14 décembre 2009

Allégement de la dette ivoirienne

L'observateur paalga          14 décembre 2009

 

Coup de pouce électoral pour Gbagbo

 

La France a annulé, ce mercredi, 250 milliards de F CFA de la dette ivoirienne envers elle, et en a rééchelonné largement le payement de ce qu’il en reste, cela, comme prime à la bonne gestion, Abidjan ayant passé haut la main en mars l’examen d’éligibilité à l’initiative du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale en faveur des Pays pauvres très endettés. “C’est un jour très agréable pour la Côte d’Ivoire”, a déclaré Charles Diby Koffi, ministre ivoirien de l’Economie et des Finances.

 

 

LG.jpgSurtout pour le présidentiable sortant, Laurent Koudou Gbagbo, oui. Car si les crises économiques et les soubresauts sont souvent imputés et donc préjudiciables aux gouvernants, politico-électoralement notamment, les bonnes nouvelles, pour ne pas dire les événements heureux, leur sont favorables, particulièrement quand ils surviennent à un jet de pierre d’un scrutin.

 

La France aurait donc voulu booster ainsi la réélection du “Boulanger” qu’elle n’aurait pas trouvé meilleur moment pour faire ce cadeau à la Côte d’Ivoire, dont le ministre de l’Economie et des Finances a assuré de la détermination “à affecter prioritairement les ressources issues de ces allégements de la dette au financement des dépenses propauvres et des projets d’infrastructures de base...”. Lors de la cérémonie y relative, l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, S.E.M. Jean-Marc Simon, s’est réjoui, pour sa part, de la qualité des relations entre les deux pays.

 

A défaut d’avoir pu rompre avec la Françafrique, Sarkozy aura au moins réussi à tourner la page, tumultueuse, des rapports franco-ivoiriens, franco-rwandais sous Chirac, après avoir éteint son propre incendie franco-gabonais sous Bongo père. Pour insister sur le retour de la lune de miel entre Paris et Abidjan, Jean-Marc Simon a d’ailleurs promis que la dette dont le remboursement a été différé, 990 milliards de CFA s’il vous plaît, “ferait l’objet d’une annulation très importante au moment où la Côte d’Ivoire aura atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE...”

 

C’est dire que le pays de Gbagbo, s’il veut obtenir davantage, doit appliquer, sans dérapage, son programme de réformes économiques et sociales, un exercice momentanément difficile pour lui, période même préélectorale, plutôt propice aux revendications syndicales, oblige.

 

Les Etats-Unis, il y a deux mois et demi de cela, n’avaient-ils pas déjà annulé, au profit de la Côte d’Ivoire, des créances d’un montant de 98 milliards, libellés en quelle monnaie ?

 

Ajoutons à toutes ces bonnes nouvelles pour la Côte d’Ivoire, le Burkina et toute la sous-région que le Fonds européen de développement (FED) a signé, le lundi 7 décembre avec l’ex-Basse-Côte d’Ivoire, une convention de financement de 12, 87 millions d’euros, qui lui ont permis d’apurer définitivement ce qu’elle devait à la Banque européenne d’investissement (BEI). Vous l’aurez compris, les bailleurs de fonds et les partenaires au développement de la Côte d’Ivoire misent déjà sur la sortie de notre yaka (1) de la crise et sur son développement de plus belle.

 

Dommage pour le développement du Niger, voire de la sous-région, qu’alors que la Côte d’Ivoire reçoit des lauriers des bailleurs de fonds et des partenaires au développement pour bonne gestion, ce pays-là, par la faute de ses dirigeants, ne s’en attire, lui, que les foudres pour mauvaise gouvernance .

 

Ahl-Assane Rouamba


Notes : 1 - Voisin se dit yaka en mooré, langue des Mossis du Burkina

 

lobservateur

03 décembre 2009

PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE

Gbagbo jusqu’au bout de son mandat cadeau

 

Le pays          03 décembre 2009


La réunion du Cadre permanent de concertation (CPC) s’ouvre aujourd’hui à Ouagadougou en présence des principaux acteurs de la scène politique ivoiriennne. Le président Laurent Gbagbo, son premier ministre Guillaume Soro, l’ancien président Henri Konan Bédié et l’ex-premier ministre Alassane Dramane Ouattara, les deux principaux opposants et adversaires de Gbagbo à l’élection présidentielle sont en effet là.


 

 

gbagbo.jpgLe président de la Commission électorale indépendante, Robert Beugré Mambé, aussi. Tout ce beau monde fera avec le facilitateur Blaise Compaoré le bilan du processus électoral actuellement en cours en Côte d’Ivoire. L’élection présidentielle, qui n’a pu se tenir à la date du 29 novembre dernier, sera très certainement au centre des discussions. On ignore pour l’instant si des propositions de dates seront faites au sortir de cette réunion.

 

Ce qui est sûr, c’est que l’exemple ivoirien devient un cas d’école. Les Ivoiriens, c’est le cas de le dire, ont vraiment mis la charrue avant les boeufs. Nulle part au monde, on n’a vu la liste officielle des candidats à la présidentielle publiée pour une élection dont ils ignorent à quelle date elle se tiendra. Fatigué de ces éternels reports, le PDCI/RDA, parti de Bédié, a exprimé son raz-le-bol et décide de faire tout le bruit possible afin que l’horizon de l’élection se dégage. Les arguments ne manquent pas pour soutenir la thèse selon laquelle la présidentielle ivoirienne pourrait ne pas se tenir dans l’immédiat, au grand dam des opposants partis tôt à la conquête des électeurs et qui ont, pour certains, déjà montré des signes d’essouflement.

 

Ils sont nombreux, les citoyens ivoiriens et ceux d’autres pays à ne plus croire à une volonté réelle de sortie de crise. Certes, on reconnaît que du travail reste à abattre avant d’arriver aux élections. Il faut en effet régler le contentieux des listes électorales, publier les listes définitives, confectionner les cartes d’identité et les cartes d’électeurs, distribuer ces cartes, etc. Ce travail exige des mois. En réalité, ils sont nombreux à penser que la situation traîne ainsi en longueur parce qu’elle profite au camp présidentiel. Ils n’ont peut-être pas tort car tant qu’il n’y aura pas d’élection, Laurent Gbagbo demeurera toujours à la tête de l’Etat ivoirien.

 

C’est dire donc que les six reports auxquels les observateurs de la scène politique ivoirienne ont pu assister ne sont pas faits pour déplaire à Laurent Gbagbo, loin s’en faut. Il convient de rappeller qu’en Côte d’Ivoire et ce depuis l’ère Houphouët Boigny, les élections présidentielles ont toujours été organisées tous les cinq ans, au mois d’octobre. Laurent Gbagbo lui-même a été élu en octobre 2000 pour un mandat de cinq ans qui expirait en octobre 2005, date programmée pour une nouvelle élection, laquelle n’eut pas lieu à cause de la guerre. Les dates proposées par la suite, notamment octobre 2006, octobre 2007, janvier 2008, juin 2008, novembre 2008 et novembre 2009, ont connu le sort que l’on sait. A ce jour, Laurent Gbagbo a eu quatre années de bonus comme président de la République. En 2010 et plus exactement au mois d’octobre, il aura eu un mandat entier cadeau. Au regard de ce qui précède et des autres analyses qu’on peut faire, il est possible d’affirmer que la présidentielle ivoirienne aura probablement lieu en octobre 2010.

 

Ce serait en réalité l’agenda caché dont personne ne semble vouloir parler du côté de la lagune Ebrié. Toutes ces gesticulations et manoeuvres ne sont que de la poudre aux yeux pour divertir et faire perdre le Nord. On ne comprend pas que le président ivoirien qui disait qu’il fallait aller vite, vite aux élections, dise aujourd’hui que mieux vaut aller à des élections tard et ne plus avoir de conflits que d’avoir des élections vite et se retrouver avec des morts sur les bras. "Nous sommes fatigués de pleurer nos morts", dira Laurent Gbagbo. On ne peut pas dénier le fait que cette déclaration relève du bon sens. Tenus par ses adversaires cependant, ces propos auraient eu plus de crédibilité et plus d’impact.

 

Les observateurs ne manqueront pas aussi de tourner leurs regards vers le facilitateur Blaise Compaoré qui, très certainement, pense aussi à sa propre élection prévue pour novembre 2010. La proximité de la présidentielle burkinabè et celle de la Côte d’Ivoire supposée avoir lieu en octobre prochain, pourrait être avérée. Blaise Compaoré pourrait alors être accusé de connivence avec Gbagbo. En tout cas, il est souhaitable qu’au sortir de cette nouvelle réunion du CPC, des propositions de nouvelles dates et l’élaboration d’un chronogramme figurent en bonne place dan les résultats de cette même rencontre. Autrement, l’accord politique de Ouagadougou (APO) pourrait perdre de sa crédibilité. Même si les écueils restent importants, telles les questions de la partition du pays ou du réarmement des différentes parties, les acteurs de la scène politique ivoirienne doivent résolument travailler à sortir de cette logique de reports permanents.

"Le Pays"

13 novembre 2009

Présidentielle ivoirienne : Arithmétique électorale

L'observateur paalga          13 novembre 2009

 

On ne le redoutait même plus, tant les esprits y étaient préparés depuis belle lurette : les Ivoiriens, classe politique et citoyens lambdas, ainsi que la communauté internationale savaient pertinemment qu’un énième report de la présidentielle ivoirienne était inévitable. Même si les leaders politiques et le gouvernement n’avaient pas beau martelé qu’il ne faut pas cultiver le fétichisme des dates, celle du 29 novembre 2009 était quasiment out. La faute à qui ?

 

 

laurent-gbagbo-394613.jpgD’abord aux contingences inhérentes à une situation de sortie de crise et aux aléas techniques. Et aussi à un manque de volonté du camp présidentiel comme des ex-rebelles, qui se pressent lentement pour aller à ce scrutin majeur. Le pouvoir en place, en dépit des sondages qui donnent le président sortant gagnant au second tour, a-t-il peur du verdict des urnes comme le pensent ses adversaires, si fait qu’il le retarde pour attendre l’instant T où il sera certain de gagner ?Les Forces nouvelles, dont certains étaient des pieds-poudreux devenus des Crésus, font-ils de la résistance face à ce saut dans l’inconnue que représente cette élection ?

 

On s’accorde cependant à reconnaître que l’agent causal principal de ce retard est, ces derniers temps, la publication de la liste électorale provisoire. Depuis le 6 octobre dernier, jour où le premier ministre a remis officiellement la liste provisoire au chef de l’Etat, la certitude était faite que le 29 novembre allait de nouveau être décalé. Robert Mambé Beugré, le président de la CEI, a confirmé le 11 novembre qu’il n’y aurait plus d’élection en 2009, tout en invitant les journalistes à faire leur propre projection pour savoir à peu près le jour de ce combat qui promet d’être épique.

 

Prenons donc le patron de la CEI au mot : la liste provisoire a été remise, et à partir d’aujourd’hui 16 novembre jusqu’à mi-décembre et même jusqu’à Noël 2009, voire au-delà, on sera dans la période des contestations, qui doit durer en principe 38 jours ; le temps imparti pour extirper du corpus des électeurs les absents ,les morts et surtout les « faux » Ivoiriens ou allogènes pour emprunter un terme qui a fait florès du côté de la lagune Ebrié. Plus concrètement, il s’agira d’expurger des 6 384 253 inscrits sur la liste provisoire tous ceux qui n’ont pas le droit de voter, notamment de voir clair parmi les 1 083 667 inscrits sans pièces d’identification.

 

A partir de la fête de la Nativité ou de la mi-janvier 2010, devront débuter la confection des cartes d’électeurs et leur ventilation. Si on y ajoute les 15 jours de campagne requis avant le premier tour du scrutin, le tout mis bout à bout, on se retrouve en fin février début mars 2010. Notre arithmétique électorale nous conduit donc, si, entre-temps il n’y a pas de grain de sable qui se glisse dans le processus, en mars pour la présidentielle ivoirienne.

 

Pourvu surtout que ça soit vraiment la bonne date, car celle-ci a beau ne pas être gravée dans le marbre de la Constitution et que, de part et d’autre on estime qu’il faut éviter de subir cette dictature temporelle, ces reculs à n’en pas finir sont lassants et coûteux. Et puis, c’est plus que jamais le moment pour que la Côte d’Ivoire sorte de cette période de ni chair ni poisson. Même si on sait que cette présidentielle ne sera pas la baguette magique qui résoudra tous les problèmes.

 

Par Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

 

lobservateur

31 octobre 2009

Côte d'Ivoire : Gbagbo évoque un énième report de la présidentielle

France 24          31 octobre 2009

AFP - La date du 29 novembre officiellement retenue pour l'organisation du premier tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, "sera dépassée" a déclaré jeudi le chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, évoquant "la réalité du terrain".

 

laurent-gbagbo2.jpg"Si, par exemple, l'affichage de la liste électorale provisoire" qui a accumulé un retard "a lieu le 3 novembre, la consultation prendra fin le 3 décembre. Le 29 novembre sera alors dépassé", a affirmé M. Gbagbo à Yamoussoukro (centre), lors d'une rencontre avec des médecins militaires, a rapporté vendredi le site internet de la présidence ivoirienne.

 

"Les juges auront huit jours pour se prononcer sur les cas de contentieux. Nous serons alors, vers la mi-décembre. Nous allons afficher la liste électorale définitive et nous irons aux élections", a-t-il poursuivi.

 

"On peut fixer une date pour faire quelque chose, mais avec la réalité du terrain, on peut ne pas la respecter", a-t-il indiqué, justifiant un éventuel report du scrutin.

 

Mercredi, le président du Conseil économique et social (CES), Laurent Dona Fologo, un proche de M. Gbagbo a annoncé que le scrutin présidentiel devrait connaître un nouveau report, en raison des retards accumulés.

 

Paris a réagi en souhaitant le maintien de la date.

 

A moins d'un mois de l'élection, et à la suite de nombreux retards, la liste électorale provisoire n'a toujours pas été affichée à travers le pays.

 

Selon un décret, elle doit être affichée "30 jours au plus tard" avant l'élection.

 

Deux listes devront être affichées, une pour plus de 4,3 millions d'électeurs validés et une "liste à litiges" comprenant les quelque 1,9 million de personnes dont la nationalité reste inconnue, selon la CEI.

 

La phase de contentieux qui doit suivre est destinée à régler ces litiges, en vue de la liste définitive.

 

Sans cesse reporté depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005, le scrutin est censé clore la grave crise politico-militaire née du coup d'Etat manqué de 2002, qui a coupé le pays en un nord ex-rebelle et un sud loyaliste.

30 octobre 2009

PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE : Chronique d’un report annoncé

Le pays          30 octobre 2009


Ce n’est un secret pour personne ; la présidentielle ivoirienne annoncée pour le 29 novembre a très peu de chance de se tenir à la date indiquée. A vrai dire, tout le monde le pensait tout bas. Les raisons en sont pléthore. Mais officiellement, l’échéance tient, puisque rien ne vient la contredire.

 

 

 

Mais, on voit par-ci par-là des faits et gestes qui confortent l’attitude de ceux qui croient dur comme fer qu’il faut se préparer à un nouveau et énième report du scrutin de novembre. Et depuis peu, on entend de petites phrases, quelque peu anodines certes, mais qui, dans le contexte actuel que connaît la Côte d’Ivoire, valent bien leur pesant d’information. Il y eut d’abord l’affirmation de Simone Gbagbo, épouse du chef de l’Etat ivoirien et présidente du groupe parlementaire FPI à l’Assemblée nationale ivoirienne, il y a seulement quelques jours : elle y disait on ne peut plus clairement l’impossibilité, selon elle, de s’en tenir à la date du 29 novembre pour le scrutin présidentiel. Dans la foulée, un autre "grand" du FPI, par ailleurs président du CES ivoirien, Laurent Dona Fologo, vient afficher lui aussi, sans ambages, la même conviction : la présidentielle ivoirienne ne se tiendra pas à la date du 29 novembre.

 

Ces deux mastodontes du paysage politique ivoirien ne sont pas des lampistes et ils savent ce dont ils parlent. Il n’est pas vain de croire que leurs propos respectifs soient prémonitoires de ce qui devrait normalement se passer.

 

Car, tout semble indiquer qu’ils parlent pour d’autres. Ces autres, qui sont gênés sans doute de devoir annoncer un nouveau et énième report d’un scrutin à propos duquel on avait promis, juré, la main sur le coeur, que tout serait mis en oeuvre pour qu’il se tienne enfin à la date du 29 novembre. Mais depuis ces promesses, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts, des difficultés de dernière minute auront été découvertes, et on a toujours la sempiternelle impression que quelque méchante divinité s’acharne à barrer aux Ivoiriens la route qui conduit à une réelle sortie de crise pourtant nécessaire parce que salutaire.

 

Il est digne d’intérêt de remarquer que les protagonistes auront pris le soin de laisser des acteurs de la périphérie préparer les consciences à l’acception de la non-tenue de ces élections à la date prévue. Ce faisant, ils dégagent prudemment leur propre responsabilité. Officiellement, c’est à la CENI qu’il reviendra de prendre la décision du report de ces élections. Mais on sait aussi de quelles entraves cette même CENI peut souffrir, tant ses décisions ne rencontrent pas le parfait assentiment du pouvoir en place. En tout état de cause, la "chose" arrange de nombreux décideurs politiques en Côte d’Ivoire : ce qu’ils souhaitaient se fera, et cerise sur le gâteau, ils ne ressentiront même pas la petite gêne que connaîtra l’annonceur de la mauvaise nouvelle.

 

Et cela se passe dans un contexte où un nouveau rapport de l’ONU révèle que l’embargo décrété sur les armes à destination de la Côte d’Ivoire "est régulièrement violé aussi bien par l’ex-rébellion des Forces nouvelles que par le gouvernement…". Très clair, les parties ivoiriennes en conflit, même lorsqu’elles parlent de paix, de processus de sortie de crise, et d’élection présidentielle… continuent de s’armer. "Si vis pacem, para bellum !" (1), rétorquera-t-on. Mais c’est que là, les protagonistes de cette crise ivoirienne obligent toutes les bonnes volontés qui se seront commises à la lourde et délicate tâche d’aider à tirer le pays hors du bourbier, à assister à un véritable marché de dupes. Et c’est tout simplement inacceptable et scandaleux. Doit-on croire que tous les serments émouvants, les déclarations passionnées de bonne foi et autres effusions à vous fendre l’âme, ne participent tous que d’une vaste supercherie hypocrite dite avec talent mais dont la visée finale n’est rien d’autre que d’endormir autrui pour mieux parvenir à ses propres fins ?

 

On croyait rêver, on tombe presque des nues. Et c’est bien là un indice fort que le risque zéro pour une reprise du conflit n’existe pas en Côte d’Ivoire. Tout comme c’est l’occasion de s’interroger une fois de plus sur la sincérité et la bonne foi régulièrement affichées, mais tout aussi régulièrement démenties, de plus d’un acteur politique ivoirien, dans cette crise qui affecte le pays depuis de si longues années déjà. Car, au final, on est bien en droit de se demander, au regard de ce qui se passe, qui, en Côte d’Ivoire, a vraiment foi dans le processus de sortie de crise. Qui ? Puisque les acteurs de premier plan négocient tout en gardant cachée, une arme dans le dos … "en cas de cas !". Et c’est bien là aussi que réside la complexité du problème ivoirien, à l’heure actuelle.

 

Pour le moment, tout le monde ou presque se prépare à accueillir l’annonce prochaine d’un report de la présidentielle de novembre. Reste à savoir si elle contribuera à résoudre des problèmes déjà existants ou si au contraire, elle contribuera à en générer de nouveaux.

 

"Le Pays"

29 octobre 2009

Violation de l’embargo sur les armes en direction de la Côte d’Ivoire : Une pierre dans le jardin de Blaise Compaoré

L'Observateur paalga          29 octobre 2009

 

L’Afrique était un dépotoir. Elle reste de nos jours un champ d’expérimentation et un terrain idéal pour trafiquants d’armes. Les exemples sont légion. Dernier en date, l’Angolagate, le nom donné à un trafic d’armes dans les années 90 à destination de l’Angola. Cette affaire, qui a connu son épilogue devant le tribunal de Paris mardi dernier et dite « affaire Falcone-Mitterrand-Gaydimak », a, pour la première fois, révélé au grand jour les liens occultes et quasiment maffieux entre marchands d’armes et milieux politiques.

 

 

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Les deux principaux protagonistes de ce trafic juteux (environ 400 milliards de nos francs) que sont Arcadi Gaydamak et Pierre Falcone ont été condamnés chacun à six ans de prison ferme et les autres personnes incriminées écopent de peines moins lourdes assorties d’amendes de plusieurs milliers d’euros.

 

Dire que l’Afrique demeure une aubaine pour trafiquants d’armes de toute sorte, c’est trahir un secret de polichinelle. Cela tient d’autant plus de la lapalissade que pendant que mardi dernier l’Angolagate connaissait son dénouement judiciaire, les Nations unies décidaient de pointer un doigt accusateur sur les responsables de trafic d’armes en Côte d’Ivoire.

 

En 2005, en pleine crise politico-militaire, les Nations unies avaient décrété un embargo sur les armes à destination du pays du président Félix Houphouët -Boigny. Pour le groupe d’experts mandatés par le Conseil de sécurité pour enquêter sur ce trafic, « cet embargo est régulièrement violé aussi bien par l’ex- rébellion des Forces nouvelles que par le gouvernement avec de nombreuses entrées d’armes et de munitions en provenance du Burkina » et « malgré l’embargo sur les armes, les deux parties ivoiriennes dans le Nord et le Sud continuent de se réarmer ou de se rééquiper avec du matériel connexe ».

 

Voilà qui est dit et qui pourrait – si cette information est juste – compliquer singulièrement la tâche du facilitateur dans la crise ivoirienne. En effet, si ce rapport avait été sorti il y a quelques années, personne n’aurait rien eu à redire en criant au baudet, ce, d’autant plus qu’il bruissait de toutes parts que le Burkina était un grand fournisseur d’armes aux rebelles ivoiriens.

 

Mais de nos jours, où notre pays se démène comme un beau diable pour éteindre le brasier ivoirien, cela est difficilement compréhensible Et c’est peu dire que d’affirmer que ce brûlot concocté par les experts onusiens pourrait bien être une pierre jetée dans le jardin de Blaise Compaoré, celui-là même qui été choisi comme facilitateur.

 

Comment, véritablement, peut-il jouer son rôle de médiateur, c’est-à-dire être équidistant des deux parties, tout en poursuivant la fourniture d’armes à une des parties ?

 

Une autre préoccupation et non des moindres soulevée dans le rapport mérite vraiment qu’on s’y attarde un peu : il s’agit de la « course à l’armement » que l’on constate aussi bien du côté de la rébellion que du côté gouvernemental. Comment comprendre que, pendant que tous les regards sont tournés vers la présidentielle du 29 novembre prochain (dans un mois jour pour jour donc), les différentes parties ne soient préoccupées qu’à s’équiper en matériel de guerre ?

 

Certes, le report de la présidentielle est depuis un secret de polichinelle ; mais si, du côté pouvoir, acheter ce matériel de guerre pour équiper une armée républicaine pourrait aisément s’expliquer et se comprendre (si toute fois la Côte d’Ivoire n’était pas frappée d’embargo), cela l’est moins en ce qui concerne la rébellion armée.

 

Alors, les différents protagonistes de la crise ivoirienne jouent-ils vraiment franc-jeu afin de sortir de cette impasse ? Le doute est permis, ce, d’autant plus que plus jamais cette situation de ni guerre ni paix fait l’affaire de plus d’un. Alors qu’au-delà des petits intérêts personnels, il faudra bien sceller une paix de braves !

 

Boureima Diallo


 

lobservateur

Présidentielle ivoirienne "pas possible" le 29 novembre

Jeune Afrique          29 octobre 2009

 

L'élection présidentielle ivoirienne, sans cesse reportée depuis 2005, ne pourra se tenir à la date prévue du 29 novembre, en raison des retards accumulés, a estimé mercredi un proche du chef de l'Etat Laurent Gbagbo, le président du Conseil économique et social (CES).


L'élection présidentielle ivoirienne est sans cesse reportée depuis 2005L'élection présidentielle ivoirienne est sans cesse reportée depuis 2005© AFP


"Si on veut une liste (électorale) transparente, solide, fiable comme tout le monde nous l'a recommandé, il ne sera pas possible de tenir le 29 novembre, cela me paraît très clair", a déclaré à l'AFP Laurent Dona Fologo.

 

C'est la première fois qu'une autorité officielle ivoirienne exprime publiquement en des termes aussi clairs l'impossibilité de respecter le calendrier.

 

"La Commission électorale indépendante (CEI), seul organisme à fixer la date des élections, doit prendre ses responsabilités et annoncer le report", a-t-il poursuivi.

 

"Il me semble que même un miracle ne pourrait pas nous permettre de respecter aujourd'hui le délai. Pourquoi ne pas dire clairement les choses et qu'on n'en parle plus", a-t-il insisté, plaidant pour un report de deux mois.

 

"Il faut aller à des élections propres"


"On a perdu plus de sept ans, ce n'est pas un ou deux mois de plus que nous ne devons pas accepter de perdre, si nous voulons aboutir à des élections transparentes", a souligné M. Fologo.

 

"Si nous voulons la fin de ce cafouillage qui retarde le pays, il faut aller à des élections propres, à travers des listes claires", a-t-il fait valoir.

 

A près d'un mois de l'élection, et à la suite de nombreux retards, la liste électorale provisoire n'a toujours pas été affichée à travers le pays.

 

Deux listes devront être affichées, une pour les plus de 4,3 millions d'électeurs validés et une "liste à litiges" comprenant les quelque 1,9 million de personnes dont la nationalité reste inconnue, selon la CEI.

 

La phase de contentieux qui doit suivre est destinée à régler ces litiges, en vue de la liste définitive.

 

Sans cesse reporté depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005, le scrutin est censé clore la grave crise politico-militaire née du coup d'Etat manqué de 2002, qui a coupé le pays en un nord ex-rebelle et un sud loyaliste.

18 octobre 2009

Côte d'Ivoire / Election présidentielle : La liste des candidats est bouclée

RFI          17 octobre 2009

 



Gbagbo_candidature_161009_200.jpgParmi les candidats, figurent d’abord les signataires des accords de Marcoussis en janvier 2003. Laurent Gbagbo, le président sortant, vise sa réélection sous les couleurs du FPI, le Front populaire ivoirien, avec le soutien de neuf autres groupements politiques. Parmi ses rivaux figurent l’ancien président Henri Konan Bédié, présenté par le PDCI, et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara, soutenu par le RDR, le Rassemblement des Républicains.

 

Trois autres signataires de Marcoussis briguent la magistrature suprême : Albert Mabri Touakeuse pour l’UDPCI, le parti de feu Robert Guei, Francis Wodié pour le PIT, Parti ivoirien des travailleurs et Anaky Kobenan pour le MFA, le Mouvement des Forces d'avenir.

Dix candidats sont soutenus par des partis politiques et 10 autres sont des indépendants. Une seule femme est en lice, Jacqueline Oblé Lohouès, ancienne ministre de la Justice. Le comédien humoriste Adama Daïko veut aussi tester sa popularité, mais cette fois sur le terrain politique.

 

Il faut désormais attendre que les dossiers de candidatures soient validés par le Conseil constitutionnel. La liste des candidats retenus sera publiée au plus tard 15 jours avant la date du scrutin. Pour le président de la Commission électorale indépendante, Robert Beugré Mambé, le premier tour de cette présidentielle est toujours prévu le 29 novembre. Mais il n’exclut pas que le vote puisse être reporté, en précisant que, même si c'était le cas, les Ivoiriens se rendront aux urnes avant la fin de cette année.

 

En Côte d'Ivoire, on se bouscule pour être président

 

« La distribution de la prochaine présidentielle est désormais bouclée en Côte d’Ivoire. Vingt dossiers ont été déposés à la CEI, la Commission électorale indépendante... En Côte d’Ivoire, décidément, on se bouscule pour être président... »

17/10/2009 par Norbert Navarro

19 septembre 2009

Côte d'Ivoire / Burkina Faso : Lune de miel à Abidjan

RFI          samedi 19 septembre 2009


La visite de Blaise Compaoré en Côte d'Ivoire a scellé la réconciliation avec Laurent Gbagbo. Les ennemis d'hier ont multiplié les gestes marquant la dissipation définitive des nuages qui avaient lourdement assombri les relations entre les deux capitales. Rien n'est moins sûr, en revanche, pour ce qui est du respect du calendrier électoral.

Le président ivoirien, Laurent Gbagbo (g) et le président burkinabé, Blaise Compaoré (d), à l'aéroport de Yamoussoukro, le 15 septembre 2009.(Photo : AFP)

Le président ivoirien, Laurent Gbagbo (g) et le président burkinabé, Blaise Compaoré (d), à l'aéroport de Yamoussoukro, le 15 septembre 2009.
(Photo : AFP)


La détente entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso avait déjà débuté depuis les accords de Ouagadougou, il y a deux ans, et le passage de Blaise Compaoré du rôle de parrain présumé des ex-rebelles ivoiriens à celui de médiateur. Mais cette visite officielle en Côte d'Ivoire de Blaise Compaoré - sa première depuis l'élection dans ce pays du président Laurent Gbagbo en 2000 - a incontestablement scellé la réconciliation entre les deux voisins.

 

Il y a les symboles forts : la visite du président burkinabé dans le village natal de Laurent Gbagbo, mercredi, puis le discours de Blaise Compaoré devant le Parlement ivoirien, événements, il n’y a pas si longtemps, inimaginables. Il y a aussi les actes posés par les deux chefs d’Etats pour cimenter cette nouvelle relation, comme le lancement d’un projet d’autoroute entre Yamoussoukro et Ouagadougou.

 

Jeudi soir, à l’occasion d’une soirée de gala au palais présidentiel, Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo ont également fait assaut d’amabilités. « Il s’agit de retrouvailles entre amis et frères, a lancé le président ivoirien. On s’est engueulés. (…) On est allé jusqu’au bout et aujourd’hui, on va jusqu’au bout de l’intégration. »

Le président ivoirien, Laurent Gbagbo

18/09/2009 par Alpha Barry


Même ton pour le président burkinabé : « Des années 1980, jusqu’à nos jours, même au plus fort de la crise, nous nous sommes toujours parlés, parce qu’on savait que cette crise allait être passagère et parce que nous savions que ce n’était qu’une étape dans la construction de notre destin commun », a déclaré Blaise Compaoré.

Le président burkinabé, Blaise Compaoré

18/09/2009 par Alpha Barry


La hache de guerre semble donc définitivement enterrée. Et passé ces gestes de réconciliation, le chef de l'Etat burkinabé a, dès ce vendredi,  repris sa casquette de facilitateur en rencontrant le Premier ministre Guillaume Soro, issu des ex-Forces nouvelles, et les autres acteurs de la scène politique ivoirienne.

17 septembre 2009

Côte d'Ivoire : Vers un nouveau report de la présidentielle

RFI         jeudi 16 septembre 2009


 

Pour sa première visite officielle en Côte d'Ivoire depuis l’élection de Laurent Gbagbo en l'an 2000, Blaise Compaoré s’est rendu hier à Mama, village natal du président ivoirien, dans le centre-ouest du pays. Facilitateur du dialogue inter-ivoirien, le président burkinabé s’est invité dans le débat sur la tenue de l’élection présidentielle prévue le 29 novembre prochain. Alors que le doute plane sur le respect de cette date, Blaise Compaoré estime à son tour que ce qui importe le plus c'est la réussite du scrutin, pour garantir la paix, et non le calendrier électoral.


Blaise Compaoré (D), Laurent (C) et Simone Gbagbo (G) à Mama, village natal de Laurent Gbagbo, le 16 septembre 2009.( Photo : Norbert Navarro/ RFI )

Blaise Compaoré (D), Laurent (C) et Simone Gbagbo (G) à Mama, village natal de Laurent Gbagbo, le 16 septembre 2009.
( Photo : Norbert Navarro/ RFI )

 


Y-aura-t-il élection le 29 novembre prochain ? Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo n’ont pas clairement abordé la question. Mais tous les deux ont laissé entendre hier, que le plus important n’était pas d’aller vite à l’élection. Pour eux, l’essentiel est d’atteindre l’objectif. « L’important, c’est de ne pas bâcler le processus, a martelé le médiateur. Comment interpréter cette déclaration, au moment où des incertitudes planent sur le respect du calendrier électoral ? Laurent Gbagbo et son hôte, ont-ils voulu excuser les retards pris par la commission électorale dans l’organisation du scrutin ? Ou bien réparent-ils les esprits à un nouveau report ?

 

A deux mois et demi de la date prévue, la liste provisoire, qui devrait être publiée depuis trois semaines, se fait toujours attendre. Et, de nombreuses étapes et tâches restent encore à accomplir. Face au retard accumulé, de nombreux Ivoiriens sont plongés dans le doute. Le médiateur burkinabé, lui, devrait se faire une idée plus claire de la situation, demain, vendredi, lorsqu’il rencontrera les leaders politiques, la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire, ou encore les structures chargées d’organiser l’élection.

 

Lentement mais sûrement


Mieux vaut prendre son temps que de bâcler cette élection. Quitte à reporter une fois encore la date du premier tour ? Le président burkinabé se garde bien de le dire. Mais son avis semble sonner comme une onction à un nouveau possible report de cette échéance tant attendue.

 

Selon Blaise Compaoré il s’agit d’un processus « important pour l’avenir de nos deux pays ». Il faut donc « avancer sûrement vers l’objectif qui est l’organisation de l’élection présidentielle. » A l’unisson de son homologue Blaise Compaoré et de son Premier ministre, Guillaume Soro, le président ivoirien Laurent Gbagbo invoque l’avenir pour insister sur le soin avec lequel doivent être organisées les élections. « Il ne faut pas confondre l’avenir de la paix et le retard que l’on met dans l’organisation des élection. Ce sont deux choses différentes. Nous sommes en train de préparer les élections, comme on dit ici : tchoco-tchoco, on va faire les élections ».

 

« Tchoco-tchoco », veut bien dire « dans tous les cas ». Mais cela ne veut pas dire quand. Or, en Côte d’Ivoire comme ailleurs, personne n’aspire ouvertement à des élections bâclées. Dès lors, on peut se demander pourquoi Laurent Gbagbo insiste maintenant sur le soin à apporter au scrutin. A cela, le président ivoirien doit sans doute avoir une bonne raison.

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