02 juin 2007
Niger: La majorité parlementaire explose
(Photo : AFP)
Le refus du Premier ministre de répondre aux convocations de la commission d’instruction de la Haute Cour de justice, à propos de l’affaire MEBA (ministère de l’Education de base et de l’alphabétisation) était à l’origine de la motion de censure déposée par les députés de l’opposition. Au-delà des clivages politiques, les députés ont été sensibles aux arguments de lutte contre la corruption, l’impunité et la notion de responsabilité politique martelées par l’opposition parlementaire. Cette cinquième motion de censure a eu raison d’Amadou Hama, Premier ministre depuis 2000. Le fidèle du président de la République, dauphin déclaré, connaît aujourd’hui un bégaiement de sa carrière politique.
Le citoyen Amadou Hama
La commission d’instruction de la Haute Cour de justice ne se privera pas maintenant de convoquer le citoyen et justiciable, comme le commun de Nigériens, qu’est redevenu Amadou Hama. La chute de son gouvernement ouvre de nouvelles pages à remplir dans le lourd dossier du Plan décennal du développement de l’éducation (PPDE), dont les fonds auraient été détournés par des ministres avec la complicité de nombreux fonctionnaires. L’un des ministres écroués laisse entendre que les malversations financières n’auraient pu être possibles sans la couverture des services du Premier ministre. Amadou Hama s’en défend et parle de «machination». Les magistrats qui étaient entrain de boucler leur dossier pourront maintenant le rouvrir et travailler à la manifestation de la vérité.
Mais, le souci du président de la République est ailleurs. Faut-il dissoudre ou non l’Assemblée nationale comme il en a le pouvoir et convoquer des élections législatives dans les 45 jours ? Cette option est peu probable. Au vu de ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale le président de la République ne devrait pas prendre le risque d’un renversement de majorité qui l’obligerait à une cohabitation. Il devrait faire le choix de la nomination d’un nouveau Premier ministre, dans le même parti majoritaire à l’Assemblée nationale, le MNSD, pour l’accompagner, si possible, jusqu’au bout de son second mandat, à la fin 2009.
par Didier Samson
17:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Niger, motion de censure
