adua relance le débat
L'observateur paalga 04 décembre 2009
Le président nigérian, Umaru Yar’Adua, ne se porte pas bien. Depuis une dizaine de jours, il est hospitalisé dans un hôpital en Arabie saoudite. Des observateurs évoquent sans grande assurance des problèmes cardiaques ou rénaux. Toujours est-il qu’ils ne s’accordent pas sur la nature du mal qui ronge l’hôte de marque du roi Abdallah.
Depuis des années d’ailleurs, son état de santé est un secret de polichinelle et a toujours fait des gorges chaudes au pays. Chacun y va de sa petite spéculation. A la petite différence qu’aujourd’hui, la machine gouvernementale nigériane est en train d’être sérieusement grippée par la maladie de son président. Une situation très préoccupante dans cette fragile république fédérale de 150 millions d’habitants et où un équilibre dans les responsabilités politiques doit toujours être trouvé entre un nord musulman et un sud chrétien.
Une session de l’Assemblée qui exigeait la présence du chef de l’Etat a, par exemple, été annulée si fait que certains cercles politiques, notamment dans les sphères de l’opposition, exigent, avec un entêtement morbide pour certains, la démission de celui qui a été élu à la magistrature suprême en avril 2007.
Depuis sa prise de fonction en 2007, Yar’Adua est allé se soigner plusieurs fois en Allemagne et en Arabie saoudite. La version servie au palais présidentiel de la nouvelle capitale politique nigériane a toujours été la même : le président va en ces lieux pour des motifs officiels et non médicaux comme le pèlerinage, la rencontre avec les dirigeants saoudiens ou l’inauguration d’une école.
La santé des dirigeants. Un sujet aussi vieux que le monde et qui va des régimes monarchiques aux premières républiques. En effet, qui, à l’époque des royautés, oserait parler de la santé du monarque ? Même la date précise de sa mort n’était connue que d’un cercle très restreint de sujets. Visiblement, cette tradition a la peau dure quand on observe l’omerta qui règne chez les dirigeants modernes.
Les secrets médicaux qui restent hermétiquement fermés dans les placards des palais présidentiels, il en existe à la pelle. Et comme nous l’avions fait remarquer dans notre édition du 15 juin 2009 à travers ce titre « Afrique - Ces présidents qui ne jurent que par les bistouris occidentaux », l’état de santé d’un chef d’Etat est un sujet bien tabou. Il est immortel et doit être considéré comme tel.
Que les partisans de l’écrivain français Jacques Prévert, qui avait, dans une sorte d’image, dit qu’on a beau avoir une santé de fer, on finit toujours par rouiller, aillent donc se faire cuire un œuf. Il faut toujours nier l’évidence. Mais en réalité, combien de chef d’Etat africains peuvent, comme George Bush, esquiver les chaussures que lui a jetées pendant une conférence de presse un journaliste irakien ? Ils doivent se compter du bout des doigts.
Pendant que le défunt président gabonais, Omar Bongo, était à l’article de la mort, l’ambassadeur de son pays en France avait annoncé qu’il se reposait dans un hôpital espagnol pour se remettre du choc « d’une très forte intensité émotionnelle » causé par « le décès prématuré de sa jeune épouse », et qu’il profiterait de son séjour en Espagne pour « effectuer un bilan de santé complet et y suivre des soins appropriés afin d’être au mieux de sa forme pour regagner le Gabon et reprendre au plus vite ses activités ».
Au Togo voisin, Eyadéma-père ne jetait-il pas de la poudre aux yeux des auditeurs lorsqu’il affirmait qu’il n’était jamais tombé malade, sauf la petite dysenterie qu’il avait contractée étant enfant ? Et que dire des faux bulletins de santé de François Mitterrand régulièrement établis pas l’Elysée, avec la complicité de son médecin personnel, et ce, jusqu’à sa mort ? Son successeur, Jacques Chirac, lui, n’a pas voulu se risquer dans cette aventure. Durant ses deux mandats, il n’a déposé aucun bulletin de santé. Lui, quand même, était à la hauteur de ses péchés.
Le citoyen doit-il être informé de l’état de santé de celui qui a entre ses mains sa destinée ? Délicate question ! Ceux qui répondent par l’affirmative avancent souvent le souci de transparence, principal fondement de la démocratie. Les tenants du « non » ressortent généralement l’argument juridique qui stipule que le secret médical doit couvrir tous les justiciables, y compris les hautes personnalités de l’Etat.
Comme pour apporter de l’eau à leur moulin, la plupart des Constitutions, africaines, surtout, sont d’ailleurs assez évasives sur la question. C’est le cas de la loi fondamentale du Burkina qui, en son article 43, annonce : « Lorsque le Président du Faso est empêché de façon temporaire de remplir ses fonctions, ses pouvoirs sont provisoirement exercés par le Premier ministre ».
Son alinéa 2 ajoute : « En cas de vacance de la Présidence du Faso pour quelque cause que ce soit, ou d’empêchement absolu ou définitif constaté par le Conseil constitutionnel saisie par le Gouvernement, les fonctions du Président du Faso sont exercées par le Président de l’Assemblée nationale ». Un bilan constitutionnel maigre pour pouvoir prendre une position. L’omission est-elle intentionnelle ? Bref …
Ceux qui pensent que le secret médical ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ne manquent pas d’arguments. Par contre, il y a deux points sur lesquels les autorités sont difficilement défendables. Primo, à défaut de pouvoir dire la vérité à leurs gouvernés, qu’elles aient au moins la décence de se taire au lieu de raconter des insanités. Le cas Bongo (comme celui de bien d’autres présidents vivants ou disparus) est assez symptomatique de la désinformation ambiante lorsque pareille situation survient.
Et le Nigeria ne fait pas exception à la règle. Au pays de Fela, c’est la même posologie administrée. Secundo, au nom du prétendu secret médical, la gestion de l’Etat ne doit être prise en otage par l’impossibilité du président de gouverner. Plutôt que de casser le thermomètre pour baisser la température, des mesures palliatives, précisées d’ailleurs dans beaucoup de constitutions, doivent être prises pour assurer la continuité de l’Etat.
Issa K. Barry
lobservateur
09:56 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : umaru yar'adua, nigéria, chefs d'etat africains
03 novembre 2009
BIENS DES CHEFS D’ETAT AFRICAINS : Aussi longtemps que la Fançafrique existera...
Aussi longtemps que la Fançafrique existera, de nombreux chefs d’Etat africains se la couleront douce. Ils peuvent se muer en hommes d’affaires, opérateurs économiques et en investisseurs, et s’acquérir des patrimoines mobiliers et surtout immobiliers dans les quartiers les plus huppés des grandes villes de France et d’autres pays d’Europe. A Paris, villas, hôtels ou appartements de luxe, au 16e, 8e ou au 17e arrondissement ou encore à Neuilly-sur-Seine ou sur les Champs-Elysées, constituent l’essentiel de ces acquisitions.
Que des chefs d’Etats africains et leurs familles possèdent des hôtels particuliers, des appartements et des voitures de luxe, qu’ils séjournent en Occident dans un confort inouï n’est pas surprenant. Ce qui est étonnant, c’est surtout l’ampleur des investissements : plus de 160 millions d’euros en France. C’est la raison pour laquelle des ONG comme Transparency International et Sherpa avaient déposé une plainte auprès de la justice française, accusant les chefs d’Etat feu Omar Bongo, Denis Sassou NGuesso et Teodoro Obiang-Nguéma, entre autres, d’avoir spolié leur peuple en amassant des biens mobiliers et immobiliers sur le sol hexagonal. La justice française, il fallait s’y attendre, vient de débouter les plaignants. Certes, cette justice est indépendante, ou plutôt relativement indépendante. Dans cette décision cependant, difficile de ne pas y voir la main du politique.
Les pays que dirigent les présidents incriminés, en l’occurrence le Gabon, le Congo-Brazzaville et la Guinée équatoriale, sont de gros producteurs de pétrole. Ils ont des rapports privilégiés avec la France et appartiennent donc au pré carré. La métropole pouvait-elle laisser faire et agir à sa guise une justice dont les décisions pouvaient contrarier la Françafrique et mettre à l’épreuve la relation franco-africaine ? On pourrait être tenté de dire que ces ONG, Transparency International/France et Sherpa ont essuyé un camouflet. Leur entreprise a été stoppée net. Mais à y regarder de très près, ils n’ont pas manqué leur cible. On peut dire que d’une certaine façon, leur objectif a été atteint. Elles ont réussi à contrarier les chefs d’Etat africains en mettant à nu une de leurs pratiques occultes. C’est dire que la dénonciation n’a pas été vaine et qu’elle contribuera au réveil de la conscience africaine.
Ce que l’on peut juste déplorer, c’est le fait que ce soit les seules OSC occidentales qui se mettent aux avant-postes de la dénonciation. Ce combat-là devait plutôt être entrepris par les Africains qui sont avant tout les premiers concernés. Il importe donc que ceux-ci se mobilisent contre les pratiques de leurs dirigeants qui anéantissent tous leurs efforts de développement et qui les maintiennent dans la pauvreté et la misère absolues. Les ONG occidentales seraient bien inspirées de transférer cette expertise aux associations locales pour que celles-ci soient plus actives sur le sol africain d’où partent les capitaux spoliés. Mais encore faut-il que ces dernières le veuillent.
On reste néanmoins étonné du silence assourdissant de Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, lui qui était cependant monté au créneau pour dénoncer les crimes contre l’humanité commis en Guinée-Conakry. En réalité, les crimes économiques, qui sont ici en cause, ne sont pas moins graves que les génocides. Les crimes économiques tuent également à petit feu et font de ce fait plus mal. Ils doivent donc être dénoncés et combattus avec la même virulence. Finalement, nos chefs d’Etat se révèlent être de gros opérateurs économiques. Plus besoin de faire des pieds et des mains pour aller chercher des investisseurs ailleurs. Toutes ces fortunes qui quittent nos pays peuvent contribuer à créer des emplois, à produire de la richesse, à lutter efficacement contre le chômage et mieux servir au développement de l’Afrique.
La comparaison avec les oligarchies de Russie et des Emirats arabes du Golfe qui ont de grosses propriétés immobilières en Europe, passent mal. En effet, la misère des peuples de ces Etats est beaucoup moins crasse que celle des populations africaines. Sous cet angle, ces oligarchies sont beaucoup moins condamnables que les Sassou et consorts dont le niveau de développement de leur pays est au plus bas en dépit de plusieurs décennies d’indépendance.
Par Boureima OUEDRAOGO SONRE
10:18 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, chefs d'etat africains
01 juin 2009
Triste image de dirigeants africains aux sommets de l'ONU
Source : web (origine inconnue)
Comprenez pourquoi, sur cette image, le Zimbabwé enregistre un taux d'inflation qui se chiffre en millions de %. Pauvre Afrique!!!
Regardez bien ces messieurs, ce sont pas de vulgaires personnages mais plutôt Leurs Excellences Messieurs les chefs d'Etat de pays africains. Que font-ils en ce moment? Ils travaillent... en prenant part activement à un sommet très important des Nations Unies!!!
- Quand il fallait débattre de l'énergie et du pouvoir, ils dormaient.
- Quand il fallait délibérer sur le développement économique, ils dormaient.
- Quand il fallait délibérer sur la sécurité alimentaire, ils étaient endormis..
- Quand on a fixé le taux d'intérêt du débiteur (l'Afrique) des prêts, ils étaient endormis.
- Quand on a délibéré de la résolution des conflits par le dialogue, ils ronflaient déjà.
Ils ne se sont réveillés, que pour appuyer la motion d'ajournement et signer le communiqué final.
Bien sûr, ils ont besoin de repos, ils ont travaillé sans relâche au pays à réprimer leurs opposants et les critiquer.
Ils ont passé la nuit à réfléchir sur leur prochain déplacement et sur l'élaboration de stratégies pour mieux maîtriser leurs adversaires.
Après avoir "bien travaillé", ils retournent tout fièrement au pays où les attendent, avec beaucoup d'espoir, des millions de personnes... Et quel spectacle à l'arrivée?!
- accueil en grande pompe à l'aéroport ;
- rues fermées 2 heures avant leur arrivée ;
- moyens de transport à moteur bloqués 1h avant ;
- policiers armés mobilisés 8h avant leur arrivée ;
- clameurs de la foule chantant et louant ses dirigeants pour les encourager.
Pauvre Afrique!!!
10:08 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chefs d'etat africains