08 septembre 2009
INVESTITURE DU NOUVEAU PRESIDENT BISSAU-GUINEEN : Relever le défi de l’instabilité
Le pays mardi 8 septembre 2009
Encore quelques petites heures et les Bissau-Guinéens vivront en grande liesse, la cérémonie d’investiture de leur tout nouveau président, Malham Bacaye Sanha, grand vainqueur de la dernière élection présidentielle dans ce pays.
Sans doute un soulagement pour plus d’un dans ce pays. Car la Guinée-Bissau aura connu des heures de tourmente ces dernières années et il n’est pas exagéré de dire qu’à certains moments de son histoire récente, elle aura touché le creux de la vague. Il suffit pour cela, de se souvenir des drames qui ont précédé la tenue de la présidentielle et qui ont vu la disparition tragique du chef d’Etat major, le général Tagmé Na Wai, disparition suivie peu de temps après par celle du chef de l’Etat, Bernardo Vieira. On était alors en présence d’un pays profondément divisé par de sérieux clivages dont certains ténors tenaient mordicus à en découdre avec les adversaires d’en face. C’est dans un contexte pareil qu’il fallut tout de même organiser des élections qui auraient pour objectif d’élire celui qui aurait pour tâche de terminer le mandat du défunt président, Nino Vieira. Le climat était des plus délétères et plus d’un, à l’intérieur du pays, comme à l’extérieur de la Guinée-Bissau, exprimaient de légitimes appréhensions.
Fort heureusement, à la surprise totale, la présidentielle se déroula de la plus belle des manières, et le pays, même chancelant, s’offrit le luxe d’administrer une magistrale leçon de démocratie à l’échelle continentale : le candidat malheureux, Kumba Yalla, très fair-play, reconnaîtra sa défaite et félicitera son vainqueur. On pouvait alors pousser un ouf de soulagement et saluer cette grandeur d’âme des uns et des autres, dans ce pays tourmenté, qui était en passe de permettre qu’une page se tourne dans l’histoire mouvementée de la Guinée-Bissau, pour qu’une autre, nouvelle, puisse s’ouvrir. Et il faut sans doute espérer que les efforts des Bissau-Guinéens, à partir de cette investiture, renforcent cette dynamique. Pour un nouveau départ. Car, c’est le pays tout entier qu’il faudra reconstruire.
Tout ou presque y est à refaire ou à redresser, dans les domaines politique, social et économique. Le grand défi sera sans doute d’opérer là où il faut, pour permettre la mise en place d’une stabilité durable. Ce ne sera pas une sinécure. Car cela appelle assurément des efforts titanesques pour l’installation de mécanismes institutionnels fiables, sains et démocratiques. De par le passé, le pays en aura manqué et cela aura conduit là où on sait. L’apaisement du climat social n’est pas le moindre des travaux d’Hercule auxquels devra s’attaquer le chef d’Etat fraîchement élu. Il n’y pas longtemps encore, on avait en présence, dans ce pays, des clans politiques d’une rivalité qui s’était muée en haine féroce. Il faudra trouver les voies et moyens pour réconcilier désormais d’anciens ennemis jurés et les convaincre de travailler la main dans la main pour le bénéfice de la nation entière.
Sur le plan économique, et cela est un secret de polichinelle, la Guinée-Bissau figure en bonne place sur la liste des pays ouest-africains réputés dangereuses plaques tournantes de la drogue. Les narco-trafiquants y sont légion et puissants. Et, à eux seuls, ils peuvent déstabiliser un régime. Nul doute qu’ils ne décideront pas de s’en aller d’eux-mêmes d’une région que depuis longtemps déjà, ils prennent pour la poule aux oeufs d’or. Mais, dernière entreprise et pas du tout la moindre, le nouveau chef d’Etat devra revoir le statut de l’armée nationale. Dans ce pays, la grande muette a régulièrement joué les faiseurs de rois, intronisant et démettant à souhait, faisant survenir, selon son humeur, la pluie ou le beau temps, s’arrogeant le droit d’intrusion dans la vie de la nation. La convaincre à présent de se limiter à son rôle naturel républicain est une équation dont il faudra sans doute gérer les diverses inconnues avec énormément de tact. Nul doute que les caciques des hommes en treillis ne voudront pas de prime abord, l’entendre de cette oreille. La tâche n’en sera que plus délicate et la nécessité de trouver les mots qui convainquent, plus impérieuse.
On le voit, le président Sanha, entouré de sa nouvelle équipe, aura du pain sur la planche. Mais au-delà, c’est la classe politique et l’ensemble de la société bissau-guinéenne qui devront se commettre à la tâche. L’immensité de la besogne interdit qu’on la laisse au seul chef de l’Etat. Mais au-delà, c’est la communauté internationale qui doit se faire le devoir d’aider ce pays qui, il y a peu de temps, était moribond, mais qui, à présent, manifeste son désir de se remettre en selle. La Guinée-Bissau le mérite sans doute et la communauté internationale ne devrait pas se faire prier pour apporter toute l’aide qui convient à une démocratie qui présente des signes évidents qu’elle ne cherche qu’à germer pour s’épanouir.
Le Pays
07:40 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée bissau, malham bacaye sanha
31 juillet 2009
SORTIE DE CRISE EN GUINEE BISSAU : Les bons signaux de la présidentielle
Source : lepays.bf (Article publié le 31 juillet 2009)
C’est désormais clair et officiel. Malam Bacaï Sanha a remporté la présidentielle en Guinée Bissau, et ce, avec le score confortable de 63%. Tout, ou à peu près tout, s’y sera déroulé comme on le souhaitait. Et c’est bien au grand soulagement de tous ceux qui espéraient un avenir plus prometteur pour ce pays, tant son récent passé aura été politiquement agité, sombre et tragique.
Le simple fait de voir des élections qui se déroulent comme il faut, mérite d’être salué à sa juste mesure, sur un continent africain qui en cherche de semblables mais fort malheureusement en trouve peu. Si, en plus, le candidat malheureux a l’élégance de reconnaître sa défaite et le signifie à son vainqueur, cela est digne d’éloges. Et c’est tout cela mis ensemble qui permet de penser à juste titre que la Guinée Bissau a opté pour un nouveau départ. Et pourtant, à l’annonce des élections, beaucoup s’étaient inquiétés de ce qui pourrait se passer. Cela, a juste titre, car, le scrutin dont le second tour vient de consacrer la victoire de Malam Bacaï Sanha, a été déclenché par l’assassinat en mars dernier, du président Joao Bernardo Vieira. Un assassinat qui est intervenu quelques heures seulement après celui de son grand rival, le chef d’Etat-major de l’époque, Tagmé Na Wié. C’est dire toute la violence qui s’était emparée de la Guinée Bissau et qui ne laissait rien présager de bon quant à la suite politique des évènements ultérieurs.
En outre, beaucoup s’inquiétaient au sujet du tempérament du candidat Kumba Yala. L’homme s’était autoproclamé président en 2005 et avait même occupé le palais présidentiel à l’époque. Il y avait de quoi se faire du souci quant à la façon dont il accepterait le verdict des urnes, le moment venu. Au final, il y aura eu plus de peur que de mal, puisque même battu, l’homme au bonnet rouge aura le fair play de dire que "notre responsabilité est de respecter la démocratie et la volonté du peuple qui s’est exprimé par le vote". Chapeau bas.
Mais c’est maintenant que commence une nouvelle ère pour ce pays qui doit se faire l’obligation d’en faire un vrai nouveau départ. Car le plus dur reste à venir. Le président élu ne sera pas en face d’une sinécure. Il hérite d’un pays divisé, où presque tout sera à refaire, à reconstruire, à commencer par la réconciliation des coeurs. La place importante occupée par de puissants narcotrafiquants, qui a valu à la Guinée Bissau le surnom très révélateur de "Côte de la coke" n’est pas pour faciliter la tâche au nouveau maître des lieux. Sans compter le réflexe interventionniste de l’armée nationale qui, depuis belle lurette, fait et défait à sa guise, la politique bissau- guinéenne. Pour tout dire, Malam Bacaï Sanha aura du pain sur la planche. Et c’est bien la raison pour laquelle il est heureux de constater que son rival refuse de lui compliquer davantage la tâche. Il a brigué, il a perdu, il le reconnaît et tend la main pour travailler de concert avec son vainqueur. Cette scène se passe-t-elle en Afrique ? C’est extraordinaire, et dans tous les cas, admirable ! Car unis, ces deux leaders peuvent apporter beaucoup de solutions aux nombreuses et diverses difficultés auxquelles fait face le pays.
Ils seraient d’ailleurs bien inspirés de songer plus à unir leurs forces autour de l’essentiel. Les querelles politiques, outre qu’elles ne peuvent que faire sombrer à nouveau un pays déjà bien éprouvé, auront pour effet inéluctable de remettre sur le devant de la scène une armée qui s’est arrogé le droit de mettre tout le monde d’accord toutes les fois qu’elle le juge nécessaire. L’histoire récente de la Guinée Bissau le démontre à souhait. Dernier acte en date de la grande muette, dans ce pays, le chef d’Etat-major de l’armée, José Zamora Induta, avait, peu de temps avant le scrutin présidentiel, appelé les candidats au respect des résultats qui en sortiraient. Doit-on expliquer sa bonne tenue par cette menace à peine voilée du chef de la grande muette ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Une chose à présent est sûre cependant : la Guinée Bissau est sur la ligne d’un nouveau départ. Elle a l’obligation de garder le bon cap pour éviter de commettre une fois encore les coûteuses erreurs du passé. Mais certainement aussi pour éviter que se produisent à nouveau de malheureuses intrusions de son armée qui, de par le même passé, ont bouleversé tragiquement le cours de l’histoire de tout un pays.
"Le Pays"
00:10 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée bissau, malam bacaï sanha
03 juillet 2009
Présidentielle en Guinée-Bissau : Deux hommes pour un fauteuil ensanglanté
Source : lobservateur.bf (Article publié le 3 juillet 2009)
Quelque 600 000 électeurs, sur le million et demi d’âmes que compte le pays, étaient aux urnes, le 28 juin dernier, pour désigner, parmi onze prétendants en lice, le successeur de Joao Bernardo “Nino” Vieira, assassiné le 2 mars 2009 dans un attentat à la bombe.
Le verdict, qui est tombé depuis hier 2 juillet, a qualifié deux candidats pour le
second tour de la course au fauteuil ensanglanté, prévu pour le 2 août prochain. Il s’agit de Malam Bacaï Sanha du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) qui a recueilli 39,59% des suffrages ; et de Kumba Yala du Parti de la rénovation sociale (PRS), arrivé en deuxième position avec 29,42% des voix. On peut bien d’ores et déjà se féliciter de ce que les Bissau- Guinéens aient tenu le pari de l’organisation de cette présidentielle anticipée, quatre mois après l’assassinat de “Nino” Vieira.
Et dans quelque deux mois, à l’issue du second et dernier round du 2 août 2009, les Bissau-Guineéns sauront qui des deux challengers, Malam Bacaï Sanha du PAIGC ou Kumba Yala du PRS (parti d’opposition), présidera à leurs destinées. Il y aura incontestablement un vainqueur, mais la grande interrogation, c’est ce que ce dernier fera pour le rétablissement de l’autorité de l’Etat.
Que ce soit le fantasque Kumba Yala ou Malam Bacai Sanha, tous deux anciens chefs d’Etat, la tâche sera immense pour l’heureux élu. Car, ce dernier aura affaire aux narcotrafiquants, qui n’ont pas intérêt au retour du pays à la stabilité et partant au rétablissement de l’autorité de l’Etat.
Il devra également travailler à l’unité des forces armées qui sont actuellement divisées. Au-delà de tout cela, il faut craindre que les mêmes causes produisent les mêmes effets. C’est dire que tout ne tient pas à une élection. Plus que cela, la bonne gouvernance doit être la règle d’or dans la gestion du pouvoir pour sortir la Guinée-Bissau du cycle des putschs, qu’elle vit depuis une décennie.
Dans tous les cas, si Malam Bacaï Sahna n’a régné que le temps d’une transition, Kumba Yala, l’homme à l’éternel bonnet rouge, est mieux placé pour le savoir ; lui qui a dirigé la Guinée-Bissau après sa victoire en 2000 sur son adversaire au second tour du 2 août prochain, avant d’être renversé trois ans plus tard .
Hamidou Ouédraogo
lobservateur
11:53 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée bissau
06 juin 2009
Guinée-Bissau : La violence politique risque de déstabiliser le pays
En trois mois, un président, un chef d'état-major, un ancien ministre de la Défense et un candidat à la magistrature suprême ont été battus. On est sans nouvelles aussi d'un ancien Premier ministre. Faustino Imbali aurait également été tué selon une source hospitalière. Sa mort n'a pas été confirmé officiellement.
Trois mois après le sanglant assassinat du président Nino Vieira, la Guinée-Bissau s'enfonce dans la violence politique. Cette violence qui a pour soubassement une lutte pour le pouvoir, s'effectue sur fond de règlements de comptes entre factions dissidentes du PAIGC, le parti au pouvoir, mais aussi entre les clans et les regroupements ethniques qui traversent les institutions politiques et militaires du pays.
Officiellement, une dizaine de personnalités sont accusées de comploter contre le régime de transition. Ce qui est certain c'est que la plupart des personnes arrêtées étaient des adversaires politiques déclarés de l'actuel Premier ministre Carlos Gomez et du chef des forces armées le commandant Zamora Induta.
Vers un report de la présidentielle?
A Bissau certains notent que les opposants sont depuis deux mois systématiquement inquiétés. Ainsi Coumba Yalla le chef de file du principal parti d'opposition a renforcé il y a quelques jours la sécurité autour de sa résidence se disant menacé. Le Premier ministre Carlos Gomes actuellement en visite privée à Lisbonne a refusé de commenter les évènements et ne compte par rentrer dans son pays avant le 12 juin prochain.
Cette violence déstabilise à la fois l'armée et les institutions du pays. Certains responsables politiques plus lucides que d'autres ont suggéré de reporter l'élection présidentielle du 28 juin et d'organiser entre temps une grande concertation nationale afin de tenter de rebâtir les bases politiques du pays.
C'est pourtant la compétition électorale qui alimente cette violence. Car à Bissau depuis quelques mois, l'impunité est totale et tous les coups sont permis. « La situation risque fort de déboucher sur une guerre civile », analyse un opposant qui préfère garder l'anonymat pour raison de sécurité.
La campagne démarre ce samedi et le climat risque d'être tendu. Pour l'heure, les autorités bissau-guinéennes n'ont pris aucune décision. Mais la loi électorale oblige en cas de décès d'un candidat à reporter l'échéance.
Inquiétudes
La dérive de la Guinée-Bissau commence à provoquer l'inquiétude de la communauté internationale qui semble pourtant incapable de prendre la mesure du danger. Ban Ki-moon le secrétaire général de l'ONU se dit « consterné », et l'Union européenne condamne la mort des deux leaders politiques, Baciro Dabo et Helder Proença. L'ancienne puissance coloniale, le Portugal, est profondément inquiète mais espère que l'élection présidentielle pourra se dérouler comme prévu à la date du 28 juin.
La RADDHO, l'une des principales ONG de défense des droits de l'homme en Afrique, dont le siège est à Dakar, redoute elle « une somalisation de la Guinée-Bissau ».
Sur place, le Mouvement de la société civile dit quant à lui ne plus avoir confiance dans les autorités. Son porte-parole Mamadou Keita déclare sur RFI : « Notre mouvement condamne avec véhémence ces actes et regrette les morts en même temps nous lançons un appel à la communauté internationale pour qu’elle envoie le plus rapidement possible une force de paix afin de garantir le fonctionnement normal des institutions de l’Etat et de garantir donc l’intégrité des citoyens et la souveraineté de nos institutions ».
13:25 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée bissau
02 mars 2009
Guinée-Bissau : Le président Vieira tué par des militaires
Source: rfi.fr (Article publié le 2 mars 2009)
Article publié le 02/03/2009 Dernière mise à jour le 02/03/2009 à 12:39 TU
« C'est la démocratie qu'on assassine », a déclaré lundi le secrétaire exécutif de la Communauté économique des Etats d'Arique de l'ouest (Cédéao) Mohamed Ibn Chambas, à l'annonce de la mort du président bissau-guinéen.
Le président bissau-guinéen Joao Bernardo Vieira a été tué par des militaires, ce lundi 2 mars 2009.
(Photo : AFP)
« Le président Vieira a été tué par l'armée au moment où il tentait de fuir sa maison attaquée par un groupe de militaires proches du chef d'état-major Tagmé Na Waié, tôt ce matin lundi », a déclaré Zamora Induta. « C'était l'un des principaux responsables de la mort de Tagmé », a accusé ce responsable militaire.
Le chef d'état-major des forces armées, le général Tagmé Na Waié, avait été mortellement blessé dimanche soir vers 20H00 dans un attentat à la bombe contre le quartier général de l'armée, selon son chef de cabinet, le lieutenant-colonel Bwam Nhamtchio.
C’est le chef de cabinet de Tagmé Na Waié, le lieutenant-colonel Bwam Nhamtchio qui avait annoncé, hier soir à l’Agence France Presse, le décès du chef d'état-major.
Pris pour cible
Le général Tagmé Na Waié, tué hier soir, avait succédé au général Correia Seabra, assassiné en octobre 2004.
(Photo : AFP)
Selon l’officier, le général Tagmé Na Waié était au quartier général de l’armée quand une bombe a éclaté.
Une bonne partie de l’édifice s’est effondrée. Tagmé Na Waié a été grièvement atteint et n’a pas survécu à ses blessures.
Le garde du corps donne d’autres détails : «Il était 19h45, dit il, quand nous sommes arrivés à l'état-major. Tagmé Na Waié, raconte-t-il, est passé par l’escalier qui mène à son bureau. A peine était-il monté sur les premières marches que la bombe a été actionnée».
En janvier déjà , le chef d’état major de l’armée bissau-guinéenne avait affirmé avoir été pris pour cible, par des soldats en faction à la présidence.
Il avait affirmé à l’époque que les militaires avaient ouvert le feu au passage de sa voiture devant le palais présidentiel.
14:13 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée bissau
