11 juillet 2009

Ghana/Etats-Unis : Obama vient saluer la démocratie à Accra



Le président américain Barack Obama, accompagné de sa famille, est arrivé vendredi soir au Ghana pour sa première visite en Afrique sub-saharienne depuis son accession au pouvoir. Il a été accueilli à l'aéroport de Kokota, dans la capitale Accra, par son homologue ghanéen John Atta-Mills qui a été élu en décembre dernier au terme d'un scrutin que ni fraudes ni violences ne sont venues entacher.

Barack Obama doit prononcer ce samedi un discours devant le Parlement ghanéen à Accra. Le président américain et son épouse devaient également se rendre au fort esclavagiste de Cape Coast.

 

Barack Obama est reçu par le président ghanéen John Atta-Mills lors de son arrivée à Accra , le 10 juillet 2009.(Photo: Reuters)

Barack Obama est reçu par le président ghanéen John Atta-Mills lors de son arrivée à Accra , le 10 juillet 2009. (Photo: Reuters)


Après Prague, Le Caire et Moscou, Barack Obama a choisi Accra pour prononcer le dernier de ses quatre grands discours prévus pour exposer sa doctrine en matière de politique internationale.

 

Ce discours, toute l’Afrique l’attend. A la mi-journée, les parlementaires ghanéens et des invités se retrouveront dans un centre de conférence internationale pour l’entendre.

 

Barack Obama devrait insister sur la démocratie, la bonne gouvernance, la responsabilité de chacun dans le développement du continent.

 

Côté ghanéen, on compte bien demander l’aide de Barack Obama pour faire face aux effets de la crise économique mondiale. Ce devait être évoqué samedi matin aux cours des entretiens entre les présidents américain et ghanéen.

 

Troisième temps fort de la journée, et c’est tout un symbole, Barack Obama visitera cet après-midi le château de Cape Coast, à 140 kilomètres d’Accra. Des milliers d’esclaves en partance pour les Amériques y ont été détenus. Michelle Obama sera là elle aussi, elle qui comme des millions de ses compatriotes ne sait pas d’où sont partis ses ancêtres.

 

Un accueil triomphal

 

 

Le président Barack Obama salue un jeune garçon à Accra, le 11 juillet 2009.(Photo : Reuters)

Le président Barack Obama salue un jeune garçon à Accra, le 11 juillet 2009. (Photo : Reuters)

C'est vendredi soir que le président américain, accompagné de son épouse Michelle et de leurs filles, est arrivé dans la capitale ghanéenne, Accra. Il a été accueilli par son homologue ghanéen John Atta-Mills, au milieu de danses, de chants et de percussions africaines traditionnelles.

 

Pour sa première visite officielle en Afrique sub-saharienne depuis son accession au pouvoir, Barack Obama a choisi ce pays où « l’on peut parler de démocratie et de liberté », selon un diplomate de Washington. Le premier président noir des Etats-Unis a été triomphalement accueilli par le peuple ghanéen.

 

Les Ghanéens fiers de recevoir Barack Obama

 

« On l'aime beaucoup car il a fait que les Africains sont devenus humains. Dans le monde entier on nous regardait comme des animaux, mais maintenant on voit qu'un animal est devenu le président du monde. »

11/07/2009 par Sarah Tisseyre


La semaine dernière, le président américain, dans une interview, confirmait que ce qui a motivé son choix : c’était la stabilité de ce pays et qu’il voulait « mettre en valeur le mode de gouvernance du Ghana ».

 

Avant de quitter l’Italie vendredi, où il assistait au sommet du G8, le chef de la Maison Blanche a encore expliqué : « l'une des raisons pour lesquelles nous nous rendons au Ghana est qu'il s'agit d'une démocratie qui fonctionne, avec un président résolu à faire reculer la corruption, et où l'on constate une croissance économique notable ».

 

13 juin 2009

Etats-Unis/Zimbabwe : Obama annonce 73 millions de dollars d'aide aux Zimbabwéens

Source : rfi.fr (Article publié le 13 juin 2009)

 

Le chef du gouvernement d'union nationale mis en place au début de l'année au Zimbabwe était reçu vendredi par Barack Obama. Le président américain a annoncé à cette occasion une aide fédérale de 73 millions de dollars, une aide qui irait directement au peuple zimbabwéen par le biais des ONG, car si Barack Obama n'a pas caché son admiration pour Morgan Tsvangirai, il n'a pas caché non plus qu'il restait très préoccupé par le comportement du président Mugabe et de ses proches.


Le Premier ministre zimbabwéen Morgan Tsvangirai (g) et le président américain Barack Obama à la Maison Blanche, à Washington vendredi 12 juin.(Photo : Reuters)

Le Premier ministre zimbabwéen Morgan Tsvangirai (g) et le président américain Barack Obama à la Maison Blanche, à Washington vendredi 12 juin.
(Photo : Reuters)


Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

 

Barack Obama ne s’est pas contenté de couvrir d’éloges Morgan Tsvangirai à qui il a exprimé son extraordinaire admiration, il lui a aussi promis une aide de 73 millions de dollars qui ira directement aux Zimbabwéens par le biais d’ONG. Même si le Premier ministre n’a cessé de répéter qu’il ne venait pas aux Etats-Unis la sébile à la main, il n’a pas caché que sans assistance les efforts de son parti pour apporter le changement seraient condamnés.

 

Comme le soulignait le New York Times, le dilemme pour Washington était donc de trouver le moyen d’aider la population et Tsvangirai sans que cela profite au président Mugabe. Après l’entrevue, jeudi, du Premier ministre avec Hillary Clinton, le porte-parole du département d’Etat avait dit que les Etats-Unis voulaient alléger les souffrances des Zimbabwéens sans récompenser les forces qui s’accrochent à la corruption et à la répression.

 

Plutôt récompensé que puni


Pour Morgan Tsvangirai la tâche n’était pas facile. Mugabe affirme qu’il est son émissaire à Washington, comment alors se démarquer d’un régime honnis tout en le représentant ? D’autant que le président réclame la levée des sanctions, ce qui est hors de question pour les Américains.

 

Marchant sur une corde raide, Tsvangirai a affirmé que depuis la victoire du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) son pays se dirigeait vers la réforme et méritait d’être récompensé et non puni. Sans illusion sur la bienveillance de celui avec qui il partage partiellement le pouvoir, il a déclaré : « J’en sais quelque chose, j’ai presque été tué ! »

02 juin 2009

USA - Monde musulman : bientôt la réconciliation?

Source : lemonde.fr (Article publié le 2 juin 2009)

 

obama_usa_muslim.jpgLes Etats-Unis sont "l'un des plus grands pays musulmans de la planète", a souligné mardi 2 juin sur Canal+ le président américain, Barack Obama, qui doit prononcer jeudi au Caire un important discours de réconciliation en direction du monde musulman.


"Les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l'islam ; d'ailleurs, si l'on compte le nombre d'Américains musulmans, on voit que les Etats-Unis sont l'un des plus grands pays musulmans de la planète", a-t-il dit.

 

"Quelle que soit leur confession, ce sont ceux qui construisent et non pas ceux qui détruisent qui laissent derrière eux un héritage durable", a-t-il poursuivi. "Je pense qu'il y a un véritable conflit actuellement entre ceux qui soutiennent que l'islam est irréconciliable avec la vie moderne et ceux qui pensent qu'au contraire l'islam a toujours su évoluer en même temps que le progrès", a-t-il ajouté.

 

Après ses étapes en Arabie saoudite et en Egypte, le président américain doit se rendre en Allemagne puis, samedi en France, où il participera aux commémorations du débarquement allié du 6 juin 1944.

21 avril 2009

Etats-Unis : Obama et les mémos de la CIA

Source : rfi.fr (Article publié le 21 avril 2009)

Barack Obama s’est rendu lundi au siège de la CIA, quelques jours après s’être attiré une vague de critiques en publiant les mémos de l’époque Bush détaillant les méthodes d’interrogatoires contre les suspects de terrorisme.

Avec notre correspondante à Washington, Donaig Le Du

Discours du président américain Barack Obama, aux côtés de Leon Panetta, directeur de la CIA, lors de sa visite au siège de l'organisation, à Langley en Virginie, le 20 avril 2009.( Photo : Saul Loeb/AFP )

Discours du président américain Barack Obama, aux côtés de Leon Panetta, directeur de la CIA, lors de sa visite au siège de l'organisation, à Langley en Virginie, le 20 avril 2009.
( Photo : Saul Loeb/AFP )

D’un côté, il y a ceux qui, à l’image de l’ancien directeur de la CIA sous George Bush, Michael Hayden, affirment que la publication des mémos équivaut à livrer des secrets d’Etat à l’ennemi, et risque donc de compromettre la lutte contre le terrorisme.

De l’autre, il y a les organisations de défense des droits de l’homme, qui s’indignent du fait que Barack Obama ait promis que les responsables des interrogatoires musclés ne seraient pas poursuivis.

Le président américain a répété que les pratiques de l’époque Bush étaient interdites sous son administration ; que ces documents avaient été rendus publics parce qu’ils concernaient des méthodes révolues et déjà largement rapportées par la presse ; et, enfin, que protéger les agents de la CIA était pour lui une priorité.

La lecture attentive de ces mémos continue par ailleurs à apporter son lot de révélations. Le New York Times rapporte ainsi qu'Abou Zubaydah, l'un des hauts cadres présumés d'al-Qaïda, a subi 83 fois le supplice de la noyade. En 2007, un ex agent de la CIA avait affirmé à la presse que Zubaydah avait tout dit après avoir été soumis à ce traitement pendant 35 secondes...

18 avril 2009

Sommet des Amériques : Obama tend la main à Cuba

Source : rfi.fr (Article publié le 18 avril 2009)

Lors de son discours au sommet des Amériques, le président américain Barack Obama a déclaré que les Etats-Unis cherchaient « un nouveau départ » dans leurs relations avec Cuba et qu'ils étaient prêts à engager des discussions avec l'île sur nombre de dossiers allant des droits de l'homme à l'économie.

Discours de Barack Obama au sommet des Amériques à Port d'Espagne, le 17 avril 2009.(Photo : Reuters)

Discours de Barack Obama au sommet des Amériques à Port d'Espagne, le 17 avril 2009.
(Photo : Reuters)

Lors de son discours à son premier sommet des Amériques, à Trinité-et-Tobago, le président des Etats-Unis Barack Obama a souhaité donner un nouveau départ dans les relations américano-cubaines. « Les Etats-Unis visent un nouveau départ des relations avec Cuba. Je sais que le chemin sera long pour surmonter des décennies de méfiance. Mais il y a des pas que nous pouvons faire dans la bonne direction », a déclaré Barack Obama.

Voulant marquer sa différence avec l’ancienne administration, le président américain a même souligné que désormais les Cubains sont autorisés « à se rendre sur l’île quand ils le souhaitent et de soutenir leurs familles financièrement, comme le font tant de personnes dans mon pays qui envoient des fonds dans vos pays pour subvenir aux besoins quotidiens de leurs familles ».

Barack Obama a répété qu’il était prêt à engager son administration avec le gouvernement cubain sur un grand nombre de dossiers, « comme la drogue, la migration et des questions économiques mais aussi les droits de l’homme, la liberté d’expression et les réformes démocratiques ».

Le discours du président américain a été accueilli par les applaudissements des participants, mais Barack Obama a prévenu que « Les Etats-Unis ont changé, en ajoutant, j'estime donc important de rappeler aux dirigeants ici présents que les Etats-Unis ne sont pas les seuls à devoir changer ».

Plusieurs pays participants au 5ème sommet des Amériques ont appelé les Etats-Unis à lever son embargo contre l'île communiste, comme la présidente argentine Cristina Kirchner, qui a qualifié l’embargo contre Cuba d’« anachronique ».

15 avril 2009

Etats-Unis / Cuba : Obama tend la main à Castro

Source : lobservateur.bf (Article publié le 15 avril 2009)

Depuis l’arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche, la politique américaine a amorcé un virage à 180°. Après son annonce de la fermeture de la célèbre prison de Guantanamo en territoire cubain, l’administration américaine poursuit de plus belle sa politique de rupture avec celle de son prédécesseur, George Bush. Vous voulez des exemples, eh bien, en voici : le bras tendu au diable iranien alors qu’Ahmadinedjad était plus que jamais dans l’œil du cyclone américain, pour ne pas dire dans l’axe du Mal. Il y a aussi cette invite très diplomatique faite aux terroristes et à Al-Qaïda à déposer les armes.

Tout cela dénote la nouvelle vision de la politique étrangère de l’Oncle Sam. La dernière en date est toute aussi extraordinaire que les précédentes : il s’agit du lest que le 44e locataire de la White House vient de lâcher à l’endroit de Cuba. En effet, alors qu’il a à peine 3 mois à la tête de la première puissance mondiale, il vient d’ordonner la levée des restrictions sur les voyages et les transferts des fonds des Américains d’origine cubaine vers l’île. C’est dire que, dorénavant, les Américano-Cubains pourront faire le va-et-vient à souhait entre les USA et leur pays, avec, en sus, leur argent.

Et pour montrer que les choses ne seront plus comme avant, Barack Obama promet de continuer à alléger l’embargo si toutefois le régime castriste opérait des avancées démocratiques. Cette décision du nouvel homme fort des Etats-Unis est d’autant plus historique que l’embargo unilatéral imposé à Cuba (sauf pour les produits alimentaires et pharmaceutiques) date de 1962 ; du temps où John Kennedy était au pouvoir. Barack Obama avait à peine un an. Voilà que c’est lui qui vient aujourd’hui alléger par dose homéopathique le blocus. Si l’on se dit qu’en quelques mois d’exercice du pouvoir, Obama a pris cette ordonnance, l’on ne peut douter qu’avant la fin de son mandat il pèse de tout son poids devant l’AG des Nations unies pour mettre fin au renouvellement de l’embargo.

C’est un droit pour le peuple cubain de vivre en symbiose avec le reste du monde. Il n’y a pas de doute à cela, et heureusement que l’administration américaine a bien compris qu’il faut laisser l’île en paix. Le régime castriste pourra commenter à souhait cette donne, mais personne ne pourra nier les bonnes intentions du président nouvellement élu des Etats-Unis. Nous faisons allusion ici à la sortie de Fidel Castro, qui déclare que son pays ne veut pas d’aumône. Ce qu’il doit savoir, c’est qu’un embargo de la sorte ne se lève pas d’un coup. Il y a plusieurs imbrications.

On peut maintenant se demander jusqu’où s’arrêtera la Maison-Blanche, version Barack Obama, après 8 ans de politique bushiste, marquée par la radicalisation des Etats-Unis avec le reste du monde. C’est déjà quelque chose de gagné.

Kader Traoré

lobservateur

08 avril 2009

Etats-Unis / Israël : Premières divergences

Source : rfi.fr (Article publié le 08 avril 2009)

En réaffirmant, devant le Parlement turc, l'attachement de son pays à la création d'un Etat palestinien, le président américain Barack Obama a critiqué implicitement le refus du nouveau gouvernement israélien de s'engager sur ce point. Washington a par ailleurs rappelé mardi son opposition aux destructions de maisons de Palestiniens par Israël, estimant qu'il s'agit d'une punition « improductive ».
Un désaccord de fond est en train de se dessiner sur la question de la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël entre le gouvernement de Benjamin Netanyahu et l’administration Obama. (Photos : Reuters)

Un désaccord de fond est en train de se dessiner sur la question de la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël entre le gouvernement de Benjamin Netanyahu et l’administration Obama.
(Photos : Reuters)

L'heure n'est pas au divorce entre les Etats-Unis et Israël, mais le changement de ton par rapport à l'administration précédente est indéniable.

Le département d'Etat a ainsi jugé que la destruction de maisons palestiniennes constituait une punition « improductive ». Cette réaction intervient alors que l'armée israélienne a détruit dans la partie occupée de Jérusalem la maison d'un Palestinien auteur d'un attentat à la pelleteuse en juillet dernier.

Parallèlement, le président américain en visite en Turquie a réaffirmé que « les Etats-Unis soutenaient l'objectif de deux Etats, Israël et la Palestine, cohabitant dans la paix et la sécurité ». Un discours qui apparaît clairement comme une critique du nouveau Premier ministre israélien.

Lors de son investiture, Benjamin Netanyahu a refusé de parler explicitement d'un éventuel Etat palestinien. Signe d'une tension entre les deux pays, le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères a dénoncé toute ingérence étrangère dans les affaires internes à Israël. Avigdor Lieberman a, par ailleurs, demandé à ce qu'on laisse du temps au nouveau gouvernement israélien pour présenter ses objectifs concernant le dossier palestinien.

Mais pour Barack Obama, l'Etat hébreu doit réaffirmer rapidement sa volonté de respecter les accords déjà conclus. Dans le cas contraire, la pression américaine pourrait devenir plus concrète.

09 février 2009

Etats-Unis : Du grain de sable dans la machine Obama?

Source: lobservateur.bf (article publié le 09 février 2009)

Ainsi donc le rêve de Martin Luther King s’est-il accompli par l’élection du Noir Barack Hussein Obama, le 4 novembre 2008, pour succéder à George W. Bush à la Maison Blanche.

Laquelle élection, pour historique qu’elle soit, fut logiquement saluée à travers la planète, d’autant plus qu’elle nourrit de nouveaux espoirs ; ceux de voir stopper la récession économique qui ébranle aujourd’hui la première puissance mondiale, et se tourner la page hideuse de la campagne guerrière entreprise dans la région du Golfe par son prédécesseur. Comment ne pas y croire du moment que Barack Obama, 44e président élu, en avait fait une promesse électorale, en dépit du désaveu des proches des victimes du 11-Septembre ?

Maintenant au pied du mur, depuis que Bush lui a cédé le Bureau ovale, Obama annonce la couleur en ordonnant, dès le 22 janvier 2009, la fermeture de Guantanamo, cette tristement célèbre prison américaine, et l’arrêt, pendant 120 jours, des procédures judiciaires initiées contre ces pensionnaires de luxe. Barack serait-il allé trop vite en besogne ?

La controverse nourrie autour de la question nous convainc, davantage, que le nouveau locataire de la Maison Blanche a fait un mauvais choix dans la constitution de sa « dream team » ; celui de conserver le Républicain Robert Gates au Secrétariat à la Défense.

N’était-il pas, en effet, des faucons qui ont conçu et exécuté le plan diabolique d’invasion de l’Irak et de la pendaison de Saddam Hussein ? Comprenons, braves gens, que Robert Gates, malgré ce vent nouveau qui souffle au pays de l’Oncle Sam, ne puisse pas, en si peu de temps, dénier le fruit de son génie.

En tous les cas, les grains de sable apparus dans la nouvelle machine Obama nous enseignent, que sous nos tropiques comme ailleurs, au-delà des océans, les vainqueurs gouvernent pendant que les vaincus s’opposent, sainement bien entendu. Certes, Obama a-t-il peut-être fait preuve de naïveté, en piochant dans le domaine réservé de son prédécesseur, mais l’on ne saurait nier sa volonté de réconcilier l’Amérique avec elle-même.

En attendant, le fils de l’immigré Kenyan, qui réécrit depuis le 20 janvier l’histoire des Etats-Unis, devrait s’approprier cette préoccupation du président de l’Association américaine de défense des libertés civiles (Aclu), Anthony Romero, pour qui « il faut dès à présent savoir si c’est la main droite qui ne sait pas ce que fait la main gauche, si c’est une révolte dans l’administration Obama, ou si le nouveau secrétaire Gates est juste le même que l’ancien Gates ».

 

Rabi Mitbkèta (l'observateur paalga)

23 janvier 2009

FERMETURE DE GUANTANAMO : Obama veut réhabiliter les droits de l’homme

Source : lepays.bf (article publié le 23 janvier 2009)

C’était une promesse de campagne : faire de la fermeture du camp de Guantanamo, une de ses priorités. A peine a-t-il emménagé à la Maison blanche que Barack Obama marque les esprits. Il vient en effet de demander la suspension des procédures judiciaires devant les tribunaux d’exception, de ce centre de détention pendant 120 jours. Une première étape, qui devrait conduire à la fermeture définitive du centre.

Dans son discours d’investiture, Barack Obama a rejeté l’idée qu’il faille faire un choix entre la sécurité des Américains et leurs idéaux. Il n’est donc pas de ceux qui sacrifient la sécurité des Américains sur l’autel des droits de l’homme, contrairement à son prédécesseur George W. Bush et son administration. A ceux qui "cherchent à semer la guerre", Barack Obama les combattra tout en tenant donc au respect strict des droits de l’homme.

Egalité, justice et liberté, voilà des idéaux auxquels le 44e président des Etats-Unis reste visiblement très attaché. Des valeurs cardinales chères à l’Amérique, que Obama ne voudrait, pour rien au monde, bafouer. En demandant un moratoire pour le camp de Guantanamo, le président américain reste donc dans sa logique. Il rompt en cela avec la politique de son prédécesseur qui, obnubilé par la sécurité du peuple américain, avait fini par prendre un malin plaisir à surfer sur la vague sécuritaire pour servir ses intérêts présidentiels. On sait à quel point Bush-fils avait brandi la menace terroriste pour se faire réélire. Et combien lui et son administration auront utilisé Guantanamo comme symbole de leur engagement à combattre le terrorisme. Le hic, comme on le sait, est que la base américaine de Guantanamo n’a rien d’une prison ordinaire. Loin s’en faut. Sanctuaire des pires formes d’atrocités qui foulent aux pieds les règles du droit humanitaire international, elle a fini par faire la honte de l’Amérique.

En menant le combat contre Guantanamo, Obama réhabilite d’une certaine façon les droits de l’homme aux Etats-Unis. Il restaure l’image de son pays aux yeux des organisations de défense des droits de l’homme. Mieux, il réconcilie l’Amérique avec tous ces pays que Bush, par sa politique, avait fini par mettre en colère et qui, par conséquent, ont cultivé en eux la haine de l’Amérique. Barack Obama effectue donc un grand pas dans la bonne direction. Plus qu’une volonté d’ouverture, son engagement marque une volonté d’apaisement.

La grande question est à présent de savoir où iront les détenus, une fois la prison de Guantanamo démantelée ? En demandant la suspension des procédures judiciaires, la nouvelle administration Obama promet de réexaminer les dossiers des détenus. Nul doute que cette opération réhabilitera certains d’entre eux, restés jusque-là sans jugement et dont les aveux et déclarations avaient peut-être été obtenus sous la torture et la pression. Mais pour ceux dont la culpabilité viendrait à être avérée, et qui seraient par conséquent transférés vers d’autres prisons si Guantanamo disparaissait, la première chose à laquelle cette administration devra s’atteler, sera de reconnaître à ces détenus, leur statut de prisonnier de guerre pour qu’ils aient enfin un statut légal. Ce sera une autre façon de marquer une victoire sur Guantanamo et sur toutes ces prisons de non droit qui abritent des détenus atypiques de l’ancienne administration.

Par Cheick Beldh’or SIGUE

22 janvier 2009

Etats-Unis : Obama, une ère de «transparence et d'ouverture»

Source : rfi.fr (article publié le 22 janvier 2009)
Installation de son équipe, restrictions budgétaires pour les plus importants salaires, publication de nouvelles règles d’éthique, coups de fil à plusieurs dirigeants du Moyen-Orient, rencontre avec les commandants militaires en Irak, réunion de l’équipe chargée de l’économie, le tout agrémenté d’une opération porte ouverte à la Maison Blanche, et puis, en fin de journée, deuxième prestation de serment : telle a été la première journée du président américain Barack Obama à la Maison Blanche.

Avec notre correspondante à Washington, Donaig Le Du

Le président américain, Barack Obama, dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 21 janvier 2009.(Photo : AFP)

Le président américain, Barack Obama, dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 21 janvier 2009.
(Photo : AFP)

C’est évidemment très important la manière dont démarre une présidence, et Barack Obama qui a promis de changer la façon de gouverner a mené les choses tambour battant tout au long de sa première journée dans le Bureau ovale.

Il a donc commencé par s’occuper de diplomatie, en passant des coups de fil, aux toutes premières heures de la matinée, au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ainsi qu’aux dirigeants israélien, égyptien et jordanien. Autant pour ceux qui l’accusaient d’avoir été très silencieux pendant l’offensive sur Gaza.

Fin de lobbying

Il a ensuite profité de la prestation de serment des membres de son équipe à la Maison Blanche, pour leur annoncer que tous ceux qui gagnaient plus de 100 000 dollars par an verraient leurs salaires gelés jusqu’à nouvel ordre. C’était évidemment une manière de rappeler qu’en ces temps de crise économique aiguë, il fallait que l’Etat se serre la ceinture. Il a aussi annoncé de nouvelles règles de fonctionnement anti-lobbies pour tous les fonctionnaires fédéraux, de manière à montrer qu’il a l’intention de tenir sa promesse de libérer sa présidence de l’influence des groupes d’intérêts.

Ensuite, il a réuni ses conseillers économiques, pour continuer à peaufiner les détails de son plan de redressement de l’économie. Et il a enchaîné sur une rencontre avec les commandants militaires en Irak, pour plancher là sur un autre dossier qui tient à cœur aux électeurs, à savoir le retrait des soldats américains. Et puis il a terminé, figurez-vous, en prêtant serment pour la deuxième fois. Si vous avez vu la cérémonie d’investiture, vous vous êtes peut-être rendus compte qu’il y avait eu un petit cafouillage, que les mots n’avaient pas été prononcés dans le bon ordre. Dans son bureau donc cette fois, il a recommencé, en présence d’un petit groupe de journalistes auxquels il a lancé en riant, « ma mauvaise nouvelle c’est que maintenant on se refait aussi les 12 bals de l’investiture ! ».

Au pas de charge

Lorsqu’on regarde l’emploi du temps du président pour ce jeudi, il y a de quoi avoir le tournis. En plus des réunions quotidiennes qui ne figurent pas à l’agenda public, il doit voir ses conseillers économiques, à nouveau, ensuite, une réunion avec des officiers en retraite pour discuter des procédures d’interrogatoire, on peut donc s’attendre à la mise en place rapide de nouvelles règles contre la torture, vous savez que cela aussi il en a fait une priorité. Circule aussi en ce moment à Washington un projet de décret qu’il pourrait signer aujourd’hui et qui ordonne la fermeture d’ici un an du centre de détention de Guantanamo.

Ensuite, il installera sa nouvelle secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, dans ses meubles et s’adressera aux diplomates américains. Et la transition a été tellement longue, il est tellement impatient d’agir qu’on est bien parti pour que cela continue au pas de charge.

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