04 octobre 2009
Honduras : Vers un dénouement de la crise ?
Avec notre envoyé spécial à Tegucigalpa, Sylvain Biville


L’Organisation des Etats américains dit avoir obtenu des assurances des deux parties. Manuel Zelaya, qui dort depuis douze jours sur un matelas gonflable à l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa, avait déjà dit qu’il était prêt à parler avec ceux qui l’ont renversé. Ce qui est nouveau, c’est que celui qui s’est installé depuis dans le fauteuil présidentiel, Roberto Micheletti, ne ferme plus la porte à un possible retour au pouvoir du chef de l’Etat déchu.
L’OEA, très optimiste, espère l’ouverture de négociations dès la semaine prochaine, tout en prévenant qu’il ne faut pas s’attendre dans l’immédiat à une rencontre en tête-à-tête entre les deux rivaux. Les fonctionnaires de l’organisation interaméricaine, qui avaient été refoulés dimanche dernier, sont arrivés à Tegucigalpa vendredi pour préparer une visite de chefs de la diplomatie, prévue pour le 7 octobre.
L’optimisme sur une issue rapide doit cependant être tempéré. Les médias d’opposition sont toujours fermés et les manifestations de partisans de Manuel Zelaya interdites. Les autorités n’ont pas tenu leur promesse d’abroger le décret très controversé sur la suspension des libertés individuelles. Et Roberto Micheletti a reçu une bouffée d’oxygène hier, avec la visite de 4 élus américains du parti républicain. Ils sont venus le saluer au palais présidentiel, en contradiction avec la position officielle des Etats-Unis, qui refuse tout contact avec le gouvernement issu du coup d’Etat.
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30 septembre 2009
CONDAMNATION DES COUPS D’ETAT : Manuel Zelaya, une victime "heureuse"
Le président renversé du Honduras, Manuel Zelaya, est un sacré veinard. Après avoir réussi l’exploit de retourner dans son pays – même s’il s’est réfugié dans une ambassade – à la surprise générale des nouvelles autorités, il vient de réussir un autre. Il s’agit de son adresse à la 64e Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) par la magie du téléphone depuis son refuge. C’est un vrai soutien de l’organisation mondiale qui, d’ailleurs, ne l’a jamais laissé tomber depuis qu’il a été destitué.

Bon nombre de chefs d’Etat évincés auraient aimé avoir bénéficié d’un tel soutien au moment où ils ont été chassés du pouvoir. Sauf oubli de notre part, ils ne sont pas nombreux à en avoir bénéficié. La plupart du temps, l’ONU se borne à condamner les coups d’Etat, à menacer les nouvelles autorités de sanctions individuelles ou collectives (gels de biens, interdictions de voyager, embargo, exclusion de l’organisation, etc.).
A l’évidence, cela ne fait ni chaud, ni froid aux putschistes dont beaucoup ont fini par comprendre l’âme de l’ONU, de la fameuse communauté internationale : il faut savoir tenir dès les premiers moments et l’on finira par se faire oublier ou accepter car les premières condamnations sont proférées par principe. Et malheur au chef de l’Etat qui aura perdu son pouvoir car dans la plupart des cas, il ne peut plus le retrouver. Lui-même finit par se rendre à l’évidence que malgré les soutiens qui lui sont témoignés, sa couronne lui a été ravie pour de bon.
Toutefois, ce qui se passe avec l’ancien homme fort de Tegucigalpa marque une petite rupture avec ce que l’on a vu jusque-là surtout en Afrique, continent réputé pour ses coups d’Etat que même la démocratie, instaurée dans les années 90, n’a pas encore réussi à éradiquer. Malgré le temps qui passe, le soutien de l’ONU à Manuel Zelaya est constant. L’organisation le considère toujours comme le président légitime du Honduras.
A y voir de près, on se demande si cette fermeté de l’organisation n’est pas liée à la fermeté de l’ensemble des pays de l’Amérique du Sud qui ont condamné sans ambages le coup de force de Roberto Micheletti. Parallèlement, ils ne ménagent pas leur soutien au président déchu. L’ONU ne peut donc qu’appuyer fortement cette attitude, qu’aller dans le sens du rejet ferme du coup de force.
Si jamais le soutien exprimé à l’homme au chapeau du Honduras lui permettait de retrouver son fauteuil, ce serait la preuve que l’ONU, quoique l’on dise, dispose de moyens de coercition. Ce serait aussi la preuve que l’ONU, ce ne sont pas seulement des résolutions prises qui ne sont jamais respectées sur le terrain. D’une manière générale, l’ONU doit passer de la parole aux actes dans la condamnation des coups d’Etat. Cela peut se traduire par l’usage, au besoin, de la force pour rétablir un président élu qui a été renversé. Dans le même temps, elle devra aussi rappeler à l’ordre les chefs d’Etat qui, une fois élus, n’en font qu’à leur tête et oppriment leur peuple. En d’autres termes, il faudra faire de telle sorte qu’il n’y ait pas de terreau fertile aux coups d’Etat.
Par Séni DABO
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07 juillet 2009
PRESIDENT DECHU DU HONDURAS : Vrai départ, faux retour
Source : lepays.bf (Article publié le 7 juillet 2009)
Le président déchu du Honduras a bel et bien mis sa menace à exécution. Depuis son lieu d’exil, il avait promis qu’il regagnerait son pays d’où les militaires l’avaient expulsé, à son corps défendant. La tentative a eu lieu, mais l’avion transportant le président hondurien renversé a été dirigé vers le Salvador. "Je suis le commandant général des Forces armées, élu par le peuple, et je demande à l’Etat-major des Forces armées d’obéir à l’ordre d’ouvrir l’aéroport afin de n’avoir aucun problème pour atterrir et embrasser mon peuple", a lancé Zélaya, depuis l’avion qui le ramenait au Honduras et qui avait décollé des Etats-Unis.
Visiblement, cette injonction du désormais ex-président n’aura pas suffi. Car, non seulement il ne recevra pas l’autorisation demandée, mais, qui plus est, la piste d’atterrissage sera prise d’assaut par des militaires, rendant impossible toute tentative d’atterrissage. Et voilà Zélaya hôte malgré lui du Salvador. Il aura été victime d’un scénario presqu’à l’africaine. Avec la différence cependant que dans le temps, sur le continent noir, l’usage commandait de laisser s’absenter le chef d’Etat indésiré pour quelque sommet ou rencontre internationale, pour ensuite lui refuser le retour dans son propre pays.
Plusieurs chefs d’Etat du continent noir auront été victimes de ce coup d’Etat de fait. De mauvaises langues trouvent de nos jours, une explication au refus de voyager à l’étranger de certains gouvernants en place, en la peur bleue qu’ils auraient de ce syndrome qui rendit plus d’un gouvernant africain, du jour au lendemain, dépouillé de son pouvoir, chassé de son pays et malheureux pour le restant de ses jours. Fait d’importance pour le cas Zélaya, les chefs d’Etat qui se sont montrés solidaires à son endroit et qui avaient promis de l’escorter à l’occasion de son voyage-retour au Honduras, auront finalement fait faux bond. Reste à savoir si cela a été fait par résignation ou par prudence. Toujours est-il que le président déchu doit commencer à présent à se rendre à l’évidence : retourner au Honduras pour y occuper à nouveau le fauteuil présidentiel qu’il a perdu ne sera pas chose aisée. Lui qui se targuait d’avoir l’appui de la communauté internationale se rend sans doute compte à présent, qu’elle ne peut pas grand-chose en pareil cas. Pour la simple raison que les condamnations qui fusent de partout arrivent bien tard, alors que le mal est consommé.
De nombreux exemples existent de pays condamnés et même exclus d’instances internationales, mais qui n’ont pas changé d’un iota la politique instaurée par les nouvelles autorités qui se sont emparées des rênes du pays. Qu’y peut-on, au final ? Le sacro-saint principe de la non-ingérence limite toute action et annihile toute initiative. Et puis, rien ne résiste vraiment au temps. Après la période des véhémentes condamnations, vient celle de l’acceptation tacite et enfin celle de la réintégration entière qui consacre de fait et réhabilite les autorités au départ illégales. D’où, une fois de plus, l’impérieux besoin, même pour la communauté internationale, de s’attaquer au mal à la racine, plutôt que de tenter de récupérer très maladroitement une situation alors qu’elle est entièrement déconfite.
Zélaya serait bien inspiré de comprendre que le soutien des dirigeants de l’OEA ne lui sera bénéfique que s’il rencontre vraiment l’assentiment de son propre peuple. Nul ne se risquerait à imposer un chef d’Etat à sa propre nation, si cette dernière décide de le bouter hors de ses frontières. Ce serait là aller à l’encontre de la realpolitik et du bon sens le plus élémentaire.
Par Jean Claude KONGO
09:52 Publié dans HORS D'AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : zelaya, honduras
05 juillet 2009
Honduras : La crise politique s'accentue
Jose Miguel Insulza, le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), à l'aéroport international de Tegucigalpa, le 3 juillet 2009. ( Photo : Dennis Montenegro/ Reuters )
Les deux présidents du Honduras campent sur leurs positions. Manuel Zelaya, depuis son exil au Salvador, a annoncé qu’il planifiait son retour au Honduras dès que Jose Miguel Inzulsa, le secrétaire général de l’OEA, aura terminé sa visite à Tegucigalpa. Il espère que les négociations permettront de convaincre les putschistes de céder le pouvoir.
Jose Miguel Inzulsa a prévu des réunions avec les autorités de la Cour suprême, du ministère public et du Congrès. Il devrait également se réunir avec les membres de l’opposition qui soutiennent Manuel Zelaya.
L’autre président, Roberto Micheletti, a proposé pour sortir de la crise politique d’avancer les élections de novembre prochain, et a réaffirmé qu’il n’était pas question d’accepter l’ultimatum de l’OEA qui exige la restauration de l’ordre constitutionnel. Soutenu par des milliers de manifestants qui sont descendus dans la rue, Roberto Micheletti a prévenu que si Miguel Zelaya rentrait au Honduras, il serait arrêté et mis en prison.
Par Patrice Gouy
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