15 décembre 2009
Présidentielle au Togo
L’opposition piégée par le mode de scrutin
L'observateur paalga 15 décembre 2009
A deux mois et demi de la présidentielle, les acteurs politiques du Togo se sont de nouveau rendus au palais présidentiel de Kosyam hier 14 décembre 2009. Il s’est agi pour eux de trouver avec le facilitateur, Blaise Compaoré, une solution à la problématique du mode de scrutin : sera-t-il à un ou deux tours ? Faute d’accord, le chef de l’Etat burkinabè leur a donné rendez-vous dans une semaine.

« Lisez ceci, nulle part il n’est mentionné que le mode de scrutin doit être changé... », paroles de Pascal Bodjona, ministre de l’Administration territoriale et cacique du RPT, le parti présidentiel, montrant à Me Djodji Apévon, président du CAR, un passage de l’Accord politique global, signé à Lomé le 20 août 2006. Alors que la révision des listes électorales a débuté hier 14 décembre, notamment au sud du Togo, le mode de scrutin demeure l’hypothèque majeure qui peut troubler le déroulement du processus électoral. Les articles 59 et 60 de la Constitution togolaise de 1992, remaniée en 2002, stipulent que le président de la République est élu au suffrage universel direct et secret pour un mandat de 5 ans. Cette élection a lieu au scrutin uninominal à un seul tour. C’est sur cette dernière disposition que tout achoppe.
Solitoki Esso, le secrétaire général du RPT et porte-parole de la délégation du pouvoir, dira, au sortir de la rencontre avec le facilitateur, que : « Sur le mode de scrutin, les uns et les autres se sont opposés, il n’y a pas eu d’évolution, et le facilitateur a proposé qu’on suspende et qu’on revienne la semaine prochaine... nous ne voyons pas la nécessité d’aller aux deux tours...
les dispositions de la Constitution sont claires, c’est un seul tour... le premier tour ne remet pas en cause la transparence du scrutin, elle n’est pas une garantie de légitimité... des présidents ont été élus à deux tours avec des scores étriqués... ».
Or, apparemment, la participation de l’opposition à la présidentielle semble, au fil des jours, liée à ce mode de scrutin, ce qui est perceptible dans ces propos de Me Djodji Apévon, président du CAR et porte-parole de la délégation de l’opposition : « Le mode de scrutin à deux tours doit être rétabli pour que la justice puisse prévaloir... il serait difficile d’aller à la présidentielle avec ce mode scrutin ...la semaine prochaine, nous allons demander et réclamer le rétablissement de ce mode de scrutin ».
L’opposition est-elle piégée par ce mode de vote ?
Elle aurait le mentionner lors de la signature de l’APG, car, à deux mois et demi du scrutin, n’est-il pas trop tard pour exiger qu’on revoie une telle clause constitutionnelle ? Que nenni, selon Jean-Pierre Fabre, qui a laissé entendre que « rien n’est tard, si c’était tard, le facilitateur ne nous aurait dû pas donné rendez-vous dans une semaine ».
Après la guerre au sujet du président de la CENI, laquelle, s’est soldée par l’élection du « moindre mal » qu’est Issifou Tabiou, voici venue celle du mode de scrutin qui elle, semble insoluble, tant l’enjeu est fatale, résumé en ces mots par Me Apevon : « Le mode de scrutin pose la problématique de la conservation ou de la conquête du pouvoir ». Conservation pour le pouvoir et conquête pour l’opposition ?
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
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09 décembre 2009
FRANCE - TOGO
Avis de tempête diplomatique
L'observateur paalga 10 décembre 2009
Le temps se gâte entre Paris et Lomé. Le Quai d’Orsay a, en effet, annoncé mardi l’expulsion d’un diplomate togolais, en réponse au départ forcé d’Eric Bosc, premier secrétaire de son ambassade à Lomé. Un échange de “bons procédés” entre deux Etats qui, il n’y a pas si longtemps, pouvaient se vanter d’entretenir de bonnes relations. Mais qu’a donc fait le Français pour mériter la colère de ses hôtes ? Pas grand-chose, si ce n’est d’avoir mené des “activités incompatibles avec son statut de diplomate”.
Traduction faite de la langue de bois, on lui reproche en fait d’avoir entretenu
des relations trop suivies avec Koffi Yamgname, l’un des candidats à la présidentielle togolaise. Il faut dire à sa décharge qu’Eric Bosc, Breton de naissance, était plus ou moins familier avec l’ancien maire de Saint-Coulitz, Breton d’adoption. Mais de là à provoquer un incident diplomatique, il y a un fossé que les autorités togolaises se sont empressées de franchir.
A Lomé, en tout cas, le microcosme de l’opposition a de quoi s’étonner de la vive réaction du pouvoir. A priori, en effet, Faure Gnassingbé n’a pas grand-chose à craindre du candidat de “Togo debout”, dernier venu dans l’arène politique. Il se trouve pourtant qu’à tort ou à raison, les hommes du clan restent convaincus que le Franco-Togolais est loin d’être inoffensif.
Après une carrière politique en France durant laquelle il a assumé les responsabilités de député et de secrétaire d’Etat aux Affaires sociales et à l’Intégration, Koffi Yamgname a du répondant... en France. Il a décidé, sur le tard, de briguer la magistrature suprême dans son pays d’origine. C’est sans doute au regard de son passé français qu’à Lomé d’aucuns le considèrent comme l’homme de Paris. Ainsi, l’ancien ministre de Mitterrand aurait le soutien tacite de l’Elysée, ce qui ferait de lui un redoutable outsider dans la course à la présidentielle.
Sans rancune, le Quai d’Orsay a émis le souhait “que l’on dépasse rapidement cet épisode pour le bien des relations franco-togolaises”. Nul doute que les malentendus se seront très vite dissipés, surtout quand on sait qu’à l’approche des échéances électorales le Togo aura besoin de tous ses amis, sans exception, pour l’aider à régler les factures. L’affaire Eric Bosc ne sera alors qu’un vieux souvenir dans un ciel sans nuages.
Par H. Marie Ouédraogo
lobservateur
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30 novembre 2009
SCRUTIN A DEUX TOURS AU TOGO : De quoi a peur Faure ?
Pourquoi donc le président Faure du Togo et ses partisans rechignent-ils à adopter le mode du scrutin à deux tours aux prochaines élections présidentielles ? Cette formule standard a pourtant le mérite de préserver le pays qui l’expérimente, de lendemains amers. On l’a vu en Guinée Bissau, en Mauritanie et ailleurs sur le continent. Loin de faire uniquement plaisir à l’opposition, le scrutin à deux tours offrira au citoyen togolais une diversité de choix, le responsabilisera davantage et l’incitera à jouir pleinement de ses droits.
A l’approche de l’élection présidentielle de février 2010, l’opposition togolaise réclame à cor et à cri l’adoption du mode de scrutin à deux tours. Il est vrai que cela permettra aux différents candidats de jauger leurs forces. Mais pourquoi avoir attendu tout ce temps pour jeter ses partisans dans les rues de Lomé ? Certes, des impératifs liés au déroulement du processus, notamment la mise en place de la commission électorale, ont pu faire ombrage à certaines activités. Mais dans sa stratégie de lutte, l’opposition semble bien manquer de vigilance. Il lui faut pourtant bien manœuvrer afin de parvenir à surmonter la grande fraude qui sert généralement de garantie au pouvoir en place en Afrique.
En effet, le mode de scrutin à un tour a beaucoup de limites. Dans nos républiques bananières à la démocratie bancale, il n’est pas sans risque pour l’opposition. On l’a vu récemment au Gabon où Ali Bongo Ondimba a succédé sans gloire à son défunt père. L’opposition, alors émiettée et sans âme, ne peut aujourd’hui en vouloir qu’à elle-même. Ce scénario pourrait se répéter au Togo où le pouvoir a beau jeu de toujours invoquer le manque de ressources financières pour amorcer certains tournants décisifs. Pourtant, une élection n’est intéressante que lorsqu’existe un certain suspens. En outre, cela met le pays à l’abri de tout conflit. Autant un scrutin à un seul tour manque de piquants, autant nul ne se montrera frustré si la victoire concédée à l’adversaire apparaît comme loyale. Dans cette optique, le scrutin à deux tours a l’avantage de permettre aux adversaires de profiter du round d’observation pour mieux s’organiser et relancer la course. L’électeur, quant à lui, prend le temps de bien réfléchir en vue de faire un choix plus judicieux. Pour des pays qui renaissent à la démocratie, une multiplicité de choix apparaît comme inéluctable si l’on veut consolider les acquis.
Dans les grandes démocraties, plusieurs tours de scrutin ont cours, des primaires jusqu’au dernier passage devant les urnes. En Afrique, parmi les exemples les plus récents, celui de la Guinée Bissau se révèle plein de leçons d’humilité, de volonté et de courage politiques manifestes. Ce pays, après maintes et maintes crises, a emprunté une voie pleine de promesses qu’il faudra cependant gérer avec tact. Le processus démocratique en cours, aura permis, après deux tours de scrutin, de départager sereinement deux hommes pourtant naguère résolus chacun à diriger le pays. Ils auront su dès les premiers résultats, discipliner leurs troupes et s’incliner devant le verdict des urnes. Cette hauteur de vue des acteurs politiques bissau-guinéens doit être saluée en ce qu’elle constitue une référence sur un continent lézardé par des conflits fratricides et des processus démocratiques viciés, surtout en milieu francophone. Après les troubles qui les ont tant fait souffrir, les Togolais doivent tourner la page et s’ériger en modèle de démocratie naissant. Le pouvoir de Faure Gnassingbé a intérêt à œuvrer dans le sens d’un jeu qui honore le pays et non à emprunter une voie sans issue à la remorque de partisans mal inspirés. Dans cette perspective, les opposants du CAR et de l’UFC en particulier, doivent surmonter leurs contradictions et aller à l’essentiel. Ils doivent s’investir dans la promotion du mode de scrutin à deux tours afin d’éviter au pays le syndrome gabonais.
Certes, le Gabon et le Togo viennent de loin. Ils traversent une phase transitoire très délicate. Il n’empêche que pour que mûrisse bien le processus démocratique pour lequel ils ont opté, ces deux pays ne peuvent s’abstenir de respecter les normes propres à la démocratie républicaine. Dans cet effort de consolidation d’un processus qui se révèle par moments très fragile, la commission électorale du Togo doit nécessairement authentifier les bulletins pour éviter que le processus serve de lit à la fraude et donc conduise à une vaste mascarade. Il faut éviter de replonger dans ces troubles et ces bouffonneries qui retardent l’Afrique et en font la risée des autres. Elites au pouvoir ou dans l’opposition, les acteurs politiques africains doivent travailler à se réhabiliter aux yeux des électeurs et de l’opinion internationale.
Pour ce faire, chacun doit s’efforcer de gagner ou de perdre à la loyale. En prenant le risque de perdre des élections à la loyale, surtout après un mandat, on se donne encore plus de chance de reconquérir le pouvoir dans des conditions tout aussi loyales et en étant encore bien plus fort. Cela, le président Faure doit le comprendre. L’exemple du président Kérékou du Bénin en atteste. Au chef de l’Etat togolais d’inciter ses partisans à savoir raison garder.
Il faut absolument éviter le cas gabonais et surtout le modèle équato-guinéen où l’on gagne avant même la tenue des élections. Ce sont des épisodes tristes de l’histoire politique africaine qu’il faut bannir à jamais du patrimoine commun africain. Pour éviter le syndrome gabonais, la communauté internationale doit accompagner les acteurs politiques togolais dans la préparation des élections à venir. Le facilitateur en particulier, doit veiller à ce que les choses se passent suivant une voie consensuelle. Il a pour lui l’avantage de l’exemple ivoirien et de son itinéraire. Un minimum de normes standard doit être respecté pour rendre crédible le jeu électoral partout où il se déroule. Aux acteurs politiques africains d’apprendre à éviter de tenir certains propos, et à dépasser les actes qui tendent à infantiliser le citoyen électeur. Un pouvoir sûr de sa force et de la confiance du peuple, ne doit aucunement craindre les défis, encore moins la déroute lorsque sonne l’heure des consultations populaires.
Finalement, les acteurs politiques togolais, toutes tendances confondues, ont intérêt à adopter le mode de scrutin à deux tours. Chacun en profitera sûrement. Mieux, il constitue la seule voie susceptible de préserver le Togo de troubles éventuels, et de le doter d’un modèle de démocratie consensuel. En cédant à la requête de l’opposition, le président Faure aura au moins le mérite de faire oublier un tant soit peu aux Africains, la gestion controversée et pleine d’amertume que son défunt père a laissée à la postérité.
"Le Pays"
18:27 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : togo, faure gnassingbé, présidentielle togolaise
20 novembre 2009
Présidentielle togolaise : L’opposition dit non au K.-O.
L'observateur paalga 20 novembre 2009
La présidentielle togolaise, prévue pour le 28 février 2010, va-t-elle elle aussi commencer à s’éloigner comme une ligne d’horizon au fur et à mesure que l’on s’en approche ? Comme c’est le cas en Côte d’ Ivoire où l’élection a été repoussée à maintes reprises ? L’interrogation est d’autant légitime avec les derniers remous politiques relatifs à une disposition de la Constitution de ce pays qui a fait l’objet de discussions entre les acteurs politiques à Ouagadougou, sous l’égide du chef de l’Etat burkinabè, Blaise Compaoré, facilitateur du dialogue intertogolais.
Le point de discorde entre les acteurs politiques : « Le scrutin uninominal majoritaire à un tour », suivant la loi fondamentale, qui permet d’élire le président de la République « à la majorité des suffrages exprimés ». En tout cas, depuis le mardi 17 novembre 2009, les deux principaux partis de l’opposition togolaise, l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio et le Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Yawovi Agboyibo, donnent encore de la voix.
Menaçant de boycotter la présidentielle si elle ne se déroule pas à deux tours, ils en ont appelé à la mobilisation des forces vives du Togo pour refuser le scrutin uninominal majoritaire à un tour comme le dispose la Constitution du pays, modifiée en 2002. Que de boulot pour le facilitateur du dialogue intertogolais, Blaise Compaoré ! En tout cas, les obstacles sont toujours là, et on a l’impression que chaque fois qu’un problème est réglé, il se dresse d’autres sur le chemin du processus de paix au Togo.
L’exigence du mode de scrutin à deux tours pour la tenue de la présidentielle en est une autre équation à plusieurs inconnues que Blaise Compaoré, le docteur ès facilitations, doit s’atteler à résoudre. Il est indéniable que la revendication de l’opposition togolaise est légitime. C’est le lieu de le souligner avec force, car partout où il y a eu un scrutin à un tour, les candidats aux affaires sont toujours passés.
Le cas récent d’Ali Bongo au Gabon en est illustratif, avec seulement 41,79% des suffrages devant ses deux principaux challengers que sont Pierre Mamboundou (25,64) et Mba Obame (25,22). Le fils d’Omar Bongo a donc été élu sans avoir gagné en réalité le scrutin, parce que ses adversaires réunis comptaient plus de 50%. La revendication de l’opposition togolaise, reconnaissons-le, est assez importante.
Quels que soient les qualificatifs positifs qu’on collera à la présidentielle - candidature unique, élections transparentes, etc. - si le mode de scrutin est à un tour, il ne faut pas se faire d’illusions, Faure Gnassingbé ne manquera pas du minimum électoral pour remporter l’élection. Il y a donc un blocage certain et le facilitateur, après la Côte d’Ivoire et la Guinée, va devoir mettre la main dans le cambouis pour dénouer la situation. La question qu’on peut se poser, c’est de savoir si la majorité va lâcher du lest.
Dans tous les cas, à moins de choisir de se faire hara-kiri, l’opposition, qui a eu la preuve de sa force aux législatives passées en réunissant ensemble 1 059 725 des suffrages contre 922 636 au RPT, parti au pouvoir, ne peut pas s’amuser à admettre ce genre de concessions. C’est accepter le coup K.-O., comme c’était le cas sous Gnassingbé père.
Hamidou Ouédraogo
lobservateur
09:49 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : togo, présidentielle togolaise, blaise compaoré
14 novembre 2009
Présidentielle au Togo : campagne offensive de Kofi Yamgnane
Jeune Afrique 14 novembre 2009
Kofi Yamgnane, premier maire noir de France, veut désormais se consacrer à son Togo natal, en se présentant à la présidentielle de 2010. Mais avant cela, il exhorte l'Europe à garantir un scrutin transparent, et Paris à ne "plus" soutenir le "dictateur" Faure Gnassingbé.
Le premier maire noir de France veut désormais se consacrer à son Togo natal© AFP "La France n'est pas à un démocrate près. Le Togo, si". C'est ainsi que Kofi Yamgnane, 64 ans, explique son choix de mettre un point final à sa carrière politique dans son pays d'adoption, où il avait débarqué, seul, à 19 ans pour faire ses études.
Ce socialiste fut le symbole de l'intégration réussie en devenant, en 1989, maire de Saint-Coulitz, localité de 400 habitants en Bretagne (ouest). Il avait alors fait sourire la France en se présentant comme un "Breton d'après la marée noire".
Cet ingénieur des Mines avait ensuite été nommé secrétaire d'Etat à l'Intégration sous le second mandat de François Mitterrand.
Mais "l'état dans lequel se trouve le peuple togolais m'est devenu insupportable", explique-t-il à l'AFP. Et jusqu'à très récemment, il était même prêt à renoncer à sa nationalité française pour se présenter à la présidentielle du 28 février.
"C'est terrible à dire, mais tout est prioritaire"
Une disposition récente au Togo lui a évité ce "crève-coeur", raconte-t-il.
Il s'est en revanche installé à Lomé il y a un an. Condition pour pouvoir se présenter à l'élection, qu'il ne remplissait pas lors de la dernière présidentielle en 2005.
Situation sanitaire déplorable, pauvreté, système éducatif indigent. . . Kofi Yamgnane égraine les "urgences". "C'est terrible à dire, mais tout est prioritaire", constate ce fils de paysan, originaire de Bassar (nord).
"Et comment vivre ensemble?", poursuit-il. "Après 43 ans de RPT (Rassemblement du peuple togolais)", parti de l'ex-président Gnassingbé Eyadéma, décédé en 2005 et auquel a succédé son fils Faure Gnassingbé, "pas une famille togolaise qui n'a été touchée par une violence quelconque", accuse-t-il.
Kofi Yamgnane a été persona non grata durant près de 10 ans au Togo après avoir écrit un article au vitriol sur Eyadéma.
Alors depuis des mois, il fait campagne aux quatre coins du pays. "Je suis très connu. Ce n'est pas de la popularité, mais de la notoriété", reconnaît M. Yamgnane, qui a participé au dialogue inter-togolais dans les années 90.
Il sait aussi que certains lui reprochent d'être une pièce rapportée.
Mais pour lui, le principal obstacle est la "transparence" du prochain scrutin. Aussi, à l'occasion d'une tournée en France, il exhorte l'Europe à intervenir. Pour qu'elle fournisse des urnes transparentes avec deux clés, l'une pour l'opposition, et l'une pour la majorité, "beaucoup d'observateurs", et exige des listes électorales à jour.
"Je voudrais que l'Europe, qui est toujours prête à pleurer parce qu'il y a des petits négrillons qui sont morts (lors d'émeutes post-électorales comme après l'élection de 2005, ndlr), comprenne que l'essentiel est avant", lance-t-il.
Il interpelle aussi Paris qu'il accuse d'avoir soutenu en 2005 Faure Gnassingbé, pas encore officiellement candidat pour 2010. "Evidemment, je le pense. Et je le dis. Et aujourd'hui, je ne suis pas sûr qu'elle ne l'ait pas encore choisi. Hypocritement, la France dira qu'elle n'a pas de candidat. . . ".
"Quels sont les intérêt de la France si forts et si occultes pour que seuls les dictateurs et les voleurs puissent les protéger?", s'emporte-t-il, accusant Paris ne pas avoir fait "le deuil de ses colonies".
D'ailleurs au Togo, dans chaque réunion électorale, assure-t-il, "on me demande si je suis passé par l'officine à l'Elysée par laquelle on doit nécessairement passer quand on veut devenir président!".
En rentrant au pays fin novembre, Kofi Yamgnane lancera une série de meetings. Et s'il n'est pas élu, il assure qu'il restera au Togo. Peut-être pour y créer son parti, dit-il, "pour continuer la lutte".
12:05 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle togolaise, togo, kofi yamgnane
05 novembre 2009
RECONCILIATION FAURE-KPATCHA / Au nom du lien de sang
Le 12 avril 2009, les Togolais se sont réveillés avec une tentative de coup d’Etat bien singulière. Le frère cadet du président de la République, Kpatcha Gnassingbé, est délogé de chez lui par les forces spéciales de l’armée. Il est rattrapé dans sa fuite, à l’ambassade des Etats-Unis. C’était le summum de la guerre fratricide que se livraient en sourdine les enfants de feu Eyadema pour le contrôle du pouvoir.

Poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’Etat, Kpatcha croupit actuellement en prison dans l’attente d’un probable jugement. Mais depuis quelques semaines, le dossier, qui semblait traîner dans les couloirs de la Cour d’appel, rebondit de façon inattendue avec l’intervention de deux célèbres avocats français, Mes Stasi et Bournazel. L’éventualité d’un procès est en train de s’éloigner au profit d’un arrangement familial.
Kpatcha, d’après ses avocats, souhaite une solution non judiciaire à son problème. Si on peut y voir un aveu de culpabilité, cette proposition surprenante à la vue des charges qui pèsent sur l’inculpé n’en est pas moins une main tendue à son président de frère. La question est de savoir comment ce différend familial, devenu une affaire d’Etat, va se dénouer en dehors des institutions républicaines. Considérée comme étant une affaire de politique intérieure, aucune capitale africaine n’a voulu intervenir officiellement dans cette crise. Reste à savoir si le président Faure accordera son pardon à son demi-frère. Du coup, les avocats qui se sont constitués dans son dossier, ont ôté leur robe pour se mettre dans la peau de médiateurs. Il est possible que ce soit sur leurs propositions que Kpatcha a opté pour cette stratégie. Et si c’est effectivement le cas, ne sont –ils pas payés pour sauver la tête de leur client, par tous les moyens légaux ?
Ce règlement à l’amiable a l’avantage d’éviter la déchirure entre les deux frères. Toute chose que les adversaires politiques de Faure ne manqueraient pas d’utiliser aux fins de le déstabiliser. Une réconciliation, sous l’arbre à palabres, éviterait aussi le grand étalage d’un procès relentissant duquel personne ne sortirait indemme. Au moment où le pays se prépare à l’organisaiton des élections, une cohésion plus forte dans les rangs de la famille donnerait plus d’assurance au jeune président dont le défi majeur est de se faire réélire, afin d’effacer cette image de président mal élu suite à une élection bâclée, qui a plongé le pays dans une crise de légitimité du pouvoir exécutif. Pour réussir ce pari, il faut bien commencer par ratisser au sein de son propre clan où l’image du père doit rester l’élément fédérateur.
Par Abdoulaye TAO
10:25 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : togo, faure gnassingbé, kpatcha gnassingbé
22 septembre 2009
Présidentielle togolaise : Le tout n’est pas d’arrêter une date
L'Observateur paalga mardi 22 septembre 2009
On le sait, l’élection présidentielle ivoirienne est prévue pour le 29 novembre prochain. Mais l’on sait pertinemment que cette date sera difficilement respectée, eu égard aux nombreux retards constatés çà et là. Et les plus optimistes évoquent la période février-mars 2010. Par contre, de l’autre côté de la lagune ébriée et précisément au Togo, les choses sont de plus en plus claires.
En effet, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), par l’intermédiaire de son président, Lardja Henri Kolani, a proposé la date du 28 février 2010 pour la tenue de la prochaine présidentielle, au cours d’une conférence de presse.
En même temps, elle a décliné son chronogramme, qui fixe la période de la campagne électorale du 13 au 26 février et la convocation du corps électoral le 31 décembre 2009 (soit 60 jours avant la date du scrutin).
On pourrait dire qu’un pas a été franchi dans le processus de mise en œuvre de l’accord politique global, sauf que l’on constate que le plus dur n’aura pas été de trouver une date. Car, déjà, le choix porté sur Henri Kolani pour diriger la CENI est contesté par les représentants de l’opposition parlementaire et de la société civile.
C’est d’ailleurs le premier écueil susceptible même de gripper la machine électorale. Ceux qui protestent parlent de violation de l’article 2 du règlement intérieur de la CENI. Ce qui dénote un manque de consensus d’ailleurs à tout point de vue. Et les plus pessimistes voient, dès lors, une crise se profiler à l’horizon.
A leur décharge, il y a le fait que Kolani, membre du Parti des démocrates pour le renouveau (PDR), ex-parti de l’opposition, est devenu un allié du pouvoir. Donc, logiquement, ce n’est pas un homme neutre. Qu’à cela ne tienne.
L’autre situation qui semble ne pas faire l’unanimité, jusque là, c’est même le mode de scrutin. Comme au Gabon, la constitution togolaise (que d’aucuns disent modifiée unilatéralement en décembre 2002) prévoit une élection à un tour.
A ce sujet d’ailleurs, le Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Yawovi Agboyibo, l’un des principaux partis de l’opposition représentés au Parlement, avait adressé une correspondance au président burkinabè, facilitateur de l’accort politique global du Togo.
Dans cette lettre, il s’élève contre la forme du scrutin, qui ne fait qui ne fait que monter de plus en plus la tension au sein des populations. Ce parti n’est pas le seul à s’insurger contre la majoritaire à un tour. C’est même toute l’opposition (la véritable) qui s’inscrit en faux contre ce point de la constitution.
Il faut reconnaître que c’est un procédé qui renforce la bipolarisation du système au Togo et donne peu de chances aux petits partis (en nombre de suffrages). De plus, ce mode ne pardonnant pas l’émiettement des candidatures, l’opposition togolaise est prévenue. Elle ferait mieux de tirer leçon de l’exemple du Gabon, où l’on a vu l’opposition gagner la majorité des voies, mais, en raison de la dispersion de ses rangs, finalement perdre la présidentielle.
Kader Traoré
09:52 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : togo, présidentielle togolaise
04 septembre 2009
Présidentielle togolaise : Enfin une CENI consensuelle !
L'Observateur paalga vendredi 4 septembre 2009
L’histoire veut que ce soit lors d’une visite de François Mitterrand dans le nord-ouest de la France que Koffi Yamgname se lança à sa rencontre, brûlant les usages protocolaires pour aller serrer la main au « dieu » des socialistes français. Vrai ou faux, en tout cas l’ancien président hexagonal en fera, dans les années 90, un de ses ministres. Celui-ci sera même député du Finistère entre 1997 et 2002.
Depuis quelques mois, l’intéressé a tout abandonné pour s’établir dans son pays d’origine, le Togo, où il compte bien participer à la présidentielle prévue pour se dérouler entre le 18 février et le 5 mars 2010. En effet, ayant installé son QG à Tokoin, non loin du collège protestant, Koffi compte bien, à défaut de se faire élire, jouer au moins les faiseurs de roi, à condition que ce soit le mode des 2 tours qui soit retenu.
Il doit cette perspective non seulement à l’Accord politique de Lomé signé le 20 août 2006, mais surtout au toilettage des textes de la CENI intervenu à Ouagadougou le 8 août 2009. Quid de cette CENI reprofilée dont les membres ont prêté serment le 1er septembre dernier ?
D’abord, il n’est plus obligatoire à tout candidat à la magistrature suprême de présenter un quitus fiscal et une renonciation à toute autre nationalité étrangère pour prétendre au fauteuil présidentiel.
Les dates d’ouverture et de clôture de l’établissement des listes électorales ont été revues, de même que l’ensemble des pièces à fournir. Exit la loi votée le 30 juin 2009 par les députés qui introduisaient des membres extraparlementaires au sein de cette structure qui aura la charge du vote. Autant dire qu’une CENI consensuelle vient de voir le jour, loin de celle qu’avait présidée Mme Tchangai Kissem lors de la présidentielle d’avril 2005.
Elle ouvre la voie non seulement au Franco-Togolais Yamgname, mais surtout à son voisin de Lomé, l’opposant historique au feu président Eyadema : Gilchrist Olympio. Celui-ci, bien qu’il réside la plupart du temps à Accra, pourra donc se mettre sur la ligne de départ en 2010. Une première pour lui qui a dû ronger son frein pendant des années, écarté par des lois toutes fabriquées ou s’étant abstenu pour des raisons de sécurité.
Désormais, repose sur les 17 commissaires de la CENI le défi d’une présidentielle débarrassée des dysfonctionnements observés de par le passé. Elle doit faire disparaître, le jour du scrutin, les scènes ubuesques comme celles montrant des soldats s’enfuyant avec des urnes, même si certains ont dit que c’était pour la bonne cause (sauver des bulletins de la destruction de manifestants). La CENI est également attendue au tournant au niveau du dépouillement transformé pour l’occasion en véritable caverne d’Ali Baba.
Pour tout dire, le processus électoral arrivera à bon port ou déraillera, selon que cette CENI pourra ou non faire face aux multiples tâches qui lui auront été confiées. Mais, déjà, le fait qu’elle soit acceptée par le Rassemblement du peuple togolais (RPT), l’Union des forces du changement (UFC) et le Comité d’action pour le renouveau (CAR) augure des lendemains sans heurts du moins en ce qui concerne son fonctionnement. Encore un pas vers une présidentielle apaisée ? On l’espère.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
lobservateur
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20 août 2009
Accord de Lomé : 3 ans après, où en est-on ?
Aujourd’hui 20 août 2009 marque les 3 ans de la signature de l’Accord politique global (APG) à Lomé entre les protagonistes de la crise togolaise sous la facilitation du chef de l’Etat burkinabè, Blaise Compaoré. Que d’eau a coulé sous les ponts depuis cette date, notamment un gouvernement d’union nationale, des législatives en octobre 2007, et des concertations, qui se poursuivent dans le querellé Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC). Avec en ligne de mire la présidentielle à haut risque du 28 février 2010. Revue de détail d’une crise politique en voie de solutionnement ?
L’histoire a donné tort à ceux qui doutaient de l’efficacité de la facilitation du chef de l’Etat burkinabè dans la crise togolaise. En effet, lorsqu’en février 2006 Edem Kodjo, le Premier ministre togolais, au sortir d’une audience avec Blaise Compaoré, annonça que « le dialogue intertogolais allait s’ouvrir d’ici quelques jours avec Blaise comme facilitateur », beaucoup n’y croyaient pas, arguant que Blaise « avait trop d’ascendance sur Faure Gnassingbé », le nouveau président, élu le 24 avril 2005 dans des circonstances difficiles, et donc que cette médiation serait partiale et vouée à l’échec.
Pourtant, le 26 juillet 2006, le Bureau du dialogue intertogolais, conduit par son président, Me Yawo Agboyibor, atterrissait à Ouaga pour solliciter les bons offices du premier magistrat burkinabè.
Rien n’était alors joué à l’avance, tant les problèmes togolais paraissaient insolubles au regard du contexte politique qui prévalait au Togo. Mort le 5 février 2005 après 38 ans de règne sans partage, Gnassingbé Eyadéma laisse deux Togo : le Nord et le Sud. Des décennies durant, la chape de plomb, qu’il fut, a exercé son emprise sur une population qui, finalement, s’en est remise à la fatalité.
D’ailleurs, jusqu’à présent, il s’en trouve des Togolais qui pensent que l’enfant terrible de Pya n’est pas décédé et qu’il réapparaîtra un jour. Le jeune chef de l’Etat, son fils Faure, même le confesse : « Jusqu’à la dernière minute, j’ai cru qu’un miracle le ramènerait à la vie ».
Après la disparition d’Eyadema, Faure le remplaça au pied levé le 7 février 2005 sous l’emprise de l’armée, mais, face à la broncha internationale, il dut rendre momentanément le sceptre de son défunt de père pour le reprendre après la présidentielle de la même année, une présidentielle à l’occasion de laquelle, certes, il y a eu des morts, mais un scrutin qui le légitime, surtout quand on sait que l’opposition, à travers la Coalition jaune, a sonné le cor et misé sur Bob Akitani à défaut de Gilchrist Olympio, écarté par la constitution pour cause de non- résidence permanente au pays.
Mais il faut reconnaître que Faure voulait certes assumer son patronyme mais avait la ferme volonté de se dépêtrer de cette tutelle postmortem, qui lui collait à la peau. D’ailleurs, dès le 27 avril, alors que Mme Walla Tchangai Kissem, la présidente de la CENI, venait de le donner vainqueur et après une rencontre à Abuja avec Gilchrist Olympio, sous l’égide d’Oléségun Obasanjo, il déclarera qu’il « n’est ni le président du Nord ni celui du Sud mais de tout le Togo ».
Une période difficile s’amorcera après cette élection, d’autant plus qu’à l’époque un « revenant » (1) a été nommé à la Primature : il s’agit d’Edem Kodjo au détriment de l’Union des forces du changement, qui aurait revendiqué ce poste et d’autres maroquins d’où ils auraient été indélogeables. Refus naturel du Rassemblement du peuple togolais (RPT), qui y vit, là encore, un louvoiement de Gilchrist pour corser davantage les choses.
Il a fallu l’APG pour que, le 16 septembre 2006, Me Yawo Agboyibor du Comité d’action pour le renouveau (CAR) puisse former une équipe gouvernementale d’union nationale avec toujours l’UFC aux abonnés absents.

Il faut souligner que le dialogue intertogolais, qui débuta le 21 avril 2006, a connu un clash le 10 juillet, car seuls 7 des 9 délégués avaient alors paraphé le document final censé mettre tout le monde d’accord. Un échec !
D’où le recours à Ouagadougou, où les discussions furent âpres, symptomatiques des tensions qui régnaient entre pouvoir et opposition à Lomé. Il fallait lever plusieurs hypothèques, qui menaçaient la paix sociale, et déblayer le terrain pour les législatives.
Paraphé à Ouagadougou la veille, l’APG fut donc signé le 20 août 2006 à Lomé, où Blaise Compaoré fut la superstar, ovationnée comme pas possible, pour parler comme l’homme de la rue. 5 jours avant, soit le 15 août 2005, Faure était d’ailleurs dans la capitale burkinabè, sans doute pour régler les derniers détails avec son homologue Compaoré. Mais que dit ce protocole d’accord du dialogue politique ?
Il y a d’abord la CENI, dont la copie a été revue, puisque, désormais, ses 19 membres allaient être issus de toutes les sensibilités politiques et de la société civile. Même si, comme nous le verrons plus loin, l’opposition reviendra sur cette CENI, qui n’est pas permanente au Togo.
Ensuite, il y a la problématique de la double nationalité et de la « résidence permanente », qui a été réglée. Une clause qui excluait régulièrement Gilchrist Olympio, lequel réside entre Accra et Londres et possède la double nationalité (anglaise et togolaise).
La Grande Muette fut aussi un casse-tête que « Ouagadougou » est parvenu à amadouer, en préconisant qu’elle devienne plus républicaine. Enfin, le cas de l’impunité fut un point central de l’APG. Au-delà des victimes postprésidentielles d’avril 2005 et des milliers de réfugiés qui ont fui vers le Ghana et le Bénin, il fallait préconiser que ces violences cessent.
Blaise tenait son Accord, mais, comme nous l’écrivions le lendemain de la signature de l’APG : « Les principes ne valent que ce que valent les hommes chargés de les appliquer, c’est à l’épreuve du terrain que ces accords seront jugés » (2).
Survinrent alors les législatives du 14 octobre 2007, un scrutin qui révéla la représentativité des forces politiques en présence : sur les 81 sièges à pourvoir, le RPT se tailla la majorité avec 50 députés, suivi de l’UFC, qui en engrangea 27, et du CAR avec une portion congrue, 4.
Des résultats qui ne sont pas vécus comme un échec par l’UFC, comme l’affirme son leader, qui ne décolère pas contre le « découpage démentiel du territoire » (3). Pour lui, il n’y a pas de raison que le RPT, qui a obtenu 900 000 voix, comme l’UFC, se retrouve avec 50 sièges et eux 27. La faute donc aux circonscriptions électorales, foi du miraculé de Soudou.
Le RPT nuança en affirmant que ce découpage ne datait pas d’hier, puisque c’est avec le même que le CAR avait eu la majorité des députés en 1994. Un CAR qui, à ce scrutin, paya cash la nomination de son fondateur à la primature, beaucoup de Togolais ayant perçu cela comme une compromission.
Réponse de Me Yawo Agboyibor : « J’ai accepté ce poste de Premier ministre pour sauver mon pays, car il y avait péril en la demeure ». Restant en cela fidèle à ses principes, puisqu’il confiait en 1998 à l’auteur de ces lignes que « lorsqu’on est un leader politique, on est, comme un berger, capable de se sacrifier pour son troupeau ».
La députation passée et après le boycott par l’UFC des différents postes à l’hémicycle, les luttes reprirent sur les sempiternelles réformes politiques et institutionnelles. Selon l’opposition, depuis ces législatives, le RPT ne veut plus rien entendre de ces réformes et agit de façon unilatérale.
Les points d’achoppement concernent le CPDC, dans lequel le pouvoir, par un décret présidentiel du 11 juin 2009, a introduit des membres de partis extraparlementaires alors que seuls les formations politiques ayant des députés à l’Assemblée nationale ou ayant obtenu au moins 5% des voix aux dernières législatives y ont droit.
Les voix sont aussi discordantes sur la composition de la CENI, l’opposition cherchant à comprendre pourquoi, le 30 juin dernier, les députés ont permis que parmi les 19 membres de cette structure, des éléments de l’opposition extraparlementaire et de la société civile fassent leur entrée. Reste le problème du mode de scrutin à résoudre : sera-t-il à un seul tour selon la constitution du 27 septembre 1992, révisée en 2002 ? Ou à deux tours comme souhaité par l’opposition ?
Le facilitateur, qui s’est rendu le 28 juillet 2009 à Lomé et qui a réuni à Ouagadougou les frères togolais du 6 au 8 août, est parvenu à un accord à minima ouvrant le chemin à la présidentielle, qui doit se dérouler le 28 février 2010. Elle mettra sur la ligne de départ, d’abord deux fils d’anciens... présidents, Faure Gnassingbé et Gilchrist Olimpio.

Le premier veut une élection propre et transparente pour mieux se légitimer et surtout montrer à la face du monde que son mérite n’est pas seulement d’être un Gnassingbé, héritage génétique qu’il assume tout en traçant ses propres sillons.
Le cas Kpatcha devra aussi trouver une solution, car, depuis le putsch manqué de Pâques et l’arrestation de son frère, un grand malaise règne dans la fratrie, et nous sommes en Afrique : « on n’est jamais trahi que par les siens, mais on n’est jamais sauvé aussi que par les siens ».
Gilchrist Olympio, fils du premier chef de l’Etat du Togo, a longtemps rêvé et sublimé un tel challenge. Il a, lui aussi, toutes les chances d’y parvenir et de prouver aux Togolais qu’il ne poursuit pas une vendetta personnelle ( ?) ; viennent ensuite d’autres candidats probables ou confirmés comme Paul Dodji Apevon, le remplaçant de Yawo Agboyibor à la tête du CAR, Agboyomé Kodjo de l’Organisation pour bâtir un Togo solidaire (OBUTS) ou l’outsider venu du Finistère, Koffi Yangname, qui a abandonné l’Hexagone et qui, depuis Tokoin, propose déjà son programme de candidat indépendant.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
Notes :
(1) : Edem Kodjo avait déjà été Premier ministre en 1994.
(2) : in Commentons l’événement de l’observateur paalga du 21 août 2006
(3) : in Interview de Gilchrist Olympio paru dans l’Observateur paalga du 26 octobre 2007
lobservateur
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10 août 2009
DIALOGUE INTER TOGOLAIS : Consensus pour des élections apaisées
Source : lepays.bf (Article publié le 10 juillet 2009)
Les 3 partis politiques participant au dialogue inter togolais, à savoir le Rassemblement du peuple togolais (RPT) parti au pouvoir, l’Union des forces de changement (UFC) et le Comité d’action pour le renouveau (CAR) se sont réunis du 4 au 7 août à Ouaga sous l’égide du facilitateur, le président Blaise Compaoré. Ces concertations semblent avoir permis d’aplanir les divergences entre les différents partis sur les conditions d’organisation de l’élection présidentielle en 2010. En témoigne le communiqué de presse livré à la fin des discussions le vendredi 7 août dans la soirée au palais de Kosyam. Nous vous proposons également les réactions des différents acteurs.
Le président Blaise Compaoré, facilitateur : "Je voudrais très sincèrement féliciter les membres des deux délégations et les forces représentées à l’Assemblée nationale du Togo, pour leur persévérance, leur clairvoyance et aussi pour la grande disponibilité ainsi que l’esprit d’ouverture dont elles ont fait preuve tout au long de nos discussions. Je me réjouis des conclusions auxquelles nous sommes parvenus qui ont surtout aidé à aplanir les divergences politiques des différentes délégations. Aujourd’hui, nous ouvrons la voie à un processus plus accéléré et plus consensuel. Nous avons réalisé l’essentiel car le consensus politique était nécessaire pour aller vers des élections apaisées mais nous savons qu’il reste encore du travail sur le plan technique, administratif et même politique. Il nous faut mobiliser au-delà des partis politiques, la société civile togolaise, les médias aussi parce que nous avons longuement échangé sur l’éthique des médias dans une élection présidentielle.
Gilchrist Olympio, président de l’UFC : "Nous avons fait beaucoup de progrès ces derniers jours à Ouaga. Nous n’avons pas résolu tous les problèmes mais nous croyons que dans les mois à venir, nous allons nous revoir avec le facilitateur pour améliorer cette situation. Il y a des points qui restent en suspens, par exemple, est-ce un scrutin à un ou à deux tours ? Nous continuons la réflexion et avec un peu de chance, nous allons trouver une solution qui convienne à tout le monde. Nous nous sommes mis d’accord sur la composition de la CENI, le nombre des membres"
Solitoki Esso, Secrétaire général du RPT : "Nous sommes venus ici pour trouver un consensus par rapport à l’organisation de l’élection présidentielle en 2010. Et cela en tenant compte de la ligne de conduite exprimée par le président togolais en ce qui concerne sa volonté d’organiser des élections pacifiques et sans violence. Dans ce cadre, nous avons examiné les difficultés qui apparaissaient encore dans certains de nos textes, concernant la loi électorale. Nous sommes satisfaits du consensus trouvé sur les conditions d’éligibilité parce que nous pensions qu’il n’était pas nécessaire d’aller au-delà de ce que le code électoral stipulait.
Me Dodji Apekon, président national du CAR : "Depuis un certain temps, la classe politique togolaise a une préoccupation, l’organisation d’élections apaisées et tranquilles, qui ne crée plus de problèmes. Par le passé, nous avons eu des problèmes. C’est pourquoi, nous considérons l’élection présidentielle de 2010, comme un tournant majeur devant permettre au Togo de retrouver la stabilité et pour se remettre sur le chemin du développement. Nous sommes venus rencontrer le facilitateur avec nos préoccupations. Mais, vous savez, dans ce genre de rencontre, vous ne pouvez pas tout obtenir. L’essentiel est que le minimum sur lequel nous nous sommes entendus puisse être mis en application afin que les élections se déroulent sans heurts.
Communiqué de presse
Voici en intégralité le communiqué de presse rendu public à la fin des travaux.
A l’invitation de Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso et Facilitateur du Dialogue inter togolais, les délégations des trois partis politiques participant au Dialogue inter togolais et représentés à l’Assemblée nationale que sont le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), l’Union des Forces de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), se sont réunies du 04 au 07 août 2009 à Ouagadougou, au Burkina Faso, autour du Facilitateur.
La délégation du RPT était conduite par son Secrétaire général, Monsieur ESSO Solitoki, celle de l’UFC par son Président national, Monsieur Gilchrist OLYMPIO, et celle du CAR par son Président national, Maître APEVON Dodji Paul. La réunion s’inscrivait dans le cadre de la relance du dialogue inter togolais et de la reprise de la Facilitation de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, telles que préconisées par la 36ème Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tenue à Abuja le 22 juin 2009. Elle visait à consolider le dialogue entre les partis représentés à l’Assemblée nationale en vue de l’organisation d’élections apaisées au Togo en 2010. A cet effet, le Facilitateur a reçu successivement les différentes parties qui lui ont fait part de leurs préoccupations, suggestions et recommandations respectives pour la consolidation des acquis de la mise en œuvre de l’Accord politique global signé le 20 août 2006 entre les parties prenantes au Dialogue inter togolais. Les parties ont eu, avec le Facilitateur, plusieurs séances de travail qui se sont déroulées dans une atmosphère sereine et cordiale, empreinte de fraternité et de solidarité. Se référant à l’Accord politique global, elles ont réaffirmé leur volonté et leur souci communs de mettre pleinement en œuvre les dispositions dudit Accord, afin de parvenir à une paix durable, garant de la stabilité et du développement harmonieux du Togo. Elles se sont engagées à œuvrer ensemble, dans un esprit d’entente cordiale, pour parvenir à l’organisation d’élections ouvertes, libres, transparentes et démocratiques, susceptibles de garantir la normalisation politique au Togo. A cet égard, les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale ont évalué les progrès réalisés dans le processus de sortie de crise par la mise en œuvre de l’Accord politique global et se sont particulièrement préoccupés des défis politiques et techniques qui doivent être relevés, afin d’aboutir à une bonne organisation de l’élection présidentielle de 2010. Au titre des défis politiques, ils ont reconnu la nécessité de respecter et préserver les institutions républicaines, afin de garantir la stabilité politique du pays, ainsi que l’intérêt d’engager certaines réformes politiques pour renforcer les bases de la démocratie, en ce qui concerne, notamment, la composition de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et de ses démembrements, les conditions d’éligibilité à l’élection présidentielle et le mode de scrutin. Ainsi, sur la question de la composition de la CENI et de ses démembrements, tout en prenant acte de la décision de la Cour constitutionnelle du 9 juillet 2009 sur la loi portant modification du Code électoral votée par l’Assemblée nationale le 29 juin 2009, les trois délégations se sont accordées sur les modalités d’organisation et de fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et de ses démembrements que sont les CELI, les CLC et les Bureaux de vote.
Sur la question des conditions d’éligibilité à l’élection présidentielle, en l’occurrence celles relatives à la nationalité et au quitus fiscal, les trois délégations se sont accordées sur leur assouplissement d’ordre législatif à travers une relecture du Code électoral, notamment en ses articles 168.3, 170.2 et 170. 9, afin de permettre aux candidats potentiels de se présenter à la prochaine compétition électorale. Pour ce qui concerne la question relative au mode de scrutin, il a été convenu de poursuivre les réflexions sur le sujet. Au titre des défis techniques, les délégations des partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, soucieuses de garantir au Togo des élections crédibles et démocratiques, ont convenu de renforcer les capacités de la CENI, afin de lui permettre d’assumer pleinement sa mission de veille sur la régularité des opérations électorales. A cette fin, elles ont reconnu la nécessité de renforcer, au sein de la CENI, le Secrétariat administratif chargé de lui apporter un appui technique pour l’organisation pratique des élections. Elles ont, en outre, décidé de faire appel à l’expertise technique de la Commission Electorale Nationale Indépendante du Burkina Faso et de solliciter auprès de la communauté internationale un accompagnement technique accru en matière d’assistance électorale.
Elles ont, par ailleurs, convenu de demander au Gouvernement de mettre à la disposition de la CENI les moyens nécessaires pour assurer le transport des résultats des élections des bureaux de vote vers les CELI. En vue de garantir la transparence des élections, les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale préconisent l’ouverture des élections à des observateurs nationaux et internationaux dans les conditions prévues par la loi. A cet effet, les observateurs internationaux seront, à leur demande, accrédités par la CENI, sur la base d’une liste dressée par celle-ci, en collaboration avec le Ministère de l’Administration territoriale et les autres services de l’Etat. Les observateurs nationaux seront accrédités, à leur demande, par la CENI.
Des recommandations ont été adressées au Gouvernement, au Parlement et à toutes les parties prenantes pour un renforcement des moyens et du rôle de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) en vue de permettre l’organisation des élections dans un climat apaisé. Le Gouvernement a été invité à prendre les mesures nécessaires pour assurer un accès équitable de tous les partis politiques aux médias publics. De même, il a été souligné la nécessité de réaffirmation des parties au respect du Code de bonne conduite, tel que préconisé par l’Accord politique global.
Dans le souci d’assurer un bon suivi de ces décisions, les trois délégations ont consigné les points d’accord dans un mémorandum contresigné par le Facilitateur. Aux termes de leurs échanges, les trois partis politiques participant au Dialogue inter togolais et représentés à l’Assemblée nationale ont réitéré à Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso et Facilitateur du Dialogue inter togolais, leur profonde gratitude pour sa disponibilité, sa clairvoyance et sa perspicacité qui ont permis de dégager des consensus sur leurs préoccupations majeures.
Fait à Ouagadougou, le 07 août 2009.
Propos recueillis par Dayang-ne-wendé P. SILGA
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