23 novembre 2009
Ali Bongo à Paris : Séjour d’allégeance ou de rupture ?
L'observateur paalga 23 novembre 2009
Ali Bongo Ondimba a achevé sa visite en France. Il y a séjourné après un détour à Londres, où il a assisté à un colloque sur la préservation des forêts tropicales. Un sommet qui l’intéresse particulièrement, vu qu’il a décrété les exportations d’agrumes pour compter de 2010 afin de faire profiter ses compatriotes de la transformation du bois sur place.
Mais la présence d’un Ali Ben Bongo Ondimba dans la capitale française n’est pas comme celle de n’importe quel chef d’Etat africain. Il est le fils de... Bongo, un des dernies baobabs de la Françafrique.
Il a été élu dans des circonstances controversées, même que ses adversaires soutiennent mordicus que sans l’imprimatur de l’Hexagone, il n’aurait jamais été élu. CQFD, puisque cette opposition est mal placée pour réclamer cette victoire, elle qui, mise ensemble, aurait obtenu la majorité. Ayant opté d’y aller en rangs dispersés, elle a gagné la présidentielle mais perdu la présidence.
Les bouches fendues au mauvais endroit ont vite fait d’assimiler cette visite de Bongo fils donc à de l’allégeance. Mais n’est-ce pas porter des œillères que de confiner un tel séjour dans ce carcan ?
Son père ne cachait pas ses liens étroits avec les dirigeants français. Il était à tu et à toi avec la classe politique et les hommes qui comptent dans ce pays. Et courant 2008, un ministre français, Bockel pour ne pas le nommer, qui pensait que le lion de Libreville avait les dents élimées, s’étant piqué de vouloir signer l’acte de décès de la Françafrique, prenant au mot son patron, Sarkozy, a perdu son poste : Bongo père a demandé et obtenu sa tête.
Mais tel père en politique peut ne pas être tel fils, et, pour le moment, Ali tente de le prouver. D’ailleurs, le voudrait-il qu’il ne le pourrait pas : son père, c’est une autre époque, sa longévité au pouvoir est exceptionnelle, et le contexte international d’aujourd’hui ne s’y prête pas. Bref, Ali est contraint de se faire un prénom.
Au Gabon d’abord, où il a commencé à nettoyer les écuries du Bongoland, en congédiant tous ces profiteurs et ces centaines de conseillers officiels ou occultes qui arpentaient les couloirs du palais du bord de mer. Concernant sa présence à Paris, ne serait-ce que dans les formes, il a voulu se démarquer de l’ombre tutélaire du père : en lieu et place de l’éternel hôtel Meurice, il a posé ses valises au George V.
Pendant son audience avec Sarkozy, il a été certes officiellement question des relations bilatérales entre les deux pays, du prochain sommet de Copenhague, de la politique de « l’émergence », de l’entrée en 2010 du Gabon au Conseil de sécurité des Nations unies.
Mais tout tête-à-tête entre chefs d’Etat comporte des off, et cette rencontre Sarkozy/Bongo fils n’a pas dérogé à la règle. A l’évidence, les deux personnalités sont des hérauts de la « rupture ». Le président français la pratique depuis un peu plus de 2 ans.
Depuis quelques semaines, Ali aussi veut montrer qu’il a coupé le lien politique qui le liait au père, du moins que certaines pratiques, qui étaient à la limite encouragées, seront désormais sanctionnées ; même s’il est vrai qu’il ne faut pas oublier que l’actuel chef de l’Etat gabonais est le pur produit d’un système, en l’occurrence celui du PDG. Bongo a-t-il profité de ce séjour pour signifier à Sarkozy que des bouleversements salutaires, surtout pour les Gabonais, devaient s’opérer ?
S’agissait-il d’une visite pour dire que l’époque des relations étatiques marquée du sceau de la condescendance est révolue ? Visite d’allégeance ou de rupture ? Les prochains mois en donneront les réponses.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
lobservateur
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21 novembre 2009
La France en premier pour Ali Bongo Ondimba
Jeune Afrique 21 novembre 2009
Le président gabonais est arrivé en France aujourd'hui pour une « visite de travail ». C’est sa première rencontre bilatérale en tant que chef d’Etat hors d’Afrique.
La rencontre entre Ali Bongo Ondimba et Nicolas Sarkozy, lors des funérailles d'Omar Bongo Ondimba© AFP
En choisissant la France pour sa première rencontre bilatérale hors d’Afrique, le président gabonais entretient les liens étroits entre Paris et Libreville, tissés par son père.
Ali Bongo Ondimba arrivé en France ce matin, pour un séjour de quatre jours, le premier depuis son investiture, même s'il s'y était déjà rendu depuis le scrutin présidentiel (un discret voyage, révélé par Jeune Afrique, avait déjà eu lieu fin septembre). La délégation gabonaise séjournera à l'hôtel George V.
A l’Elysée vendredi
Ali Bongo était présent à Rome cette semaine, pour le sommet de la FAO. Mais ses voisins d’Afrique centrale était jusqu’alors les seuls à l’avoir reçu en tant que président. La rencontre avec Nicolas Sarkozy à l’Elysée, prévue vendredi, confirme donc les liens entre la France et le Gabon, qui avaient pu paraître écornés pendant les derniers mois de son père, Omar Bongo Ondimba.
Les soins que ce dernier avait reçu en Espagne et surtout l'affaire dite des "biens mal acquis", avaient entaché la relation entre les deux pays. La justice française a finalement clôturé cette polémique, en jugeant la requête de l'ONG Transparence International irrecevable fin octobre dernier, au motif qu'elle n'avait pas subit de préjudice.
21:24 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gabon, ali bongo, france, françafrique
20 novembre 2009
ALI BONGO EN FRANCE : Le charme irrésistible de l’Elysée
Ainsi donc, Ali Bongo, à l’instar de tous les autres chefs d’Etats africains fraîchement élus, n’aura pas résisté au désormais traditionnel rituel d’entreprendre le voyage parisien pour y recevoir la bénédiction et l’onction du maître de l’Elysée. A vrai dire, on s’y attendait un peu, tant la chose est de bonne guerre. Tant d’enjeux sont dans la mise et on ne voit pas comment Bongo fils, à moins qu’il n’ait délibérément choisi de jouer les iconoclastes, aurait pu vraiment l’éviter. Visiblement ce ne sera pas là son penchant, bien au contraire, puisqu’il aura opté, pour sa première visite hors du continent, de prendre le chemin de l’ancienne métropole. Il administre par l’occasion même une bonne leçon de realpolitik à ceux qui, parmi ses détracteurs, pensaient que les liens un temps distendus entre Paris et Libreville allaient tout droit vers l’implosion : l’entente entre les deux pays demeure chaleureuse et l’amitié, envers et contre tout, solide.
Car, il faut le reconnaître, le navire des relations unissant la France et le Gabon aura tangué un bon moment. Peu de temps avant sa mort, Omar Bongo n’avait pas vraiment apprécié la plainte déposée dans la capitale française contre lui et d’autres chefs d’Etats africains, par des ONG les accusant de disposer de biens immobiliers acquis à la faveur d’argent public détourné. Le froid qui s’en est suivi ira jusqu’à dissuader l’ex-pilier de la Françafrique d’aller se faire soigner en France. Ses derniers soins, il les recevra, hospitalisé dans une clinique espagnole.
A l’époque d’ailleurs, la capitale gabonaise fustigera « l’acharnement complice des médias français » qui s’étaient fait l’écho de la plainte des ONG, y voyant la main du parti au pouvoir et menacera même de « réexaminer en profondeur les accords de coopération entre la France et le Gabon. » Mais visiblement on n’en arrivera pas là puisque, il y a seulement quelques semaines, la justice hexagonale a en définitive, refusé, en appel, d’ouvrir une enquête sur la question. Le chemin est à nouveau aplani et Bongo fils peut en toute sérénité se rendre dans l’ex-métropole pour normaliser le reste. On a bien dit qu’avec Sarkozy, il s’entretiendrait de la question du moment, le bien fameux changement climatique, mais, de toute évidence, il ne devrait pas y avoir que cela, realpolitik oblige.
Et ce, d’autant plus que les deux pays ont tout à gagner dans une normalisation future de leurs relations réciproques. L’héritier de Omar Bongo Ondimba, s’il tient à garder la place qu’occupait Feu son père, dans le pré carré français et s’il désire rester le porte-voix de l’Hexagone dans la région, a besoin d’entretenir de sains et solides liens avec l’ancienne métropole. Et ce, d’autant qu’il ne manque pas de sérieux rivaux dans son entourage pour lui en disputer le leadership. Preuve d’ailleurs que malgré tout ce qu’on dit, la Françafrique a de beaux restes. Et ils sont enviés.
La France elle aussi a besoin d’un « assainissement » de ses relations avec Ali Bongo. Après s’être fâchée avec le père, elle trouve son intérêt en se réconciliant avec le fils. Et ce faisant, c’est sa mainmise sur cette région ainsi que sur le continent africain qu’elle sauvegarde, en attendant peut-être de l’améliorer dans le futur. Bien sûr, aux obsèques de Bongo père, le président français Nicolas Sarkozy avait essuyé quelques quolibets et remarques désobligeantes. Tout au long du processus électoral, plus tard, les adversaires d’Ali Bongo accuseront la France de lui avoir donné de façon très manifeste, sa préférence. Il en résulta les attaques contre les intérêts et des symboles français à la proclamation des résultats. Tout cela est bien la preuve que l’image de l’ancienne puissance coloniale reste quelque peu ternie au sein de l’opinion gabonaise depuis l’élection présidentielle du 30 août 2009.
Nul doute que les deux pays ressentent un intérêt évident que tout cela se calme un peu, que le climat revienne à la normale. Ils se donneront sans doute les moyens nécessaires pour y parvenir. La visite de Ali Bongo à Paris est sans doute un premier pas qui augure de nombreuses autres à sa suite. La France possède de solides investissements au pays de Bongo, une base militaire française y est installée et cela représente sans doute énormément aux yeux de l’ancienne métropole. Ali Bongo, pour sa part, a promis de faire de son Gabon natal un pays émergent. Nul doute que pour réaliser ce rêve, il n’y a rien de tel que le rétablissement de relations d’excellence avec Paris. Le pétrole gabonais ne coulant plus à flot comme de par le passé, le pays étant à l’instar de tous les autres, soumis aux soubresauts causés par la crise économique et financière, il vaut mieux avoir des « amis sûrs » sur lesquels compter en cas de besoin. Et s’il se trouve que ces amis comme par hasard trouvent « intéressant » de porter secours, rien à dire, c’est tout bénéfice. On l’aura compris, Ali Bongo aura choisi de ne pas sectionner le cordon ombilical qui lie le Gabon à la France.
De toute évidence, il ne sera pas le seul à se réjouir de ce qu’on conviendra sans doute d’appeler « amitié retrouvée », à l’issue de sa visite d’Etat au palais de l’Elysée. La traditionnelle poignée de mains des deux chefs d’Etat, sur le perron du palais présidentiel symbolisera sans doute le point de départ d’une ère nouvelle que le fils Bongo aura choisie pour son pays. Jeune chef d’Etat, il aura sans doute déjà compris que l’Elysée, comme la sirène, est resplendissante de charme et chante des airs irrésistibles. La realpolitik aura fait le reste.
"Le pays"
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18 novembre 2009
GABON : Les 12 travaux d'Ali Bongo Ondimba
Jeune Afrique 17 novembre 2009
Les premières décisions du nouveau chef de l’État marquent une profonde rupture. Organisation du pouvoir, relance de l’économie, diplomatie... les défis à relever sont impressionnants. Le plus dur ne fait que commencer.
Les 12 travaux d'Ali Bongo Ondimba© David Ignaszewski
« Ce n’est pas une rupture mais une évolution. Nette et rapide, c’est une évidence, mais pas aussi brutale qu’on veut bien le dire. Je ne suis pas un cheval fou, je respecte simplement mes engagements. Mon père aurait accepté toutes ces décisions. » Pour Ali Bongo Ondimba (ABO), qui nous a expliqué par téléphone la démarche qui guide ses premiers pas à la tête du pays, l’heure n’est donc pas à la révolution. Pourtant, le vent du changement annoncé ressemble fort à une tempête qui balaie tout ou presque sur son passage. Les hommes et les femmes accrochés à leurs privilèges d’antan, les (mauvais) usages en vigueur sous son père, les mentalités aussi. À tel point que les Gabonais, les makayas d’en bas comme les barons d’en haut, grands amateurs de surnoms attribués à leurs hommes politiques, ont baptisé leur troisième chef de l’État « TsunAli ». Avant, c’était « Baby Zeus »…
Tout a commencé avec le grand nettoyage des écuries d’Augias. D’abord à la présidence. Exit les hauts représentants généraux, les coordonnateurs, les commissaires, la flopée de vrais-faux conseillers entretenus à grands frais et le cabinet privé. Puis ce fut le tour de l’équipe gouvernementale, restreinte à trente membres, contre quarante-quatre dans la précédente. Seuls Paul Toungui (Affaires étrangères), le compagnon de Pascaline Bongo Ondimba, membre du gouvernement depuis vingt ans, Jean-François Ndongou (Intérieur), Laure Olga Gondjout (Communication), Angélique Ngoma (Défense) et quelques autres ont conservé un maroquin.
« J’ai voulu associer l’expérience des uns à la jeunesse et à la fougue des autres, nous explique Ali Bongo Ondimba. J’ai dû faire des choix, c’est vrai, mais je compte beaucoup sur l’association de ces différentes générations. » Les nouveaux ministres ont en outre été priés de se passer des traditionnelles et coûteuses cérémonies d’installation, remplacées par une simple passation de service. Tout comme leur a été intimé l’ordre de ne plus se rendre au « village » pour fêter dans leurs fiefs leur dernière promotion et de déclarer leur patrimoine…
Les parlementaires n’échappent pas à la reprise en main : il leur est désormais interdit de cumuler leur fonction d’élu avec celle de président de conseil d’administration, dans le public comme dans le privé. Enfin, les fonctionnaires doivent demander leur détachement ou des congés sans solde pour s’adonner aux joies du syndicalisme ou de la politique. De multiples audits ont été lancés, dont celui qui concerne la fonction publique – véritable mammouth à dégraisser – n’est pas le moindre. « Attendons les conclusions de cet audit, explique un sénateur du Parti démocratique gabonais (PDG), mais il faudra certainement réduire de moitié les effectifs. Il faut bien vous rendre compte que la masse salariale de la fonction publique avoisine les 360 milliards de F CFA. Le budget consacré aux investissements, lui, plafonne autour de 200 milliards de F CFA depuis des années. Si nous souhaitons faire avancer ce pays, il faut inverser cette tendance, nous n’avons pas d’autre choix. »
Mais si le discours officiel est frappé au coin du bon sens – il faut réduire le train de vie de l’État pour consacrer plus de moyens au développement du pays –, la remise en ordre de la maison Gabon ne va pas sans heurts. « Bien sûr qu’il y a des réactions négatives, précise un proche du chef de l’État. Ceux qui pensaient conserver leurs petites et grandes baronnies ou qui estimaient n’avoir pas démérité pendant la campagne présidentielle n’acceptent pas d’avoir été éjectés. Certains menacent même ouvertement de rejoindre les rangs de l’opposition. C’est comme ça… » ABO, qui n’a pas particulièrement envie de se créer une génération spontanée d’ennemis, sait qu’il ne jouera pas toujours sur du velours. La plupart de ces « recalés », et les originaires de sa province du Haut-Ogooué en particulier, avaient été prévenus pendant la campagne qu’il n’y aurait pas de place pour tout le monde. Certains ont pu être « recasés » au sein du conseil d’administration de telle ou telle entreprise. D’autres, pour garder le contact, sont invités à des déjeuners de groupes de la majorité à la présidence ou fréquentent avec plus ou moins d’assiduité le premier étage du Palais du bord de mer, où le chef de l’État s’est installé, dans le bureau de feu Omar Bongo Ondimba. Une pièce à laquelle il n’a pas touché…
Equilibres régionaux
Le Gabon, qui rêvait d’alternance ou à tout le moins de changement, est en fait entré en transition. Certaines constantes, malgré les allures de révolution en cours, ont été maintenues. Comme celle qui veut que le Premier ministre, Paul Biyoghé Mba actuellement, soit obligatoirement un Fang de l’Estuaire. Mais rien ne dit que cette règle non écrite ne sera pas, un jour, abolie. Les équilibres régionaux sont l’objet d’une attention toute particulière. Mais l’appartenance ethnique ou régionale n’est plus le seul sésame pour les postes d’importance, il faut désormais y adjoindre une dose minimale de compétence…
Ali Bongo Ondimba se sait attendu au tournant. À 50 ans, il préfigure une nouvelle génération de dirigeants africains, différents de leurs aînés, peu comparables en termes de stature, moins madrés mais plus modernes, plus directs et plus ouverts. Comme Mohammed VI, dont il dit vouloir s’inspirer, le chef de l’État sait qu’on le comparera toujours à Omar Bongo. Comme M6 toujours, il dirigera son pays différemment, s’appuiera sur des hommes nouveaux, plus jeunes, sans jamais critiquer son illustre père. De l’art, difficile, de se faire un prénom sans renier son nom…
Tout le monde attendait les premiers signaux, l’entrée en matière, pour en savoir un peu plus sur son état d’esprit et sa méthode. L’homme n’a pas d’états d’âme et semble plus adepte de la marche forcée que des petits pas. « Il fait bouger les lignes, casse les codes jusqu’ici en vigueur, commente un membre du courant rénovateur du PDG, fondé par Ali mais peu représenté autour de lui à des fonctions officielles. Il est spontané, toujours courtois mais franc. Je crois que les Gabonais sont surpris. Ils ne s’attendaient pas à ce qu’il tienne ses promesses, notamment celles liées à la réduction du train de vie de l’État. Maintenant, il faut veiller à ne pas trop bousculer un pays qui n’a connu que l’inertie au cours de la dernière décennie. Si l’on va plus vite, on risque la sortie de route… »
Pas sûr qu’ABO écoute ce genre de conseils. L’homme est pressé, veut du concret et a des comptes à rendre. Où sont passés les 10 millions d’euros de médicaments achetés par l’État mais absents des hôpitaux ? Il commande un audit. L’industrie forestière, premier employeur du pays, ne crée pas assez de richesses ? Il interdit l’exportation des grumes de bois si elles ne sont pas transformées sur place. Sur le front intérieur, il doit faire face à une opposition qui, si elle veut exister, n’a pas d’autre choix que de faire parler d’elle. Les liens avec Pierre Mamboundou, l’opposant historique, existent. La nomination de son « frère » Jean Félix Mouloungui au poste de ministre des Petites et moyennes entreprises et de l’Artisanat, dont il a été prévenu, l’atteste. Il se murmure que Mamboundou vise le poste de vice-président. Dommage, ABO souhaite « geler » ce dernier, inutile à ses yeux aujourd’hui.
Avec le frère ennemi André Mba Obame, en revanche, pas l’ombre d’un rapprochement. « André intrigue, appelle Jean Ping [le président de la Commission de l’Union africaine, NDLR], prend contact avec des chefs d’États de la sous-région pour obtenir une médiation internationale. Il est resté bloqué sur les élections. Qu’il joue son rôle d’opposant, s’il le peut… », commente un faucon du PDG qui, comme nombre de ses compagnons de l’ex-parti unique, n’a digéré ni sa « trahison » ni ses attaques durant la campagne électorale. Les deux hommes pourront-ils se réconcilier, à l’instar des Sénégalais Abdoulaye Wade et Idrissa Seck ? « En politique, rien n’est jamais définitif, explique un ancien cacique du régime Omar Bongo. Ceux qui ont perdu leur place comme Mba Obame reviendront peut-être un jour. Vous savez, chez nous, on a tout vu. Et l’antichambre du pouvoir a toujours été bien remplie. » Oui, mais c’était une autre époque.
Pragmatisme
Sur le front extérieur, en revanche, Ali arrondit les angles, discute, consulte. D’abord avec les dirigeants de la sous-région. « Je suis le petit nouveau mais cela se passe bien. Les différentes visites se sont déroulées dans un climat serein, y compris avec la Guinée équatoriale ou quand il s’est agi de faire la lumière sur ce qui s’est passé au sein de la Beac », raconte Ali Bongo Ondimba. L’heure est au pragmatisme et, visiblement, à un nouveau départ, même si, à l’évidence, chacun défendra ses intérêts bec et ongles.
Les premiers pas de « TsunAli » semblent aller dans le sens souhaité par des Gabonais au départ réticents à toute succession dynastique. Les attentes sont énormes et les défis à relever, pour le principal intéressé comme pour le pays, impressionnants. La rédaction de Jeune Afrique dresse dans les pages suivantes la liste des travaux herculéens qui attendent le successeur d’Omar Bongo Ondimba. Les uns attendent la suite avec impatience, les autres le moindre faux pas. Pas facile de trouver son chemin, à moins d’être funambule. Le pouvoir acquis, il faut maintenant rassembler, convaincre, prouver, obtenir des résultats rapidement. Rupture ou pas, le plus dur ne fait que commencer.
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11 novembre 2009
Scandale à la Beac : le directeur de cabinet de Bongo démissionne
Jeune Afrique 11 novembre 2009
Le directeur de cabinet du président gabonais Ali Bongo, investi le 16 octobre, a annoncé lundi qu'il se "déchargeait de ses fonctions" pour se défendre d'accusations dans le scandale des détournements (25 millions d'euros) à la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC).
Jean-Pierre Oyiba veut préparer sa défense contre les accusations de détournements de fonds© Désirey Minkoh-Afrikimages "Pour des raisons d'éthique et de préservation de bonne gouvernance prônée par le chef de l'Etat Ali Bongo Ondimba, j'ai décidé de me décharger de mes fonctions actuelles aux côtés du président afin de me consacrer entièrement à ma défense dans cette affaire", a affirmé Jean-Pierre Oyiba, dans une déclaration lue en direct pendant le journal télévisé de la première chaine publique RTG1.
L'hebdomadaire Jeune Afrique, qui avait dévoilé les malversations, affirme dans son édition du 8 au 14 novembre que M. Oyiba a été l'un des bénéficiaires des détournements de fonds et aurait touché "65,6" millions de Francs CFA (100. 000 euros).
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23 octobre 2009
FONCTION PUBLIQUE GABONAISE : Ali veut dégraisser le mammouth
Le projet de société d’Ali Ben Bongo, nouveau président gabonais, basé sur le triptyque ’’Paix-Développement-Partage’’, veut faire du Gabon un pays émergent. Pour y arriver, il devrait prendre le contre-pied de feu son père pour qui la bonne gouvernance n’était pas vraiment une priorité. Omar Bongo Ondimba était passé maître dans l’art de former des gouvernements pléthoriques et apathiques et de piéger ses opposants par le fric sur la base du postulat vérifié que les mouches sont appâtées par le miel. Le roi Mohamed VI, au Maroc, a réussi, à travers sa politique, à faire oublier son père Hassan II. Ali Ben Bongo pourra-t-il en faire autant ? Le tout-nouveau président, officiellement installé dans ses fonctions vendredi dernier, semble en prendre le chemin au regard des premières décisions mises en oeuvre. Ali Bongo, à travers des mesures jugées audacieuses et surprenantes, a en effet annoncé les couleurs. Il semble vouloir tout de suite frapper les esprits et marquer son territoire.
Parmi les premières actions allant dans le bon sens, figure la composition d’un gouvernement réduit de 29 membres contre 44 sous le règne de son père. Le président gabonais a invité ses ministres à se mettre au service des Gabonais tout en ’’estimant que l’action publique doit apporter un mieux-être aux populations’’. Ali Bongo Ondimba a également dit aux ministres que des bilans d’étape, sous forme d’évaluation, seront faits chaque trimestre. Autant dire que toutes ces mesures ne laissent pas de place à la fainéantise. Le troisième président du Gabon, après Léon M’Ba et Omar Bongo, a aussi annoncé un audit sur la Fonction publique et la réduction du nombre de fonctionnaires de l’Administration publique. Très souvent, en Afrique, en guise de récompense, la Fonction publique est devenue une sorte de refuge habité par de nombreux agents inutiles, improductifs et budgétivores. Pour un ’’petit pays’’ comme le Gabon qui se prenait tout de même pour un grand, le nombre de 50 000 fonctionnaires paraît tout de même relativement élevé. C’est pourquoi le Président a opté de dégraisser le mammouth pour le ramener à des proportions beaucoup plus acceptables. Membre de la famille, Ali connaît parfaitement la maison et chacun de ses occupants. Pour ce faire, il peut bien réussir son projet. Ce qu’il faut souhaiter, c’est que les mesures se poursuivent et ne se limitent pas seulement à de simples déclarations d’intention.
Ben Bongo pourra-t-il cependant aller loin dans son action et frapper au coeur même du système, dans sa propre famille politique, ce, au nom des intérêts supérieurs de l’Etat ? Pourra-t-il en finir avec le clientélisme, les anciens amis et fidèles, notamment ceux du père, qui ont contribué à réaliser sa victoire, lesquels pourraient aussi estimer avoir droit à leur part de gâteau ? Dans tous les cas, le président gabonais ne devrait pas se laisser divertir. Les ’’ennemis’’ peuvent donc provenir de l’intérieur et non pas seulement de l’extérieur. L’exemple du Togo où les deux frères se battaient pour le pouvoir, se passe de commentaires.
Ils sont nombreux les Gabonais qui saluent les premières décisions de leur gouvernement. Le chemin est encore long pour atteindre les objectifs visés. Ben Bongo doit s’assurer d’avoir suffisamment de souffle pour endurer le marathon. Il importe donc de faire attention à ne pas retomber dans la routine et le piège des mauvaises habitudes solidement installées depuis des décennies.
Par Boureima OUEDRAOGO SONRE
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21 octobre 2009
Gabon : Ali veut nettoyer les écuries d’Omar
L'observateur paalga 21 octobre 2009
Je romps, donc je suis. Ainsi pourrait-on résumer l’ambition du tout nouveau président du Gabon, Ali Bongo, de marquer une rupture avec la pratique politique laissée par son père, feu Omar Bongo Ondimba. Par une série de mesures, prises lors de son premier conseil des ministres, tenu le lundi 19 octobre 2009, « Baby Zeus », comme on l’appelle dans certains milieux, prévoit un séisme dans le train de vie d’un Etat peu économe des ressources du pays.
Restreint à 30 postes (contre 44 dans le précédent), le nouveau gouvernement vient en effet d’annoncer la suppression du cabinet privé du chef de l’Etat et de nombreux postes de hauts représentants (hauts- commissaires, hauts conseillers, coordonnateurs …), la fin des dispendieuses cérémonies d’installation des ministres (il est désormais interdit à ces derniers d’aller fêter leur nomination au village) et l’organisation d’audits dans la Fonction publique.
En outre, il a été décidé de la retenue sur salaire en cas de grève. Avec comme signal fort, le rappel au pays de Philibert Andzembé, jusque-là gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), pour son implication présumée dans le détournement de 19 milliards de francs CFA. Le même sort attendrait tous les Gabonais trempés dans ce scandale. Une révolution dans cet émirat pétrolier de l’Afrique centrale.
Venu au pouvoir parce que fils de …, Ali ose le geste iconoclaste qui lui permettra de se faire un prénom à défaut de pouvoir se faire un nom. Il veut s’affranchir de la tutelle d’une vielle bureaucratie politico-administrative, qui a cannibalisé le Gabon pendant 40 ans de corruption, de laxisme, de prébende et de toutes sortes de prédation.
Alors, on ne peut que saluer cette ambition du nouveau locataire du palais du bord de mer de se poser comme le préfacier d’une nouvelle ère de gouvernance. Mais jusqu’où peut aller Ali, le rectificateur, vu qu’il est lui-même un pur produit du système, dont il veut se démarquer aujourd’hui ? Pourra-t-il tenir la bride au tout-puissant clan Bongo, qui contrôle tous les secteurs stratégiques de l’économie et de l’Administration ?
Des questions qui méritent d’être posées, car si le Gabon est ce qu’il est aujourd’hui, c’est-à-dire riche en ressources naturelles mais sous-développé, c’est en très grande partie à cause de la patrimonialisation de l’Etat durant les quatre décennies du règne de Bongo-père. Assurément, le combat ne sera pas aisé pour Ali, qui entend nettoyer les écuries d’Omar. Pour autant, il ne doit pas être abandonné.
Par Alain Saint Robespierre
lobservateur
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19 octobre 2009
Ali Bongo investi président : Tel père tel fils ?
l'observateur paalga 19 octobre 2009
Ainsi, Ali Bongo a été investi ce vendredi, 3e président du Gabon pour un mandat de 7 ans, cela, lors d’un cérémonie boycottée par l’opposition, laquelle conteste son élection. Il a promis de préserver l’héritage de son père et s’est engagé à lutter contre la corruption et la pauvreté. De vastes chantiers chez lui, où le clientélisme et la corruption sont plus développés que le pays, dont la majorité de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Certes, le faible peuplement du Gabon et sa production d’or noir sont des cartes maîtresses entre les mains d’Ali pour développer sa patrie, mais celle-ci n’a-t-elle pas son avenir pétrolier beaucoup plus derrière que devant elle ?
Et puis, faible population pour faible population, son père a-t-il jamais pu, même à l’apogée du développement pétrolier du pays, lui impulser une croissance chinoise à deux chiffres, c’est-à-dire de 10% par an au bas mot, qui a extrait, au bout de dix ans de pareil développement maoïste par bonds, 350 millions de Chinois de la pauvreté ? D’ailleurs, l’or noir a-t-il jamais été une bénédiction pour les pays du tiers-monde, Nigeria, Tchad, Soudan... ? N’est-il pas ressorti du jugement des Alfred Siren, de "la Putaine de la République" française et d’autres dans le procès Elf, que Bongo père, son régime et obligés coûtaient au Gabon rien moins que 800 milliards de francs CFA par an ? Si "tel père tel fils", le fils ayant inscrit son action dans la préservation de l’héritage, notamment fait de corruption des élites et du rôle de plaque tournante de la France-Afrique focardienne de son père...
Thomas Sankara disait : "Malheur à celui qui ne fait pas mieux que son père" pour appeler les générations du moment à faire mieux que leurs précédentes. Si, comme dans le cas qui nous intéresse, votre père n’a fait que trop peu, beaucoup trop peu de routes/an pendant 41 ans ni élevé le pays au même niveau de développement que le Portugal, niveau qui devrait être le sien selon les développementalistes, ne pas dépasser son père, en l’occurrence il vaut mieux dire son papa, ce malheur-là devient une malédiction.
Ce n’est peut-être pour rien que Sigmnud Freud est allé jusqu’à dire que "la révolte contre le père est un acte sain". Gouvernement majoritairement composé de ministres de son père, Hexagone représenté par l’antisignataire de l’acte de décès de la France-Afrique, la cérémonie d’intronisation de Bongo fils n’était manifestement pas à l’heure du renouveau, du changement de cap. Seule inconnue, de taille : combien de temps les opposants politiques mettront-ils à rejoindre à votre suite avec cuillères, fourchettes, couteaux, assiettes, femmes et enfants sans oublier armes et bagages, la table de Bongo fils selon vous, Père Abessolé, chantre de l’opposition conviviale ?
Ahl-Assane Rouamba
lobservateur
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17 octobre 2009
Ali Bongo reconduit Paul Biyoghé Mba au poste de Premier ministre
Paul Biyoghé Mba conserve son poste de Premier ministre et devrait annoncer la formation de son gouvernement dans les prochaines heures.
Ali Bongo Ondimba, qui a prêté serment vendredi comme président du Gabon, a annoncé à la presse qu'il avait nommé Premier ministre Paul Biyoghé Mba, qui occupait déjà cette fonction depuis trois mois, durant la période de transition.
"J'ai décidé de nommer ce jour Premier ministre M. Paul Biyoghé Mba. J'ai estimé qu'il était la personne idoine pour conduire la prochaine étape", a affirmé Ali Bongo, 50 ans, dans une déclaration à la presse au palais présidentiel, quelques heures après son investiture.
M. Biyoghé Mba, 56 ans, qui était présent lors de la déclaration, a le "profil d'un manager" et est "un haut cadre expérimenté", a ajouté M. Bongo, fils du président Omar Bongo Ondimba décédé en juin, après 41 ans à la tête du Gabon.
"J'ai tenu à faire cette annonce moi-même pour montrer l'importance que j'attache à ce moment (. . . ) pour ouvrir une nouvelle page de notre histoire", a souligné Ali Bongo, précisant: "Et nous allons nous mettre au travail immédiatement. "
Gouvernement attendu dans les prochaines heures
Le Premier ministre devrait former son équipe dans les prochaines heures.
Paul Biyoghé Mba avait été nommé pour la première fois chef du gouvernement le 17 juillet, après la démission de Jean Eyéghé Ndong du poste de Premier ministre pour se porter candidat à l'élection présidentielle.
Avant sa nomination comme Premier ministre, il était ministre de l'Agriculture et de l'Elevage, de la Sécurité alimentaire et du Développement rural.
Membre du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), il en est devenu un des vice-présidents il y a quelques mois, y remplaçant également Jean Eyéghé Ndong, qui a été exclu après l'annonce de sa candidature à la présidentielle, en tant qu'indépendant, comme d'autres barons du PDG.
Actif soutien d'Ali Bongo
D'ethnie fang, Paul Biyoghé Ma est né en avril 1953 dans un département de la province de l'Estuaire, qui abrite Libreville. Il a notamment travaillé comme conseiller à la présidence, avant d'être au milieu des années 1980 directeur adjoint du cabinet présidentiel, alors dirigé par Jean Ping, actuel président de la Commission de l'Union africaine (UA).
Depuis 1989, il a occupé plusieurs postes ministériels dans différents gouvernements (Commerce, Contrôle d'Etat, Petites et moyennes entreprises. . . ).
Paul Biyoghé Mba a activement soutenu Ali Bongo pendant la campagne électorale en vue du scrutin du 30 août.
La Cour constitutionnelle, saisie de nombreux recours, a validé lundi l'élection d'Ali Bongo, finalement donné vainqueur en arrivant en tête avec 41,79% des voix lors de l'unique tour du scrutin.
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16 octobre 2009
Après la prestation de serment : Les travaux d’Hercule d’Ali Bongo Ondimba
l'observateur paalga 16 octobre 2009
Elu au forceps avec 41,93% des suffrages, Ali Bongo Ondimba, sauf surprise, va prêter serment aujourd’hui pour être le troisième président de l’histoire du Gabon. Ainsi, les Gabonais, qui dans leur majorité rêvaient d’alternance ou tout au moins envisageaient un bon vent à travers le changement qu’engendrerait cette élection censée tourner la page Bongo, vont voguer un temps encore dans l’océan de la continuité, à moins que le nouvel homme d’Etat, comme il l’a promis, n’instaure la rupture d’avec un récent passé et une gouvernance à la gabonaise.
Mais c’est connu qu’il n’est pas chose aisée d’apporter des changements dans un système aussi suranné. Cela s’apparente même à la gageure. Mais quoi qu’on dise, « Baby Zeus », comme on surnommait Bongo-fils du côté de Libreville, du vivant de son père, poursuit ainsi son irrésistible ascension qui l’a conduit de la tête du département des Affaires étrangères en 1989 à la présidence de la République, 20 ans plus tard.
C’est donc cet homme, né le 9 février 1959 à Brazzaville et qui a fait de bonnes études à la prestigieuse Université de la Sorbonne, sanctionnées par un doctorat en droit, qui aura désormais la destinée du bateau battant pavillon Gabon. Même si on les imagine nombreux ceux qui ne vont pas se faire prier pour voler au secours de la victoire en se précipitant à la table du seigneur Bongo, on se demande bien sur qui, une fois installé au palais du bord de mer, Ali Bongo Ondimba compte s’appuyer pour réussir son mandat.
Pratiquera-t-il la même politique de débauchage, comme l’a si bien réussi son ami de l’Hexagone, Nicolas Sarkozy, qui ne s’est aucunement embarrassé de faire la fine bouche pour piocher du côté de son opposition pour l’affaiblir et ainsi mieux élargir sa base électorale ?
Véritablement, quels que puissent être les simulations et autres ajustements politiques, le nouvel homme d’Etat gabonais sait mieux que quiconque que tout reste à faire pour son pays. Lui qui envisage d’ailleurs, le plus sérieusement du monde, arrimer cet ancien émirat pétrolier sur le rang très envié des économies émergentes (Brésil, Inde, Afrique du Sud). On se souvient d’ailleurs que dans son premier discours postélectoral le 5 septembre dernier, il s’était déjà engagé à faire en sorte que son pays soit doté de tous les équipements et infrastructures collectifs adaptés aux besoins du 21e siècle.
Pour ce faire, il entend consacrer 40% du Budget de l’Etat aux investissements, redynamiser et diversifier l’économie dans le cadre de l’après-pétrole. « C’est la voie que je trace avec vous pour un Gabon émergent », avait conclu celui qui n’était alors, qu’un candidat parmi tant d’autres à la présidentielle. C’est vrai que le successeur d’Omar Bongo Ondimba bénéficie d’un dispositif non négligeable : le secteur bancaire gabonais compte parmi les plus dynamiques de la sous-région et les responsables de cet important pan de l’économie semblent tout enthousiastes pour l’accompagner dans sa quête pour un « Gabon émergent ».
Ali Bongo Ondimba veut parier donc sur l’avenir ; ce qui signifie moraliser les mœurs politiques et financières, remettre le pays en marche après tant d’années de gaspillage des ressources de l’Etat, réduire à sa portion congrue l’hydre de la mal gouvernance, établir un dialogue fécond avec les travailleurs et en particulier le monde enseignant et les agents de la santé publique qui, depuis, ont abandonné salles de classes et dispensaires pour gagner la rue, bref, remettre le pays au travail. Les Gabonais sont impatients, et l’attente grande. Pour Ali, le plus dur commence.
Boureima Diallo
lobservateur
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