07 juillet 2009
PRESIDENT DECHU DU HONDURAS : Vrai départ, faux retour
Source : lepays.bf (Article publié le 7 juillet 2009)
Le président déchu du Honduras a bel et bien mis sa menace à exécution. Depuis son lieu d’exil, il avait promis qu’il regagnerait son pays d’où les militaires l’avaient expulsé, à son corps défendant. La tentative a eu lieu, mais l’avion transportant le président hondurien renversé a été dirigé vers le Salvador. "Je suis le commandant général des Forces armées, élu par le peuple, et je demande à l’Etat-major des Forces armées d’obéir à l’ordre d’ouvrir l’aéroport afin de n’avoir aucun problème pour atterrir et embrasser mon peuple", a lancé Zélaya, depuis l’avion qui le ramenait au Honduras et qui avait décollé des Etats-Unis.
Visiblement, cette injonction du désormais ex-président n’aura pas suffi. Car, non seulement il ne recevra pas l’autorisation demandée, mais, qui plus est, la piste d’atterrissage sera prise d’assaut par des militaires, rendant impossible toute tentative d’atterrissage. Et voilà Zélaya hôte malgré lui du Salvador. Il aura été victime d’un scénario presqu’à l’africaine. Avec la différence cependant que dans le temps, sur le continent noir, l’usage commandait de laisser s’absenter le chef d’Etat indésiré pour quelque sommet ou rencontre internationale, pour ensuite lui refuser le retour dans son propre pays.
Plusieurs chefs d’Etat du continent noir auront été victimes de ce coup d’Etat de fait. De mauvaises langues trouvent de nos jours, une explication au refus de voyager à l’étranger de certains gouvernants en place, en la peur bleue qu’ils auraient de ce syndrome qui rendit plus d’un gouvernant africain, du jour au lendemain, dépouillé de son pouvoir, chassé de son pays et malheureux pour le restant de ses jours. Fait d’importance pour le cas Zélaya, les chefs d’Etat qui se sont montrés solidaires à son endroit et qui avaient promis de l’escorter à l’occasion de son voyage-retour au Honduras, auront finalement fait faux bond. Reste à savoir si cela a été fait par résignation ou par prudence. Toujours est-il que le président déchu doit commencer à présent à se rendre à l’évidence : retourner au Honduras pour y occuper à nouveau le fauteuil présidentiel qu’il a perdu ne sera pas chose aisée. Lui qui se targuait d’avoir l’appui de la communauté internationale se rend sans doute compte à présent, qu’elle ne peut pas grand-chose en pareil cas. Pour la simple raison que les condamnations qui fusent de partout arrivent bien tard, alors que le mal est consommé.
De nombreux exemples existent de pays condamnés et même exclus d’instances internationales, mais qui n’ont pas changé d’un iota la politique instaurée par les nouvelles autorités qui se sont emparées des rênes du pays. Qu’y peut-on, au final ? Le sacro-saint principe de la non-ingérence limite toute action et annihile toute initiative. Et puis, rien ne résiste vraiment au temps. Après la période des véhémentes condamnations, vient celle de l’acceptation tacite et enfin celle de la réintégration entière qui consacre de fait et réhabilite les autorités au départ illégales. D’où, une fois de plus, l’impérieux besoin, même pour la communauté internationale, de s’attaquer au mal à la racine, plutôt que de tenter de récupérer très maladroitement une situation alors qu’elle est entièrement déconfite.
Zélaya serait bien inspiré de comprendre que le soutien des dirigeants de l’OEA ne lui sera bénéfique que s’il rencontre vraiment l’assentiment de son propre peuple. Nul ne se risquerait à imposer un chef d’Etat à sa propre nation, si cette dernière décide de le bouter hors de ses frontières. Ce serait là aller à l’encontre de la realpolitik et du bon sens le plus élémentaire.
Par Jean Claude KONGO
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05 juillet 2009
Honduras : La crise politique s'accentue
Jose Miguel Insulza, le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), à l'aéroport international de Tegucigalpa, le 3 juillet 2009. ( Photo : Dennis Montenegro/ Reuters )
Les deux présidents du Honduras campent sur leurs positions. Manuel Zelaya, depuis son exil au Salvador, a annoncé qu’il planifiait son retour au Honduras dès que Jose Miguel Inzulsa, le secrétaire général de l’OEA, aura terminé sa visite à Tegucigalpa. Il espère que les négociations permettront de convaincre les putschistes de céder le pouvoir.
Jose Miguel Inzulsa a prévu des réunions avec les autorités de la Cour suprême, du ministère public et du Congrès. Il devrait également se réunir avec les membres de l’opposition qui soutiennent Manuel Zelaya.
L’autre président, Roberto Micheletti, a proposé pour sortir de la crise politique d’avancer les élections de novembre prochain, et a réaffirmé qu’il n’était pas question d’accepter l’ultimatum de l’OEA qui exige la restauration de l’ordre constitutionnel. Soutenu par des milliers de manifestants qui sont descendus dans la rue, Roberto Micheletti a prévenu que si Miguel Zelaya rentrait au Honduras, il serait arrêté et mis en prison.
Par Patrice Gouy
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