12 décembre 2009
GUINEE
Pas de « puissance étrangère » derrière la tentative d’assassinat de Dadis
Jeune Afrique 12 décembre 2009
Le ministre guinéen des Affaires étrangères Alexandre Cécé Loua désavoue publiquement le porte-parole de Moussa Dadis Camara qui, mardi soir, avait accusé la France d’être à l’origine d’une tentative de coup d’État. Et il réaffirme la participation de la junte aux négociations de Ouagadougou.
Alexandre Cécé Loua, à droite, avec Moussa Dadis Camara, le 18 octobre à Conarky© AFP
La junte et le gouvernement « ne soupçonnent aucune puissance étrangère du fait de la tentative d'assassinat [du chef du CNDD, Dadis Moussa Camara, le 3 décembre, ndlr] » a assuré le ministre guinéen des Affaires Etrangères Alexandre Cécé Loua à Conakry, devant des journalistes et des diplomates. Au cours de cette mise au point officielle, il a également regretté que des propos « qui ont semé le doute, et provoqué l’embarras des milieux politiques et diplomatiques » aient été tenus.
Dissensions au sein du gouvernement
Alexandre Cécé Loua visait évidemment les déclarations d’Idrissa Chérif, le porte-parole du capitaine Moussa Dadis Camara (toujours hospitalisé au Maroc) et ministre de la Communication. Mardi soir, il avait a accusé le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner et les « services français » d'avoir voulu « préparer un coup d'Etat » en Guinée, dont la tentative d’assassinat de Moussa Dadis Camara par son aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba, aurait constitué le signal.
Ces propos, qualifiés de « rumeurs absurdes » par la diplomatie française, avaient été démenties « énergiquement ». La mise au point du chef de la diplomatie guinéenne vient donc souligner les fortes dissensions qui travaillent le gouvernement guinéen.
Poursuite des négociations avec les « Forces vives »
Alexandre Cécé Loua a également confirmé la participation de la junte à la médiation menée à Ouagadougou par le président burkinabè Blaise Compaoré. « Et nous continuerons à coopérer avec le groupe international de contact sur la Guinée » a-t-il martelé. La rupture des négociations avait pourtant été annoncée mardi par un autre membre de la junte, le colonel Moussa Keïta, ministre secrétaire permanent. Une preuve supplémentaire que, depuis que Moussa Dadis Camara a été blessé, la junte ne sait plus vraiment où donner de la tête…
(Avec AFP)
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10 décembre 2009
GUINEE
"Une centaine de militaires emprisonnés" depuis l'attaque contre Dadis
Jeune Afrique 10 décembre 2009
"Une centaine de militaires" ont été arrêtés en Guinée depuis la tentative d'assassinat du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, le 3 décembre, a affirmé mercredi le ministre secrétaire permanent de la junte, le colonel Moussa Keïta, à divers médias dont l'AFP.
Le ministre guinéen de la défense, le général Sekouba Konaté à Conakry, le 02 octobre 2009© AFP
"Les enquêtes vont bon train, nous espérons que ce n'est qu'un problème de jours pour rattraper le fugitif", le militaire Aboubakar Sidiki Diakité, dit Toumba, qui avait tiré le 3 décembre sur le capitaine Moussa Dadis Camara, a-t-il dit.
"Déjà, les 96% de ses lieutenants proches sont sous les verrous, une centaine de militaires ont été arrêtés et emprisonnés", a affirmé le colonel.
Le 5 décembre, lors d'un bref contact téléphonique avec l'AFP à Dakar, Toumba avait affirmé être "en lieu sûr". "On attend de voir l'évolution des choses. J'ai une bonne partie des hommes avec moi", avait-il indiqué.
Interrogé pour savoir s'il était toujours à Conakry, l'aide de camp a répondu: "je suis en Guinée, je suis libre de mes mouvements".
Les doutes de la France sur la santé de Dadis
Sur sa tentative d'assassinat du chef de la junte, il avait déclaré: "je préfère ne pas parler de ça. On attend de voir clair, ensuite on fera les déclarations qu'il faudra".
Mercredi soir, le ministre Keïta ne s'est pas attardé sur l'état de santé du chef de la junte, qui avait été blessé à la tête et reste hospitalisé au Maroc après avoir subi une opération chirurgicale. "Il va bien, très bien", a-t-il assuré.
Le secrétaire d'Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, avait affirmé, mercredi, que Moussa Dadis Camara était "dans un état assez difficile" et resterait encore au Maroc "pour un certain temps".
Le colonel Keïta a déclaré n'être pas informé de ces propos" mais il a estimé que les Français mettaient "toujours de l'huile sur le feu" depuis que la Guinée avait pris son indépendance en 1958.
Un avis que partage naturellement le porte-parole du chef de la junte guinéenne, le ministre Idrissa Chérif. Dans un entretien accordé mardi soir à des journalistes français, il a accusé le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner et des "services français" d'avoir voulu "préparer un coup d'Etat" en Guinée. Ce que Quai d'Orsay avait vivement démenti.
"Konaté ne trahira jamais Dadis"
Interrogé sur la "convalescence" du chef de la junte, le colonel Keïta a déclaré: "même si cela doit durer des années, il n'y aura pas de problème, le ministre de la Défense Sekouba Konaté continuera d'assumer l'intérim de façon loyale, en attendant le retour du président Dadis". "Konaté ne trahira jamais Dadis", a-t-il insisté.
Interrogé sur les arrestations violentes de civils décrites, lundi, par des témoins dans un quartier de la banlieue de Conakry, l'officier a déclaré: "la Guinée est un pays de rumeurs, les gens cherchent toujours à nuire au CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte) (. . . ), sinon, pratiquement, il n'y a pas eu d'abus (. . . ) et le ministre de la Défense a demandé de protéger les civils et leurs biens".
L'officier a affirmé qu'il n'y avait eu que "deux morts" depuis le 3 décembre, deux militaires "tués par les hommes de Toumba" lors de l'attaque contre le chef de la junte.
Au moins un décès avait cependant été rapporté à l'AFP: celui de l'adjudant-chef Mohamed Camara, dit Beugré, commandant du camp militaire Koundara de Conakry.
Une source proche de sa famille avait affirmé qu'il avait été "torturé à mort" par les militaires, après avoir été arrêté à Pamelap, près de la frontière avec la Sierra Leone et conduit au camp Alpha Yaya Diallo, siège de la junte.
(avec AFP)
09:04 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, sékouba konaté, moussa dadis camara
09 décembre 2009
GUINEE
Les étranges absences d’un « Tigre »
L'observateur paalga 09 décembre 2009
Depuis l’attentat perpétré contre la personne du président de la République de Guinée, Moussa Dadis Camara, les informations y relatives sont parfois contradictoires.
Que n’a-t-on pas entendu quand l’avion présidentiel burkinabè est parti de Ouagadougou pour l’évacuer à Rabat au Maroc ? Dans un premier temps, Dadis, dit-on, aurait marché pour monter dans l’appareil. Ensuite, il aurait été transporté par ceux qui étaient avec lui au camp Koundara, où ont eu lieu les tirs.
Toujours est-il que les informations, venant de sources différentes, ne sont pas toutes fiables, sauf pour qui est dans le secret des dieux. Saura-t-on réellement un jour comment le chef de la junte a pu se retrouver dans l’avion ? Hospitalisé dans la clinique royale de l’hôpital militaire Mohammed V, depuis il serait hors de danger mais qu’il ne peut pas parler. A dire vrai, un flou artistique entoure son état de santé, et chacun y va de ses commentaires.
Pendant que Dadis se remet de ce qui lui est arrivé, comme on le sait, c’est le général de brigade Sékouba Konaté, le n°2 du régime, qui assure l’intérim. Celui qui était, jusque-là, ministre de la Défense, a pour surnom le « Tigre » à cause de sa férocité. Ce n’est donc pas un tigre en papier qui s’est installé à l’état-major du CNDD, basé au camp Alpha-Yaya-Diallo. Le général, qui est né en 1966, est marié et père de quatre enfants. Il a été incorporé dans l’armée guinéenne en 1985.
Après la formation commune de base (FCD), il a été désigné pour aller suivre des cours d’officiers au Maroc à Mecknes, où il a obtenu le brevet de chef de section entre 1986 et 1988. En 1996, il se rend en France pour les cours du brevet de chef de section parachutiste à Pau et des cours d’entraînement du premier degré à Mont-Louis.
A la même année, il est nommé commandant adjoint du détachement des parachutistes de la deuxième région militaire de Labé. Nommé général de brigade le 9 janvier 2009, il occupera la fonction de ministre de la Défense nationale quatre jours plus tard. On dit de Sékouba Konaté qu’il est particulièrement conciliant et moins obtus que son patron, grabataire. Certains ne sont pas loin de souhaiter que Dadis ne revienne plus aux affaires et que ce soit, finalement, Sékouba qui conduise la transition sans, bien sûr, les militaires.
Mais, jusqu’à présent, on ne connaît pas les intentions du ministre et intérimaire qui est peut-être préoccupé à mettre de l’ordre dans la troupe ; une armée de plus en plus divisée, et on se demande si les chefs ne sont pas rien dans ce pays.
En appuyant sur la détente, le lieutenant Aboubakar Sidiki Diakité, alias « Toumba », a tout simplement confirmé cela. La thèse du coup d’Etat manqué ou du complot fait son chemin, et on ne s’engage pas dans une telle entreprise sans bénéficier de nombreuses complicités.
On se demande, en effet, comment, après avoir tiré sur un chef d’Etat, il a pu s’enfuir de la caserne de Koundara au nez et à la barbe des militaires et se payer ensuite le luxe de communiquer avec des journalistes par téléphone. A moins qu’il soit particulièrement chanceux au point qu’il serait capable de trouver de la place pour son parapluie si on le mettait dans une bouteille, on en vient d’ailleurs à se poser de nombreuses questions sur les absences, aussi répétées que suspectes, de l’actuel maître de Conakry.
Il était absent du pays quand « Toumba » a tenté d’envoyer Dadis dans l’autre monde. En outre, lors de la boucherie du 28 septembre 2009, il n’était pas non plus dans la capitale, ce qui a donné lieu à de multiples conjectures. Cette situation rappelle ce que disait le premier prix Nobel africain (littérature, 1986), le Nigérian Wole Soyinka : « Un tigre ne proclame pas sa tigritude. Il bondit sur sa proie et la dévore ».
Justin Daboné
lobservateur
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08 décembre 2009
GUINEE
Un attentat qui arrange tout le monde
L'observateur paalga 08 décembre 2009
Parce qu’une balle d’un militaire félon a touché la tête du chef de l’Etat autoproclamé de la Guinée le jeudi 3 novembre 2009, l’Afrique, la Communauté internationale, le facilitateur et les Guinéens restent suspendus à l’évolution de sa santé.
Bien que le pronostic vital n’ait été évoqué par aucun des médecins de l’hôpital Mohamed V de Rabat, qui se relaient au chevet de Moussa Dadis Camara, l’anxiété est grande dans de nombreux esprits, car la vacance du pouvoir suprême s’avère toujours délicate, a fortiori dans un pays comme la Guinée, souffrant politiquement depuis des années.
Qu’on soit un disciple d’Hippocrate ou pas, nul n’est censé ignorer qu’une telle blessure à la tête laisse forcément des séquelles indélébiles. Si on se fie au bulletin de santé officiel, délivré à dose homéopathique par le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Chérif Idrissa, ou par celui des Affaires étrangères, Alexandre Cécé Loi, « Dadis est sorti du coma, ses jours ne sont pas en danger, mais il ne peut pas encore parler », et on suppose que le colonel Sékouba Konaté, son alter égo, gardera la maison le temps qu’il se remette et revienne reprendre sa chose.
Encore qu’on n’en sache rien, le mystère Sékouba Konaté s’épaississant au fil des mois, puisqu’il était absent du pays le 3 décembre, tout comme le 28 septembre 2009.
Mais voilà, la Guinée est en crise avec une médiation en suspens, et en l’espèce on ne peut manquer de donner libre cours à des échafaudages : le premier sentiment est que ce "wankage "complique la tâche du médiateur comme nous l’évoquions dans notre Commentons l’évènement du 4 décembre dernier.
Rejeté pratiquement en bloc par les Forces vives, la proposition d’Accord politique interguinéen de Blaise Compaoré de novembre dernier avait grippé la facilitation, et un blocage se profilait à l’horizon. L’attentat du camp militaire de Koundara semblait plomber les actions de bons offices du président burkinabè.
Cependant, l’autre versant de cette tentative d’assassinat pourrait relancer la machine Compaoré. Et certains pousseront le cynisme pour dire que c’est un acte qui tombe à pic. En partant du postulat que Dadis est parti pour une convalescence prolongée, l’intérimaire, Sékouba Konaté, qu’on dit conciliable et moins butté, pourrait faire l’affaire des Forces vives et du médiateur.
La politique n’est que l’art du compromis, même si les compromissions n’y sont pas rares, il suffit donc que le « Tigre » (surnom de Sékouba) accepte certaines conditions avant l’hypothétique retour de Dadis pour que tout soit jouable. C’est connu, sce qui a paralysé la médiation est le cas Dadis, ou plutôt son désir de rester au pouvoir.
Le chef de la junte étant hors jeu, probablement pour un long moment et sachant par ailleurs que la Communauté internationale (UA, UE...) demandait déjà son départ, d’aucuns estiment que cette hypothèse est d’actualité. On sait que les autorités marocaines, pour ne pas mécontenter cette communauté, ont parlé « d’humanitaire », au sujet de l’accueil de l’illustre blessé.
Tout pourrait se jouer là, c’est-à-dire par un maintien de Dadis pour une rééducation au Maroc ou ailleurs, ce qui ferait cesser les rancœurs et les frustrations dont il est le centre de cristallisation. Des pourparlers pourraient alors reprendre avec toutes les parties prenantes à la situation en Guinée.
Une façon de sacrifier Dadis sur l’autel de la paix. Ce ne serait pas pour déplaire aux forces vives, au médiateur et surtout aux Guinéens. Du moins pour ceux qui veulent vraiment voir le bout du tunnel, pas pour les partisans du ni paix ni guerre, qui se repaissent de prébendes, de surenchères et de brigandages tous azimuts.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
11:55 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : moussa dadis camara, guinée, blaise compaoré
07 décembre 2009
GUINEE
La tête de Toumba mise à prix
Jeune Afrique 07 décembre 2009
L'étau se resserre sur Toumba, accusé d'avoir tiré jeudi sur le chef de la junte guinéenne : les militaires putschistes proposent une "forte récompense" à toute personne qui permettra d'arrêter l'aide de camp de Moussa Dadis Camara, hospitalisé depuis vendredi au Maroc.
Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba, a tenté d'assassiner jeudi le chef de la junte© AFP
Les militaires au pouvoir en Guinée ont annoncé samedi qu'une "forte récompense" serait attribuée à toute personne qui permettrait d'arrêter l'aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba, qui a tenté d'assassiner jeudi le chef de la junte Moussa Dadis Camara.
"Le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte) et le gouvernement lancent un appel à l'ensemble de la population pour collaborer activement aux recherches entreprises pour retrouver le lieutenant Aboubakar Sidiki Diakité et ses acolytes, en fuite depuis l'exécution de leur forfaiture", selon un communiqué lu par un officier à la télévision d'Etat.
"Une forte récompense sera attribuée à toute personne dont la contribution permettra de mettre la main sur ces dangereux criminels", annoncent les autorités militaires.
Dadis hors de danger
Jeudi soir, le porte-parole du chef de la junte avait annoncé que son aide de camp, Toumba, avait "voulu attenter à la vie du chef de l'Etat".
Samedi, Toumba a assuré samedi être "libre" et en "lieu sûr en Guinée", en attendant "de voir l'évolution des choses".
Le porte-parole de la junte, Idrissa Chérif, a affirmé samedi que le capitaine Moussa Dadis Camara se portait "très bien" après une opération au Maroc. "Nous avons échangé avec lui au téléphone, il n'y a pas de problème. Son état de santé est stable. Il a eu une intervention, sa vie est hors de danger. Ce n'était pas une grosse opération, mais une petite intervention", a-t-il affirmé à l'AFP.
"Les suites opératoires sont favorables", ajoute un communiqué signé par le médecin général de brigade Ali Abrouq, inspecteur des Services de santé des Forces armées royales (FAR) marocaines.
Konaté assure l'intérim
Pendant la convalescence de Moussa Dadis Camara, c'est le numéro deux de la junte qui se charge de l'intérim. Le ministre de la Défense guinéen, le général Sékouba Konaté, était absent lorsque le président putschiste a été attaqué. Il est rentré à Conakry dans la nuit de vendredi après un voyage d’affaires de quelques jours au Liban.
Longtemps considéré comme un fidèle de Dadis, Sékouba Konaté a vu ses relations avec ce dernier se détériorer quand le chef du CNDD a commencé à afficher son goût pour le pouvoir et à entretenir le doute autour de ses véritables intentions. Le fossé entre eux s’est encore creusé après les massacres du 28 septembre.
Début octobre, Dadis s’était fermement opposé à l’arrestation, ordonnée par le général Konaté, du lieutenant Toumba, considéré comme le principal commanditaire des tueries du stade de Conakry.
(avec AFP)
11:59 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : moussa dadis camara, aboubacar toumba diakité
TENTATIVE D’ASSASSINAT SUR DADIS CAMARA
Pain bénit ou pain noir pour la Guinée ?
Jeudi 3 décembre 2009. A Ouagadougou, les protagonistes de la crise ivoirienne réunis lors du 6e CPC autour du médiateur Blaise Compaoré sont en train de parvenir à un accord sur la nouvelle programmation de l’élection présidentielle. Dans le même temps à Conakry, le chef de la junte militaire, Dadis Camara était victime d’une tentative d’assassinat dont l’auteur n’est autre que son aide de camp et chef des fameux bérets rouges de l’armée guinéenne, épinglé comme le principal artisan du massacre du 28 septembre. Cet épisode n’est pas sans rappeler le "wankage" du président nigérien Ibrahim Baré Maïnassara, tué par des éléments de sa garde rapprochée dirigée alors par Daouda Malam Wanké.

Dadis Camara, au sommet de sa gloire et de son entêtement à rester au pouvoir, a été fauché par une balle amie. Il n’a probablement jamais imaginé que la vraie menace contre lui viendrait de son entourage, et que personne ne pouvait s’opposer à son autorité.
Car comment comprendre qu’un président, de surcroit chef militaire de sa trempe, se présente désarmé à un rendez-vous avec un élément aussi dangereux que Toumba, qui était presque en rébellion avec sa hiérarchie et retranché dans un camp. Sa sécurité a manqué de vigilance et lui-même a failli en payer le prix cher. Il échappe de justesse à la fatalité, au grand dam de ceux qui auraient préféré voir l’homme fort de Conakry passer de vie à trépas, comme si sa disparition pouvait remettre ipso facto, le pays sur les rails.
Le chef de la junte avait promis de collaborer avec la commission d’enquête internationale sur les événements du 28 septembre. Et c’est parce que son ancien aide de camp refusait de se présenter devant cette commission, que le président est allé pour l’y contraindre, à ses risques et périls bien sûr. L’officier Toumba n’a pas voulu être la victime expiatoire de la junte d’autant qu’il agissait justement en son nom. D’où ce coup d’éclat très vite transformé en tentative de coup d’Etat, par la propagande du régime.
Dadis est momentanément hors jeu, le général Sekouba Konaté, considéré comme le numéro deux de la junte, assurant désormais l’intérim. La question est de savoir pour combien de temps. La junte et les Forces vives sont en pourparlers dans le cadre du dialogue inter-guinéen initié par la CEDEAO et dont la facilitation a été confiée au président Compaoré, qui doit avoir du souci à se faire par rapport à la reprise des négociations à Ouagadougou. Les données sont en train de changer sur le terrain et il n’est pas exclu qu’elles influent directement sur les positions des deux camps protagonistes. Les Forces vives de Guinée qui ont déjà rejeté la première copie du projet d’accord du facilitateur, restent toujours sur leur position, à savoir le départ de la junte des affaires. Pour elles, l’équation reste la même. Paradoxalement ce balbutiement de l’histoire en Guinée pourrait cependant servir de détonateur pour faire bouger les lignes. Deux scénarios se dessinent a priori et ils sont diamétralement opposés. Le pire et le meilleur.
Le pire se présente sous le visage de Toumba qui, pour échapper aux foudres de la justice nationale et internationale, pourrait politiser à outrance sa tentative d’assassinat et organiser une forme de résistance avec une aile de l’armée. Toute chose qui aura le désavantage de plonger le pays dans un cycle de violences, voire de guerre civile. Il est donc dans l’intérêt supérieur de la Guinée que l’ancien aide de camp soit rapidement neutralisé. Dans le cas contraire, il faudra dire adieu à la médiation du facilitateur Blaise Compaoré qui suit de près l’évolution de la situation à Conakry. Le second scénario est celui du déclic salvateur qui consiste, tout en neutralisant le fougueux aide de camp, à mettre également le président Dadis hors du jeu politique du fait de son état de santé. Dans cette hypothèse, les cartes sont entre les mains du président intérimaire Konaté. Réputé plus calme et pondéré, celui qui est rentré précipitamment du Liban pour combler la vacance du pouvoir, pourrait, au nom de la paix sociale, négocier le retrait de la junte du pouvoir, redorer ainsi le blason de l’armée et la réconcilier avec le peuple de Guinée. Un peuple qui souffre le martyre depuis plus de quarante ans parce que ses dirigeants, jusque-là, n’ont pas encore eu l’intelligence de le rassembler autour d’un idéal démocratique et lui construire un avenir serein en s’appuyant sur ses énormes ressources minières et agricoles.
C’est l’occasion pour le facilitateur et toute la communauté sous-régionale de créer les conditions de ce compromis dynamique entre les patrons actuels de l’armée et les Forces vives pour permettre non seulement l’apaisement des tensions mais le maintien d’un climat de paix propice à la mise en place d’une transition. Cela pourrait passer par une amnistie, même si la pilule sera dure à avaler. Au moment où l’histoire de ce pays bégaie, c’est l’occasion de tirer les leçons des errements du capitaine Dadis Camara et de commencer à penser à une autre Guinée sans Dadis, en espérant que celui-ci a compris maintenant jusqu’où son entêtement à rester au pouvoir pouvait le conduire. Ainsi, ce tragique événement du jeudi 3 décembre dernier, loin d’être du pain noir pour la Guinée sera du pain béni pour ce vaillant peuple qui aspire, depuis toujours, à sortir de sa longue nuit de tourments
"Le pays"
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05 décembre 2009
GUINEE
De retour à Conakry, le général Sékouba Konaté assure l'intérim de Dadis
Jeune Afrique 05 décembre 2009
Le ministre de la Défense guinéen, le général Sékouba Konaté, est rentré à Conakry la nuit dernière après un voyage d’affaires de quelques jours au Liban.
A son arrivée, le n°3 de la junte, absent lors de l’attaque du 3 décembre contre le capitaine Moussa Dadis Camara, a été accueilli par des membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), du gouvernement et des Forces armées.
Longtemps considéré comme un fidèle de Dadis, Sékouba Konaté a vu ses relations avec ce dernier se détériorer quand le chef du CNDD a commencé à afficher son goût pour le pouvoir et à entretenir le doute autour de ses véritables intentions. Le fossé entre eux s’est encore creusé après les massacres du 28 septembre.
Début octobre, Dadis s’était fermement opposé à l’arrestation, ordonnée par le général Konaté, du lieutenant Aboubacar « Toumba » Diakité, considéré comme le principal commanditaire des tueries du stade de Conakry.
11:46 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, moussa dadis camara, blaise compaoré, sékouba konaté
Blaise Compaoré
"Dadis est dans un état difficile mais pas désespéré"
Jeune Afrique 05 décembre 2009
Le chef de la junte guinéenne, Moussa Dadis , blessé par balles jeudi par son aide de camp et évacué au Maroc, se trouve vendredi dans un état "difficile mais pas désespéré", a déclaré le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré.
"Actuellement, nous sommes bien sûr "accrochés" à l'évolution de la santé du président Dadis pour mieux organiser l'avenir" de la Guinée, a déclaré à Ouagadougou vendredi après-midi à la presse Blaise Compaoré.
"Ce que nous avons eu comme information il y a de cela une heure par son médecin personnel, c'est que Dadis est dans une situation qui est difficile certes mais qui n'est pas désespérée", a-t-il ajouté.
"Je crois qu'il va subir probablement une opération parce qu'il a reçu effectivement des balles et cela nécessite des opérations", a ajouté le chef de l'Etat burkinabè.
A la question de savoir si le capitaine Camara était conscient, il a répondu par l'affirmative.
Moussa Dadis Camara est hospitalisé depuis vendredi à Rabat. En son absence, l'intérim serait assuré par Claude Pivi, ministre chargé de la Sécurité présidentielle.
Le capitaine Camara, chef de la junte arrivé au pouvoir en Guinée le 23 décembre 2008 après la mort du président Lansana Conté, a survécu jeudi à une tentative de meurtre de son aide de camp le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba.
(Jeune Afrique.com avec AFP)
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04 décembre 2009
GUINEE
Dadis cible de tirs
Jeune Afrique 04 décembre 2009
Le capitaine Moussa Dadis Camara a été visé par des tirs alors qu’il se rendait jeudi au camp Koundara, dans la presqu’île de Kaloum, à l’extrême sud de la capitale. Des échanges de tirs nourris ont été entendus peu avant 18h, heure de Conakry.

Ce camp militaire est aux mains du lieutenant Aboubacar « Toumba » Diakité, aide de Camp du chef de la junte et chef de la garde présidentielle.
« Toumba » aurait libéré des prisonniers, tous des militaires hostiles à Dadis, et enfermés parfois depuis plusieurs mois.
Jeudi soir, il avait le contrôle de la presqu’île.
D'après plusieurs sources militaires et civiles, le chef de la junte a été « blessé jeudi soir par son propre aide de camp » dans les accrochages. Une information que n’a pas voulu confirmer le ministre de la communication, Shérif Idrissa, contacté par Jeuneafrique.com.
Il assure que Dadis Camara est de retour « en bonne santé » au camp Alpha-Yaya-Diallo. Cependant, une source affirme à l'AFP que, à la demande du capitaine Dadis Camara, « le Sénégal a envoyé un avion médicalisé à Conakry pour amener Dadis vers Dakar ». Par ailleurs, des témoins ont rapporté qu’un hélicoptère tournait en début de soirée au dessus de l’hôpital Ignace Deen, dans la capitale guinéenne.
La querelle entre Dadis Camara et son aide de camp intervient alors que la commission d’enquête internationale sur les massacres de civils perpétrés par des militaires le 28 septembre, vient de terminer sa mission à Conakry.
Selon de bonnes sources, « Toumba », qui a été vu par des dizaines de témoins sur les lieux du drame, aurait refusé de porter la responsabilité des meurtres et des viols qui se sont déroulés ce jour-là.
Le chef de la garde présidentielle estime qu’il n’a fait qu’obéir à des ordres.
Plusieurs membres de la junte ont été interrogés dont le ministre de la lutte anti-drogue, le commandant Tiegboro Camara. Quant au ministre de la Défense, le général Sékouba Konaté, considéré comme le numéro 2 de la junte, il aurait quitté le pays mardi et serait actuellement au Liban.
10:06 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, moussa dadis camara
30 novembre 2009
Pourparlers interguinéens
S’achemine-t-on vers le blocage ?
L'observateur paalga 30 novembre 2009
N’eussent été la sagesse et la clairvoyance de quelques émissaires des Forces vives qui ont retenu la bride de certains faucons, le facilitateur aurait été récusé le 20 novembre 2009 suite à sa proposition d’Accord politique global interguinéen (APGIG).

N’eussent été la sagesse et la clairvoyance de quelques émissaires des Forces vives qui ont retenu la bride de certains faucons, le facilitateur aurait été récusé le 20 novembre 2009 suite à sa proposition d’Accord politique global interguinéen (APGIG).
Regroupé en 7 dispositions, ce cadre de travail ébauché par le médiateur fait, il est vrai, la part belle au CNDD, puisque la revendication essentielle des Forces vives soutenue par la communauté internationale, à savoir le départ de Dadis, n’a pas été suivie par Blaise Compaoré (cf. disposition IV).
Ce qui a provoqué la colère des Forces vives, qui ont envisagé sérieusement à un certain moment de remettre en cause cette médiation, avant de se raviser. En remettant leurs contrepropositions qui maintiennent leurs exigences initiales, ces Forces vives n’ont donc pas bougé d’une semelle, s’arc-boutant au principal sujet qui fait bouillir le marigot guinéen : le départ de Dadis et la dissolution du CNDD.
La surenchère politico-diplomatique se poursuit avec l’antienne des militaires résumée en ces bouts de phrases que répètent ses thuriféraires : « Ce ne sont pas les Forces vives qui ont mis Dadis à la présidence... Dadis est un citoyen comme les autres ... sa candidature n’est pas annoncée mais s’il se prononçait, cette candidature devrait être forcément acceptée... ». Pire, alors que les pourparlers vont reprendre aujourd’hui 30 novembre 2009 après la trêve de la Tabaski, le facilitateur semble, face à un cul-de-sac, avec ce nouveau mémorandum de la junte : la mise hors service de tous les anciens Premiers ministres de Guinée du processus électoral et un audit des 10 dernières années de Conté.
Pas besoin d’être un politologue pour comprendre que Dadis veut éliminer tous ceux qui sont susceptibles de lui barrer la route de la présidence lors d’un duel à la régulière. Otez Sidya Touré,Celloun Dallein Diallo,François Fall, Alpha Condé ... de la prochaine course à la magistrature suprême et le patron de la junte se retrouve sur un boulevard qui mène au pouvoir suprême.
La configuration de la Guinée offre donc le spectacle suivant : d’un côté la junte, de l’autre les Forces vives et au milieu des populations prises en otages. D’ailleurs, ces Guinéens n’ont jamais eu la liberté de choisir leur destin, écrasés qu’ils ont été par le pouvoir concentrationnaire de Sékou Touré et celui « laisse guidon » de Lansana Conté.
Que peut à présent le Facilitateur, que d’aucuns trouvent partial, car militaire comme l’ont souligné les deux dames de fer (1) qui ont été très acerbes à l’égard du chef de l’Etat burkinabè ? Si la junte, depuis le massacre du 28 septembre, est disqualifiée pour conduire la transition, elle a le pouvoir et possède les armes. Moralité : pour le moment, il faut composer avec le CNDD. Les Forces vives devraient d’ailleurs avoir comme boussole le fait que la politique est aussi l’art du possible, surtout que certains de leurs leaders ont occupé quelques années la primature.
Pourtant, il faut craindre un éventuel blocage, car ce que redoutait le médiateur le 11 novembre dernier prend forme de part et d’autre, les tentatives d’exclusion. Autant à l’heure actuelle il est impossible de contourner la junte, autant cette dernière ne doit pas, par des subterfuges, chercher à disqualifier des adversaires politiques. D’ailleurs, chaque Guinéen gagnerait à revisiter l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, où, à coups d’artifices constitutionnels, on a voulu étouffer les ambitions d’un ex-Premier ministre. Cela a plongé le pays dans cette tambouille sans fin. Comparaison n’est pas raison mais quand des citoyens d’un pays sont confinés en seconde zone et qu’ils se rebiffent...
Et lorsqu’on écoute les protagonistes guinéens, les tonalités ne militent pas à l’avènement d’un consensus. « Nous pas bouger », martèle le CNDD. « Je ne suis pas sûr que par le dialogue on puisse amener Dadis à la raison », clame Celloun Dallein Diallo. Le médiateur pourra-t-il concilier les différentes positions ? Ou sera-ce la médiation de trop pour Blaise ?
La rédaction
(1) Aïssatou Fall et Louise Arbour respectivement deputé PS au Sénégal et présidente de International Crisi Group sur RFI et BBC
lobservateur
18:36 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, moussa dadis camara, forces vives, cndd, blaise compaoré