30 juillet 2009

Crise économique : Le FMI augmente la cagnotte des pays pauvres

Source : lobservateur.bf (Article publié le 30 juillet 2009)

 

Accroissement des financements offerts aux pays les plus pauvres, refonte du cadre de prêt du FMI, simplification de la conditionnalité et annulation des intérêts sur les prêts concessionnels du Fonds jusqu’en 2011. Ce sont là, entre autres, les avantages qui accompagnent l’expansion de l’aide financière concessionnelle aux pays à faible revenu prévue pour se chiffrer à 17 milliards de dollars EU d’ici à 2014, dont 8 milliards de dollars EU durant les deux prochaines années. Cette réforme des programmes du Fonds monétaire international (FMI) a été présentée à des hommes de média du Burkina Faso et du Sénégal, par son directeur général (DG), Dominique Strauss-Kahn en direct de Washington au cours d’une vidéoconférence de presse, hier mercredi 29 juillet 2009.

 

 

« Ces démarches représentent pour le FMI un effort historique pour aider les pauvres dans le monde », a déclaré, d’entrée de jeu, le directeur général (DG) du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn. En direct de Washington, il s’est entretenu, par le biais des TIC, avec des hommes de média du Burkina Faso et du Sénégal au cours d’une vidéoconférence de presse.

 

Premiers à prendre part aux échanges de près d’une heure, les journalistes burkinabé, réunis dans les locaux de la mission résidente de la Banque mondiale à Ouagadougou. Et Dominique Strauss-Kahn (DSK) d’expliquer que le Conseil d’administration du Fonds monétaire a approuvé des mesures sans précédent qui permettront d’accroître sensiblement les ressources à la disposition des pays pauvres en cette période de crise mondiale.

 

Ces ressources, qui proviennent notamment de la vente de l’or du Fonds, porteront le montant des prêts concessionnels du FMI à 17 milliards de dollars EU jusqu’en 2014, et pourront atteindre 8 milliards de dollars EU au cours des deux années à venir. En outre, le FMI a annoncé la suspension du paiement des intérêts sur l’encours des prêts concessionnels pour tous les pays membres à faible revenu jusqu’à la fin de 2011.

 

Ce soutien accru s’appuiera sur une nouvelle panoplie d’instruments de prêt. DSK soutient que cette expansion sans précédent du soutien de sa structure aux pays les plus pauvres, en Afrique subsaharienne et dans le monde entier, vient en réponse à la crise économique : « Le G-20 a demandé l’aide du FMI pour répondre à la crise économique mondiale qui a si durement frappé les pays à faible revenu ; nous avons pris une série de mesures historiques pour venir en aide aux pauvres dans le monde. Les nouvelles ressources, offertes par le biais de nouvelles facilités, devraient permettre à des millions de personnes d’échapper à la pauvreté. Il faut souligner que le montant alloué pour les 2 prochains ans dépasse les 6 milliards de dollars EU de prêts nouveaux demandés par le G-20 au cours des deux à trois années à venir. Non seulement, l’expansion du soutien du FMI aidera ces pays à faible revenu à surmonter une crise dont ils ne sont pas responsables, mais lorsque celle-ci sera passée, elle posera les jalons des progrès de la lutte contre la pauvreté ».


Une batterie de nouvelles mesures

 

Pour le directeur général du FMI, les nouvelles mesures représentent un effort supplémentaire considérable au cours des années à venir. Ce soutien inclut les volets suivants :

 

• l’expansion de l’aide financière concessionnelle aux pays à faible revenu, provenant notamment de la vente d’or, pour porter la capacité de prêts concessionnels de l’institution ;

 

• un allègement des intérêts sur les facilités concessionnelles, en suspendant le paiement jusqu’à la fin de 2011 pour aider les pays à faible revenu à faire face à la crise ;

 

• une concessionnalité désormais plus forte des concours financiers du FMI, accompagnée d’un mécanisme d’actualisation des taux d’intérêt après 2011 ;

 

• une nouvelle panoplie d’instruments financiers adaptés aux besoins divers des pays à faible revenu et plus à même de les aider à relever les défis de la crise :

 

- la facilité élargie de crédit offre un soutien souple à moyen terme ;

 

- la facilité de crédit de confirmation répond aux besoins de crédit de précaution à court terme et

 

- la facilité de crédit rapide offre un soutien d’urgence avec une conditionnalité limitée.

 

« 60 pays dans le monde sont concernés et la procédure est automatique et sans aucune condition », a ajouté Dominique Strauss-Kahn pour qui, la mise en place d’instruments et de politiques plus adaptés pour pallier à la crise économique constitue un assouplissement et une évolution de son institution qui entame là, une ère nouvelle.

 

Dans son communiqué de presse publié le 29 juillet 2009, DSK affirme que les programmes appuyés par le FMI insisteraient davantage sur les objectifs de réduction de la pauvreté et de croissance dans le cadre de tous les nouveaux instruments de prêt, et fixeraient notamment des objectifs pour préserver les dépenses sociales et autres dépenses prioritaires.


« Aidez-nous à vous aider ! »

 

L’institution a déjà annoncé cette année qu’il envisageait une plus grande souplesse de la conditionnalité dans ses programmes : les conditions de la réforme structurelle ont été simplifiées pour tous les programmes du FMI. La conditionnalité structurelle des programmes à moyen terme des pays à faible revenu gagnera en souplesse et sera davantage axée sur les objectifs centraux propres à chaque pays.

 

Les programmes appuyés par le Fonds ont aussi toléré des déficits budgétaires plus importants dans la plupart des pays à faible revenu pendant la crise. A en croire DSK, son organisme entend abandonner son statut de gendarme pour celui de médecin : « Le Fonds se présente désormais à l’image d’un médecin, qui doit parfois se montrer sévère dans le but de vous aider à guérir de votre mal, en l’occurrence la pauvreté ».

 

En d’autres termes, le Fonds monétaire international va veiller à une bonne utilisation de ressources allouées dont la gestion revient aux pays pauvres eux-mêmes. Ces pays doivent, à cet effet, assurer la mise en place de meilleures politiques économiques dans le but d’éviter les dérives en matière de gouvernance notamment au niveau des politiques fiscales et douanières : « L’effort de développement doit venir des pays à faible revenu eux-mêmes, sinon l’aide de la Communauté internationale restera vaine. Aidez-nous donc à vous aider ! »

 

Hyacinthe Sanou (Stagiaire)

 

 

lobservateur

08 octobre 2008

Campagne présidentielle américaine : La crise économique au cœur du deuxième débat télévisé

Article publié le 08 octobre 2008 (Source:rfi.fr)

Les deux candidats se sont engagés à aider les classes moyennes qui craignent les conséquences sur leur avenir de la crise financière qui ébranle les marchés. « Nous sommes dans la pire crise financière depuis la Grande Dépression et un grand nombre d'entre vous, je pense, sont préoccupés pour leurs emplois, leurs retraites », a dit Obama. « Les Américains sont en colère, ils sont ulcérés et ils ont un peu peur », a affirmé McCain. A quatre semaines exactement de l'élection présidentielle du 4 novembre, ce débat était considéré comme l'une des dernières chances pour John McCain, et peut-être sa meilleure, d'infléchir le cours d'une campagne qui, depuis que l'économie est au centre de toutes les préoccupations, tourne à l'avantage du candidat démocrate.

<p>En difficulté dans les sondages, le sénateur de l'Arizona, John McCain,&nbsp;comptait sur ce débat pour relancer sa campagne.</p>( Photo : Reuters )

En difficulté dans les sondages, le sénateur de l'Arizona, John McCain, comptait sur ce débat pour relancer sa campagne.


( Photo : Reuters )

Avec notre envoyée spéciale à Nashville, Anne Toulouse

Le débat, qui a duré deux heures, était différent du premier dans le format puisque c’était un panel d’électeurs de la région de Nashville qui posait la plupart des questions. Tous ont été choisis par l’institut Gallup parmi ceux qui n’ont pas encore fait leur choix. Ces heureux élus étaient assis en rond autour des candidats. La plupart n’ont d’ailleurs pas fait autre chose, et même ceux qui ont posé des questions ont du se demander s’ils n’avaient pas fait le déplacement pour rien ! En effet, ce type de débat donnant généralement lieu à de véritables interactions, les candidats ont préféré se parler par-dessus la tête de leurs interlocuteurs, parfois en ignorant quasiment la question qui leur avait été posée pour partir dans un discours de campagne… Il est vrai que nous sommes désormais à quatre semaines seulement de l’élection et que le ton devient par conséquent de plus en plus dur. Les deux candidats ne se sont pas lâchés de la soirée, rabâchant des accusations que l’on a entendues cent fois, sur qui a le plus manqué de jugement, qui va le plus augmenter les impôts, qui a voté pour quoi, etc.

La seule chose qui ait été épargnée au public sont les accusations très personnelles qu’ils ont échangé ces derniers jours par le biais de publicités électorales sur leurs associations passées avec des personnages controversés.

La crise économique a occupé les deux tiers du débat

Pour  John McCain, « les Américains sont en colère, mal à l’aise et inquiets ». Seule nouveauté de la soirée : il a annoncé un plan qui permettrait au gouvernement de racheter les hypothèques pour que les propriétaires qui n’arrivent pas à payer leurs mensualités puissent garder leurs maisons. C’est de la part de John McCain une tentative de reprendre la main sur un dossier qui le désavantage, car sa baisse dans les sondages a coïncidé exactement avec la flambée de la crise économique. Ce qui est finalement le plus remarquable, c’est la réponse des deux candidats lorsqu’on leur a posé la question : « Qui prendrez-vous comme ministre des Finances ? » Cette question intéresse au premier chef les Américains. L’un et l’autre ont lancé des noms comme le financier Warren Buffet pour Barack Obama, Meg Whitman qui est à la tête du site eBay pour John McCain, mais tous deux ont également laissé entendre que ces noms-là n’étaient pas ceux qu’ils choisiraient, et qu’en fait ils n’avaient pas choisi ou qu’ils ne voulaient pas le dire, ce qui a laissé tout le monde sur sa faim…