18 décembre 2009

SANCTIONS FINANCIERES CONTRE LE NIGER

Avec quoi Tandja va-t-il terminer ses chantiers ?

 

Le pays          18 décembre 2009

 

Sale temps pour le colonel Mamadou Tandja. Après avoir réussi son tour de passe passe avec la Constitution, il doit faire face désormais aux sanctions de la communauté internationale qui a décidé de ne pas accepter cette atteinte à la démocratie pouvant créer une jurisprudence dans les annales politiques avec des conséquences graves pour la stabilité des pays. Le robinet de l’aide est donc en train de se fermer progressivement . Niamey a du souci à se faire. Car l’Organisation internationale de la francophonie dont il a su esquiver le marteau, a donné un ultimatum de 60 jours aux autorités nigériennes pour rattraper encore la gaffe.

 

mamadou tandja.jpgLe Niger alimente la chronique des errements politiques des pays africains depuis que son président, Mamadou Tandja s’est mis à l’idée de s’offrir de façon inédite un mandat complémentaire de trois ans pour, dit–il, terminer ses chantiers. Assis sur les promesses des revenus de l’uranium et ceux du pétrole, il s’est payé le luxe de doter le pays d’une nouvelle Constitution, sautant du même coup le verrou de la limitation du nombre des mandats. Pour cela, il y a mis toute son énergie et toute son intelligence. Les élections locales de janvier parachèveraient ainsi la mainmise totale de Tandja et de son parti sur les institutions du pays.

 

Cet entêtement a conduit le Niger aujourd’hui au ban de la communauté internationale avec à l’intérieur du pays et dans la capitale, une opposition tenace qui s’est juré de ne pas être le complice d’un tel hold up. A Niamey, la mesure de suspension de la CEDEAO n’a pas eu l’effet escompté. Pour cause, la communauté dispose de très peu de moyens coercitifs. Et, elle s’est plutôt révélée tout au long de cette crise comme un refuge pour les chefs d’Etat où personne, en dehors du président du Nigeria, n’a osé élever la voix, sans doute parce que certains d’entre eux pourraient suivre les pas de l’homme fort du Niger.

 

Le salut pour tous les démocrates nigériens pourrait venir de la communauté internationale. Celle-là même qu’on vilipende lorsque quelquesfois, elle s’ingère de façon maladroite dans les affaires intérieures des pays africains. Mais ici, il s’agit de défendre une valeur universelle qu’est la démocratie. Cette réaction internationale, mal appréhendée par le maître de Niamey, pourrait compromettre le bail de trois ans qu’il s’est octroyé. La fermeture du robinet de l’aide au développement risque d’être une pilule difficile à avaler. L’Union européenne a, la première, suspendu une partie de ses financements au gouvernement nigérien, d’un montant de 23 millions de dollars. A

 

cela, il faut ajouter le coup de semonce des Américains qui viennent également de suspendre le programme de MCA (Millenium challenge account), l’aide publique américaine au développement. Un véritable gâchis quand on sait que les critères pour bénéficier de ce fonds américain ont nécessité beaucoup de travaux préparatoires. Une trentaine de millions de dollars sont ainsi en suspens, en attendant que Tandja donne de nouveaux gages. On voit mal comment le président nigérien va réussir à terminer ses chantiers sans argent. Le danger qu’il court est de ne pas tenir ses nombreuses promesses et de voir cette partie de son opinion qui lui est favorable se rendre à l’évidence qu’il n’est pas la providence et que dans un Etat de droit, les hommes passent et seules les institutions doivent leur survivre en s’améliorant.

 

Par Abdoulaye TAO

16 décembre 2009

Manifestations politiques au Niger

La semaine de tous les dangers

 

L'observateur paalga          16 décembre 2009

 

 

22 décembre 2009. C’est la date à laquelle devrait prendre fin le dernier mandat présidentiel de Mamadou Tandja. Parvenu à la tête de l’Etat en 1999 et réélu une fois, l’ex-colonel de l’armée nigérienne, gagné par l’ivresse du pouvoir, n’a pourtant jamais eu l’intention de rendre si tôt le tablier, tant son désir de servir la nation est fort.

 

 

niger_opposition.jpgDésireux de jouer les prolongations durant les trois prochaines années, ce serviteur dévoué du peuple a résolu de bafouer la loi fondamentale pour parvenir à ses fins. Et ni les protestations de la communauté internationale, ni les manifestations de l’opposition, pourtant réunie sous la même bannière, n’empêcheront la Tazartché (la continuité en langue haoussa) de passer par la force d’un référendum, largement contesté.

 

A une semaine du dead line constitutionnel, la situation, déjà tendue à Niamey, est montée d’un cran entre opposition et pouvoir : dimanche, des dizaines de milliers de manifestants ont réclamé le départ du président, qualifié d’usurpateur. Ils ont exhorté la communauté internationale à maintenir la pression sur le pouvoir, exprimant leur soutien à la médiation ouest- africaine pour une sortie de crise.

 

Le mouvement anti- Tazartché à peine dispersé, voilà que les partisans du colonel Tandja investissent les rues de la capitale pour faire entendre leur voix, celle du référendum et de la prolongation, artificielle, d’un mandat présidentiel à l’agonie. Réponse du berger à la bergère, le grand meeting qui a mobilisé hier les partisans de la continuité avait pour objet de défendre le fait accompli et le passage en force du colonel, qui compte bien se maintenir au pouvoir envers et contre tous.

 

C’est donc pour la « bonne cause » de la sixième République que des établissements de la capitale ont fermé hier leurs portes, fournissant à ceux qui en avaient besoin la foule nécessaire. « Jour J -7 pour Tandja », clament les syndicats et les opposants, tandis que, dans le camp adverse, on prône les valeurs de la continuité dans une république taillée sur mesure.

 

Mais dans l’un comme dans l’autre camp, le compte à rebours a bel et bien commencé dans l’attente de la date fatidique du 22 décembre, dernier jour du mandat présidentiel.

 

D’ici là, on peut craindre que, de part et d’autre, les manifestations s’intensifient au point de virer, à terme, à l’affrontement. Dès lors, tous les regards sont tournés vers Abuja, où ont débuté, il y a de cela quelques semaines, les pourparlers de la médiation ouest-africaine, sur laquelle reposent tous les espoirs des compatriotes de Mamadou Tandja et ceux de leurs voisins de la sous-région. Niamey attend donc avec anxiété de savoir comment se passera la semaine de tous les dangers.

 

Par H. Marie Ouédraogo


 

lobservateur

14 décembre 2009

NIGER

L'opposition manifeste pour le départ de Tandja

 

Jeune Afrique          14 novembre 2009

 

Des dizaines milliers de manifestants ont réclamé dimanche à Niamey le départ du président Mamadou Tandja qui a obtenu par un référendum controversé de rester au pouvoir jusqu'en 2012, a constaté un journaliste de l'AFP.


Tandja avait obtenu par un référendum contesté, en août, une prolongation de son mandatTandja avait obtenu par un référendum contesté, en août, une prolongation de son mandat© AFP


 

 


"Jour J-9 pour Tandja", "Abas les usurpateurs du pouvoir !", Alternance oui", ont scandé les manifestants, munis de banderoles et de pancartes hostiles au régime.

 

"C'est un signal fort du peuple pour signifier à M. Tandja que le délai légal de son dernier mandat prend fin le 22 décembre", a déclaré Issoufou Assoumane, un des principaux chefs de l'opposition lors d'un rassemblement devant le siège du Parlement.

 

La manifestation avait lieu à l'appel de la Coordination des forces démocratiques pour la république (CFDR), une coalition de partis politiques, d'organisations de défense des droits de l'Homme et de syndicats dénonçant le "coup d'Etat" du président Tandja.

 

Certains manifestants brandissaient des portraits des principaux opposants, comme l'ex-Premier ministre Hama Amadou, le président du parlement dissous en mai Mahamane Ousmane et Mahamadou Issoufou, qui vivent à l'étranger.

 

Passage en force de Tandja


En exhortant la communauté internationale à maintenir la pression sur Niamey, les manifestants apportent leur soutien à la médiation ouest-africaine pour une sortie de crise.

 

Au lieu de se retirer à la fin de deux mandats consécutifs en décembre, Mamadou Tandja avait obtenu par un référendum contesté, en août, une prolongation de son mandat.

 

Pour pouvoir organiser ce référendum, il avait dissous le parlement et la Cour constitutionnelle, plongeant le Niger dans une grave crise politique.

 

Le 22 novembre des milliers de personnes avaient déjà manifesté dans la capitale pour exiger le départ de M. Tandja, lui demandant d'organiser des présidentielles démocratiques avant de se retirer.

09 décembre 2009

SANCTIONS DE L’UE CONTRE LE NIGER

Tandja perd de sa superbe

 

Le pays          09 décembre 2009

 

La chose serait à peine croyable si on n’était pas en politique. Le président nigérien Mamadou Tandja envoie une délégation fort étoffée (une bonne partie de son gouvernement) à Bruxelles, pour rencontrer l’Union européenne. Qui l’eût cru, qui l’eût dit ? On se rappelle la violence des propos que lui-même a tenus, et ses porte-étendards après lui, lorsque cette même UE menaçait, et finalement posait un ultimatum à son pays, le Niger.

 

tandja.jpgOn se souvient aussi de toute la rhétorique développée par ses missi dominici envoyés pour persuader les pays voisins de la sous-région : elle se résumait en substance à un bilan d’auto satisfaction doublée d’un sentiment de légitime fierté qui finissait irrémédiablement par de vaines tentatives visant à faire croire que le gouvernement nouveau tel que l’a voulu Tandja, n’avait de compte à rendre à personne, qu’il avait bien le droit de faire ce que réclamaient des Nigériens et que pour finir, Tandja avait été élu par des Nigériens pour des Nigériens, et basta ! Tant pis pour ceux qui n’étaient pas contents ! C’est cependant ce même Tandja, jouissant de cette même liberté qui trouve aujourd’hui nécessaire d’envoyer la presque totalité de son gouvernement rencontrer l’UE à Bruxelles.

 

Bien que n’effectuant pas lui-même le déplacement européen (il confie la délicate mission à son Premier ministre), Tandja, on peut le dire, se rend, par le fait même à Canossa. Toute honte bue. Et il se rend aujourd’hui bien compte que l’indépendance dont se vantent quelquefois les dirigeants africains, est bien fade et hautement de façade : la manne financière que l’UE a depuis quelques temps refusée à son pays, commence à peser de tout son poids. Et puis, même l’être humain le plus entêté au monde se souvient toujours de ce que commande la realpolitik, le cas échéant. Quitte à renoncer un peu à lui-même et à perdre de sa propre superbe. C’est ce qui arrive aujourd’hui à Mamadou Tandja. Il est tout à fait probable que la délégation nigérienne plaide à Bruxelles pour que l’UE desserre l’étau autour de son pays. Des sanctions sont déjà tombées, mais on oublie que d’autres sont annoncées, qui devraient elles aussi, s’abattre sur le Niger, en temps opportun. En termes de retombées financières, cela compte énormément, même pour ce Niger qui jusqu’à présent et en dépit de ses récentes découvertes en pétrole et en uranium, ne peut toujours pas se payer le luxe de se passer sans conséquences désastreuses, de la coopération avec l’Europe des 27.

 

L’UE, elle, on le sait, a fixé ses conditions : elle demande que le gouvernement Tandja accepte un dialogue franc avec l’opposition, de même qu’elle exige un retour à l’ordre constitutionnel normal. Reste à savoir ce que renferme d’ailleurs cette seconde exigence, et cela presse d’autant que l’on s’achemine inexorablement vers la date du 22 décembre qui aurait été celle de la fin du second mandat légal de Mamadou Tandja à la tête de l’Etat nigérien.

 

Que peut-on alors attendre du grand oral du régime de Tandja face au jury de Bruxelles ? Si l’UE reste droite et ferme dans ses bottes, maintient ses exigences, nul doute que la leçon portera et administrera un code de conduite à tous ces dirigeants africains qui s’essaient à la “ dictature ” juste pour voir jusqu’où on peut leur résister. Par contre, à supposer que l’UE cède, elle aura aidé à réaliser un type nouveau de manœuvre dictatoriale dont la ligne de conduite est à présent bien claire et limpide : on s’illustre par des dérives autocratiques graves, on résiste à la pression interne et externe, puis on va demander l’absolution des Européens et pour terminer, on revient chez soi parachever le mauvais boulot commencé. Les démocrates de tous bords auront toujours leurs yeux pour pleurer. Le cas mauritanien est hautement illustratif en la matière. Il ne faut pas qu’il soit d’école.

 

Reste à savoir alors de quelle manière et par quel bout l’Union européenne choisira d’appréhender la question nigérienne. La France est un élément clé, hautement stratégique et d’importance à l’intérieur de ce groupe des 27. Cette même France dont on sait qu’elle possède de gros intérêts au Niger. Areva, ce puissant géant du nucléaire civil français est bien celui qui a remporté le marché de l’uranium nigérien, damant le pion aux Canadiens et aux Chinois qui, eux aussi, se montrèrent en son temps, fort intéressés par la chose. Le diplomatique s’imbriquant souvent de façon inextricable dans l’économique, nul doute que la position de la France peut peser lourd dans la balance des décisions que choisira de prendre l’UE face au régime de Mamadou Tandja. A supposer qu’elle décide de le “protéger” en ami, on voit mal comment elle pousserait le groupe des 27 à la punition et aux sanctions envisagées. A supposer aussi que malgré tout l’UE décide de les appliquer aux fins de ramener le Niger sur la voie de la sagesse, de la bonne gouvernance et de la saine démocratie, le Niger peut tout de même compter sur un allié de poids : les sanctions de l’UE n’impliquent pas forcément une cessation de relations d’avec l’ancienne métropole.

 

Et c’est bien là aussi que l’on souhaite que la “ rupture ” annoncée par le président Sarkozy se mette à l’œuvre, enfin. En tout état de cause, il serait bien regrettable que les émissaires de Tandja reviennent de Bruxelles avec dans leurs valises une espèce de blanc seing qui aurait tout effacé des dérives qu’on a connues, car il blanchirait un chef d’Etat décidément aux méthodes bien anti démocratiques. Et bien plus, Mamadou Tandja saurait bien utiliser ce qu’il considèrera volontiers comme un adoubement pour perpétrer de nouvelles dérives et manœuvres autocratiques et anti sociales. Et là, nul ne peut dire qui serait en mesure de l’arrêter lorsqu’il décidera de se remettre en marche. Bruxelles est à ce jour, la chance et l’espoir des démocrates nigériens. L’UE a l’obligation de ne pas les décevoir.

 

"Le Pays"

24 novembre 2009

Niger : L’opposition reste égale à elle-même

L'observateur paalga          24 novembre 2009

 

Que dire concernant un chef d’Etat qui a tout violé pour rester au pouvoir et qui reste de marbre face aux réprobations et de ses opposants et de la communauté internationale ? Rien, sinon que d’accentuer la pression contre lui pour qu’il daigne au moins songer à partager le pouvoir.

 

 

C’est le cas actuel de Mamadou Tandja, le chef de l’Etat du Niger, qui a renvoyé les députés puis a installé un Parlement totalement acquis à niger_opposition_boycot_200.jpgsa cause, et en prenant soin de dissoudre la Cour constitutionnelle, dernier grand écueil à son dur désir de durer à la présidence.

 

Rien donc ne s’opposait à la pantalonnade de ce bon militaire qui, dans la foulée, a franchi allègrement le seuil de la VIe République et qui aura donc ses 3 si précieuses années pour parachever ses chantiers, auxquels il attache du prix. Rien vraiment ne l’empêche de gouverner tranquillement ?

 

Pas si sûr, puisqu’il y a, d’abord, la communauté internationale, CEDEAO en tête, qui lui rappelle régulièrement qu’il n’a plus la légalité avec lui, d’où la facilitation menée par Aboubacar Abdul Salami, mandaté par la CEDEAO pour concilier Tandja et ses opposants ; ensuite, le vrai empêcheur de régner en paix au Niger est l’opposition, qui est devenue, malgré le calme olympien qu’affiche Tandja, le poil à gratter du pouvoir nigérien.

 

Une opposition conséquente, composée de fortes personnalités dont la plupart ont déjà exercé de hautes fonctions au sommet de l’Etat et qui savent donc ce qu’est le pouvoir du même nom : on peut citer le défunt Moumouni Djermakoye, l’ancien Premier ministre Hama Amadou ou l’ex-président de l’Assemblée nationale Mahamane Ousmane, qui fut d’ailleurs, dans les années 90, président de la République.

 

Dès le départ, cette opposition a dit « niet » à ce qu’elle considère comme une forfaiture, et sa position n’a pas varié depuis : l’onction qu’il avait reçue du peuple pour diriger le Niger s’achève le 22 décembre 2009. A partir de cette date, Mamadou Tandja n’est donc plus, à ses yeux, le président de la République. Ces opposants viennent de rappeler bruyamment cette échéance à Tandja le 22 novembre dernier.

 

A un mois de l’expiration de ce mandat initial, plusieurs Nigériens ont battu le macadam pour signifier qu’en dépit du référendum du 4 août 2009 et de tous les « autres actes anticonstitutionnels », ils restent réfractaires à toute modification de la Constitution, à plus forte raison à un changement de Constitution.

 

Il s’agit, avec cette sortie de l’opposition, d’une réponse du berger à la bergère, car chacun se souvient encore des sorties des partisans du pouvoir pendant des jours pour apporter un soutien à leur champion, tout en fustigeant au passage la CEDEAO, qui avait osé suspendre le Niger.

 

A dire vrai, quoi qu’on puisse penser, au-delà de certains extrémismes, marginaux, il faut reconnaître que cette opposition est demeurée égale à elle-même, même si, au début, on avait craint qu’elle se lézarde comme cela est légion sur le continent.

 

C’est à son honneur, même si on sait que, malgré la médiation de l’ancien président nigérian et la pression de la communauté internationale, on ne sait pas à quoi la situation nigérienne va aboutir : Tandja ne peut plus faire marche arrière, cela est évident ; va-t-on reprendre des législatives, avec l’entrée éventuelles des opposants à l’Assemblée nationale ? Quel compromis, bancal, pour une situation alambiquée ? L’opposition tient bon, mais sur quoi va-t-elle déboucher ? Comme on le dit, elle est sûre de la bataille, mais l’est moins de la victoire.

 

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

16 novembre 2009

Niger : La CEDEAO aboie, Tandja passe

L'observateur paalga          16 novembre 2009

 

A l’école de la démocratie, n’ayons pas peur des mots, le Niger du colonel Mamadou Tandja fait, hélas, figure de piètre élève. Et dix longues années passées sur les bancs de l’Etat de droit n’auront pas suffi à enterrer le pouvoir "kaki", qui y règne à jamais à coups de décrets.

 

 

tandja-mamadou.jpgLa mue n’a point réussi, et ce Niger-là, si fertile en leaders politiques de haut vol, est en train de sombrer depuis que le président Mamadou Tandja, après l’expiration constitutionnelle et réglementaire de son mandat de dix ans, a décidé de s’arroger un bonus de trois années supplémentaires pour "achever ses chantiers".

 

L’on peut bien louer son patriotisme et son dévouement à la cause nationale, mais là, la pilule ne peut passer, surtout que, entre-temps, la manne minière a jailli des tréfonds d’Imourarem, provoquant la ruée vers le précieux uranium et suscitant bien des appétits.

 

L’opposition, toutes les forces vives et la communauté internationale n’étaient-elles pas dans leur rôle en criant haro sur le baudet, qui, contre vents et marées, a choisi de changer les règles du jeu démocratique ? Peine perdue. Et le Niger nouveau de Tandja est aujourd’hui sur les cendres d’une IVe République proprement violée à travers l’historique tripatouillage constitutionnel et la dissolution du Parlement, sanctionnés aussi bien sur les rives du fleuve Niger qu’au-delà des océans par une pluie d’indignations et de protestations.

 

L’illustre sourd du Ténéré ignorera royalement tous ces appels au respect du jeu démocratique, imposant son référendum constitutionnel le 4 août, suivi d’élections législatives, taillées sur mesure, mais boycottées par les ténors de la scène politique le 20 octobre, dont lui et son parti, le Mouvement national pour la société de développement (MNSD), sortirent naturellement vainqueurs, obtenant 76 sièges sur 113. Résultats validés ce 10 novembre par la Cour constitutionnelle pendant que, même au-delà des frontières nigériennes, se poursuit la chasse aux sorcières.

 

Mais il n’aura pas fallu plus que les sanctions économiques de l’Union européenne, le rappel à l’ordre par l’Union africaine, et sa suspension par la CEDEAO pour que le maître de Niamey se résolve à desserrer les dents et consente à dialoguer avec ses redoutables et indécrottables opposants, dans la perspective d’une sortie de crise et d’un éventuel retour à l’ordre constitutionnel, sous la médiation de l’ex-président Abdul Salami Abubakar, mandaté par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Rien que le courroux et la fermeté du puissant voisin firent l’effet d’une bombe qui ébranla le secteur économique nigérien.

 

Instruits par les effets dramatiques de la fermeture intempestive de sa frontière par l’ogre nigérian en effet, Tandja, pourtant si imbu de sa personnalité, ne se fera pas prier pour envoyer ses disciples en pèlerinage à Abuja, y précédant donc la forte délégation de l’opposition, conduite par l’ancien chef de l’Etat et ancien président du Parlement, Mahamane Ousmane ; l’ex-Premier ministre Hama Amadou ; et le principal opposant, Mahamadou Issoufou, tous deux gibier préféré de la nouvelle dictature nigérienne.

 

Maintenant que les fils du dialogue viennent d’être noués, qu’attendre de l’imperturbable Tandja, dont le souci premier après la validation des résultats du scrutin législatif du 20 octobre, était d’asseoir sa cour ce week-end, comme s’il n’était pas l’alpha et l’oméga de cette crise qui intègre son Niger dans le cercle peu enviable des Etats comateux du continent ?

 

Mais officier supérieur qu’il est, il ne devrait pas rester éternellement sourd à la grogne qui commence à monter au sein de la légendaire Grande Muette et que tente péniblement de calmer le chef d’état-major des armées, le général de division Boureima Moumouni, qui est monté au créneau ce même week-end. Les radios se sont tues, certes, et avec elles toutes les libertés, mais ne voilà-t-il pas que les tracts commencent à prospérer sous le manteau et dans les camps militaires surtout ? En tous les cas, après cette surdité qui lui est propre, Tanjda ne saurait souffrir de cécité ; à moins qu’il ait décidé de se faire hara-kiri.

 

Bernard Zangré

 

lobservateur

11 novembre 2009

Crise nigérienne : Convaincre Yar’Adua ou périr ?

L'observateur paalga          11 novembre 2009

 

C’est une lapalissade que de dire que le Niger est plongé dans une crise politique sans précédent. Le responsable de cette situation délétère, Mamadou Tandja, qui a tripatouillé la loi fondamentale de son pays pour rallonger de trois ans son deuxième mandat, lequel expirait normalement en 2009.

 

umaru_1205099c.jpgGrâce à ses conseillers occultes, il avait préalablement pris soin de sauter tout oukase constitutionnel entravant le bon aboutissement de son forfait. En effet, pour être à la hauteur de son péché, il a d’abord dissous l’Assemblée nationale et la Cour constitutionnelle, puis a organisé un référendum pour valider son vœu.

 

Le bouquet final de cette marche forcenée vers la 5e République a eu lieu le 20 octobre 2009 à travers des législatives, boycottées par l’opposition. Ce qui lui a permis de se tailler ainsi un Parlement totalement acquis à sa cause.

 

Durant tout ce processus, l’homme fort de Niamey est resté sourd à tous les appels de l’opinion internationale et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont fait partie le Niger, à renoncer à son projet, que ses opposants ont qualifié de « coup d’Etat constitutionnel ».

 

Et voilà que, depuis quelque temps, contre toute attente, Mamadou Tandja, le teigneux, a retourné sa veste, se montrant disposé à « privilégier la voie du dialogue ». Comment peut-on comprendre une telle reconversion du président nigérien ? S’est-il senti enfin ébranlé par l’exclusion momentanée de son pays des instances de l’organisation sous-régionale pour non-respect des règles du jeu démocratique ?

 

C’est ce qui explique, peut-être, la tournée d’une délégation d’émissaires, pilotée par le Premier ministre, Ali Badjo Gamati, auprès de ses homologues à Bamako, à Dakar, à Abidjan, à Ouagadougou, à Malabo et à Lomé. Certainement pour solliciter le soutien de ces derniers auprès de l’organisation sous-régionale pour la levée de la sanction infligée contre le pays du Ténéré.

 

Depuis lundi dernier, une autre délégation, forte d’une vingtaine de membres et représentant la mouvance présidentielle, séjourne à Abuja, la capitale nigériane. Conduite par l’ancien Premier ministre Seïni Oumarou, actuel chef du Mouvement national pour la société de développement (MNSD), parti au pouvoir, celle-ci compte en son sein deux dirigeants de partis soutenant Tandja, Cheiffou Amadou du Rassemblement social démocrate (RSD) et Hamid Algabid du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP).

 

Elle a la lourde mission de débattre avec le médiateur nommé à cet effet par la CEDEAO, le général Abdusalami Abubakar (ancien chef d’Etat nigérian) pour une sortie de crise. Mais au-delà du plaidoyer contre la suspension du pays d’Amani Diori de l’organisation communautaire, la délégation dépêchée par Tandja inscrira, inévitablement, un autre point à l’ordre du jour de cette rencontre, la fermeture partielle par le Nigeria de sa frontière avec le Niger au niveau de Maradi et de Zinder.

 

Selon les informations à notre disposition, si les passagers continuent de circuler librement, ce n’est pas le cas des marchandises, dont l’entrée et la sortie seraient empêchées par les douaniers nigérians. Ce qui n’est pas sans conséquences sur l’approvisionnement des Nigériens en produits de première nécessité provenant du Nigeria. A ce qu’on dit, même si les informations ont été démenties par les autorités des deux pays, le Nigeria aurait pris cette stratégie pour amener le président Mamadou Tandja à reconsidérer les règles du jeu démocratique.

 

En tout cas, sur ce point précis, on pourrait comprendre ce qui fait courir l’homme fort de Niamey. Il peut bien faire la sourde oreille aux lamentations de certains de ses pairs de la sous-région qui n’ont d’ailleurs pas de leçons à lui donner, puisque ayant, eux aussi, accédé à la magistrature suprême après avoir tordu le coup à la loi fondamentale de leur pays. Mais, avec le Nigeria, le géant de l’Afrique, dont le Niger, sur le plan économique (en produits de première nécessité comme en électricité), dépend fortement, il n’y a pas match comme on le dit.

 

A présent, il est à se demander si l’intervention du médiateur, le général Abdusalami Abubakar, à l’étape actuelle, peut amener Tandja à rebrousser chemin. Bref, ces pourparlers, compliqués donc, que les Nigériens viennent d’entamer avec le Grand Nigeria, auxquels s’ajoutent bien d’autres, encore plus embarrassants comme ceux de la Côte d’Ivoire, du Togo, de la Guinée et de la Guinée Bissau, nous amènent à nous interroger sur l’avenir de la sous-région ; cet espace communautaire tourmenté qui passe son temps à courir derrière la paix, voire à éteindre des feux.

 

Hamidou Ouédraogo

 

lobservateur

30 octobre 2009

CEDEAO : Tandja assure son service après-forfait

L'observateur paalga          30 octobre 2009

 

Le président nigérien, Mamadou Tandja, termine par là où il aurait dû commencer : le dialogue.

 

mamadou-tandja-president-du-niger.jpg

 

Après avoir fait la sourde oreille, si ce n’est la nique, à ses pairs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui tentaient de le faire revenir sur sa décision de modifier la constitution afin de prolonger son mandat de trois ans, voilà l’homme fort de Niamey subitement épris de dialogue. Après, bien sûr, avoir réalisé son projet au terme d’un référendum puis, dans la foulée, renouvelé l’Assemblée nationale désormais une excroissance de l’exécutif.

 

La forfaiture consommée jusqu’à la lie, l’opposition quasi néantisée, la suspension du Niger de l’organisation sous-régionale africaine ignorée jusque-là, le colonel Tandja tente de prendre langue avec ses homologues. En effet, depuis quelques jours, une brigade d’émissaires nigériens sillonne des capitales de l’espace communautaire afin d’assurer le service après-vente. Plutôt le service après-forfait.

 

Conduite par le Premier ministre, Ali Badjo Gamati, la délégation s’est rendue successivement à Bamako, à Dakar, à Abidjan, à Ouagadougou, à Malabo et à Lomé pour « communiquer davantage sur la situation qui prévaut » au pays du Ténéré. Outre le chef du gouvernement, la horde de missi dominici est constituée, entre autres, du médiateur de la République, du président du Conseil économique et social, du ministre des Affaires étrangères et de celui de la Communication, de deux anciens ministres et d’un ex-Premier ministre.

 

« Le Niger va privilégier la voie du dialogue », a laissé entendre le chef de la délégation à sa sortie d’audience avec le président togolais, Faure Gnassingbe. Pourquoi un tel changement brusque dans l’attitude du président Tandja ? Faut-il y voir quelques effets de l’exclusion temporaire du Niger des instances de la Communauté ouest-africaine ? « Pour nous, les sanctions de la CEDEAO constituent une invitation de l’Etat membre fondateur que nous sommes à communiquer un peu plus. Il y a eu déficit de communication », a poursuivi le Premier ministre à Lomé.

 

A quoi aboutiront ces concertations tous azimuts ? A rien de significatif, malheureusement. La CEDEAO, ou même l’Union africaine, dispose-t-elle d’assez de moyens de pression pour faire bouger les lignes ? En un mot comme en mille, voit-on Mamadou Tandja renoncer à la prolongation de son bail et s’engager à restaurer le verrou limitatif du nombre de mandats ? Il ne faut surtout pas rêver.

 

Toutefois, l’initiative constituera une occasion de petits arrangements entre amis. Une opportunité pour le regimbeur président de réintégrer la famille à peu de frais, et à l’impuissante CEDEAO de lever sa sanction, si tant c’en est une, sans trop perdre la face. C’est ce qui s’appelle une farce dans laquelle le dindon n’est autre que la démocratie.

 

Par Alain Saint Robespierre

 

lobservateur

29 octobre 2009

NIGER : Tandja quitte sa tour d’ivoire

 

le pays          29 octobre 2009

 

Le 20 octobre dernier, le Niger a organisé, contre vents et marées, les élections législatives qui devaient parachever l’architecture du Tazartché de la 6e République née de la seule volonté du prince Tandja de se voir accorder un bonus de trois ans de règne.

 

0,,2385794_1,00.jpgComme prévu, son parti le MNSD Nassara a obtenu la majorité écrasante à l’Assemblée nationale qui lui permettra de légiférer sans trop de contestations. L’opposition nigérienne s’est abstenue de toute participation à ces élections législatives tout comme elle a refusé de cautionner le référendum constitutionnel du mois d’août. Cette fois cependant, la communauté internationale n’est pas restée de marbre, elle que l’on croyait incapable de ramener l’homme fort de Niamey sur le droit chemin. La CEDEAO et l’Union européenne ont toutes les deux demandé le report du scrutin législatif. Devant le silence des autorités de Niamey, les sanctions commencent à tomber. La CEDEAO a suspendu le Niger de toutes ses instances. C’est un fait assez rare dans les annales de cette institution, et apparemment, Niamey en a été pris de cours à tel point qu’il vient de dépêcher le tout nouveau premier ministre Ado Gamatié dans les capitales de la Communauté pour soit-disant expliquer la situation qui prévaut au Niger.

 

A l’étape de Ouagadougou, la délégation du premier ministre nigérien a déclaré que le message était de se concentrer sur l’avenir et sur les événements de ces derniers jours. En clair, le Niger demande l’absolution des hold up du 4 août et du 20 octobre 2009. Que la CEDEAO fasse table rase de toutes ces pratiques antidémocratiques. Assurément, c’est un gros piège que va tendre le président Mamadou Tandja à ses pairs, si d’aventure, ceux-ci acceptent de jouer les avocats de la cause nigérienne. La levée de la mesure de suspension devrait en principe être assortie d’un certain nombre de préalables qui seront discutés entre la CEDEAO et le Niger. L’institution communautaire joue sa crédibilité si elle ne marchande pas crânement la levée de la suspension contre quelques réajustements dans l’attitude de Niamey.

 

Déjà, avec cette tournée, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest marque un point. La suffisance et l’arrogance avec lesquelles les autorités nigériennes ont nargué leurs contempteurs ne sont plus de mise. Cette fois, elles veulent se faire comprendre, c’est déjà un pas vers le dialogue et la concertation. Mais le vrai débat, n’était–il pas celui avec son opposition avant le référendum ? L’Union européenne, premier partenaire du Niger, menace également de le sanctionner en suspendant son aide qui s’élève à près de 450 millions d’euros. C’est une manne non négligeable qui pourrait remettre en cause la mise en œuvre des chantiers pour lesquels le président Tandja s’est fait octroyer trois ans supplémentaires de mandat. La question aujourd’hui est de savoir comment revenir à l’ordre constitutionnel antérieur. C’est une perspective très improbable. A défaut, quelle porte de sortie proposer à Tandja : qu’il partage son pouvoir dans le cadre d’un gouvernement d’union ou qu’il s’engage à partir après les 3 ans de bonus ? Vu le cas Dadis, l’opposition nigérienne pourrait rejeter cette offre également. On n’est pas loin du cul de sac diplomatique.

 

Par Abdoulaye TAO

23 octobre 2009

Premiers résultats des législatives au Niger : le parti au pouvoir en tête

Jeunee Afrique          23 octobre 2009

 

Le parti au pouvoir au Niger, le Mouvement national pour la société de développement (MNDS), est en tête des législatives de mardi dénoncées par la communauté internationale, a annoncé jeudi la Commission électorale indépendante (Céni).


Le dépouillement des bulletins a commencé à NiameySur 35 sièges déjà attribués (sur 113 à pourvoir), le MNDS a en obtenu 27, a annoncé à la radio d'Etat le président de la Céni, Moumouni Hamidou. Le Rassemblement social démocrate (RSD) a gagné quatre sièges et le Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP) deux sièges, d'après la Céni. Deux candidats indépendants ont également été élus.

 

Sur 225 des 226 communes du Niger, le taux de participation oscille entre 18% et 70%, selon les résultats proclamés au compte-gouttes par la commission électorale.

 

L'ancien Premier ministre, Seïni Oumarou, président du MNSD, a été élu député pour la région de Tillabéri (ouest), a indiqué à l'AFP Issoufou Tamboura, chargé de la communication du parti.

 

Envers et contre tous


Niamey a organisé mardi ces législatives controversées et boycottées par l'opposition, entraînant sa suspension de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour violation des textes communautaires sur la démocratie. La Cédéao a affirmé qu'elle ne reconnaîtra pas les résultats des législatives.

 

L'Union européenne (UE) a réitéré jeudi qu'elle suspendra sa coopération si les autorités du Niger ne restauraient pas l'ordre constitutionnel bouleversé depuis le référendum le 4 août qui a permis au président Mamadou Tandja de prolonger de trois ans son mandat qui expire en décembre, malgré des condamnations tant au Niger qu'à l'étranger.

 

Comme la Cédéao, l'UE, gros bailleur de fonds du Niger, avait demandé le report des législatives et mis en garde contre son "impact négatif sur les relations du Niger avec l'Union européenne". Bruxelles avait déjà suspendu une aide budgétaire de 180 millions au Niger pour protester contre le référendum contesté.

 

Pour arriver à ses fins, Mamadou. Tandja avait dissout le Parlement et la Cour constitutionnelle qui s'opposaient à son projet.

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