14 décembre 2009

Allégement de la dette ivoirienne

L'observateur paalga          14 décembre 2009

 

Coup de pouce électoral pour Gbagbo

 

La France a annulé, ce mercredi, 250 milliards de F CFA de la dette ivoirienne envers elle, et en a rééchelonné largement le payement de ce qu’il en reste, cela, comme prime à la bonne gestion, Abidjan ayant passé haut la main en mars l’examen d’éligibilité à l’initiative du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale en faveur des Pays pauvres très endettés. “C’est un jour très agréable pour la Côte d’Ivoire”, a déclaré Charles Diby Koffi, ministre ivoirien de l’Economie et des Finances.

 

 

LG.jpgSurtout pour le présidentiable sortant, Laurent Koudou Gbagbo, oui. Car si les crises économiques et les soubresauts sont souvent imputés et donc préjudiciables aux gouvernants, politico-électoralement notamment, les bonnes nouvelles, pour ne pas dire les événements heureux, leur sont favorables, particulièrement quand ils surviennent à un jet de pierre d’un scrutin.

 

La France aurait donc voulu booster ainsi la réélection du “Boulanger” qu’elle n’aurait pas trouvé meilleur moment pour faire ce cadeau à la Côte d’Ivoire, dont le ministre de l’Economie et des Finances a assuré de la détermination “à affecter prioritairement les ressources issues de ces allégements de la dette au financement des dépenses propauvres et des projets d’infrastructures de base...”. Lors de la cérémonie y relative, l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, S.E.M. Jean-Marc Simon, s’est réjoui, pour sa part, de la qualité des relations entre les deux pays.

 

A défaut d’avoir pu rompre avec la Françafrique, Sarkozy aura au moins réussi à tourner la page, tumultueuse, des rapports franco-ivoiriens, franco-rwandais sous Chirac, après avoir éteint son propre incendie franco-gabonais sous Bongo père. Pour insister sur le retour de la lune de miel entre Paris et Abidjan, Jean-Marc Simon a d’ailleurs promis que la dette dont le remboursement a été différé, 990 milliards de CFA s’il vous plaît, “ferait l’objet d’une annulation très importante au moment où la Côte d’Ivoire aura atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE...”

 

C’est dire que le pays de Gbagbo, s’il veut obtenir davantage, doit appliquer, sans dérapage, son programme de réformes économiques et sociales, un exercice momentanément difficile pour lui, période même préélectorale, plutôt propice aux revendications syndicales, oblige.

 

Les Etats-Unis, il y a deux mois et demi de cela, n’avaient-ils pas déjà annulé, au profit de la Côte d’Ivoire, des créances d’un montant de 98 milliards, libellés en quelle monnaie ?

 

Ajoutons à toutes ces bonnes nouvelles pour la Côte d’Ivoire, le Burkina et toute la sous-région que le Fonds européen de développement (FED) a signé, le lundi 7 décembre avec l’ex-Basse-Côte d’Ivoire, une convention de financement de 12, 87 millions d’euros, qui lui ont permis d’apurer définitivement ce qu’elle devait à la Banque européenne d’investissement (BEI). Vous l’aurez compris, les bailleurs de fonds et les partenaires au développement de la Côte d’Ivoire misent déjà sur la sortie de notre yaka (1) de la crise et sur son développement de plus belle.

 

Dommage pour le développement du Niger, voire de la sous-région, qu’alors que la Côte d’Ivoire reçoit des lauriers des bailleurs de fonds et des partenaires au développement pour bonne gestion, ce pays-là, par la faute de ses dirigeants, ne s’en attire, lui, que les foudres pour mauvaise gouvernance .

 

Ahl-Assane Rouamba


Notes : 1 - Voisin se dit yaka en mooré, langue des Mossis du Burkina

 

lobservateur

03 décembre 2009

PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE

Gbagbo jusqu’au bout de son mandat cadeau

 

Le pays          03 décembre 2009


La réunion du Cadre permanent de concertation (CPC) s’ouvre aujourd’hui à Ouagadougou en présence des principaux acteurs de la scène politique ivoiriennne. Le président Laurent Gbagbo, son premier ministre Guillaume Soro, l’ancien président Henri Konan Bédié et l’ex-premier ministre Alassane Dramane Ouattara, les deux principaux opposants et adversaires de Gbagbo à l’élection présidentielle sont en effet là.


 

 

gbagbo.jpgLe président de la Commission électorale indépendante, Robert Beugré Mambé, aussi. Tout ce beau monde fera avec le facilitateur Blaise Compaoré le bilan du processus électoral actuellement en cours en Côte d’Ivoire. L’élection présidentielle, qui n’a pu se tenir à la date du 29 novembre dernier, sera très certainement au centre des discussions. On ignore pour l’instant si des propositions de dates seront faites au sortir de cette réunion.

 

Ce qui est sûr, c’est que l’exemple ivoirien devient un cas d’école. Les Ivoiriens, c’est le cas de le dire, ont vraiment mis la charrue avant les boeufs. Nulle part au monde, on n’a vu la liste officielle des candidats à la présidentielle publiée pour une élection dont ils ignorent à quelle date elle se tiendra. Fatigué de ces éternels reports, le PDCI/RDA, parti de Bédié, a exprimé son raz-le-bol et décide de faire tout le bruit possible afin que l’horizon de l’élection se dégage. Les arguments ne manquent pas pour soutenir la thèse selon laquelle la présidentielle ivoirienne pourrait ne pas se tenir dans l’immédiat, au grand dam des opposants partis tôt à la conquête des électeurs et qui ont, pour certains, déjà montré des signes d’essouflement.

 

Ils sont nombreux, les citoyens ivoiriens et ceux d’autres pays à ne plus croire à une volonté réelle de sortie de crise. Certes, on reconnaît que du travail reste à abattre avant d’arriver aux élections. Il faut en effet régler le contentieux des listes électorales, publier les listes définitives, confectionner les cartes d’identité et les cartes d’électeurs, distribuer ces cartes, etc. Ce travail exige des mois. En réalité, ils sont nombreux à penser que la situation traîne ainsi en longueur parce qu’elle profite au camp présidentiel. Ils n’ont peut-être pas tort car tant qu’il n’y aura pas d’élection, Laurent Gbagbo demeurera toujours à la tête de l’Etat ivoirien.

 

C’est dire donc que les six reports auxquels les observateurs de la scène politique ivoirienne ont pu assister ne sont pas faits pour déplaire à Laurent Gbagbo, loin s’en faut. Il convient de rappeller qu’en Côte d’Ivoire et ce depuis l’ère Houphouët Boigny, les élections présidentielles ont toujours été organisées tous les cinq ans, au mois d’octobre. Laurent Gbagbo lui-même a été élu en octobre 2000 pour un mandat de cinq ans qui expirait en octobre 2005, date programmée pour une nouvelle élection, laquelle n’eut pas lieu à cause de la guerre. Les dates proposées par la suite, notamment octobre 2006, octobre 2007, janvier 2008, juin 2008, novembre 2008 et novembre 2009, ont connu le sort que l’on sait. A ce jour, Laurent Gbagbo a eu quatre années de bonus comme président de la République. En 2010 et plus exactement au mois d’octobre, il aura eu un mandat entier cadeau. Au regard de ce qui précède et des autres analyses qu’on peut faire, il est possible d’affirmer que la présidentielle ivoirienne aura probablement lieu en octobre 2010.

 

Ce serait en réalité l’agenda caché dont personne ne semble vouloir parler du côté de la lagune Ebrié. Toutes ces gesticulations et manoeuvres ne sont que de la poudre aux yeux pour divertir et faire perdre le Nord. On ne comprend pas que le président ivoirien qui disait qu’il fallait aller vite, vite aux élections, dise aujourd’hui que mieux vaut aller à des élections tard et ne plus avoir de conflits que d’avoir des élections vite et se retrouver avec des morts sur les bras. "Nous sommes fatigués de pleurer nos morts", dira Laurent Gbagbo. On ne peut pas dénier le fait que cette déclaration relève du bon sens. Tenus par ses adversaires cependant, ces propos auraient eu plus de crédibilité et plus d’impact.

 

Les observateurs ne manqueront pas aussi de tourner leurs regards vers le facilitateur Blaise Compaoré qui, très certainement, pense aussi à sa propre élection prévue pour novembre 2010. La proximité de la présidentielle burkinabè et celle de la Côte d’Ivoire supposée avoir lieu en octobre prochain, pourrait être avérée. Blaise Compaoré pourrait alors être accusé de connivence avec Gbagbo. En tout cas, il est souhaitable qu’au sortir de cette nouvelle réunion du CPC, des propositions de nouvelles dates et l’élaboration d’un chronogramme figurent en bonne place dan les résultats de cette même rencontre. Autrement, l’accord politique de Ouagadougou (APO) pourrait perdre de sa crédibilité. Même si les écueils restent importants, telles les questions de la partition du pays ou du réarmement des différentes parties, les acteurs de la scène politique ivoirienne doivent résolument travailler à sortir de cette logique de reports permanents.

"Le Pays"

29 novembre 2009

Côte d'Ivoire

Le rendez-vous manqué de la présidentielle ivoirienne

 

Jeune Afrique          29 nàvembre 2009

 

Dimanche, les Ivoiriens ne choisiront pas leur président. Pas plus qu'en 2005, 2006, janvier, juin et novembre 2008. Un sixième rendez-vous manqué qui maintient la Côte d'Ivoire dans l'incertitude et la crise, malgré les progrès accomplis.


De report en report, l'élection pour la succession de Laurent Gbagbo n'a toujours pas eu lieuDe report en report, l'élection pour la succession de Laurent Gbagbo n'a toujours pas eu lieu© AFP

 

 

 

 


Le chef de l'Etat Laurent Gbagbo fin octobre, puis la Commission électorale indépendante (CEI) en novembre, ont dû admettre ce qui était devenu au fil des mois probable, puis évident: l'élection présidentielle ne pourrait avoir lieu à la date prévue du 29 novembre.

 

Depuis la fin du mandat de Laurent Gbagbo en 2005, la Côte d'Ivoire est donc abonnée aux reports. Or, c'est la sortie de crise qui est en jeu: émerger des affres nées en 2002 du coup d'Etat manqué de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), qui a divisé le pays en un nord FN et un sud loyaliste.

 

A la différence des rendez-vous antérieurs, le 29 novembre paraissait pourtant "réaliste", selon le mot du Premier ministre Guillaume Soro, chef des FN. Mais très vite, entre problèmes officiellement financiers et logistiques, les retards se sont de nouveau accumulés.

 

La question des "cas litigieux"


Le feuilleton de la liste électorale provisoire aura achevé d'enterrer le "chronogramme" (calendrier). Alors que quelque 6,3 millions de personnes avaient été enregistrées lors du crucial recensement clos en juin, il a fallu faire un sort aux "cas litigieux", les personnes dont la nationalité n'est pas avérée en l'absence de leur nom sur les registres administratifs.

 

De quelque 2,7 millions, leur volume a pu être porté à environ 1,033 million, en assouplissant les critères. Et au prix d'importants retards.

 

Selon des sources concordantes, Soro voulait éviter que le processus ne soit entravé par une masse énorme de contentieux et réduire le risque de tensions: la question de la nationalité reste très sensible et chaque camp est prompt à soupçonner l'autre d'avoir fait "enrôler" des étrangers. Dans le calme, la liste provisoire a pu commencer à être affichée dimanche, suivie progressivement du traitement des contentieux.

 

Reste qu'aucune nouvelle date pour le scrutin n'a encore été fixée, au grand dam de la France, des Etats-Unis et de l'ONU, qui pressent Abidjan de s'engager.

 

Une élection avant mai 2010 ?

 

La CEI doit donner une "période indicative" aux dirigeants ivoiriens qui devraient se retrouver la semaine prochaine à Ouagadougou, autour du président burkinabè Blaise Compaoré et "facilitateur" de l'accord de paix de 2007, indique à l'AFP une source proche de la médiation.

 

Techniquement vraisemblable, l'hypothèse qui revient le plus souvent évoque une élection avant la fin du premier trimestre. Mais "il faut que le contentieux soit bien avancé" pour fixer une nouvelle date, fait valoir un proche de Gbagbo.

 

En tout état de cause, "s'il n'y a pas d'élection d'ici mai, ça voudra dire qu'il y a un obstacle politique", comme il y en eut par le passé, estime un diplomate occidental.

 

Une seule certitude: les candidats en lice

 

Pour de nombreux observateurs, le désarmement des ex-rebelles - apparemment remis pour l'essentiel à l'après-élection - pourrait en être un, si le camp présidentiel réaffirme cette exigence in extremis.

 

Dans ce paysage indécis, une certitude toutefois: le scrutin opposera bien le président Gbagbo, l'ex-chef de l'Etat Henri Konan Bédié et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara, têtes d'affiche de la liste validée par le Conseil constitutionnel.

 

Quelle que soit la date de l'élection, ce sera une première: les Ivoiriens n'ont encore jamais pu départager les trois hommes qui dominent la vie politique du pays depuis la mort en 1993 du "père de la nation", Félix Houphouët-Boigny.

26 novembre 2009

PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE : Si loin, si proche

Le pays           26 novembre 2009

 

 

Assez bon cheminement vers le scrutin en Côte d’Ivoire, malgré quelques avaries jusque-là sans graves conséquences sur la lente, mais assurée marche de l’Eburnie vers les élections. Le cap maintenu, le navire électoral ivoirien avance droit devant, vers une destination à la fois si loin et si proche.

 

1623905952.PNGEn effet, une littérature abondante était récemment servie çà et là, suscitant quelque frayeur sur la bonne marche du processus de normalisation en cours en Côte d’Ivoire. Une fois, ce sont les révélations de l’organisation onusienne sur une course au réarmement, tant du côté du pouvoir que des Forces nouvelles, qui donnaient froid dans le dos. Des révélations dont on peut s’interroger sur l’opportunité. Fort heureusement, les deux camps ont été muets sur cette affaire et c’est tout à leur honneur. Ils auraient en effet réagi que le processus enclenché s’en trouverait sans doute marqué. Une autre fois, c’est une presse du Gbagboland, le quotidien "La voix" pour ne pas le citer, qui lâchait un bruyant pet en liant l’historique entrée en lice de l’opposant Alassane Dramane Ouattara (ADO) à la "magnanimité" du président Laurent Gbabgo.

 

Des événements qui viennent une fois de plus rappeler que rien n’est définitivement acquis au pays du "vieux sage" africain, Félix Houphouët Boigny, et combien les médias ivoiriens doivent mesurer toute leur responsabilité sociale et historique dans la reconstruction d’une Côte d’Ivoire en quête de paix.

 

Toutefois, sont constatées de réelles avancées sur le terrain des préparatifs de la présidentielle, même si la date du scrutin reste toujours inconnue. Il n’empêche, un peu partout, on se défend comme on peut pour l’avénement de ce bienheureux événement qui se profile à l’horizon, en l’occurrence les élections, qui permettront enfin à la Côte d’Ivoire de se débarrasser de ses haillons d’Etat d’exception pour renouer avec la République. Au total, bien que le chemin menant aux élections n’en ait pas totalement fini avec ses avatars et embûches, on peut croire qu’elles sont maintenant à portée de main.

 

Il suffit à présent d’y croire fermement et de se donner tous les moyens pour arriver à cette fin. Et en la matière, ce ne sont pas les gages de bonne volonté et les signaux positifs qui manquent aujourd’hui.

 

Par Cheick Beldh’or SIGUE

24 novembre 2009

Côte d'Ivoire : L'affichage de la liste électorale provisoire a commencé

Jeune Afrique          24 novembre 2009

 

L'affichage de la liste électorale provisoire a commencé dimanche, à Abidjian et Yamoussoukro notamment. Les électeurs classés en "cas litigieux" ont un mois et huit jours pour porter réclamation.


Des habitants d’Abidjan cherchent leur nom sur la liste électorale provisoire affichée le 22 novDes habitants d’Abidjan cherchent leur nom sur la liste électorale provisoire affichée le 22 nov © AFP

 


La liste électorale provisoire en vue du scrutin présidentiel en Côte d'Ivoire a commencé à être affichée dimanche à Abidjan et dans certaines villes de l'intérieur du pays, a-t-on appris auprès de la Commission électorale indépendante (CEI).

 

"La liste provisoire a commencé aujourd'hui (dimanche) à être affichée dans le district d'Abidjan et certaines villes de l'intérieur, notamment (la capitale politique) Yamoussoukro", a déclaré à l'AFP Bamba Yacouba, porte-parole adjoint de la CEI.

 

1 million de cas litigieux


L'affichage de la liste, annoncé pour le 16 novembre mais retardé par des difficultés notamment logistiques, devait se poursuivre en début de semaine, a-t-il ajouté.

 

Deux listes différentes sont en réalité présentées: celle des électeurs validés et celle des "cas litigieux" dont le dossier est incomplet et qui devront présenter une requête à leur commission électorale locale.

 

Initialement de 2,7 millions, le nombre total de cas problématiques a été porté, à l'issue de recherches complémentaires, à 1,033 million, contre 5,3 millions d'électeurs validés.

 

Fixée à un mois et huit jours, la période de contentieux doit s'ouvrir au lendemain de l'affichage des listes.

 

Période sensible


Dans un communiqué publié dimanche, la CEI a appelé "de façon solennelle l'ensemble des Ivoiriens à la sérénité et à la discipline", invitant autorités locales, partis politiques ou ONG "à veiller au maintien strict de l'ordre" dans cette période potentiellement sensible.

 

Reportée depuis 2005, la présidentielle censée mettre un terme à la crise née d'un coup d'Etat manqué en 2002 ne pourra se tenir à la date prévue du 29 novembre. Aucune nouvelle date n'a été annoncée pour l'heure.

 

A Abidjan, dans les quartiers de Koumassi (sud), du Plateau (centre), d'Adjamé et de Cocody (nord), des habitants se rendaient dans le calme dans les centres où ont été affichées les listes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

Dans un centre du quartier populaire d'Abobo (nord), Mamadou Soro Kignaman, docker de 35 ans, confiait son soulagement de trouver son nom parmi les électeurs validés: "j'étais inquiet", disait-il dans un sourire.

 

A l'inverse, dans le quartier chic de Cocody-Angré, Benjamin Nda Bilé, chauffeur de 32 ans, était dépité. Disant "ne pas comprendre" pourquoi il se trouve sur la liste des cas litigieux, il était résolu à se rendre dès lundi à la commission locale pour une réclamation.

21 novembre 2009

Présidentielle ivoirienne : Quatorze candidats dans la course




La commission électorale indépendante a publié sur son site internet la liste des électeurs pour les prochaines élections.
AFP / Sia Kambou

Par RFI

 

Le Conseil constitutionnel a publié la liste des candidats à la présidentielle dont la date n'est pas encore fixée. 14 candidats dont une femme sont en lice ainsi que les ténors du paysage politique. Au départ, ils étaient 20 à briguer la magistrature suprême, mais 6 candidatures ont été refusées pour non paiement de la caution nécessaire, qui s’élève à 20 millions de Francs CFA, soit 30 000 euros récupérables seulement si le candidat obtient 5% des voix.

 

La prochaine élection présidentielle en Côte d’Ivoire sera marquée par trois grandes premières. La première fois qu’une femme sera candidate à la magistrature suprême. Jacqueline Oble sera seule contre tous. Tous, c'est-à-dire 13 hommes dont les trois ténors de la vie politique ivoirienne : Laurent Gbagbo, président sortant, Henri Konan Bédié, ancien président et l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara.

 

Tous trois vont donc bien s’affronter dans les urnes, autrement dit le spectre de la dernière élection de l’an 2000 est écarté. Cette année-là, Henri Konan Bédié avait été éliminé de la présidentielle pour avoir passé sa visite médicale obligatoire de candidat en France et non en Côte d’Ivoire, et Alassane Ouattara avait été écarté pour cause de « nationalité douteuse ».

 

Deuxième nouveauté : ce sera, justement, le premier combat électoral d’Alassane Ouattara. Empêché de se présenter en 2000, il faut rappeler que l’ex-Premier Ministre cinq ans plus tôt, en 1995, avait choisi de ne pas se lancer dans la course.

 

Enfin troisième grande première : un naturalisé sera candidat. Il s’agit de l’humoriste Adama Dahico, qui est né malien, et qui bénéficie ainsi d’une dérogation, prévue par la loi, que lui a accordée le président Gbagbo, étant précisé que si un naturalisé peut bien être éligible, il doit auparavant avoir obtenu sa nationalité ivoirienne depuis au moins cinq ans, ce qui n’est pas encore son cas.

 

En résumé, un casting de haut vol pour cette joute tant attendue, avec une femme pour défier les hommes et un humoriste pour y incorporer un peu d’épice. Que le meilleur gagne, ou la meilleure !

13 novembre 2009

Présidentielle ivoirienne : Arithmétique électorale

L'observateur paalga          13 novembre 2009

 

On ne le redoutait même plus, tant les esprits y étaient préparés depuis belle lurette : les Ivoiriens, classe politique et citoyens lambdas, ainsi que la communauté internationale savaient pertinemment qu’un énième report de la présidentielle ivoirienne était inévitable. Même si les leaders politiques et le gouvernement n’avaient pas beau martelé qu’il ne faut pas cultiver le fétichisme des dates, celle du 29 novembre 2009 était quasiment out. La faute à qui ?

 

 

laurent-gbagbo-394613.jpgD’abord aux contingences inhérentes à une situation de sortie de crise et aux aléas techniques. Et aussi à un manque de volonté du camp présidentiel comme des ex-rebelles, qui se pressent lentement pour aller à ce scrutin majeur. Le pouvoir en place, en dépit des sondages qui donnent le président sortant gagnant au second tour, a-t-il peur du verdict des urnes comme le pensent ses adversaires, si fait qu’il le retarde pour attendre l’instant T où il sera certain de gagner ?Les Forces nouvelles, dont certains étaient des pieds-poudreux devenus des Crésus, font-ils de la résistance face à ce saut dans l’inconnue que représente cette élection ?

 

On s’accorde cependant à reconnaître que l’agent causal principal de ce retard est, ces derniers temps, la publication de la liste électorale provisoire. Depuis le 6 octobre dernier, jour où le premier ministre a remis officiellement la liste provisoire au chef de l’Etat, la certitude était faite que le 29 novembre allait de nouveau être décalé. Robert Mambé Beugré, le président de la CEI, a confirmé le 11 novembre qu’il n’y aurait plus d’élection en 2009, tout en invitant les journalistes à faire leur propre projection pour savoir à peu près le jour de ce combat qui promet d’être épique.

 

Prenons donc le patron de la CEI au mot : la liste provisoire a été remise, et à partir d’aujourd’hui 16 novembre jusqu’à mi-décembre et même jusqu’à Noël 2009, voire au-delà, on sera dans la période des contestations, qui doit durer en principe 38 jours ; le temps imparti pour extirper du corpus des électeurs les absents ,les morts et surtout les « faux » Ivoiriens ou allogènes pour emprunter un terme qui a fait florès du côté de la lagune Ebrié. Plus concrètement, il s’agira d’expurger des 6 384 253 inscrits sur la liste provisoire tous ceux qui n’ont pas le droit de voter, notamment de voir clair parmi les 1 083 667 inscrits sans pièces d’identification.

 

A partir de la fête de la Nativité ou de la mi-janvier 2010, devront débuter la confection des cartes d’électeurs et leur ventilation. Si on y ajoute les 15 jours de campagne requis avant le premier tour du scrutin, le tout mis bout à bout, on se retrouve en fin février début mars 2010. Notre arithmétique électorale nous conduit donc, si, entre-temps il n’y a pas de grain de sable qui se glisse dans le processus, en mars pour la présidentielle ivoirienne.

 

Pourvu surtout que ça soit vraiment la bonne date, car celle-ci a beau ne pas être gravée dans le marbre de la Constitution et que, de part et d’autre on estime qu’il faut éviter de subir cette dictature temporelle, ces reculs à n’en pas finir sont lassants et coûteux. Et puis, c’est plus que jamais le moment pour que la Côte d’Ivoire sorte de cette période de ni chair ni poisson. Même si on sait que cette présidentielle ne sera pas la baguette magique qui résoudra tous les problèmes.

 

Par Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

 

lobservateur

12 novembre 2009

Côte d'Ivoire : la présidentielle officiellement "déplacée"

Jeune Afrique          12 novembre 2009

 

La date du 29 novembre officiellement prévue pour l'élection présidentielle ivoirienne sera "un peu déplacée", a annoncé mercredi le président de la Commission électorale indépendante (CEI) Robert Mambé, évoquant les retards accusés dans la publication de la liste provisoire.


La CEI a évoqué des retards dans la publication de la liste provisoireLa CEI a évoqué des retards dans la publication de la liste provisoire© AFP


"Le 29 novembre c'était vraiment l'idéal mais avec tous les palabres qu'on a dû régler jusqu'à maintenant, on va la déplacer un peu" a affirmé M. Mambé, lors d'une conférence de presse.

 

"Mais de combien de temps ? Chacun peut faire des projections mais la vraie date vous sera indiquée quand on va faire un décret", a-t-il ajouté.

 

Selon lui, le temps mis pour les recherches complémentaires en vue de l'élaboration de la liste électorale provisoire "a broyé la marge de sécurité que (la CEI) s'était donnée pour la date du 29 novembre".

 

La CEI en charge du scrutin a reçu mardi à Abidjan une liste provisoire dont la publication est prévue pour lundi prochain.

 

"Secret de polichinelle"


"Dès vendredi" les Ivoiriens pourront vérifier leur inscription sur "internet, par sms ou par appel téléphonique", en attendant l'affichage la semaine prochaine, a indiqué M. Mambé.

 

De son côté, la Coalition des femmes leaders de Côte d'Ivoire a qualifié mercredi de "secret de polichinelle" le report du scrutin, demandant à la CEI "de prendre ses responsabilités".

 

"Il faut que ceux qui gèrent le processus électoral prennent leurs responsabilités et annoncent officiellement aux Ivoiriens que les élections seront reportées", a déclaré Mariam Dao Gabala, présidente de l'ONG, chargée de faire la "promotion des femmes aux postes de décisions".

 

Plus d'un million de cas litigieux


Au total, 5. 300. 586 personnes figurent sur la liste provisoire sur les 6. 384 253 inscrites, soit un taux de 83%. Il ne reste plus que 1. 033. 985 de cas litigieux soit un peu plus de 16% du nombre global, selon les chiffres officiels de la CEI.

 

La phase de contentieux qui suivra dès l'affichage des listes et destinée à régler ces litiges, en vue de la liste définitive, va durer 38 jours.

11 novembre 2009

PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE Le corps électoral découvre son visage

Le pays          11 novembre 2009

 

 

La semaine en cours se présente comme décisive en Côte d’Ivoire où l’élection présidentielle est toujours officiellement programmée pour le 29 novembre prochain. Hier 10 novembre a eu lieu la remise de la fameuse liste électorale provisoire à la Commission électorale indépendante (CEI) par l’Institut national de la statistique (INS) et la SAGEM, l’opérateur technique. Sitôt réceptionnée, sitôt affichée, peut-on dire de cette liste car, selon ce qui se susurre sur les bords de la Lagune Ebrié, elle fera l’objet d’affichage public avant la fin de cette semaine.


09-09-2009-11-38mambe C.jpgQuoique provisoire, cette liste est beaucoup attendue et c’est peu dire. Elle est la base du processus et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle est l’objet de toutes les attentions de la part des acteurs politiques. Si les structures techniques chargées de la confectionner ont pris tout leur temps quitte à remettre en cause le chronogramme arrêté, c’est justement pour rendre une copie au-delà de tout soupçon. Mais la perfection n’étant pas de ce monde, on trouve toujours à redire par rapport au fichier. La suspicion de manipulation et de fraude est permanente. Cahin-caha, le corps électoral est en train de prendre forme.

 

Les toutes premières données publiées en début octobre font état d’un électorat potentiel de 6,4 millions de personnes recensées. Mais pour cause de « nationalité douteuse » tous les appelés n’avaient pas été élus. C’est ce que l’on peut dire au regard des 2,7 millions d’électeurs potentiels qui n’ont pas été jugés dignes de figurer sur le fichier électoral pour cause de « nationalité douteuse ». Toutefois, avec la possibilité laissée aux « recalés » de prouver qu’ils sont Ivoiriens, ce chiffre est retombé aujourd’hui à environ un million. Il est susceptible de fondre davantage au terme de la période ouverte pour le contentieux électoral. En ce moment, on connaîtra le vrai visage du corps électoral qui se rendra aux urnes à une nouvelle date que le facilitateur du dialogue direct interivoirien aura arrêtée, de commun accord, avec tous les acteurs dudit dialogue. Et ce, afin d’élire un nouveau président pour les cinq années à venir.

 

En attendant ce jour, il va falloir tout apprêter et espérer que le processus ne connaisse pas de couacs. Si la remise et la publication de la liste électorale provisoire sont des faits majeurs et réjouissants, il n’en demeure pas moins que le processus n’est pas loin d’une course d’obstacles encore bien visibles par les compétiteurs. Or, dans le cas ivoirien, les obstacles surgissent au fur et à mesure que l’on avance. Si aujourd’hui l’attention est portée sur la liste électorale, il n’y a pas longtemps elle était braquée sur d’autres aspects, d’autres points. A titre d’exemple, il y a la question du financement de l’élection qui a fait des gorges chaudes avant d’être rangée aujourd’hui aux oubliettes. Il y a également d’autres aspects comme le désarmement des ex-rebelles, le grade de ceux qui vont intégrer les forces régulières. On n’en parle plus aujourd’hui.

 

Toutefois, on ne sait vraiment pas si les problèmes y relatifs ont été définitivement réglés ou les a-t-on renvoyés aux calendes …ivoiriennes. Si c’est le cas, il est à craindre qu’un protagoniste – on pense beaucoup plus au camp présidentiel – ne les remette sur le tapis sous lequel ils avaient juste été enfouis et en fasse de leur résolution hic et nunc un préalable à la tenue du scrutin. C’est de notoriété publique que ce camp a par exemple exigé le désarmement des ex-rebelles avant la présidentielle pour ne pas avoir à « voter avec un pistolet sur la tempe ». Gageons qu’il n’en sera pas ainsi et que les protagonistes sauront prendre de la hauteur et se départir de la politique politicienne.

Par Séni DABO

31 octobre 2009

Côte d'Ivoire : Gbagbo évoque un énième report de la présidentielle

France 24          31 octobre 2009

AFP - La date du 29 novembre officiellement retenue pour l'organisation du premier tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, "sera dépassée" a déclaré jeudi le chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, évoquant "la réalité du terrain".

 

laurent-gbagbo2.jpg"Si, par exemple, l'affichage de la liste électorale provisoire" qui a accumulé un retard "a lieu le 3 novembre, la consultation prendra fin le 3 décembre. Le 29 novembre sera alors dépassé", a affirmé M. Gbagbo à Yamoussoukro (centre), lors d'une rencontre avec des médecins militaires, a rapporté vendredi le site internet de la présidence ivoirienne.

 

"Les juges auront huit jours pour se prononcer sur les cas de contentieux. Nous serons alors, vers la mi-décembre. Nous allons afficher la liste électorale définitive et nous irons aux élections", a-t-il poursuivi.

 

"On peut fixer une date pour faire quelque chose, mais avec la réalité du terrain, on peut ne pas la respecter", a-t-il indiqué, justifiant un éventuel report du scrutin.

 

Mercredi, le président du Conseil économique et social (CES), Laurent Dona Fologo, un proche de M. Gbagbo a annoncé que le scrutin présidentiel devrait connaître un nouveau report, en raison des retards accumulés.

 

Paris a réagi en souhaitant le maintien de la date.

 

A moins d'un mois de l'élection, et à la suite de nombreux retards, la liste électorale provisoire n'a toujours pas été affichée à travers le pays.

 

Selon un décret, elle doit être affichée "30 jours au plus tard" avant l'élection.

 

Deux listes devront être affichées, une pour plus de 4,3 millions d'électeurs validés et une "liste à litiges" comprenant les quelque 1,9 million de personnes dont la nationalité reste inconnue, selon la CEI.

 

La phase de contentieux qui doit suivre est destinée à régler ces litiges, en vue de la liste définitive.

 

Sans cesse reporté depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005, le scrutin est censé clore la grave crise politico-militaire née du coup d'Etat manqué de 2002, qui a coupé le pays en un nord ex-rebelle et un sud loyaliste.

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