13 décembre 2009
ANDRE BRINK / INTERVIEW
« L'ANC est devenu l'ennemi du peuple »
Jeune Afrique 12 décembre 2009
A l'occasion de la publication de ses Mémoires, l'écrivain sud-africain commente le débat francais sur l'« identité nationale ». Et évoque l'évolution de la nation Arc-en-Ciel. Interview.
En janvier 2010, le romancier sud-africain André Brink publiera une longue autobiographie intitulée Mes bifurcations (Actes Sud). Plus qu’un déroulé chronologique des événements marquants de sa vie – son engagement contre l’apartheid, ses amours, la publication d’Une saison blanche et sèche, la libération de Mandela… –, il s’agit d’une série de courts essais sur l’enfance, l’écriture, la musique, la question raciale, l’Afrique du Sud, la France, l’amour. « Tant que cela restera possible, je parlerai, je ne pourrai pas, je ne voudrai pas me taire. Tant qu’il y aura des bifurcations en chemin, je serai heureux d’emboîter le pas à l’hérétique Don Quichotte et je les emprunterai », écrit-il en guise de conclusion. Rencontre à Paris avec un écrivain qui, quinze ans après la fin de l’apartheid, conserve toujours son sens critique.
Jeune Afrique : En tant que romancier francophile, que pensez-vous de la polémique qui a opposé Marie NDiaye au député français demandant un « devoir de réserve » aux écrivains salués par le prix Goncourt ?
André Brink : C’est déplorable. C’est le métier d’un écrivain que de porter un regard lucide, sans ambiguïté et sans compromis sur l’ensemble de la société. Vouloir imposer aux romanciers le respect des autorités et des attitudes conventionnelles acceptables, c’est lamentable. Je ne m’attendais pas à ce type d’attitude en France, qui pour moi représente toujours le pays de la liberté, de l’égalité, de la fraternité. Je me range entièrement aux côtés de Marie NDiaye, contre l’attitude myope des autorités. J’espère que ce député n’est qu’une voix solitaire. S’il y en avait d’autres, il y aurait des raisons de s’inquiéter.
Comment réagissez-vous à l’expression « identité nationale », portée sur le devant de la scène par les autorités françaises ?
Cette expression me rappelle un sentiment que l’on rencontre trop souvent en Afrique du Sud – et que l’on rencontrait surtout dans l’ancienne Afrique du Sud. Il s’agissait alors de définir l’identité des Afrikaners par opposition à l’identité des Noirs ou des Blancs de langue anglaise. Aujourd’hui, l’Europe entière ressent la nécessité de se redéfinir, notamment en raison de l’arrivée d’un grand nombre d’immigrés venus d’Afrique et d’ailleurs. Il est peut-être nécessaire de redéfinir l’« identité nationale ».
Il faut à mon avis étendre les frontières et élargir notre conception pour s’orienter vers une notion de l’identité qui soit plus accueillante.
Vous avez vécu à Paris dans les années 1960. Quel regard portez-vous sur la France d’aujourd’hui ?
Je n’ai pas une impression très plaisante. Ni très rassurante. Je ne peux pas juger, car je n’en sais pas assez, mais je constate que la France n’est pas allée assez loin pour comprendre et accueillir les autres. Elle s’est repliée sur des définitions anciennes et des opinions périmées. C’est pourtant une belle aventure que de vivre dans une société de plus en plus diverse, porteuse de riches défis créatifs. J’aurais aimé que la France s’exprime avec moins d’appréhension, avec plus de générosité et de compréhension.
Pour en venir à l’Afrique du Sud, vous avez été très critique envers Jacob Zuma. Votre avis n’a pas changé ?
Si, un petit peu. Car l’accession de Zuma au pouvoir l’a rendu un peu plus mesuré. Il est disposé à apprendre et à s’adapter à la situation. Auparavant, il donnait l’impression d’être quelqu’un d’assez myope, incapable de trouver des solutions aux énormes problèmes de l’Afrique du Sud. Mais il a démontré une réelle compréhension de la situation et une véritable volonté d’écouter ce qu’avaient à dire les gens ordinaires, et pas seulement les dirigeants politiques. C’est cette volonté d’écouter et d’agir qui m’a impressionné. Je sais que c’est un homme politique, qu’il aime être respecté et populaire au point de verser dans un populisme dont je me méfie, mais il a fait montre d’une générosité d’esprit que je n’attendais pas de lui. Pour l’instant, je suis prêt à lui accorder le bénéfice du doute et à lui laisser le temps de faire ses preuves.
Dans votre autobiographie, Mes bifurcations, vous écrivez : « Depuis son accession au pouvoir, l’ANC est devenu l’ennemi du peuple » [p. 514]. C’est un jugement sévère…
Cela reste malheureusement mon avis. Quand je parle de l’ANC, je pense d’abord à l’ANC de Nelson Mandela et c’est cet ANC qui, je trouve, a été trahi. L’ANC actuel est un parti politique qui se prend toujours pour un mouvement de libération. Il manque d’ouverture d’esprit et semble avoir perdu sa base morale. Pour moi, peut-être parce que je suis écrivain, cette base reste le fondement le plus important de n’importe quel mouvement. Malheureusement, la rupture au sein de l’ANC, qui promettait il y a quelques mois une vraie ouverture vers l’Afrique et vers le monde, n’a pas encore pu aller assez loin, et l’identité de l’ANC n’a pas beaucoup changé.
Vous êtes très pessimiste ?
Même si je ne suis plus l’optimiste que j’étais, je n’en suis pas encore arrivé au stade du pessimisme. Dans cette situation assez ténébreuse, il y a toujours des lueurs qui continuent de me donner des raisons d’espérer. Si l’on prend un instant pour observer la scène politique et sociale actuelle et pour se souvenir de l’Afrique du Sud d’il y a quinze ans, il n’y a pas de quoi sombrer dans le pessimisme. Nous ne nous trouvons qu’au début d’une histoire démocratique.
La violence en Afrique du Sud vous inquiète toujours autant pour la cohésion du pays ?
Il devient de plus en plus indispensable d’apprendre à vivre ensemble. Je raconte souvent la même anecdote. Le fils d’un ami à moi, qui est blanc, s’est lié d’amitié avec un petit Noir à l’école maternelle. Ils sont devenus inséparables. Un jour, le fils de mon ami a rencontré le père de son camarade et s’est exclamé : « Tu ne m’avais pas dit que ton papa était noir ! » Pour moi, c’est l’expression parfaite de ce qui peut advenir. Si une amitié comme celle-là peut exister, si un enfant en arrive à ne plus savoir de quelle couleur est l’autre, il y a beaucoup d’espoir.
Vous êtes toujours opposé à la « discrimination positive » ?
Oui. Je comprends la nécessité d’une telle politique, notamment après la fin de l’apartheid. Mais cette discrimination prétendument positive a chassé des milliers de Sud-Africains blancs parmi les plus doués du pays vers le Canada, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, l’Australie. Le pays ne pouvait pas se permettre et ne peut plus se payer cette hémorragie de talents. C’est une politique qui a agi contre le bien du pays. Il est certes nécessaire d’offrir des opportunités aux gens qui, auparavant, n’y avaient pas accès, mais il faut essayer de trouver les moyens de canaliser ces talents dans la bonne direction, sans sacrifier ceux des autres.
Le romancier et prix Nobel de littérature J.M. Coetzee a quitté l’Afrique du Sud pour l’Australie. Comprenez-vous cet exil ?
Franchement, non. J’ai beaucoup de respect pour lui en tant qu’écrivain et ami – même si ami est un mot sans doute trop fort car je ne crois pas qu’il ait vraiment des amis. Nous avons travaillé ensemble et dirigé des cours à l’université, mais il s’est toujours tenu à l’écart. Il est resté un étranger, quelqu’un de difficile à connaître. J’accepte qu’il ait eu ses propres raisons pour prendre une telle décision. Je ne peux pas en juger. C’est une grande perte pour la littérature sud-africaine car il compte parmi les plus grands de la littérature mondiale.
Vous êtes un écrivain politique. Diriez-vous engagé ?
L’écriture dite « engagée » appartient à une époque spécifique. Le monde a tellement changé depuis l’ère de l’existentialisme, l’époque de Camus et Sartre, que j’hésite à l’employer aujourd’hui. En même temps, je défends l’idée d’une écriture qui prenne en compte les problèmes humains, les angoisses et les soucis de l’individu, dans un monde de plus en plus complexe, de plus en plus confus, et qui aille jusqu’à se saisir à bras-le-corps des grandes questions politiques et sociales. Non pas pour résoudre des problèmes et donner des réponses faciles, mais pour indiquer une direction possible.
Pourquoi avez-vous décidé d’écrire votre autobiographie ?
Ça n’est pas tout à fait ma décision. J’ai eu des demandes de plusieurs éditeurs et j’ai résisté pendant très longtemps. Je me méfiais de la notion d’autobiographie qui, traditionnellement, prend comme point de départ la naissance, traverse toute la carrière et suit la ligne d’une vie jusqu’à sa fin. C’est mon mariage avec ma femme actuelle, Karina, qui m’a permis de trouver une forme pour cet écrit. Je me suis intéressé à elle en tant qu’étrangère à l’Afrique du Sud. Elle est polonaise de naissance et elle a grandi dans des circonstances tout à fait différentes, presque incomparables. J’ai essayé de lui raconter ma vie avec l’intention de me l’expliquer à moi-même. J’ai abordé plusieurs questions qui me tenaient à cœur sous forme d’essais. Cela m’a donné la liberté de raconter mon histoire sans pour autant insister sur une série d’expériences se succédant de façon chronologique.
Vous parlez surtout des autres, en réalité, des amis, des proches…
Je ne trouve pas intéressant de me préoccuper de moi-même. C’est une idée sartrienne : on se définit d’abord et surtout à travers les autres. C’est là aussi une idée profonde de la philosophie africaine. Je me trouve là où je me trouve grâce aux gens que j’ai rencontrés. C’est une façon de leur rendre hommage et d’essayer de définir ce que j’ai appris grâce à eux.
Les femmes occupent une place centrale dans votre vie…
C’est ce que je crois aussi ! Mais j’ai l’impression, que cette fois, j’ai trouvé mon chez moi avec Karina, ma femme actuelle. Je ne ressens plus le besoin de partir à la recherche de quelqu’un pour partager ma vie.
La France célèbrera bientôt les 50 ans de la mort d’Albert Camus. C’est un de vos auteurs favoris. Que vous reste-t-il de lui ?
Pour Camus, la définition des droits de l’homme s’enracinait dans l’idée de la révolte. C’est à partir de là qu’il a exploré ce qui contribue à élargir la notion de droits de l’homme. L’idée de dire non, c’est le refus des compromis, de l’injustice, du mensonge. C’est aussi accepter la nécessité de s’opposer à toute situation qui menace l’intégrité de l’être humain, sa dignité et ses choix. C’est là l’essence de Camus. 50 ans après sa mort, je crois que l’idée camusienne conserve toute sa pertinence.
Dans votre autobiographie, il y a un passage très sévère à l’égard d’Israël.
Je suis allé en Israël, j’ai visité la Palestine au début de ce siècle, j’ai vu ce qu’il s’y passait et c’est avec horreur que j’ai reconnu dans la situation des Palestiniens ce qu’étaient les conditions de vie de mes compatriotes noirs durant l’apartheid. J’ai une sympathie énorme pour ce que les Juifs ont vécu, en particulier durant la Seconde Guerre mondiale. J’ai visité plusieurs camps de concentration et cela compte parmi les expériences les plus bouleversantes de ma vie. J’ai vraiment un sentiment de respect et d’admiration pour les Juifs en général. Mais au regard de la politique officielle d’Israël, je pense que l’oppression dont sont victimes les Palestiniens dans leur propre pays est une des horreurs de notre époque.
La Coupe du monde de football 2010 approche. Pensez-vous que l’Afrique du Sud est prête pour ce grand événement ?
Je reste un peu inquiet, car je ne suis pas sûr que les autorités sud-africaines soient vraiment en mesure de contrôler la situation. Sur le plan de la violence, de la circulation publique, des transports… Des millions d’étrangers vont venir et voir ce qu’il se passe dans les bidonvilles et les quartiers noirs des villes. On n’a pas encore fait assez pour démontrer au monde qu’on s’occupait des besoins de la majorité noire et qu’on était en mesure d’assurer la sécurité de tous les visiteurs.
00:10 Publié dans AFRIQUE, INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : andré brink, anc, "identité nationale", france, afrique du sud
10 décembre 2009
FRANCE - GUINEE
Attentat contre Dadis La junte y voit la seringue du Dr Kouchner
L'observateur paalga 10 décembre 2009
Ils se fourrent le doigt dans l’œil, tous ceux qui croyaient que la tentative de meurtre ou de coup d’Etat perpétrée contre le capitaine Moussa Dadis Camara par son aide de camp, le lieutenant Aboubacar Diakité dit « Toumba », était une œuvre de salubrité publique et que Dadis mis hors jeu, l’horizon se dégagerait pour une transition apaisée en Guinée. C’était aller un peu trop vite en besogne en croyant que l’équation guinéenne dépendait uniquement de la variable Dadis.
La preuve, bien qu’étant au Maroc où il reçoit des soins appropriés, l’homme fort de Conakry est loin d’être lâché par ses camarades d’armes dont la plupart ont fait bloc autour de lui. Or, pour faire évoluer positivement les choses, il faut que le chef intérimaire de la junte et ministre de la Défense, le général Sékouba Konaté, accepte de faire bouger les lignes des tenants du pouvoir. Mais cela ne semble pas du tout le cas puisque Sékouba, jusque-là, manifeste sa loyauté à Dadis pour ne pas dire à la junte.
Et la traque de Toumba ainsi que les vagues de répressions et d’exactions qui s’en suivent dans les quartiers de Conakry et à l’intérieur du pays en sont la parfaite démonstration. Et comme pour montrer que, malgré la défection et la forfaiture de Toumba, la junte reste unie derrière son chef historique, Conakry a annoncé la suspension de sa participation aux négociations de sortie de crise de Ouagadougou jusqu’à ce que Dadis retourne en Guinée et reprenne ses fonctions de chef d’Etat.
Autant dire que la médiation que mène le président du Faso, Blaise Compaoré, est rejetée aux “calendes guinéennes” puisqu’à ce jour, bien malin sera celui qui pourra dire quand Dadis retournera dans son pays et, surtout, sera à même d’assumer le pouvoir d’Etat. Cette suspension est en réalité un non- événement, car tout le monde savait que les négociations piétinaient et que les deux parties s’arc-boutaient sur leurs positions.
C’est certain, les événements du jeudi 3 décembre 2009 sont loin de pousser la Guinée vers le bout du tunnel. Ils tendent même à radicaliser les militaires et à détériorer davantage les relations du pays de Sékou Touré avec la communauté internationale, notamment avec la France. L’ancienne puissance colonisatrice est en effet pointée du doigt par la junte, qui l’accuse d’être de mèche sinon d’avoir incité l’avènement du drame au camp militaire de Koundara.
Dans la ligne de mire, il y a Bernard Kouchner, le french doctor et ministre des Affaires étrangères. Conakry l’accuse d’être proche de l’opposition et même d’avoir reçu l’opposant Alpha Condé à Paris. Mais il faut dire que Kouchner n’a jamais été tendre, et c’est peu dire, avec la junte. N’ayant pas la langue dans sa poche, le ministre de Sarkozy a souvent été irrévérencieux vis-à-vis des autorités guinéennes. Mais de là à vouloir lui faire porter le chapeau du dénouement sanglant de Koundara, il y a assurément un pas que la junte a vite franchi.
Il est évident que les services secrets français ne chôment pas sur le dossier guinéen et qu’il y a des réseaux d’influence qui sont actifs à Conakry. Mais à analyser l’attitude des autorités intérimaires mais aussi de l’aide de camp tireur, tout semble confirmer la non-participation de la France à ce règlement de comptes entre frères d’armes. En effet, les autorités intérimaires sont loyales à Dadis et Toumba, après son forfait, a pris la poudre d’escampette. C’est la preuve qu’il n’avait pas prévu être calife à la place du calife, et que ceux qui assurent l’intérim à Conakry n’étaient en rien impliqués dans les desseins du lieutenant Toumba.
San Evariste Barro
lobservateur
09:26 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, france, bernard kouchner, françafrique
FRANCE - RWANDA
Bientôt un nouvel ambassadeur de France au Rwanda
Jeune Afrique 10 décembre 2009
Le Conseil des ministres a nommé mercredi un ambassadeur de France au Rwanda, dans la foulée de l'annonce il y a dix jours de la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays, a rapporté le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.
Le président rwandais Paul Kagamé© AFP
"Une proposition va être très prochainement faite aux autorités rwandaises", a-t-on précisé à l'Elysée sans donner le nom de cet ambassadeur, arguant qu'il devait encore obtenir le feu vert de Kigali avant d'entrer en fonctions.
La France et le Rwanda ont repris le 29 novembre leurs relations diplomatiques, rompues par Kigali fin 2006 après l'émission par la justice française de mandats d'arrêt visant des proches du président Paul Kagamé.
Ces personnalités sont soupçonnées d'être impliqués dans l'assassinat en avril 1994 de l'ex-président rwandais hutu, Juvénal Habyarimana, considéré comme l'élément déclencheur du génocide au Rwanda. Les massacres ont fait, selon l'ONU, au moins 800. 000 morts pour l'essentiel d'ethnie tutsie.
Ce rétablissement a été annoncé à la faveur d'une visite express à Kigali du secrétaire général de la présidence Claude Guéant et du conseiller de Nicolas Sarkozy chargé des questions africaines, André Parant.
09:13 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, rwanda, françafrique
09 décembre 2009
FRANCE - TOGO
Avis de tempête diplomatique
L'observateur paalga 10 décembre 2009
Le temps se gâte entre Paris et Lomé. Le Quai d’Orsay a, en effet, annoncé mardi l’expulsion d’un diplomate togolais, en réponse au départ forcé d’Eric Bosc, premier secrétaire de son ambassade à Lomé. Un échange de “bons procédés” entre deux Etats qui, il n’y a pas si longtemps, pouvaient se vanter d’entretenir de bonnes relations. Mais qu’a donc fait le Français pour mériter la colère de ses hôtes ? Pas grand-chose, si ce n’est d’avoir mené des “activités incompatibles avec son statut de diplomate”.
Traduction faite de la langue de bois, on lui reproche en fait d’avoir entretenu
des relations trop suivies avec Koffi Yamgname, l’un des candidats à la présidentielle togolaise. Il faut dire à sa décharge qu’Eric Bosc, Breton de naissance, était plus ou moins familier avec l’ancien maire de Saint-Coulitz, Breton d’adoption. Mais de là à provoquer un incident diplomatique, il y a un fossé que les autorités togolaises se sont empressées de franchir.
A Lomé, en tout cas, le microcosme de l’opposition a de quoi s’étonner de la vive réaction du pouvoir. A priori, en effet, Faure Gnassingbé n’a pas grand-chose à craindre du candidat de “Togo debout”, dernier venu dans l’arène politique. Il se trouve pourtant qu’à tort ou à raison, les hommes du clan restent convaincus que le Franco-Togolais est loin d’être inoffensif.
Après une carrière politique en France durant laquelle il a assumé les responsabilités de député et de secrétaire d’Etat aux Affaires sociales et à l’Intégration, Koffi Yamgname a du répondant... en France. Il a décidé, sur le tard, de briguer la magistrature suprême dans son pays d’origine. C’est sans doute au regard de son passé français qu’à Lomé d’aucuns le considèrent comme l’homme de Paris. Ainsi, l’ancien ministre de Mitterrand aurait le soutien tacite de l’Elysée, ce qui ferait de lui un redoutable outsider dans la course à la présidentielle.
Sans rancune, le Quai d’Orsay a émis le souhait “que l’on dépasse rapidement cet épisode pour le bien des relations franco-togolaises”. Nul doute que les malentendus se seront très vite dissipés, surtout quand on sait qu’à l’approche des échéances électorales le Togo aura besoin de tous ses amis, sans exception, pour l’aider à régler les factures. L’affaire Eric Bosc ne sera alors qu’un vieux souvenir dans un ciel sans nuages.
Par H. Marie Ouédraogo
lobservateur
23:22 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, togo, françafrique
23 novembre 2009
Ali Bongo à Paris : Séjour d’allégeance ou de rupture ?
L'observateur paalga 23 novembre 2009
Ali Bongo Ondimba a achevé sa visite en France. Il y a séjourné après un détour à Londres, où il a assisté à un colloque sur la préservation des forêts tropicales. Un sommet qui l’intéresse particulièrement, vu qu’il a décrété les exportations d’agrumes pour compter de 2010 afin de faire profiter ses compatriotes de la transformation du bois sur place.
Mais la présence d’un Ali Ben Bongo Ondimba dans la capitale française n’est pas comme celle de n’importe quel chef d’Etat africain. Il est le fils de... Bongo, un des dernies baobabs de la Françafrique.
Il a été élu dans des circonstances controversées, même que ses adversaires soutiennent mordicus que sans l’imprimatur de l’Hexagone, il n’aurait jamais été élu. CQFD, puisque cette opposition est mal placée pour réclamer cette victoire, elle qui, mise ensemble, aurait obtenu la majorité. Ayant opté d’y aller en rangs dispersés, elle a gagné la présidentielle mais perdu la présidence.
Les bouches fendues au mauvais endroit ont vite fait d’assimiler cette visite de Bongo fils donc à de l’allégeance. Mais n’est-ce pas porter des œillères que de confiner un tel séjour dans ce carcan ?
Son père ne cachait pas ses liens étroits avec les dirigeants français. Il était à tu et à toi avec la classe politique et les hommes qui comptent dans ce pays. Et courant 2008, un ministre français, Bockel pour ne pas le nommer, qui pensait que le lion de Libreville avait les dents élimées, s’étant piqué de vouloir signer l’acte de décès de la Françafrique, prenant au mot son patron, Sarkozy, a perdu son poste : Bongo père a demandé et obtenu sa tête.
Mais tel père en politique peut ne pas être tel fils, et, pour le moment, Ali tente de le prouver. D’ailleurs, le voudrait-il qu’il ne le pourrait pas : son père, c’est une autre époque, sa longévité au pouvoir est exceptionnelle, et le contexte international d’aujourd’hui ne s’y prête pas. Bref, Ali est contraint de se faire un prénom.
Au Gabon d’abord, où il a commencé à nettoyer les écuries du Bongoland, en congédiant tous ces profiteurs et ces centaines de conseillers officiels ou occultes qui arpentaient les couloirs du palais du bord de mer. Concernant sa présence à Paris, ne serait-ce que dans les formes, il a voulu se démarquer de l’ombre tutélaire du père : en lieu et place de l’éternel hôtel Meurice, il a posé ses valises au George V.
Pendant son audience avec Sarkozy, il a été certes officiellement question des relations bilatérales entre les deux pays, du prochain sommet de Copenhague, de la politique de « l’émergence », de l’entrée en 2010 du Gabon au Conseil de sécurité des Nations unies.
Mais tout tête-à-tête entre chefs d’Etat comporte des off, et cette rencontre Sarkozy/Bongo fils n’a pas dérogé à la règle. A l’évidence, les deux personnalités sont des hérauts de la « rupture ». Le président français la pratique depuis un peu plus de 2 ans.
Depuis quelques semaines, Ali aussi veut montrer qu’il a coupé le lien politique qui le liait au père, du moins que certaines pratiques, qui étaient à la limite encouragées, seront désormais sanctionnées ; même s’il est vrai qu’il ne faut pas oublier que l’actuel chef de l’Etat gabonais est le pur produit d’un système, en l’occurrence celui du PDG. Bongo a-t-il profité de ce séjour pour signifier à Sarkozy que des bouleversements salutaires, surtout pour les Gabonais, devaient s’opérer ?
S’agissait-il d’une visite pour dire que l’époque des relations étatiques marquée du sceau de la condescendance est révolue ? Visite d’allégeance ou de rupture ? Les prochains mois en donneront les réponses.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
lobservateur
09:29 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gabon, france, françafrique, ali bongo, nicolas sarkozy
22 novembre 2009
L'Irlande siffle la fin de la polémique

AFP - La fédération irlandaise de football a reconnu samedi dans un communiqué publié sur son site internet avoir échoué dans sa tentative de faire rejouer le barrage retour face à la France en qualification pour le Mondial-2010 après la main controversée de Thierry Henry.
"Nous regrettons que, malgré nos efforts pour que le match soit rejoué, ce qui aurait restauré l'intégrité du sport aux yeux du monde, nos appels semblent être tombés dans les oreilles sourdes de la fédération française", écrit le président de la fédération, John Delaney.
"Malgré notre profonde déception, nous remercions nos joueurs, les formidables supporteurs irlandais et le public irlandais dans son ensemble pour leur soutien, ainsi que la solidarité du peuple français", ajoute-t-il.
"Il ne fait aucun doute que la crédibilité du fair-play a été mise à mal par cet incident devant une audience internationale (...). Nous continuerons d'appeller la FIFA à prendre des décisions pour s'assurer que ce genre d'exemple de tricherie ne soit pas autorisé à se reproduire", conclut-il.
Une vive polémique entoure la qualification de la France au Mondial-2010 après un barrage face à l'Irlande, grâce à un but décisif mercredi amené par une faute de main de Henry non détectée par l'arbitre.
Malgré les réclamations de l'Irlande et même la suggestion de Henry lui-même, la Fifa a déclaré vendredi qu'il n'était pas question de rejouer la partie.
15:41 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, irlande, thierry henri, coupe du monde 2010
21 novembre 2009
La France en premier pour Ali Bongo Ondimba
Jeune Afrique 21 novembre 2009
Le président gabonais est arrivé en France aujourd'hui pour une « visite de travail ». C’est sa première rencontre bilatérale en tant que chef d’Etat hors d’Afrique.
La rencontre entre Ali Bongo Ondimba et Nicolas Sarkozy, lors des funérailles d'Omar Bongo Ondimba© AFP
En choisissant la France pour sa première rencontre bilatérale hors d’Afrique, le président gabonais entretient les liens étroits entre Paris et Libreville, tissés par son père.
Ali Bongo Ondimba arrivé en France ce matin, pour un séjour de quatre jours, le premier depuis son investiture, même s'il s'y était déjà rendu depuis le scrutin présidentiel (un discret voyage, révélé par Jeune Afrique, avait déjà eu lieu fin septembre). La délégation gabonaise séjournera à l'hôtel George V.
A l’Elysée vendredi
Ali Bongo était présent à Rome cette semaine, pour le sommet de la FAO. Mais ses voisins d’Afrique centrale était jusqu’alors les seuls à l’avoir reçu en tant que président. La rencontre avec Nicolas Sarkozy à l’Elysée, prévue vendredi, confirme donc les liens entre la France et le Gabon, qui avaient pu paraître écornés pendant les derniers mois de son père, Omar Bongo Ondimba.
Les soins que ce dernier avait reçu en Espagne et surtout l'affaire dite des "biens mal acquis", avaient entaché la relation entre les deux pays. La justice française a finalement clôturé cette polémique, en jugeant la requête de l'ONG Transparence International irrecevable fin octobre dernier, au motif qu'elle n'avait pas subit de préjudice.
21:24 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gabon, ali bongo, france, françafrique
20 novembre 2009
ALI BONGO EN FRANCE : Le charme irrésistible de l’Elysée
Ainsi donc, Ali Bongo, à l’instar de tous les autres chefs d’Etats africains fraîchement élus, n’aura pas résisté au désormais traditionnel rituel d’entreprendre le voyage parisien pour y recevoir la bénédiction et l’onction du maître de l’Elysée. A vrai dire, on s’y attendait un peu, tant la chose est de bonne guerre. Tant d’enjeux sont dans la mise et on ne voit pas comment Bongo fils, à moins qu’il n’ait délibérément choisi de jouer les iconoclastes, aurait pu vraiment l’éviter. Visiblement ce ne sera pas là son penchant, bien au contraire, puisqu’il aura opté, pour sa première visite hors du continent, de prendre le chemin de l’ancienne métropole. Il administre par l’occasion même une bonne leçon de realpolitik à ceux qui, parmi ses détracteurs, pensaient que les liens un temps distendus entre Paris et Libreville allaient tout droit vers l’implosion : l’entente entre les deux pays demeure chaleureuse et l’amitié, envers et contre tout, solide.
Car, il faut le reconnaître, le navire des relations unissant la France et le Gabon aura tangué un bon moment. Peu de temps avant sa mort, Omar Bongo n’avait pas vraiment apprécié la plainte déposée dans la capitale française contre lui et d’autres chefs d’Etats africains, par des ONG les accusant de disposer de biens immobiliers acquis à la faveur d’argent public détourné. Le froid qui s’en est suivi ira jusqu’à dissuader l’ex-pilier de la Françafrique d’aller se faire soigner en France. Ses derniers soins, il les recevra, hospitalisé dans une clinique espagnole.
A l’époque d’ailleurs, la capitale gabonaise fustigera « l’acharnement complice des médias français » qui s’étaient fait l’écho de la plainte des ONG, y voyant la main du parti au pouvoir et menacera même de « réexaminer en profondeur les accords de coopération entre la France et le Gabon. » Mais visiblement on n’en arrivera pas là puisque, il y a seulement quelques semaines, la justice hexagonale a en définitive, refusé, en appel, d’ouvrir une enquête sur la question. Le chemin est à nouveau aplani et Bongo fils peut en toute sérénité se rendre dans l’ex-métropole pour normaliser le reste. On a bien dit qu’avec Sarkozy, il s’entretiendrait de la question du moment, le bien fameux changement climatique, mais, de toute évidence, il ne devrait pas y avoir que cela, realpolitik oblige.
Et ce, d’autant plus que les deux pays ont tout à gagner dans une normalisation future de leurs relations réciproques. L’héritier de Omar Bongo Ondimba, s’il tient à garder la place qu’occupait Feu son père, dans le pré carré français et s’il désire rester le porte-voix de l’Hexagone dans la région, a besoin d’entretenir de sains et solides liens avec l’ancienne métropole. Et ce, d’autant qu’il ne manque pas de sérieux rivaux dans son entourage pour lui en disputer le leadership. Preuve d’ailleurs que malgré tout ce qu’on dit, la Françafrique a de beaux restes. Et ils sont enviés.
La France elle aussi a besoin d’un « assainissement » de ses relations avec Ali Bongo. Après s’être fâchée avec le père, elle trouve son intérêt en se réconciliant avec le fils. Et ce faisant, c’est sa mainmise sur cette région ainsi que sur le continent africain qu’elle sauvegarde, en attendant peut-être de l’améliorer dans le futur. Bien sûr, aux obsèques de Bongo père, le président français Nicolas Sarkozy avait essuyé quelques quolibets et remarques désobligeantes. Tout au long du processus électoral, plus tard, les adversaires d’Ali Bongo accuseront la France de lui avoir donné de façon très manifeste, sa préférence. Il en résulta les attaques contre les intérêts et des symboles français à la proclamation des résultats. Tout cela est bien la preuve que l’image de l’ancienne puissance coloniale reste quelque peu ternie au sein de l’opinion gabonaise depuis l’élection présidentielle du 30 août 2009.
Nul doute que les deux pays ressentent un intérêt évident que tout cela se calme un peu, que le climat revienne à la normale. Ils se donneront sans doute les moyens nécessaires pour y parvenir. La visite de Ali Bongo à Paris est sans doute un premier pas qui augure de nombreuses autres à sa suite. La France possède de solides investissements au pays de Bongo, une base militaire française y est installée et cela représente sans doute énormément aux yeux de l’ancienne métropole. Ali Bongo, pour sa part, a promis de faire de son Gabon natal un pays émergent. Nul doute que pour réaliser ce rêve, il n’y a rien de tel que le rétablissement de relations d’excellence avec Paris. Le pétrole gabonais ne coulant plus à flot comme de par le passé, le pays étant à l’instar de tous les autres, soumis aux soubresauts causés par la crise économique et financière, il vaut mieux avoir des « amis sûrs » sur lesquels compter en cas de besoin. Et s’il se trouve que ces amis comme par hasard trouvent « intéressant » de porter secours, rien à dire, c’est tout bénéfice. On l’aura compris, Ali Bongo aura choisi de ne pas sectionner le cordon ombilical qui lie le Gabon à la France.
De toute évidence, il ne sera pas le seul à se réjouir de ce qu’on conviendra sans doute d’appeler « amitié retrouvée », à l’issue de sa visite d’Etat au palais de l’Elysée. La traditionnelle poignée de mains des deux chefs d’Etat, sur le perron du palais présidentiel symbolisera sans doute le point de départ d’une ère nouvelle que le fils Bongo aura choisie pour son pays. Jeune chef d’Etat, il aura sans doute déjà compris que l’Elysée, comme la sirène, est resplendissante de charme et chante des airs irrésistibles. La realpolitik aura fait le reste.
"Le pays"
09:31 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gabon, france, françafrique
05 novembre 2009
Chirac en correctionnelle : La République face à la tentation régicide
L'Obervateur paalga 05 novembre 2009
Un ancien chef d’Etat, donc ancien président statutaire du Conseil supérieur de la magistrature, qu’on traîne devant les tribunaux de son propre pays, cela s’est déjà vu quelque part au Gondwana (1), et, pour plus de précisions, en Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Faso. Ce fut d’abord Maurice Yaméogo, trois ans après sa chute, comparaissant le 28 avril 1969 devant un tribunal spécial.
Le verdict, on s’en souvient : cinq ans d’emprisonnement ferme, déchéance de ses droits civiques nonobstant la confiscation de ses biens. Deuxième cas et toujours au Burkina Faso, celui du général Sangoulé Lamizana, premier prévenu, le 3 janvier 1984, des Tribunaux populaires de la révolution (TPR) avec leurs procédures staliniennes bien connues, telles l’absence d’avocats et la diabolique inversion de la charge de la preuve.
Le général-président, dont c’était aussi le dix-huitième anniversaire de l’arrivée au pouvoir, s’en sortira néanmoins blanchi. Troisième cas et pour la troisième fois, toujours en Haute-Volta, actuel Burkina Faso, voici le colonel Saye Zerbo appelé en avril 84 à rendre lui aussi compte devant les TPR de sa gestion sous le Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN).
Quand on ajoute à ces trois ex-prévenus de premier choix d’autres anciens dignitaires comme Gérard Kango Ouédraogo, Joseph Conombo et Issa Palé Weltéi, on se rend compte que, dans notre histoire politique, il n’y a pas eu d’icônes qui tiennent. Surt,e juridiction qui les protégeait.
Mais qu’un ancien président de la République française, quatrième successeur dans l’ordre chronologique du commandeur Charles de Gaulle, se voie rattrapé par son passé de premier maire de Paris, c’est du jamais vu. Et peut-être même du jamais rêvé. Et pourtant, c’est ce qui risque d’arriver à Jacques Chirac, « l’Africain ».
Poursuivi dans l’affaire dite « des emplois fictifs », l’ancien édile de la capitale française est sous le coup de l’ordonnance d’une juge d’instruction malgré le non-lieu requis par le Parquet. En cas d’appel, la procédure peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années. Si l’affaire finit par s’inviter au prétoire, ce serait, certes, une grande première dans l’histoire politique de la République française mais il n’y aurait rien d’étonnant à cela.
Car, quoi d’étonnant de la part d’un pays qui a déjà décapité son roi, en la personne de Louis XVI, guillotiné le 21 janvier 1793 ? Et quand on pense qu’il s’agissait à l’époque d’un personnage sacré détenteur d’un pouvoir de droit divin, on comprend qu’envoyer en correctionnelle un homme politique, fût-il un ancien chef d’Etat, n’a rien de sacrilège.
L’affaire Chirac aura-t-elle lieu ? Tous les regards sont tournés ce matin vers le parquet pour savoir s’il va interjeter appel pour un non-lieu.
En attendant, ceux des Africains qui aiment bien Chirac, malgré les méchancetés qu’il a dites à son temps sur nos odeurs et nos saveurs exotiques, ont comme une envie de crier : « Laissez le frère Jacques tranquille » ! Car, quoi qu’on puisse dire, il a quand même bien mérité de son pays et de bien d’autres.
Alain Saint Robespierre
(1) La République fictive mais très, très démocratique à laquelle fait allusion, sur fond d’humour, un confrère de RFI, Mahamane.
lobservateur
10:20 Publié dans HORS D'AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, jacques chirac, emplois fictifs
03 novembre 2009
Le prix Goncourt 2009 décerné à Marie N'Diaye
Jeune Afrique 03 novembre 2009
Le prix Goncourt a été attribué lundi à Marie NDiaye pour "Trois femmes puissantes" (Gallimard), a annoncé le jury au restaurant Drouant à Paris.
Marie NDiaye a obtenu le plus prestigieux des prix littéraires de l'automne au 1er tour avec 5 voix contre 2 à Jean-Philippe Toussaint pour "La vérité sur Marie" et une voix à Delphine de Vigan pour "Les heures souterraines".
Marie NDiaye est la première femme a obtenir le Goncourt depuis 1998. Née le 4 juin 1967 à Pithiviers (Loiret), d'un père d'origine sénégalaise et d'une mère française, Marie NDiaye a grandi en banlieue parisienne.
Entre la France et l'Afrique
Elevée uniquement en France par sa mère, professeur de sciences naturelles, elle publie à 18 ans son premier roman, "Quant au riche avenir" (1985). Remarquée par Jérôme Lindon des éditions de Minuit, elle abandonne rapidement ses études pour se consacrer à l'écriture et enchaîne depuis romans et recueils de nouvelles. Une vingtaine en 23 ans, parus pour l'essentiel chez Minuit puis chez Gallimard. "Comédie classique" (1988), "La femme changée en bûche" (1989), "La sorcière" (1996)...
Romancière atypique, tour à tour féministe, engagée, elle surprend par l'étrangeté de ses récits, qui parlent des femmes et des rapports compliqués entre les gens.
Prix Femina en 2001 pour "Rosie Carpe", elle entre en 2003 au répertoire de la Comédie-Française avec "Papa doit manger". "Trois femmes puissantes" regroupe trois récits dont les héroïnes résistent pour préserver leur dignité, entre la France et l'Afrique. En 2007, Marie NDiaye s'est installée à Berlin avec sa famille.
Le prix Renaudot 2009 a été attribué à Frédéric Beigbeder pour "Un roman français" (Grasset).
10:40 Publié dans AFRIQUE, DIASPORA AFRICAINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, marie n'diaye, prix goncourt